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RDC : Quand Kamitatu réveille les démons du fédéralisme
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La redaction
Un débat sur le fédéralisme, vieux de plus de 60 ans, a refait surface depuis le 11 avril 2025 en République démocratique du Congo (RDC). Dans une tribune publiée par un média belge et signée de la main d’Olivier Kamitatu, porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, l’auteur a plaidé pour un dialogue national inclusif en vue de l’adoption de réformes constitutionnelles pouvant aboutir à un État fédéral. Une réflexion qui a suscité une levée de boucliers même dans le camp des opposants au président Félix Tshisekedi. Heshima Magazine revient sur les raisons qui motivent le rejet d’une telle réforme et les risques de balkanisation qui en résultent.
Olivier Kamitatu Etsu a jeté le pavé dans la mare en soulevant un débat qui, au fil des années, a pris la forme d’un tabou en RDC. Et ce n’est pas pour rien ! Les Congolais gardent encore un souvenir amer du fédéralisme des années 60. Aujourd’hui, ceux qui sont âgés de 80 ans ou plus peuvent encore se souvenir des tumultes politiques qui ont suivi l’indépendance du pays. Soixante-cinq ans après la sécession katangaise, Olivier Kamitatu pense que le fédéralisme représente une voie réaliste et nécessaire pour construire un Congo uni, prospère et pacifique, où chaque région jouerait un rôle actif dans le destin commun. L’ancien président de l’Assemblée nationale constate également que la centralisation excessive de la gouvernance freine le développement du pays, malgré ses immenses richesses naturelles et culturelles.
Le porte-parole de Katumbi note que la décentralisation promise par la Constitution de 2006 est restée inefficace. Les provinces dépendent toujours de Kinshasa pour leurs ressources et décisions. Face à un tel échec du modèle unitaire, il propose une fédéralisation basée sur six grandes régions historiques : Orientale, Équateur, Kongo, Kasaï, Katanga et Kivu. Selon lui, ce système offrirait une autonomie constitutionnelle avec des institutions régionales robustes, permettant une meilleure gestion des ressources et une gouvernance adaptée aux réalités locales. Kamitatu soutient que ce modèle valoriserait la diversité culturelle du pays, avec ses 250 groupes ethniques et 400 dialectes, tout en garantissant une répartition équitable des revenus : 60 % pour les régions, 30 % pour l’État fédéral et 10 % pour un fonds d’égalisation.
Mais son argumentaire n’a pas tenu le temps d’un seul week-end, avant d’être battu en brèche par d’autres Congolais. La première à allumer la mèche, c’est une Kabiliste : Marie-Ange Mushobekwa. À travers une réflexion publiée sur les réseaux sociaux, le dimanche 13 avril, elle a fait savoir que la RDC devrait conserver son système actuel d’État unitaire fortement décentralisé, tel que défini par la Constitution. La présidente du Mouvement pour la cohésion nationale (MCN) et cadre du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila pense que la situation actuelle du pays n’est pas due à la forme de l’État, mais plutôt au non-respect de la Constitution et à la mauvaise gestion des institutions. « Nous ne sommes pas encore assez mûrs pour le fédéralisme. Celui-ci va consacrer la balkanisation de notre pays », a averti Marie-Ange Mushobekwa. En faisant cette intervention, l’ancienne ministre des Droits humains lâche un mot tout aussi vieux dans le vocabulaire politique en RDC : la balkanisation. Un mot qui réveille les démons des années sécessionnistes.
Quand Lumumba alertait contre le fédéralisme…
Au lendemain de l’indépendance de la RDC, le pays fonctionnait pourtant avec un système fédéral. Le pays était régi ainsi avant l’adoption d’une constitution propre au Congo indépendant, celle de Luluabourg (adoptée en août 1964). Mais le communautarisme qui caractérisait déjà les leaders politiques de l’époque et le repli identitaire ont été perçus comme un ferment pour la balkanisation du pays au cas où le fédéralisme était gardé comme forme de l’État. Celui qui deviendra le tout premier Premier ministre du pays, Patrice Emery Lumumba, voyait déjà ce danger venir. Avant même l’indépendance du pays, le Sud-Kasaï a fait sécession le 14 juin 1960. Le Katanga emboîtera le pas quelques jours plus tard après l’indépendance, soit le 11 juillet 1960. « Lumumba avait observé le pays et trouvait qu’il n’y avait que des organisations tribales comme la CONAKAT ou l’ABAKO [Alliance des Bakongo]. Il n’y avait pas vraiment des partis nationalistes. C’est ainsi qu’il avait créé le Mouvement national Congolais (MNC) pour réunir tous les Congolais et éviter le risque de partition de la RDC », avait expliqué Barthélemy Okito, président de la Ligue nationale des Anamongo. Ce que craignait Lumumba avait fini par arriver avec ces deux sécessions, surtout celle du Katanga menée par Moïse Tshombe, leader de la Confédération des associations tribales du Katanga (CONAKAT). « Sous le camouflage du mot fédéralisme, on veut opposer les populations du Congo […]. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que ceux qui préconisent le fédéralisme, préconisent en réalité le séparatisme », avait déclaré Patrice Emery Lumumba.
Moïse Tshombe vaincu mais pas son fédéralisme
Après la mort de Lumumba, la liquidation du Katanga sécessionniste était devenue la priorité du gouvernement du nouveau Premier ministre Cyril Adoula. Moïse Tshombe, qui trônait à la tête d’un État sécessionniste riche en minerais et protégé par des mercenaires européens, bénéficiait encore du soutien tacite de la Belgique et des grandes compagnies minières. En novembre 1961, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 169, autorisant l’usage de la force pour rétablir l’unité du Congo. Les Casques bleus de l’ONUC mènent plusieurs opérations. Après des combats intenses, les forces katangaises sont vaincues, et Tshombe capitule le 15 janvier 1963, mettant fin à 28 mois de sécession. Malgré sa capitulation, Tshombe n’abandonnera pas ses idéaux sécessionnistes. Devenu Premier ministre du gouvernement central, il fera tout pour patronner les assises de Luluabourg ayant conduit à la rédaction de la Constitution d’août 1964. Cette Constitution, dite de « Luluabourg », a repris la forme d’un État fédéral au régime parlementaire, le multipartisme et un Parlement à deux chambres. Ce qui était pour Tshombe une forme légale et pudique de rechercher encore l’autonomie de son Katanga. Mais avec le coup d’État opéré par le maréchal Mobutu, le 24 novembre 1965, ce projet d’État fédéral mourra avec la suspension de la Constitution de Luluabourg par le nouveau maître du lieu.
Olivier Kamitatu dépoussière un vieux débat
Ce vieux débat autour du fédéralisme avait continué à exister avec notamment la génération de 13 parlementaires dont Gabriel Kyungu Wa Kumwanza et Etienne Tshisekedi. Ce dernier, après avoir observé plusieurs replis identitaires dans le pays surtout chez certains partisans du fédéralisme, estimera que le pays n’était pas encore prêt pour une telle option, disant même avoir « peur de ce mot ». Après la génération de Kyungu, Olivier Kamitatu vient dépoussiérer ce débat, réveillant des vieux démons. Pourtant, le pacte républicain actuel issu du dialogue de Sun City a traité cette question du fédéralisme. La Constitution actuelle a pris en compte les aspirations du fédéralisme et celles de l’unitarisme pour créer une forme de l’État « hybride », conciliant les deux tendances. C’est « le juste milieu pour tout le monde », estime Marie-Ange Mushobekwa, mettant en valeur le côté fortement décentralisé de l’État comme un élément du fédéralisme intégré dans la constitution qu’il faut simplement respecter et « appliquer pleinement ».
La crainte d’un membre du PPRD
De son côté, Patrick Nkanga s’oppose aussi à l’idée du fédéralisme. Ce rapporteur du bureau politique du PPRD, le parti de Joseph Kabila, craint que le fédéralisme engendre la balkanisation du pays, estimant que le peuple congolais n’est pas encore mature pour cette forme de l’État. « Si la décentralisation a été perçue à tort, dans notre société, comme la politique du ‘chacun chez soi’ qu’en sera-t-il du fédéralisme ? », s’est-il interrogé. Pour lui, le niveau de maturité de la société congolaise « ne permet aucunement une telle option à ce stade ». Il pense que la forme actuelle de l’État est la résultante du Pacte républicain de Sun City qui, selon lui, est « profondément altéré » par des dirigeants. Patrick Nkanga pense qu’il faut juste respecter cette Constitution.
Les risques de l’éclatement du Congo
Si le fédéralisme peut présenter certains avantages en termes de gestion des entités, il est cependant perçu comme la porte d’à côté de l’éclatement d’un pays surtout si les fondements de la nation sont encore fragiles. Et la RDC est encore sur la liste des pays qui présentent de tels risques. Pour Teddy Mfitu, chercheur et consultant sénior au cabinet Congo Investissement Consulting Partners (CICPAR), le fédéralisme peut être une route tracée vers la partition dans le cas du Congo. Ce chercheur énumère des pays qui ont opté pour le fédéralisme et ont fini par disparaître les années qui ont suivi un tel choix de gouvernance.
Le fédéralisme soviétique (URSS), loin d’être un trophée, s’est révélé comme un fardeau qui a accéléré la désintégration de l’empire des Tsars, a-t-il rappelé. La Yougoslavie, ajoute-t-il, avait établi un système fédéral complexe. Cette nation dirigée par Josip Broz Tito a opté pour un État fédéré avec six républiques et deux provinces autonomes. Ce système, conçu pour gérer la diversité ethnique et nationale, s’est transformé en une machine à fragmenter lorsque les contrôles centraux se sont relâchés après la mort de Tito. Aujourd’hui, la Yougoslavie appartient au passé.
Selon ce chercheur, la Tchécoslovaquie a adopté un système fédéral en 1969, divisant le pays en deux républiques fédérées (Tchèque et Slovaque). Ce système, conçu pour apaiser les tensions entre les deux entités, a, en réalité, institutionnalisé leurs différences et créé des structures politiques parallèles qui ont rendu la partition de 1993 (« le divorce de velours ») presque inévitable. Là encore, le fédéralisme a été un prélude à la dislocation.
S’agissant des risques de l’éclatement du Congo, Teddy Mfitu prend l’exemple des mouvements comme le Bundu dia Kongo (BDK) qui s’inscrit déjà « dans une tradition ethno-messianiste », cela pourrait être exacerbée par un système fédéral. Il en est de même pour les Bakata Katanga. Ces quelques exemples historiques montrent que le fédéralisme, loin d’être une panacée, peut se transformer en fardeau insupportable pour des États fragiles. « L’état actuel de la nation congolaise ne permet pas de prendre un risque inconsidéré », a-t-il prévenu.
Un débat qui divise profondément
Le débat relancé par Kamitatu a suscité des réactions virulentes, révélant des fractures profondes au sein de la classe politique et de la société congolaise. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a qualifié la proposition de Kamitatu de « distraction » dans le contexte actuel, marqué par des crises sécuritaires et humanitaires, notamment dans l’est du pays. Il a suggéré que le débat sur le fédéralisme pourrait dissimuler des intentions de balkanisation, accusant ses promoteurs de vouloir « diviser le pays au moment où il a besoin d’unité ». Muyaya a insisté sur le fait que la Constitution actuelle, avec sa décentralisation, offre un cadre suffisant si elle est correctement appliquée.
Eugène Diomi Ndongala, président du parti Démocratie Chrétienne, a rejeté catégoriquement l’idée du fédéralisme, estimant qu’elle violerait l’article 220 de la Constitution, qui protège les principes fondamentaux de l’État unitaire. « Le fédéralisme, dans le contexte actuel, est une chimère qui risque de consacrer la partition du pays », a-t-il déclaré, appelant à une réforme de la gouvernance dans le cadre unitaire existant.
À Kinshasa, les habitants interrogés par Actualité.cd expriment des avis partagés. Certains, comme Mireille N., une commerçante, soutiennent l’idée d’une meilleure gestion locale des ressources, mais craignent que le fédéralisme n’accentue les divisions ethniques. D’autres, comme Joseph K., un enseignant, rejettent l’idée, affirmant que « le Congo a besoin d’unité, pas de fragmentation ». Ces réactions montrent que le débat dépasse les cercles politiques et touche le vécu quotidien des Congolais.
Jean-Thierry Monsenepwo, dans une tribune publiée sur Dépêche.cd, va plus loin en accusant les partisans du fédéralisme de « faire le jeu des puissances étrangères » qui chercheraient à affaiblir la RDC. Il soutient que l’État unitaire, malgré ses imperfections, reste le meilleur rempart contre les velléités séparatistes, surtout dans un contexte où l’est du pays est sous la menace du M23 et du Rwanda voisin. Monsenepwo appelle à une réforme profonde de l’État unitaire, avec une décentralisation effective, plutôt qu’un saut risqué vers le fédéralisme.
Christian Malamba, dans une tribune pour Le Potentiel, qualifie le fédéralisme de « fausse solution » à un vrai problème congolais. Il argue que les défis de la RDC – pauvreté, insécurité, mauvaise gouvernance – ne découlent pas de la forme de l’État, mais d’un manque de volonté politique et de respect des lois. « Le fédéralisme, dans un pays où l’unité nationale est encore fragile, risque de transformer chaque région en un fief autonome, minant la cohésion nationale », écrit-il.
Rodrigue Ramazani, président de la Nouvelle société civile congolaise, met en garde contre les « chimères fédéralistes », affirmant que la RDC n’a pas les infrastructures ni la maturité politique pour un tel système. Il plaide pour une décentralisation mieux appliquée, avec un transfert réel de compétences et de ressources aux provinces, comme prévu par la Constitution.
René Mayilukila, analyste politique, souligne les dangers d’une décentralisation mal maîtrisée, qui pourrait servir de tremplin au fédéralisme. Il cite l’exemple du découpage territorial de 2015, qui a multiplié les provinces sans leur donner les moyens de fonctionner, créant des entités administratives faibles et dépendantes de Kinshasa. « Passer au fédéralisme sans une préparation rigoureuse, c’est ouvrir la voie à l’instabilité », prévient-il.
Un timing controversé
Le choix de Kamitatu de relancer ce débat en pleine crise sécuritaire dans l’est du pays, où le M23 contrôle des pans entiers du Nord-Kivu, est perçu comme maladroit, voire suspect. Prince Epenge, de la coalition LAMUKA, a qualifié l’initiative de « provocatrice », accusant ses promoteurs de vouloir « consacrer la balkanisation » au moment où la RDC lutte pour restaurer sa souveraineté. « Parler de fédéralisme alors que nous perdons le contrôle du Kivu, c’est danser sur les tombes des martyrs de l’unité nationale », a-t-il déclaré.
En réalité, la plupart des chantres du fédéralisme cachent mal un sentiment séparatiste. Olivier Kamitatu, voulant peut-être faire plaisir à son leader, Moïse Katumbi, a ressuscité un débat qui porte les germes de la décrépitude du Congo. Cela, au moment où le pays a perdu une partie de sa souveraineté dans les Kivu. Le timing choisi par ce fils d’un des pionniers de l’indépendance n’est donc pas innocent. Les Congolais, marqués par leur histoire tumultueuse, restent méfiants face à une proposition qui, sous des airs de modernité, pourrait raviver les blessures du passé et menacer l’unité d’un pays déjà fragilisé.
Heshima
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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais
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3 heures agoon
septembre 10, 2026By
La redaction
Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC.
Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.
Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.
La montée en puissance des recettes fiscales
Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.
Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.
La révolution silencieuse de la numérisation
L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.
Les réformes fiscales de 2026 : un tournant
L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.
Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.
Barnabé Muakadi, l’homme des résultats
S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.
Vers une souveraineté financière ?
Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.
L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.
Heshima Magazine
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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation
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2 mois agoon
juillet 7, 2026By
La redaction
Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.
Le retour d’un géant endormi
Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.
Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.
Un Mondial qui change tout
Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).
Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.
Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.
Les enseignements d’une expérience unique
Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.
Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.
Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?
L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.
Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».
Le défi de la régularité
Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.
Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.
Heshima Magazine
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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
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2 mois agoon
juillet 6, 2026By
La redactionUne délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.
Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.
Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.
Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?
Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.
Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.
Les prémices d’un dialogue inclusif ?
Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.
Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
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