À l’approche de la finale des barrages intercontinentaux pour la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo (RDC) vit au rythme d’un rendez-vous décisif qui pourrait marquer son retour sur la scène mondiale. Le 19 mars 2026, à 11 jours de l’événement, des supporters des Léopards ont quitté Kinshasa à destination du Kenya pour remplir les formalités auprès de l’ambassade mexicaine à Nairobi, avant de se rendre à Guadalajara.
Plus que dix jours avant un moment que tout un peuple attend depuis des décennies. La République démocratique du Congo s’apprête à disputer un match capital dans le cadre des barrages intercontinentaux du Mondial 2026, avec en ligne de mire une qualification historique. Dans les rues de Kinshasa, comme dans plusieurs villes du pays, l’effervescence est palpable. Les discussions tournent autour de la composition probable de l’équipe, des choix tactiques et des chances réelles des Léopards face à leur adversaire. Les supporters, eux, oscillent entre espoir et prudence. D’autres retiennent encore leur souffle. « Cela fait presque 52 ans que nous n’avons plus participé à cette grande compétition. Même si nous sommes un peu favoris par rapport à nos potentiels adversaires des barrages, la tension est réelle. Nous croisons les doigts. », a réagi Josaphat Lukombo, un supporter des Léopards.
Compter sur la stabilité de l’équipe
Sous la direction de Sébastien Desabre, la sélection congolaise a retrouvé une certaine stabilité. Le collectif s’est renforcé au fil des matchs, affichant une solidité défensive et une meilleure organisation du jeu. Des signaux encourageants qui laissent entrevoir de réelles possibilités, même si le défi reste de taille. Pour préparer cette finale, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a rendu public les noms des 26 Léopards retenus pour ces 90 minutes historiques pour la RDC. Ce match est prévu le 31 mars au Mexique. Dans cette liste, Sébastien Desabre a repris quasiment le même effectif qui a fait qualifier les fauves congolais aux barrages continentaux organisés au Maroc, en novembre 2025, aux dépens des Lions Indomptables du Cameroun et des Super Eagles du Nigéria. Les Léopards vont livrer la finale du 31 mars contre le vainqueur du match de la demi-finale entre la Nouvelle-Calédonie et la Jamaïque. Dans l’autre finale des barrages intercontinentaux, à Monterrey, l’Irak croisera le fer contre le vainqueur de la confrontation entre le Suriname et la Bolivie.
Les joueurs sélectionnés, pour leur part, poursuivent leur préparation au niveau des clubs avec sérieux, conscients de l’enjeu. Une qualification pour la Coupe du monde constituerait un exploit retentissant et un moment d’unité nationale dans un contexte où le pays en a grandement besoin.
Une confiance retrouvée !
Les prestations encourageantes, notamment des résultats contre des nations prestigieuses comme le Sénégal (1-1) et l’Algérie (malgré la défaite en coupe d’Afrique :1-0), ont renforcé la confiance du groupe dans ses capacités à rivaliser sur la scène continentale avec les équipes du top 10 africain. Avec un leadership sur et en dehors du terrain, des cadres comme Chancel Mbemba et Cédric Bakambu incarnent l’état d’esprit combatif de l’équipe, offrant une base d’expérience essentielle pour aborder les échéances à venir. La RDC a aussi retrouvé un de ses meilleurs joueurs : Yoane Wissa. Ce dernier était éloigné des terrains suite à une grave blessure au genou. Ce qui l’avait fait manquer la Coupe d’Afrique des Nations 2025, au Maroc.
« On ne craint personne » !
Cinquante-deux ans après son unique participation (1974), la RDC rêve d’être à nouveau présente à la grande fête du football planétaire. Et c’est bien le dessein que nourrit le groupe du technicien français, pour « donner du bonheur au peuple congolais », selon Sébastien Desabre. « On est dans la continuité de notre objectif de base. Il y a trois ans et demi, quand j’ai repris l’équipe, on avait déjà cet objectif en ligne de mire », a-t-il déclaré auprès de la presse de la FIFA. « On a la chance au Congo d’avoir de bons joueurs qui jouent dans de grands clubs. Et puis il y a surtout cette adhésion forte à ce projet collectif qu’on a mis en place », a-t-il ajouté. Et à 90 minutes de l’accomplissement de ce rêve, Desabre estime « très motivés » ses poulains pour ce moment qui se veut historique. « On ne craint personne », a-t-il rassuré, avant de renchérir : « On va jouer notre chance à fond. À nous de faire a minima le même match de très haut niveau qu’on avait fait contre le Nigeria. La Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie sont des équipes qu’on connaît bien. On aura en plus la chance de les voir jouer sur place le 26 mars. Mais pour l’instant, on est beaucoup plus focus sur nos joueurs ».
Pour « pouvoir l’emporter et donner du bonheur au peuple congolais », l’ancien sélectionneur de l’Ouganda a reconnu comme un point fort la solidité défensive de son équipe, mais il compte s’appuyer « également (sur) des stats offensives qui sont bonnes sur les derniers matches », pour un ensemble qui s’est toujours voulu très collectif. « Les joueurs sont très solidaires sur le terrain et en dehors. On est effectivement tous très unis pour aller au bout de notre objectif. Jouer contre nous, ça peut parfois être difficile pour nos adversaires parce qu’on est extrêmement soudés », s’est-il réjoui.
Des supporters se mobilisent…
Mais au-delà de l’aspect sportif, c’est toute une nation qui se mobilise. Des initiatives de soutien émergent, les anciens internationaux multiplient les messages d’encouragement, et la diaspora congolaise se prépare à jouer son rôle dans les tribunes. Avec le désormais iconique supporter des Léopards, « Lumumba Vea », les groupes de supporters de la RDC ont quitté Kinshasa le 19 mars 2026 pour Nairobi, au Kenya. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre des formalités consulaires liées à l’obtention du visa mexicain, les services diplomatiques du Mexique n’étant pas représentés en RDC. Une fois ces formalités terminées, ces équipes d’animation vont rejoindre Guadalajara, la ville mexicaine où la finale des barrages intercontinentaux des Léopards aura lieu.
Reste la question cruciale : les Léopards sauront-ils gérer la pression et saisir leur chance ? Dans ce type de rendez-vous, l’expérience, la discipline et l’efficacité devant le but feront toute la différence. À dix jours du verdict, une certitude s’impose : les Léopards ont leur destin entre les mains, et l’occasion est trop belle pour ne pas y croire. Une fois qualifiée, la RDC aura un autre devoir : laver l’image du mondial 1974. Les Léopards du Zaïre de l‘époque ont quitté la compétition avec 0 but marqué et 14 buts encaissés en 3 matchs dont 9 contre la Yougoslavie. Cette défaite, ajoutée aux revers contre l’Écosse (2-0) et le Brésil (3-0), a conduit le président Mobutu à se désintéresser du football pour se tourner vers la boxe, notamment en organisant la même année à Kinshasa le célèbre combat « Rumble in the Jungle ». La génération des Léopards d’aujourd’hui a donc une charge sur les épaules : écrire une nouvelle page d’histoire pour la RDC en juin prochain. Et cela passe par une victoire le 31 mars à Guadalajara.
Heshima