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Gouvernance Tshisekedi : des signaux qui inquiètent…
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La redaction
Gestion des ressources financières, construction des infrastructures, création des établissements publics… Depuis son accession au pouvoir en 2019, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a montré une énergie débordante pour résoudre de nombreux problèmes du pays. Mais certaines de ses méthodes de gouvernance renvoient des signaux inquiétants. C’est notamment le cas de la multiplicité des établissements ou organismes publics dont la plupart se sont révélés inefficaces au fil des ans. Heshima Magazine fait un tour d’horizon des structures qui posent problème et dont les attributions auraient pu être exercées par les ministères sectoriels.
Dans la mythologie grecque, il existe une saisissante histoire de cinquante filles appelées « les Danaïdes ». Elles étaient condamnées par les dieux grecs à remplir un tonneau d’eau troué. Ces filles de Danaos, roi d’Égypte, exécutaient ainsi une punition perpétuelle suite au meurtre de leurs maris, les fils d’Égyptos. Ce châtiment ininterrompu est resté célèbre et a donné naissance à l’expression « tonneau des Danaïdes » pour désigner une « tâche absurde, sans fin ou impossible » ou encore un travail déjà voué à l’échec. En RDC, plusieurs projets semblent ressembler au tonneau des Danaïdes. De l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) au Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles (FONAREV), ces structures au bilan mitigé ont contribué pour la plupart à la dilapidation des fonds de l’État. Une politique qui suscite des critiques au sein même de l’entourage du chef de l’État.
Après Kabund, Nicolas Kazadi porte la charge de la dénonciation
Les récentes révélations de l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, font froid dans le dos. Cet ancien conseiller du chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a jeté un pavé dans la mare le week-end dernier. Lors du premier quinquennat de Félix Tshisekedi (2019-2023), au total 53 nouveaux établissements publics ont été créés. Certains ont vu le jour pendant que l’année était en cours. Ce qui insinue qu’ils n’ont pas été pris en charge par le budget voté initialement par le parlement. « On les [ces établissements] paie en cours d’année, sans prévision budgétaire. Ils commencent à recruter, ils n’ont même pas de cadre limite », dénonce Nicolas Kazadi.
Cet ancien proche collaborateur de l’actuel président de la République, devenu député national, n’a pas mis des gants pour porter ses coups contre la gouvernance de Félix Tshisekedi tout en prenant soin de ne pas l’indexer. « Nous voulons trop de jouissance. S’il y a de l’argent, partageons d’abord et nous allons réfléchir après. L’argent du projet est arrivé, on se le partage d’abord et on va réfléchir plus tard. C’est ça le problème », a-t-il déclaré au cours d’une émission animée par la journaliste congolaise Paulette Kimuntu.
Malgré le fait d’avoir contribué, selon lui, à la hausse du budget, passant de 4 milliards de dollars à 16 milliards, Nicolas Kazadi s’est plaint de la multiplicité des primes et des rubriques, entravant ainsi la possibilité d’investir ces fonds dans des projets d’intérêt commun. S’agissant des dépenses du Parlement, cet ancien Conseiller à la Présidence de la République a relevé une forte hausse entre 2017 et 2023. « Pour le Parlement, 2017-2018, c’était environ 5 milliards FC par mois. En 2023, c’est autour de 45 milliards de francs congolais », a-t-il fait savoir. Comme pour dire que la hausse du budget national a créé également une élasticité des besoins de consommation des fonds au sein des institutions. Plus le budget augmente, plus les animateurs des institutions élargissent leurs parts dans le budget. Conséquence : les Congolais en général ne sentiront pas l’impact social de la hausse du budget, car déjà consommé par les institutions. Une gouvernance qui inquiète. En juillet 2022, Jean Marc Kabund avait formulé les mêmes critiques. « Nous avons essayé en vain de rappeler à l’ordre, jour et nuit, celui avec qui nous avons pensé incarner la vision du Sphinx résumée par la célèbre phrase : ‘‘le peuple d’abord’’ », avait déclaré l’ancien président a.i. de l’Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS).
En réaction aux révélations de Nicolas Kazadi, l’opposant André Claudel Lubaya semble rejoindre les préoccupations de l’ancien ministre des Finances, accusant le régime de Félix Tshisekedi d’avoir multiplié les structures publiques inefficaces, budgétivores et déconnectées des besoins du peuple. Selon lui, ces entités, érigées sans planification rigoureuse, ont contribué à l’hémorragie des ressources de l’État, au bénéfice d’une minorité. Cet ancien député de Kananga considère ces aveux tardifs de Nicolas Kazadi comme « une lucidité retrouvée ». Pour lui, ces entités fondamentalement vaines ont relégué aux oubliettes le défunt projet social « le peuple d’abord ».
APCL, une structure budgétivore et sans résultats probants
En créant certaines agences ou des établissements publics, le président Félix Tshisekedi a quasiment affaibli la mission de certains ministères ou des structures étatiques existantes. C’est le cas de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC). Créée par l’ordonnance du 17 mars 2020, l’APLC a pour mission principale la prévention et la lutte contre toute forme de corruption. Cet établissement public et service spécialisé au sein du cabinet de la Présidence de la République a remplacé le rôle joué par le conseiller spécial en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Mais cette mission est aussi assurée par une structure déjà existante : la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF). Celle-ci, placée sous l’autorité du ministre des Finances, est chargée du renseignement financier. Sa mission principale est de favoriser le développement d’une économie saine mais aussi de lutter contre les circuits financiers clandestins, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ce qui peut créer un chevauchement des compétences dans la pratique entre les deux structures.
En décembre 2020, Ghislain Kikangala, alors coordonnateur de l’APLC, avait été placé en garde à vue pendant 24 heures par le parquet général près la Cour d’appel de Gombe pour des soupçons de corruption. Il était interrogé sur l’extorsion des fonds chiffrés à 30 000 dollars perçus en liquide comme avance d’une caution de 50 000 dollars exigée à Access Bank pour libérer son directeur général en détention entre les mains de l’APLC. Deux directeurs de cette agence étaient également impliqués dans cette affaire. « C’est quand même assez grave de voir que ce sont des agents de la banque qui font des décharges à la main pour percevoir de l’argent, alors que ce sont des opérations qui peuvent être gérées de compte à compte. Cela pourrait soulever plusieurs soupçons de corruption. Cela reste quand même assez grave. », avait réagi Jean-Jacques Lumumba, un ancien banquier congolais et lanceur d’alerte, qui ne comprenait pas cette perception de la caution par le responsable de l’APLC en lieu et place de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). Pourtant, la banque affirmait que le dossier de blanchiment d’argent sur lequel se penche l’APLC était déjà transmis à la CENAREF par la banque elle-même après avoir remarqué un mouvement suspect dans le compte d’un client. Depuis ce scandale, l’APLC a perdu de sa superbe au sein de l’opinion. Et son coordonnateur avait été limogé par Félix Tshisekedi quelques mois plus tard. A ce jour, ce service public est presque l’ombre d’elle-même, l’Inspection générale des finances (IGF) et la CENAREF font le gros lot du travail anti-corruption dans le pays.
FONAREV, une compétence du ministère des droits humains
L’une des 53 agences créées par Félix Tshisekedi, c’est le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV). Cette structure a été placée sous la tutelle du ministère des Droits humains. Pourtant, ses compétences pouvaient être exercées par les fonctionnaires de ce ministère sans toutefois créer des nouvelles structures budgétivores. Le FONAREV mobilise et optimise les différentes ressources financières qui lui sont allouées par la loi du 26 décembre 2022. Mais les attributions de cette structure auraient pu rester au ministère des Droits humains sans créer un personnel supplémentaire à payer et des frais de fonctionnement parfois pour des résultats mitigés.
FRIVAO, source d’enrichissement dans le dos des victimes
Créé par ordonnance présidentielle en décembre 2019, le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en République Démocratique du Congo (FRIVAO) a été placé sous la tutelle du ministère de la Justice et Garde des Sceaux. Mais les animateurs de cet établissement seront vite accusés de détournement. La mission de cette structure était d’identifier et indemniser les victimes de la guerre de « 6 jours » menée entre l’armée ougandaise et celle du Rwanda sur le sol congolais, à Kisangani. Après un contrôle rigoureux des inspecteurs de l’IGF, il a été révélé « beaucoup d’écarts de chiffres entre ce qui a été réellement décaissé et le travail pour lequel ce décaissement a été opéré ». Ce qui a suscité la colère du ministre de la Justice, Constant Mutamba, lui-même victime de cette guerre de 6 jours.
Le 31 juillet 2024, à la veille de la commémoration du Genocost, Mutamba, autorité de tutelle du FRIVAO, a ordonné le gel de tout mouvement débiteur sur le compte de cette structure censée recevoir en cinq tranches, à partir de 2023, un montant de 325 millions de dollars d’indemnisation de la part de l’Ouganda.
Tshisekedi veut démanteler certains établissements…
Lors de la 42ᵉ réunion du Conseil des ministres, le 2 mai 2025, le président Félix Tshisekedi a exhorté le gouvernement à adopter des mesures urgentes pour redresser les finances publiques. Dans un contexte de guerre d’agression et de réduction du train de vie des institutions, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un contrôle rigoureux du cadre macroéconomique, tout en demandant un audit des structures nouvellement créées afin d’en évaluer la pertinence. Celles qui seront inutilement budgétivores, après l’évaluation du gouvernement, vont être supprimées.
Dans l’entretemps, ce sont les fonds de l’État qui ont été dilapidés dans le fonctionnement de ces structures. Un véritable tonneau des Danaïdes. Une tache d’huile dans la gouvernance de Félix Tshisekedi qui risque d’entamer l’ensemble de son bilan au pouvoir. Penser au démantèlement de ces structures après plus de 6 ans d’exercice du pouvoir sonne comme un réveil tardif. Face à ces faits inquiétants de la gouvernance de Tshisekedi, André Claudel Lubaya a rappelé une confession publique faite par le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya. Ce dernier reconnaissait publiquement le désenchantement populaire suite à leur gestion de la chose publique. « Le peuple croyait que ses souffrances prendraient fin avec l’UDPS au pouvoir. Aujourd’hui, il est trahi », avait-il déclaré d’un ton triste devant les combattants du parti présidentiel à Limete.
Heshima
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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais
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1 mois agoon
septembre 10, 2026By
La redaction
Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC.
Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.
Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.
La montée en puissance des recettes fiscales
Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.
Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.
La révolution silencieuse de la numérisation
L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.
Les réformes fiscales de 2026 : un tournant
L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.
Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.
Barnabé Muakadi, l’homme des résultats
S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.
Vers une souveraineté financière ?
Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.
L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.
Heshima Magazine
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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation
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3 mois agoon
juillet 7, 2026By
La redaction
Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.
Le retour d’un géant endormi
Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.
Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.
Un Mondial qui change tout
Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).
Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.
Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.
Les enseignements d’une expérience unique
Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.
Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.
Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?
L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.
Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».
Le défi de la régularité
Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.
Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.
Heshima Magazine
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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
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3 mois agoon
juillet 6, 2026By
La redactionUne délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.
Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.
Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.
Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?
Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.
Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.
Les prémices d’un dialogue inclusif ?
Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.
Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Heshima Magazine




























































