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Conflit RDC-Rwanda : Dialogue amorcé, mais les combats continuent

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Une semaine après avoir rencontré le président congolais Félix Tshisekedi, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) ont rencontré, jeudi 13 février à Kigali, le président rwandais, Paul Kagame. Malgré le début de ces contacts, les bruits de bottes continuent dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Et ce, en dépit du cessez-le-feu décidé par les chefs d’État de l’EAC-SADC, le 8 février, à Dar es Salaam, en Tanzanie. Après l’occupation de l’aéroport de Kavumu par des rebelles, ce 14 février, le chef de l’État décide d’écourter son voyage en Allemagne pour rentrer au pays.

L’armée rwandaise, en appui aux rebelles du M23, poursuit son expansion territoriale dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Des combats sont engagés à la fois au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, se rapprochant notamment de la ville de Bukavu. Malgré les condamnations de l’agression rwandaise, Kigali n’a pas renoncé à son intention belliciste. Paul Kagame a récemment fait savoir qu’entre les sanctions occidentales et faire face à une menace existentielle, son pays choisirait le second. Ce qui démontre clairement que Kigali est loin de procéder à une désescalade dans le conflit qui l’oppose à la RDC à travers les rebelles du M23/AFC.

Les parlementaires européens, réunis le 13 février à Strasbourg, ont demandé, à la quasi-unanimité, la suspension « immédiate » d’un accord signé en février 2024 avec le Rwanda. Il s’agit d’un mémorandum d’entente conclu entre l’Union européenne et le pays des « mille collines » sur les chaînes de valeur des matières premières durables, signé le 19 février 2024. Cette résolution a été adoptée avec 443 voix pour, 4 contre et 48 abstentions. L’accord incriminé constituait un point de divergence majeur entre Kinshasa et l’institution européenne. Kinshasa accuse l’Union européenne d’encourager « le pillage des ressources naturelles congolaises par le Rwanda ». Un eurodéputé du groupe des Verts et président de la commission des droits humains du parlement européen, Mounir Satouri, a avoué que ce partenariat stratégique avec le Rwanda sur les filières durables de matières premières était « indéfendable dès le départ ».

CENCO-ECC chez Kagame

Après avoir rencontré certains opposants à Kinshasa, notamment Martin Fayulu et Delly Sesanga, puis le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo et Mouvement du 23 mars (AFC-M23), Corneille Nangaa, à Goma, la CENCO et l’ECC tentent d’arrimer Paul Kagame au pacifisme. Selon l’ECC, cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’initiative du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». D’après Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, les prélats ont apporté au président du Rwanda le message allant dans le sens de la recherche de la paix durable en RDC et dans la sous-région. Ces évêques n’ont pas encore révélé ce qu’a été la réaction de Paul Kagame à cette proposition d’un pacte social pour la paix dans les Grands Lacs. La CENCO-ECC compte rencontrer tous les acteurs susceptibles de contribuer à la paix dans cette sous-région.

Kabila et Katumbi, prochaines étapes des évêques

Les prélats de la CENCO et les pasteurs de l’ECC vont également se rendre en Belgique pour rencontrer Moïse Katumbi. Il est aussi prévu de rencontrer, dans leur agenda, l’ancien président de la République, Joseph Kabila ou son représentant. Joseph Kabila retrouve la scène politique depuis sa rencontre avec Moïse Katumbi à Addis-Abeba. Soupçonné d’être derrière la rébellion menée par Corneille Nangaa, l’ancien chef de l’État pourrait jouer un rôle clé dans le dénouement de l’actuelle crise sécuritaire.

L’Angola quitte la médiation

Au milieu des vagues de violences qui se poursuivent dans l’Est de la RDC, le président angolais, João Lourenço, médiateur désigné par l’Union africaine, quitte le navire de la médiation dans ce conflit. « Il est temps pour moi de passer le témoin à un autre chef d’État concernant la médiation entre Kinshasa et Kigali », a affirmé Lourenço dans une récente interview accordée à Jeune Afrique. Luanda, qui va prendre la présidence tournante de l’Union africaine, ne saurait plus exercer le rôle de médiateur. Addis-Abeba devrait choisir un nouveau médiateur pour ce conflit. Dans la foulée, João Lourenço a plaidé en faveur d’un dialogue, y compris avec le M23. « Les autorités congolaises ont conscience de la nécessité de parler à toutes les parties, y compris au M23. Et nous avons plaidé en ce sens auprès du président Félix Tshisekedi en rappelant notre propre exemple », a-t-il déclaré, soulignant que l’Angola a dû dialoguer même avec la rébellion de l’Unita, le moment venu.

L’UDPS s’oppose à un dialogue avec le M23

La démarche des prélats catholiques et protestants ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique et d’une partie de la société civile. L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti présidentiel, a fait part, le 11 février, de son opposition à une initiative de dialogue qui intégrerait les rebelles de l’AFC-M23. Dans une déclaration politique signée par son secrétaire général, Augustin Kabuya, ce parti a exprimé sa désapprobation à l’initiative d’un dialogue social que prônent les évêques de la CENCO et de l’ECC. Tout en privilégiant la cohésion nationale interne, l’UDPS rejette en bloc « toute démarche visant à organiser des négociations politiques en dehors des processus de Luanda et de Nairobi ». Ce parti dénonce une initiative « narquoise » de certains acteurs religieux dont les diverses prises de position « n’ont jamais caché leur antipathie envers les institutions de la République ».

De son côté, le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, plateforme du pouvoir, a abondé dans le même sens. André Mbata soupçonne les prélats catholiques et protestants d’avoir déjà pris des contacts sans attendre un quelconque mandat du président de la République. « Le fameux ‘‘Pacte social’’ proposé par certains est une initiative individuelle de ceux qui avaient déjà pris d’autres contacts ailleurs et qui n’ont pas voulu attendre la position finale du garant de la Nation. Par conséquent, ce projet n’engage ni l’Union sacrée ni sa haute autorité politique », a fait savoir André Mbata.

L’ODEP refuse un dialogue avec le Rwanda

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a rejeté tout dialogue avec les agresseurs, notamment le président rwandais, Paul Kagame. Cette structure de la société civile n’a pas mâché ses mots face aux prélats catholiques et protestants. Dans un communiqué de presse signé par son président du Conseil d’administration, Florimond Muteba, cette plateforme a accusé la CENCO-ECC de jouer le jeu de l’ennemi, qualifiant le cardinal Fridolin Ambongo de « Maréchal Pétain congolais ».

Pour sa part, Germain Kambinga, président du parti politique Le Centre, pense qu’au lieu d’un dialogue, il faut plutôt organiser le système de défense du pays. S’adressant à l’Église catholique et protestante, cet ancien ministre de l’Industrie affirme que le dialogue est pour l’instant inacceptable, craignant un retour de 30 ans en arrière. Ce politicien indique que cela constituerait même une violation de la Constitution. Ces premiers couacs risqueraient d’entamer la crédibilité de la démarche de ces prélats.

Mais la CENCO-ECC essaie de calmer les esprits, indiquant que son initiative a été saluée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi. « Quand j’entends un autre son de cloche, je crois que ça n’engage que ceux qui ont parlé, les réactions des forces vives que nous rencontrons nous rassurent », a réagi Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO. Pour lui, le président de la République a qualifié de « louable » cette démarche des évêques.

Kamerhe renvoie la balle au gouvernement

L’Assemblée nationale, qui a consacré une session extraordinaire sur la crise sécuritaire en RDC, a laissé la question des négociations menées par la CENCO-ECC au gouvernement et au chef de l’État. Face aux députés, le président de l’Assemblée nationale a appelé les élus à se départir de l’émotion face à cette crise. « Vous risquez de parler et de dire des choses que vous ne maîtrisez pas. Si vous voulez la paix, il faut chasser l’émotion », a affirmé Vital Kamerhe lors de la clôture de cette session, le 13 février. La chambre basse du Parlement a promis de mieux s’enquérir de la situation auprès du Gouvernement dans le cadre de la coopération interinstitutionnelle.

Tshisekedi dos au mur ?

Face à cette crise sécuritaire majeure, le chef de l’État congolais est-il dos au mur ? En séjour en Allemagne, Félix Tshisekedi a décidé d’écourter son séjour. Il ne participera plus au sommet de l’Union africaine prévu à Addis-Abeba, en Éthiopie, suite aux derniers développements de la crise sécuritaire au pays. Les rebelles de l’AFC-M23, appuyés par l’armée rwandaise, se sont emparés de l’aéroport stratégique de Kavumu, au Sud-Kivu. Un coup dur pour le gouvernement, car cette infrastructure aéroportuaire était la base militaire des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et un centre de commandement, notamment pour des drones chinois, CH-4A. Ce qui diminue drastiquement la marge de manœuvre de l’armée congolaise dans l’espace Kivu, anéantissant ainsi, pour l’instant, la possibilité de riposte à partir de cet aéroport. Plus les rebelles avancent, moins le chef de l’État a de choix que d’ouvrir des discussions avec les belligérants, en attendant une réorganisation de l’appareil sécuritaire. C’est la voie qui semble la plus plausible dans l’état actuel de la crise.

Heshima

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Bilan de Tshisekedi en 2025 : entre prouesse économique et défis sécuritaires

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À la fin de l’année 2025, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, peut dresser un bilan contrasté. Entre progrès symboliques et obstacles structurels, ses actions à la tête du pays suscitent à la fois des espoirs et des critiques. Retour sur une année marquée par des efforts de consolidation d’un État encore fragilisé par des crises sécuritaires persistantes.  

Sur le plan politique, 2025 a été pour Félix Tshisekedi une année marquée par des nombreux défis. Face aux parlementaires réunis en congrès, le chef de l’Etat congolais a livré son traditionnel discours sur l’état de la Nation, le 8 décembre dernier. Une allocution fleuve de près de 2h30 qui s’est déroulée dans une séquence diplomatique et sécuritaire dense, après la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington. Mais dans l’ensemble de l’année, son bilan est marqué par deux pôles : des avancées économiques d’une part et la dégradation sécuritaire de l’autre.    

Une situation sécuritaire préoccupante en 2025

Le 27 janvier 2025, Goma, la capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. L’offensive avait démarré depuis le 23 janvier. La chute de cette ville a marqué une escalade significative du conflit dans l’Est du pays. Symbole stratégique, politique et économique, la capitale du Nord-Kivu est devenue l’épicentre d’une onde de choc aux répercussions nationales et régionales. Cette prise de la ville la plus importante de l’Est du pays a entraîné une crise humanitaire et politique, avec des appels à l’aide internationale et des protestations en RDC. A Kinshasa, cette offensive éclair et brutale a provoqué des émeutes populaires contre certaines ambassades occidentales, notamment celles de la France et de la Belgique. L’ambassade du Rwanda dont le pays participe aux hostilités aux côtés des rebelles du M23 a été aussi attaquée.

A Goma, la ville traverse toujours une épreuve difficile près d’une année après son occupation. Ces combats avaient provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations, s’ajoutant à des camps déjà saturés autour de la ville. Des familles entières avaient fui sans ressources, cherchant refuge dans des écoles, des églises ou en prenant les routes menant vers le Sud-Kivu. Malgré le démantèlement par la force des camps des déplacés autour de la ville de Goma, certaines familles, en rentrant chez elles, ont trouvé des occupants inconnus dans leurs champs et parfois dans leurs maisons. Kinshasa a dénoncé une « implantation » des populations inconnues dans les zones contrôlées par le Rwanda via le M23 au détriment des autochtones.

De leur côté, les organisations humanitaires ont alerté sur des pénuries critiques de nourriture, d’eau potable et de médicaments, aggravées par l’insécurité et la fermeture de plusieurs axes d’approvisionnement. Les hôpitaux de Goma, déjà fragilisés, ont peiné à faire face à l’afflux de blessés.

Selon un bilan dressé par le gouvernement le 13 février, au moins 3000 morts ont été recensés et 4260 cas de blessés enregistrés dans les structures de soins.  Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kmba, qui livrait ces chiffres au mois de février 2025, avait également signalé qu’environ 939 corps sans vie traînaient encore dans les morgues dans la zone de Goma.

L’accès aux soins est devenu un luxe, alors que le risque d’épidémies a augmenté dans les zones de regroupement improvisées. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à la malnutrition, aux violences et à l’interruption brutale de leur scolarité. Ces violences ont également déstabilisé le Sud-Kivu avec la chute de la ville de Bukavu le 14 février. La perte des autres localités vers la fin de l’année 2025 notamment la ville d’Uvira n’a guère arrangé la situation sécuritaire qui est restée préoccupante sur toute l’année malgré la situation de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda en juin 2025. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation d’occupation ravive les tensions régionales et les craintes d’une escalade majeure du conflit ne sont pas toujours écartées en ce début de 2026.

En 2025, les Mobondo investissent Kinshasa…

En 2025, la milice dite « Mobondo » a poursuivi une campagne d’activisme armé dans l’Ouest de la République démocratique du Congo, particulièrement dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe et dans la commune rurale de Maluku à Kinshasa. Entre violences, déplacements massifs de populations et contre-offensives militaires, cette crise sécuritaire est devenue l’une des plus graves du pays. L’activisme de cette milice a continué en 2025 d’impacter profondément la vie des populations du Maï-Ndombe et de certaines zones périphériques de Kinshasa, obligeant le Parc de la vallée de la N’sele à fermer momentanément ses portes. D’après des organisations locales de défense des droits humains et l’Église catholique, les exactions de ce groupe armé ont causé des milliers de morts et plus de 500 mille civils déplacés depuis 2022. La crise a entraîné des violences ciblées, destructions de biens et perturbations graves des services sociaux de base. Cette violence n’a pas été ponctuelle : en novembre 2025, une attaque meurtrière dans le village de Nkana, à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Kinshasa, a de nouveau fait plusieurs victimes civiles, soulignant l’ampleur de la menace encore présente dans cette région. Les efforts militaires déployés jusque-là n’ont pas réussi à ramener la paix dans cette partie du pays.

En Ituri, ADF, CODECO et CRP poursuivent des atrocités…

La province de l’Ituri est aussi restée le ventre mou de l’insécurité en 2025. Si le lieutenant général Johnny Luboya, gouverneur militaire de cette province sous état de siège, a affirmé que sa juridiction est pacifiée à plus de 80% en l’espace de quatre ans, cependant, des poches de résistance existent. En juillet dernier, les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’organisation de l’État islamique, ont massacré à l’arme blanche plusieurs dizaines de fidèles catholiques dans une église avant de s’en prendre à plusieurs commerces et maisons. Au total, 43 personnes ont été tuées dans ces massacres à Komanda.

D’autres rébellions comme celles de CODECO (Coopérative pour le développement du Congo) et de CRP de Thomas Lubanga ont continué à commettre des exactions en 2025. Le 23 décembre, la société civile de l’Ituri a qualifié de « mitigé » le bilan sécuritaire de l’Ituri en 2025. Cette structure a affirmé que bien que des opérations contre la milice CRP aient permis un recul relatif des attaques mais d’autres violences contre les civils persistent.

Des prouesses économiques malgré la crise sécuritaire  

Malgré une année 2025 marquée par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est et dans une partie de l’Ouest de la RDC, les chocs externes et les turbulences géopolitiques mondiales, l’économie du pays « a tenu » bon. Le président de la République Félix Tshisekedi l’a fait savoir avec des chiffres à l’appui, le 8 décembre 2025, devant le Parlement réuni en Congrès, lors de son discours sur l’état de la Nation. Il a défendu l’idée d’une résilience macroéconomique inédite dans un environnement particulièrement hostile. Il a énuméré plusieurs indicateurs qui témoignent en effet d’une amélioration sensible de la stabilité macroéconomique au cours de l’année 2025. L’un des signaux les plus marquants concerne l’inflation. « Notre économie n’a pas cédé. Elle a tenu. Elle a résisté et, dans plusieurs domaines, elle a progressé », a déclaré Félix Tshisekedi, saluant la forte baisse de l’inflation, qui est passée de 11,7 % fin 2024 à 2,5 % en rythme annuel fin octobre 2025. Cette prouesse a été présentée comme le signe d’une « discipline macroéconomique retrouvée ». Selon le président de la République, cette baisse de l’inflation est nettement en dessous de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale du Congo (BCC).

Avec une loi rectificative sur le budget 2025, l’administration Tshisekedi a réussi à réduire en même temps le train de vie des institutions. Au niveau de la Présidence de la République, une coupe de 30% a été opérée sur le budget de cette institution. Les salaires des militaires et policiers ont été doublés, ceux des magistrats augmentés ainsi que pour les enseignants. En septembre, le taux de change a sensiblement baissé, provoquant également une légère chute des prix des produits de première nécessité. Une déflation jugée pas assez pour satisfaire les ménages asphyxiés, d’après plusieurs Congolais.   

Des initiatives sociales telles que le lancement de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH/Sida chez les enfants témoignent aussi d’une attention portée à des problématiques sanitaires longtemps négligées. Il y a eu aussi le lancement de la Couverture santé universelle. Sur le front agricole, la campagne 2025-2026 a été officiellement lancée, centrée sur la modernisation du secteur et la garantie de la sécurité alimentaire. 

Des résultats sur le plan diplomatique

En 2025, le chef de l’État congolais a multiplié les initiatives pour renforcer la position diplomatique de la RDC sur la scène internationale. Une des avancées les plus notables reste l’élection du pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027, un signe fort de reconnaissance internationale de la RDC, salué comme un vecteur de diplomatie renforcée et d’influence régionale accrue.

Sur le plan de la paix et de la sécurité, l’administration Tshisekedi a également joué un rôle central dans la signature d’un accord de paix avec le Rwanda, le 27 juin, visant à mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays, longtemps ravagé par la rébellion du M23 et d’autres groupes armés. L’accord, négocié avec l’appui d’acteurs internationaux tels que les États-Unis et le Qatar, est perçu comme une étape vers la stabilisation d’une zone qui connaît depuis des décennies des violences parfois instiguées par le Rwanda voisin et des déplacements massifs de population.

Le 4 décembre, Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame ont entériné devant le président américain, Donald Trump, l’Accord de paix signé en juin dernier par les ministres des Affaires étrangères de deux pays. Malgré ce geste et l’accompagnement américain dans ce processus de paix, les bruits des bottes n’ont pas cessé dans l’Est de la RDC.

À l’aube de 2026, Félix Tshisekedi se retrouve à un carrefour : son leadership a permis à la RDC de gagner en visibilité internationale et de poser des jalons pour la paix, mais la concrétisation de ces acquis dans la vie quotidienne des Congolais demeure l’enjeu majeur. Si certains voient déjà les prémices d’une transformation institutionnelle, d’autres rappellent que la paix durable, l’emploi, et le renforcement des services publics restent encore à construire, pierre par pierre.

Heshima       

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Léopards : Autopsie d’une équipe en progrès avant le dernier acte vers le Mondial 2026

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Après une défaite cruelle face à l’Algérie en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025, la République démocratique du Congo a quitté la compétition sur une note frustrante, s’inclinant 1-0 dans les dernières minutes des prolongations. Contrairement aux habitudes, cette défaite n’a pas été largement critiquée par les Congolais, saluant pour la plupart des progrès visibles des Léopards face à une équipe des Fennecs expérimentée. Après cet échec, le sélectionneur-manager de la RDC, Sébastien Desabre, a encore un ultime challenge : Mondial 2026.

Après une sortie cruelle en huitièmes de finale de la CAN 2025, la RDC tourne déjà ses regards vers les barrages intercontinentaux, ultime étape avant la phase finale de la Coupe du monde 2026. Une transition entre bilan et ambitions qui met en lumière les progrès encore nécessaires pour franchir une marche décisive. Malgré la déception de la CAN, plusieurs éléments positifs se dégagent du parcours des Léopards.

Solidité défensive !

La RDC a montré une grande discipline face à des équipes africaines de haut niveau, ne cédant qu’en toute fin de match contre l’Algérie. N’eut été la blessure d’Arthur Masuaku face au Sénégal, la RDC aurait pu battre cette équipe réputée comme l’une des plus grandes du continent actuellement. À la surprise et la fierté de nombreux supporters congolais, Axel Tuanzebe, défenseur central des Lléopards, a figuré parmi les onze joueurs retenus par l’instance continentale pour ses prestations solides au cœur de la défense. La RDC a vécu une phase de groupes solide, affrontant successivement le Bénin, le Sénégal puis le Botswana. Malgré la féroce concurrence et un match contre Botswana où il a été ménagé, Axel Tuanzebe s’est imposé comme une pièce maîtresse de l’arrière-garde congolaise aux côtés de Chancel Mbemba, Aaron Wan-Bissaka et Arthur Masuaku. Sa capacité à dominer les duels, anticiper les attaques adverses et organiser la ligne défensive lui a valu d’être distingué parmi les meilleurs défenseurs du premier tour de cette compétition. La défense congolaise encaisse très peu des buts depuis la remontada du Sénégal à Kinshasa (2-3). 

Confiance retrouvée

Les prestations encourageantes, notamment des résultats contre des nations prestigieuses comme le Sénégal et l’Algérie (malgré la défaite), ont renforcé la confiance du groupe dans ses capacités à rivaliser sur la scène continentale avec les équipes du top 10 africain. Avec un leadership sur et en dehors du terrain, des cadres comme Chancel Mbemba et Cédric Bakambu incarnent l’état d’esprit combatif de l’équipe, offrant une base d’expérience essentielle pour aborder les échéances à venir.

Objectif : les barrages intercontinentaux et un rêve mondial

L’élimination à la CAN a rapidement été digérée car l’enjeu principal de la saison reste la qualification pour la Coupe du monde 2026. Après avoir obtenu leur ticket pour la finale des barrages africains puis l’accès au tournoi intercontinental, les Léopards sont désormais focalisés sur ce dernier rendez-vous crucial fixé en mars prochain. Le sélectionneur-manager Sébastien Desabre a appelé à une analyse approfondie des faiblesses identifiées à la CAN, notamment dans la finition offensive et la gestion des fins de match, pour que l’équipe soit prête au moment décisif. Ce travail tactique et mental sera essentiel face à un adversaire d’un autre continent (Nouvelle-Calédonie ou Jamaïque) pour décrocher l’un des derniers billets pour le Mondial 2026.

Le capitaine Chancel Mbemba, tout en saluant l’état d’esprit des joueurs, a souligné que cette élimination devait servir de leçon et renforcer l’ambition du groupe de se qualifier pour la Coupe du monde 2026. « Notre objectif, c’est la Coupe du monde », a affirmé le défenseur central de Losc, mettant déjà le cap vers les échéances de mars. Malgré une performance courageuse et une solidité défensive louée par les observateurs, les occasions manquées en phase offensive devraient être corrigées. Dans le football de haut niveau et lors des matchs entre deux solides équipes, il n’y aura pas mille occasions. Savoir concrétiser l’unique occasion franche peut déjà créer la différence.

Ce qui reste à travailler

Alors que la RDC s’approche de son dernier grand test de la saison en mars, plusieurs axes d’amélioration ont été identifiés, notamment l’efficacité offensive. Trouver une meilleure coordination entre milieux et attaquants pour concrétiser les occasions franches. La gestion des temps forts est aussi un autre talon d’Achille pour l’instant. Les fauves congolais devraient apprendre à gérer les moments clés des matchs, notamment en prolongations, pour éviter des défaites qui laissent des regrets.

Il faut aussi travailler sur laprofondeur de banc. Après des belles images montrées par les Léopards, cela devait attirer aussi des nouveaux binationaux comme Senny Mayulu. Ce jeune milieu offensif prometteur du Paris Saint-Germain est un Franco-Congolais très courtisé par les Léopards de la RDC. Avec le récent choix d’Ibrahim Mbaye pour le Sénégal, son co-équipier en club, les Congolais gardent l’espoir de convaincre cet espoir tricolore. Senny Mayulu n’a pas encore fait son choix définitif entre la France et la RDC, malgré des rumeurs persistantes sur son engagement envers les Léopards. Son arrivée serait un atout majeur pour l’attaque congolaise, mais son choix n’est pas encore officiel. 

L’élimination en huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 a sans doute laissé une amère déception, mais elle a également mis en lumière des signaux encourageants pour l’avenir. Les Léopards, forts d’une organisation solide et d’un état d’esprit combatif, ont désormais la possibilité d’inscrire l’un des chapitres les plus brillants de leur histoire en tentant de décrocher une place pour la Coupe du monde 2026. Et un renfort des joueurs est nécessaire avant le 31 mars 2026.

Heshima  

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CAN 2025 : Les Léopards en quête d’une troisième étoile

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Portée par une génération talentueuse et une ambition retrouvée, la sélection des Léopards de la République démocratique du Congo (RDC) abordera la Coupe d’Afrique des Nations 2025 avec l’étiquette d’outsider sérieux. Entre promesses, défis et espoirs populaires, le rêve continental est-il enfin à portée de griffes ? Analyse des forces et faiblesses des fauves congolais.  

Après un stage de quelques jours en Espagne ponctué d’un match amical contre la Zambie remporté (2-0), les Léopards sont arrivés au Maroc le 18 décembre 2025 dans la soirée. Ils vont désormais se concentrer à Rabat avant de démarrer une compétition très attendue par les Congolais. Depuis plusieurs années, les Léopards affichent un visage séduisant sur la scène africaine. Leur parcours récent, marqué par une qualification à la finale des barrages intercontinentaux, a ravivé la confiance des supporters comme des observateurs. La CAN 2025 pourrait ainsi représenter un tournant pour une équipe longtemps jugée talentueuse mais irrégulière.

Au cœur de cet optimisme se trouve un effectif mêlant expérience et jeunesse avec une solidité défensive accrue et une animation offensive plus fluide. Les cadres, Cédric Bakambu, Chancel Mbemba ou encore Gaël Kakuta, aguerris par les grandes compétitions et les championnats étrangers, apportent leadership et sang-froid. À leurs côtés, une nouvelle vague de joueurs dynamiques incarne l’avenir et insuffle une intensité bienvenue. C’est le cas de la génération de Noah Sadiki, Ngal’ayel Mukau, Michel-Ange Balikwisha et Mathieu Epolo. Cette complémentarité pourrait s’avérer décisive dans un tournoi réputé pour son exigence physique et mentale.

Des objectifs et défis à relever…

Cependant, la route vers le sacre reste semée d’embûches. La concurrence s’annonce féroce, avec plusieurs nations africaines en pleine maturité footballistique. Interrogé sur les ambitions de la RDC dans cette compétition continentale, le sélectionneur-manager des Léopards, Sébastien Desabre, s’est montré à la fois prudent et confiant. « Le premier objectif est de franchir la phase de groupes, ce qui est fondamental. Une fois qualifiés pour les huitièmes de finale, nous entrerons dans une phase décisive. Nous disposons d’un effectif capable d’aller loin dans cette compétition », a déclaré le coach français de 49 ans.

Pour espérer aller au bout du tournoi, il faudrait éliminer sur son chemin des équipes comme le Sénégal, le Maroc, l’Egypte ou encore la Côte d’Ivoire. Mais face à ces défis, Sébastien Desabre rappelle l’imprévisibilité de la CAN : « Les rapports de force évoluent constamment. Le tirage au sort est important et aucune équipe n’est assurée de remporter le titre, même les favoris comme le Maroc ou le Sénégal. L’histoire de la CAN a toujours été riche en surprises. Notre ambition est de démontrer que ce que nous avons accompli en Côte d’Ivoire [CAN 2023] n’était pas un simple coup d’éclat, mais le début d’un projet solide et durable ».

En effet, les Léopards avaient créé la sensation en éliminant l’Egypte en huitième de finale, la Guinée en quart de finale, avant de tomber face au pays organisateur en demi-finale : la Côte d’Ivoire.  

Des faiblesses à combler

Malgré sa bonne progression, l’équipe de la RDC accuse certaines faiblesses, c’est notamment au niveau de ses perches. Les Léopards n’ont pas toujours un gardien de classe mondiale. Lionel Mpasi, titulaire chez les Léopards, n’a pas de temps de jeu dans son club français du Havre. Il est le gardien remplaçant du gardien sénégalais, Mory Diaw. Ce dernier, à son tour, est le troisième gardien chez les Lions de la Teranga. Timothy Fayulu, second gardien des Léopards, est titulaire dans son club de FC Noah, en Arménie. Le troisième gardien, Mattieu Epolo est, quant à lui, titulaire et capitaine à Anderlecht, en Belgique. Sébastien Desabre a donc le choix de pouvoir chambouler la hiérarchie chez les gardiens pour trouver celui qui peut être le plus performant.

Autre faille des Léopards, c’est la ligne d’attaque. Cédric Bakambu n’a pas encore marqué cette saison dans son club de Real Betis en Liga espagnol, en dehors d’une passe décisive. Samuel Essende n’a plus marqué depuis plusieurs mois dans son club d’Augsbourg en Bundesliga, en Allemagne. Simon Banza, 29 ans, moins prolifique avec les Léopards, n’a marqué qu’un but en 6 matchs avec son nouveau club d’Al Jazeera en Arabie Saoudite. Mais les faiblesses de ces attaquants peuvent être combler par d’autres joueurs, notamment des ailiers comme Théo Bongonda, Meschack Elia ou encore Nathanaël Mbuku. En défense, les Léopards ont moins d’inquiétude avec Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Rocky Bushiri, Aaron Wan-Bissaka, Arthur Masuaku, Joris Kayembe, Steve Kapuadi et Gédéon Kalulu.                                  

Remporter le trophée après 52 ans de disette…  

Face à un tel tableau, les Léopards peuvent-ils remporter la CAN 2025 ? Malgré la forte concurrence, tout dépendra de la gestion de chaque match par le staff technique. La capacité des Léopards à gérer la pression, à maintenir la discipline tactique et à faire preuve de réalisme dans les moments clés sera déterminante. L’encadrement technique, lui aussi, sera scruté quant aux choix stratégiques et la gestion du groupe. La RDC, qui n’a plus gagné de trophée depuis 1974, brûle d’envie de soulever cette coupe d’Afrique le 18 janvier prochain, soit 52 ans après le dernier sacre.

Si la CAN 2025 ne garantit rien, elle offre aux Léopards une occasion rare de transformer l’espoir en histoire. À condition de rester fidèles à leur identité et d’oser croire en leur potentiel, ces fauves pourraient bien surprendre le continent… et griffer enfin le trophée tant convoité. L’heure de la confirmation de cette progression de l’équipe a sonné ! 

Heshima

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