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Crise au Moyen-Orient : en RDC, le gouvernement prépare sa riposte face aux répercussions économiques

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Face aux tensions sécuritaires au Moyen-Orient et à leurs impacts sur les marchés mondiaux, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) met en place des mesures pour limiter les effets néfastes sur l’économie nationale, notamment sur les prix des produits de base et l’approvisionnement énergétique. 

Depuis l’aggravation de la crise au Moyen-Orient, les économies africaines subissent de plein fouet les contrecoups de la volatilité des prix du pétrole et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. En République démocratique du Congo, les autorités suivent de près l’évolution de la situation afin d’anticiper ses impacts sur le quotidien des populations. Lors du conseil des ministres du 13 mars 2026, le président Félix Tshisekedi a annoncé une série de mesures pour parer à toute éventualité. Le chef de l’Etat a appelé le gouvernement à prendre des mesures face aux pressions économiques liées au conflit en Iran qui affecte aussi d’autres pays du Golfe. 

Bien que les fondamentaux économiques du pays demeurent encore globalement résilients, fait remarquer Félix Tshisekedi, cette conjoncture de guerre au Moyen-Orient exige vigilance, cohésion et réactivité. Le gouvernement est ainsi appelé à adopter une approche anticipative et coordonnée pour atténuer les effets de ces chocs externes, préserver la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

Des orientations à suivre… 

A ce sujet, il a chargé la Première ministre de veiller à la mise en œuvre diligente, par les membres du gouvernement concernés, de plusieurs orientations, notamment d’examiner, par le vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, la possibilité de prendre, si les circonstances l’exigent, des mesures temporaires relatives aux prix des denrées de première nécessité ; engager, sous la coordination du vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, et du vice-premier ministre, ministre des Transports, en collaboration avec le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, des consultations avec les organisations professionnelles afin d’assurer une surveillance accrue des pratiques tarifaires dans le secteur des transports et d’identifier des mécanismes d’atténuation pour les petites et moyennes entreprises ; garantir, sous la conduite de la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, en coordination avec les ministres de l’Économie, du Budget et des Finances, la Réserve Stratégique générale la continuité de l’approvisionnement en carburant et examiner le renforcement des stocks stratégiques nationaux ; Organiser, par le ministère des Mines, en synergie avec les ministères des hydrocarbures, des finances une concertation avec les opérateurs miniers afin d’évaluer l’impact de la hausse des coûts énergétiques et préserver la stabilité des activités du secteur ; préparer, par le vice-premier ministre en charge du Budget et le ministre des Finances, des scénarios budgétaires actualisés pour l’exercice 2026 intégrant différentes hypothèses d’évolution de la conjoncture internationale ; assurer une coordination étroite entre le gouvernement et la Banque centrale du Congo afin de préserver la stabilité du taux de change et, le cas échéant, prendre des mesures appropriées pour une gestion optimale des réserves de change.

Réduire la dépendance aux circuits affectés par la cris

Le gouvernement est conscient du risque de l’envolée des prix du pétrole mais aussi les risques liés à la hausse des coûts d’importation des produits alimentaires. Cette flambée des prix, directement liée aux tensions géopolitiques, menace d’accentuer la vie chère déjà ressentie dans plusieurs grandes villes du pays. L’objectif de ces mesures est de réduire la dépendance aux circuits d’approvisionnement affectés par la crise internationale.

Par ailleurs, des discussions sont en cours avec les acteurs du secteur pétrolier afin demaintenir stable les prix du carburant à la pompe et éviter une hausse brutale du coût du transport, qui aurait des répercussions en cascade sur l’ensemble de l’économie du pays.Certains économistes saluent ces initiatives tout en appelant à des réformes plus structurelles, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’énergie, afin de renforcer la résilience du pays face aux chocs extérieurs.

Alors que l’incertitude demeure sur l’évolution de la crise au Moyen-Orient, la République démocratique du Congo se trouve à un tournant décisif : transformer cette pression économique en opportunité pour repenser son modèle de développement et renforcer son autonomie économique. Plusieurs experts ne cessent de répéter que la RDC reste trop dépendante de produits d’exportation. Ce qui l’expose à des fragilités économiques dans ce genre de situation.   

Heshima

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