Nous rejoindre

Nation

RDC : l’opposition peu motivée devant des questions sociales  

Published

on

La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une période critique marquée par des difficultés économiques, sociales et sécuritaires. Dans ce contexte de crises multiples, la question du rôle de l’opposition politique se pose avec acuité. Alors que le peuple lutte contre une économie instable et des conditions de vie de plus en plus précaires, l’opposition semble focalisée sur un seul enjeu : les élections. Ce comportement soulève des interrogations sur sa réelle mission et sa légitimité auprès de la population.

Depuis plusieurs années, les Congolais font face à une dépréciation alarmante de leur monnaie, le franc congolais, face au dollar américain. Cette instabilité monétaire se traduit par une inflation incontrôlable qui rend l’accès aux biens de première nécessité de plus en plus difficile pour le Congolais moyen. Pourtant, malgré l’ampleur de cette crise, l’opposition dans sa majorité ne démontre suffisamment pas sa capacité d’imagination pour agir à son encontre. Aucun appel à la mobilisation pour défendre le pouvoir d’achat de la population, aucun discours sur les conséquences de la dollarisation de l’économie ou d’autres problèmes sociaux.

Dans de nombreux pays, face à une telle situation, les partis d’opposition se rangeraient du côté de la population pour dénoncer l’inaction du gouvernement. En RDC, cette dynamique est inexistante : les opposants préfèrent concentrer leurs efforts sur la scène électorale, ignorant les besoins pressants du peuple. Cette posture jugée amorphe devient complice de l’aggravation des conditions de vie, soulignant un manque de préoccupation pour les véritables enjeux économiques du quotidien.

Indifférence coupable

A titre illustratif, l’accès aux télécommunications est essentiel pour tout le monde, pourtant les coûts des forfaits téléphoniques et internet en RDC figurent parmi les plus élevés d’Afrique, en particulier en comparaison avec ceux des pays voisins pour les mêmes opérateurs. Par exemple, Airtel RDC facture 1 Go de données à 2,53 USD, alors qu’en Ouganda, le même volume de données coûte seulement 0,55 USD par le même opérateur. De même, un forfait internet de 1 Go chez Orange RDC est proposé à 2,30 USD, tandis qu’en République du Congo, Orange le fixe à 1 USD.

Cette indifférence incompréhensible de l’« opposition » s’étend également au secteur énergétique : les coupures d’électricité fréquentes et les tarifs élevés demeurent un fardeau pour les ménages et les entreprises, dans un pays pourtant doté d’immenses ressources naturelles. Au lieu de dénoncer ces dysfonctionnements et de proposer des solutions pour améliorer la qualité de vie des Congolais, l’opposition reste passive. Cette attitude semble démontrer un manque de vision et d’engagement envers les défis du quotidien, contribuant à un fossé croissant entre la classe politique et la population.

Focus sur les enjeux électoraux

Le contraste est frappant lorsque les élections approchent. Brusquement, l’opposition s’anime, organise des rassemblements, prend d’assaut les médias pour dénoncer des fraudes potentielles et des irrégularités électorales. Ce regain de vitalité, absent dans les moments ordinaires, se manifeste pleinement lorsqu’il s’agit de protéger ses intérêts politiques.

L’exemple des élections de 2018 reste marquant. Pendant cette période, plusieurs partis d’opposition se sont unis pour protester contre ce qu’ils qualifiaient d’irrégularités. Des mobilisations massives ont été organisées, des alliances ont été scellées pour se donner plus de poids, mais, en dehors de ce contexte électoral, ces mêmes figures ont rapidement déserté le terrain des luttes populaires, abandonnant les Congolais à leur quotidien difficile. Ce comportement démontre un décalage saisissant entre l’engagement de l’opposition en période électorale et son manque d’implication dans la vie courante de ceux qu’elle prétend représenter.

Absence de propositions alternatives

Face à une situation économique et sociale aussi complexe, une opposition crédible devrait être capable de présenter des propositions concrètes et constructives. Mais, alors que la RDC fait face à une insécurité persistante, notamment dans les régions de l’Est, et à des infrastructures défaillantes, les discours de l’opposition se limitent souvent à des critiques superficielles. Aucun plan de développement, aucune solution durable n’est mise en avant pour soulager les souffrances de la population ou pour faire pression sur le gouvernement afin de mettre en place des réformes urgentes.

Prenons le cas de la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Des centaines de milliers de Congolais vivent sous la menace des groupes armés et subissent des violences quotidiennes. Pourtant, au lieu de s’unir pour demander des solutions concrètes ou d’appeler la communauté internationale à soutenir ces populations, l’opposition se contente d’observer de loin, sans initiatives marquantes ni stratégie pour contribuer à la résolution de cette crise. Ce comportement reflète un manque de leadership et une absence de vision pour le pays, confirmant les craintes d’une opposition plus préoccupée par ses propres intérêts que par le sort de ses concitoyens.

Intérêts égoïstes

Dans une véritable démocratie, l’opposition politique est appelée à jouer un rôle fondamental en tant que contre-pouvoir intervenant dans l’amélioration du sort des citoyens, proposant des alternatives tout en exigeant la transparence dans l’action gouvernementale. A ce titre, elle est censée être un moteur de la participation citoyenne en contribuant activement à la gouvernance publique grâce à ses solutions en faveur du pays. Or, l’opposition congolaise s’est toujours écartée de ces principes. Plutôt que de s’engager sur des questions cruciales telles que le coût de la vie, la sécurité ou les services publics, elle se concentre exclusivement sur la conquête du pouvoir sans pour autant s’adjoindre le soubassement qui justifierait ses ambitions.

Ainsi, cette opposition, dans son dévouement apparent à ses propres intérêts et ceux de ses proches, néglige sa mission fondamentale de défense du peuple et du développement national. Faute de s’engager sur des enjeux vitaux pour la population, elle échoue à incarner une véritable alternative politique et reste en retrait des préoccupations réelles des Congolais. Au lieu de faire avancer le pays, elle semble davantage préoccupée par son avenir politique, privant ainsi les citoyens d’une opposition crédible et véritablement au service de la nation.

De la sorte, pourquoi ne pas se dire que le sous-développement de la RDC, 64 ans après son indépendance, est, en premier lieu, dû à l’attitude de l’opposition et à son manque criant de patriotisme et d’intelligence politique dans le sens le plus noble de cette notion ? Elle en porte le fardeau tout autant que les dirigeants.

Heshima

Continue Reading

Nation

Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais 

Published

on

Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC. 

Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.

Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.

La montée en puissance des recettes fiscales 

Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.

Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.

La révolution silencieuse de la numérisation 

L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.

Les réformes fiscales de 2026 : un tournant 

L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.

Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.

Barnabé Muakadi, l’homme des résultats 

S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.

Vers une souveraineté financière ?

Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.

L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.

Heshima Magazine 

Continue Reading

Nation

Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

Published

on

Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

Heshima Magazine

Continue Reading

Nation

Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Published

on

Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Heshima Magazine

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

You cannot copy content of this page

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?