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Politique

FCC : retour sur la chute d’un clan

Face aux verrous constitutionnels contre un troisième mandat, Joseph Kabila était obligé de passer la main à un autre. Pour que le pouvoir reste dans son sérail, le prédécesseur de Félix Tshisekedi s’était choisi un dauphin. Un casting qui a, en réalité, sonné le glas du clan.

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« J’ai déjà gagné. Vous avez vu comment j’ai battu campagne ? Tout s’est bien passé. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir ». Ces phrases pleines d’orgueil prononcées par Emmanuel Ramazani Shadary, le 30 décembre 2018, avaient à la fois intrigué l’opinion et fait penser à un match électoral joué d’avance. Mais les faits qui ont suivi ont, à contrario, démontré une vraie déconfiture du clan Kabila.

 Mauvais casting du dauphin

Devant l’impossibilité de contourner la Constitution pour briguer un troisième mandat, Joseph Kabila avait, à la surprise générale, porté son choix sur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat à sa succession à la tête du pays. A quelques heures seulement de la fin du délai de dépôts des candidatures pour la présidentielle, l’ex-chef d’Etat, alors en fonction, a dévoilé, le 8 août 2018, le nom du candidat du Front commun pour le Congo (FCC), pour le scrutin du 23 décembre de la même année.

Ce dauphin, choisi in extremis, n’a malheureusement pas fait l’unanimité au sein du clan Kabila. Puisque lors de sa présentation au stade Tata Raphaël, à Kinshasa, plusieurs caciques du Front commun pour le Congo n’ont pas daigné arborer des chemises frappées à l’effigie de Ramazani Shadary. Ils ont, pour la plupart, préféré porter l’effigie de Joseph Kabila. Rien de surprenant car, avant ce casting, plusieurs noms étaient cités comme dauphin potentiel de l’exRaïs, sans vraiment s’attendre à un certain Shadary dont le pedigree – au-delà du FCC – dérangeait aussi au sein de l’opinion congolaise. Du coup, ses phrases peu honorables prononcées lors des meetings du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) refont surface. Des propos parfois emprunts de brutalité et qui l’ont également desservi tout au long de la campagne électorale.

Stratégie de campagne critiquée !

L’organisation et la stratégie de campagne mises en place par Ramazani Shadary ont été très critiquées par certains caciques du FCC. Au niveau interne, cette campagne électorale n’était pas portée à bout de bras par tous les caciques du clan Kabila. Tout au long de cette période électorale, l’on a vu certains caciques partir en campagne pour la députation nationale mais sans faire allusion à leur candidat président de la République. C’est le cas de Modeste Bahati qui n’a pas vraiment insisté sur son candidat président de la République qui était Ramazani Shadary. Dans beaucoup de fiefs acquis à l’opposition, les candidats députés FCC ont eu du mal à vendre Shadary auprès de leur électorat local, notamment des cadres qui ont battu campagne dans le grand Bandundu.

Une défaite sans tirer des leçons !

Pendant que d’aucuns pensaient que Joseph Kabila allait forcer le passage de son dauphin à la présidentielle, les Congolais ont appris – stupéfaits – la victoire d’un opposant à la tête du pays. Félix Tshisekedi est donc passé devant son principal challenger, Martin Fayulu mais aussi devant le candidat du pouvoir, Ramazani Shadary, arrivé troisième au classement.

Après cette défaite à la présidentielle, aucune sanction n’a été prise, ni aucune leçon n’a été tirée dans l’organisation du FCC, alors que plusieurs voix appelaient notamment au remplacement et à la redynamisation de la coordination de cette plateforme politique. A la place d’une introspection, le FCC va se lancer immédiatement dans la coalition dite FCC-CACH avec le nouveau pouvoir. Il s’observera frustration, déception, mécontentements de plusieurs partis membres et personnalités du FCC suite au partage jugé non équitable des postes au sein du premier gouvernement dirigé par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Cela, sans que la plateforme n’implose.

Problèmes au FCC-CACH

Malgré les critiques de l’opinion, les deux nouveaux alliés ont mis en place une coalition pour éviter, répètent-ils, une cohabitation jugée trop conflictuelle. Mais cette aventure inédite en République démocratique du Congo va faire long feu. Tout au long de cette expérience, plusieurs comportements et attitudes vis-à-vis du nouveau pouvoir vont être à la base des conflits qui ont fini par tuer la coalition FCC-CACH.

En septembre 2019, Félix Tshisekedi déploie des efforts pour mettre en place la gratuité de l’enseignement de base. Une mesure constitutionnelle mais qui n’a pas été appliquée sous le régime de Joseph Kabila. Curieusement, son ex-dauphin, Shadary, va faire une descente à Lubumbashi pour une matinée du PPRD au cours de laquelle il va crier urbi et orbi : « Le programme de la gratuité, c’est à nous. Qu’on ne nous l’arrache pas ! » Une sortie médiatique qui a étonné même dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel.

Les erreurs de Mabunda

Bien avant cette sortie de Shadary, déjà au mois de juin 2019, un député du FCC avait poussé trop loin son bouchon. Alors que Jeanine Mabunda s’est emportée en autorisant le débat sur un acte du chef de l’Etat en pleine plénière du 7 juin 2019, le député national Charles Nawej Mundele a même traité le président de la République d’« inconscient » pour avoir signé les ordonnances de nominations des mandataires de la Gécamines et de la SNCC. Sidéré, le député Christophe Lutundula réplique en insistant sur le fait que la chambre basse du Parlement n’avait pas qualité pour juger les actes posés par le président de la République. Les propos de Nawej avaient déclenché la colère des députés du CACH ainsi que celle des militants de l’UDPS.

Autre fait, c’est la menace de Tshisekedi, devant la diaspora congolaise de Londres, de « virer » des ministres, voire de dissoudre l’Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient son pouvoir. « Les Congolais m’ont confié une mission et je dois rendre compte à ce peuple. Et celui qui ne va pas suivre mes instructions et qui s’attachera aux instructions de sa famille politique, il sera viré. Je ne peux pas dissoudre l’Assemblée nationale tant qu’il n’y  a pas crise. Mais en cas d’obstruction, je serai contraint, en fin de compte, de prendre la décision de dissoudre l’Assemblée nationale ».

Une menace qui n’a pas manqué de réplique dans les rangs du FCC. Et c’est Jeanine Mabunda, alors présidente de l’Assemblée nationale, qui s’est occupée de Félix Tshisekedi. Elle avait convoqué une conférence de presse où elle a répondu à cette menace demandant d’éviter les « malentendus » et les risques de « haute trahison », évoquant au passage l’article 165 de la Constitution. « Toute personne qui méconnaît notre loi fondamentale peut être exposée au cas de haute trahison pour violation intentionnelle de la Constitution » a-t-elle déclaré devant la presse et des élus nationaux présents. Des menaces à peine voilées de destitution de Félix Tshisekedi.

Au lendemain de cette sortie très médiatisée, le député national Crispin Mbindule a reproché à Mabunda de n’avoir pas consulté la conférence des présidents ni soumis la question à la plénière souveraine avant de répondre aux propos de Félix Tshisekedi. « Si elle ne retire pas ses propos, nous, députés acquis au bon sens, nous allons aider madame la présidente à ne pas chaque fois s’attaquer aux messages du chef de l’État », a-t-il renchéri. L’erreur fatale de Mabunda est de vouloir à tout prix montrer les biceps, s’exclamaient quelques analystes politiques. Un congrès avorté ! La prise de position de Jeanine Mabunda sur l’ordonnance du chef de l’Etat proclamant l’état d’urgence sanitaire en tenant en haleine l’opinion nationale et internationale a aussi contribué dans l’éclatement du FCC-CACH. Le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba (FCC) et la présidente de l’Assemblée nationale avaient pris la décision de convoquer un congrès afin de corriger ce qu’ils ont qualifié de « faute », accusant le président Tshisekedi d’avoir violé la Constitution en proclamant l’état d’urgence sanitaire. Le Président de la République a pris une ordonnance de fait proclamant l’état d’urgence sanitaire en violation de l’article 119.2 de la Constitution, avait déclaré Alexis Thambwe sur une radio locale.

Le congrès qu’ils s’apprêtaient à convoquer avec sa collègue de l’Assemblée afin de régulariser cette prétendue violation de la constitution et légiférer sur l’état d’urgence en RD Congo n’a jamais eu lieu, car détruit par un argumentaire de JeanMarc Kabund qui a dénoncé un complot contre le chef de l’Etat. Quelques jours après, le FCC punira Kabund par une destitution de son poste de premier vice-président de  l’Assemblée nationale.

Entérinement de Malonda et Lois Minaku-Sakata

L’autre problème ayant concouru à la chute de la coalition, c’est l’entérinement forcé de Ronsard Malonda pour présider la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce technicien électoral dont le nom a été choisi par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le prochain président de la centrale électorale, a été confirmé en plénière à l’issue d’une séance tendue. L’opposition, la société civile et même le parti au pouvoir ont dénoncé ce choix, accusant Ronsard Malonda d’avoir joué un rôle majeur lors du scrutin controversé de décembre 2018. La CENCO et l’ECC ont notamment dénoncé un « passage en force » de la majorité. Cette décision est intervenue alors que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la plénière au sein de l’Assemblée nationale accusaient certains élus nationaux. Le matin même, plusieurs députés affirmaient ne pas en avoir été informés. Refusant de revenir sur sa décision, Jeanine Mabunda a appelé plutôt les confessions religieuses à s’apprêter à désigner les autres animateurs. Toujours dans l’Assemblée nationale dirigée par Jeanine Mabunda, trois propositions de lois vont faire grand bruit.

L’examen de ces trois propositions de lois dites « Minaku-Sakata » sur la réforme du système judiciaire congolais a rencontré une forte opposition aussi bien du CACH, Lamuka que des militants de l’UDPS en dehors de l’hémicycle. Les députés du Cap pour le Changement (CACH) et de l’opposition parlementaire Lamuka avaient dénoncé « l’obstination du FCC à opérer un passage en force ». Ils avaient, à cet effet, décidé de suspendre leur participation à ces travaux, vu « l’inconstitutionnalité et l’inopportunité » de ces trois propositions de loi. Les députés du CACH affirmaient avoir quitté la salle des travaux pour ne pas être complices du complot de « caporalisation de la justice », selon l’un d’eux, Tony Mwaba. Une épreuve qui a renforcé le clivage entre les alliés au point que le ministre de la Justice d’alors, Célestin Tunda ya Kasende, issu des rangs du FCC, a failli aider l’Assemblée nationale en donnant l’avis du gouvernement sur ces propositions de lois à l’insu de l’exécutif national.

 On ne peut pas nous intimider !

Après cette bévue, le ministre de la Justice sera interpelé par le parquet près la Cour de cassation. Avant d’être relâché dans la soirée, après avoir, selon lui, téléphoné précédemment à « Ye meï » ( Joseph Kabila). Réunis pour la circonstance avec les caciques du PPRD qui sont partis le soutenir au parquet, Tunda a fait le rapport de sa chaude journée. Et dans la foulée, Shadary va tenter de galvaniser ses troupes en criant : « on ne peut pas nous intimider ! » Phrase devenue ironique dans les réseaux sociaux à chaque fois que le FCC subissait des revers politiques.

Boycott du serment des juges ! En octobre 2020, Jeanine Mabunda, Alexis Thambwe Mwamba ainsi que plusieurs ministres du FCC avaient boycotté la cérémonie de prestation de serment des trois juges de la Cour constitutionnelle, à savoir Dieudonné Kaluba Dibwa, Kalume Yasengo et Kamulete Badibanga. Les présidents du Sénat, Alexis Thambwe, et la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, avaient déjà annoncé, dans une correspondance adressée la veille au chef de l’Etat, qu’ils boycotteraient cette cérémonie. Pourtant chargé par le dernier Conseil des ministres d’organiser cette cérémonie, le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, avait été aussi absent du Palais du Peuple. Les trois responsables sont membres du FCC qui contestait la légalité des ordonnances présidentielles de juin 2020 nommant ces juges. Après cette étape, Tshisekedi suspendra les conseils des ministres jusqu’à ce que la  chute du bureau Mabunda intervienne le 10 décembre 2020 ainsi que celle du Bureau Thambwe Mwamba. Puis, plus tard, en janvier 2021, celle du gouvernement Ilunkamba. Ainsi, sonna le glas de la coalition FCC-CACH.

En marge de toutes ces péripéties, le FCC a poursuivi sa chute. Néhémie Mwilanya a été tardivement démis de ses fonctions de coordonnateur de la plateforme. Il a été remplacé par un comité de crise dirigé par Raymond Tshibanda. En dépit de ce changement, une fronde s’est ouvertement créée, demandant la mise à l’écart de plusieurs caciques. Face à ce remous, Joseph Kabila, lui, est resté éloigné du FCC, se contentant des rapports d’un groupe réduit, du reste contesté. Des responsables qui disaient parler en son nom et tout ramener vers lui. Ce manque de contact direct avec les partis et regroupements composant le FCC lui a été très défavorable. Aujourd’hui, l’homme vit retranché dans sa ferme située dans la périphérie Est de la ville de Kinshasa comme s’il n’avait pas de plateforme politique. Peutêtre qu’il médite sur une possible « remontada » en 2023 ! 

 Heshima

Politique

Présidentielle 2023 : l’opposition va-t-elle tenir face au pouvoir ?

A près de 6 mois de la tenue des élections en République démocratique du Congo, l’opposition recherche encore ses marques. Après la coalition de quatre opposants pour mener des actions communes, la question majeure reste à savoir si elle peut faire le poids face au régime.

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La République démocratique du Congo doit élire son président le 20 décembre 2023. L’actuel président Félix Tshisekedi est candidat à sa propre succession. Du côté de l’opposition, quatre candidats sont déclarés. Comment s’organise l’opposition en amont du scrutin ? Quatre opposants ont décidé, le 14 avril dernier, de s’unir « pour mener des actions communes en vue d’obtenir l’organisation dans les délais constitutionnels d’élections transparentes, impartiales, inclusives et apaisées. » Il s’agit de l’ex-candidat à la présidentielle de 2018 Martin Fayulu (EciDé, ou Engagement pour la citoyenneté et le développement), l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), l’ancien Premier ministre Augustin Matata (LGD, ou Leadership et gouvernance pour le développement) et le député national Delly Sesanga (Envol de la RDC). 

Cette opposition a mobilisé la rue, le 20 mai, à Kinshasa, pour montrer qu’elle est aussi vigilante, qu’elle va aussi occuper le terrain dans cette période préélectorale. Les quatre leaders pensent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qui est en train de se passer. « Ils essayent de montrer qu’ils ne vont pas accepter n’importe quelle posture électorale », a récemment expliqué Bob Kabamba, professeur des Sciences politiques à l’Université de liège qui suit de près la politique dans les Grands lacs.

Mais ce quatuor de l’opposition risque d’avoir du plomb dans l’aile et ne pas tenir tête au régime comme souhaité. Les derniers événements sur l’arrestation du bras droit de Moïse Katumbi (Salomon Kalonda) laissent entrevoir un éventuel anéantissement de ce candidat président de la République.        

Déjà après les perquisitions menées, jeudi 8 juin, par les renseignements militaires dans les résidences de Katumbi et Salomon Kalonda, son parti accuse Félix Tshisekedi « d’harcèlement politique » contre son président national, dans un communiqué le même jour. « Jusqu’au moment où nous faisons cette communication, personne n’a pu nous dire de quelle infraction Moïse Katumbi est présumé l’auteur », a déclaré Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République. 

Ce dossier d’atteinte à la sureté de l’Etat dont est accusé ce proche de Katumbi et par ricochet Moïse lui-même risque de fragiliser la coalition de circonstance formée par ces quatre leaders de l’opposition. Reste à savoir comment le reste des personnalités de l’opposition vont se comporter, notamment Joseph Kabila qui mène une opposition silencieuse à Félix Tshisekedi. L’ancien Raïs aurait, selon le média Africa Intelligence, critiqué la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle, incapables à ses yeux d’organiser un scrutin crédible au mois de décembre 2023. Lui qui considère Félix Tshisekedi comme un « dictateur à vaincre » aurait saisi quelques capitales africaines pour évoquer la situation en RD. Congo.   

Une autre personnalité, un outsider qui peut bouger les lignes, c’est le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege. Mais l’homme a pris un peu de recul vis-à-vis des politiques depuis sa déclaration commune faite avec Martin Fayulu et Augustin Matata Ponyo sur la mauvaise gouvernance du pays. 

Du côté du régime par contre, Félix Tshisekedi, candidat déclaré à sa succession de longue date, envisage de briguer un deuxième mandat à la tête du pays. Le 29 avril, ses partisans se sont rassemblés au stade des Martyrs de Kinshasa pour la présentation de la coalition électorale du président sortant. Celle-ci, nommée « Union sacrée de la nation », rassemble la majorité mise en place par Tshisekedi en 2020, lorsqu’il a renversé la majorité constituée autour de son prédécesseur, Joseph Kabila, après deux ans de co-gestion du pouvoir par les deux hommes.

Heshima   

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Politique

Dossier Salomon Kalonda : le spectre se rapproche de Katumbi

Le conseiller politique de Moise Katumbi a été arrêté par l’état-major des renseignements militaires, ex-DEMIAP, depuis le 30 mai 2023. L’homme est accusé, entre autre, d’atteinte à la sureté de l’Etat. Seulement, son dossier se rapproche un peu plus de son mentor.

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Les maisons de Moise Katumbi à Kinshasa ainsi que de son conseiller politique, Salomon Idi Kalonda, à Lubumbashi, ont été perquisitionnées le jeudi 8 juin en l’absence de leurs propriétaires. Cette opération a été menée par des éléments de l’état-major des renseignements militaires. « Ils sont sortis les mains vides. Ils n’ont rien trouvé, ils ont fouillé de fond en comble… L’honnêteté nous pousse à dire qu’ils n’ont rien trouvé… », a déclaré à Top Congo FM l’un des communicateurs d’Ensemble pour la République, Francis Kalombo.                 

Pour la résidence de Moïse Katumbi située au quartier GB, à Kinshasa, les forces de l’ordre ont pris comme témoin une voisine de l’ancien gouverneur du Katanga afin de mener cette perquisition. Pour un activiste des droits de l’homme, cette opération est « amplement irrégulière » en l’absence du propriétaire du lieu ou de son mandataire spécial.          

« Les perquisitions que les agents de renseignements militaires conduisent actuellement dans les résidences de Moise Katumbi (à Kinshasa) et Salomon Idi Kalonda (à Lubumbashi) en absence de ces derniers et leurs mandataires spéciaux, sont amplement irrégulières », estime Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ).  

Arrêté sur le tarmac de l’aéroport international de N’djili, le 30 mai à Kinshasa, Salomon KalondaDella est toujours détenu par les services de renseignements militaires. D’après le lieutenant-colonel Kangoli Ngoli Patrick, conseiller juridique de l’état-major des renseignements militaires, le conseiller politique de Moïse Katumbi était porteur d’une arme à feu lors d’une manifestation de l’opposition. Il est également accusé d’être en relation avec le M23 et le commandement militaire rwandais. Dans un message sur Twitter, le 7 juin, Augustin Matata Ponyo a revendiqué l’arme attribuée « faussement » à Salomon Kalonda. Pour cet ancien Premier ministre passé à l’opposition, le « pistolet Jéricho » appartient à son garde du corps qui l’a perdu lors du sit-in du 25 mai organisé par l’opposition sur le Boulevard du 30 juin.   

Cette revendication n’a pas épargné le camp Katumbidont les résidences du leader et de son bras droit viennent d’être perquisitionnées. Les renseignements militaires visent-ils Moïse Katumbi dont Salomon Kalonda n’est qu’un homme à tout faire ? A l’approche des élections, plusieurs analyses se penchent vers l’hypothèse d’une arrestation « politique ». Car le spectre du dossier de Salomon Kalonda ne fait que monter vers son leader, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle du 20 décembre 2023.     

Si pour ce processus électoral Moïse Katumbi a pu passer le cap de l’enrôlement, le chemin vers la présidentielle de décembre semble encore parsemer d’embuches.

Heshima

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Politique

Que reproche l’opposition à la Loi sur la répartition des sièges adoptée à l’Assemblée nationale ?

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Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Matata Ponyo, y compris Joseph Kabila n’accordent toujours pas de crédit au processus électoral en cours. Si la caravane électorale a suffisamment évolué avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le péché originel reproché par l’opposition reste d’actualité. Selon Africa Intelligence, ces dernières semaines, Joseph Kabila a dépêché une poignée d’émissaires dans plusieurs présidences africaines pour évoquer l’élection de 2023. L’ex Raïs continue de pointer du doigt la CENI de même que la Cour constitutionnelle, incapables, selon lui, d’organiser le scrutin et de garantir un processus équitable.    

Ce reproche d’ordre général, le reste de l’opposition le fait aussi. Mais au regard de l’évolution du processus électoral, Martin Fayulu et les autres opposants adaptent leurs revendications à l’avancée de ce processus électoral. En l’occurrence, la Loi sur la répartition des sièges votée par plus de trois cents députés ayant pris part à cette séance plénière du 5 juin. Bien avant ce vote, Fayulu avait prévenu les élus. L’ancien candidat à la présidentielle du 30 décembre 2018 a appelé l’Assemblée nationale à s’abstenir de voter ce projet de loi portant répartition des sièges par circonscription électorale pour les élections législatives et provinciales. 

« J’exhorte l’Assemblée nationale de la RDC à s’abstenir de voter la loi sur la répartition des sièges, basée sur un fichier fabriqué par M. Kadima. Les élections doivent se faire sur base d’un fichier fiable. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il ne faut pas jouer avec le feu », avait lancé Martin Fayulu. Ce dernier reproche à cette loi d’être bâtie sur un fichier électoral non fiable. Le président de l’ECiDé pense que ce fichier doit être revu et audité par une institution internationale réputée avant son adoption par les députés nationaux.

Il en est de même pour les autres leaders de l’opposition qui exigent des correctifs pour adapter le processus aux exigences constitutionnelles et légales de transparence, d’impartialité, de liberté et d’inclusivité. Ce projet de loi adopté est actuellement au Sénat pour seconde lecture. Dans le même temps, du côté de la CENI, les choses s’accélèrent. Cette institution d’appui à la démocratie a lancé la formation des agents pour être affectés aux bureaux de réception et de traitement des candidatures. 

Heshima

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