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Histoire

Réparation du passé colonial en RDC : toujours un gout d’inachevé…

Le roi Philippe a effectué une visite de 6 jours en République démocratique du Congo. Du 6 au 11 juin, le souverain belge a été dans 3 villes congolaises. Quant au lourd passé colonial, le descendant de Léopold II n’a pas vraiment exprimé ce que plusieurs Congolais attendaient de lui. Analyse.

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Mercredi 8 juin, à Kinshasa, le roi Philippe a réaffirmé ses « plus profonds regrets pour les blessures du passé » infligées à l’ex-Congo belge durant la période coloniale, espérant marquer ainsi un nouveau départ dans les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Ainsi, pour son premier voyage dans ce que fut la colonie belge, le roi Philippe a rappelé le passé du régime colonial. Ce régime « basé sur l’exploitation et la domination », était « celui d’une relation inégale, en soi injustifiable, marqué par le paternalisme, les discriminations et le racisme. Il a donné lieu à des exactions et des humiliations », a rappelé le souverain belge dans un discours prononcé à Kinshasa, sur l’esplanade du Parlement, devant plusieurs Congolais.

Ces regrets, le roi Philippe les avait déjà formulés, par écrit, dans une lettre au président Félix Tshisekedi il y a deux ans, à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Pour plusieurs Congolais, ce discours du roi Philippe a laissé un goût d’inachevé. Le roi n’a pas pu évoluer dans ses mots depuis sa lettre adressée à Félix Tshisekedi. Et dans une lettre ouverte adressée au souverain, des intellectuels, des militants syndicaux et associatifs congolais pointent les limites des « regrets » exprimés par le roi des Belges. Pour eux, « exprimer des regrets, c’est également annihiler toute chance de questionner certes la Belgique d’hier, mais également la Belgique d’aujourd’hui qui s’est installée dans une relation néocoloniale avec le Congo depuis son indépendance et qui a travaillé à rigoureusement miner toute possibilité d’éclosion d’une réelle démocratie au cœur de l’Afrique en mettant à mal sa souveraineté comme à l’époque ».

Ces Congolais dont de membres de la LUCHA (Lutte pour le changement) demandent au roi des Belges d’avoir ce courage que n’ont pas eu (ses) prédécesseurs et qui permettra à sa Nation de construire son avenir en se regardant dans le miroir de l’Histoire. Cela, en lui demandant de « faire une déclaration publique en faveur de la justice et des réparations pour les conséquences de la terreur initiée par votre famille sur nos terres ».  

Ce qui démontre pour eux que « des regrets » ne suffisent pas. D’autres réclament des excuses et réparations pour les souffrances endurées et les « pillages » des richesses de la République Démocratique du Congo. Mais le roi ne semble pas prêt à évoluer. Son discours, d’après certaines analyses, était destiné à mettre un trait à ce passé douloureux et revoir autrement des relations entre les deux pays.

Des œuvres d’arts emportées…  

Le roi Philippe, dans sa visite, s’est ensuite rendu au Musée national de la RDC (MNRDC), où a été abordée la question de la restitution des objets d’art à l’ex-colonie, pour laquelle le gouvernement belge a défini une feuille de route en 2021. Là encore, le souverain a prononcé des mots qui ont laissé certains Congolais perplexes. En remettant au musée un masque géant « Kakuungu », qui était utilisé pour des rites d’initiation de l’ethnie Suku, le roi évoque que cet objet est « prêté » pour une durée « illimitée » au Musée congolais par le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, près de Bruxelles. Certains Congolais voulaient entendre parler de la restitution tout court et non d’un prêt. Ils veulent voir aussi d’autres objets traditionnels regagner le pays.  

Souvenir des mains coupées…

Le roi Léopold II de Belgique s’est vu attribuer d’immenses territoires autour du bassin du fleuve Congo par les dirigeants européens lors de la conférence de Berlin en 1885, lorsqu’ils se sont partagé les territoires du continent dans le cadre de ce que l’on a appelé la ruée vers l’Afrique. Le roi a appelé son territoire l’État libre du Congo – une colonie personnelle où il avait la liberté de faire ce qu’il voulait.

Les souvenirs des atrocités commises sous cette colonisation ne sont pas encore oubliés. Et des excuses ouvertes de la Belgique qui trainent à arriver ne permettent pas de refermer les plaies définitivement. Villages rasés, asservissement, massacres de masse, tortures et châtiments corporels, rien ne fut épargné aux indigènes congolais qui cherchaient à se soustraire au travail forcé ou ceux qui ne récoltaient pas assez de caoutchouc ou ne rapportaient pas suffisamment de pointes d’ivoire au colonisateur. Ces atrocités commises entre 1885 et 1908 au Congo par l’administration belge du roi Léopold II auraient réduit de moitié la population congolaise de l’époque. Certaines sources évoquent 10 millions d’Africains tués dans certaines des pires atrocités de l’ère coloniale. Après la cession du Congo à la Belgique par Léopold II, certains de ces traitements dégradants ont pu continuer sous la colonie de l’Etat belge entre 1908 et 1960.        

A ce jour, après la visite historique de Kinshasa, Lubumbashi et Bukavu par le roi Philippe et le contentement de son discours de regrets, la réparation du passé colonial a toujours ce goût d’inachevé. Et cela, pendant que d’autres pays comme l’Allemagne ont fait des pas dans la réparation de ce lourd passé. L’Allemagne a reconnu officiellement avoir commis un génocide pendant son occupation de la Namibie à l’époque coloniale et accepté de verser une compensation financière.

Les colons allemands y ont tué des dizaines de milliers de Herero et de Nama lors de massacres au début du XXe siècle. Face à cette tragédie, Le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a reconnu que ces meurtres constituent un génocide. « À la lumière de la responsabilité historique et morale de l’Allemagne, nous demanderons pardon à la Namibie et aux descendants des victimes », avait-il déclaré.

Heshima  

Histoire

Tippo Tip : un potentat arabe en Afrique centrale

De son vrai nom, Hamad bin Muhammad bin Juma bin Rajab el Murjebi, Tippo Tip était originaire de l’île de Zanzibar, capitale du sultanat qui dominait la côte orientale d’Afrique. Il est un exemple de cette population africaine métissée résultant de près de deux millénaires d’activités commerciales, dans l’océan Indien, entre Africains de langues bantoues de la côte, qui échangeaient ivoire, épices et esclaves avec marins perses, indiens, arabes d’Arabie et d’Égypte.

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 Né vers 1835 à Zanzibar, Tippo Tip reçut très tard ce surnom qui signifierait « l’accumulateur de richesses », d’après le son « tiptip » des fusils qu’il utilisait durant ses expéditions punitives. Car Tippo Tip, qui apprit dès l’âge de 16 ans avec son père le métier de caravanier, ne tarda pas à se lancer à son tour, à 18 ans, avec une centaine d’hommes, pour ravager l’arrière-pays au-delà du lac Tanganyika, à la recherche d’esclaves et d’ivoire, échangé contre de la gomme copal et des perles.

Revenu à Zanzibar afin de s’approvisionner en fusils de traite, il retourna pour une douzaine  d’années sur le continent pour y élaborer une sorte d’empire commercial esclavagiste plus au sud, vers les chutes du Zambèze, fort loin dans l’intérieur. Non seulement organisait-il des caravanes destinées à approvisionner la côte en esclaves, mais il possédait des plantations entre les fleuves Zambèze et haut Congo (Lualaba) dont les esclaves travaillaient durement au son du gong. Elles produisaient canne à sucre, coprah ou vivres destinés à nourrir les caravanes.

L’exportation vers l’océan Indien fut accélérée à partir de 1869 par le percement du canal de Suez. Tippo Tip bénéficia  de cet essor tardif de la traite orientale. Interdite en principe dans l’océan Indien par le sultan de Zanzibar sous pression britannique depuis 1874, elle restait tolérée à l’intérieur de son État (où se multiplièrent les plantations côtières) et, bien entendu, dans l’arrière-pays, resté hors de portée de tout contrôle. 

Du côté occidental, expéditions géographiques, politiques, missionnaires et scientifiques se développaient à leur tour. Toutes visaient les «  grands lacs  », le Tanganyika, le Victoria, le Nyassa, mais elles les dépassèrent rapidement, couvrant le cours supérieur des fleuves Congo, Nil et Zambèze où débutaient les conquêtes coloniales. Or Tippo Tip était devenu une puissance crainte et respectée dans ces zones peu contrôlées et dominées par des chefferies disséminées. Il avait pour modèles d’autres chefs de guerre africains avec lesquels il faisait affaire, comme le Nyamwezi Mirambo, lui aussi ancien chef caravanier devenu despote local (1857–1884) : depuis sa capitale, Tabora, située à mi-chemin, celui-ci contrôlait la route des caravanes entre le port de Bagamoyo et la ville d’Ujiji, sur le lac Tanganyika. Plus au nord, dans la cuvette tchadienne, Rabah, grand chef de guerre esclavagiste, établissait dans le dernier tiers du siècle son empire à partir du Bahr el-Ghazal jusqu’au Bornou, à l’ouest du lac Tchad, où il fit construire sa capitale.

Mais Tippo Tip était un homme d’affaires plus qu’un conquérant. Tant que les Européens n’intervinrent guère, il se conduisit grâce à leurs armes en condottiere guerroyant contre les chefs locaux pour s’emparer de leur ivoire et de leurs hommes transformés en esclaves. Il écrit dans ses Mémoires avoir armé jusqu’à 500 hommes, contre des adversaires qui ne disposaient souvent que d’arcs et de flèches ; il se constitua un empire de l’intérieur autour de Nyangwe sur la Lualaba (haut fleuve Congo) pour approvisionner son commerce avec la côte. Un journaliste français, qui le rencontra aux chutes du Zambèze (Stanley Falls) en février 1889, le présente comme «  maître du centre africain, sultan, banquier, marchand, traitant, chasseur d’ivoire et acheteur d’hommes  ». 

Tippo Tip était brutal comme les autres chefs de guerre. Mais il avait compris que la disproportion des forces en présence exigeait de négocier avec les puissants. C’est ce qu’il avait fait dès le début avec le sultan de Zanzibar et aussi avec Mirambo à Tabora. Quand le vent commença à tourner, il eut vite fait de prendre contact avec les explorateurs : dès 1876, il accompagna un moment Stanley dans sa descente du fleuve ; puis il négocia avec les envoyés des pouvoirs européens, tout en assurant le sultan de Zanzibar – lui-même aux prises avec les Occidentaux – de sa loyauté. En 1878, Stanley signa avec lui un accord qui le nommait «  gouverneur de Kisangani  » autour des Stanley Falls pour le roi des Belges. Mais les objectifs des partenaires étaient opposés : Stanley voulait l’utiliser dans sa conquête, et Tippo Tip voyait en lui son principal client en ivoire. Entre 1884 et 1887, comprenant qu’il faisait fausse route, il revendiqua sa souveraineté sur le Congo oriental au nom du sultan de Zanzibar.

Néanmoins, l’avancée occidentale rendait le trafic des esclaves de moins en moins sûr et sa souveraineté fragile. L’État indépendant du Congo (reconnu en 1885) du roi des Belges, Léopold II occupe son territoire en 1894. Tippo Tip liquida ses affaires et se replia sur Zanzibar, où il se convertit, grâce à sa fortune, à l’exportation des matières premières agricoles réclamées par l’industrie européenne. En 1895, il y possédait sept plantations de clous de girofle où travaillaient 10 000 esclaves. Il mourut sans doute du paludisme en juin 1905, dans sa belle demeure de Zanzibar, et sa notoriété internationale lui valut une notice nécrologique dans le Times. 

Raymond Okeseleke

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Histoire

40 ans de l’UDPS: une lutte enfin couronnée

15 février 1982–15 février 2022, cela fait 40 ans, jour pour jour, depuis la création de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Cette formation politique qui a tenu tête à plusieurs régimes politiques, notamment celui du maréchal Mobutu, a fini par accéder au pouvoir depuis 3 ans. Une lutte qui a enfin abouti !

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A Kinshasa ou ailleurs, il n’y aura pas de grandes célébrations, ce 15 février 2022. C’est ce qu’a écrit le secrétaire général de ce parti, Augustin Kabuya, à toutes les fédérations du pays et de l’extérieur pour préciser ce qui est attendu d’elles à ce propos. « Tenant compte de la situation politique du moment, toutes les Fédérations de l’intérieur du pays et de l’extérieur organiseront des messes ou cultes d’actions de grâce en guise de la célébration de cette grande journée du 15 février 2022 », a précisé le secrétaire général de ce parti. Une lettre qui fait visiblement allusion au contexte politique assez particulier marqué notamment par la destitution et la révocation du président intérimaire du parti, Jean-Marc Kabund.   

Création de l’UDPS

Avec douze de ses camarades parlementaires, Etienne Tshisekedi crée, le 15 février 1982, l’UDPS alors que le Zaïre est sous le régime du monopartisme. Les 13 Parlementaires étaient : Ngalula Pandajila, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Makanda Mpinga Shambuyi, Kapita Shabani, Kyungu wa Kumwanza, Lumbu Maloba, Kanana Tshiongo, Lusanga Ngele, Kasala Kalamba, Biringanine Mugaruka, Dia Onken Ambel, Ngoyi Mukendi et Mbombo Lona.

Ce mardi 15 février 2022, l’occasion sera donnée pour se remémorer la douloureuse lutte politique menée par cette formation politique avec à sa tête Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire. Au terme d’élections libres et démocratiques du 30 décembre 2018, l’UDPS est au pouvoir depuis le 24 janvier 2019. Hier, parti d’opposition historique, cette formation politique est arrivée afin aux affaires depuis 3 ans.      

Légendaire parti d’opposition, appréciée par l’opinion congolaise pour sa résistance pacifique face à la dictature, l’UDPS a traversé des époques et des générations, sous le leadership de feu Étienne Tshisekedi, un des principaux fondateurs du parti. Symbole des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit, ce parti a mené une lutte acharnée au sein d’une opposition radicale. Cela, pour pousser les dirigeants en place, depuis le régime de Mobutu jusqu’à son accession au pouvoir, à bien assurer la gestion de la chose publique. Au cours des quarante dernières années, l’UDPS, fidèle à son engagement initial, « le peuple d’abord », prône une politique consacrée aux Congolais

La lettre des 13 parlementaires

1er  novembre 1980, les treize Parlementaires décident d’écrire une lettre ouverte adressée au Président Mobutu. Cette lettre fut, depuis l’arrivée de Mobutu au pouvoir en 1965, la toute première contestation non-violente (sous forme d’une analyse critique, rigoureuse et globale de l’ensemble du système politique de Mobutu), mais aussi une toute première remise en question de son régime.

Pour les 13 parlementaires, il était grand temps que le pays s’oriente vers un État de droit souverain, démocratique, pluraliste, moderne et prospère. C’est ainsi que la lettre se terminait par 10 propositions qui invitaient le Président Mobutu à démocratiser le système politique, conformément aux aspirations profondes et légitimes de la population.

Lorsque le Président Mobutu prend connaissance de la lettre, il se livre à la répression, envoyant certains des 13 parlementaires dans leurs villages d’origine. Ils vont subir emprisonnements, traitements cruels, inhumains et dégradants, tortures, bannissements et déchéance de leurs droits civils, politiques et sociaux.

En 1982, bénéficiant de la grâce présidentielle, les 13 parlementaires se réunirent et décidèrent de créer leur propre formation politique qui devenait ainsi le premier parti politique  d’opposition au Zaïre. A partir de ce jour-là, plusieurs Zaïrois commencèrent à quitter le Parti-Etat (Mouvement populaire de la Révolution – MPR) et ont rejoint les 13 Parlementaires dans la lutte « clandestine » contre le régime de Mobutu.

Conquête du pouvoir

Le 24 avril 1990, le président Mobutu décrète le multipartisme. L’UDPS en revendique la victoire et commence effectivement la lutte pour la conquête du pouvoir.

Entre 1990 et 1997, Etienne Tshisekedi sera nommé Premier ministre du Zaïre à quatre reprises. Il n’a pu diriger au-delà de trois mois à cause des conflits récurrents avec le pourvoir du Maréchal Mobutu.

En 2006, il appelle ses partisans au boycott des premières élections démocratiques au suffrage universel. En 2011, le premier congrès de l’UDPS le désigne comme candidat de ce parti à la présidentielle prévue cette même année. Cette fois-ci, Etienne Tshisekedi promet de participer aux élections quelles que soient les conditions d’organisation de ce scrutin.       

Le plus important parti d’opposition d’avant les élections de 2011, l’UDPS a remporté 41 sièges sur les 500 à l’Assemblée nationale. Le parti fait ensuite partie de la plateforme d’opposition « Rassemblement des forces politiques et sociales de la RDC acquises au changement [aussi connu simplement comme « Rassemblement » ou « Rassop »]). Cette plateforme d’opposition a été créée le 10 juin 2016. Et vers la fin du régime de Joseph Kabila, ce Rassemblement conduit par Etienne Tshisekedi va refuser de prendre part au dialogue conduit par l’ancien Premier ministre togolais, feu Edem Kodjo. Au mois de décembre de la même année, le Rassemblement participe à un dialogue conduit par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO, en sigle) qui débouchera sur la signature de l’Accord dit de la Saint Sylvestre.   

Mais le 1er février 2017, coup de tonnerre ! Etienne Tshisekedi décède à Bruxelles. Le parti perd sa figure de proue. Et en 2018, son fils politique et biologique, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, désigné président du parti à l’issue d’un congrès, va prendre le pouvoir au terme de la présidentielle du 30 décembre 2018.  

L’UDPS gardera fidèlement l’héritage politique du Sphinx sous forme d’un slogan : « Le Peuple d’abord ». Une politique qui renvoie à privilégier d’abord l’intérêt supérieur du peuple. Ce slogan a été rappelé à Félix Tshisekedi lors de son investiture le 24 janvier 2019. 

Ayant pris les rênes du pays avec Félix Tshisekedi, le parti a survécu après ses pères fondateurs. Malgré le nouveau vent qui souffle avec le dossier Jean-Marc Kabund, un des héritiers politiques du Sphinx, ce parti saura bien plus qu’hier, s’en sortir. Mais après cette lutte couronnée, le parti va devoir prouver aux Congolais qu’ils n’avaient pas tort de croire en son combat. Donner la vie meilleure aux Congolais, voilà le plus grand défi de l’UDPS comme parti au pouvoir aujourd’hui.    

Heshima

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Histoire

Guerre des six jours, 21 ans déjà ! Théâtre d’affrontements meurtriers entre Rwandais et Ougandais à Kisangani

Il y a vingt et un ans, en juin 2000, la ville de Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, était le théâtre d’affrontements meurtriers entre les armées rwandaise et ougandaise, qui ont fait des centaines de morts pour le contrôle des richesses minières de cette région. Ces deux armées d’occupation avaient envahi l’est de la RDC durant la deuxième guerre du Congo (1998-2003) avec l’appui de mouvements rebelles locaux. Elles se sont violemment battues pour le contrôle de Kisangani et des ressources naturelles (l’or et les diamants) des environs.

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Du 5 au 10 juin 2000, l’APR (Armée pat r i o t i q u e rwandaise) et l’UPDF (Uganda People’s Defence Force) se sont affrontées à Kisangani. Les deux camps se sont livrés à des attaques indiscriminées à l’arme lourde, tuant entre 244 et 760 civils selon certaines sources, en blessant plus de 1.000 et provoquant le déplacement de milliers de personnes. Le rapport Mapping publié en 2010 par l’ONU et recensant les nombreuses violations des droits de l’homme commises entre 1993 et 2003 en RDC et restés impunis a fait état de la situation.

Les deux armées (rwandaise et ougandaise) ont également détruit plus de 400 résidences privées et gravement endommagé des biens publics et commerciaux, des lieux de culte, dont la cathédrale catholique Notre-Dame, des établissements consacrés à l’éducation et des établissements sanitaires, dont des hôpitaux, ajoute ce rapport onusien quelque peu tombé dans l’oubli à propos de cette guerre des six jours.

Une ONG congolaise de défense des droits de l’homme, le groupe Justice et Libération, estime pour sa part que ces combats à l’arme lourde – le chiffre de plus de 6.600 obus tirés sur la ville est souvent cité – causèrent environ un millier de morts et au moins 3.000 blessés, dont une majorité de civils.

Pourtant censées être alliées contre le président Laurent-Désiré Kabila, les  forces de Kigali et de Kampala s’étaient battues pour le contrôle de Kisangani (l’ex-Stanley ville durant la colonisation belge), ville stratégique du nord-est de la RDC et chef-lieu à l’époque de la Province orientale (aujourd’hui de la Tshopo).Après six jours de combats, l’APR avait chassé les troupes ougandaises de la troisième ville de la RDC, située à plusieurs centaines de kilomètres de leurs frontières respectives. Kisangani avait déjà subi des affrontements entre les deux armées en août 1999 et le 5 mai 2000.


Mais les affrontements de juin 2000 furent les plus meurtriers. Vingt et un ans plus tard, le gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, a invité les autorités de la RDC à soutenir l’édification de mémoriaux sur les fosses communes de nos sœurs et de nos frères frappés par la barbarie humaine. Après des décennies de déni, le temps est venu de mettre en place des mécanismes d’établissement de la vérité et de la justice pour une réconciliation, une paix réelle et durable. Le Dr Mukwege a une nouvelle fois plaidé pour l’établissement d’un tribunal international pénal pour la RDC et/ou de chambres spécialisées mixtes et la mise en place des réformes profondes des secteurs de la sécurité et de la justice.

Nous exhortons les autorités congolaises à poursuivre les négociations avec l’Ouganda pour trouver les modalités de mise en œuvre de l’arrêt rendu en 2005 par la Cour internationale de Justice condamnant l’Etat ougandais à réparer le préjudice causé sur le territoire congolais et à entamer un dialogue sincère avec le Rwanda en vue de renforcer la coopération judiciaire pour faciliter l’administration de la justice pour les crimes à dimension régionale.

 Raymond Befonda

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