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RDC : la crise du carburant aux portes de Kinshasa ?

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Depuis plusieurs jours, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une sorte de pénurie de carburant. Des longues files d’attente devant les stations-service sont devenues un spectacle quotidien ces derniers jours. Le 23 mars 2026, la ministre d’Etat aux Hydrocarbures, Acacia Bandubolaa appelé la population kinoise au calmeSelon elle, il n’existe aucun problème d’approvisionnement en carburant, ni dans la capitale ni dans les autres provinces du pays, invitant les citoyens à ne pas céder à la panique. Pourtant, la RDC semble commencer à ressentir les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui perturbe l’approvisionnement mondial en carburant et accentue les fragilités structurelles du pays.

À Kinshasa, les longues files d’attente devant les stations-service inquiètent sur une éventuelle pénurie de carburant. Taxis, motos et véhicules particuliers patientent parfois des heures dans l’espoir d’obtenir quelques litres d’essence. Cette situation, inhabituelle par son ampleur, est directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, région clé dans la production et l’exportation de pétrole. Le lundi 23 mars 2026, le prix d’un litre de carburant (essence), vendu par les intermédiaires communément appelés « Kadhafi », a connu une hausse de 33 % à Kinshasa, passant de 3.000 à 4.000 francs congolais (CDF). Mais à la pompe, le prix habituel est encore appliqué : 2440 francs congolais pour l’essence. « Nous avons du mal à nous procurer le carburant depuis les stations-services qui vendent désormais à compte-goutte », déplore Gérard Landu, un automobiliste. Pour lui, le gouvernement congolais doit intervenir pour mettre de l’ordre, car, cela risque d’entraîner une augmentation des prix du transport. « Les gens ont peut-être peur de la guerre qui se passe au Moyen-Orient entre l’Iran, Israël et les Etats-Unis ; c’est pour cette raison qu’ils ne veulent pas faire de rupture de stock pour le fonctionnement de leurs stations », explique M. Kombi, interrogé par l’ACP.        

Vérification des stocks auprès de SEP Congo   

La ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures a visité les installations de SEP Congo, situées dans la commune de la Gombe. Elle a voulu se rendre compte de la situation réelle sur le terrain, notamment la quantité de stock. Cette descente intervient dans un contexte marqué par une psychose perceptible chez certains automobilistes, alimentée par des rumeurs persistantes sur une supposée pénurie. Les responsables de la société en charge du stockage et de la distribution des produits pétroliers ont tenu un discours rassurant. Le directeur général de SEP Congo, MalickNdiaye, a affirmé que les réserves sont bien disponibles, aussi bien en gasoil qu’en essence, garantissant ainsi une couverture suffisante pour Kinshasa ainsi que pour l’intérieur du pays. Face aux inquiétudes grandissantes, Acacia Bandubola a pointé du doigt l’impact des informations non vérifiées sur le comportement des consommateurs. Elle constate que ces rumeurs contribuent à créer une pression artificielle sur les stations-service, entraînant des attroupements inhabituels. Elle a insisté sur le fait qu’il n’existe aucun problème d’approvisionnement en carburant, ni dans la capitale ni dans les autres provinces, invitant les citoyens à ne pas céder à la panique.

Après les spéculations sur la pénurie, des conséquences…   

Ces spéculations autour de la pénurie de carburant produisent déjà des conséquences néfastes sur la population. Le coût du transport a augmenté. Certains travailleurs peinent à se rendre sur leur lieu d’activité, tandis que certains secteurs, comme la distribution ou la logistique, ralentissent leurs opérations. Le prix d’une course Magasin-Kintambo-Gare centrale qui coûtait informellement 2000 francs, revient à 2500 francs congolais depuis lundi 23 mars. Les prix des courses sur une taxi-moto ont suivi aussi le rythme. Si la question de la spéculation n’est pas suffisamment gérée, elle aura inéluctablement des répercussions sur le pouvoir d’achat des Kinois déjà érodé après la baisse du taux de dollar en septembre dernier. Les autorités, conscientes de l’urgence, multiplient les annonces pour rassurer la population. 

Le pays trop dépendant des importations   

Dans une ville où le carburant est le moteur de l’activité quotidienne, cette crise révèle la vulnérabilité d’une économie fortement dépendante des dynamiques internationales. La hausse des prix du baril sur le marché international, combinée à des perturbations logistiques, a réduit les capacités d’approvisionnement de plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo. Dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, Kinshasa subit de plein fouet ces fluctuations externes, même si le gouvernement se veut pour le moment rassurant.

Au niveau mondial, lundi 23 mars 2026, alors que le prix du baril était monté à 103 dollars, l’annonce de Donald Trump de reporter les frappes américaines contre les infrastructures énergétiques de l’Iran a fait baisser les prix à 96 dollars. « Les prix du pétrole ont chuté de plus de 13% lundi après que le président américain Donald Trump a déclaré lundi avoir donné ordre de reporter toutes les frappes militaires contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours », rapporte Boursorama, un média économique. Cette annonce est intervenue quelques heures avant l’expiration du délai de 48 heures que le président américain avait accordé samedi soir à Téhéran pour autoriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, faute de quoi il mettrait sa menace à exécution, dans une nouvelle escalade qui risquait de faire grimper encore davantage les prix du brut. 

Le cours du Brent perdait 7,37% à 103,92 dollars le baril vers 12h14 GMT (le 23 mars), note la source, après avoir chuté de 15% à 96 dollars le baril juste après l’annonce, repassant un temps sous la barre des ⁠100 dollars qu’il avait franchie en raison de la grande incertitude qui règne sur le marché de l’énergie depuis le début de la guerre en Iran fin février.

Alors que la crise au Moyen-Orient continue d’alimenter les incertitudes sur le marché énergétique mondial, Kinshasa reste vulnérable aux chocs extérieurs. Pour de nombreux habitants, la spéculation autour de la pénurie actuelle rappelle l’urgence de diversifier les sources d’approvisionnement et de renforcer l’autonomie énergétique du pays.

Heshima

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