{"id":5254,"date":"2025-04-23T11:27:15","date_gmt":"2025-04-23T11:27:15","guid":{"rendered":"https:\/\/heshimardc.net\/v1\/?p=5254"},"modified":"2025-04-23T13:55:56","modified_gmt":"2025-04-23T13:55:56","slug":"rdc-de-kasa-vubu-a-tshisekedi-leternel-pari-de-lunion-nationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/heshimardc.net\/v1\/2025\/04\/23\/rdc-de-kasa-vubu-a-tshisekedi-leternel-pari-de-lunion-nationale\/","title":{"rendered":"RDC : De Kasa-Vubu \u00e0 Tshisekedi, l\u2019\u00e9ternel pari de l\u2019union nationale\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Depuis son ind\u00e9pendance en 1960, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) a fr\u00e9quemment eu recours \u00e0 des gouvernements d\u2019union nationale, de salut public ou de transition pour tenter de surmonter ses crises les plus profondes : s\u00e9cessions, r\u00e9bellions arm\u00e9es, effondrements \u00e9conomiques, et pressions internationales. Ces coalitions, qui r\u00e9unissent pouvoir et opposition, apparaissent comme des solutions d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es pour restaurer la stabilit\u00e9 dans un \u00c9tat rong\u00e9 par des fractures ethniques, politiques et sociales. Mais ces gouvernements, souvent per\u00e7us comme des rem\u00e8des miracles, ont-ils r\u00e9ellement r\u00e9pondu aux attentes ? \u00c0 travers une r\u00e9trospective des exp\u00e9riences pass\u00e9es, Heshima Magazine, inspir\u00e9 par les r\u00e9centes annonces du pr\u00e9sident de la RDC F\u00e9lix-Antoine Tshisekedi et les consultations de Kolongele, explore cette pratique quasi rituelle, ses origines, ses dynamiques, ses succ\u00e8s et ses \u00e9checs, pour interroger sa pertinence et son efficacit\u00e9 aujourd\u2019hui.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gouvernement de r\u00e9conciliation nationale de Cyrille Adoula (1961-1964)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ind\u00e9pendance, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec enthousiasme le 30 juin 1960, fut rapidement \u00e9clips\u00e9e par une crise majeure. Moins d\u2019une semaine apr\u00e8s, le 5 juillet 1960, la mutinerie de la Force Publique \u00e0 L\u00e9opoldville (actuelle Kinshasa) marqua le d\u00e9but d\u2019un chaos qui allait paralyser le pays. Frustr\u00e9s par la persistance du commandement belge et par leurs conditions de service, les soldats se lanc\u00e8rent dans des violences aveugles : pillages, agressions et exactions contre les civils. Cette r\u00e9volte provoqua une fuite massive de pr\u00e8s de 100 000 Europ\u00e9ens. Le 10 juillet, la Belgique envoya ses troupes \u00e0 L\u00e9opoldville pour \u00ab prot\u00e9ger ses ressortissants \u00bb, une intervention per\u00e7ue comme une atteinte directe \u00e0 la souverainet\u00e9 du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte de d\u00e9sordre total, le Premier ministre Patrice Lumumba tenta de reprendre les r\u00eanes du pouvoir. Toutefois, son gouvernement se fragilisa rapidement en raison des tensions internes, d\u2019une administration d\u00e9sorganis\u00e9e et d\u2019un paysage politique fractur\u00e9. La situation se d\u00e9t\u00e9riora davantage lorsqu\u2019en juillet, Mo\u00efse Tshombe, leader du parti Conakat, proclama l\u2019ind\u00e9pendance du Katanga, une province riche en ressources naturelles strat\u00e9giques, soutenue en sous-main par la Belgique et des entreprises mini\u00e8res. Moins d\u2019un mois plus tard, Albert Kalonji, chef du MNC-Kalonji, revendiqua l\u2019autonomie du Sud-Kasa\u00ef, une r\u00e9gion diamantif\u00e8re, accentuant ainsi la fragmentation du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces s\u00e9cessions, encourag\u00e9es par les puissances \u00e9trang\u00e8res, plong\u00e8rent le pays dans un tourbillon de violence et de confusion. Le gouvernement central, d\u00e9j\u00e0 affaibli, se retrouva confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9rence internationale, notamment de la part des \u00c9tats-Unis, de la Belgique et de la France, qui soutenaient discr\u00e8tement les mouvements s\u00e9paratistes. En d\u00e9sespoir de cause, Lumumba, apr\u00e8s avoir sollicit\u00e9 l\u2019intervention des Nations Unies, se tourna vers l\u2019Union Sovi\u00e9tique, ce qui attisa la m\u00e9fiance des puissances occidentales et pr\u00e9cipita la guerre froide sur le sol congolais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 5 septembre 1960, un autre tournant survint lorsque le pr\u00e9sident Joseph Kasa-Vubu r\u00e9voqua Patrice Lumumba, l\u2019accusant de d\u00e9rives autoritaires et de liens dangereux avec l\u2019URSS. Lumumba, fid\u00e8le \u00e0 sa ligne politique, refusa cette r\u00e9vocation, et la confrontation institutionnelle plongea le pays dans une paralysie totale. C\u2019est dans ce contexte de chaos qu\u2019intervint Joseph-D\u00e9sir\u00e9 Mobutu, alors chef d\u2019\u00e9tat-major, qui mit fin au statu quo en suspendant toutes les institutions et en instaurant un gouvernement de technocrates, une d\u00e9cision qui marqua le d\u00e9but de sa longue emprise sur le pays.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin tragique de Patrice Lumumba, assassin\u00e9 en janvier 1961 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 lors d&rsquo;une tentative de fuite vers Stanleyville, mit un terme brutal \u00e0 l\u2019unit\u00e9 nationale naissante et plongea le pays dans une nouvelle spirale de violences. Sa mort, orchestr\u00e9e avec la complicit\u00e9 de puissances \u00e9trang\u00e8res, choqua l\u2019opinion internationale et radicalisa davantage ses partisans, jetant ainsi les bases des luttes qui marqueront l\u2019histoire politique du Congo pendant des d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9pisode complexe et douloureux de l\u2019histoire de la RDC soul\u00e8ve une question cruciale : les gouvernements d\u2019union nationale, cens\u00e9s \u00eatre des solutions temporaires aux crises profondes, ont-ils r\u00e9ellement permis de r\u00e9tablir l\u2019ordre et de promouvoir une v\u00e9ritable r\u00e9conciliation nationale ? Si leur objectif \u00e9tait de restaurer l\u2019unit\u00e9, force est de constater que leur mise en \u0153uvre a souvent exacerb\u00e9 les tensions internes et accentu\u00e9 les divisions du pays. L\u2019exp\u00e9rience du gouvernement de Cyrille Adoula, comme tant d\u2019autres avant et apr\u00e8s lui, t\u00e9moigne des d\u00e9fis consid\u00e9rables auxquels la RDC a d\u00fb faire face pour trouver un \u00e9quilibre politique stable dans un contexte national et international complexe.<\/p>\n\n\n\n<p>En f\u00e9vrier 1961, Antoine Gizenga, ancien vice-Premier ministre et fid\u00e8le de Patrice Lumumba, \u00e9tablit \u00e0 Stanleyville (actuelle Kisangani) un gouvernement parall\u00e8le, proclamant la l\u00e9gitimit\u00e9 de la \u00ab R\u00e9publique populaire du Congo \u00bb. Soutenu activement par l\u2019URSS, qui lui fournit armes, fonds et soutien politique, ce bastion lumumbiste devient rapidement le centre de r\u00e9sistance au pouvoir central, accus\u00e9 par ses partisans de complicit\u00e9 dans l\u2019assassinat de Lumumba. \u00c0 partir de Stanleyville, Gizenga parvient \u00e0 mobiliser un r\u00e9seau de partisans, notamment dans l\u2019Est et le Kwilu, et obtient m\u00eame la reconnaissance diplomatique de plusieurs pays socialistes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Kinshasa, dirig\u00e9e d\u00e9sormais par des figures mod\u00e9r\u00e9es sous la f\u00e9rule de Mobutu, le gouvernement central est accus\u00e9 de trahison, et de soumission aux int\u00e9r\u00eats des puissances occidentales, en particulier les \u00c9tats-Unis et la Belgique. Face \u00e0 la menace de partition du pays, les Nations Unies et les puissances occidentales intensifient les pressions pour parvenir \u00e0 un compromis politique. C\u2019est dans ce climat de tension qu\u2019un conclave national se r\u00e9unit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lovanium du 10 juillet au 2 ao\u00fbt 1961, rassemblant pr\u00e8s de 200 parlementaires issus de diverses tendances : lumumbistes, mod\u00e9r\u00e9s, r\u00e9gionalistes et pro-occidentaux. Bien que Mo\u00efse Tshombe, le chef s\u00e9cessionniste du Katanga, fasse d\u00e9faut, les d\u00e9bats aboutissent \u00e0 un fragile consensus autour d\u2019une figure de compromis : Cyrille Adoula, syndicaliste mod\u00e9r\u00e9 du Mouvement national congolais (MNC), qui est nomm\u00e9 Premier ministre le 2 ao\u00fbt 1961 avec pour mission de r\u00e9concilier les camps rivaux et de restaurer l\u2019unit\u00e9 du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Adoula forme alors un gouvernement de r\u00e9conciliation nationale, int\u00e9grant des figures lumumbistes pour apaiser les tensions internes. Ainsi, autour de lui, des personnalit\u00e9s comme Gizenga aux Affaires \u00e9trang\u00e8res, Gbenye \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur, Kamitatu au Plan et Sendwe aux Affaires politiques occupent des postes strat\u00e9giques. Soutenu par l\u2019ONU et les \u00c9tats-Unis, Adoula se positionne comme l&rsquo;option mod\u00e9r\u00e9e face \u00e0 l&rsquo;avanc\u00e9e du communisme dans un Congo devenu le terrain de jeu des blocs de la guerre froide. Mais le pays qu&rsquo;il h\u00e9rite est profond\u00e9ment fractur\u00e9, en ruine institutionnelle et min\u00e9 par des s\u00e9cessions ainsi que des rivalit\u00e9s id\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 son inclusion dans ce gouvernement de r\u00e9conciliation, Gizenga refuse de regagner la capitale. Marqu\u00e9 par l\u2019assassinat brutal de Lumumba et convaincu que sa propre vie est en danger, il choisit de rester \u00e0 Stanleyville, o\u00f9 il continue de diriger son gouvernement parall\u00e8le. Ce refus de rejoindre L\u00e9opoldville maintient une crise de double pouvoir, affaiblissant l\u2019autorit\u00e9 du gouvernement central et compromettant s\u00e9rieusement les efforts de r\u00e9unification. Adoula, bien qu\u2019anim\u00e9 par la volont\u00e9 de dialogue, se heurte \u00e0 la m\u00e9fiance tenace de Gizenga, soutenu par l\u2019URSS et reconnu diplomatiquement par plusieurs pays du bloc de l\u2019Est.<\/p>\n\n\n\n<p>La liquidation du Katanga, bastion s\u00e9cessionniste dirig\u00e9 par Mo\u00efse Tshombe et soutenu par des mercenaires europ\u00e9ens, devient l\u2019autre priorit\u00e9 du gouvernement d\u2019Adoula. En novembre 1961, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU adopte la r\u00e9solution 169, autorisant l\u2019usage de la force pour r\u00e9tablir l\u2019unit\u00e9 du Congo. Les Casques bleus de l\u2019ONUC lancent plusieurs op\u00e9rations militaires, culminant avec l\u2019op\u00e9ration Grandslam en d\u00e9cembre 1962. Apr\u00e8s de violents affrontements, les forces katangaises sont \u00e9cras\u00e9es, et Tshombe capitule le 15 janvier 1963, mettant fin \u00e0 28 mois de s\u00e9cession.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la consolidation du pouvoir central reste fragile. En janvier 1962, Antoine Gizenga, de plus en plus marginalis\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e9crasement des forces qui lui \u00e9taient loyales, est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Stanleyville. Cette arrestation met fin \u00e0 son gouvernement parall\u00e8le, mais aussi \u00e0 son \u00ab minist\u00e8re \u00e0 distance \u00bb, bien qu\u2019il ait officiellement int\u00e9gr\u00e9 le cabinet d\u2019Adoula. Cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart marque aussi un tournant : la frustration croissante chez les anciens partisans de Lumumba devient palpable, annon\u00e7ant des secousses politiques \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Sud-Kasa\u00ef, dirig\u00e9 par Albert Kalonji, s\u2019effondre \u00e0 son tour. Apr\u00e8s de violents affrontements avec les troupes gouvernementales et un isolement croissant, Kalonji fuit vers le Katanga avant de se rendre en octobre 1962. Ces victoires militaires, soutenues par l\u2019ONU, permettent \u00e0 Adoula de proclamer la r\u00e9unification nationale, un succ\u00e8s salu\u00e9 par la communaut\u00e9 internationale. Mais derri\u00e8re cette apparente stabilisation, les fractures demeurent profondes.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de ces succ\u00e8s militaires, la r\u00e9conciliation politique se r\u00e9v\u00e8le un \u00e9chec. Le ministre Christophe Gbenye, confront\u00e9 \u00e0 des rivalit\u00e9s internes avec Victor Nendaka Bika, chef des services de renseignement, est limog\u00e9 en septembre 1963. Humili\u00e9, il rejoint la r\u00e9bellion Simba en 1964, un mouvement h\u00e9t\u00e9roclite m\u00ealant anciens lumumbistes, mao\u00efstes et groupes arm\u00e9s hostiles au gouvernement central. Quant \u00e0 Jason Sendwe, gouverneur du Katanga, il est assassin\u00e9 en juin 1964, mettant fin \u00e0 ses tentatives de pacification.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces ruptures marquent l\u2019\u00e9chec d\u2019une r\u00e9conciliation durable. Les frustrations accumul\u00e9es par les partisans de Lumumba nourrissent de nouveaux foyers de r\u00e9bellion, notamment la gu\u00e9rilla mao\u00efste de Pierre Mulele dans le Kwilu et la r\u00e9bellion Simba \u00e0 l\u2019est. Sur le plan int\u00e9rieur, Adoula doit \u00e9galement faire face \u00e0 une s\u00e9rie de crises sociales et \u00e9conomiques : gr\u00e8ves r\u00e9currentes dans les centres urbains, tensions ethniques croissantes et effondrement \u00e9conomique. Les r\u00e9formes qu\u2019il tente d\u2019impulser se heurtent \u00e0 de multiples r\u00e9sistances, y compris au sein de son propre gouvernement, tandis que la population s\u2019enfonce dans la pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Affaibli par des luttes internes et d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019ampleur des d\u00e9fis, Adoula d\u00e9missionne fin juin 1964 apr\u00e8s presque trois ans de mandat. Il laisse derri\u00e8re lui un pays apparu r\u00e9uni, mais toujours profond\u00e9ment d\u00e9chir\u00e9 sur les plans politique et social. Ses efforts pour maintenir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 nationale par la force ne suffiront pas \u00e0 effacer les fractures du pays. Les r\u00e9bellions de 1964-1965, qui surviennent imm\u00e9diatement apr\u00e8s sa d\u00e9mission, t\u00e9moignent de l\u2019\u00e9chec de sa politique de r\u00e9conciliation et annoncent une nouvelle p\u00e9riode de troubles, que seule l\u2019ascension de Mobutu r\u00e9ussira \u00e0 contenir temporairement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Gouvernement d&rsquo;Union Nationale d\u2019\u00c9tienne Tshisekedi (1991)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1991, le Za\u00efre de Joseph Mobutu est au bord du gouffre. Apr\u00e8s 26 ans de dictature, le pays est en proie \u00e0 une crise multidimensionnelle qui touche tous les secteurs : hyperinflation, corruption institutionnalis\u00e9e, effondrement des services publics et des infrastructures, ainsi qu&rsquo;une mis\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qui engendre une col\u00e8re populaire de plus en plus palpable. L\u2019\u00e9lite politique, obs\u00e9d\u00e9e par le maintien du pouvoir, continue de piller les ressources du pays tandis que l&rsquo;\u00c9tat, de plus en plus d\u00e9pendant de l\u2019aide internationale, perd toute cr\u00e9dibilit\u00e9. Les gr\u00e8ves, \u00e9meutes et pillages deviennent le quotidien des Congolais, qui se retrouvent dans un climat d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 croissante.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation atteint son paroxysme en septembre 1991 lorsque l&rsquo;arm\u00e9e, mal pay\u00e9e et abandonn\u00e9e \u00e0 son sort, se mutine \u00e0 Kinshasa. Des soldats se livrent \u00e0 des pillages d\u2019une ampleur in\u00e9dite, attaquant commerces, habitations et symboles de l\u2019\u00c9tat. Des centaines de morts sont \u00e0 d\u00e9plorer, et la capitale, Kinshasa, \u00e9chappe au contr\u00f4le de Mobutu. Cette r\u00e9bellion refl\u00e8te un pays en pleine d\u00e9liquescence, o\u00f9 m\u00eame le pouvoir militaire ne parvient plus \u00e0 maintenir l\u2019ordre.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan politique, la pression monte \u00e9galement. En 1990, contraint par les bailleurs de fonds et par les mobilisations internes, Mobutu annonce un retour au multipartisme, esp\u00e9rant ainsi apaiser les tensions. Cependant, cette ouverture tardive a l&rsquo;effet inverse : elle galvanise l\u2019opposition, qui s\u2019organise rapidement autour de l\u2019Union Sacr\u00e9e de l\u2019Opposition Radicale (USOR), une coalition regroupant plus de 130 partis politiques. \u00c0 sa t\u00eate, \u00c9tienne Tshisekedi, leader charismatique du mouvement de l\u2019Union pour la D\u00e9mocratie et le Progr\u00e8s Social (UDPS), \u00e9merge comme la figure centrale de cette opposition, arm\u00e9 d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 populaire acquise au fil de ses ann\u00e9es de r\u00e9sistance contre Mobutu.<\/p>\n\n\n\n<p>La Conf\u00e9rence Nationale Souveraine (CNS), convoqu\u00e9e en ao\u00fbt 1991, devient le centre de la lutte pour la transition d\u00e9mocratique. Elle r\u00e9unit plus de 2 800 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s issus de la soci\u00e9t\u00e9 civile, des partis politiques et de l\u2019administration, et se donne pour mission de discuter de la refondation de l\u2019\u00c9tat et de pr\u00e9parer la transition vers un gouvernement d\u00e9mocratique. Mais les travaux sont r\u00e9guli\u00e8rement perturb\u00e9s par les man\u0153uvres du r\u00e9gime et les violences sur le terrain, illustrant un pays plong\u00e9 dans une guerre larv\u00e9e entre un pouvoir autocratique et une opposition d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 29 septembre 1991, sous la pression combin\u00e9e de la CNS, de la rue et des puissances occidentales, Mobutu finit par c\u00e9der. Il nomme \u00c9tienne Tshisekedi Premier ministre, un geste aussi symbolique qu\u2019inattendu, per\u00e7u comme une tentative de calmer la situation aussi bien au niveau national qu\u2019international. Pour la premi\u00e8re fois depuis l\u2019ind\u00e9pendance, un membre de l\u2019opposition acc\u00e8de l\u00e9galement au pouvoir ex\u00e9cutif.<\/p>\n\n\n\n<p>Tshisekedi forme un gouvernement d\u2019union nationale, en s\u2019appuyant principalement sur les cadres de l\u2019USOR. Il inclut des figures importantes telles que Fr\u00e9d\u00e9ric Kibassa Maliba, un v\u00e9t\u00e9ran de l\u2019UDPS, et Jean Nguza Karl-i-Bond, un opposant chevronn\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Union des F\u00e9d\u00e9ralistes et des R\u00e9publicains Ind\u00e9pendants (UFERI). Des technocrates et des anciens fonctionnaires viennent compl\u00e9ter ce gouvernement qui se veut de rupture. L\u2019objectif est de redonner une l\u00e9gitimit\u00e9 au pouvoir central, apaiser les tensions sociales, r\u00e9organiser l\u2019administration, et poser les bases d\u2019\u00e9lections cr\u00e9dibles. Tshisekedi, dans son discours, annonce la mise en place de mesures d\u2019assainissement financier et de lutte contre la corruption, esp\u00e9rant initier un changement radical dans un pays exsangue.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, Mobutu, fid\u00e8le \u00e0 sa strat\u00e9gie d\u2019usure, ne l\u00e2che pas le contr\u00f4le. D\u00e8s la prise de fonctions de Tshisekedi, il sabote l\u2019action du nouveau gouvernement. Les minist\u00e8res cl\u00e9s \u2014 D\u00e9fense, Finances, Affaires \u00e9trang\u00e8res \u2014 restent sous le contr\u00f4le de fid\u00e8les du pr\u00e9sident. Les comptes publics restent inaccessibles, l\u2019arm\u00e9e demeure sous l&rsquo;autorit\u00e9 de Mobutu, et toute tentative de r\u00e9forme se heurte \u00e0 une administration verrouill\u00e9e. Les mesures annonc\u00e9es par Tshisekedi, bien que symboliques, n\u2019ont que peu d\u2019impact, faute de leviers concrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 1er novembre 1991, \u00e0 peine un mois apr\u00e8s sa nomination, Tshisekedi est brutalement d\u00e9mis de ses fonctions. Mobutu invoque des d\u00e9saccords sur la r\u00e9partition des pouvoirs pour justifier ce limogeage, mais la d\u00e9cision est per\u00e7ue par une large partie de la population comme un coup de force. L\u2019indignation est g\u00e9n\u00e9rale, et des manifestations \u00e9clatent dans les grandes villes, violemment r\u00e9prim\u00e9es. L&rsquo;arm\u00e9e, laiss\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, tire sur les civils. Le chaos s\u2019installe dans un pays d\u00e9j\u00e0 au bord de l\u2019effondrement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience Tshisekedi, bien que br\u00e8ve, fut porteuse d\u2019une forte esp\u00e9rance pour beaucoup de Congolais. Elle aurait pu marquer un tournant dans l\u2019histoire politique du Za\u00efre, mais elle s\u2019effondre face \u00e0 un r\u00e9gime qui refuse toute v\u00e9ritable transition. Ce premier gouvernement d\u2019union nationale, bien qu\u2019ambitieux et soutenu par une large l\u00e9gitimit\u00e9 populaire, \u00e9choue non par manque de volont\u00e9, mais en raison de la r\u00e9sistance farouche d\u2019un pouvoir qui ne se plie pas aux exigences du changement. Le syst\u00e8me, verrouill\u00e9 depuis des d\u00e9cennies, ne permet pas de v\u00e9ritable partage du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Gouvernement de Transition d\u2019\u00c9tienne Tshisekedi issu de la Conf\u00e9rence Nationale Souveraine (1992-1993)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, le Za\u00efre, sous le r\u00e9gime de Mobutu Sese Seko, est un \u00c9tat en d\u00e9liquescence. Le parti unique, le MPR (Mouvement populaire de la r\u00e9volution), qui r\u00e9gente le pays depuis 1967, perd peu \u00e0 peu sa l\u00e9gitimit\u00e9. La fin de la guerre froide et la vague d\u00e9mocratique qui d\u00e9ferle sur le continent mettent le r\u00e9gime sous pression, \u00e0 la fois du c\u00f4t\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des puissances internationales. La condition pour toute aide \u00e9conomique des institutions de Bretton Woods est d\u00e9sormais la mise en place de r\u00e9formes politiques. Mobutu, dans l\u2019impasse, accepte alors de convoquer la Conf\u00e9rence nationale souveraine (CNS), cens\u00e9e \u00eatre le vecteur d\u2019une transition d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouverture de la CNS, en ao\u00fbt 1991, marque le d\u00e9but d&rsquo;un long processus de r\u00e9organisation des institutions za\u00efroises. Sous la pr\u00e9sidence de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, une figure consensuelle de la soci\u00e9t\u00e9 civile, plus de 2 800 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s issus des partis politiques, syndicats, ONG, confessions religieuses et autres acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile se rassemblent pour discuter de la refondation du pays. Mais rapidement, les travaux sont perturb\u00e9s par les man\u0153uvres du r\u00e9gime, qui tente d\u2019influencer les d\u00e9bats, et les tensions internes au sein de la conf\u00e9rence. N\u00e9anmoins, sous la pression populaire et internationale, la CNS parvient \u00e0 s\u2019imposer, devenant un symbole d\u2019espoir pour une majorit\u00e9 de Congolais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15 ao\u00fbt 1992, un \u00e9v\u00e9nement majeur se produit : \u00c9tienne Tshisekedi, leader de l&rsquo;Union pour la D\u00e9mocratie et le Progr\u00e8s Social (UDPS), est \u00e9lu Premier ministre de transition par un vote des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la CNS. C\u2019est une premi\u00e8re historique dans un pays o\u00f9 le chef du gouvernement est traditionnellement nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident. Pour Mobutu, accul\u00e9, il n\u2019a d\u2019autre choix que d\u2019accepter cette nomination sous la pression de la rue, de l\u2019\u00c9glise catholique et des chancelleries occidentales. Mais cette acceptation ne sera que de fa\u00e7ade : Mobutu ne compte pas c\u00e9der le pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s sa nomination, Tshisekedi, fort d\u2019une large l\u00e9gitimit\u00e9 populaire, tente de reprendre les r\u00eanes du pouvoir. Il met en place un gouvernement de transition compos\u00e9 des membres de l\u2019Union sacr\u00e9e de l\u2019opposition radicale (USOR), avec l&rsquo;UDPS comme pivot. Il y inclut \u00e9galement des figures mod\u00e9r\u00e9es pour donner au gouvernement une l\u00e9gitimit\u00e9 nationale. Mais tr\u00e8s rapidement, les obstacles apparaissent. Mobutu n\u2019a pas l\u2019intention de faciliter la t\u00e2che de son Premier ministre. Les structures de l&rsquo;\u00c9tat, toujours domin\u00e9es par ses proches, sont hostiles aux r\u00e9formes propos\u00e9es par Tshisekedi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement de Tshisekedi, bien que soutenu par la population, se heurte d\u00e8s les premi\u00e8res semaines \u00e0 des r\u00e9sistances de plus en plus fortes. L&rsquo;un des premiers affrontements survient avec la Banque centrale. Tshisekedi limoge son gouverneur, un proche de Mobutu, mais des unit\u00e9s militaires fid\u00e8les au pr\u00e9sident encerclent imm\u00e9diatement l&rsquo;institution bancaire pour en emp\u00eacher le fonctionnement. L&rsquo;administration est paralys\u00e9e, les ministres de Tshisekedi n\u2019ont pas acc\u00e8s aux dossiers ni aux ressources n\u00e9cessaires pour gouverner. Le pays se trouve alors dans une situation de blocage, avec un pouvoir ex\u00e9cutif qui n\u2019a ni le contr\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e, ni des leviers \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En novembre 1992, la CNS adopte une nouvelle Constitution, instaur\u00e9e sur le mod\u00e8le parlementaire. Le r\u00f4le du pr\u00e9sident devient essentiellement protocolaire, tandis que le Premier ministre d\u00e9tient le pouvoir ex\u00e9cutif. Cette r\u00e9forme constitue une humiliation pour Mobutu, qui rejette la Constitution et la consid\u00e8re comme une tentative de le \u00ab\u00a0d\u00e9tr\u00f4ner sans guerre\u00a0\u00bb. Le rapport de forces se durcit davantage, et le 22 d\u00e9cembre 1992, Mobutu franchit un nouveau seuil en dissolvant unilat\u00e9ralement le gouvernement Tshisekedi et en nommant un gouvernement parall\u00e8le dirig\u00e9 par Faustin Birindwa, un dissident de l\u2019opposition. Le pays entre alors dans une phase de double pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement Tshisekedi, d\u00e9sormais coup\u00e9 des moyens de l&rsquo;\u00c9tat, se retrouve dans une situation de quasi-impuissance. Sans arm\u00e9e, sans tr\u00e9sor public, et avec une administration inefficace, il n\u2019est plus qu\u2019une coquille vide, soutenue uniquement par le peuple. Les manifestations de soutien \u00e0 Tshisekedi sont violemment r\u00e9prim\u00e9es par les forces loyalistes \u00e0 Mobutu, et les militants de l\u2019opposition sont arr\u00eat\u00e9s. Les radios ind\u00e9pendantes sont musel\u00e9es, et la pression ext\u00e9rieure augmente. Les bailleurs de fonds, d&rsquo;abord enthousiastes \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une transition d\u00e9mocratique, commencent \u00e0 douter de la viabilit\u00e9 du processus, suspendant leur aide et esp\u00e9rant un compromis qui ne vient pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s sept mois de lutte st\u00e9rile, Tshisekedi quitte ses fonctions le 18 mars 1993. Cette d\u00e9mission, bien qu\u2019une d\u00e9faite politique, est per\u00e7ue par beaucoup comme un acte de r\u00e9sistance face \u00e0 l\u2019intransigeance du r\u00e9gime. Il refuse de collaborer avec le gouvernement parall\u00e8le mis en place par Mobutu. La CNS, quant \u00e0 elle, perd peu \u00e0 peu sa l\u00e9gitimit\u00e9 et sombre dans l&rsquo;oubli, rong\u00e9e par les divisions internes et l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 mettre en place un v\u00e9ritable processus de transition.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9chec de son mandat, \u00c9tienne Tshisekedi sort renforc\u00e9 sur le plan symbolique. Il devient le porte-drapeau d&rsquo;une opposition intransigeante mais non violente, incarnant l\u2019espoir d\u2019un changement pacifique mais difficilement r\u00e9alisable dans un contexte de verrouillage total du pouvoir. Son passage \u00e9clair \u00e0 la t\u00eate du gouvernement de transition r\u00e9v\u00e8le les limites d\u2019une r\u00e9forme men\u00e9e sans les moyens n\u00e9cessaires, sans contr\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e, et face \u00e0 un pr\u00e9sident pr\u00eat \u00e0 tout pour conserver son pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Gouvernement de Salut Public de Faustin Birindwa (1993-1994)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En mars 1993, le Za\u00efre, d\u00e9j\u00e0 exsangue apr\u00e8s des ann\u00e9es de dictature sous Mobutu Sese Seko, atteint un point de rupture. La fin du soutien occidental, cons\u00e9cutive \u00e0 la d\u00e9stabilisation g\u00e9opolitique de la fin de la Guerre froide, prive le r\u00e9gime de ses derni\u00e8res ressources financi\u00e8res. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec retentissant du gouvernement d\u2019\u00c9tienne Tshisekedi, d\u00e9savou\u00e9 par une opposition divis\u00e9e et un pr\u00e9sident omnipotent, Mobutu organise, du 9 au 17 mars, un conclave politique visant \u00e0 r\u00e9organiser le pouvoir. Cette rencontre, domin\u00e9e par les fid\u00e8les du pr\u00e9sident et boycott\u00e9e par l\u2019Union sacr\u00e9e de l\u2019opposition radicale (USOR) et le Haut Conseil de la R\u00e9publique (HCR), aboutit \u00e0 la nomination de Faustin Birindwa, dissident de l\u2019UDPS, comme Premier ministre. Bien que pr\u00e9sent\u00e9e comme une ouverture, cette nomination s\u2019inscrit en r\u00e9alit\u00e9 dans une strat\u00e9gie de fragmentation de l\u2019opposition et de consolidation du pouvoir pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Birindwa prend ainsi la t\u00eate d\u2019un gouvernement de salut public, compos\u00e9 en grande majorit\u00e9 de loyalistes du r\u00e9gime. La nomination de figures comme Jean Nguza Karl-i-Bond, un ancien opposant ralli\u00e9 \u00e0 Mobutu, au poste de vice-Premier ministre et ministre de la D\u00e9fense, renforce la mainmise du pr\u00e9sident sur l\u2019appareil s\u00e9curitaire, pi\u00e8ce ma\u00eetresse du pouvoir. L&rsquo;absence d&rsquo;opposants de poids dans le gouvernement, \u00e0 l&rsquo;exception de Birindwa lui-m\u00eame, le prive de toute l\u00e9gitimit\u00e9 aux yeux de l\u2019USOR et des chancelleries occidentales. Ces derni\u00e8res, toujours fid\u00e8les \u00e0 leur reconnaissance de Tshisekedi comme Premier ministre l\u00e9gitime, tournent d\u00e9sormais le dos \u00e0 ce gouvernement de fa\u00e7ade, qu\u2019elles consid\u00e8rent comme un simple instrument dans la strat\u00e9gie de temporisation de Mobutu.<\/p>\n\n\n\n<p>La mission confi\u00e9e \u00e0 Birindwa est claire : r\u00e9tablir un semblant d\u2019ordre et surtout pr\u00e9server l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de Mobutu face \u00e0 une opposition de plus en plus audacieuse. En octobre 1993, le gouvernement tente de r\u00e9soudre la crise \u00e9conomique en lan\u00e7ant une r\u00e9forme mon\u00e9taire ambitieuse, le \u00ab\u00a0Nouveau Za\u00efre\u00a0\u00bb. Ce projet, consistant \u00e0 changer de monnaie \u00e0 un taux de conversion astronomique (3 millions de vieux za\u00efres pour une nouvelle unit\u00e9), est cens\u00e9 stabiliser l\u2019\u00e9conomie et juguler l\u2019hyperinflation. Cependant, le \u00ab\u00a0Nouveau Za\u00efre\u00a0\u00bb s&rsquo;effondre rapidement : de 2,67 za\u00efres par dollar, la monnaie d\u00e9gringole \u00e0 36,67 za\u00efres en d\u00e9cembre, ce qui accentue encore la d\u00e9fiance des Za\u00efrois et exacerbe la crise \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, la r\u00e9pression politique s\u2019intensifie. Les m\u00e9dias critiques sont r\u00e9duits au silence, leurs bureaux sont ferm\u00e9s ou attaqu\u00e9s. Les voix dissidentes, qu&rsquo;elles soient de simples militants ou de figures politiques de l\u2019opposition, sont arr\u00eat\u00e9es arbitrairement. Les manifestations populaires, provoqu\u00e9es par un m\u00e9contentement grandissant, sont \u00e9cras\u00e9es sous une violence inou\u00efe. Loin de restaurer l\u2019ordre, ces mesures r\u00e9pressives alimentent la col\u00e8re populaire et engendrent une radicalisation des tensions sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Birindwa, bien que propuls\u00e9 par Mobutu, se retrouve rapidement accul\u00e9 par des d\u00e9fis de taille. Le manque de soutien ext\u00e9rieur, en particulier des bailleurs de fonds internationaux comme le FMI ou les \u00c9tats-Unis, \u00e9touffe un pays d\u00e9j\u00e0 au bord de la faillite. Les espoirs de relance, notamment gr\u00e2ce aux ressources mini\u00e8res, se dissipent rapidement en raison de la corruption syst\u00e9mique et de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Les vastes gisements du Shaba, c\u0153ur \u00e9conomique du Za\u00efre, sont hors d\u2019atteinte, contr\u00f4l\u00e9s par des milices locales et min\u00e9s par des luttes de pouvoir incessantes. La mis\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e alimente des gr\u00e8ves, des \u00e9meutes et des vagues de d\u00e9sespoir, tandis que les tensions ethniques, exacerb\u00e9es par le r\u00e9gime, d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent en violences communautaires dans les r\u00e9gions du Shaba et du Kasa\u00ef.<\/p>\n\n\n\n<p>Le climat politique devient encore plus complexe \u00e0 partir de janvier 1994, lorsque des n\u00e9gociations entre les forces de Mobutu et une opposition affaiblie aboutissent \u00e0 la cr\u00e9ation du Haut Conseil de la R\u00e9publique-Parlement de Transition (HCR-PT), une structure hybride fusionnant le Parlement et le HCR. Dans ce contexte de division, Faustin Birindwa, devenu un symbole d\u2019impuissance, pr\u00e9sente sa d\u00e9mission le 14 janvier 1994, mettant ainsi fin \u00e0 un mandat de moins de dix mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement de Faustin Birindwa est un \u00e9chec cuisant sur tous les plans. Les objectifs affich\u00e9s de stabilisation \u00e9conomique, de restauration de l\u2019ordre et d\u2019ouverture d\u00e9mocratique sont rest\u00e9s largement inaccessibles. La r\u00e9forme mon\u00e9taire, bien que symboliquement forte, a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 produire les r\u00e9sultats escompt\u00e9s et a exacerb\u00e9 les tensions sociales. Politiquement, la persistance de la r\u00e9pression a non seulement fragilis\u00e9 davantage le r\u00e9gime, mais a aussi pr\u00e9cipit\u00e9 une rupture entre le pouvoir et une grande partie de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Au final, Birindwa quitte ses fonctions sans avoir r\u00e9ussi \u00e0 restaurer la coh\u00e9sion de l\u2019\u00c9tat ou \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux du Za\u00efre. Son passage \u00e0 la t\u00eate du gouvernement a incarn\u00e9 la tentative de Mobutu de maintenir un semblant d\u2019autorit\u00e9, mais sans les moyens de restaurer v\u00e9ritablement l\u2019ordre dans un pays profond\u00e9ment d\u00e9stabilis\u00e9. Cette p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e8de de peu l\u2019arriv\u00e9e de Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila en 1997, qui marquera la fin d\u00e9finitive du r\u00e9gime mobutiste et l\u2019ouverture d\u2019un nouveau chapitre de l\u2019histoire congolaise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Heshima Magazine poursuivra la publication de ce dossier le vendredi 25 avril 2025, avec un \u00e9clairage sur l\u2019amorce de la transition dite 1+4.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis son ind\u00e9pendance en 1960, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) a fr\u00e9quemment eu recours \u00e0 des gouvernements d\u2019union nationale, de salut public ou de transition pour tenter de surmonter ses crises les plus profondes : s\u00e9cessions, r\u00e9bellions arm\u00e9es, effondrements \u00e9conomiques, et pressions internationales. 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