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17 mai 1997 : le point de bascule entre le Zaïre et la RDC
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La redaction
La République démocratique du Congo (RDC) va commémorer, ce 17 mai 2025, la journée des Forces armées (FARDC). Une date qui rappelle également l’entrée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1997. Ce point de basculement du pays, passant de Zaïre à la RDC, avait suscité de l’espoir au sein de la population. Un espoir qui oscille entre des conflits armés et des compromis politiques. Heshima Magazine revient sur certains faits marquant cette libération de l’ex-Zaïre.
Le 17 mai 1997 marque la chute du régime du président Mobutu, renversé par la rébellion de l’AFDL menée par Laurent-Désiré Kabila, avec le soutien de ses alliés rwandais, ougandais et burundais. Ce jour-là, des enfants-soldats âgés de 10 à 14 ans, encadrés par des éléments de l’armée rwandaise, faisaient une entrée triomphale dans la capitale zaïroise. Venus à pied, principalement de Bukavu et de Goma, ces adolescents surnommés « Kadogo » défilaient dans les rues de Kinshasa, portant sur leur dos armes et munitions, sous les applaudissements de riverains soulagés de voir s’effondrer la dictature du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti-État de Mobutu. Ces troupes, composées en grande partie d’enfants, avaient traversé le pays d’est en ouest pendant sept mois. Mais ce que beaucoup ignoraient alors, c’est que ces hommes, accompagnés de soldats rwandais, inauguraient un cycle infernal de violences et d’instabilité qui, vingt-huit ans plus tard, se poursuit encore.
Création de l’AFDL (1996)
Fondée en octobre 1996 dans l’Est du Zaïre, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) est née de la fusion de plusieurs mouvements rebelles à l’origine de la Première Guerre du Congo (1996–1997). Elle regroupait le Parti de la révolution populaire (PRP) de Laurent-Désiré Kabila, le Conseil national de résistance pour la démocratie (CNRD) d’André Kisase Ngandu, le Mouvement révolutionnaire pour la libération du Zaïre (MRLZ) d’Anselme Masasu Nindaga, ainsi que le Groupe des nationalistes et fédéralistes congolais (GNFC). Ces forces politico-militaires, réunies sous la bannière de l’AFDL, ont bénéficié d’un appui militaire et politique sans réserve de la part du Rwanda et de l’Ouganda. Dans une moindre mesure, le Burundi et l’Angola ont également apporté leur soutien à la rébellion.
Mainmise du Rwanda à travers James Kabarebe
Le 17 mai 1997, les troupes de l’AFDL entrent sans grande résistance dans Kinshasa. La veille, le maréchal Mobutu avait déjà fui le pays, trouvant refuge d’abord au Togo, puis au Maroc. Le 29 mai, au stade des Martyrs, Laurent-Désiré Kabila est investi président de la République. Dans la foulée de cette prise de pouvoir, il met fin à l’appellation « Zaïre » : la nation reprend le nom de République démocratique du Congo (RDC). Il suspend la Constitution, interdit les partis politiques et concentre tous les pouvoirs entre ses mains.
Le premier gouvernement est largement dominé par des cadres de l’AFDL et des proches du nouveau président. Des ressortissants rwandais se voient confier des postes stratégiques, notamment la direction de l’armée avec le colonel James Kabarebe. Le ministère des Affaires étrangères échoit également à Bizima Karaha, présenté à l’époque comme Congolais, mais que Kabila découvrira plus tard comme étant de nationalité rwandaise.
« Les annales de l’histoire nationale retiennent désormais que parmi les principaux dirigeants de l’AFDL figuraient deux Rwandais, à savoir Déogratias Bugera et Bizima Karaha. Mais, par naïveté ou amateurisme politique, les dignitaires congolais de l’AFDL s’étaient évertués à les présenter sous l’étiquette de compatriotes », écrivait en 2021 le journaliste Jacques Kimpozo du journal Le Phare.
Bien que l’AFDL ait été officiellement dirigée par Laurent-Désiré Kabila, le véritable commandement militaire relevait de James Kabarebe, officier rwandais mandaté par Kigali. Il dirigeait les opérations sur le terrain, planifiait les offensives et coordonnait à la fois les troupes rwandaises et les forces de l’AFDL. C’est lui qui orchestre la progression fulgurante de la rébellion, depuis le Sud-Kivu en octobre 1996, en passant par Kisangani et Lubumbashi, jusqu’à Kinshasa, conquise le 17 mai 1997 après la prise stratégique de Kenge.
Ces victoires furent rendues possibles grâce à une coalition composée de troupes rwandaises, ougandaises et de milices locales encadrées par Kabarebe, qui rendait compte directement à Paul Kagame, chef du Front patriotique rwandais (FPR), resté à Kigali. Outre la conduite des opérations militaires, Kabarebe avait pour mission de neutraliser les camps de réfugiés hutus en RDC, dans le cadre d’un plan plus large de Kigali visant à démanteler les ex-FAR (Forces armées rwandaises accusées de génocide) et à surveiller les alliances congolaises suspectes.
Il encadrait également Laurent-Désiré Kabila, considéré par Kigali comme un allié utile mais peu fiable. Quelques mois plus tard, Kabarebe est nommé chef d’état-major des Forces armées congolaises (FAC), preuve manifeste de l’influence rwandaise sur le nouveau pouvoir. Il en profite pour restructurer l’armée avec l’appui d’officiers rwandais et de combattants banyamulenge, ces Tutsis congolais dont certains étaient acquis à la cause de Kigali.
Kabila rompt son alliance avec les Rwandais et les Ougandais
Accusés de massacres et de pillages de ressources tout au long de la conquête du Zaïre, les Rwandais et les Ougandais seront rapidement dénoncés. Le régime de Laurent-Désiré Kabila prend alors ses distances avec ses anciens alliés, provoquant des tensions croissantes entre Kinshasa, Kigali et Kampala. Ces frictions débouchent, dès 1998, sur la Deuxième Guerre du Congo (1998-2003), souvent qualifiée de « guerre mondiale africaine » en raison de l’implication de plusieurs États de la région, dont le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, le Zimbabwe, la Namibie et l’Angola.
Ce conflit, l’un des plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, culmine avec l’assassinat du président Kabila le 16 janvier 2001. Son fils, Joseph Kabila, lui succède et amorce, en 2003, un processus de paix visant à mettre fin à la guerre. À cette époque, l’est du pays est sous contrôle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), rébellion pro-Kigali dirigée par Wamba dia Wamba, mais fortement influencée par Azarias Ruberwa et Moïse Nyarugabo. L’ouest, quant à lui, est partiellement conquis par le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, tandis que le RCD-K-ML s’impose dans le nord de la province du Nord-Kivu.
C’est dans ce contexte éclaté qu’est organisé le dialogue intercongolais (2002–2003) à Sun City, en Afrique du Sud. Ce processus réunit les principales forces politiques et militaires du pays, rébellions, opposition, majorité et aboutit à la réunification officielle de la RDC. Mais celle-ci reste fragile : le pays ne sort pas pour autant du cycle de violences imposé par l’ingérence persistante de Kigali et de Kampala.
Un jour de libération aux conséquences macabres
La progression de l’AFDL vers Kinshasa s’est accompagnée de lourdes pertes civiles. Dans les zones reprises aux Forces armées zaïroises (FAZ), la rébellion a été accusée d’exécutions sommaires de soldats et de policiers capturés, ainsi que de massacres de civils dans plusieurs villes, dont Kisangani, Mbandaka et Kindu. Ces populations étaient souvent soupçonnées de loyauté envers Mobutu ou d’hostilité à l’égard des Banyamulenge, les Tutsis congolais alliés à l’AFDL. Le recours à la terreur a été utilisé comme moyen de domination pour asseoir le nouveau pouvoir.
Parallèlement, dans le contexte post-génocide rwandais de 1994, près de deux millions de réfugiés hutus, dont de nombreux responsables du génocide, s’étaient installés dans l’est du Zaïre. L’AFDL, avec l’appui direct de l’armée rwandaise, a mené une traque systématique de ces réfugiés. Les camps de Mugunga, Kibumba, Katale et Lac Vert, situés dans le Kivu, ont été bombardés et détruits.
Des dizaines de milliers de civils hutus non armés, dont des femmes et des enfants, ont péri au cours de leur fuite à travers la forêt congolaise. Selon les estimations des Nations unies, entre 200 000 et 300 000 réfugiés hutus sont morts lors de cette traque : tués dans les massacres, morts de faim, de maladie ou exécutés sommairement.
Dans son rapport « Mapping » publié en 2010, l’ONU recense 617 incidents violents majeurs survenus en République démocratique du Congo entre 1993 et 2003. Ce document de 550 pages dresse un tableau accablant : massacres systématiques, viols de masse, villages rasés, exécutions sommaires. Il avance que certaines attaques ciblant les réfugiés hutus pourraient, si elles étaient prouvées devant un tribunal compétent, être qualifiées de crimes de génocide. « Des femmes enceintes étaient éventrées, des nourrissons écrasés, des fosses communes découvertes en pleine brousse », rapporte notamment le document.
Dans un rapport antérieur intitulé Zaïre : What Kabila is Hiding (1997), l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait déjà accusé l’AFDL d’avoir dissimulé des massacres commis par les forces armées rwandaises contre des civils. L’ONG dénonçait des attaques délibérées contre des réfugiés et des populations non combattantes, orchestrées conjointement par les troupes de Laurent-Désiré Kabila et leurs alliés rwandais.
Jusqu’à aujourd’hui, aucun procès international n’a été instruit pour ces crimes. La complexité diplomatique de la région, conjuguée au refus des États impliqués, a bloqué toute tentative de justice internationale.
« Devant de tels faits, aucun Congolais conscient ne peut tolérer une insurrection parrainée par le Rwanda ou l’Ouganda, sauf les plus naïfs », écrit un écrivain congolais, revenant sur les épisodes sanglants imputés à Kigali, de l’AFDL à la rébellion actuelle du M23.
Heshima
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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais
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1 mois agoon
septembre 10, 2026By
La redaction
Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC.
Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.
Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.
La montée en puissance des recettes fiscales
Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.
Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.
La révolution silencieuse de la numérisation
L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.
Les réformes fiscales de 2026 : un tournant
L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.
Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.
Barnabé Muakadi, l’homme des résultats
S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.
Vers une souveraineté financière ?
Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.
L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.
Heshima Magazine
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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation
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3 mois agoon
juillet 7, 2026By
La redaction
Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.
Le retour d’un géant endormi
Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.
Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.
Un Mondial qui change tout
Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).
Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.
Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.
Les enseignements d’une expérience unique
Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.
Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.
Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?
L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.
Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».
Le défi de la régularité
Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.
Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.
Heshima Magazine
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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
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4 mois agoon
juillet 6, 2026By
La redactionUne délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.
Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.
Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.
Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?
Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?
Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?
Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.
Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.
Les prémices d’un dialogue inclusif ?
Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.
Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Heshima Magazine




























































