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De gouvernement en gouvernement : Les ministres indéboulonnables de la RDC sous Tshisekedi

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Alors que la République démocratique du Congo (RDC) est dans l’attente d’un gouvernement d’union nationale, comme annoncé par Félix Tshisekedi en février dernier, certains noms résonnent comme des échos persistants dans les couloirs du pouvoir. Jean-Lucien Busa Tongba, Julien Paluku Kahongya, Aimé Sakombi Molendo, Didier Budimbu Ntubuanga, Augustin Kibassa Maliba et Irène Esambo Diata forment un sextuor d’une rare constance. Depuis le premier gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba en 2019, ils ont traversé les deux mandats de Jean-Michel Sama Lukonde jusqu’à l’équipe actuelle de Judith Suminwa, défiant les remaniements et les tempêtes politiques. Qui sont ces figures indélogeables ? D’où viennent-elles ? Et qu’est-ce qui les maintient si proches du président ? Voici leur histoire, celle d’une stabilité qui intrigue autant qu’elle fascine.

Jean-Lucien Busa Tongba : du Commerce extérieur au Portefeuille

C’est dans le territoire de Budjala, province de l’Équateur, que Jean-Lucien Busa Tongba voit le jour le 26 mars 1962. Loin du tumulte de Kinshasa, cet homme au profil discret bâtit son parcours entre les amphithéâtres et les bureaux administratifs. Formé en gestion, il enseigne l’audit financier et la gestion à l’Institut Supérieur du Commerce et de Gestion de la capitale. Pendant près d’une décennie, de 1992 à 2001, il travaille à la Société Nationale d’Électricité, un géant public aux prises avec les défis énergétiques du pays. Ce passage lui offre une immersion dans les rouages économiques, une expérience qui façonnera son avenir.

En 2006, il fait son entrée sur la scène politique en se faisant élire député pour Budjala. À l’Assemblée, il se distingue comme vice-président de la commission économique et financière, plongeant dans les dossiers complexes de l’économie congolaise. En 2013, il fonde le Courant des Démocrates Rénovateurs, son parti politique, avant de lancer la Coalition des Démocrates deux ans plus tard. Cette coalition remporte plusieurs sièges aux législatives, renforçant son poids politique. Busa joue un rôle stratégique en 2016 en conduisant la délégation de l’opposition au pré-dialogue, une étape clé dans la transition vers le pouvoir actuel.

Son aventure ministérielle sous le mandat du président Tshisekedi commence en 2019 sous Ilunga Ilunkamba, où il prend les rênes du Commerce extérieur. Il conserve ce poste sous les deux gouvernements de Sama Lukonde, affirmant son rôle dans un secteur vital pour les échanges économiques du pays. Mais avec l’arrivée de Judith Suminwa, un changement survient : Busa Tongba hérite du ministère du Portefeuille, un portefeuille stratégique qui le place au cœur de la gestion des entreprises publiques. À 63 ans, il reste une figure incontournable, évoluant avec aisance dans les arcanes du pouvoir.

Julien Paluku Kahongya : de l’Industrie au Commerce extérieur

Julien Paluku Kahongya naît le 13 décembre 1968 à Buramba, dans le Nord-Kivu, une région marquée par des décennies de conflits. Cet homme au charisme affirmé se forge une réputation dès ses débuts. Titulaire d’un master en santé communautaire obtenu en 2005 à l’Université libre des Grands Lacs, il commence comme maire, d’abord à Butembo, puis à Beni, où il lance des projets d’infrastructures qui marquent les esprits dans ces villes souvent laissées pour compte. En 2007, il devient gouverneur du Nord-Kivu, un poste qu’il occupe pendant douze ans. Gérer une province rongée par les groupes armés et les crises humanitaires forge son caractère et son influence.

Élu député national pour Lubero en 2011, puis en 2018, il consolide son ancrage électoral. Fondateur du Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, il s’allie à l’UDPS de Tshisekedi, devenant un pilier de la coalition au pouvoir. En 2019, sous Ilunga Ilunkamba, il prend la tête du ministère de l’Industrie, un poste qu’il conserve sous les deux gouvernements de Sama Lukonde. Avec Judith Suminwa, un virage se dessine : Paluku hérite du Commerce extérieur, succédant à Busa Tongba. À 56 ans, il incarne une ambition intacte, prêt à relever de nouveaux défis dans un pays aux échanges commerciaux encore balbutiants.

Aimé Sakombi Molendo : des Affaires foncières aux Hydrocarbures

À Kinshasa, Aimé Sakombi Molendo grandit sous l’ombre imposante de son père, Dominique Sakombi Inongo, ancien ministre de l’Information sous Mobutu. Mais il ne se contente pas de cet héritage : il trace sa propre route, d’abord dans les médias. Conseiller au ministère de l’Information, président de Canal Futur, une chaîne liée à l’UNC de Vital Kamerhe, il se fait aussi connaître comme promoteur du site 7sur7.cd, un média en ligne qui gagne en influence. Ce parcours dans la communication lui confère une visibilité et une aisance précieuses.

Sur le terrain politique, il s’engage comme secrétaire interfédéral de l’Union pour la Nation Congolaise à Kinshasa et la coalition Cap vers le changement, qui porte Tshisekedi au pouvoir. En janvier 2024, il est élu député national, ajoutant une légitimité électorale à son CV. En 2019, sous Ilunga Ilunkamba, il devient ministre des Affaires foncières, un poste qu’il garde sous les deux gouvernements de Sama Lukonde. Avec Suminwa, un tournant inattendu : Sakombi prend les rênes des Hydrocarbures, un secteur stratégique où les enjeux pétroliers pourraient redéfinir son rôle.

Didier Budimbu Ntubuanga : De l’EPST aux Sports

Didier Budimbu Ntubuanga naît le 17 décembre 1977 à Kinshasa, dans une famille bien connectée. Fils de Dikumbaka Budimbu, ancien ambassadeur, et de Suzanne Yala Kaba, il grandit dans un milieu privilégié. Formé en droit en France et en Belgique, il complète son parcours avec un diplôme en droit public à l’Université de Kinshasa, une base solide pour une carrière ambitieuse. Autorité morale du parti politique Autre vision du Congo (AVC), il entre au gouvernement en 2019 sous Ilunga Ilunkamba comme vice-ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, un poste qu’il occupe jusqu’en 2021.

Avec le premier gouvernement Sama Lukonde, il est propulsé ministre des Hydrocarbures, un portefeuille qu’il conserve sous le second mandat de Lukonde. Mais sous Judith Suminwa, un changement radical se produit : Budimbu hérite du ministère des Sports et Loisirs, un virage surprenant pour ce juriste de formation. En avril 2022, une brève audition par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) pour des raisons de « sécurité » avait fait trembler son parcours, mais il avait repris ses fonctions sans fléchir. À 47 ans, il incarne une nouvelle génération, adaptable et résiliente.

Augustin Kibassa Maliba : le maître discret des Télécommunications

Augustin Kibassa Maliba naît le 30 novembre 1971 à Lubumbashi, dans une famille où la politique est une affaire de sang. Fils de Frédéric Kibassa Maliba, co-fondateur de l’UDPS aux côtés d’Étienne Tshisekedi en 1982, il grandit dans l’ombre d’un héritage puissant. Moins médiatisé que d’autres ténors congolais, cet homme discret s’est imposé par sa maîtrise des nouvelles technologies, mais aussi par des liens familiaux stratégiques qui en disent long sur son influence. Sa sœur, Isabelle Kibassa-Maliba, est mariée à Jean-Claude Tshisekedi, frère aîné de Félix Tshisekedi et fils d’Étienne Tshisekedi, tissant un réseau familial au cœur du pouvoir.

Son parcours politique s’enracine dans les méandres de l’UDPS. Après la scission entre UDPS-Kibassa, dirigée par son père, et UDPS-Tshisekedi, Augustin prend les rênes de la faction familiale à la mort de son père. Mais en 2018, il opère un virage décisif : il rallie Félix Tshisekedi, scellant une réconciliation entre les deux branches. Ce soutien, consolidé lors des élections de 2018 et réaffirmé en 2023, l’ancre dans l’UDPS unifié, où les alliances familiales renforcent sa position.

Kibassa Maliba ne doit pas tout à sa lignée. De 2003 à 2006, il siège comme député national durant la transition, actif au sein de la commission Reconstruction et Développement, prouvant qu’il n’est pas un novice propulsé par favoritisme. En 2019, il accède au ministère des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PTNTIC) sous Ilunga Ilunkamba. Maintenu sous les deux gouvernements de Sama Lukonde, son portefeuille s’élargit au numérique sous Judith Suminwa, reflet des ambitions technologiques de la RDC. Cette longévité remarquable sous Félix Tshisekedi intrigue : au-delà de son expertise, le mariage de sa sœur Isabelle avec Jean-Claude, grand frère et proche conseiller de Félix, pourrait bien être une clé. Cette connexion familiale, liant les Kibassa et les Tshisekedi, offre une stabilité politique dans un paysage souvent chaotique.

À 53 ans, Augustin Kibassa Maliba incarne une figure de l’ombre aux assises solides. Sa permanence aux PTNTIC, son passé parlementaire et son ancrage dans l’UDPS, dopé par ce réseau familial, en font un pilier aussi discret qu’incontournable. Dans un Congo en quête de modernité numérique, il trace son chemin, porté par l’héritage et les alliances.

Irène Esambo Diata : la voix des vulnérables

Irène Esambo Diata émerge à Kinshasa dans un milieu marqué par un engagement pour la justice sociale. Juriste de formation, elle se distingue par son dévouement aux droits humains, notamment en faveur des plus fragiles. Avant 2019, elle n’occupe pas de mandat électoral, mais son parcours au sein de l’UDPS et son militantisme pour l’inclusion lui ouvrent les portes du pouvoir. Sa nomination reflète une intention de Tshisekedi de mettre en avant des figures sensibles aux questions sociales, une touche d’humanité dans un gouvernement souvent dominé par des portefeuilles économiques.

Dès 2019, sous Ilunga Ilunkamba, elle devient ministre déléguée auprès du ministre des Affaires sociales, chargée des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, un poste qu’elle conserve sous les deux gouvernements de Sama Lukonde. Avec Judith Suminwa, elle reste fidèle à cette mission, toujours en tant que ministre déléguée aux personnes vivant avec handicap. Bien que son rang soit subalterne, sa présence constante dans un domaine aussi sensible témoigne d’une confiance durable et d’un rôle symbolique au sein de l’équipe dirigeante.

Une trajectoire à travers les gouvernements

Leur parcours à travers les gouvernements dessine une fresque de continuité. Sous Ilunga Ilunkamba, Busa Tongba dirige le Commerce extérieur, Paluku prend l’Industrie, Sakombi s’installe aux Affaires foncières, Budimbu débute comme vice-ministre de l’Enseignement, Kibassa Maliba pilote les PTNTIC, et Esambo Diata défend les personnes vulnérables. Avec le premier gouvernement Sama Lukonde, la stabilité prédomine pour la plupart : Busa Tongba reste au Commerce extérieur, Paluku à l’Industrie, Sakombi aux Affaires foncières, Kibassa Maliba aux PTNTIC, Esambo Diata dans son rôle délégué, tandis que Budimbu passe aux Hydrocarbures. Le second mandat de Lukonde confirme cette tendance, les six figures conservant leurs positions respectives.

Sous Judith Suminwa, un remaniement redistribue les cartes : Busa Tongba glisse au Portefeuille, Paluku récupère le Commerce extérieur, Sakombi s’empare des Hydrocarbures, Budimbu se tourne vers les Sports et Loisirs, Kibassa Maliba élargit son mandat aux PTNTIC et Numérique, et Esambo Diata demeure ancrée dans son rôle social. Ce jeu de chaises musicales montre leur capacité à s’adapter tout en restant au cœur du pouvoir.

Les clés d’une longévité exceptionnelle

Qu’est-ce qui explique leur permanence ? La loyauté apparaît comme un fil rouge. Dans un pays où les alliances s’effritent aussi vite qu’elles se nouent, Busa Tongba, Paluku, Sakombi, Budimbu, Kibassa Maliba et Esambo Diata, tous membres de l’union sacrée de la nation, ont soutenu Tshisekedi dès ses premiers pas au sommet. « Ce sont des compagnons de route qui ont cru en lui dès le départ », confie un analyste politique, préférant l’anonymat. Cette fidélité semble avoir scellé une relation de confiance difficile à ébranler.

Leur expertise joue un rôle tout aussi crucial. Busa Tongba, avec son passé à la SNEL et son expérience parlementaire, maîtrise les enjeux économiques et politiques. Paluku, fort de ses années comme gouverneur dans une province sensible, apporte une vision pragmatique. Sakombi, héritier d’une tradition politique et rompu aux médias, excelle dans les dossiers complexes. Budimbu, juriste, conjugue rigueur et ambition. Kibassa Maliba, technicien des télécommunications, s’impose dans un secteur en pleine mutation. Esambo Diata, avec sa sensibilité juridique et sociale, incarne une constance dans les questions humanitaires. « Félix s’entoure de gens qui savent faire tourner la machine », glisse un ancien ministre, soulignant leur importance dans une administration parfois critiquée pour son improvisation.

Leur ancrage local renforce leur position. Paluku, élu deux fois député et ex-gouverneur, domine le Nord-Kivu. Busa Tongba reste influent dans le grand Équateur. Sakombi, avec son élection en 2024, et Budimbu, député national du kongo Central, incarnent des bastions électoraux précieux. Kibassa Maliba et Esambo Diata, bien que moins visibles électoralement, tirent leur force de leur enracinement dans leur milieux et de leur proximité avec le parti présidentiel. Cette popularité, directe ou indirecte, les rend indispensables pour mobiliser les foules. Aussi, leur capacité à tisser des alliances et à esquiver les scandales les protège des vents contraires.

Une proximité avec Tshisekedi : confiance ou stratégie ?

Leur relation avec Félix Tshisekedi intrigue. Pour certains, ils forment un cercle restreint, un noyau dur qui sécurise le président face aux tensions avec l’opposition et d’anciens alliés comme Joseph Kabila. « Ce sont ses yeux et ses oreilles dans des secteurs clés », avance un observateur. Pour d’autres, c’est un choix stratégique : en s’appuyant sur des figures expérimentées, Tshisekedi stabilise un équilibre fragile au sein de sa majorité.

Cette constance n’échappe pas aux critiques. « Pourquoi toujours les mêmes ? », s’agace un député de l’opposition. « Le président parle d’union nationale, mais recycle des visages familiers. » Une interrogation qui pourrait peser alors que ce nouveau gouvernement se profile à l’horizon.

Des figures pour l’avenir ?

Jean-Lucien Busa Tongba, Julien Paluku Kahongya, Aimé Sakombi Molendo, Didier Budimbu Ntubuanga, Augustin Kibassa Maliba et Irène Esambo Diata ne sont pas de simples silhouettes dans le décor politique congolais. Leurs parcours, de l’Équateur au Nord-Kivu, des médias aux télécommunications, du droit aux vulnérables, témoignent d’une diversité et d’une résilience qui forcent l’admiration. Leur présence continue sous Tshisekedi reflète une confiance profonde, mais aussi une stratégie pour tenir un pays en quête de cohérence. Alors que la RDC entre dans une nouvelle ère avec la perspective du gouvernement d’union nationale, une question flotte dans l’air : jusqu’où ces indéboulonnables accompagneront-ils Félix Tshisekedi ? L’avenir seul apportera une réponse.

Heshima

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC

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Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.

Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.

De la rébellion au terrorisme…

Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.

Opérations conjointes « Shujaa » 

Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.

Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.

L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.

Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026

Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.

L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.

Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.

Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.

Heshima Magazine

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