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RDC : le dilemme du Présidium de l’Union sacrée face au projet de changement de la constitution
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La redaction
Le projet de changement constitutionnel initié par Félix Tshisekedi place les membres du présidium de l’Union sacrée face à un dilemme politique crucial. Les prises de position ou le silence de figures clés comme Augustin Kabuya, Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe, Sama Lukonde, Bahati Lukwebo et Christophe Mboso révèlent les tensions internes et les stratégies variées qui façonnent cette coalition, chacune poursuivant ses propres ambitions politiques.
Augustin Kabuya : le chantre du changement constitutionnel
Augustin Kabuya, Secrétaire général de l’UDPS et membre influent du présidium de l’Union sacrée, est l’un des plus fervents partisans du projet de changement de la Constitution porté par Félix Tshisekedi. En tant que défenseur principal de cette initiative, il a rapidement pris une position centrale, lançant des actions concrètes pour mobiliser l’opinion publique en faveur d’une réforme majeure de la Constitution.
Kabuya soutient que cette modification, loin d’être un simple changement formel, offrirait des perspectives de stabilité politique et renforcerait la gouvernance en RDC. Il a qualifié l’actuelle Constitution de « malédiction », précisant à tort qu’elle évoque la possibilité de céder une partie du territoire national à des Etats voisins pour favoriser l’unité africaine, un aspect qu’il défend particulièrement.
À travers des interventions médiatiques et des déplacements à travers le pays, il répond aux critiques de l’opposition et de certaines factions internes de l’Union sacrée, les accusant de freiner le progrès national par des intérêts partisans. Son rôle de « porte-voix » de Félix Tshisekedi lui confère une visibilité accrue, consolidant son statut de défenseur du changement constitutionnel.
Ce soutien pourrait permettre à Kabuya de renforcer sa position politique, avec l’espoir d’obtenir des responsabilités ministérielles et de consolider sa base au sein de l’UDPS. Cependant, son engagement comporte des risques. Il s’expose à des critiques internes et externes, notamment de l’opposition qui voit ce projet de changement de constitution comme une tentative de prolonger le pouvoir de Tshisekedi. Des dissensions internes à l’Union sacrée pourraient aussi fragiliser sa position et celle du camp présidentiel.
Ainsi, bien que Kabuya ait tout à gagner en soutenant la réforme, il court également le risque de s’isoler politiquement, surtout si la réforme échoue ou si des divisions irréparables apparaissent au sein du gouvernement. La réussite de ce projet pourrait décider de son avenir politique, tandis que son échec pourrait entacher sa crédibilité et sceller son destin politique.
Jean-Pierre Bemba : entre prudence et ambitions politiques
Vice-premier ministre en charge des Transports, voies de communication et désenclavement, Jean-Pierre Bemba est une figure majeure de la politique congolaise. Ancien chef de guerre, ancien Vice-président de la République et ex-candidat à la présidence, Bemba reste un acteur clé, avec une forte base électorale dans l’ouest du pays.
Face au projet de modification constitutionnelle, Bemba adopte une posture prudente. S’il soutenait ouvertement une telle initiative, il risquerait d’aliéner une partie de son électorat, sensible aux questions de respect des principes démocratiques. Toutefois, son ambition personnelle de revenir sur le devant de la scène politique pourrait le pousser à négocier des garanties bien plus importantes avec Tshisekedi en échange de son soutien.
Bemba pourrait utiliser son influence pour réclamer des concessions, telles qu’un renforcement de son portefeuille ministériel ou des garanties sur son rôle futur dans le dispositif gouvernemental. En cas de refus ou de marginalisation, il pourrait également se rapprocher des opposants au projet, renforçant ainsi son image d’homme politique indépendant et défenseur de la démocratie.
Vital Kamerhe : entre loyauté et revanche
Vital Kamerhe, président actuel de l’Assemblée nationale, est aussi une figure clé de l’Union sacrée de la nation et un acteur incontournable de la politique congolaise. Son parcours politique au sein du régime actuel est marqué par une alliance stratégique avec Félix Tshisekedi, scellée par l’accord de Nairobi en 2018. Cet accord prévoyait non seulement une collaboration électorale, mais également une alternance concertée des ambitions présidentielles.
Cependant, cet accord a rapidement été mis à mal. Après la victoire de Tshisekedi en 2018, Kamerhe, qui s’attendait à être nommé Premier ministre, s’est vu attribuer le poste de directeur de cabinet, limitant ainsi son influence et contrarié dans ses aspirations. La situation s’est aggravée avec son arrestation et sa condamnation pour détournement de fonds dans l’ « affaire des 100 jours ». Condamné à 20 ans de prison en première instance, une peine réduite à 13 ans en appel, il a passé un an et demi en prison avant d’être acquitté par la Cour de Cassation. Ce passage en détention a terni durablement son image publique, une humiliation que certains estiment qu’il n’a jamais complètement pardonnée à son allié Tshisekedi. Des slogans hostiles tels que « Kamerhe moyibi » (« Kamerhe voleur ») résonnaient encore dans des vidéos virales même durant la campagne de 2023, illustrant les stigmates persistants de cette épreuve. Peut-être nourrit-il un esprit de vengeance qu’il a enfoui et qu’il pourrait ressortir au moment opportun.
Après son acquittement, Kamerhe a entrepris de reconstruire sa carrière politique. Il occupa brièvement le poste de Vice-premier ministre de l’Économie avant de s’imposer, en 2023, comme président de l’Assemblée nationale. Mais ce succès a été précédé d’une compétition interne ardue. Pour être désigné candidat officiel de l’Union sacrée à ce poste, il a été contraint de participer à des primaires internes face à deux poids lourds : Christophe Mboso, président sortant, et Bahati Lukwebo, ancien président du Sénat. Cette exigence, imposée par la coalition, a été perçue par certains comme un moyen de freiner son ascension.
Kamerhe a dû mobiliser toutes ses ressources stratégiques pour sortir vainqueur de cette épreuve. Cette étape a probablement laissé des traces. A-t-il bien digéré le fait qu’on lui ait imposé de passer par des primaires, alors qu’il est l’un des piliers de l’Union sacrée ? Certains analystes y voient une volonté de Tshisekedi de limiter l’influence de son ancien allié, voire une preuve manifeste d’un manque de confiance. Cette situation nourrit des interrogations sur la sincérité de leurs relations et pourrait influencer le choix de Kamerhe face au projet de changement constitutionnel.
En contrepartie de son soutien, Kamerhe accepterait-il une nouvelle promesse de Tshisekedi, comme un poste de Premier ministre ? Mais une telle promesse serait-elle crédible, alors que l’accord de Nairobi, qui devait déjà le hisser à cette position, a été bafoué ?
Le projet de modification de la Constitution, qui ouvrirait la voie à un possible troisième mandat pour Tshisekedi, place Kamerhe dans une position délicate. En tant que Président de l’Assemblée nationale, institution centrale dans ce processus, il occupe un poste clé. S’il décide de soutenir cette initiative, ce serait en échange de garanties solides. Cependant, une telle posture risque de l’exposer à des critiques, notamment de ses partisans qui pourraient voir en lui un acteur trop conciliant et incapable de défendre ses ambitions. À l’inverse, s’il s’y oppose, Kamerhe pourrait renforcer sa crédibilité en tant qu’alternative politique, mais il risquerait également de s’isoler au sein de l’Union sacrée, et de perdre le perchoir de l’Assemblée nationale.
Les frustrations accumulées, qu’il s’agisse de l’humiliation publique liée à son procès aussi populaire qu’un match de foot, du non-respect de l’accord de Nairobi, ou de l’obligation de passer par des primaires pour décrocher un poste qui semblait lui être promis, constituent autant de raisons qui pourraient le pousser à adopter une posture plus indépendante vis-à-vis de Tshisekedi. Kamerhe, en fin stratège, devra peser chaque choix avec soin, car il sait que ces décisions détermineront non seulement son avenir politique, mais aussi les dynamiques de pouvoir au sein de l’Union sacrée.
Sama Lukonde : allié stratégique ou acteur ambigu
Président du Sénat, Sama Lukonde se retrouve dans un poste stratégique à un moment où le débat sur le changement constitutionnel prend de l’ampleur. Souvent perçu comme un technocrate discret plutôt qu’un politicien ambitieux, son parcours récent démontre pourtant une capacité à manœuvrer habilement dans des contextes complexes. Sa présence au sein du présidium de l’Union sacrée de la nation est liée au poste de Premier ministre qu’il occupait lors de la création de cette coalition. Mais son ascension à la tête du Sénat n’a pas été un long fleuve tranquille.
La désignation de Sama Lukonde pour briguer la présidence du Sénat a suscité de vives contestations, même au sein de l’UDPS. Certains élus, notamment ceux du Grand Katanga issus de l’UDPS, auraient préféré un autre candidat de leur parti. Face à ces résistances, Sama Lukonde n’est pas resté passif. Il a su mobiliser des soutiens influents au sein de l’Union sacrée. Des personnalités de poids, comme Danny Banza, se sont impliquées activement pour défendre sa candidature, utilisant parfois des discours au ton ferme afin de garantir sa désignation. Cela a été interprété par certains comme des mises en garde et chantages indirectes à l’attention du Président de la République.
Ces interventions, combinées à un lobbying visiblement efficace, ont permis à Lukonde de surmonter les oppositions internes et de s’imposer comme président du Sénat.
Sama Lukonde pourrait jouer un rôle clé dans le projet de changement constitutionnel. En soutenant cette initiative, il consoliderait sa position auprès de Tshisekedi et renforcerait son influence au sein de l’Union sacrée, tout en se solidifiant dans son fief du Grand Katanga, où il reste respecté mais contesté.
Cependant, un alignement trop marqué sur Tshisekedi pourrait affaiblir son indépendance politique, notamment dans une région où le président ne fait pas l’unanimité. Cette proximité pourrait aussi être exploitée par ses adversaires pour remettre en question sa légitimité locale.
Sama Lukonde devra donc trouver un équilibre entre fidélité au pouvoir et maintien de ses appuis régionaux. Son habileté politique, déjà démontrée, sera mise à l’épreuve dans cette phase délicate.
Bahati Lukwebo : nouvelle opportunité ?
Bahati Lukwebo, leader de l’AFDC-A (Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés) et deuxième Vice-président du Sénat, demeure une figure complexe dans la politique congolaise. Sa position au sein du présidium de l’Union sacrée de la nation est marquée par des alliances stratégiques, mais aussi par des tensions internes, particulièrement liées à la répartition des rôles au sein du gouvernement. Après la réélection de Félix Tshisekedi, il a déclaré que son regroupement AFDC-A est marginalisé, n’obtenant que peu de ministères, sans accès aux portefeuilles clés, ce qui a alimenté un sentiment de frustration au sein de son regroupement.
Bahati a exprimé son mécontentement concernant la gestion de la coalition, soulignant que les sacrifices de l’AFDC-A lors des élections de 2023 n’avaient pas été reconnus. Il a dénoncé ce qu’il appelle « l’acharnement politique » et a réclamé une place plus importante pour son regroupement dans les institutions du pays. Ce sentiment de marginalisation a renforcé les tensions au sein de l’Union sacrée.
Le soutien à cette révision pourrait lui permettre de renforcer ses relations avec le pouvoir en place, mais cela comporte également des risques. En s’alignant sur ce projet, Modeste Bahati pourrait espérer obtenir des garanties concernant des postes clés, compensant ainsi les marges réduites de son groupe. Ce serait peut-être pour lui l’occasion de revenir finalement en force, lui qui dirigeait encore récemment le Sénat, occupe aujourd’hui la place de troisième personnalité au sein de la même institution.
Cependant, cette position pourrait également fragiliser son image auprès de ses partisans et des autres factions de l’Union sacrée qui s’opposent au changement de la Constitution. Le soutien à ce projet pourrait être vu comme une trahison des principes démocratiques, compromettant ainsi ses aspirations à long terme.
Ainsi, Bahati Lukwebo se trouve dans une position délicate, où il devra naviguer entre ses intérêts personnels, les attentes de ses partisans et ses alliances stratégiques. Le soutien ou non au changement de la Constitution sera déterminant pour son avenir politique. Mais le natif de Kabare a annoncé ses couleurs en marge des états généraux de la Justice. Pour lui, la RDC n’a pas un problème de textes mais plutôt des hommes.
Christophe Mboso : entre adaptation politique et opportunisme
Christophe Mboso, actuel deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, s’est hissé au sommet du régime Tshisekedi grâce à une succession d’opportunités politiques plutôt qu’à un réel poids électoral ou une ambition personnelle marquée. Sa trajectoire politique au sein du pouvoir de Tshisekedi, marquée par des retournements de situation, illustre sa capacité à s’adapter aux évolutions du paysage politique congolais.
Lors des tensions politiques entre le CACH (Cap pour le Changement) et le FCC (Front Commun pour le Congo) qui ont débouché sur la rupture entre les deux alliances, Mboso, alors simple député national de la troisième législature, était un soutien affiché de Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale pour le compte du FCC de Joseph Kabila. Pendant cette période, il s’opposait fermement aux velléités des députés pro-Tshisekedi de destituer Mabunda. On se souvient de son apparition publique, brandissant une feuille où l’on pouvait lire « Ne touche pas à Mabunda, ne touche pas à mon bureau ». Ironiquement, la chute de Mabunda deviendra le tremplin qui le propulsera sur le devant de la scène.
Après la destitution du ureau Mabunda, Christophe Mboso fut désigné président du bureau provisoire en raison de son statut de doyen d’âge parmi les députés. Cette position transitoire lui a permis de superviser l’élection du bureau définitif, dans laquelle il se porta candidat et fut soutenu par l’UDPS, le parti présidentiel. Il fut élu président de l’Assemblée nationale, un poste qu’il occupa jusqu’aux élections générales de 2023.
Ces élections marqueront un nouveau tournant. Désigné une fois de plus président du bureau provisoire grâce à son âge, il organisa les élections du bureau définitif, où il se porta à nouveau candidat à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette fois, il affronta deux poids lourds de l’Union sacrée, Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo, dans une élection primaire interne. Christophe Mboso perdit face à Kamerhe, plébiscité candidat président de l’Assemblée nationale. Refusant de se laisser éclipser, Mboso manœuvra pour conserver une place au bureau, acceptant le poste de deuxième vice-président, une position bien inférieure à celle de speaker qu’il occupait précédemment.
Son inclusion dans le présidium de l’Union sacrée de la nation s’explique davantage par sa fonction de président de l’Assemblée nationale au moment de sa création que par un véritable poids politique ou une base électorale. Mboso, loin de nourrir des ambitions présidentielles, semble surtout motivé par le désir de maintenir une position confortable dans le régime en place.
Face au projet de changement de la Constitution, Mboso a, jusqu’à présent, gardé un silence prudent. Cependant, son historique capacité d’adaptation et de fidélité au pouvoir laisse peu de doute sur son positionnement futur. Il est fort probable qu’il soutiendra sans réserve ce projet de changement de constitution, dès lors qu’il y trouvera une garantie de maintien dans l’appareil étatique. Mboso incarne un pragmatisme politique poussé à l’extrême, prêt à s’aligner sur toute initiative qui lui assure une place au soleil dans la configuration du pouvoir.
Une alliance sous tensions croissantes
L’attitude des membres du présidium face au projet de modification constitutionnelle met en lumière les tensions internes de l’Union sacrée. Bien qu’ils partagent une alliance de circonstance, leurs ambitions personnelles et leurs calculs politiques risquent de fracturer cette plateforme à mesure que le débat avance.
Le président Félix Tshisekedi devra déployer une stratégie habile pour rallier ces figures influentes sans accentuer les divisions. Ce projet controversé pourrait soit consolider le pouvoir actuel, soit révéler des fissures profondes qui fragiliseront l’Union sacrée à l’approche des élections de 2028.
Heshima
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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation
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1 semaine agoon
juillet 7, 2026By
La redaction
Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.
Le retour d’un géant endormi
Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.
Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.
Un Mondial qui change tout
Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).
Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.
Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.
Les enseignements d’une expérience unique
Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.
Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.
Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?
L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.
Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».
Le défi de la régularité
Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.
Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.
Heshima Magazine
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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
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1 semaine agoon
juillet 6, 2026By
La redactionUne délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.
Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.
Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.
Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?
Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.
Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.
Les prémices d’un dialogue inclusif ?
Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.
Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Heshima Magazine
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ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC
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2 semaines agoon
juin 29, 2026By
La redaction
Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.
Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.
De la rébellion au terrorisme…
Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.
Opérations conjointes « Shujaa »
Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.
Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.
L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.
Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.
Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026
Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.
L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.
Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.
Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.
Heshima Magazine
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