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Guerre dans l’Est de la RDC : face à l’inaction internationale, quelles options pour Kinshasa ?
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2 ans agoon
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La redaction
Depuis novembre 2021, la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à une crise sécuritaire d’une ampleur inédite, exacerbée par la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda. Cette offensive militaire dans l’Est du pays ravive des tensions historiques et aggrave une crise humanitaire et économique déjà préoccupante. Profitant des faiblesses structurelles de l’État congolais et de l’inaction de la communauté internationale, le M23 étend son emprise sur des territoires stratégiques. Heshima Magazine se penche sur les tentatives diplomatiques du gouvernement congolais, explore la perception d’un complot international et examine les options qui s’offrent à Kinshasa.
Dès la reprise des hostilités en 2021, le M23 a exploité les vulnérabilités sécuritaires de l’Est de la RDC pour s’emparer de vastes zones stratégiques. Dans une région déjà fragilisée par des décennies de conflits et de gouvernance défaillante, les rebelles ont rapidement pris le contrôle de plusieurs villes et territoires clés. Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, a une nouvelle fois été la cible du M23, comme en 2012, provoquant des déplacements massifs de populations et une vague de panique. Bukavu, ville frontalière et centre névralgique du Sud-Kivu, est également tombée sous l’emprise des rebelles, privant la région de son rôle crucial en tant que hub commercial. Des localités comme Rutshuru, Kiwanja, Rubaya, une partie de Masisi et Bunagana ont également été conquises, illustrant l’ampleur de l’expansion du M23 dans une région riche en ressources minières, notamment le coltan et d’autres minerais stratégiques.
Cette occupation ne se limite pas à une simple prise de contrôle militaire. Le M23 a mis en place une administration parallèle, instaurant des règles fiscales, un système de taxation sur l’exploitation minière et un dispositif de sécurité propre, préfigurant de manière inquiétante la structuration d’un État. Cette organisation permet aux rebelles de financer leur offensive grâce à l’exploitation des ressources naturelles et de tenter de renforcer leur légitimité auprès des populations locales.
Les tentatives diplomatiques
Face à l’expansion rapide du conflit dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le gouvernement congolais, sous la conduite de sa ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a déployé une série d’initiatives diplomatiques visant à contenir l’offensive des rebelles du M23 et à isoler le Rwanda sur la scène internationale. En dépit des efforts soutenus à l’échelle régionale et mondiale, impliquant des acteurs tels que l’Union africaine, les Nations unies et diverses négociations bilatérales et multilatérales, les tentatives de Kinshasa ont, jusqu’ici, échoué à endiguer l’avancée des groupes armés et à obtenir des sanctions contraignantes contre Kigali.
Dans ce cadre, le gouvernement congolais a multiplié les sommets régionaux. La RDC a ainsi sollicité des discussions au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), mais les résultats se sont révélés insuffisants. L’un des moments clés a été la rencontre de Luanda, en Angola, où des pourparlers ont été lancés pour instaurer un cessez-le-feu et négocier le retrait des forces rwandaises, principaux soutiens du M23. Cependant, ces démarches ont été vite paralysées par des divergences de fond. La position de Kigali, qui insiste pour un dialogue direct avec les rebelles du M23, se heurte à l’opposition ferme de Kinshasa, qui refuse catégoriquement de négocier avec des groupes armés.
Thérèse Kayikwamba Wagner a exprimé fermement la position de son pays lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant l’ingérence étrangère et appelant à un retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais. Malgré une prise de parole vigoureuse, au cours de laquelle la ministre a dénoncé le soutien tacite de certaines puissances occidentales envers Kigali, les résolutions du Conseil de sécurité sont restées sans effet concret. Les mesures adoptées ont manqué de fermeté nécessaire pour infléchir la situation sur le terrain.
Néanmoins, le 18 février 2025, un nouveau tournant diplomatique s’est produit avec l’annonce par le Rwanda de la suspension de son programme d’aide au développement avec la Belgique. Cette décision, justifiée par des désaccords sur la gestion du conflit en RDC, intervient alors que la Belgique envisageait déjà de revoir sa coopération avec Kigali, en réponse aux violations répétées de l’intégrité territoriale congolaise par le Rwanda. En réalité, cette mesure préemptive est une tentative du Rwanda de prendre les devants face à une révision imminente de sa relation avec Bruxelles, notamment dans le cadre de sanctions plus sévères à son encontre. De son côté, la Belgique a confirmé être en train d’ajuster sa politique bilatérale, ce qui renforce la perception de Kigali de se retrouver sous une pression croissante de la communauté internationale.
Malgré l’intensité des efforts diplomatiques déployés, la situation reste figée. Les obstacles sont nombreux : la méfiance profonde entre les parties, la complexité des alliances régionales et l’ingérence constante de puissances extérieures, notamment le Rwanda, ont transformé chaque nouvelle tentative de dialogue en une impasse. Les processus de paix semblent se limiter à des exercices diplomatiques sans impact tangible sur le terrain, laissant présager une prolongation indéfinie de la crise dans l’est de la RDC.
Un complot international contre la RDC ?
Face à l’échec des démarches diplomatiques, nombreux sont ceux qui assimilent la situation en RDC à un complot international. Cette perception se renforce lorsqu’on compare l’attitude des puissances occidentales vis-à-vis de l’agression de la Russie en Ukraine à leur relative inaction concernant le conflit en RDC.
L’agression russe en Ukraine a suscité une réponse immédiate et coordonnée des États occidentaux, incluant des sanctions économiques sévères, une assistance militaire directe et un soutien financier massif à l’Ukraine. Cette réaction rapide et déterminée a mis en lumière la volonté de l’Occident de contrer une menace perçue comme une atteinte directe à l’ordre international.
En revanche, en RDC, malgré des preuves accablantes de l’implication du Rwanda et du soutien actif du pays aux rebelles du M23, la réponse internationale se limite à des condamnations verbales et des appels à la négociation. Cette inaction est perçue comme une forme de complaisance qui maintient la RDC dans une situation de subordination, permettant ainsi à des entreprises étrangères de continuer à exploiter ses ressources naturelles sans entraves au prix des millions de morts congolais.
Les implications géopolitiques et économiques
L’Est de la RDC est l’un des territoires les plus riches du monde en ressources stratégiques, telles que le coltan, le cobalt et le cuivre. Le contrôle de ces ressources est un enjeu géopolitique majeur. Tandis que l’Ukraine bénéficie d’un soutien militaire et économique, la RDC semble souvent reléguée au second plan.
Étonnamment, un protocole d’accord a été signé entre l’Union européenne et le Rwanda en février 2024 sur la fourniture de matières premières critiques, dont le tantale, l’étain, le tungstène, l’or et le niobium. Ce protocole, qualifié de « condamnable » par le président congolais Félix Tshisekedi, permettrait au Rwanda d’exporter vers l’Union européenne des produits miniers qu’il ne possède pas, mais qu’il pille illégalement en RDC, notamment à travers le M23. Le Parlement européen a voté une résolution appelant à suspendre immédiatement cet accord en raison de l’implication directe du Rwanda dans la guerre.
Options non militaires
Face à l’échec des solutions diplomatiques et militaires traditionnelles, quelles options restent à Kinshasa pour restaurer la paix sur son territoire ? La réponse ne peut se limiter à une escalade de la violence. Elle doit inclure une réflexion stratégique sur l’usage d’outils de pression économiques et diplomatiques.
La RDC pourrait envisager de mettre en difficulté certaines entreprises occidentales opérant sur son sol, tant dans le secteur minier que dans d’autres secteurs stratégiques, par le biais de sanctions ciblées ou de révisions de contrats. L’objectif serait d’utiliser la menace de retrait d’investissements, la révision des partenariats économiques ou la suspension temporaire de l’octroi de licences d’exploitation minière pour forcer ces entreprises à pousser leurs États à sanctionner durement le Rwanda afin de rapidement mettre fin à la guerre.
Premier pays francophone au monde en termes de démographie, la RDC pourrait menacer de quitter la Francophonie, ce qui aurait un impact diplomatique sans précédent pour la France. Sans une réponse ferme et structurée, la guerre de l’Est risque de s’enliser, et la RDC pourrait continuer à subir une agression qui menace son intégrité et sa stabilité.
Des exemples historiques, comme l’utilisation du pétrole par l’Arabie Saoudite dans les années 1970, montrent qu’une telle stratégie peut, dans certains cas, modifier les rapports de force internationaux.
Kinshasa pourrait aussi menacer de suspendre temporairement l’octroi de licences d’exploitation minière aux entreprises occidentales tant que celles-ci ne pousseront pas leurs pays à mettre fin à la guerre du M23 soutenu par le Rwanda. Cette approche obligerait les Occidentaux à adopter une posture plus ferme contre le Rwanda pour obtenir l’arrêt total de la guerre et le retrait des troupes rwandaises et de leurs supplétifs du M23 de la RDC. Le pays pourrait également revoir ses politiques contractuelles en menaçant de rediriger ses partenariats commerciaux vers des alliés plus aptes à le soutenir dans cette guerre.
Pour ce faire, la RDC pourrait d’abord cibler des entreprises clés opérant dans des secteurs stratégiques comme les mines et la télécommunication, en ajustant ses politiques fiscales ou en imposant des taxes supplémentaires sur les ressources naturelles utilisées dans le cadre de la guerre. Une telle approche graduelle, avec des sanctions modulées en fonction des réactions des entreprises, pourrait limiter les éventuelles pertes économiques de la RDC tout en exerçant un levier sur les puissances internationales, qui dépendent de ces ressources.
Enfin, diversifier ses partenariats économiques avec des pays émergents ou des entreprises non occidentales permettrait à la RDC de réduire sa dépendance vis-à-vis des grandes puissances et de renforcer sa position de négociation pour faire pression sur le Rwanda et ses alliés dans la région.
Vers une diplomatie coercitive pour une paix durable ?
La crise de l’Est de la RDC est bien plus qu’un simple conflit régional. Elle reflète un déséquilibre géopolitique profond, marqué par l’ingérence étrangère et l’exploitation illégale des ressources naturelles d’un pays riche, mais fragilisé par des décennies de conflits. Face à l’impasse actuelle, la RDC se trouve dans l’obligation de repenser sa stratégie. Plutôt que de continuer à se contenter de démarches diplomatiques qui tardent à porter des fruits, Kinshasa pourrait envisager une diplomatie coercitive, en usant de leviers économiques et diplomatiques pour forcer la communauté internationale à respecter la souveraineté congolaise.
Bien que cette approche comporte certains risques, elle pourrait constituer une alternative viable dans un contexte où les options militaires ne suffisent plus à garantir la souveraineté et la stabilité du pays. La RDC doit, dans ce cadre, adopter une stratégie pluridimensionnelle, combinant réponse militaire, diplomatie exigeante et pressions économiques ciblées contre les entreprises des puissances occidentales présentes sur son sol pour restaurer la paix et redonner au pays son droit au développement.
Dans le passé, certains pays ont démontré l’efficacité de cette approche de pression économique. Par exemple, l’Algérie, après son indépendance, a utilisé sa position de producteur de pétrole pour faire pression sur la France et d’autres puissances occidentales afin d’obtenir des concessions diplomatiques. De même, l’Angola a utilisé sa production de pétrole et de diamants pour influencer les puissances internationales et mettre un terme à la guerre civile dans les années 1990.
Le Venezuela sous Hugo Chávez a également menacé de perturber le marché mondial du pétrole pour faire pression sur les États-Unis et d’autres pays, contribuant ainsi à la signature de l’accord nucléaire de 2015. Même la Russie, en réponse à des sanctions économiques, a utilisé son contrôle sur l’approvisionnement en gaz en Europe pour influencer les décisions diplomatiques.
Le cas de l’Afrique du Sud durant l’apartheid illustre également l’utilisation de pressions économiques. Le pays a joué sur ses ressources stratégiques (comme l’or et les diamants) pour manipuler les puissances occidentales et leur faire adopter des politiques moins sévères face au régime de l’apartheid. Enfin, le Nigéria, en menaçant de réduire ses exportations de pétrole, a obtenu un soutien diplomatique sur son développement malgré les critiques sur sa gouvernance interne.
Ces exemples montrent qu’un pays, même dans une position de faiblesse apparente, peut recourir à des leviers économiques pour forcer un changement dans les relations internationales, à condition que cette stratégie soit utilisée de manière ciblée et mesurée.
Une alternative pour rétablir la paix en RDC
Face à l’impasse des solutions diplomatiques traditionnelles et à l’inaction internationale, la RDC pourrait se tourner vers deux approches principales pour restaurer la paix : d’une part, des pressions économiques ciblées, en utilisant des leviers tels que des sanctions contre les entreprises des grandes puissances occidentales, qui, bien qu’en position de contraindre le Rwanda à mettre fin au conflit, choisissent de ne pas agir ; d’autre part, le recours aux instruments du droit international, notamment par l’activation des mécanismes de l’ONU pour dénoncer les violations des droits humains et du droit humanitaire, afin d’obtenir des sanctions internationales contre les responsables du conflit.
Cette double stratégie viserait à renforcer la position de la RDC sur la scène internationale, en mettant à profit les leviers économiques et diplomatiques pour faire pression sur ceux qui, malgré leur pouvoir, restent passifs face à la crise. L’objectif final serait de restaurer la souveraineté du pays tout en respectant les principes du droit international, sans recourir à la force militaire.
Heshima
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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais
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1 semaine agoon
septembre 10, 2026By
La redaction
Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC.
Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.
Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.
La montée en puissance des recettes fiscales
Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.
Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.
La révolution silencieuse de la numérisation
L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.
Les réformes fiscales de 2026 : un tournant
L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.
Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.
Barnabé Muakadi, l’homme des résultats
S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.
Vers une souveraineté financière ?
Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.
L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.
Heshima Magazine
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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation
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2 mois agoon
juillet 7, 2026By
La redaction
Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.
Le retour d’un géant endormi
Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.
Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.
Un Mondial qui change tout
Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).
Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.
Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.
Les enseignements d’une expérience unique
Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.
Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.
Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?
L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.
Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».
Le défi de la régularité
Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.
Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.
Heshima Magazine
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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
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3 mois agoon
juillet 6, 2026By
La redactionUne délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.
Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.
Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.
Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?
Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.
Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.
Les prémices d’un dialogue inclusif ?
Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.
Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
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