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Politique

FCC : retour sur la chute d’un clan

Face aux verrous constitutionnels contre un troisième mandat, Joseph Kabila était obligé de passer la main à un autre. Pour que le pouvoir reste dans son sérail, le prédécesseur de Félix Tshisekedi s’était choisi un dauphin. Un casting qui a, en réalité, sonné le glas du clan.

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« J’ai déjà gagné. Vous avez vu comment j’ai battu campagne ? Tout s’est bien passé. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir ». Ces phrases pleines d’orgueil prononcées par Emmanuel Ramazani Shadary, le 30 décembre 2018, avaient à la fois intrigué l’opinion et fait penser à un match électoral joué d’avance. Mais les faits qui ont suivi ont, à contrario, démontré une vraie déconfiture du clan Kabila.

 Mauvais casting du dauphin

Devant l’impossibilité de contourner la Constitution pour briguer un troisième mandat, Joseph Kabila avait, à la surprise générale, porté son choix sur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat à sa succession à la tête du pays. A quelques heures seulement de la fin du délai de dépôts des candidatures pour la présidentielle, l’ex-chef d’Etat, alors en fonction, a dévoilé, le 8 août 2018, le nom du candidat du Front commun pour le Congo (FCC), pour le scrutin du 23 décembre de la même année.

Ce dauphin, choisi in extremis, n’a malheureusement pas fait l’unanimité au sein du clan Kabila. Puisque lors de sa présentation au stade Tata Raphaël, à Kinshasa, plusieurs caciques du Front commun pour le Congo n’ont pas daigné arborer des chemises frappées à l’effigie de Ramazani Shadary. Ils ont, pour la plupart, préféré porter l’effigie de Joseph Kabila. Rien de surprenant car, avant ce casting, plusieurs noms étaient cités comme dauphin potentiel de l’exRaïs, sans vraiment s’attendre à un certain Shadary dont le pedigree – au-delà du FCC – dérangeait aussi au sein de l’opinion congolaise. Du coup, ses phrases peu honorables prononcées lors des meetings du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) refont surface. Des propos parfois emprunts de brutalité et qui l’ont également desservi tout au long de la campagne électorale.

Stratégie de campagne critiquée !

L’organisation et la stratégie de campagne mises en place par Ramazani Shadary ont été très critiquées par certains caciques du FCC. Au niveau interne, cette campagne électorale n’était pas portée à bout de bras par tous les caciques du clan Kabila. Tout au long de cette période électorale, l’on a vu certains caciques partir en campagne pour la députation nationale mais sans faire allusion à leur candidat président de la République. C’est le cas de Modeste Bahati qui n’a pas vraiment insisté sur son candidat président de la République qui était Ramazani Shadary. Dans beaucoup de fiefs acquis à l’opposition, les candidats députés FCC ont eu du mal à vendre Shadary auprès de leur électorat local, notamment des cadres qui ont battu campagne dans le grand Bandundu.

Une défaite sans tirer des leçons !

Pendant que d’aucuns pensaient que Joseph Kabila allait forcer le passage de son dauphin à la présidentielle, les Congolais ont appris – stupéfaits – la victoire d’un opposant à la tête du pays. Félix Tshisekedi est donc passé devant son principal challenger, Martin Fayulu mais aussi devant le candidat du pouvoir, Ramazani Shadary, arrivé troisième au classement.

Après cette défaite à la présidentielle, aucune sanction n’a été prise, ni aucune leçon n’a été tirée dans l’organisation du FCC, alors que plusieurs voix appelaient notamment au remplacement et à la redynamisation de la coordination de cette plateforme politique. A la place d’une introspection, le FCC va se lancer immédiatement dans la coalition dite FCC-CACH avec le nouveau pouvoir. Il s’observera frustration, déception, mécontentements de plusieurs partis membres et personnalités du FCC suite au partage jugé non équitable des postes au sein du premier gouvernement dirigé par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Cela, sans que la plateforme n’implose.

Problèmes au FCC-CACH

Malgré les critiques de l’opinion, les deux nouveaux alliés ont mis en place une coalition pour éviter, répètent-ils, une cohabitation jugée trop conflictuelle. Mais cette aventure inédite en République démocratique du Congo va faire long feu. Tout au long de cette expérience, plusieurs comportements et attitudes vis-à-vis du nouveau pouvoir vont être à la base des conflits qui ont fini par tuer la coalition FCC-CACH.

En septembre 2019, Félix Tshisekedi déploie des efforts pour mettre en place la gratuité de l’enseignement de base. Une mesure constitutionnelle mais qui n’a pas été appliquée sous le régime de Joseph Kabila. Curieusement, son ex-dauphin, Shadary, va faire une descente à Lubumbashi pour une matinée du PPRD au cours de laquelle il va crier urbi et orbi : « Le programme de la gratuité, c’est à nous. Qu’on ne nous l’arrache pas ! » Une sortie médiatique qui a étonné même dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel.

Les erreurs de Mabunda

Bien avant cette sortie de Shadary, déjà au mois de juin 2019, un député du FCC avait poussé trop loin son bouchon. Alors que Jeanine Mabunda s’est emportée en autorisant le débat sur un acte du chef de l’Etat en pleine plénière du 7 juin 2019, le député national Charles Nawej Mundele a même traité le président de la République d’« inconscient » pour avoir signé les ordonnances de nominations des mandataires de la Gécamines et de la SNCC. Sidéré, le député Christophe Lutundula réplique en insistant sur le fait que la chambre basse du Parlement n’avait pas qualité pour juger les actes posés par le président de la République. Les propos de Nawej avaient déclenché la colère des députés du CACH ainsi que celle des militants de l’UDPS.

Autre fait, c’est la menace de Tshisekedi, devant la diaspora congolaise de Londres, de « virer » des ministres, voire de dissoudre l’Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient son pouvoir. « Les Congolais m’ont confié une mission et je dois rendre compte à ce peuple. Et celui qui ne va pas suivre mes instructions et qui s’attachera aux instructions de sa famille politique, il sera viré. Je ne peux pas dissoudre l’Assemblée nationale tant qu’il n’y  a pas crise. Mais en cas d’obstruction, je serai contraint, en fin de compte, de prendre la décision de dissoudre l’Assemblée nationale ».

Une menace qui n’a pas manqué de réplique dans les rangs du FCC. Et c’est Jeanine Mabunda, alors présidente de l’Assemblée nationale, qui s’est occupée de Félix Tshisekedi. Elle avait convoqué une conférence de presse où elle a répondu à cette menace demandant d’éviter les « malentendus » et les risques de « haute trahison », évoquant au passage l’article 165 de la Constitution. « Toute personne qui méconnaît notre loi fondamentale peut être exposée au cas de haute trahison pour violation intentionnelle de la Constitution » a-t-elle déclaré devant la presse et des élus nationaux présents. Des menaces à peine voilées de destitution de Félix Tshisekedi.

Au lendemain de cette sortie très médiatisée, le député national Crispin Mbindule a reproché à Mabunda de n’avoir pas consulté la conférence des présidents ni soumis la question à la plénière souveraine avant de répondre aux propos de Félix Tshisekedi. « Si elle ne retire pas ses propos, nous, députés acquis au bon sens, nous allons aider madame la présidente à ne pas chaque fois s’attaquer aux messages du chef de l’État », a-t-il renchéri. L’erreur fatale de Mabunda est de vouloir à tout prix montrer les biceps, s’exclamaient quelques analystes politiques. Un congrès avorté ! La prise de position de Jeanine Mabunda sur l’ordonnance du chef de l’Etat proclamant l’état d’urgence sanitaire en tenant en haleine l’opinion nationale et internationale a aussi contribué dans l’éclatement du FCC-CACH. Le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba (FCC) et la présidente de l’Assemblée nationale avaient pris la décision de convoquer un congrès afin de corriger ce qu’ils ont qualifié de « faute », accusant le président Tshisekedi d’avoir violé la Constitution en proclamant l’état d’urgence sanitaire. Le Président de la République a pris une ordonnance de fait proclamant l’état d’urgence sanitaire en violation de l’article 119.2 de la Constitution, avait déclaré Alexis Thambwe sur une radio locale.

Le congrès qu’ils s’apprêtaient à convoquer avec sa collègue de l’Assemblée afin de régulariser cette prétendue violation de la constitution et légiférer sur l’état d’urgence en RD Congo n’a jamais eu lieu, car détruit par un argumentaire de JeanMarc Kabund qui a dénoncé un complot contre le chef de l’Etat. Quelques jours après, le FCC punira Kabund par une destitution de son poste de premier vice-président de  l’Assemblée nationale.

Entérinement de Malonda et Lois Minaku-Sakata

L’autre problème ayant concouru à la chute de la coalition, c’est l’entérinement forcé de Ronsard Malonda pour présider la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce technicien électoral dont le nom a été choisi par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le prochain président de la centrale électorale, a été confirmé en plénière à l’issue d’une séance tendue. L’opposition, la société civile et même le parti au pouvoir ont dénoncé ce choix, accusant Ronsard Malonda d’avoir joué un rôle majeur lors du scrutin controversé de décembre 2018. La CENCO et l’ECC ont notamment dénoncé un « passage en force » de la majorité. Cette décision est intervenue alors que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la plénière au sein de l’Assemblée nationale accusaient certains élus nationaux. Le matin même, plusieurs députés affirmaient ne pas en avoir été informés. Refusant de revenir sur sa décision, Jeanine Mabunda a appelé plutôt les confessions religieuses à s’apprêter à désigner les autres animateurs. Toujours dans l’Assemblée nationale dirigée par Jeanine Mabunda, trois propositions de lois vont faire grand bruit.

L’examen de ces trois propositions de lois dites « Minaku-Sakata » sur la réforme du système judiciaire congolais a rencontré une forte opposition aussi bien du CACH, Lamuka que des militants de l’UDPS en dehors de l’hémicycle. Les députés du Cap pour le Changement (CACH) et de l’opposition parlementaire Lamuka avaient dénoncé « l’obstination du FCC à opérer un passage en force ». Ils avaient, à cet effet, décidé de suspendre leur participation à ces travaux, vu « l’inconstitutionnalité et l’inopportunité » de ces trois propositions de loi. Les députés du CACH affirmaient avoir quitté la salle des travaux pour ne pas être complices du complot de « caporalisation de la justice », selon l’un d’eux, Tony Mwaba. Une épreuve qui a renforcé le clivage entre les alliés au point que le ministre de la Justice d’alors, Célestin Tunda ya Kasende, issu des rangs du FCC, a failli aider l’Assemblée nationale en donnant l’avis du gouvernement sur ces propositions de lois à l’insu de l’exécutif national.

 On ne peut pas nous intimider !

Après cette bévue, le ministre de la Justice sera interpelé par le parquet près la Cour de cassation. Avant d’être relâché dans la soirée, après avoir, selon lui, téléphoné précédemment à « Ye meï » ( Joseph Kabila). Réunis pour la circonstance avec les caciques du PPRD qui sont partis le soutenir au parquet, Tunda a fait le rapport de sa chaude journée. Et dans la foulée, Shadary va tenter de galvaniser ses troupes en criant : « on ne peut pas nous intimider ! » Phrase devenue ironique dans les réseaux sociaux à chaque fois que le FCC subissait des revers politiques.

Boycott du serment des juges ! En octobre 2020, Jeanine Mabunda, Alexis Thambwe Mwamba ainsi que plusieurs ministres du FCC avaient boycotté la cérémonie de prestation de serment des trois juges de la Cour constitutionnelle, à savoir Dieudonné Kaluba Dibwa, Kalume Yasengo et Kamulete Badibanga. Les présidents du Sénat, Alexis Thambwe, et la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, avaient déjà annoncé, dans une correspondance adressée la veille au chef de l’Etat, qu’ils boycotteraient cette cérémonie. Pourtant chargé par le dernier Conseil des ministres d’organiser cette cérémonie, le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, avait été aussi absent du Palais du Peuple. Les trois responsables sont membres du FCC qui contestait la légalité des ordonnances présidentielles de juin 2020 nommant ces juges. Après cette étape, Tshisekedi suspendra les conseils des ministres jusqu’à ce que la  chute du bureau Mabunda intervienne le 10 décembre 2020 ainsi que celle du Bureau Thambwe Mwamba. Puis, plus tard, en janvier 2021, celle du gouvernement Ilunkamba. Ainsi, sonna le glas de la coalition FCC-CACH.

En marge de toutes ces péripéties, le FCC a poursuivi sa chute. Néhémie Mwilanya a été tardivement démis de ses fonctions de coordonnateur de la plateforme. Il a été remplacé par un comité de crise dirigé par Raymond Tshibanda. En dépit de ce changement, une fronde s’est ouvertement créée, demandant la mise à l’écart de plusieurs caciques. Face à ce remous, Joseph Kabila, lui, est resté éloigné du FCC, se contentant des rapports d’un groupe réduit, du reste contesté. Des responsables qui disaient parler en son nom et tout ramener vers lui. Ce manque de contact direct avec les partis et regroupements composant le FCC lui a été très défavorable. Aujourd’hui, l’homme vit retranché dans sa ferme située dans la périphérie Est de la ville de Kinshasa comme s’il n’avait pas de plateforme politique. Peutêtre qu’il médite sur une possible « remontada » en 2023 ! 

 Heshima

Politique

José Mpanda, ce ministre du quinquennat Fatshi

De Sylvestre Ilunga à Jean-Michel Sama, l’actuel ministre de la Recherche scientifique tend à faire carton plein dans le quinquennat en cours du président de la République, Félix Tshisekedi. Portrait de l’une des rares personnalités reconduites au second gouvernement du mandat présidentiel.

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Même s’il l’évoque de moins en moins, José Mpanda Kabangu, 50 ans, est l’un des rares ministres reconduits au deuxième gouvernement du quinquennat en cours de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il a été reconduit, en avril 2021, à la tête du ministère de la Recherche scientifique et Innovation technologique. Un secteur hautement savant que ce juriste formé à l’Université de Kinshasa maitrise parfaitement. Depuis le 6ème niveau de l’immeuble « Semois », l’une de plusieurs tours jumelles du gouvernement situées à Royal, dans la commune de la Gombe, à l’Ouest de Kinshasa, José Mpanda a su gérer – avec le chef du gouvernement – des dossiers épineux comme l’éruption du volcan Nyiragongo, en mai 2021. 


Mais, également, les améliorations techniques constatées au sein de l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) après la catastrophe naturelle. « Les conditions de travail des chercheurs de l’OVG sont meilleures. Ils disposent du matériel de travail adéquat, des salaires décents, des primes d’encouragement et primes de risque conséquents. A ce jour, leurs conditions de travail sont conformes aux standards internationaux. Un système de contrôle est instauré », a vanté le ministre Mpanda le 19 avril dernier, en marge de la 9ème édition de la Semaine de la science et des technologies (SST9), organisée du 18 au 22 avril 2022, à Kinshasa.


 Né à Mbuji-Mayi, le 31 août 1971, José Mpanda débute sa carrière en 2000 comme avocat aux barreaux de Kinshasa-Gombe et de Mbuji-Mayi, après ses études de droit à l’Université de Kinshasa. En 1998, il était déjà conseiller juridique du Comptoir de diamant Kasaï wa Balengele, ayant son siège à Kinshasa et une succursale à Anvers, en Belgique. Il fut également conseiller et spécialiste en résolution des conflits du travail de plusieurs entreprises et ONG de la place.

Parcours politique 


Le parcours politique de José Mpanda démarre en 2007, au cabinet du gouverneur de la province du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji, où il a travaillé comme conseiller chargé des missions et des relations avec l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial du Kasaï Oriental. En 2011, l’homme se fera élire député national dans la ville de Mbuji-Mayi, sous le label de l’Alliance Chrétienne pour la Démocratie et le Développement (ACDD). 

A la chambre basse du parlement, il sera désigné rapporteur adjoint de la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ). Plus tard en 2017, il créera Congo Espoir, un parti membre du regroupement Alliance des Démocrates pour le Renouveau et le Progrès (ADRP). Réélu député aux élections de décembre 2018, il deviendra président du groupe parlementaire ADRP-G18.


 Son parti ainsi que le regroupement politique à qui il est resté fidèle propose son profil pour occuper ce grand ministère de la Recherche scientifique. Un portefeuille qui s’est vu rajouter l’« Innovation Technologique » à la formation du deuxième gouvernement du 1er quinquennat de Fatshi. Un ministère souvent ignoré mais dont on découvre aujourd’hui toute la transversalité dans l’exécutif des « Warriors ». Et à près d’une année et demi de la fin du premier mandat de Félix Tshisekedi, l’homme pourrait bien être son ministre du quinquennat dans ce secteur et faire ainsi un carton plein pendant cette mandature.

 Dido Nsapu 

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Politique

Présidentielle 2023 : Joseph Kabila toujours insondable !

De nature impénétrable, Joseph Kabila détient seul le secret de son retour sur la scène politique. Entre-temps, si certains pensent que le ‘’Raïs’’ a comme obstacle son statut honorifique de « sénateur à vie », qu’il ne peut constitutionnellement se départir, d’autres, par contre, estiment que rien n’empêche l’ex-président de revenir aux affaires. Sur le terrain, Olive Lembe Kabila est à la manœuvre.

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D’après la loi de Palo Alto, derrière chaque comportement il y a un message. Si on scrute ce qui se passe dans le camp de Joseph Kabila à la lueur de ce principe, on peut déduire que les proches de l’ancien chef de l’Etat voudraient voir ce dernier se présenter à la présidentielle de 2023, même si lui-même demeure jusquelà indéchiffrable, comme dans ses habitudes.

 Est-ce le come-back ? 

Le 15 septembre 2020, Joseph Kabila s’était présenté au Sénat, lors de la rentrée parlementaire – une « apparition surprise » comprise en ce moment-là comme un moyen de rassurer ses lieutenants du Front commun pour le Congo (FCC). Cependant, contrairement à ce que d’aucuns avaient pensé, il n’était pas question, pour lui, de faire un retour définitif sur les bancs de la chambre haute du Parlement. Aujourd’hui, à l’horizon 2023, une convergence de faits constatée particulièrement en mars 2022, laisse croire que Joseph Kabila Kabange est en train de faire son grand retour sur la scène politique congolaise. Sinon, c’est le vœu de ses proches et quelques faits attestent cela.

Alors qu’elle était à Kalemie dans le cadre de la célébration du 8 mars, Olive Lembe Kabila a invité les Congolais à renouveler leur confiance en son mari, Joseph Kabila. « Il peut encore servir le pays », a-t-elle déclaré avant d’ajouter : « Il y a de l’espoir. Il est encore jeune avec la force et la vivacité. Il a l’intelligence et la sagesse. Il a l’amour envers la RDC, pour stabiliser et travailler en faveur des intérêts du pays ». Devant une foule d’environ quinze mille personnes réunies au stade Joseph Kabila de Kalemie, Olive Lembe a conclu que ceux qui pensaient que son époux n’était plus populaire se sont trompés. À Kinshasa, le 15 mars 2022, soit une semaine après, Jeanine Mabunda, l’un des pions majeurs du camp de l’ancien président signera son retour au Palais du peuple. L’ancienne présidente de l’Assemblée nationale est revenue à la chambre basse du Parlement seize mois après sa destitution. Le 18 mars 2022, répondant sur le plateau de TV5, à une question d’actualité portant sur le retour de l’ancien président, Néhémie Mwilanya, député national et ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, a indiqué que l’ex-président reviendrait quand il le voudra.

Par ailleurs, le 31 mars 2022, le président Kabila lui-même a  présidé la réunion du bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). C’était à l’occasion du 20ème anniversaire de cette formation politique dont il est l’initiateur. Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, qui a annoncé la tenue du congrès de leur parti politique pour mai 2022, a indiqué que c’était le moment de faire un état des lieux. 

Toutefois, l’ancien chef de l’Etat n’a encore rien dit, lui qui est habitué aux suspenses. « Rien ne l’interdit, mais au moment venu, il devra lui-même se décider évidemment avec sa famille politique et des options seront levées démocratiquement. Mais tout cela devra se passer dans un processus électoral corrigé parce que, pour le moment, il est totalement biaisé et nous ne voyons pas poursuivre notre action dans ce cadre », a expliqué le professeur Mwilanya sur le plateau de TV5 Monde.

Pas de retraite précoce ! 

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le vœu de Kabila Kabange a toujours été de revenir à la tête de la RDC. En témoigne le secret de l’accord FCC-CACH révélé par Néhémie Mwilanya au fort de leurs mésententes. Selon lui, e contenu dudit accord prévoyait que le FCC reprenne  la présidence de la République en 2023. Bien plus, lors du 38ème sommet de la SADC, tenu à Windhoek, en Namibie, Joseph Kabila avait déclaré devant ses pairs: « Je préfère ne pas vous dire au revoir, je vous dis à bientôt. La démocratie n’est pas juste une réalité, c’est un processus irréversible en RDC ». Lors d’une interview qu’il avait accordée à l’agence Associated Press et sept autres médias internationaux, Joseph Kabila avait parlé d’une perspective de revenir à la présidence de la République. À l’époque, il pensait revenir dans cinq ans, c’est-à-dire lors de la présidentielle de 2023. « Pourquoi ne pas attendre 2023 ? En politique comme dans la vie, on ne devrait rien exclure, parce que tout est possible. La question est de savoir quel sera le tableau d’ensemble », avait-il déclaré. 

 L’éligibilité du « sénateur à vie »

 Dans la classe politique, les avis sont partagés sur la probable candidature de Joseph Kabila à la présidentielle de 2023. Certains affirment qu’il ne peut plus revenir étant donné que la loi le lui empêcherait. Une opinion que les proches de l’ancien chef de l’Etat ne partagent pas. Pour eux, la constitution n’est pas claire sur cette question. « Joseph Kabila en quittant le pouvoir à 47 ans, est resté un acteur majeur de la politique. Il a une famille politique avec laquelle il faudra compter dans toutes les échéances électorales à venir. Et à 50 ans, je crois qu’il n’a pas pris sa retraite…», a affirmé Néhémie Mwilanya. 

Pour sa part, Francis Kalombo s’oppose aux affirmations de Néhémie Mwilanya. Tout en reconnaissant qu’il est possible que Joseph Kabila revienne au pouvoir, il précise qu’il doit y avoir au préalable changement de constitution. «Il est possible tel que l’a dit le professeur Néhémie Mwilanya, que Joseph Kabila, Sénateur à vie peut revenir aux élections de 2023, mais si c’est avec cette constitution, je crois que cela n’est pas possible. » 

 HM

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Politique

RDC: faire de la politique pour se blanchir?

La plupart de ceux qui ont été hier aux affaires se sont retrouvés aujourd’hui députés ou sénateurs dans cette mandature. Une course aux immunités qui leur ont permis de se couvrir et empêcher toute idée d’inculpation liée à leur gestion passée.

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Quand on a maille à partir avec la justice, il faut parfois traverser du côté de ceux qui décident et ont de l’influence sur cet appareil judiciaire. C’est le reflex des politiques ou même des hommes d’affaires qui pensent préserver leur business en devenant carrément décideurs politiques en République démocratique du Congo. C’est aussi ce que pense une certaine opinion sur l’action menée, ces derniers temps, par l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo.  

Premier à descendre dans l’arène politique pour se mesurer aux joutes électorales de l’an prochain, Augustin Matata Ponyo vise-t-il vraiment le Palais de la Nation ? D’aucuns y voient encore un calcul politique pour se protéger de démêlés judiciaires, une recette appliquée par plusieurs politiciens d’ailleurs.

En effet, l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila, Augustin Matata Ponyo a créé récemment son parti politique, le LGD (Leadership et gouvernance pour le développement). Et dans la foulée de son premier congrès clôturé, mardi 3 mai, à Kinshasa, l’homme à la cravate rouge a dit accepter d’être candidat de son parti à la présidentielle de 2023.                  

En faisant cette déclaration, Matata Ponyo bat le record de précocité en devenant le tout premier challenger de ces joutes électorales, à plus de 580 jours de leur tenue. Il se pointe donc comme le premier adversaire du président Félix Tshisekedi qui, lui aussi, n’a pas fait mystère de son intention d’obtenir un deuxième mandat. Même s’il n’a pas encore officialisé cela comme Matata l’a fait.

Que cache cette candidature ?

Empêtré dans des procédures judiciaires depuis les révélations de l’enquête de l’Inspection générale des finances (IGF) sur sa mauvaise gestion du projet de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, Augustin Matata Ponyo ne s’est pas encore complètement tiré d’affaires. Depuis le retrait de ses immunités parlementaires fait par le Sénat pour laisser la justice enquêter sur un autre dossier touchant aux biens « zaïrianisés », Matata ne les a toujours pas recouvrées. Cette fragilité politique qui permet au parquet de le cueillir à tout moment a-t-elle influencé son investiture rapide comme candidat président de la République ? C’est l’une des questions qui taraude les esprits.        

En se faisant candidat président de la République, Augustin Matata Ponyo pourrait qualifier sa bataille judiciaire comme un règlement des comptes pour l’empêcher de briguer la magistrature suprême. Même si la Cour constitutionnelle s’est déclarée « incompétente » pour juger un ancien Premier ministre sur ce dossier de Bukanga Lonzo. La Cour de cassation, elle aussi, a dit son « incompétence » pour connaitre de cette affaire impliquant un ancien Premier ministre.

Dans une correspondance adressée au président de la République, Félix Tshisekedi, le procureur général près cette haute Cour a relevé que la Cour constitutionnelle s’étant déclarée incompétente à juger l’ancien Premier ministre et ses co-prévenus, « aucune autre juridiction ne peut connaître de ces faits », renvoyant insidieusement la balle dans le camp de la Cour constitutionnelle, juge naturel des présidents de la République et des Premiers ministres. Le procureur Victor Mumba a aussi pris le soin de préciser le libellé de la Constitution qui stipule que «…toutes les infractions, commises par le Premier ministre pendant ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, ne peuvent être jugées que par la Cour Constitutionnelle (articles 163 et 164 de la Constitution). » Malheureusement, cette Cour constitutionnelle, ayant mis une jurisprudence sur ce dossier, ne saurait faire marche arrière. Donc, toute invocation d’un dossier judiciaire à l’encontre de Matata Ponyo pourrait être perçue comme un acharnement politique de sa part. Une volonté de barrer sa route vers la magistrature suprême.    

Katumbi avec le dossier Stoupis 

Moïse Katumbi à qui la justice reprochait d’avoir spolié le bien immobilier d’un sujet grec, Emmanuel Alexandros Stoupis, avait, lui-aussi, classé ce dossier dans les rangs des coups politiques pour empêcher sa candidature à la présidentielle de 2018.

Malade et autorisé par la justice à quitter le pays pour des soins de santé en Afrique du sud, le chairman du Tout-Puissant Mazembe s’était retrouvé en Europe. Là-bas, il s’était illustré par une manière pour le moins singulière de se soigner, entrant carrément en croisade en vouant aux pires gémonies les institutions de son pays, notamment la justice qu’il accusait d’être instrumentalisée pour l’empêcher de postuler à la présidentielle.

Traverser pour se blanchir     

En dehors de la stratégie de postuler, d’autres politiques traversent carrément des camps politiques pour se blanchir. Des personnalités politiques comme Lambert Mende Omalanga, Tryphon Kin Kiey Mulumba ou encore Gentiny Ngobila et tant d’autres n’ont pas hésité un seul instant à traverser la route pour se retrouver de l’autre côté du bord politique. Ce qui a, peut-être, épargné certain parmi eux des ennuis judiciaires, vu les casseroles assez bruyantes que certains trainent. Il en est de même pour plusieurs députés nationaux et sénateurs qui n’ont pour d’yeux que leurs immunités parlementaires pour rester à l’abri de toute poursuite judiciaire liée à leurs actes posés par le passé.               

Heshima

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