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Retour sur les différents projets de la CFEF avec la BAD 

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La Cellule d’exécution des financements en faveur des États fragiles (CFEF) a réalisé plusieurs projets avec le financement de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale. L’exécution de ces projets a eu un impact réel en République Démocratique du Congo (RDC), notamment en termes d’amélioration de la productivité agricole et de la qualité des infrastructures modernisées. La CFEF en qualité d’agence fiduciaire a notamment assuré avec satisfaction l’exécution du projet de construction d’un bâtiment moderne abritant les services de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) de la Direction Générale des Impôts situé sur le Boulevard du 30 juin, à Kinshasa. La viabilisation des infrastructures de génie civil et de génie électrique de la Zone Economique Spéciale (ZES) pilote de Maluku fait également partie d’une des grandes réalisations faisant partie des composantes de nombreux projets exécutés.  

De 2014 à 2024, de nombreux projets réussis ont été placés dans le portefeuille de la CFEF qui en assure la gestion fiduciaire. Il s’agit des projets ci-après : le Projet de Développement des Pôles de Croissance ouest (PDPC) financé par la Banque mondiale, le Projet de Renforcement des Systèmes de Développement Humain (PRSDHU) financé par la Banque mondiale, le Projet de Développement des Infrastructures Financières et des Marchés (PDIFM) financé par la Banque mondiale, le Projet d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes et à la Modernisation des Finances Publiques (PAMRIM-FP) et le Programme d’Appui Budgétaire en Réponse à la crise de la COVID-19 (PABRC) financés par la Banque africaine de Développement. 

En outre, la CFEF a participé aux négociations de nouveaux projets avec les partenaires techniques et financiers du Gouvernement. La CFEF exécute actuellement le Projet d’Appui à la Relance de l’Economie Congolaise (PAREC) financé par la BAD, le Programme de financement de microfinance – fonds d’urgence COVID-19 financé par la KFW. 

La CFEF assure pour le compte du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) plusieurs projets ayant trait à l’amélioration de la gouvernance et à la mobilisation des ressources internes. 

Les interventions mises en place dans le cadre de ces projets, ont permis de renforcer la capacité des institutions, appuyées spécialement la Direction Générale des Impôts et la Direction Générale des Recettes Administratives, judiciaires, Domaniales et de participations (DGRAD, à mobiliser les ressources internes, à améliorer les infrastructures économiques à travers l’appui au projet des ZES et des infrastructures rurales et d’assurer une gestion efficace des finances publiques à travers l’appui au Comité de suivi de réformes des finances publique (COREF). Ces projets ont également permis de mettre en place des outils et des mécanismes pouvant permettre le développement et la croissance des Petites et Moyennes Entreprises grâce notamment à la mise en place d’une ligne de crédit destiné au refinancement des banques commerciales et des institutions de microfinance à travers deux accords de partenariat signés avec le FPM SA et la Banque Centrale du Congo.

Projet d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes et à la Modernisation des Finances Publiques (PAMRIM-FP)

Clôturé en 2022 et financé par la BAD à hauteur de 12 millions de dollars, le Projet d’Appui à la Mobilisation des Ressources Internes et Modernisation des Finances Publiques (PAMRIM-FP) avait pour but de contribuer à la mobilisation accrue des ressources internes et au renforcement de l’obligation de rendre compte. Spécifiquement, le PAMRIM-FP visait à renforcer la mobilisation des ressources internes et de consolider les réformes fiscales. Dans ce cadre, les interventions déployées ont permis la réorganisation de l’Inspection des services de la DGI, la formation des Vérificateurs et Huissiers fiscaux et, enfin, la construction d’un bâtiment abritant les services de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) de la Direction Générale des Impôts.  

Réorganisation de l’Inspection des services de la DGI

La CFEF a mené avec l’appui d’un consultant la réorganisation de cette structure. Cette agence congolaise a mis en place un dispositif de gestion pour trois nouvelles structures de contrôle. En même temps, elle a élaboré une politique de gestion du parc informatique de la DGI.

Formation des Vérificateurs et Huissiers Fiscaux 

Au total, 512 vérificateurs polyvalents et 340 gestionnaires des comptes ont été formés à travers les 26 provinces de la RDC.

Construction d’un bâtiment pour la DGE

Un cabinet a été recruté pour réaliser les études architecturales et superviser la construction d’un bâtiment de six étages (R+6) abritant la Direction des Grandes Entreprises (DGE) sur le Boulevard du 30 Juin. Selon le Coordonnateur National de la CFEF, Alain Lungungu Kisoso, ce bâtiment a été construit dans les normes. « Nous sommes fiers d’avoir participé à l’érection de cet édifice. Cela rentre dans le cadre de la modernisation des infrastructures publiques prônée par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré en 2023. Les travaux de construction sont achevés depuis fin décembre 2023. A ce jour, le personnel de la DGE est déjà installé dans ce nouveau siège moderne.

Pérenniser les chaines des recettes en province  

Dans le cadre de pérennisation des chaînes provinciales des recettes, dépenses et de la paie, la CFEF a fait installer des équipements informatiques et mis en œuvre un système intégré des finances publiques dans les provinces du Kongo Central, de la Tshopo et du Maniema. Les actions ont inclus l’installation des infrastructures physiques, c’est-à-dire, la mise en place des cellules de gestion des systèmes informatiques et démarrage de ce système dans les trois provinces. Il y a aussi la formation des agents. Sur ce point, 23 agents du Kongo Central et 40 agents de Kinshasa ont été formés sur l’usage et le paramétrage des modules du système des recettes, des dépenses et de la paie. 

Achat des moyens de locomotion aux personnels  

Le projet a permis d’améliorer la mobilité du personnel et des services de la Direction Générale des Impôts (DGI), de la Direction Générale des Recettes Administratives, judiciaires, Domaniales et de participations (DGRAD), de la Direction de Reddition Générale des Comptes (DRGC), de la Cour des Comptes et de la CFEF par l’acquisition de pick-up, bus, minibus et motos. Ce qui a facilité la mobilisation des recettes et le contrôle des administrations concernées. 

Impact des actions de la CFEF 

Les actions menées par la CFEF ont permis de renforcer la capacité des régies financières à mobiliser les ressources internes, les infrastructures économiques et assurer une gestion efficace des finances publiques. Selon la CFEF, ces réalisations témoignent de l’engagement de cette agence fiduciaire à soutenir le développement économique durable et inclusif promu en RDC par le Gouvernement de la République sous le leadership du Président de la République, transformant ainsi les défis posés par la crise en opportunités de croissance et de progrès pour les populations locales.

Le projet de Développement des Pôles de Croissance ouest (PDPC) est un projet multisectoriel ayant permis de libérer le potentiel de croissance des principaux secteurs productifs, en particulier l’agriculture et l’agro -industrie financé à hauteur de 110 millions de dollars par le Groupe de la Banque Mondiale. Il a été piloté par le ministère des Finances à travers la CFEF, comme unité de coordination du projet. Pour relever les défis liés à sa mise en œuvre, le PDPC s’est concentré sur certains des principaux moteurs du changement afin d’accroître la productivité et l’emploi des chaînes de valeur sélectionnées dans les zones ciblées. Les principaux facteurs de changement pris en considération étaient les suivants: le développement des chaînes de valeur agricoles aux fins d’améliorer les capacités d’approvisionnement agricole; le soutien aux infrastructures rurales; l’opérationnalisation de la Zone économique spéciale de Maluku  via  la facilitation des Partenariats Publics Privés  – PPP; le renforcement des capacités de l’Agence des Zones économiques spéciales concernée dans le développement de la ZES et la viabilisation des infrastructures physiques. Le projet a également permis le développement proactif des affaires à travers un appui à l’Agence nationale de promotion des investissements dans la mise en œuvre des réformes réglementaires ciblées.

Renforcement des capacités d’approvisionnement agricole 

Dans le cadre de sa mise en œuvre, le projet a permis la réhabilitation des bâtiments de trois stations de l’Institut National des Etudes et Recherches Agronomiques (INERA) au Kongo Central ; la réhabilitation et équipement des laboratoires de l’INERA et du Service National de Semences (SENASEM) ; le renforcement des capacités technique et matérielle des intervenants de la chaîne semencière et la subvention de la production semencière certifiée ; la production de 46,9 tonnes de semences de base de riz par l’INERA et 79,5 tonnes de semences R1 mises à la disposition des organisations paysannes et opérateurs semenciers. Il y a eu également la production de 2 845 817,69 mètres-linéaires de boutures de manioc de base par l’INERA et 8 391 329 mètres linéaires de boutures primaires mises à la disposition des ménages agricoles par les opérateurs semenciers ; la production de 882.148 plants de palmier à huile a été mise à la disposition des producteurs paysans ; la structuration et professionnalisation de 49.853 ménages agricoles ; l’accroissement de la productivité moyenne de 0,8 tonne à 3,7 tonnes pour le riz et de 5 tonnes à 18,4 tonnes pour le manioc ; la production par les bénéficiaires directs du projet de 6.309 tonnes de riz paddy, 208.719 tonnes de racines de manioc et 11.722 tonnes d’huile de palme ; le financement à coûts partagés de 31 microprojets, en vue du développement des chaînes de valeurs agricoles au Kongo Central ; l’appui au Comité provincial de coordination et suivi du projet et installation de 6 Comités techniques locaux, composés au total de 54 membres, dont 37 % des femmes et enfin la réhabilitation et la construction du bâtiment de l’Inspection Provinciale de l’Agriculture, Pêche et Elevage. 

Appui à l’infrastructure rurale 

Pour permettre aux agriculteurs de mieux évacuer leurs produits, la CFEF, qui pilote ce projet, a renforcé les capacités techniques, matérielles et institutionnelles de la Direction nationale des Voies de Desserte Agricole (DVDA). Une stratégie provinciale d’entretien routier a été élaborée mais aussi un appui a été mis en œuvre au titre de l’institutionnalisation de la Commission provinciale routière et des comités locaux d’entretien routier. Le projet a permis la réhabilitation de 542,5 kilomètres de pistes rurales répartis sur 22 axes routiers dans le Kongo Central, avec la construction des 27 ponts, dont celui de Mambutu Kubu à Lukula, long de 36 mètres et de Lubolo, à Tshela, avec une longueur de 12 mètres et de 622 dalots, au bénéfice de 134 527 ménages ruraux. Les ressources du projet ont contribué à la construction et montage de 114 pylônes d’une ligne électrique haute tension de 132 Kilovolts dimensionnée en 220 Kilovolts de 36,5 km et de deux postes électriques à Lunga Vasa et à Moenge (132/30 Kilovolts). Au titre du projet, le Gouvernement de la République a construit et équipé la Plateforme agroindustrielle de Lukula (PAIL) pour une capacité annuelle de transformation de 9.000 tonnes de manioc, 9.000 tonnes de régimes de palmier à huile et 800 tonnes de riz paddy, financé l’aménagement hydroagricole du périmètre rizicole de Tshikenge à Boma (seuil de capture, canalisation de base et zone de production de 13 ha).  

Zone Economique Spéciale (ZES) pilote de Maluku  

Le projet a permis la sélection d’un emplacement pour la ZES pilote de Maluku, la réalisation des études y associées, la mise en place d’un cadre juridique institutionnel et réglementaire applicable aux ZES en RDC, ainsi que d’un établissement public chargé de la gestion des ZES, en l’occurrence l’Agence des Zones économiques spéciales.  Ces réalisations se sont avérées essentielles dans la conception des activités et le développement du programme des ZES en République Démocratique du Congo. Le projet a ainsi financé l’élaboration des produits analytiques nécessaires à la viabilisation du site de la ZES pilote de Maluku, notamment l’étude d’impact environnemental et le Plan d’Action de Réinstallation (PAR), ainsi que la construction d’un mur de clôture de 6.150 mètres pour la sécurisation du périmètre de la ZES pilote de Maluku. 

Développement proactif des affaires 

Dans sa troisième composante, le projet s’est intéressé au développement proactif des affaires. Un appui institutionnel et matériel à l’ANAPI pour la réalisation des activités d’élaboration des réformes, de suivi-évaluation et de communication sur les 4 indicateurs Doing business ciblés par le projet. En effet, la réalisation d’une étude sur la stratégie d’appui aux PME et producteurs agricoles le long des chaines de valeurs agricoles du Kongo-Central, ayant permis notamment de : mettre sur pied un cadre de concertation public-privé sur les PMEs ; octroyer à 266 producteurs agricoles et PMEs de microcrédit dans les pôles nodaux d’Inkisi et de Kimpese ; ouvrir des comptes épargne à 40 coopératives agricole et 15 PMEs dans les pôles de Boma, connecter des producteurs agricoles de Khanzi aux transformateurs de Kinzau Mvuete. Ce projet a permis aussi la réalisation d’une étude de faisabilité d’un parc agro-industriel à Nkundi, dans le Kongo-Central, comprenant un plan d’aménagement et de gestion ; l’élaboration d’un Programme de promotion ciblé de l’agro-industrie en RDC, PPCA, dans le cadre des directives stratégiques pour la promotion des investissements dans l’agriculture commerciale ; la réalisation d’une étude sur l’état des lieux du cadre actuel du dialogue public-privé et des solutions idoines pour le consolider ; réalisation d’une étude pour la fourniture, l’installation et la mise en service des équipements pour les entreprises et organismes intervenant dans le commerce transfrontalier ; la  réalisation d’une étude sur la rationalisation du système fiscal par la mise en place d’une fiscalité et d’une parafiscalité centrale et provinciale ; la réalisation d’une enquête d’impact et de satisfaction sur les 4 indicateurs Doing business ciblés par le projet et, enfin, la fourniture des équipements informatiques dans le cadre de l’informatisation du processus de délivrance du permis de construire.

Impact de ce projet en RDC 

Les actions de la CFEF dans le cadre du PDPC ont eu un impact significatif, note la source, notamment en termes d’amélioration de la productivité agricole et de la qualité des produits grâce aux infrastructures modernisées. Les travaux de construction et de réhabilitation ont généré de nombreux emplois locaux, stimulant ainsi l’économie des zones ciblées couvertes par le projet. 

De plus, la réhabilitation des pistes rurales a facilité l’écoulement des produits agricoles, améliorant l’accès aux marchés et réduisant ainsi les coûts logistiques pour les agriculteurs. Ces réalisations de la CFEF dans le cadre du PDPC illustrent son efficacité et son engagement à promouvoir le développement économique durable et inclusif en RDC. Par ses efforts continus, la CFEF au nom du Gouvernement de la République a réussi à transformer les infrastructures rurales et à améliorer les conditions de vie des populations locales, faisant du développement agricole une réalité tangible.  

Le PRSDHU renforce des systèmes de santé et d’éducation  

Réalisé de 2015 à 2020, le Projet de Renforcement des Systèmes pour le Développement Humain (PRSDHU) a été financé par la Banque Mondiale. Il avait pour objectif de renforcer certains systèmes de gestion des services de l’éducation et de la santé dans des zones géographiques ciblées en RDC.

Dans sa première composante, ce projet a formé 1 417 agents du Ministère de l’EPST, dont 226 femmes, et a fourni des équipements en matériel informatique, en panneaux solaires et divers aux 518 sous-divisions éducationnelles pour la collecte et le traitement des données. 

En outre, dans le cadre du projet, les applications informatiques ont été développées et mises à la disposition de 48 divisions éducationnelles ciblées pour la collecte des données. Cet appui du projet a permis de produire et de rendre publics les annuaires statistiques et les plans d’action opérationnels des années scolaires 2015-2016, 2018-2019 de 518 sous-divisions  de 48 divisions éducationnelles de l’EPST.

Système National d’Information Sanitaire (SNIS) 

Dans le secteur de la santé, le projet a appuyé 62 zones de santé et les divisions provinciales de Santé (DPS) de 4 provinces (Haut Katanga, Mai-ndombe, Sud-Ubangi et Kwilu) dans l’intégration du SNIS, à travers l’équipement en matériel informatique et kits solaires. Aussi, le projet a formé 473 agents sanitaires, dont 58 femmes, dans les domaines relatifs à l’exploitation du système national d’information sanitaire (SNIS), en GPS, collecte des données Géospatiales et à l’utilisation du logiciel DHIS 2/SNIS amélioré. Par ailleurs, le projet a accompagné environ 129 zones de santé de six DPS dans la mise en œuvre, suivi et évaluation des activités, ainsi que dans la collecte et l’analyse des données de qualité. En conséquence, 118 rapports annuels et 168 plans d’action opérationnels (PAO) des zones de santé ont d’abord été produits et mis en ligne sur le site web du Ministère de la Santé publique (http://www.sante.gouv.cd) ; et ensuite 92 rapports annuels en 2019 et 126 plans d’action opérationnels (PAO) pour 2020 des zones de santé ont été mis en ligne sur le site web du Ministère de la Santé publique. 

Enquête sur les indicateurs de prestation des services en santé et éducation 

Le projet a soutenu la collecte et la construction des bases de données des écoles et des formations sanitaires (FOSA) dans le cadre des indicateurs de prestation des services (SDI) dans les secteurs de l’éducation et de la santé.  

Système de gestion de l’état civil 

Grâce au projet, la stratégie de réforme du système d’enregistrement des faits d’état civil et de production des statistiques vitales, y compris son plan d’action et son budget, ont été élaborés et validés par les parties prenantes. Le projet a financé les échanges d’expérience sur terrain et a mis en place des centres d’excellence pilotes pour l’expérimentation du système informatisé d’enregistrement dans la commune de Limete à Kinshasa et dans le territoire de Mbanza-Ngungu dans la province du Kongo Central. Les innovations introduites dans la réforme ont conduit à la production de l’avant-projet du code de la famille révisé dans ses dispositions relatives à la personne, l’utilisation et la protection des données à caractères personnels, à l’interopérabilité entre les services de l’état civil et les structures médicales. 

Dans sa deuxième composante, le projet a financé la mise en œuvre de 20 recommandations découlant d’une étude de l’OMS réalisée en 2014. La mise en œuvre de ces recommandations a donné lieu à la transformation de la Division de la pharmacie et du médicament (DPM) à une agence de réglementation autonome pérenne des produits pharmaceutiques essentiels, dénommée Autorité Congolaise pour la Réglementation Pharmaceutique (ACOREP). 

Aussi, le projet a renforcé le Laboratoire Pharmaceutique de Kinshasa (LAPHAKI) en équipement, en formation et à la certification ISO 17025. En outre, un système d’information des acteurs du secteur privé, connecté à la SEGUCE, a été mis en place.

Système d’approvisionnement 

Grâce à l’appui du projet, des plans d’affaires pour le développement de la Fédération des centrales d’approvisionnement en médicaments essentiels (FEDECAME), une organisation à but non lucratif, et des centrales de distribution régionale de Lubumbashi (CAMELU) et Goma (ASRAMES) ont été élaborés pour la préparer à gérer un volume considérable de passation des marchés. 

 Système de logistique

Le projet a appuyé le Programme National d’Approvisionnement en Médicaments essentiels (PNAM) dans l’évaluation rigoureuse du système actuel de logistique dans quelques provinces afin d’identifier une nouvelle organisation et un autre réseau logistique. 

Au terme de cette évaluation, une stratégie nationale du système d’information pour la gestion logistique des médicaments (SIGL) a été élaborée avec la participation de toutes les parties prenantes ainsi que son plan d’action dans quelques provinces ciblées lesquelles ont été renforcées en capacité sur l’utilisation du logiciel DHIS 2 et du portail web « infomed.rdc.org »

Etudes 

Cette troisième composante a porté sur la réalisation de deux études pour le ministère du Travail, Emploi et Prévoyance Sociale (étude de la main d’œuvre qualifiée et étude sur les mutuelles de santé en RD Congo) ; la réalisation de 4 études et dissémination de 3 études du Ministère des Affaires Sociales (étude de transformation des CPS en CAS, étude de l’évaluation de la vulnérabilité en RD Congo et la revue des dépenses publiques en protection sociale). Les résultats de ces efforts ont été remarquables. Les systèmes de gestion de l’information dans les domaines de l’éducation et de la santé ont été considérablement renforcés, permettant une meilleure collecte, analyse et utilisation des données pour la prise de décisions éclairées. Les systèmes de réglementation et de logistique des médicaments essentiels ont également été optimisés, garantissant un approvisionnement plus fiable et efficace.

L’impact du PRSDHU se fait sentir dans les zones ciblées, où les communautés bénéficient désormais d’une meilleure gestion des services de santé et d’éducation. Grâce aux efforts de la CFEF, la RDC a fait des progrès significatifs vers l’amélioration de ses infrastructures sociales essentielles, posant ainsi les bases d’un développement durable et inclusif.

Les exploits de la CFEF dans le cadre du PRSDHU illustrent son efficacité et son engagement indéfectible à promouvoir le développement humain en RDC. En transformant des objectifs ambitieux en réalisations concrètes. 

PDIFM, modernisation des infrastructures financières 

Financé par la Banque Mondiale, le Projet de Développement des Infrastructures Financières et des Marchés (PDIFM) a pris fin en avril 2021 et avait comme objectif de moderniser les infrastructures financières et à accroitre la disponibilité de financement pour les Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME). Plusieurs actions ont été menées, permettant des réalisations telles que la construction du réseau de communication interbancaire et interconnexion de toutes les banques commerciales au réseau de communication interbancaire en janvier 2016 ; la fourniture à la Banque Centrale du Congo (BCC) du système multidevise ATS/CSD pour les opérations du nouveau système de paiements en janvier 2016 ; la mise en service de l’ATS/CSD et mise en production du système national de paiement modernisé le 29 septembre 2017; la formation de 1.040 personnes, membres de la BCC et des banques commerciales, dans les domaines de la connaissance et de la gestion de la fibre optique, du Swift sur la gestion des paiements et de la liquidité, des évolutions des instruments de paiement en monnaie électronique ; le traitement de 100% des opérations en monnaie nationale dans le Système de Règlement Brut en Temps Réel (RTGS) et dans la Chambre de Compensation Automatisée (ACH) ; la fourniture à la BCC du Switch monétique national le 23 octobre 2017 ; la finalisation des statuts et du plan d’affaires de la Société Monétique Interbancaire du Congo ; la réalisation du diagnostic sectoriel de la microfinance et des outils de la supervision basée sur le risque, approuvé par la BCC le 22 septembre 2016 ; la formation de 150 cadres de la Direction de Supervision des Intermédiaires Financiers de la BCC dans les domaines du contrôle interne, de l’analyse des plans d’affaires des IMFs et de la supervision sur place et sur pièces basée sur les risques;  la formation de 362 personnes; agents et cadres des IFP dans les domaines de la transformation et la consolidation de l’architecture institutionnelle, de l’amélioration du positionnement et des outils de gestion, de la réorganisation du département MPME, de la croissance du financement du secteur agricole ; l’élaboration des manuels des opérations de la ligne de crédit et du guichet de refinancement de la BCC ; la mise en place d’un guichet de refinancement à la BCC ; le décaissement de la ligne de crédit à moyen et long terme à hauteur de 8.165.447 USD, à travers le FPM SA (3.000.000 USD) et la BCC (5.165.447 USD), en faveur de 811 MPME (dont 13 agricoles), par le biais de deux banques commerciales, six IMFs et deux COOPECs et enfin la mise en place des politiques sociales et environnementales dans les institutions financières bénéficiaires de la ligne de crédit de ce projet.

A travers l’implémentation de tous ces projets, la CFEF apporte une contribution exceptionnelle au développement de la République Démocratique du Congo. L’impact de ses actions au pays se font sentir dans plusieurs secteurs de la vie nationale. Cette agence compte poursuivre son élan dans d’autres projets, notamment celui du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) dans 7 provinces dont elle a la charge de l’exécution des travaux. 

Heshima 

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RDC : Ces dix événements qui ont marqué l’année 2025

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L’année 2025 aura été une année difficile sur le plan sécuritaire pour la République démocratique du Congo (RDC). Cette année, qui arrive à son terme, a été ponctuée par plusieurs événements marquants. Heshima Magazine revient sur dix d’entre eux.

En 2025, le pays a perdu le contrôle de deux de ses importantes capitales régionales occupées par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Dès le 13 janvier, le célèbre catcheur congolais Edingwe « Moto na Ngenge », de son vrai nom Louis Mapima Mbaka, est décédé à Casablanca, au Maroc, à l’âge de 73 ans, provoquant une grande émotion en RDC où il était une légende, avec des hommages nationaux qui ont suivi son rapatriement à Kinshasa fin février 2025. En dehors de ce cas de décès, voici une rétrospective d’une année riche en événements notamment sur les situations sociales, les inondations et le sport.   

24 janvier : Mort du général Peter Cirimwami

Dès l’entame de l’année, la RDC a été confrontée à une aggravation de la situation sécuritaire dans sa partie Est. Le général major Peter Cirimwami Nkuba, officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et gouverneur militaire intérimaire de la province de Nord-Kivu, a été tué le 24 janvier après avoir été touché par balles la veille près de Sake, une cité située près de la ville de Goma. L’incident a eu lieu alors que le gouverneur militaire s’était déplacé vers la ligne de front à l’ouest de Goma. Sérieusement blessé, il a été pris en charge d’abord à Goma puis évacué dans la nuit vers Kinshasa. Inhumé huit mois plus tard avec un colonel tombé également sur la ligne de front au Sud-Kivu, Peter Cirimwami Nkuba a été élevé au rang de grand officier et commandeur dans l’ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba par le président de la République, Félix Tshisekedi. La cérémonie, qui a eu lieu au Palais du peuple, en plein cœur de la capitale congolaise, a été ponctuée de nombreux hommages.

27 janvier 2025 : Chute de la ville de Goma

Le 27 janvier, Goma, la capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. L’offensive avait démarré depuis le 23 janvier. La chute de cette ville a marqué une escalade significative du conflit dans l’Est du pays. Symbole stratégique, politique et économique, la capitale du Nord-Kivu est devenue l’épicentre d’une onde de choc aux répercussions nationales et régionales. Cette prise de la ville la plus importante de l’Est du pays a entraîné une crise humanitaire et politique, avec des appels à l’aide internationale et des protestations en RDC. A Kinshasa, cette offensive éclair et brutale a provoqué des émeutes populaires contre certaines ambassades occidentales, notamment celles de la France et de la Belgique. L’ambassade du Rwanda dont le pays participe aux hostilités aux côtés des rebelles du M23 a été aussi attaquée.

A Goma, la ville traverse toujours une épreuve difficile près d’une année après son occupation. Ces combats avaient provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations, s’ajoutant à des camps déjà saturés autour de la ville. Des familles entières avaient fui sans ressources, cherchant refuge dans des écoles, des églises ou à même les routes menant vers le Sud-Kivu. Malgré le démantèlement par la force des camps des déplacés autour de la ville de Goma, certaines familles, en rentrant chez elles, ont trouvé des occupants inconnus dans leurs champs et parfois dans leurs maisons. Kinshasa a dénoncé une « implantation » des populations inconnues dans les zones contrôlées par le Rwanda via le M23 au détriment des autochtones. Des voix discordantes sont systématiquement réduites au silence. C’est le cas de l’artiste musicien Katembo Idengo, alias « Delcato », tué le 13 février 2025 par des rebelles du M23 à Goma, alors qu’il était en train de tourner un clip d’une chanson dénonçant l’occupation des villes de l’Est du pays par ces rebelles appuyés par le Rwanda.

De leur côté, les organisations humanitaires ont alerté sur des pénuries critiques de nourriture, d’eau potable et de médicaments, aggravées par l’insécurité et la fermeture de plusieurs axes d’approvisionnement. Les hôpitaux de Goma, déjà fragilisés, ont peiné à faire face à l’afflux de blessés. L’accès aux soins est devenu un luxe, alors que le risque d’épidémies augmente dans les zones de regroupement improvisées. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à la malnutrition, aux violences et à l’interruption brutale de leur scolarité. Cette chute de la ville a provoqué des milliers de morts civils. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation d’occupation ravive les tensions régionales et les craintes d’une escalade majeure du conflit. Les accusations de soutiens extérieurs au M23 refont surface, compliquant davantage les efforts diplomatiques pour stabiliser la région.  

14 février : Chute de Bukavu

Après la ville de Goma et des combats dans certains territoires du Sud-Kivu, la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est finalement tombée le 14 février. Des combattants de l’AFC/M23 ont marché et roulé dans le centre-ville sans résistance. Contrairement à Goma, Bukavu était tombée sans combat. Il s’agit de la deuxième grande ville du pays à être passée sous contrôle des rebelles dans cette région riche en minerais. Plus d’une dizaine de jours après l’occupation de cette ville, une attaque à la grenade a été perpétrée en marge d’un meeting de l’AFC/M23 organisé à la Place de l’indépendance à Bukavu. Cet attentat a entraîné la mort d’une dizaine de personnes et fait une soixantaine de blessés. A Goma, comme à Bukavu, les rebelles ont installé des administrations parallèles.     

Avril 2025 : Des inondations meurtrières à Kinshasa

Des pluies diluviennes se sont abattues sur Kinshasa, le 5 avril, causant la mort d’une trentaine de personnes et paralysant la capitale du pays. Des habitants circulaient en pirogue ou à la nage dans des avenues transformées en rivières. Après les pluies, les eaux ont progressivement monté, dévastant plusieurs quartiers périphériques et défavorisés de Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants et marquée par une urbanisation anarchique. Des quartiers les plus touchés étaient Debonhomme, Salongo et une partie de Kingabwa mais aussi Ndanu dans la commune de Limete, ainsi que d’autres zones fragiles dans les communes de Mont-Ngafula, Matete et N’djili.

Au total, 5 300 ménages des sinistrés de ces inondations ont été indemnisés par l’Etat congolais et ramenés à leurs domiciles, d’après le compte-rendu du 55ème Conseil des ministres.

Juin 2025 : Accord de paix signé le 27 juin

Après l’occupation de Goma et Bukavu, Kinshasa et Kigali ont signé un accord de paix. Représentés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, le 27 juin 2025 à Washington, un accord en présence du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Marco Rubio. Signé par Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, et Olivier Nduhungirehe, son homologue rwandais, cet accord comprend deux volets majeurs : sécuritaire et économique. Il prévoit notamment le respect de l’intégrité territoriale des deux pays, la cessation des hostilités entre leurs armées, ainsi que l’engagement mutuel de ne plus soutenir des groupes armés comme les FDLR ou l’AFC/M23. Il inclut également la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire fondé sur le concept d’opérations adopté à Luanda en octobre 2024. Cet accord bilatéral de paix entre la RDC et le Rwanda est signé sous médiation des États-Unis et vise à apaiser les tensions régionales dans les Grands Lacs.

Septembre 2025 : Condamnation de Constant Mutamba

L’ancien ministre de la Justice et Garde des sceaux, Constant Mutamba, a été condamné le 2 septembre 2025 à 3 ans de travaux forcés. Il a écopé également de 5 ans d’interdiction de vote et d’éligibilité. Cette sentence a été également confirmée en appel. Le verdict de la Cour de cassation de la République démocratique du Congo l’a reconnu coupable de détournement de fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo, dans le nord-est de la RDC. L’ancien ministre de la Justice a également été exclu de toute fonction publique, et sommé de restituer 19 millions de dollars détournés.

Septembre 2025 : Condamnation par contumace de Joseph Kabila

L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila – 54 ans – a été condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire de Kinshasa en septembre 2025. Il était poursuivi pour trahison et crimes de guerre, notamment pour son lien présumé avec le groupe rebelle AFC/M23. Il a été jugé coupable d’intelligence avec le Rwanda, complot et participation à un mouvement insurrectionnel. Joseph Kabila, qui n’était pas présent à son procès dans la capitale Kinshasa et n’y était pas non plus représenté, a finalement réapparu à Nairobi, au Kenya, créant une coalition d’opposition dénommée « Sauvons la RDC » en octobre dernier. Une plateforme qui réunit certains opposants en exil notamment Franck Diongo, Jean-Claude Mvuemba et Augustin Matata Ponyo.

Novembre 2025 : La RDC remporte la finale des barrages africains pour le mondial  

L’année 2025 a vu aussi les Léopards de la République démocratique du Congo réaliser un exploit historique en battant en finale des barrages africains les Super Eagles du Nigeria pour la dernière place de la qualification à la Coupe du monde 2026. Après un match nul (1-1) dans le temps réglementaire, les Léopards ont réussi à se défaire du Nigeria sur tirs au but. Une victoire majeure pour la qualification à la Coupe du monde 2026. Les hommes de Sébastien Desabre ne sont qu’à un match de la phase finale de la Coupe du monde qui aura lieu en juin prochain aux Etats-Unis, Mexique et Canada. En mars prochain, ils affronteront en finale des barrages intercontinentaux le gagnant du match Jamaïque-Nouvelle-Calédonie qui se jouera au Mexique. Après plus de 51 ans, jamais la RDC n’était aussi proche d’une qualification au mondial.

Décembre 2025 : Accord de paix ratifié par Tshisekedi et Kagame

Après avoir été signé le 27 juin par les ministres des Affaires étrangères de deux pays en conflit, l’Accord de paix de Washington a été ratifié le 4 décembre par les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump. Félix Tshisekedi s’est engagé solennellement à mettre en œuvre, « en toute sincérité », l’ensemble des obligations qui en découlent. Le chef de l’État congolais a exprimé l’espoir que, avec le même sérieux, le Rwanda respectera pleinement la lettre et l’esprit des engagements pris à Washington. Mais seulement quelques jours après, les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise ont pris le contrôle de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Malgré les appels au retrait de ces troupes par les Etats-Unis, l’armée congolaise affirme que ces rebelles n’ont pas quitté totalement la ville d’Uvira. Cette ville stratégique peut donner accès à la province du Tanganyika.        

15 décembre : Roger Lumbala condamné à 30 ans de prison 

L’ancien chef rebelle et ministre congolais, Roger Lumbala, a été condamné, le15 décembre, à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Paris, en France. Il a été reconnu coupable de complicité de crimes contre l’humanité, pour avoir ordonné, aidé ou encouragé ses troupes lors de l’opération « Effacer le tableau » dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Son rôle dans les crimes commis dans ces deux régions de la République démocratique du Congo entre 2002 et 2003 a été épinglé tout au long du procès. Le parquet avait requis la réclusion à perpétuité, mais les juges ont prononcé une peine de 30 ans. C’est la première fois qu’un ancien rebelle congolais soit jugé par la France. Des ONG des droits de l’homme parlent d’une avancée majeure pour les droits des victimes des conflits armés en RDC.     

Heshima Magazine

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RDC : entre progrès tangibles et défis persistants dans la lutte contre le Sida

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Ce 1er décembre 2025, le monde célèbre la journée internationale de lutte contre le Sida. Alors que la République démocratique du Congo enregistre des avancées notables dans la prévention et la prise en charge de ce fléau, de nombreux défis continuent d’entraver l’accès équitable aux soins et la réduction durable des nouvelles infections. Entre efforts gouvernementaux, partenariats internationaux et réalités du terrain, la lutte reste à la croisée des chemins.

Depuis plusieurs années, la RDC s’efforce de renforcer sa riposte contre le VIH/Sida à travers une combinaison de politiques publiques, de programmes communautaires et de soutiens internationaux. Les progrès sont réels : davantage de centres de dépistage ont été ouverts dans les zones urbaines et rurales, la sensibilisation s’intensifie auprès des jeunes grâce aux campagnes éducatives, et l’accès aux antirétroviraux (ARV) s’est globalement amélioré, permettant à de nombreuses personnes vivant avec le VIH de mener une vie plus stable.

Le pays connaît, depuis 2010, une baisse constante du taux de prévalence de la maladie. Sur 103 millions d’habitants, environ 600 000 seulement vivent avec le VIH, selon l’ONUSIDA. La RDC continue de fournir des efforts pour l’élimination totale de cette maladie à l’horizon 2030. Cette année, la commémoration s’est déroulée sous le thème : « Sur le chemin des droits ». Cette thématique souligne l’importance des droits humains dans la lutte contre le VIH/sida. D’après le dernier rapport de l’ONUSIDA, publié en prélude à cette commémoration, le monde peut atteindre l’objectif convenu de mettre fin au Sida en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030. Mais à condition que les dirigeants protègent les droits humains de toutes les personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d’infection par le virus.

Fragilité des infrastructures sanitaires… 

Les organisations communautaires jouent un rôle essentiel dans cette dynamique. Souvent en première ligne, elles facilitent le dépistage volontaire, accompagnent les patients dans l’observance thérapeutique et luttent contre la stigmatisation qui reste l’un des obstacles les plus tenaces. Dans certains territoires enclavés, ces structures sont même la seule passerelle entre les populations et les services de santé. Cependant, la progression reste inégale. Les infrastructures sanitaires demeurent fragiles, particulièrement dans les provinces affectées par les conflits ou les difficultés logistiques. Le manque de personnel formé, les ruptures sporadiques de stocks d’ARV, ainsi que les barrières culturelles et socioéconomiques compromettent encore l’efficacité de la prise en charge. Les adolescentes et jeunes femmes, plus exposées au risque d’infection, nécessitent des programmes ciblés encore insuffisamment déployés.

La stigmatisation sociale, quant à elle, sape silencieusement les avancées. Beaucoup hésitent encore à se faire dépister ou à suivre leur traitement par crainte du rejet familial ou communautaire. Les efforts de sensibilisation doivent donc s’intensifier pour ancrer la compréhension que le VIH est une maladie chronique gérable, et non une fatalité.

Un relâchement constaté

Le dernier rapport de l’ONUSIDA sur le taux de prévalence de la maladie en RDC date de 2022. Ce rapport souligne que le nombre de nouvelles contaminations dans le pays a chuté de 58 % depuis 2010, et les décès de 72 %. Le taux de prévalence reste faible (0,6 %), soit environ 600 000 personnes atteintes du VIH pour 103 millions d’habitants. Depuis 2018, 83 % des personnes connaissent leur statut sérologique et 82 % des malades sont sous traitement antirétroviral (ARV).

Ces chiffres encourageants ont cependant créé un relâchement de la part du gouvernement. L’État congolais a, depuis, cessé le dépistage généralisé pour se concentrer sur les populations les plus à risque. Il s’agit des travailleuses du sexe, des usagers de drogues injectables, des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (homosexuels), des personnes tuberculeuses, ainsi que des femmes enceintes et allaitantes. Malgré la baisse du taux de personnes infectées, rappelait Heshima Magazine en 2024, les chiffres de la RDC restent tout de même élevés par rapport à d’autres pays où la lutte contre cette pandémie est menée sans relâche. C’est le cas de la Namibie, où le pays a réussi à réaliser 99 % des naissances sans transmission du VIH. Le taux de prévalence de la maladie chez les adultes diminue également. En France, le taux de personnes infectées est de 200 000 pour 68 millions d’habitants, soit 0,4 %.

Entre optimisme mesuré et vigilance constante, la RDC poursuit sa lutte contre le Sida. Les acquis sont précieux, mais fragiles. Pour espérer un avenir où le VIH ne sera plus une menace majeure, il faudra non seulement renforcer les moyens, mais surtout consolider la confiance, l’information et la solidarité au cœur des communautés.

Heshima

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Procès Lumbala à Paris : Bemba devrait-il s’en inquiéter ?

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Jugé depuis le 12 novembre 2025 devant la Cour d’assises de Paris, l’ex-chef rebelle congolais Roger Lumbala est poursuivi pour complicité présumée de crimes contre l’humanité commis en 2002-2003 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans ce procès inédit, Lumbala réclame la comparution – même par visioconférence – de Jean-Pierre Bemba, à l’époque chef d’un mouvement armé allié (Mouvement de libération du Congo, MLC), pour tenter de le disculper. Mais la justice française n’a jusqu’à présent cité aucun autre Congolais, Jean-Pierre Bemba compris.

Depuis le 24 novembre, la Cour d’assises de Paris a entamé l’écoute des victimes notamment des membres des communautés pygmées d’Épulu et de Mambasa qui ont livré des récits accablants : viols, exécutions sommaires, tortures et pillages durant l’opération « Effacer le tableau » exécutée entre 2002 et 2003. La plupart de ces victimes sont venues d’Epulu, Mambasa et de la région d’Isiro dans les provinces de l’Ituri et Haut-Uélé (deux entités de l’ancienne Province Orientale) et défilent devant les juges français pour témoigner et réclamer justice. Plusieurs ONG de défense des droits humains, nationales et internationales, se sont constituées parties civiles. Elles saluent l’ouverture de ce procès, après des décennies d’impunité, comme un tournant vers la justice pour les victimes.

Procès historique et polémique

Le procès Lumbala a débuté le 12 novembre 2025 à Paris, ce qui est une première : jamais un Congolais n’avait été jugé en France pour des crimes commis en RDC sur la base du principe de compétence universelle. L’ancien chef du groupe armé Rassemblement Congolais pour la Démocratie-National (RCD‑N) est accusé d’avoir participé à l’opération dite « Effacer le tableau », marquée entre 2002 et 2003 par des exactions – meurtres, viols, pillages, travaux forcés – contre des populations civiles, notamment des communautés Nande et Pygmées.

À l’ouverture, la défense a contesté la compétence de la justice française pour juger des faits commis en RDC et dénoncé ce qu’elle considère comme un « néo-colonialisme judiciaire ». Pour sa part, Lumbala a refusé de comparaître et demandé le retrait de ses avocats, dénonçant une « justice illégitime ». Malgré ces résistances, la Cour d’assises de Paris s’est déclarée compétente le 21 novembre 2025, rejetant l’exception soulevée par la défense.

L’appel à témoignage de Bemba…

Dans une lettre datée du 16 novembre et adressée à Jean-Pierre Bemba, actuel vice-premier ministre congolais en charge des Transports, Lumbala l’a sollicité pour venir témoigner, même par visioconférence, en sa faveur. Il affirme qu’il n’a exercé aucune autorité militaire directe lors des faits reprochés, mais qu’il avait seulement apposé sa signature sur des accords conclus par Bemba et d’autres responsables. L’objectif : que Bemba éclaire la justice française sur la chaîne de commandement et la nature des ordres donnés en 2002-2003. Roger Lumbala demande aussi que plusieurs anciens cadres de son ancien mouvement soient appelés comme témoins.

Mais selon le greffe de la Cour d’assises de Paris, ni Jean-Pierre Bemba, ni un autre haut responsable congolais – en l’occurrence Constant Ndima – n’ont été formellement cités dans la procédure comme prévenus, témoins ou parties à convocation. Les avocats de Lumbala eux-mêmes ont dit leur surprise face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquant l’implication de Bemba dans l’affaire, le qualifiant de « poison rwandais ».

Justice, vérité… ou impasse ?

Le procès de Roger Lumbala s’inscrit dans un cadre inédit, celui de la compétence universelle, et représente pour beaucoup une opportunité longtemps attendue pour rendre justice aux victimes de l’Est de la RDC. Toutefois, l’issue reste incertaine. Au procès, des noms ne cessent d’être cités, notamment ceux de Jean-Pierre Bemba et du général Constant Ndima, occupant actuellement des responsabilités au sein des institutions du pays.

L’appel à un témoignage de Jean-Pierre Bemba – symbole pour certains d’un lien crucial entre les commanditaires et les exécutants – risque de ne jamais déboucher : la justice française n’a pas retenu son nom dans la procédure, et sa comparution n’est pour l’instant pas envisagée. Jean-Pierre Bemba ne devrait donc pas s’en inquiéter au stade actuel de la procédure. Lui qui avait été jugé à la Cour pénale internationale (CPI) pour des faits de crimes de guerre et crime contre l’humanité prétendument commis en République centrafricaine pendant sa rébellion. Mais l’homme avait été finalement acquitté de ces charges.        

Dans ces conditions, le procès Lumbala pourrait se heurter à un manque de « chaines de responsabilité » claires. Même si des victimes ont témoigné, l’absence de responsables congolais devant la barre pourrait fragiliser la vérité judiciaire. Mais pour les ONG et les parties civiles, le simple fait que des survivants puissent s’exprimer devant un tribunal international constitue déjà une avancée – modeste, mais réelle. Ce procès peut aussi ouvrir la voie à d’autres, surtout pour les crimes documentés dans le rapport Mapping des Nations Unies. Le docteur Denis Mukwege – prix Nobel de la paix – n’a jamais cessé d’évoquer ce document et demandé la fin de l’impunité pour des auteurs cités dans ce rapport. 

Heshima

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