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Tisya MUKUNA:« La particularité (du café La Kinoise) est qu’il a un goût unique… »

La patronne de la marque La Kinoise, café planté et transformé à Kinshasa, prône la valorisation des terres congolaises en proposant un produit bio et non frelaté. Optimiste, Tisya Mukuna envisage d’étendre les tentacules de son entreprises à l’intérieur du pays, avec comme optique l’exportation tout prochainement de son produit sous d’autres cieux. Entretien.

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Heshima Magazine : Tisya Mukuna, vous êtes la patronne du café « La Kinoise ». Qu’est-ce qui vous a poussé à venir entreprendre en RDC, vous qui avez grandi en France ?

 Tisya MUKUNA : J’ai toujours voulu revenir dans mon pays qui m’a vu naitre, donc pour moi c’était normal de revenir en République Démocratique du Congo et d’apporter ma pierre à l’édifice, de créer de l’emploi et de participer à la vie de la société. Donc, revenir n’a jamais été une question, c’était normal et naturel.

Pourquoi n’avoir pas choisi d’exporter du café brut comme le font les autres ?

Le problème en exportant du café brut, ce qu’on ne participe pas à la valorisation de la matière. Vous voyez, on a des tomates ici, mais nous n’avons pas une entreprise qui fait du ketchup. C’està-dire que la valorisation est faite ailleurs, le produit nous revient plus cher et nous vendons nos matières premières à vile prix. Avec le café c’est la même chose, on l’exporte à un prix vraiment très bas, il est transformé sous d’autres cieux et quand il nous revient il nous coûte cher.

Moi, je voulais vraiment avoir toute cette chaîne de valeur, qu’il reste à Kinshasa, que ça crée de l’emploi et qu’on montre aussi notre savoir-faire.

 Pourquoi devrait-on tout le temps envoyer notre matière première ailleurs et ne jamais participer à la valorisation de notre terre ?

Qu’est-ce qui vous a motivé pour appeler votre café « La Kinoise » ? 

Alors, le nom de « La Kinoise » ce n’est pas parce que je vis à Kinshasa, mais c’est parce que la plantation se trouve à Kinshasa. Donc c’est un clin d’œil à cette plantation qui se trouve à MontNgafula. C’est rare, nous sommes la seule marque de café dont la plantation se trouve à Kinshasa, on voulait honorer notre terre en appelant la marque « La Kinoise », ceci pour montrer qu’il y a aussi du café de l’autre côté du Congo.

 Quelle est la qualité de votre café par rapport au café venant de l’étranger ?

Déjà comme je l’ai précisé que c’est le seul café qui pousse ici, à Kinshasa à Mont-Ngafula, que je sache. La particularité est qu’il a un goût unique vu qu’il n’y a pas d’autres cafés qui poussent par ici. Je sais qu’il est plus doux, l’Arabica est plus doux que l’Arabica qu’on peut trouver à l’Est. Le Robusta également est un peu plus doux mais son arôme est quand même intense. Donc, c’est sa particularité, c’est son originalité.

 Cultivez-vous le Robusta et l’Arabica ?

Exactement, on a planté à peu près plus de 1000 Arabicas, le reste c’est du robusta. Le Robusta pousse plus facilement, l’Arabica normalement demande des hauteurs assez particulières. On a de la chance que ça puisse pousser sur nos terres, et c’est vrai qu’on a plus de Robusta que d’Arabica.

 Quand est-ce que vous avez commencé la culture du café alors qu’on a toujours dit qu’il faut environ 5 ou 7 ans ?

Il ne faut pas 5 ou 7 ans, tout dépend de semences. Il faut 3 ans normalement pour qu’un arbre puisse donner ses premières cerises. Mais c’est vrai que parfois on peut attendre 5 ans ou 8 ans. Moi j’ai eu la chance de commencer cela quand j’étais adolescente plutôt par plaisir. Il n’y avait spécialement pas une idée de créer cette entreprise en ce moment-là. C’était juste pour essayer, pour tenter l’expérience. Chaque enfant à sa passion et la mienne c’était l’agriculture. Il s’avère que mon père aussi aimait cela donc c’était une activité qu’on aimait bien faire ensemble. Puis en grandissant je me  faire quelque chose de tous ces arbres, j’ai envie de les mettre en valeur et l’idée de l’entreprise est venue après.

Peu de jeunes investissent dans l’agriculture, Pour quelle raison avoir choisi la caféiculture par rapport à d’autres secteurs ?

 L’agriculture est un secteur très porteur, c’est un secteur qui peut vraiment pousser l’économie d’un pays et sa croissance. Le café c’est la deuxième boisson la plus bue au monde, juste après l’eau. On boit plus de café au monde qu’on boit de la bière ou tout ce que vous voulez.

Plus que du thé ?

 Plus que du thé, par année c’est parfois le thé qui est deuxième et le café troisième, parfois le café est deuxième. Mais le café est plus bu que le thé ces derniers temps. Estce que c’est parce que les gens sont stressés avec le confinement, non je ne sais pas. Dans tous les cas, le café est plus bu. C’est vrai que ça dépend des années.

Donc c’est un marché porteur, une boisson très populaire. Il y a des pays comme l’Allemagne ou l’Italie qui importent énormément du café de l’étranger et en consomment aussi énormément. Il y a des pays qui ont réussi à soulever leur économie grâce à la caféiculture comme le Vietnam ou le Brésil ou même la Colombie qui mettent vraiment beaucoup des moyens pour le développement de leur agriculture et du café parce qu’ils ont compris que c’était un marché porteur. Voilà donc pour moi le café, c’était clair qu’il fallait qu’on participe aussi. Vous savez qu’il y a plus de 30 ans le Congo était le premier pays exportateur du café ? Aujourd’hui on est loin derrière. On est même parmi les pays qui exportent le moins le café. Quand on voit de pays comme l’Ethiopie, qui ont essayé de se relever aussi grâce à ce genre de culture, dans les 3 continents, le Brésil, le Vietnam et l’Ethiopie ont réussi à le faire, pourquoi pas nous ?

La torréfaction et la mouture de votre café se font jusquelà à l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC). À quand vos propres machines ?

 J’espère dans très prochainement. On est en train de voir aussi le meilleur torréfacteur qu’on peut utiliser et aussi pour faire des grosses quantités, parce qu’on aimerait exporter notre café, donc là petit à petit on essaie de s’industrialiser et de mettre cela en place. Quand ça sera bien mis en place on vous invitera pour l’inauguration de notre usine.

Vous avez créé votre marque La Kinoise en 2018, quelle est la santé financière de votre entreprise à ce jour ?

 Comme vous l’avez dit, ma société a été fondée en 2018 mais le café n’est commercialisé que depuis 2020. Donc ça ne fait qu’un an que le café est commercialisé. Avant on était en train de mettre des choses en place. En un an, on est dans un peu plus de 20 supermarchés à Kinshasa, on est dans une petite dizaine de restaurants. Nous allons petit à petit et on aimerait bien être le mois prochain à Lubumbashi et la croissance est plutôt positive.

L’entreprenariat féminin en RDC, est-il facile ?

 L’entreprenariat n’est jamais facile que ce soit en RDC ou ailleurs. Mais entreprendre en RDC c’est compliqué aussi.

Mais en tant qu’une dame parce que généralement ce sont des hommes qui  entreprennent dans un secteur pareil ?

Non, écoutez. L’entreprenariat en tant que femme peut être difficile parce qu’il y a plusieurs obstacles, il y a déjà l’obstacle de la société parce que beaucoup de gens pensent que la place de la femme n’est pas forcément de diriger une entreprise, encore aujourd’hui. Il peut y avoir des personnes qui ont un préjugé. Moi à plusieurs reprises on a cru que j’étais la secrétaire ou l’assistante et qu’il y avait un père ou un mari derrière moi ou encore un frère. On peut douter de votre crédibilité quand on me voit toute apprêter, on peut se dire que je ne vais pas dans les champs parce que j’ai mis un rouge à lèvres.

On ne peut pas imaginer une agricultrice au rouge à lèvre rouge. Parfois il faut se battre un peu contre ces images et moi j’en ai que faire, je continue mon bonhomme de chemin et les gens voient des résultats. Et c’est eux-mêmes qui se résonnent.

 Donc, l’entreprenariat féminin est difficile mais l’entreprenariat en général est difficile. Donc si on commence à s’arrêter ou à se buter parce qu’il y a une difficulté ou quelqu’un a dit du mal de nous, ce qu’on n’est pas fait pour être entrepreneure.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant qu’entrepreneure ?  

En tant qu’entrepreneure, la première difficulté ce sont les infrastructures. Les routes dans notre pays ne sont pas dans un état qui nous permet d’aller de l’Ouest à l’Est ou du Nord au Sud. Donc on ne sait pas bouger, on ne sait pas envoyer nos produits où on veut. Ça coûte moins cher d’aller à Dubaï que d’aller dans certaines villes de notre pays, ce n’est pas normal. C’est le déplacement des êtres humains et des marchandises.

 Le deuxième problème, c’est l’énergie. Quand vous avez des torréfacteurs puissants, quand vous avez des machines de moulinage, quand vous avez toutes ces choses ça demande de l’électricité. Et quand l’électricité est capricieuse, parfois vous ne savez pas travailler pendant un ou deux jours. Si vous voulez encore mettre du carburant dans le groupe électrogène, vous devez mettre 100$ de carburant. Ça a un impact sur le coût de la marchandise après on explique que les entrepreneurs qui font de l’agroalimentaire et l’agrobusiness au Congo ont des produits qui coûtent trop cher. Mais il faut savoir tout ce qu’on dépense pour mettre ces produits en place. Donc, c’est vraiment les infrastructures, électricité et route et enfin le financement. Il y a beaucoup de bourses de subvention qui sont données en Afrique pour soutenir les jeunes, les femmes, les africains… mais rare sont les fois où le Congo est éligible. Souvent ça va être d’autres pays et il serait bien que ça se décante.

Aviez-vous pu bénéficier des financements de la part de la RDC ou des autres partenaires ? 

Je suis en attente de financement auprès du COPA qui est le Concours de Plan d’Affaires où je suis lauréate pour les PME. C’est un concours qui a été lancé par le ministère des PME et Entreprenariat, financé par la Banque Mondiale. Là je suis en attente de recevoir mon financement pour pouvoir avancer dans les projets.

 Vous êtes très active sur les réseaux sociaux et vous commentez souvent l’actualité politique. Avez-vous une éventuelle ambion en politique ?

Je n’envisage pas une carrière politique. Je pense qu’on peut changer un pays  sans forcément faire de la politique. On peut changer un pays en participant à son économie, à sa vie sociétale. On connait tous Tata Cardinal, il n’a pas fait la politique mais comment il a changé ce pays. Nous connaissons tous le Docteur Mukwege, il n’a pas fait la politique mais comment il a changé ce pays. Bien entendu il faut parler aux politiciens pour leur dire qu’on n’a pas d’électricité et qu’on n’a pas de routes. Mais on peut changer un pays en ne faisant pas de la politique mais en tant qu’entrepreneure. Moi je crée de l’emploi, je participe au rayonnement de mon pays. Un jour si mon café peut se retrouver en Chine, on serait contents de dire ah voilà, les Congolais sont forts, ils sont allés jusqu’en Chine. Çà c’est aussi participer à la vie de son pays et pour autant ne pas faire la politique.

Quels sont vos projets d’avenir ?

 Mon projet d’avenir c’est l’exportation de mon café déjà en Afrique en profitant de la ZLECAF, mais aussi dans d’autres pays très forts consommateurs comme l’Allemagne, l’Italie ou les Etats-Unis.

 Interview réalisée par Hubert MWIPATAYI

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Amélioration du climat des affaires :Indéniable bulle financière pour remonter l’économie

Nicolas Kazadi est l’un des ministres du gouvernement Sama Lukonde qui militent pour l’amélioration du climat des affaires en vue de sortir le Congo des derniers rangs du classement annuel du rapport Doing Business de la Banque mondiale ou de l’indice de perception de la corruption que publie Transparency International.

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L ors du Forum DRC-Africa, tenu en novembre 2021 à Kinshasa, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a affirmé que le Congo est sur la trajectoire de la transformation structurelle et de la transformation énergétique en vue de créer un Etat fort, comme le souhaite le président de la République. « L’amélioration du climat des affaires est un impératif…. Le gouvernement sous la conduite du Premier ministre est en train de dérouler une feuille de route ambitieuse en vue d’améliorer ce qu’on appelle Doing Business. En plus, le pays est fermement engagé dans l’adhésion à Compact with Africa du G20 et du Millenium challenge Corporation (MCC) des Etat Unis d’Amérique », a-t-il déclaré.

Contribution à l’amélioration de l’environnement des affaires

Outre les stratégies qu’il a mises en place pour la mobilisation accrue des recettes, le travail qu’abat Nicolas Kazadi à travers le renforcement des mécanismes de contrôle à tous les niveaux, notamment la lutte contre la fraude douanière, la corruption et les tracasseries fiscales, contribue largement à l’amélioration du climat des affaires.

 En effet, depuis qu’il est à la tête du ministère des Finances, il a posé des actes ou agi dans ce sens. Par exemple, il a annoncé, lors du lancement de la campagne sur le civisme fiscal et la gestion responsable des recettes publiques, le 11 septembre 2021, la création d’un nouveau service dénommé « FinAlerte », pour permettre aux personnes morales et physiques de dénoncer tous les abus dans la gestion des recettes publiques. «…FinAlefrte » est un service permettant aux personnes morales et physiques de soumettre de manière anonyme ou non, à l’attention du ministre des Finances, des plaintes et dénonciations se rapportant entre autres à des cas de : fraudes fiscales, fraudes douanières ; tracasseries administratives ; concussion ; corruption ; ou d’autres actes illégaux dont elles sont ou auraient été victimes ou témoins afin que des décisions idoines soient prises », a-t-il déclaré. Et lui d’ajouter : En prime de ce portail, un numéro vert ainsi qu’une application mobile seront disponibles dans les tout prochains jours… ».

En séjour en octobre 2021 à Lubumbashi, toujours dans le cadre de la lutte contre la corruption, le ministre des Finances a, aux côtés de l’Inspecteur général des Finances, Jules Alingete, enjoint le directeur général de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de suspendre tous les responsables douaniers du Haut-Katanga dans l’immédiat. Ce à cause de leur implication dans la fraude et   Aussi a-t-il pris l’engagement avec le Trésor américain, en octobre 2021, de lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Les deux parties promettent de mettre en place des réformes pour soutenir le développement économique en RDC.

La lutte contre la fraude et les tracasseries fiscales, dans laquelle il est engagé, est un moyen d’amélioration du climat des affaires. A la clôture de la conférence sur l’amélioration du climat des affaires organisée en 2017 à Kinshasa, Bruno Tshibala, alors Premier ministre, avait affirmé sa détermination à lutter contre la fraude douanière, la corruption et les tracasseries fiscales de toute nature.

Le gouvernement et l’amélioration du climat des affaires

Le climat des affaires occupe une place importante dans le programme gouvernemental. Intervenant le 7 décembre 2021 au Forum Makutano 7, à Kinshasa, le Premier ministre Sama Lukonde a parlé des actions concrètes envisagées par le gouvernement face à la problématique du climat des affaires. Il a notamment évoqué la question du guichet unique de création d’entreprises, soulignant la possibilité de création d’entreprises en ligne. « Au niveau du gouvernement, nous avons une feuille de route dont la mise en œuvre mobilise 16 ministères sectoriels qui contribuent chacun à l’amélioration du climat des affaires. Il y a donc nécessité de rationalisation fiscale, les questions juridiques et judiciaires ou encore le besoin d’accompagnement du gouvernement », a-t-il indiqué. Dans le cadre du Forum DRC-Africa, le ministre des Finances a assuré que des réformes ambitieuses sont menées en vue d’améliorer l’attractivité du pays et diversifier l’économie. L’objectif de ces réformes est de créer des conditions de croissance économique inclusive et parmi celles-ci figure notamment la libéralisation de plusieurs secteurs économiques.

Le 13 décembre 2021, lors de son discours sur l’Etat de la Nation, le président Tshisekedi a pour sa part invité le Parlement à parachever le cadre légal sur l’organisation et le fonctionnement des tribunaux de commerce et dispositions nationales complémentaires aux droits de l’OHADA. Il a annoncé la mise en place d’un outil qui va permettre aux institutions de suivre en temps réel la mise en œuvre des réformes et assignations relatives au climat des affaires. « Au cours de cette année, j’ai réitéré au gouvernement ma volonté de prendre en charge avec efficacité la problématique du climat des affaires par une nouvelle approche de suivi, évaluation jamais expérimentée dans notre système de gouvernance afin de rassurer les investisseurs. A cet effet, j’ai le plaisir d’annoncer la mise sur pied d’un outil qui va désormais permettre en temps réel à moi-même, au Premier ministre ainsi qu’à chacun des membres du gouvernement concerné de suivre méticuleusement le rythme de mise en œuvre des réformes et assignations relatives aux climats des affaires. Il s’agit en fait d’un tableau de bord numérique sur mesure à partir du programme du gouvernement… », a-t-il déclaré.

En effet, depuis l’époque du Premier ministre Matata Ponyo, la question de l’amélioration de l’environnement des affaires est au centre des préoccupations gouvernementales. La RDC court toujours derrière l’amélioration du climat des affaires, mais celui-ci est toujours peu attractif. « Malgré tous les efforts fournis par tous les gouvernements, le climat des affaires continue à se détériorer. Les investisseurs se sentent menacés et cherchent à aller investir ailleurs. L’objectif est de mettre fin à la multitude de taxes, d’aller vers un impôt unique. Il  faut mettre fin à la fraude parce qu’elle prive l’Etat de beaucoup de ressources.», avait déclaré Modeste Bahati, alors ministre du Plan au sein du gouvernement Tshibala.

En août 2020, une délégation de la Fédération des entreprises du Congo a soumis au président de la République les problèmes que les opérateurs économiques rencontrent dans le cadre des affaires en RDC. Les opérateurs économiques, avait indiqué Albert Yuma, rencontrent des problèmes dans le domaine juridique et judiciaire, dans le domaine de la fiscalité, bancaire…

Toutefois, peu avant, en 2017, l’Agence nationale pour la promotion de l’industrie (ANAPI), avait proposé, entre autres réformes, la réduction du coût de création d’entreprise. Le montant à payer pour la création d’une entreprise en RDC devrait passer de cent vingt à quatre-vingts dollars. En outre, d’autres réformes proposées par l’ANAPI étaient relatives au paiement des taxes et impôts, au raccordement à l’électricité et au règlement d’insolvabilité.

 Hubert MWIPATAYI

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De la chronique musicale au journalisme politique MARIUS MUHUNGA, une métamorphose réussie !

De ses débuts à Kikwit au sein de la radio communautaire des Jésuites, en passant par la chronique musicale dans plusieurs chaines de télévision à Kinshasa, le concepteur du célèbre « Jeudi Marius » a changé son fusil d’épaule. Aux Etats-Unis où il est installé depuis un temps, ce professionnel des médias incarne un autre journalisme. Portrait.

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 Disparu des petits écrans congolais depuis quelques années, Marius Muhunga, la quarantaine révolue, réapparaîtra depuis les Etats-Unis, notamment en marge des élections présidentielles et législatives de 2018. Celui qui a fait un nom dans la chronique musicale en République démocratique du Congo s’était affiché sur un autre créneau : le journalisme politique.

Avec un nom de l’émission proche de ses inspirations de chronique musicale, l’ancienne voix de Radio Télé Kin Malebo (RTKM) et de Raga FM a conçu, depuis les Etats-Unis, « Marius chez vous ». Cette émission politique a eu des audiences considérables sur les réseaux sociaux en RDC et dans sa diaspora, comptant plus de 100 mille abonnés sur YouTube et beaucoup plus sur son compte Facebook. « Marius chez vous », c’est comment ramener le vrai sens du journalisme. Le journalisme qui ne donne pas son avis, qui donne l’information de façon objective. Ce qui n’est pas le cas dans la plupart des médias [au sein de la diaspora, Ndlr]. », explique Marius Muhunga à Heshima Magazine.

 Cette façon de faire la presse autrement a été appréciée au sein de la diaspora. « Du coup, ce qui s’est passé c’est que je retrouve des gens, qui ne se retrouvaient pas dans l’autre façon de faire le média, qui viennent vers moi. Ceci coïncide avec le début des élections en République démocratique du Congo. Je me pointe au milieu de deux camps : celui de Félix Tshisekedi et de Martin Fayulu où les partisans sont complètement divisés. Et mon émission vient donner de l’espace à ces deux camps, quelle que soit votre tendance, à venir vous exprimer. Les gens voient et [apprécient] que je donne la parole à tout le monde avec le même respect… », ajoute-t-il.

Ses difficiles débuts

Jeune et balloté entre Kinshasa et Kikwit, dans le souci d’étudier, Marius Muhunga ne rêvait pas encore les médias il y a plus d’une vingtaine d’années en arrière. Son destin a été, en quelque sorte, stimulé par deux hommes : Anderson Manza et le père Zabala. Le premier, son camarade à l’université, fut celui qui l’avait tiré pour aller chercher une place dans la radio communautaire Tomisa des pères Jésuites, à Kikwit, dans l’actuelle province du Kwilu, à l’Ouest de la RDC. Le deuxième, c’est ce responsable de la radio qui a déniché son excellent timbre vocal.

« (…) Etant à Kikwit, il y avait une radio qui a ouvert. C’était une première radio à Kikwit, la radio Tomisa. Une radio du diocèse de Kikwit. Au fait, c’était une initiative des prêtres Jésuites. Et quand cette radio a ouvert, ils avaient besoin des gens qui pouvaient amener des projets pour présenter des émissions. Un ami à moi qui s’appelle Anderson Manza, avec qui j’étudiais à l’université, est venu me chercher un jour pour me dire : écoute Marius, il y a une radio qui vient d’ouvrir. Je pense que nous pouvons proposer un projet là-bas pour travailler. Pour moi, je n’avais jamais imaginé faire la radio, même si j’étais un grand fan, quand j’étais enfant, des animateurs radio comme Ilunga Mwana Bute qui est resté, par ailleurs, mon modèle depuis ce temps là. Donc, mon ami vient me chercher à la maison. Je me souviens que ce jour là, je n’avais même pas envie d’y aller. Il m’a forcé, presque forcé, pour aller à la radio et parler aux responsables afin de nous donner un espace. », relate Marius Muhunga.

Et de poursuivre : « On rencontre le responsable de la radio, c’était le père Zabala, un prêtre Jésuite d’origine espagnole. Après il dit oui, si vous avez une idée, vous l’apportez. Anderson a proposé une émission de dédicace chanson. Pour moi, ce n’était vraiment pas faire une émission dédicace chanson, parce que je voulais une émission plutôt scientifique. Anderson prend le micro en premier et quand je prends le micro en deuxième, le père Zabala arrête tout ! Il dit : « est-ce que tu as déjà fait la radio quelque part ? » Moi je dis non, je n’ai jamais fait la radio, c’est la première fois que j’entre dans un studio radio. Après il me dit : « tu as une très belle voix pour la radio ». Donc, pour moi, c’est un grand compliment. Et finalement, on enregistre cette émission, on enregistre le générique. Après l’émission passe le soir. Et le lendemain, je viens à l’université, tout le monde parlait de moi. Tout le monde parlait de ma voix, combien je parle bien à la radio. Du coup, c’était un grand leitmotiv, c’était une grosse motivation ! Je me suis donné à fond. Le fait que le père Zabala avait dit ça, cela a réveillé en moi le mec de la radio qui sommeillait en moi. Pendant je crois deux ans, à Kikwit, l’émission « Une chanson pour toi » était devenue l’émission vedette de la radio, j’étais devenu célèbre à Kikwit. Et après, j’ai créé une autre émission « Savoir plus » parce que j’étais attaché à la culture générale. »

Métamorphose réussie !

Plusieurs années après, Marius Muhunga deviendra une des voix de référence dans l a chron i q u e musicale à Kinshasa, voire à travers le p a y s . 

le succès de son émission « Jeudi Marius », il va, plus tard, affronter la chronique musicale à la télévision jusqu’à changer son fusil d’épaule pour embrasser un autre créneau aujourd’hui. Une métamorphose qui a bien réussi. Puisqu’actuellement, grâce à son émission politique « Marius chez vous », il a arraché un contrat à la Voix de l’Amérique (VOA). Et en marge de la dernière Assemblée générale des Nations-Unies, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, lui a accordé une interview exclusive. Un entretien qui a été très suivi et relayé par des médias locaux. « Avoir une interview avec le président de la République, c’est aussi une responsabilité de savoir comment le pays vous regarde. », commente en toute modestie l’intéressé, évoquant une « consécration des efforts » qu’il a fournis. Et cela, non sans renvoyer l’ascenseur au chef de l’Etat qui l’avait aussi félicité à la fin de l’interview, visiblement à cause de cette mutation réussie. « Je remercie en passant le président de la République d’avoir accepté de me donner cette interview (…) », lance le désormais sociétaire de la Voix de l’Amérique. Mais avant d’opérer cette métamorphose, dans son fort intérieur, le Marius d’hier était déjà révolté par une chose : le manque d’estime dont sont parfois victimes des chroniqueurs de musique face à leurs confrères de la chronique politique. « Je n’ai jamais rêvé d’être chroniqueur de musique. C’est une étiquette qui me faisait très mal.

Le média, c’est mon monde. Je me considère comme un poisson dans l’eau. Mettez-moi où vous voulez, je me sentirai à l’aise, sauf les sports […] Le fait que des chroniqueurs politiques interviewaient les politiques et que nous, les artistes, nous diminuait. Et ça me rongeait ! (…) », avoue-t-il. D’ailleurs, pour lui, au regard de son amour pour la culture générale, il était chroniqueur musical malgré lui. Et, aux Etats-Unis, il laisse simplement éclater l’autre pan de son talent. Et après avoir franchi un tel palier, « MM » court toujours derrière son « plus grand rêve ». Celui d’avoir un « grand média » qui peut contribuer à l’évolution de la démocratie en RDC.

Notoriété au service des démunis

Toujours habité par l’idée d’aider les plus démunis, Marius Muhunga va mettre sa notoriété à contribution. Après avoir engrangé un nouveau succès dans la présentation de Vodacom Super star en 2011 tout en prenant aussi son indépendance vis-à-vis des chaines de télévision en créant sa propre société de production audiovisuelle « Pro-Image », il va concevoir une autre émission au contenu philanthropique dénommée : « Tout est possible ». « J’ai été inspiré du fait que je connaissais des gens qui avaient les moyens et de l’autre [côté] des gens qui n’avaient rien. Donc, j’ai créé cette idée d’amener à la télé ces deux extrémités pour profiter de mon carnet d’adresse afin d’aider ceux qui étaient dans le besoin. D’où, la création de cette émission Tout est possible (…). Cette émission restera vraiment mon émission de cœur », assure-t-il.

Généreux de nature, Marius Muhungu trouve toujours une brèche pour pouvoir aider des gens qui se trouvent dans des situations de manque. A défaut d’avoir une fortune qui pourrait satisfaire un plus grand nombre de nécessiteux, cet homme des médias met son carnet d’adresse à contribution pour atteindre ceux qui peuvent aider les autres. « Le mauvais souvenir dans cette émission était qu’un jour il y a une famille qui est venue me voir dont un enfant qui était très malade. Je pense que l’enfant était né avec une malformation physique. Je suis allé voir la famille. Et le lendemain, j’ai trouvé quelqu’un qui pouvait aider et qui a mis les moyens. Je suis allé à l’hôpital, aux Cliniques universitaires, j’ai eu une ambulance pour venir chercher cet enfant. Et, arrivé à la maison, on me dira que cet enfant est décédé la nuit. Ça c’était vraiment la mauvaise expérience que j’ai eue dans cette émission », se souvient Marius. Mais une mauvaise expérience qui l’avait motivé à réagir plus vite quand des gens étaient en situation de besoin.

Dido Nsapu

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CNSS : Dr Jean-Simon Mfuti, le dirigeant qui remet les pendules à l’heure

L’un des trois établissements publics sous tutelle du ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale n’avait jamais été bien managée comme c’est le cas actuellement avec le Docteur Jean Simon Mfuti.

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 Si « Le leadership est la capacité de faire d’une vision une réalité », le travail de qualité qu’abat le docteur Jean Simon Mfuti Kiaku comme Directeur général ad intérim de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) en est une parfaite illustration. Indubitablement, c’est depuis le 20 juillet 2021 que tout le monde constate un nouveau mode de gouvernance qu’il a implémenté à la CNSS. Du coup, on parle dans la presse tabloïd, audiovisuelle et un peu partout de la performance de la CNSS : recettes en hausse, amélioration des conditions de travail… Ensemble avec Charles Mudiayi (DG adjoint) et Mme Joséphine Shimbi Umba, présidente du Conseil d’administration ad intérim, ils impulsent une nouvelle dynamique.

Porté à la tête de la CNSS après le passage des inspecteurs de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Mfuti Kiaku a imposé sa discipline et les résultats sont très encourageants. En un mois, la CNSS a réalisé des recettes évaluées à plus de 7 milliards de francs congolais, soit près de 4 millions de dollars. Tenez ! Outre le fait qu’il a su remettre de l’ordre dans la gestion de l’entreprise, dans un laps de temps, il a motivé les travailleurs, activé les locataires qui doivent depuis longtemps beaucoup à la CNSS… Vite, l’ensemble du personnel de la CNSS lui voue une grande admiration.

Quelqu’un qui a forgé ses armes au sein de la CNSS

Jean Simon Mfuti Kiaku n’est pas quelqu’un de nulle part. Fils-maison, il a gravi tous les échelons au sein de l’Etablissement, ce qui lui donne comme avantage une longue expérience. Avec efficacité, il a dirigé pendant de nombreuses années la Direction d’action sanitaire et sociale (DASS) et a exercé pendant 5 ans comme directeur provincial de la CNSS dans la ville portuaire de Matadi, au Kongo Central.

Fils du terroir, docteur Mfuti est l’une des figures emblématiques du Kongo Central dont l’élévation aux fonctions de DG ai a plu à plus d’un notable Né Kongo, qui  n’ont pas hésité de remercier le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi. A juste titre, le président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, Jean Claude Vuemba, qui a applaudi sa nomination, dit voir en lui une lumière, l’expertise et l’énergie qui feront de la CNSS une entreprise d’excellence. 

 A l’œuvre, on connait l’ouvrier

Manettes de commande en mains, le DG ai de l’ex-INSS ne s’est pas fait prier pour commencer le travail. Soucieux de maximiser les recettes, il a entamé la visite des immeubles de la CNSS, mettant en garde les insolvables. Aussi, a-t-il interpellé les employeurs au strict respect des textes légaux concernant le versement des cotisations sociales de leurs travailleurs. Dans son souci de mettre l’homme au centre de l’action, Jean Simon Mfuti a augmenté significativement les frais de transport journaliers des contrôleurs qui doivent assurer le recouvrement. Il a aussi augmenté la pension de vieillesse. Ses actions étant tentaculaires, il a par ailleurs initié des actions de construction et d’assainissement dont la construction d’un mur mitoyen séparant la CNSS du bâtiment du ministère du Travail.

En ce qui concerne les structures continentales ou sous régionales de sécurité sociale dans lesquelles la RDC est membre par le biais de la CNSS, le docteur Jean Simon Mfuti assure bien ses prérogatives. Actuellement, c’est lui qui est à la tête du Bureau de liaison de l’association internationale de sécurité sociale pour l’Afrique centrale (BLAISAC) dont le siège a été transmis en 2020 en RDC, dans le cadre du Triennium 2020. C’est dire que l’homme a toutes les chances de voir son mandat confirmé par le Chef de l’Etat, Félix A. Tshisekedi.

 Hubert Mwipatayi

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