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Politique

2023: Ça rame à contre-courant de Fatshi

Lancé en septembre 2020, le Registre des appareils mobiles (RAM), une fiscalité qui suscite colère et incompréhension au sein de la population, pourrait bien provoquer une opinion défavorable. Ce qui risquerait de plomber la réélection de Félix Tshisekedi, si rien n’est fait.

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Est-ce une taxe ? Une parafiscalité ou une rémunération ? Les explications pour tenter de clarifier la taxe RAM sont aussi compliquées que l’anatomie d’un pingouin. Mais depuis près d’un an, les Congolais se voient soutirer automatiquement des crédits lorsqu’ils rechargent des unités. Et sans trop comprendre pourquoi ! Fin septembre 2021, le ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et communication (PTNTIC), Augustin Kibassa Maliba, a tenté une explication devant l’Assemblée nationale, à Kinshasa. Cela a fait un flop !

Le Registre des appareils mobiles (RAM) « n’est pas une taxe, mais une rémunération des services et prestations fournis par l’Autorité de régulation, des postes et télécommunications du Congo (ARPTC). Il ne s’agit non plus d’un simple enregistrement. (…) Je dois vous rassurer pour ceux qui ont eu un double prélèvement, l’année prochaine, ils n’auront pas à payer à le- RAM. » En prononçant ces propos devant les députés, Augustin Kibassa pensait être sur la bonne voie, alors qu’il ramait à contre-courant de l’opinion majoritaire à l’hémicycle. Ce qui a suscité une tension. Il sera ensuite criblé des questions et préoccupations de la part des députés. Il ne s’en sort pas ce 30 septembre. Il a demandé 48 heures pour mieux répondre. Mais il n’est pas revenu dans le délai prévu.

En moins d’une année, cette fiscalité a déjà prélevé 25 millions de dollars dans le porte-monnaie des Congolais, voire beaucoup plus, à en croire le député Jean-Baptiste Kasekwa de l’opposition. Ce député estime que plus de 80 millions de dollars ont été collectés. « Nous ne devrions pas nous limiter à exiger la suppression de RAM. Les auteurs de l’escroquerie doivent subir une sanction exemplaire. Je voudrais solliciter la mise sur pied d’une commission d’enquête. », a indiqué l’élu de Goma.

 Ça rame à contre-courant de Fatshi

Cette taxe ou rémunération ne fait pas l’affaire de Félix Tshisekedi au niveau de l’opinion. Resté taiseux au sujet de la question lors du conseil des ministres qui a suivi l’audition du ministre Kibassa, le président Félix Tshisekedi n’a toujours pas commenté l’affaire jusqu’alors. Une attitude qui soulève des interrogations. A-t-il toléré cette taxe que d’aucuns voudraient voir supprimer

? Pourtant, cette fiscalité suscite colère et incompréhension au sein d’une bonne partie de la population. Cela pourrait provoquer une opinion défavorable à l’endroit du chef de l’Etat. Une situation qui risquerait de plomber sa réélection en 2023, si rien n’est fait pour supprimer carrément ce prélèvement ou le modifier au besoin. Puisque Fatshi, adepte de l’opinion majoritaire et avec le slogan de son parti : « le peuple d’abord », ne devrait pas « ramer » à contre-courant et se placer en porte-à-faux de l’opinion.

Quoi qu’en dise le ministre sur la taxe rame, plusieurs Congolais la perçoivent comme une arnaque. D’ailleurs, le député Claude Misare, auteur de la question orale, n’a pas manqué d’accuser le ministre d’avoir institué une « taxe incompréhensible » au taux « très élevé » sans « contrepartie » ni « base légale ». Alors que l’Etat prélève déjà des impôts à la source auprès des réseaux de téléphonie mobile. Ces télécoms, en vendant leurs services aux abonnés, facturent déjà en incorporant des taxes dues à l’Etat. Pas besoin que Kibassa rame avec le RAM ! Cela parait superfétatoire.

Dido Nsapu

Politique

FCC : retour sur la chute d’un clan

Face aux verrous constitutionnels contre un troisième mandat, Joseph Kabila était obligé de passer la main à un autre. Pour que le pouvoir reste dans son sérail, le prédécesseur de Félix Tshisekedi s’était choisi un dauphin. Un casting qui a, en réalité, sonné le glas du clan.

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« J’ai déjà gagné. Vous avez vu comment j’ai battu campagne ? Tout s’est bien passé. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir ». Ces phrases pleines d’orgueil prononcées par Emmanuel Ramazani Shadary, le 30 décembre 2018, avaient à la fois intrigué l’opinion et fait penser à un match électoral joué d’avance. Mais les faits qui ont suivi ont, à contrario, démontré une vraie déconfiture du clan Kabila.

 Mauvais casting du dauphin

Devant l’impossibilité de contourner la Constitution pour briguer un troisième mandat, Joseph Kabila avait, à la surprise générale, porté son choix sur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat à sa succession à la tête du pays. A quelques heures seulement de la fin du délai de dépôts des candidatures pour la présidentielle, l’ex-chef d’Etat, alors en fonction, a dévoilé, le 8 août 2018, le nom du candidat du Front commun pour le Congo (FCC), pour le scrutin du 23 décembre de la même année.

Ce dauphin, choisi in extremis, n’a malheureusement pas fait l’unanimité au sein du clan Kabila. Puisque lors de sa présentation au stade Tata Raphaël, à Kinshasa, plusieurs caciques du Front commun pour le Congo n’ont pas daigné arborer des chemises frappées à l’effigie de Ramazani Shadary. Ils ont, pour la plupart, préféré porter l’effigie de Joseph Kabila. Rien de surprenant car, avant ce casting, plusieurs noms étaient cités comme dauphin potentiel de l’exRaïs, sans vraiment s’attendre à un certain Shadary dont le pedigree – au-delà du FCC – dérangeait aussi au sein de l’opinion congolaise. Du coup, ses phrases peu honorables prononcées lors des meetings du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) refont surface. Des propos parfois emprunts de brutalité et qui l’ont également desservi tout au long de la campagne électorale.

Stratégie de campagne critiquée !

L’organisation et la stratégie de campagne mises en place par Ramazani Shadary ont été très critiquées par certains caciques du FCC. Au niveau interne, cette campagne électorale n’était pas portée à bout de bras par tous les caciques du clan Kabila. Tout au long de cette période électorale, l’on a vu certains caciques partir en campagne pour la députation nationale mais sans faire allusion à leur candidat président de la République. C’est le cas de Modeste Bahati qui n’a pas vraiment insisté sur son candidat président de la République qui était Ramazani Shadary. Dans beaucoup de fiefs acquis à l’opposition, les candidats députés FCC ont eu du mal à vendre Shadary auprès de leur électorat local, notamment des cadres qui ont battu campagne dans le grand Bandundu.

Une défaite sans tirer des leçons !

Pendant que d’aucuns pensaient que Joseph Kabila allait forcer le passage de son dauphin à la présidentielle, les Congolais ont appris – stupéfaits – la victoire d’un opposant à la tête du pays. Félix Tshisekedi est donc passé devant son principal challenger, Martin Fayulu mais aussi devant le candidat du pouvoir, Ramazani Shadary, arrivé troisième au classement.

Après cette défaite à la présidentielle, aucune sanction n’a été prise, ni aucune leçon n’a été tirée dans l’organisation du FCC, alors que plusieurs voix appelaient notamment au remplacement et à la redynamisation de la coordination de cette plateforme politique. A la place d’une introspection, le FCC va se lancer immédiatement dans la coalition dite FCC-CACH avec le nouveau pouvoir. Il s’observera frustration, déception, mécontentements de plusieurs partis membres et personnalités du FCC suite au partage jugé non équitable des postes au sein du premier gouvernement dirigé par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Cela, sans que la plateforme n’implose.

Problèmes au FCC-CACH

Malgré les critiques de l’opinion, les deux nouveaux alliés ont mis en place une coalition pour éviter, répètent-ils, une cohabitation jugée trop conflictuelle. Mais cette aventure inédite en République démocratique du Congo va faire long feu. Tout au long de cette expérience, plusieurs comportements et attitudes vis-à-vis du nouveau pouvoir vont être à la base des conflits qui ont fini par tuer la coalition FCC-CACH.

En septembre 2019, Félix Tshisekedi déploie des efforts pour mettre en place la gratuité de l’enseignement de base. Une mesure constitutionnelle mais qui n’a pas été appliquée sous le régime de Joseph Kabila. Curieusement, son ex-dauphin, Shadary, va faire une descente à Lubumbashi pour une matinée du PPRD au cours de laquelle il va crier urbi et orbi : « Le programme de la gratuité, c’est à nous. Qu’on ne nous l’arrache pas ! » Une sortie médiatique qui a étonné même dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel.

Les erreurs de Mabunda

Bien avant cette sortie de Shadary, déjà au mois de juin 2019, un député du FCC avait poussé trop loin son bouchon. Alors que Jeanine Mabunda s’est emportée en autorisant le débat sur un acte du chef de l’Etat en pleine plénière du 7 juin 2019, le député national Charles Nawej Mundele a même traité le président de la République d’« inconscient » pour avoir signé les ordonnances de nominations des mandataires de la Gécamines et de la SNCC. Sidéré, le député Christophe Lutundula réplique en insistant sur le fait que la chambre basse du Parlement n’avait pas qualité pour juger les actes posés par le président de la République. Les propos de Nawej avaient déclenché la colère des députés du CACH ainsi que celle des militants de l’UDPS.

Autre fait, c’est la menace de Tshisekedi, devant la diaspora congolaise de Londres, de « virer » des ministres, voire de dissoudre l’Assemblée nationale, si ses partenaires de la coalition fidèles à son prédécesseur Joseph Kabila sapaient son pouvoir. « Les Congolais m’ont confié une mission et je dois rendre compte à ce peuple. Et celui qui ne va pas suivre mes instructions et qui s’attachera aux instructions de sa famille politique, il sera viré. Je ne peux pas dissoudre l’Assemblée nationale tant qu’il n’y  a pas crise. Mais en cas d’obstruction, je serai contraint, en fin de compte, de prendre la décision de dissoudre l’Assemblée nationale ».

Une menace qui n’a pas manqué de réplique dans les rangs du FCC. Et c’est Jeanine Mabunda, alors présidente de l’Assemblée nationale, qui s’est occupée de Félix Tshisekedi. Elle avait convoqué une conférence de presse où elle a répondu à cette menace demandant d’éviter les « malentendus » et les risques de « haute trahison », évoquant au passage l’article 165 de la Constitution. « Toute personne qui méconnaît notre loi fondamentale peut être exposée au cas de haute trahison pour violation intentionnelle de la Constitution » a-t-elle déclaré devant la presse et des élus nationaux présents. Des menaces à peine voilées de destitution de Félix Tshisekedi.

Au lendemain de cette sortie très médiatisée, le député national Crispin Mbindule a reproché à Mabunda de n’avoir pas consulté la conférence des présidents ni soumis la question à la plénière souveraine avant de répondre aux propos de Félix Tshisekedi. « Si elle ne retire pas ses propos, nous, députés acquis au bon sens, nous allons aider madame la présidente à ne pas chaque fois s’attaquer aux messages du chef de l’État », a-t-il renchéri. L’erreur fatale de Mabunda est de vouloir à tout prix montrer les biceps, s’exclamaient quelques analystes politiques. Un congrès avorté ! La prise de position de Jeanine Mabunda sur l’ordonnance du chef de l’Etat proclamant l’état d’urgence sanitaire en tenant en haleine l’opinion nationale et internationale a aussi contribué dans l’éclatement du FCC-CACH. Le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba (FCC) et la présidente de l’Assemblée nationale avaient pris la décision de convoquer un congrès afin de corriger ce qu’ils ont qualifié de « faute », accusant le président Tshisekedi d’avoir violé la Constitution en proclamant l’état d’urgence sanitaire. Le Président de la République a pris une ordonnance de fait proclamant l’état d’urgence sanitaire en violation de l’article 119.2 de la Constitution, avait déclaré Alexis Thambwe sur une radio locale.

Le congrès qu’ils s’apprêtaient à convoquer avec sa collègue de l’Assemblée afin de régulariser cette prétendue violation de la constitution et légiférer sur l’état d’urgence en RD Congo n’a jamais eu lieu, car détruit par un argumentaire de JeanMarc Kabund qui a dénoncé un complot contre le chef de l’Etat. Quelques jours après, le FCC punira Kabund par une destitution de son poste de premier vice-président de  l’Assemblée nationale.

Entérinement de Malonda et Lois Minaku-Sakata

L’autre problème ayant concouru à la chute de la coalition, c’est l’entérinement forcé de Ronsard Malonda pour présider la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce technicien électoral dont le nom a été choisi par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le prochain président de la centrale électorale, a été confirmé en plénière à l’issue d’une séance tendue. L’opposition, la société civile et même le parti au pouvoir ont dénoncé ce choix, accusant Ronsard Malonda d’avoir joué un rôle majeur lors du scrutin controversé de décembre 2018. La CENCO et l’ECC ont notamment dénoncé un « passage en force » de la majorité. Cette décision est intervenue alors que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la plénière au sein de l’Assemblée nationale accusaient certains élus nationaux. Le matin même, plusieurs députés affirmaient ne pas en avoir été informés. Refusant de revenir sur sa décision, Jeanine Mabunda a appelé plutôt les confessions religieuses à s’apprêter à désigner les autres animateurs. Toujours dans l’Assemblée nationale dirigée par Jeanine Mabunda, trois propositions de lois vont faire grand bruit.

L’examen de ces trois propositions de lois dites « Minaku-Sakata » sur la réforme du système judiciaire congolais a rencontré une forte opposition aussi bien du CACH, Lamuka que des militants de l’UDPS en dehors de l’hémicycle. Les députés du Cap pour le Changement (CACH) et de l’opposition parlementaire Lamuka avaient dénoncé « l’obstination du FCC à opérer un passage en force ». Ils avaient, à cet effet, décidé de suspendre leur participation à ces travaux, vu « l’inconstitutionnalité et l’inopportunité » de ces trois propositions de loi. Les députés du CACH affirmaient avoir quitté la salle des travaux pour ne pas être complices du complot de « caporalisation de la justice », selon l’un d’eux, Tony Mwaba. Une épreuve qui a renforcé le clivage entre les alliés au point que le ministre de la Justice d’alors, Célestin Tunda ya Kasende, issu des rangs du FCC, a failli aider l’Assemblée nationale en donnant l’avis du gouvernement sur ces propositions de lois à l’insu de l’exécutif national.

 On ne peut pas nous intimider !

Après cette bévue, le ministre de la Justice sera interpelé par le parquet près la Cour de cassation. Avant d’être relâché dans la soirée, après avoir, selon lui, téléphoné précédemment à « Ye meï » ( Joseph Kabila). Réunis pour la circonstance avec les caciques du PPRD qui sont partis le soutenir au parquet, Tunda a fait le rapport de sa chaude journée. Et dans la foulée, Shadary va tenter de galvaniser ses troupes en criant : « on ne peut pas nous intimider ! » Phrase devenue ironique dans les réseaux sociaux à chaque fois que le FCC subissait des revers politiques.

Boycott du serment des juges ! En octobre 2020, Jeanine Mabunda, Alexis Thambwe Mwamba ainsi que plusieurs ministres du FCC avaient boycotté la cérémonie de prestation de serment des trois juges de la Cour constitutionnelle, à savoir Dieudonné Kaluba Dibwa, Kalume Yasengo et Kamulete Badibanga. Les présidents du Sénat, Alexis Thambwe, et la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, avaient déjà annoncé, dans une correspondance adressée la veille au chef de l’Etat, qu’ils boycotteraient cette cérémonie. Pourtant chargé par le dernier Conseil des ministres d’organiser cette cérémonie, le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, avait été aussi absent du Palais du Peuple. Les trois responsables sont membres du FCC qui contestait la légalité des ordonnances présidentielles de juin 2020 nommant ces juges. Après cette étape, Tshisekedi suspendra les conseils des ministres jusqu’à ce que la  chute du bureau Mabunda intervienne le 10 décembre 2020 ainsi que celle du Bureau Thambwe Mwamba. Puis, plus tard, en janvier 2021, celle du gouvernement Ilunkamba. Ainsi, sonna le glas de la coalition FCC-CACH.

En marge de toutes ces péripéties, le FCC a poursuivi sa chute. Néhémie Mwilanya a été tardivement démis de ses fonctions de coordonnateur de la plateforme. Il a été remplacé par un comité de crise dirigé par Raymond Tshibanda. En dépit de ce changement, une fronde s’est ouvertement créée, demandant la mise à l’écart de plusieurs caciques. Face à ce remous, Joseph Kabila, lui, est resté éloigné du FCC, se contentant des rapports d’un groupe réduit, du reste contesté. Des responsables qui disaient parler en son nom et tout ramener vers lui. Ce manque de contact direct avec les partis et regroupements composant le FCC lui a été très défavorable. Aujourd’hui, l’homme vit retranché dans sa ferme située dans la périphérie Est de la ville de Kinshasa comme s’il n’avait pas de plateforme politique. Peutêtre qu’il médite sur une possible « remontada » en 2023 ! 

 Heshima

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Politique

Tshisekedi : quelle politique, 3 ans après ?

Le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi succédait à Joseph Kabila. Trois ans plus tard, le cinquième président congolais a entrepris plusieurs actions notamment sur le plan politique, judiciaire et sécuritaire mais dont l’incidence sur le sort des Congolais se fait toujours attendre.

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Ce 24 janvier 2022, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a totalisé trois ans depuis qu’il a été investi à la tête du pays, après sa victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018. Dans son discours d’investiture, le successeur de Joseph Kabila avait annoncé une série d’actions politiques et sociales à mener pendant son mandat. Il s’agit notamment de la libération de tous les prisonniers politiques, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la lutte contre la corruption et l’impunité, la couverture santé universelle ainsi que la pacification du territoire national par l’éradication des groupes armés.

Aujourd’hui, trois ans après, la roue politique n’a pas tourné comme le souhaitait le cinquième président congolais. Parmi des freins à sa politique, figure l’alliance de gouvernance formée entre sa plateforme politique le Cap pour le changement (CACH) et le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila. Plusieurs fois, Félix Tshisekedi a dénoncé le « blocage » de son action par son partenaire de coalition qui avait la mainmise sur le Parlement. Ce qui a conduit à la rupture de cette coalition, le 6 décembre 2020, avec le soutien d’une bonne partie des Congolais au terme des consultations nationales organisées en novembre 2020, au Palais de la Nation.

Mais à côté, Félix Tshisekedi avait aussi réussi à poser quelques actions sur le plan politique, notamment la libération des prisonniers politiques et d’opinion. L’ancien député national Franck Diongo ou encore Eugène Diomi Ndongala ont été libérés dans ce cadre. Un autre geste politique majeur, c’est la décrispation politique avec le retour de Moïse Katumbi en République démocratique du Congo, après près de 5 ans d’exil.

Diplomatie

Dès son accession au pouvoir, Félix Tshisekedi a multiplié des voyages à l’étranger. Des déplacements qui commençaient même à agacer certains Congolais. Mais le chef de l’Etat congolais poursuivait une chose : remettre le pays dans le concert des nations mais surtout obtenir des soutiens politiques et économiques. Avec sa politique, la RDC a pris les commandes de l’Union africaine. Le pays a signé son retour dans le concert des nations en participant dans plusieurs sommets, notamment entre la France et l’Afrique, l’Allemagne et l’Afrique en août 2021, la Russie et l’Afrique en octobre 2019 ainsi que la Turquie et le continent africain en décembre 2021. Une diplomatie qui lui a permis aussi d’harmoniser les relations avec plusieurs pays, particulièrement les 9 voisins de la RDC dont le Rwanda.

Education

L’un des grands chantiers de Félix Tshisekedi, c’est l’éducation. La majorité de Congolais ont applaudi l’une des mesures phares du programme présidentielle : la gratuité de l’enseignement de base. Mais sa mise en œuvre ne convainc pas notamment à cause de plusieurs grèves des enseignants. Toutefois, cette mesure décrétée en 2019 a permis un afflux d’au moins 4 millions d’enfants dans les écoles publiques, ce qui réduira ainsi à long terme le taux d’analphabétisme en RDC, si la mesure est pérennisée.      

Sécurité

Dans son discours d’investiture le 24 janvier 2019, le cinquième président avait montré sa détermination de venir à bout de l’insécurité dans l’Est de la RDC. « Nous avons la forte détermination d’éradiquer tous les groupes armés nationaux et étrangers qui continuent à sévir cette partie de la République, plus particulièrement à l’Est de notre territoire. », avait-il promis. Et au plan sécuritaire, justement, Félix Tshisekedi a mis en place, le 6 mai 2021, l’état de siège sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Cette mesure vise à lutter contre tous les groupes armés locaux et étrangers qui écument l’Est de la RDC. Plus de 8 mois après l’instauration de cette mesure, la paix n’est pas encore revenue dans cette partie de la République. Et cela, malgré la mutualisation des forces avec l’armée ougandaise, UPDF. Mais des nouvelles du front font état de plusieurs bastions des terroristes des ADF récupérés par les FRADC et l’UPDF. Des actions militaires continuent donc dans cette zone.

Le social, un talon d’Achille 

Si politiquement Félix Tshisekedi s’est émancipé et a réalisé quelques avancées économiques, le social de sa population reste cependant son talon d’Achille. En marge de la journée dédiée à l’Alimentation, le 16 octobre 2019, Félix Tshisekedi avait lancé sur le site du Lac de Ma Vallée, dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa, un vaste Programme présidentiel accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités.

Le président congolais épinglait trois axes principaux à savoir : l’amélioration de l’accès des populations rurales et périurbaines aux infrastructures et services socio-économiques de base; le développement des filières économiques locales rentables et durables; le renforcement des compétences managériales des bénéficiaires du programme. Mais à ce jour, la mise en œuvre de ce programme a du plomb dans l’aile.   

Et plusieurs services sociaux de base tels que l’accès à l’eau potable et à l’électricité restent faibles dans les milieux urbains et quasiment inexistants dans plusieurs milieux ruraux. Face à ces difficultés, des Congolais attendent encore la concrétisation des promesses visant à améliorer leurs conditions de vie. Et Félix Tshisekedi en est bien conscient. « Je suis conscient que la situation sociale de nos compatriotes n’est pas reluisante. Beaucoup de ménages peinent à nouer les deux bouts du mois et n’ont pas accès aux services sociaux de base tels que l’eau, l’électricité, les soins de santé, les transports », a-t-il déclaré dans son discours sur l’état de la nation prononcé le 13 décembre 2021 devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.

D’ailleurs, à travers ses différentes interventions au Conseil des ministres, il rappelle au gouvernement de mettre en exergue des « actions à impact visible » pour améliorer la vie sociale des Congolais.   

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Politique

Godé Mpoyi, l’homme au parcours exceptionnel à la tête de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa.

Il assume de manière tentaculaire des responsabilités importantes dans divers domaines et trouve toujours du temps pour les assumer toutes. Voilà environ trois ans que Godé Mpoy Kadima est à la tête de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) et tout roule comme sur des roulettes. Heshima se penche sur le parcours exceptionnel de l’homme…

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À l’instar de Midas, roi mythologique grec qui changeait tout ce qu’il touchait en or, Godé Mpoy est parmi les rares qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent. Comme un éléphant habitué à porter ses défenses, il est l’une des personnalités congolaises ayant beaucoup d’occupations, mais qui ne se fatiguent de les porter : député provincial et président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, professeur d’économie dans plusieurs universités, l’un des consultants les plus sollicités par les organismes internationaux, pasteur d’une église évangélique… Cela n’arrive pas chaque jour.

 Une entrée réussie en politique

Godé Mpoy a été élu député provincial dans la circonscription de Bandalungwa, au terme des élections du 30 décembre 2018. Il s’était porté candidat sous le label de l’Alliance des forces démocratique du Congo et Alliés (AFDC-A) de Modeste Bahati, alors formation politique membre du Front commun pour le Congo (FCC) – une entrée réussie dans le monde législatif congolais où il s’est imposé. C’est au cours de la plénière dirigée le 11 mars 2019 par Sapu Kalimasi, président du bureau provisoire de l’APK,  qu’il se fera élire président définitif de l’APK avec 30 voix sur 48, face à José Malungeni. Le nouveau speaker de l’APK ne mettra pas longtemps avant d’avoir la maitrise de la première institution de la ville province qu’il dirige depuis avec maestria. Parfois, il lui arrive de faire face à certains députés provinciaux que l’on peut considérer comme des « durs à cuire », mais grâce à ses idées qui font bouger les lignes, il parvient toujours à apaiser la « tempête ». En effet, il aime lutter contre la corruption et l’impunité. En sa qualité de pasteur de l’église «Image de l’Eternel », il n’est pas le genre  de politiques qui débarquent sans un sou en poche et qui brillent par un enrichissement illicite.

Modeste, Godé Mpoy reconnait facilement les prouesses de ses collègues. D’après lui, on ne peut pas comparer l’assemblée d’aujourd’hui à celles du passé. « Celle d’aujourd’hui regorge de personnes qui ont étudié à l’Université d’Harvard, capitale mondiale d’intelligence », faitil remarquer avant d’insister sur le fait que l’assemblée provinciale de Kinshasa fourmille de grands intellectuels parmi ceux que la RDC possède. « Je suis fier de mes amis », déclare-t-il.

 Optimiste, il croit au développement de la ville de Kinshasa, notamment avec l’apport de l’APK, estimant que le pouvoir budgétaire et de contrôle que les députés provinciaux ont, suffit pour cela. Parlant de la gestion de la ville, il affirme qu’actuellement les choses marchent bien, la ville est à ce jour bien éclairée… «Ça fait quarante ans que l’avenue Kasa-Vubu n’était plus éclairée », rappelle-t-il. Sa structure, « La Fondation Godé Mpoy », est l’une de celles qui contribuent à l’assainissement public dans la commune de Bandalungwa. En 2019, après son élection en tant que président du bureau de l’APK, il avait déclaré ce qui suit : « Nous allons transformer la ville de Kinshasa ». À deux ans de la fin de leur mandat, il remercie les Kinois pour la confiance, demandant qu’on leur accorde du temps. D’après Godé Mpoy, avant l’organisation des élections de 2023, Kinshasa présentera un autre visage étant donné que le marché central et d’autres infrastructures seront déjà construits.

Grand scientifique, haut cadre d’entreprise, consultant…

Docteur en économie et développement, Mpoy Kadima est également détenteur de plusieurs diplômes et brevets de formation. Professeur d’économie dans plusieurs universités du pays, il enseigne notamment à l’Institut supérieur du commerce international, à l’école doctorale de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Kinshasa, etc. Ils ne sont pas nombreux les professeurs d’universités congolais qui publient régulièrement des ouvrages comme lui. Entre autres livres qu’il a publiés récemment figurent : « Les entreprises publiques en RD Congo, les enjeux de la réforme (2019) » ; « Le droit du commerce  international contre l’économie africaine ? (2019) » ; « La Banque mondiale et la réforme des entreprises publiques congolaises, RDC (2015) ». Le professeur Godé Mpoy a été sous-directeur à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), et aussi conseiller du directeur général de ladite institution. Par ailleurs, il est consultant aux Nations-Unies et dans beaucoup d’autres institutions internationales : Organisation mondiale du Commerce (OMC), Banque mondiale (BM), Organisation mondiale des Douanes (OMD), Fonds monétaire international (FMI)…

Père de famille et pasteur

Au-delà de réussir en politique, d’exercer sa fonction d’enseignant d’universités…, Godé Mpoy a une vie privée épanouie. Avec son épouse, Madame Betty Mpoy, chef de bureau à la DGDA et assistante en Relations internationales, ils ont six enfants dont quatre garçons et deux filles. En tant qu’homme de Dieu, responsable de l’église «Image de l’Eternel», située dans la commune de Bandalungwa, le pasteur Godé Mpoy trouve toujours du temps pour officier les cultes au cours desquels il lui arrive d’exhiber des pas de danse à la gloire du Seigneur  ésus-Christ. Comme serviteur de Dieu, il a emboité les pas à son père, un ancien protestant et comptable.

Analyste et « sapeur »

Analyste pointilleux des questions économiques, mais aussi politiques, Godé Mpoy a toujours des idées objectives. Jadis consulté beaucoup par feu le pasteur Blaise Toko, ses analyses économiques qui passent notamment sur les ondes de Top Congo, suscitent bien souvent un grand intérêt. L’homme de Dieu est aussi connu pour son accoutrement multicolore. Tenez, il ne s’agit pas des guenilles. Il affirme que ce sont des habits dispendieux, généralement du « Versace ». Il rappelle même que c’est une pratique avec laquelle il a commencé depuis longtemps, voire depuis l’Athénée de Kalina.

Hubert MWIPATAYI

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