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Culture

Culture: Le mariage traditionnel chez les pygmées Mbuti.

« Tête pour tête », tel est le principe de base dans la tradition mbuti lorsqu’un garçon de cette race humaine désire épouser une fille ayant les caractéristiques communes de ce groupe social. Le mariage traditionnel chez les Mbuti se fait sur la base d’échanges réciproques et sans obligation manifeste de versement de la dot.

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Dans leur système de filiation, les pygmées Mbuti constituent une société patrilinéaire mais le système est assez souple. Le groupe principal des Mbuti est la famille nucléaire. Le mariage se fait sur la base d’échange de femme. Sur la base d’échanges réciproques, des hommes de groupes différents échangent entre eux des sœurs ou des femmes avec qui ils ont des liens. Dans la société mbuti, le paiement d’une dot n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de cérémonie formelle de mariage : un couple est considéré comme marié lorsque l’homme présente aux parents une antilope qu’il a chassée et tuée seul. La polygamie est pratiquée mais à des degrés variables selon les groupes et n’est pas très répandue.

Les sociétés mbuti n’ont pas de groupes ou de lignée dirigeante ni d’organisation politique générale et très peu d’organisation sociale. Les Mbuti forment une société égalitaire dans laquelle la bande constitue l’organisation sociale la plus importante. Le leadership peut s’affirmer par exemple lors des opérations de chasse. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Les problèmes sont discutés et les décisions sont prises par consensus autour du feu. En cas de désaccord, de délits ou d’infractions, la personne incriminée peut être bannie, battue ou ridiculisée.

Les hommes et les femmes mbuti s’occupent tous les deux des enfants. Les enfants s’occupent de la cuisine, du nettoyage, de la réparation de la hutte et vont chercher de l’eau. Les hommes portent les femmes dans les arbres pour qu’elles aillent récupérer le miel. Pour la chasse, les Mbuti utilisent des grands filets, des pièges, des arcs et des flèches. Les femmes et les enfants participent parfois à la chasse en rabattant les proies vers les filets.

Etymologie

On observe de multiples variantes : Bambote, Bambute, Bambuti, Ba.Mbuti, Bambutis, Bouté, Imbuti, Mambuti, Mbote, Mbutis, Pygmées de l’Ituri, Pygmées Mbuti, Wambouti. « Bambuti » est le pluriel de « Mbuti ». Cette race des pygmées vit dans des villages où chaque hutte abrite une cellule familiale. Au début de la saison sèche, les Mbuti quittent leur village et s’installent dans des campements qu’ils construisent dans la forêt. Les villages sont indépendants les uns des autres. Les maisons sont petites et circulaires et sont toujours conçus comme des habitats temporaires. La construction d’une maison commence avec le tracé du contour de la maison sur le sol. Les murs sont constitués de branches solides plantées dans le sol. Une liane est ensuite enroulée autour de ces branches pour les faire tenir ensemble. De grandes feuilles sont utilisées ensuite pour construire le toit de la hutte. 

Situation géographique 

Les Mbuti sont un peuple pygmée vivant dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo. Leur langue appartient au sous-groupe des langues soudaniques centrales. Les Mbuti sont un peuple pygmée de chasseurs-cueilleurs et l’un des plus anciens peuples présents en Afrique centrale. Ils sont organisés en petits groupes ou «bandes» de 15 à 60 personnes. Les Mbuti seraient au nombre de 30 000 à 40 000. 

L’utilisation du terme Mbuti peut créer parfois une certaine confusion car il peut servir à désigner l’ensemble des populations pygmées de l’Ituri et un sous-groupe de Pygmées vivant au cœur de la forêt de l’Ituri. L’épicentre de la vie des Mbuti est la forêt. Les Mbuti voient dans la forêt une protection et la considèrent comme un lieu sacré. Ils désignent parfois la forêt comme une «mère» ou un «père». Un rituel important dans la vie des Mbuti est le molimo. Après des évènements comme la mort d’un membre important de la tribu, molimo est célébré de façon bruyante pour réveiller la forêt, partant du principe que si quelque chose de mauvais arrive à ses enfants, cela est dû au fait que la forêt s’est endormie. Comme pour la plupart des rituels Mbuti, la durée du Molimo est variable et dépend de l’humeur du groupe. 

De la nourriture est collectée auprès de chaque hutte afin de nourrir le molimo. Le soir, le rituel s’accompagne de danses de la part des hommes autour du feu tandis que les femmes et les enfants restent dans les huttes, portes closes. «Molimo» est aussi le nom de la trompette utilisée par les hommes au cours du rituel. Cette trompette était traditionnellement faite en bois ou en bambou. Elle pouvait aussi être en métal utilisé pour des gouttières. Lorsqu’elle n’est pas utilisée, la trompette est conservée dans les arbres de la forêt. Lors d’une cérémonie, ce sont les jeunes du village qui récupèrent la trompette et la ramène jusqu’au feu.

Raymond Okeseleke

Culture

Les perles de hanche: au-delà du décoratif à travers les âges

Porté généralement autour de la taille, cet attirail reste un outil d’artifice de séduction. Car, traditionnellement, les perles de hanche, les mayaka en lingala, étaient uniquement réservées aux femmes mariées et aux fiancées pour une belle vue de leurs prétendants. Elles restent cependant un atout majeur de beauté pour la femme congolaise loin de toute négativité.

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Les atouts séduisants des femmes sont généralement des secrets bien gardés. C’est le cas des perles autour des hanches, jalousement gardé de générations en générations. Le savoir-faire de cet art est entretenu par des castes. Un ou plusieurs colliers de perles autour des reins et le tour de séduction est donné.

 C’est à peine crédible et pourtant vrai. Les femmes savent tenir leurs hommes. Le choix des couleurs, des formes, l’assemblage du collier, tout est savamment pensé pour séduire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche. Ce sont les hommes eux-mêmes qui le confessent. Très enracinées dans la culture congolaise et, par ricochet, africaine, les filles portent des colliers de reins perlés dès leur plus jeune âge pour, dit-on, «façonner l’arche». Le choix des perles pour orner la taille n’est pas un hasard. Plus qu’un accessoire de beauté, ils transmettent un message.

 En effet, de nombreuses femmes portent des perles de hanches pour communiquer, s’embellir et plaire à leur partenaire. Certaines pendent à la taille. D’autres sont lumineuses ou encore parfumées. Nombreuses sont des femmes avouant qu’il s’agit d’un geste de beauté et d’attirance sexuelle. Un outil de communication de très grande valeur. Le cliquetis des perles a un effet sur l’homme. A savoir la séduction. À l’origine, c’était un accessoire porté dans l’intimité du couple. Normalement, il n’y a que le mari ou le partenaire qui devrait voir ces accessoires sur le corps de la femme, dit-elle. Dans les coutumes ancestrales, il y a eu des encens spécialisés qui avaient un effet aphrodisiaque ou spirituel.

Autres usages

De plus, quand elles sont portées par les filles dès l’enfance, cela permet aux parents de suivre la croissance de l’enfant donc de contrôler, par exemple, la prise de poids. En effet, selon des sources, les perles de hanches permettent aussi à la femme de suivre les transformations dans son corps. Si elle perd du poids, les perles de hanches vont descendre. Si elle prend du poids, les perles de hanches vont devenir très serrées.

Certaines vertus mystiques leur sont attribuées. Par exemple, elles sont mises autour des tailles des bébés, sans distinction de genre, afin d’apaiser les douleurs de la poussée dentaire. Elles sont aussi reconnues pour leur capacité d’envoûtement. On dit que certaines perles ont la capacité de garder l’amoureux, de garder le mari, donc elles auraient des pouvoirs magiques, dit-elle.

Selon l’usage, les perles ont de nombreux effets. Dans la culture populaire, elles aident les bébés à supporter le passage de la pousse de dents. On y associe un petit bijou fait en peau d’animal dans certaines régions du continent. Avec l’intégration des religions d’origine européenne, les perles seront agrémentées de petits médaillons religieux que les petites filles porteront partout. Idéales pour former très tôt les célèbres courbes africaines ou tout simplement pour guérir certains maux, les perles restent cet accessoire que reines et même rois ont porté.

Valeur économique

Sur le plan économique, le secteur des perles semble avoir connu un certain déclin. Très présent il y a des années, on n’assiste aujourd’hui qu’à quelques étalages dans les pavillons tenus par des Ouestafs au Marché central. Toutefois, il pourrait subsister après la réhabilitation du marché-Zando. Elles ne coûtent pas grandchose. Il faut en moyenne entre 500 et 5000 francs pour s’offrir de belles perles que l’on désire porter. Il revient à chaque consommatrice de les combiner à sa guise. Quel que soit l’usage que l’on envisage d’en faire, les vendeurs sont des meilleurs guides. Au-delà de toutes ces considérations, on retient que les perles ont une valeur culturelle importante à travers des générations.

 Raymond Okeseleke

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Culture

La musique GOSPEL mêlée à la rumba, au rap…, les chrétiens à la croisée des chemins

Le développement de la musique chrétienne et l’essor des groupes de louange suscitent un certain nombre de réflexions dans le Corps de Christ. Par définition, il ne devrait y avoir que de bonnes choses à dire à propos de ce phénomène : louer Dieu, chanter la gloire de Dieu; mais une observation attentive fait apparaître de plus en plus de désaccords de fond avec la Parole de Dieu et il devient nécessaire de poser de vraies questions, tout en se gardant de prises de positions personnelles. La musique est un pouvoir et a un pouvoir. Cela, pour le cas de la République Démocratique du Congo, est plus que manifeste. La musique populaire, au-delà de ses fonctions ludique et sociale, exerce une influence sur la vie des individus.

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Sous ces trois mots «musiques actuelles chrétiennes», on désigne habituellement les chansons d’inspiration chrétienne, dont le langage musical emprunte différents styles de musique populaire : rock, reggae, blues, électro, latino, pop music, etc… Courant que l’on nomme aussi parfois «rock chrétien» ou «pop louange».

 Phénomène, relativement récent, qui a pris de l’ampleur autour des années 2000. La plupart du temps, il s’agit essentiellement de groupes embrassés par des chanteurs isolés s’inscrivant dans un courant confusionnel (Frère Patrice, Thomas Lokofe, Denis Ngonde, Charles Mombaya, Mike Kalambay, Marie Misamu, L’Or Mbongo, Matou Samuel, Micheline Shabani…).

Confusion apparente

On pourrait distinguer grosso modo trois courants, que l’on peut parfois rencontrer dans un même groupe/chanteur : 1) La «pop louange» : des chansons qui visent (souvent dans un rassemblement) l’animation d’une prière de louange -¬ surtout Glorious, Exo, parfois Agapê. On reconnaît ces chansons par leur vocabulaire, essentiellement articulé autour des mots louer, bénir, adorer, alléluia, etc…

  Le Ndombolo. Si cette identité de la musique congolaise a reçu une gifle de la part des musiciens « typiques », « mondains » ou populaires, la musique dite chrétienne s’est aussi professionnalisée dans ce genre de style qui, jadis, n’était que l’affaire de Werra, JB, Fally, Zaïko, Papa Wemba, Koffi,… Frère Patrice Ngoy Musoko, Les Tumbishayi, Mike Kalambayi, Franck Mulaja, Pasteur Luva, … ont pas mal excellés.

Des titres comme « Mal à l’aise », « Pasteur patron »,… Ici, le ndombolo est roi. Dans le langage des frères-musiciens, la phrase biblique couramment prononcée reste : « toutes les danses viennent du ciel ». Toutes les incriminations réservées aux musiciens dits mondains ont valu également pour les chantres chrétiens. Dans les bars et terrasses de Kinshasa, les génériques de Frère Patrice font des émules.

 A ce niveau aussi, les exemples sont légion ; « Toukou toukou », « Malewa 1, 2, 3, 4, 5… mécanique ou auto », la bande d’annonce de l’album « millionnaire » de Karma Pa rivalisent d’ardeur. A l’époque de Maman Angebi ou Maman Kanzaku, la musique chrétienne était présentée autrement ; « Tala tina ngayi nalingaka nkolo yasu » du Frère Mente, qui est considéré comme le précurseur de cette vague. «Okomi kolata ba bijoux, nzoto. Ah nzoto ! osengi nga bilamba ya wax, nzoto », chantait le Frère Blaise Sakila de son vivant. « Ooh ! ngebe, ngebe ooh ! ngebe », « olobi yo olingi yesu, yo ozali koyiba » de Frère Patrice Ngoyi, « Jesus, libérez-moi misérable afin que les chaînes tombent pour que je sois délivré. Jérusalem mboka ya sika » du couple Buloba,… « Ce qui est sûr, le couple Buloba n’a pas « ndombolisé » le coin ». Et de renchérir , le Ndombolo, est devenu le genre nouveau adopté par les musiciens chrétiens jeunes.

Il n’en reste pas moins que la RDC a traversé une période de confusion apparente. Les musiciens chrétiens sont très visibles dans des concerts sponsorisés, se traduisant par les «mabanga», guitare solo, recherche de qualité artistique, seben,…

Un brin d’histoire

Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire de la musique, Dieu a toujours été invoqué, chanté, glorifié, interpellé. «Nkundi» de Mgr Batantu, archevêque de Brazzaville dans les années 1960, «Tokosenga na Nzambe» de Ntesa Dalienst et «Nakomitunaka» de Verckys Kiamwangana plus près de nous sont, parmi les centaines de titres qui évoquent Dieu.

Ces chansons imprégnées de mystique religieuse sont exécutées par des musiciens profanes. Ceci montre la difficulté d’établir, dans l’absolu, une ligne de démarcation entre d’une part, la musique profane et la musique sacrée, d’autre part. Ceci s’explique par le fait que le peuple congolais est profondément religieux.

La musique chrétienne contemporaine regroupe divers styles qui se sont développés aussi bien à l’extérieur de diverses communautés qu’à l’intérieur de cellesci ; du Rock chrétien au Hip-hop chrétien en passant par le « Soucous » chrétien ou encore la « Rumba » chrétienne.

Dans les années 1980 et 1990, la musique chrétienne contemporaine a pris une place considérable dans les cultes chrétiens évangéliques ou des églises de réveil. Une grande variété de styles musicaux a développé la louange traditionnelle.

Depuis longtemps, la musique des variétés dans son écriture et son animation, a également subi l’influence de la musique dite biblique. Cela prouve que les musiciens mondains font toujours attention au sacré. Dans son essence, la musique chrétienne s’inspire de la parole divine en plaçant le Christ au centre de tous les thèmes richement variés, contrairement à ce qui est produit présentement.

 Aujourd’hui, cette musique est devenue un véritable phénomène social, pendant que la musique mondaine pose des problèmes sans les résoudre, et pour des visées commerciales, les groupes musicaux chrétiens et notamment Terre Promise, Tumbishayi, Les Chérubins, Vox Dei, Les Moissonneurs, et tant d’autres orchestres, ne font plus la musique religieuse ou chrétienne, mais plutôt celle de variétés.

Ils se rallient à la musique des animateurs dits « atalaku », et copient les rythmes, les partitions de la guitare solo, les cris, les danses, etc. de la musique mondaine. Il apparait difficile de se reconnaître lorsqu’on les écoute. Sur le plan qualitatif, l’avenir n’est pas prometteur pour la musique chrétienne d’aujourd’hui.

Elle n’est plus de bonne facture. On n’entend plus des mélodies mélancoliques du genre «Elikia na ngai» de Denis Ngonde ou «Tala tina» de Frère Mente. Et aussi, la plupart des musiciens d’aujourd’hui ne font plus la gloire de Dieu. Ce qui dénote une rupture avec l’ancienne musique chrétienne.

De la Musique profane à la musique religieuse, il n’y a eu qu’un pas

La musique religieuse fut la vache laitière de la musique mondaine. De nos jours, c’est le mouvement contraire qui s’observe. De nombreux albums consacrés à la chanson chrétienne sont mis sur le marché parmi lesquels celui d’Annie Ngwe Mobejo en 1994, qui chante le «Roi vainqueur» avec la participation de Debaba El Shabab, reconverti avec le titre «Senzelaka».

Des cas célèbres de conversion des musiciens profanes abondent dans les annales de la musique religieuse dite chrétienne : Antoinette Etisomba Lokindji, Mopéro Wa Maloba, ancien leader de l’orchestre Shama Shama, Kiese Diambu, ancien des Grands Maquisards, de l’Afrisa International et de l’O. K Jazz, Djonita Abanita, Zobena X-Or, ancien de Choc Stars, Debaba Dieka Mbaki, ancien de Viva La Musica et de Choc Stars, Lassa Carlito, ancien de l’O.K Jazz et de Choc Stars, André Bimi Ombale, ancien de Zaïko Langa Langa, de Za’iko Familia Déi et de Basilique Loningisa, Feza Shamamba, Michel Ndouniama, ancien de Bilenge Sakana, Jolie Detta, Charles Tchikou, pour ne citer que ceux-là, qui ont décidé de passer du profane au sacré au grand désespoir de leurs fans.

A écouter ces chansons dans la nouvelle chapelle de ces artistes – musiciens, on a l’impression que soudain, par ces conversions aussi brutales qu’inattendues, leur source d’inspiration a tari.

Parallèlement à la musique d’agrément, la musique profane a représenté la composante religieuse bien organisée et en pleine évolution chez les Catholiques et les Protestants. Une musique qui a trait à des chorales à plusieurs voix dont la nature chez les Catholiques épousait les chants grégoriens en latin ou des chorales essentiellement marquées par le chant en langues vernaculaires.

Ces chorales ont connu successivement un accompagnement de l’orgue, puis de la guitare, de l’accordéon et d’autres instruments avec lesquels s’accompagnaient les chanteurs.

Expansion et exagérations

Phénomène récent dans l’histoire de l’Église, on assiste à l’avènement d’un certain type de musique chrétienne depuis une vingtaine d’années, durant lesquelles sont apparues des productions diverses, accompagnées d’une popularité nouvelle et dont le succès s’affirme de plus en plus.

Sur le plan de l’expansion, les choses semblent être conformes à cette prédiction, et le succès grandissant de la musique chrétienne n’est sans doute pas sans impact dans une certaine forme d’évangélisation, mais sans commune mesure (pour l’instant) avec l’hypothèse d’un réveil mondial.

 Raymond Befonda

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Culture

LES NGOMBES

Les Ngombe (ou Ngombé) sont une population bantoue de la République Démocratique du Congo. Ils vivent principalement dans la grande province de l’Équateur, précisément dans les provinces de la Mongala, Sud-Ubangi et Equateur c’est-à-dire dans le nord-ouest du pays. La vie de ces « gens d’eau » est étroitement liée à celle du fleuve Congo. Ils pratiquent la pêche, l’agriculture sur les rives et font du commerce en amont ou en aval.

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Le peuple Ngombe constitue un groupe ethnique important au sein de la population de l’ex-province de l’Equateur et moins important en nombre dans l’ex-Province Orientale. On le trouve disséminé dans plusieurs nouvelles provinces issues du démembrement de la grande province de l’Equateur. Il s’agit de la province de la Mongala, du Sud-Ubangi et de l’Equateur respectivement dans les territoires de Lisala et de Bongandanga (Mongala), de Libenge et dans le territoire de Budjala (Sud-Ubangi), de Basankusu et de Bolomba (Equateur).

Les Baptistes Britanniques qui ont évangélisé la région de Lisala et de ses environs vers la fin de 1800, mais surtout eu égard aux travaux de Léon de Saint Moulin, les Ngombe qui occupent aujourd’hui les espaces ci-haut cités font partie des premiers bantous qui vivaient en bordure de forets humides et qui s’étaient adaptés au milieu de la savane en s’étendant vers le sud au Cameroun et au Gabon. Ils sont venus du Cameroun lors des grands mouvements de migration bantous partis du Nord vers le Sud du Cameroun suite aux conflits des Chefs ethniques (vers la fin du 17 è siècle).

Ainsi, après avoir fait de très longues marches, des guerres entre ethnies habitant le nord du Congo, ils atteindront le bassin de la Mongala, à Lisala, où ils ont créé un véritable foyer jouant le rôle du lieu de rassemblement pour plusieurs tribus au début de la seconde moitié du 19è siècle. C’est ici qu’on verra les Ngombe se diviser en différents groupes et prenant différentes directions. Les uns descendant plus au Sud de l’Equateur, et prenant la direction de Bongandanga et de Basankusu. Les autres feront irruption dans la Cuvette Centrale vers l’an 1.800 chassant devant eux plusieurs groupes Mongo jusqu’à s’installer à Bolomba où ils ont été obligés de partager les mêmes territoires avec d’autres Mongo.

moitié du 19è siècle. C’est ici qu’on verra les Ngombe se diviser en différents groupes et prenant différentes directions. Les uns descendant plus au Sud de l’Equateur, et prenant la direction de Bongandanga et de Basankusu. Les autres feront irruption dans la Cuvette Centrale vers l’an 1.800 chassant devant eux plusieurs groupes Mongo jusqu’à s’installer à Bolomba où ils ont été obligés de partager les mêmes territoires avec d’autres Mongo.

C’est ainsi que Honoré Vinck pouvait écrire de manière comparative : les Ngombe sont très nombreux. Mais nous ne savons pas qu’ils sont tous un seul peuple, ou si ce n’est qu’un seul nom. Les Ngombe sont dans la région de Bangala au-delà de Makanja, Lisala et Bumba. Certains sont dans la région de la Lulonga et la Lopori, quelques-uns dans l’Ikelemba, d’autres vers Kisangani. Certains Ngombe habitent la Lomela. C’est-à-dire certains villages y sont là appelés par ce nom. Les Ngombe qui sont dans la Lomela n’ont pas la même manière et la langue que d’autres Ngombe. Ils ont imité la manière d’autres tribus qui sont près d’eux. Ils parlent les langues de ces tribus. Beaucoup d’entre eux sont des gens de la terre, mais d’autres sont des riverains. Une bonne partie d’eux ont reçu la foi

Les vrais Ngombe ont leurs manières. Ils ne ressemblent pas aux Mongo. Ils sont dangereux et guerriers. Une chose mauvaise dans laquelle ils excellent c’est la pratique magique. Leur langue diffère de la nôtre. Il y a une grande différence. Certains pensent que les Ngombe ne sont pas de vrais bantous, qu’ils sont apparentés aux Ngbandi et Bazande. Les Ngombe se divisent en grand groupe, chacun avec sa manière et sa langue, comme des Ngombe de Lulonga, Buja et beaucoup d’autres.

Caractéristiques anthropologiques et sociologiques

Les Ngombe ont une taille normale, mais on peut trouver ceux qui sont élancés et ceux de petite taille. Ils sont des faciès ovales avec teint claire ou sombre. Les tatouages et les scarifications ne sont pas vraiment de leur apanage, peut-être on peut en trouver comme signe distinctif de la chefferie coutumière.

Avec les peuplades apparentées et voisines, les Ngombe ont toujours entretenus des relations de domination, ils se voient comme les plus civilisés parmi d’autres peuples de l’Equateur. Leur relation avec le pouvoir colonial n’était pas très bonne de ce fait non développée car quelque peu problématique. Le vrai problème était celui du goût à l’insoumission. Pour bien des cas, on peut dire qu’en ce peuple résidait toujours un esprit de résistance surtout quand il trouvait que faire les travaux manuels de champs, de ménage. Pour les colons, les travaux étaient réservés pour les peuplades apparentées et non pour eux. Comme le pouvoir colonial était aussi lié aux lucres, ses relations avec le peuple Ngombe étaient difficiles à cause de l’insoumission. Dans bien des cas, le pouvoir colonial se voyait obligé de faire venir les Ngbandi, les Ngbaka voire les Mbunza pour travailler dans les plantations de Caoutchouc, de palmier, de café, etc.

Structures politiques et sociales

Les Ngombe qui occupent près des 2/5 de la population du grand Equateur, depuis les migrations, sont un peuple qui accorde une grande valeur au chef coutumier appelé Kumu. Celui-ci avait un pouvoir absolu, héréditaire et sacré car il était considéré comme un intermédiaire entre les vivants et les morts. En d’autres termes, le Kumu ou le chef coutumier savait prévoir les dangers ou les malheurs qui guettaient la société pour le bien-être de sa population. Il incarnait même la sorcellerie dite « protectrice » du village. Le Kumu jouait parfois le rôle du griot et du guérisseur traditionnel avec le pouvoir d’esprits ancestraux. Il était le plus souvent consulté pour deviner la destiné du peuple avant de poser une quelconque action d’intérêt commun. Les grands chefs guerriers les plus connus qui ont donné de noms à leurs descendances sont : Ndjano, Melo, Simba, Libenge et Kuluki. Ainsi on parle de Boso-Ndjano, Boso-Melo, Boso-Simba pour ne prendre que ceux-là. C’est ici qu’il peut y avoir rapprochement à ce que pense Léon de Saint Moulin sur les noms ethniques quand il écrit : les noms ethniques ont des provenances extrêmement variables. Il y a ainsi beaucoup de Bena, c’est-à-dire de «gens de», ou de Bakwa, c’est-à-dire de «gens de chez», auxquelles correspondent diverses expressions dans d’autres langues pour désigner des populations par référence à un nom de chef ou de lieu. Ces dénominations sont parfois anciennes, mais il s’en est créé à toutes les époques et il s’en crée encore.

La société Ngombe est très hiérarchisée, elle est divisée en classes sociales bien respectables. Parmi ces classes, il convient de citer : la classe des aînés de la famille : communément appelé les « Somi » qui sont des héritiers. La priorité leur était accordée, malheureusement les filles aînées n’avaient pas les mêmes privilèges que les garçons aînés.

La classe des gardiens de coutume appelée aussi les Kumu qui sont aussi choisis uniquement selon certains critères coutumiers. Dans cette classe, l’âge n’est pas une condition essentielle. La classe des neveux appelés Noko avait un pouvoir d’action non négligeable ; ils étaient considérés comme les maudisseurs de la famille du côté maternel seulement au cas où leur demande n’avait pas trouvé de satisfaction.

Dans la tradition Ngombe, les Noko sont très exigeants. Ici aussi, l’âge n’est pas non plus une condition essentielle. La société Ngombe est solidaire dans le bonheur comme dans le malheur qui frappe la famille. Dans la société Ngombe, bien que les femmes soient honorées et consultées, respectées et souvent appelées Mama ou Nange o bana, elles n’ont pas vraiment la parole parmi les hommes. Les personnes âgées sont très respectées. Les enfants sont toujours l’incarnation de la continuité du village. Les Ngombe accordent une grande importance à la famille élargie mais chaque parent a autorité sur ses enfants. La succession se fait de père en fille ou de père en fils selon que celle ou celui-ci est l’aîné de la famille.

Structures économiques

L’économie des Ngombe est basée sur l’agriculture, la pêche et la chasse. Parmi ces trois activités, le travail de la terre est resté un élément essentiel de leur vie et ce travail est souvent exécuté en commun. Cela s’explique par le fait que les Ngombe sont toujours un peuple solidaire, animé par l’esprit de l’unité qui est rendu par le slogan « Iso Ngombe » (Nous les Ngombe). La pêche, l’élevage, la chasse sont des activités secondaires. Le commerce et l’échange étaient basés sur le tronc avant l’arrivée de la monnaie.

Culture du peuple

Bien que tous parlent « Lingombe », on y trouve les groupes linguistiques qui ont quelques particularités prosodiques et encore l’accentuation du substrat maternel qui les différencient. C’est ainsi qu’on y trouve : les Yumba, les Mosweya, les Doko et les Mbenja. Selon qu’ils se trouvent de l’autre rive du fleuve Congo ou encore plus proche du peuple Mongo. Il faut dire qu’ici, le Lingombe a subi certainement le brassage linguistique au fil du temps de vivre ensemble avec d’autres peuplades.

Le régime alimentaire des Ngombe se caractérise par une prédominance des féculents. Parmi ceux-ci, le manioc occupe une place de choix. Sa forme la plus utilisée est la chikwangue. Les autres formes de consommation de manioc sont le Fufu (farine de manioc), le ntuka (manioc moulu et bouilli) et le Malemba. La banane Plantin, l’igname, le riz également sont consommés mais très occasionnellement. La consommation de la viande d’élevage est très réduite. La  viande de bœuf n’est presque pas consommée dans les milieux ruraux. Seules les viandes de porc, de chèvre et la volaille sont de temps en temps incorporées dans la ration, surtout lors des fêtes ou d’autres événements spéciaux. Les principales sources de protéines d’origine animale sont constituées par les produits de chasse, de pêche et par les chenilles et les insectes. La consommation presque quotidienne de légumes se limite au pondu (feuille de manioc).

La consommation des produits de pêche et de la chasse est très élevée. (C’est le cas de poissons, gibier, tortue, crocodile, serpent, etc.). Les Ngombe sont des consommateurs potentiels de l’alcool. Il faut reconnaître que dans les temps, les hommes, les femmes et surtout les enfants se promenaient à moitié nus. Ils portaient du raphia dans la partie inférieure comme pour cacher le sexe et la partie supérieure restait tout nue. De ce fait, les seins des femmes se livraient au spectacle des yeux.

On trouve rarement la sculpture chez les Ngombe. Les maisons étaient construites en argile, en bois et en paille mais c’était de grandes maisons pour des grandes familles. C’est avec l’arrivée de l’homme blanc qu’on a commencé à construire des maisons en briques cuites. Les Ngombe ont une identité culturelle spécifique à eux en ce sens que, la musique et la danse sont étroitement liées à leur vécu quotidien. Dans leur culture, chaque musique est significative et  est liée à leur vécu quotidien. L’on relève ici les quelques types de musiques et danses traditionnelles qui ont marqué l’histoire et la culture de ce peuple. Ainsi, on peut retenir : le Ikpeti : c’est un genre de musique sacré ayant pour objet soit la commémoration du gardien de coutumes disparu, soit pour faire honneur à une personne de grande valeur, un dignitaire de la vie. Il faut signaler que cette musique est obligatoirement accompagnée d’un sacrifice qui, dans le passé, consistait à égorger publiquement un esclave. Actuellement, c’est-à-dire de nos jours, ce sacrifice est remplacé par la chèvre.

Le Manku : c’est un genre de musique de réjouissance pour se souvenir d’un bien fait qui arrive dans la famille. Elle est chantée uniquement par les femmes. Le Isango : un genre de musique chantée lors de la cérémonie de fin d’une période d’initiation dont on intronisait seulement les jeunes filles considérées comme petites reines honorées et interdites de tous travaux. Le Bwaé : musique traditionnelle chantée pour célébrer le jour de la sortie en publique de la jeune fille qui venait de mettre au monde pour la première fois après avoir passée un moment de reconstitution dans la maison. Le Mosingo : une musique purement coutumière chantée par les hommes appelés « nganga » dans le but de chasser le malheur parmi le peuple en invoquant l’esprit des ancêtres pour apporter le bonheur dans le village.

Le Manku : c’est un genre de musique de réjouissance pour se souvenir d’un bien fait qui arrive dans la famille. Elle est chantée uniquement par les femmes. Le Isango : un genre de musique chantée lors de la cérémonie de fin d’une période d’initiation dont on intronisait seulement les jeunes filles considérées comme petites reines honorées et interdites de tous travaux. Le Bwaé : musique traditionnelle chantée pour célébrer le jour de la sortie en publique de la jeune fille qui venait de mettre au monde pour la première fois après avoir passée un moment de reconstitution dans la maison. Le Mosingo : une musique purement coutumière chantée par les hommes appelés « nganga » dans le but de chasser le malheur parmi le peuple en invoquant l’esprit des ancêtres pour apporter le bonheur dans le village.

Notons qu’après avoir travaillé toute la journée, pour se divertir, les Ngombe au village se réunissaient souvent le soir autour du feu tout en chantant et en exécutant des pas de danse. Le sport, s’il existait, était le propre des hommes. Ils jouaient à la lance au javelot, à la course aux pirogues et à la lutte tandis que les jeunes femmes ne pouvaient que jouer à la rivière chantaient et tapant l’eau et faisant résonner même les sons de tambour ou tam-tam. .

Quelques fabrications traditionnelles

L’art de fabriquer des pirogues, propre aux Ngombe, a été mis  à profit par les riverains dans la circulation fluviale comme moyen de communication le plus prisé. Plus tard au Nord, les pirogues Kundo et Ngombe seront utilisées par les Ngwe, les Odiyo et les Songo pour le développement des activités commerciales d’Ubangi au 17 è Siècle. Les Ngombe sont des fabricants des instruments traditionnels et folkloriques de musique. On y trouve le Mbonda (Tam-tam), le Ndundu (Tambour), le Mongungu (Lokolé), le Mopaté ou Mondulé (Corne d’antilope), le Mokembe (le gong), le Ngombi (Sansza). Ce peuple est aussi forgeron, depuis toujours, il utilise le cuivre pour fabriquer ses armes de chasse tels que : le Ngbange autrement appelé Mosuki ou Ikongo sont les différentes sortes de lance. Il fabriquait également d’autres armes traditionnelles de chasse comme le Likpangola ou Ngwa (Machette).

De l’éducation à la vie

La transmission du savoir se faisait selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon. C’est comme pour dire que le critère sexuel était le fondement à l’éducation à la vie. Les jeunes hommes étaient initiés à la vie par les vieux sages du village qui, de fois, les internaient au camp à l’intérieur de la forêt pour l’initiation à la vie. Et là, ils apprenaient tout ce qu’un homme doit savoir pour la vie en tant que homme et aussi continuité et sauvegarde de la ligné. Pour ce qui est des jeunes filles, elles étaient aussi regroupées par des femmes âgées et expérimentées du village. Retranchées dans la forêt, elles étaient initiées à la vie des femmes et des mères.

Il faut dire que chez les Ngombe, comme cela peut aussi être le cas dans d’autres tribus, ce sont les parents qui arrangeaient toujours le mariage de leurs enfants. En ce qui concerne la dot, rarement on versait de l’argent. Car plus souvent, il y avait un certain nombre des biens et d’instruments traditionnels qu’on devrait présenter à la belle famille. Et très souvent, il appartenait aux beaux-frères de s’en servir de la dot pour leurs futurs mariages. A titre illustratif, on donnait souvent, entre autres, des pirogues, des lances, des machettes en cuivre, et le fusil. Mais quand il y avait divorce, la famille de la femme se trouvait toujours dans l’obligation de restituer tous les biens reçus lors du versement de la dot à la famille de l’homme. Il est important de souligner que le mariage ne se faisait qu’entre les familles de villages qui entretenaient de bons rapports entre eux. On ne se mariait jamais quand on était du même village. C’est pour ne pas commettre l’inceste.

 Raymond Okeseleke

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