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Un vent de réformes en Afrique : Les anciens dirigeants doivent désormais rendre des comptes

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L’Afrique amorce un tournant décisif : d’anciens présidents, ministres et hauts responsables, de la Mauritanie à la RDC, sont désormais rattrapés par la justice pour corruption, crimes de guerre ou abus de pouvoir. Ces poursuites marquent une rupture avec l’impunité passée et rappellent que nul n’est au-dessus des lois. En RDC, où certains jouent sur le terrain dangereux de la division tribale dans l’intention de discréditer la justice, l’enjeu est particulièrement fort. Une justice impartiale est essentielle pour renforcer la démocratie, restaurer la confiance citoyenne et poser les bases d’un avenir durable.

Mauritanie : un verdict qui brise l’impunité

En Mauritanie, la condamnation de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz à quinze ans de prison, prononcée le 15 mai 2025 par la Cour d’appel de Nouakchott, constitue un jalon historique. Accusé d’abus de pouvoir, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent, Aziz aurait accumulé une fortune illégale de 70 millions de dollars à travers des sociétés écrans et des comptes offshore, comme l’ont révélé des preuves solides, notamment des transactions via BGFIBank. Cette sentence, alourdissant une peine initiale de cinq ans, s’accompagne d’une amende de 3 millions de dollars et de la confiscation de ses avoirs. Bien que ses avocats dénoncent un procès politique lié à son différend avec son successeur, Mohamed Ould Ghazouani, ce verdict est un signal puissant. Un commerçant de Nouakchott s’exclame : « Enfin, un président doit rendre des comptes ! Cela montre que la justice peut fonctionner, même pour les puissants. » Ce précédent doit inciter tous les anciens dirigeants à agir avec intégrité, sachant que leurs actions seront scrutées et jugées.

RDC : un test décisif pour la justice et l’unité nationale

En République démocratique du Congo (RDC), les poursuites contre l’ancien président Joseph Kabila et l’ex-Premier ministre Augustin Matata Ponyo incarnent à la fois l’espoir d’une justice sans compromis et les défis d’un pays fracturé. Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a requis le 1er mai 2025 la levée de l’immunité de sénateur à vie Joseph Kabila pour des accusations de haute trahison et de soutien au groupe rebelle M23, actif dans l’Est du pays. Ces soupçons sont alimentés par des éléments troublants : Kabila aurait été à Goma, une ville sous contrôle du M23, en provenance de Kigali, la capitale rwandaise, un choix perçu comme une provocation. The Africa Report note que ce passage, dans une zone où le Rwanda est accusé d’ingérence, renforce les allégations de connivence avec Paul Kagame. Des rencontres entre des proches de Kabila et des figures ayant dialogué avec Kagame, ainsi que l’implication de son proche, Corneille Nangaa, un allié dans une coalition incluant le M23, aggravent ces accusations.

Les activités du parti de Kabila, le PPRD, a été suspendu le 20 avril 2025 par le ministre de l’Intérieur, qui a également requis sa dissolution pour « silence complice » face à l’occupation par le M23, selon Al Jazeera. Le gouvernement a ordonné la saisie des biens de Kabila et de ses proches, et des perquisitions ont visé ses propriétés à Kinshasa. Bien que Kabila nie tout lien avec le M23, son silence face à ces accusations et son retour controversé à Goma alimentent les spéculations. Un ouvrier de Goma s’indigne : « Si Kabila soutient les rebelles, il doit être jugé avec des preuves. Tous nous sommes égaux devant la loi. » Ces poursuites, si elles aboutissent, pourraient marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité en RDC, à condition qu’elles soient menées avec rigueur et transparence.

Augustin Matata Ponyo, jugé depuis août 2023 pour le détournement de 205 millions de dollars dans le projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, incarne un autre exemple de cette dynamique. Selon un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF), ces fonds publics ont été mal gérés sous sa supervision. Matata, président d’un parti politique d’opposition, dénonce un complot politique le visant parce qu’il serait opposant au régime. Un étudiant de Lubumbashi tempère : « Matata a forcément détourné de l’argent à Bukanga-Lonzo. Qu’il rende des comptes : ce projet, qui a englouti des centaines de millions de dollars, n’a jamais vraiment démarré. S’il est innocent, il ne devrait pas chercher à échapper à la justice. »

Afrique du Sud : la persévérance d’une justice indépendante

En Afrique du Sud, les poursuites contre Jacob Zuma, président de 2009 à 2018, témoignent de la force d’une justice déterminée à faire respecter la loi. Accusé de corruption dans une affaire de contrat d’armement datant de 1999, Zuma a été jugé pour fraude, racket et blanchiment d’argent. Sa condamnation en 2021 pour outrage à la cour, qui l’a vu purger une peine de 15 mois, prouve que même les anciens chefs d’État ne sont pas intouchables. Une commerçante de Johannesburg s’enthousiasme : « Voir Zuma face à la justice montre que personne n’est au-dessus de la loi. C’est un exemple pour l’Afrique. »

Burkina Faso et Soudan : solder les comptes du passé

Au Burkina Faso, la condamnation à vie par contumace de Blaise Compaoré pour l’assassinat de Thomas Sankara en 1987 montre que la justice peut panser les blessures historiques. Bien qu’en exil en Côte d’Ivoire, ce verdict symbolique rappelle aux anciens dirigeants que leurs crimes ne resteront pas impunis. Au Soudan, Omar El-Beshir, déchu en 2019, a été condamné pour corruption après la découverte de 130 millions de dollars à son domicile, et il reste visé par des mandats de la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre au Darfour. Un intellectuel de Khartoum affirme : « Juger El-Beshir, même tardivement, est un message aux dirigeants : tôt ou tard vous répondrez de vos actes. »

La justice : un levier pour la démocratie et le progrès

Les poursuites contre Aziz, Kabila, Matata, Zuma, Compaoré et El-Beshir marquent une rupture avec l’impunité qui a trop longtemps freiné l’Afrique. En Mauritanie, la condamnation d’Aziz établit un précédent ; en RDC, les enquêtes contre Kabila et Matata visent à démanteler des réseaux de corruption, de destabilisation et de trahison ; en Afrique du Sud, au Burkina Faso et au Soudan, les procès de Zuma, Compaoré et El-Beshir montrent que la justice peut s’appliquer à tous. Une justice transparente et équitable est le cœur de la démocratie : elle garantit que les ressources publiques servent le bien commun, renforce la confiance des citoyens et attire les investissements nécessaires au développement. Un entrepreneur de Kinshasa résume : « Sans justice, pas de progrès. Les dirigeants doivent savoir qu’ils seront jugés pour leurs actes. »

Surmonter le tribalisme en RDC : un impératif pour l’unité

En RDC particulièrement, mais également dans d’autres pays du continent, une constante s’observe lorsque d’anciens dirigeants sont mis en cause : le réflexe identitaire. Dès qu’un responsable politique est appelé à répondre de sa gestion, ses partisans brandissent systématiquement l’argument de la persécution ethnique ou régionale.

« C’est un mécanisme de défense qui empoisonne notre vie politique », déplore le professeur Emmanuel Kasongo de l’Université de Kinshasa. « En transformant toute procédure judiciaire en conflit communautaire, on paralyse l’action de la justice et on entretient un climat d’impunité qui favorise la corruption à tous les niveaux. »

À Kinshasa, Marie Bompengo, commerçante au marché central, ne cache pas sa frustration : « Chaque fois qu’un politique est accusé de corruption, ses partisans descendent dans la rue en criant à la discrimination. Mais l’argent volé appartient à tous les Congolais, pas seulement à une tribu ou à une province ! Comment peut-on construire un pays uni si certains se croient au-dessus des lois ? »

À Goma, dans l’Est du pays, David Mutombo, enseignant, partage ce sentiment par téléphone : « Notre pays ne pourra jamais se développer tant que certains s’estimeront intouchables en raison de leur appartenance ethnique. La justice doit s’appliquer à tous, sinon nous resterons dans le sous-développement et les conflits permanents. »

Au-delà des clivages : la justice comme socle de la démocratie et moteur du développement

L’Afrique se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. D’un côté, la persistance des réflexes identitaires et la tentation d’instrumentaliser la justice à des fins politiques ; de l’autre, l’aspiration croissante des populations à une véritable redevabilité des élites dirigeantes.

La justice n’est pas un luxe institutionnel ou une simple option politique. Elle constitue le socle fondamental sur lequel repose toute démocratie viable et le moteur essentiel de tout développement durable. L’équation est simple mais implacable : sans justice indépendante et impartiale, pas de confiance dans les institutions ; sans cette confiance, pas d’investissements sécurisés ni d’initiatives économiques pérennes ; et sans ces derniers, pas de développement véritable.

« Les pays qui prospèrent économiquement sont invariablement ceux où la justice fonctionne, où les contrats sont respectés, où la corruption est sanctionnée », affirme le professeur Léonard Matala-Tala, expert en gouvernance à l’Université de Lubumbashi. « Ce n’est pas un hasard si les nations les plus développées sont aussi celles où l’État de droit est le plus solidement ancré. »

En RDC particulièrement, la question de la lutte contre l’impunité se heurte à la fragmentation ethnique et régionale du pays. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte que la justice impartiale apparaît comme le seul ciment capable de consolider l’unité nationale et d’ouvrir la voie au développement. Une justice qui s’applique à tous, sans distinction d’origine, de rang ou d’affiliation politique.

L’expérience mondiale est éclairante à cet égard. Des pays comme le Rwanda ou le Botswana ont démontré qu’une gouvernance rigoureuse et une lutte efficace contre la corruption constituaient des facteurs décisifs de développement en Afrique. À l’inverse, les États où règne l’impunité sont généralement ceux qui stagnent économiquement, malgré des ressources parfois considérables.

« Quand un responsable peut détourner des millions sans crainte de sanction, c’est non seulement l’argent public qui disparaît, mais aussi la confiance citoyenne et l’espoir collectif », observe Joseph Kabemba, économiste congolais. « Les investisseurs, tant nationaux qu’étrangers, fuient les environnements où les règles peuvent être bafouées impunément par les puissants. »

À Kisangani, François Lisanga, entrepreneur, témoigne de cette réalité : « Comment développer une entreprise quand vous savez que la concurrence déloyale des entreprises liées au pouvoir ne sera jamais sanctionnée ? Quand les marchés publics sont attribués selon des critères opaques ? La justice n’est pas un concept abstrait, c’est le préalable à toute activité économique saine. »

« La vraie démocratie exige que tout gestionnaire des deniers publics puisse rendre des comptes s’il y a des faits avérés », souligne Maître Claudine Tshibanda, avocate spécialisée en droit constitutionnel. « Ce n’est pas une question d’acharnement ou de vengeance, mais simplement l’application du principe fondamental d’égalité devant la loi, sans lequel aucune société ne peut espérer prospérer. »

Pour que cette évolution se confirme, les institutions judiciaires doivent gagner en indépendance et en crédibilité. Les procédures en cours contre d’anciens dirigeants constituent un test décisif pour la maturité démocratique des États concernés. Leur issue déterminera si l’Afrique s’engage véritablement sur la voie d’une gouvernance plus transparente et plus redevable, préalable indispensable à un développement inclusif et durable.

« La prospérité n’est pas qu’une affaire de ressources naturelles ou d’investissements », observe Michel Kalumba, professeur d’économie du développement. « Si c’était le cas, la RDC serait parmi les pays les plus riches du monde. Ce qui fait défaut, c’est un cadre institutionnel où la règle de droit l’emporte sur les connexions personnelles, où la compétence prime sur l’appartenance. Sans ce cadre, que seule une justice forte peut garantir, les richesses continueront à profiter à une élite prédatrice plutôt qu’à la population. »

Le chemin vers une culture politique fondée sur la responsabilité et la redevabilité reste semé d’embûches. Mais les poursuites engagées contre d’anciens dirigeants, qu’elles aboutissent ou non, témoignent d’une prise de conscience : nul, désormais, ne peut se considérer définitivement à l’abri de la justice. Cette évolution, si elle se confirme, pourrait constituer le tournant historique dont l’Afrique a besoin pour transformer son immense potentiel en développement concret pour ses populations.

Comme le résume avec force Mme Solange Kambidi, juge à Kinshasa : « La justice n’est pas un luxe que l’Afrique pourrait s’offrir une fois développée. C’est au contraire la condition préalable à tout développement authentique et durable. Sans elle, nous bâtissons sur du sable. »

Un appel aux dirigeants : assumez vos responsabilités

L’Afrique est à un tournant. Les poursuites contre les anciens dirigeants ne sont pas seulement des procès ; elles sont un appel à tous les gestionnaires publics à agir avec intégrité. En RDC, surmonter le tribalisme exige une justice indépendante, soutenue par des institutions fortes et des citoyens vigilants. Un avocat de Matadi rêve : « Une justice qui juge les faits, pas les origines, est la seule voie pour un Congo fort et prospère. » Cet idéal doit inspirer le continent entier. Les anciens dirigeants doivent savoir que leurs actions auront des conséquences, et les actuels doivent gouverner avec la conscience qu’ils devront rendre des comptes. C’est ainsi que l’Afrique bâtira des démocraties solides et des sociétés tournées vers le progrès.

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Sanctions américaines contre l’armée rwandaise : quel impact sur la guerre dans l’Est de la RDC ?

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Washington a décidé, le 2 mars 2026, de sanctionner l’armée rwandaise et plusieurs de ses hauts responsables pour leur soutien présumé aux rebelles de l’AFC/M23. Une décision qui pourrait rebattre les cartes diplomatiques et militaires dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où le conflit continue de déstabiliser la région. Ces sanctions peuvent-elles changer le cours de la guerre dans cette partie du pays ?

Les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre de leurs hauts responsables viennent d’être sanctionnées par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain. D’après le communiqué publié le lundi 2 mars 2026, l’OFAC justifie ces sanctions par leur soutien à la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.

Ces mesures incluent des restrictions financières et des pressions politiques visant à contraindre Kigali à cesser toute aide militaire et à retirer ses forces du territoire congolais. Les autorités américaines affirment vouloir faire respecter les accords de paix signés en juin puis en décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali, qui prévoyaient notamment le retrait des troupes étrangères et la désescalade dans la région. Ces quatre hauts responsables rwandais ainsi que l’ensemble des Forces de défense rwandaises (RDF) sont placés sur sa liste des ressortissants spécialement désignés (SDN). Cette inscription signifie que les avoirs des personnes et de l’armée rwandaise qui relèvent de la juridiction américaine sont bloqués et que les ressortissants et entreprises américaines ne peuvent pas effectuer de transactions avec elles.

Parmi les individus sanctionnés, il y a Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi, tous basés à Kigali et accusés de contribuer à l’instabilité dans l’Est de la RDC. Le département du Trésor américain, à travers l’OFAC, a émis la General License 1 autorisant une période de démantèlement des transactions impliquant les RDF, afin de permettre une cessation ordonnée des engagements concernés. En d’autres termes, ce texte autorise, jusqu’à 00 heure 01′ le 1er avril 2026, les opérations « normalement accessoires et nécessaires » à la cessation progressive des transactions impliquant l’armée rwandaise ou toute entité dans laquelle elle détient, directement ou indirectement, au moins 50 %.

Toujours selon l’OFAC, les forces rwandaises soutiennent activement, entraînent et combattent aux côtés du M23, un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis et les Nations unies, responsable de violations des droits humains et d’une crise de déplacements massifs de population en RDC. Sur le terrain, la décision américaine pourrait modifier certains équilibres. Depuis plusieurs mois, le M23 s’est imposé comme l’un des groupes armés les plus puissants dans l’Est de la RDC, dans une région où opèrent une centaine de milices et où la crise humanitaire a déjà déplacé des millions de personnes.

En marge de la publication de ces sanctions, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Scott Bessent, a exigé le « retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements » des Forces de défense rwandaises (RDF) du territoire congolais. Selon le Trésor américain, ces mesures visent à accroître la pression sur Kigali afin de mettre fin à toute implication militaire présumée dans l’Est de la RDC, où l’insécurité persiste malgré les initiatives diplomatiques régionales et internationales.

Kinshasa salue les sanctions contre Kigali

Pour Kinshasa, ces sanctions représentent un signal politique important. Le ministère des Affaires étrangères de la RDC a salué la décision américaine, exprimant sa « profonde reconnaissance aux Etats-Unis ». De son côté, celui de la Communication et Médias y voit « un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale » de la RDC. Ces mesures confirment « la nécessité d’une cohérence entre les engagements diplomatiques et les réalités opérationnelles sur le terrain », note ce ministère dirigé par Patrick Muyaya. Kinshasa a aussi exprimé « sa profonde reconnaissance » aux États-Unis pour « leur implication constante » dans les efforts de paix dans la région des Grands lacs.

Pour sa part, le gouvernement rwandais rejette les accusations et estime que les sanctions présentent une lecture biaisée du conflit, tout en reprochant également à la RDC de ne pas respecter certains engagements du processus de paix. Le Rwanda dit également regretter des sanctions qu’il juge « unilatérales », estimant qu’elles « déforment les faits » du conflit et ciblent injustement « une seule partie » au processus de paix. Dans un communiqué publié le 2 mars, Kigali dit vouloir retirer ses troupes en RDC mais à condition que la RDC mette également en œuvre ses obligations. « Le Rwanda reste pleinement engagé à désengager ses forces en parallèle avec la mise en œuvre par la RDC de ses obligations », a déclaré Kigali dans ce communiqué. Il accuse en même temps Kinshasa de violer le cessez-le-feu. 

Ces sanctions peuvent avoir quel impact ?

Si les autorités congolaises y voient une reconnaissance internationale de leurs accusations contre Kigali, l’impact de ces sanctions pourraient se montrer dans le temps. L’armée rwandaise dépend en majorité des subventions américaines et européennes. Ces sanctions pourraient faire perdre un budget militaire conséquent à l’armée rwandaise. Ce qui pourrait être un coup dur pour Kigali et obligé Paul Kagame à retirer ses troupes dans l’Est de la RDC. « Si le président Paul Kagame refuse d’obtempérer, la posture américaine actuelle dans le monde devrait le faire réfléchir. Le cas du Venezuela ou de l’Iran devrait traverser son esprit. », note un analyste de la région des Grands lacs.              

Pour l’instant, les combats continuent sur plusieurs lignes de front dans l’Est du pays. Au Sud comme au Nord-Kivu, des lignes de front bougent dans un sens comme dans l’autre. Si Kigali persiste en maintenant ses troupes dans l’Est du pays, Washington a déjà prévenu. Le département d’État affirme que les États-Unis sont prêts à utiliser « tous les outils disponibles » pour s’assurer que la RDC et le Rwanda respectent les engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.    

Kinshasa espère que cette pression internationale affaiblira les capacités du M23 qui est armé par Kigali. Mais l’impact réel reste encore à observer sur le terrain. Entre pressions diplomatiques et rivalités régionales, les sanctions américaines pourraient peser sur l’évolution du conflit. Mais dans l’Est de la RDC, où les populations vivent depuis des décennies au rythme des affrontements, la paix dépendra surtout de la volonté réelle des acteurs à transformer ces décisions politiques en désescalade sur le terrain.

Heshima  

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Guerre contre l’Iran : l’Afrique redoute les répercussions économiques et énergétiques

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L’escalade militaire au Moyen-Orient après les frappes contre l’Iran suscite de vives inquiétudes sur le continent africain. Hausse des prix du pétrole, inflation et perturbations commerciales pourraient fragiliser davantage plusieurs économies déjà sous pression. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, l’envolée de prix du pétrole ne va pas épargner l’Afrique.    

L’escalade militaire autour de l’Iran dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Hausse du prix du pétrole, perturbations commerciales et tensions économiques : plusieurs pays africains commencent déjà à ressentir les effets d’une crise susceptible de fragiliser davantage des économies encore convalescentes. La guerre en cours autour de l’Iran fait trembler les marchés mondiaux de l’énergie et ses effets commencent à se faire sentir bien au-delà du Moyen-Orient.

Depuis samedi 28 février, jour de l’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz où transite le tiers du pétrole mondial, le prix du baril flambe de 13%. Vendu en dessous de 70 dollars avant la crise iranienne, il est actuellement à plus de 80 dollars le baril. C’est la conséquence directe de la fermeture du détroit d’Ormuz où transite plus de 20% du pétrole mondial. Samedi, les Gardiens de la révolution iraniens avaient indiqué que cette voie était « de facto » fermée à la navigation, car dangereuse en raison des attaques américaines et israéliennes. Dimanche 1er mars 2026, la télévision d’État iranienne a annoncé qu’un pétrolier était en train de « couler » après avoir été frappé alors qu’il franchissait « illégalement » le détroit d’Ormuz, sans plus de précisions.

« Soixante navires » sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises sont bloqués « à l’intérieur du Golfe arabo-persique », a déclaré le délégué général d’Armateurs de France, Laurent Martens cité par France 24.

Face à cette crise, les analystes redoutent notamment une flambée durable du prix du pétrole, ressource stratégique pour de nombreux pays africains. Des projections démontrent que le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars si le conflit se prolonge ou si les routes maritimes sont perturbées.

Détroit d’Ormuz, un passage vital pour les navires pétroliers 

Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Toute interruption du trafic dans cette zone provoque un choc énergétique mondial et renchérit le coût des importations pour les pays africains fortement dépendants du carburant.  Pour les économies africaines importatrices de pétrole, les conséquences pourraient être immédiates : hausse des prix du carburant, inflation et pression sur les finances publiques. Plusieurs experts estiment que la montée des prix de l’énergie se répercutera sur le coût du transport, de l’alimentation et des produits de base en Afrique. « Nos navires resteront à quai pendant plusieurs jours », a déclaré à Reuters un cadre supérieur d’une importante société de négoce. Environ 20 millions de barils de pétrole brut et d’autres carburants transitent quotidiennement par l’étroit détroit qui sépare l’Iran de la péninsule arabique.

Ce détroit est vital pour les exportations d’Arabie saoudite, d’Irak, du Koweït, du Qatar et d’Iran. Toute perturbation, ou même la simple menace d’une telle perturbation, provoque généralement une forte hausse des prix du pétrole et des coûts d’assurance maritime. Bien que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis exploitent des oléoducs alternatifs contournant le détroit, les analystes soulignent que ces itinéraires ne peuvent absorber la totalité du volume de pétrole brut qui y transite habituellement.

L’histoire a déjà montré la sensibilité des marchés pétroliers aux conflits au Moyen-Orient. A titre d’exemple, pendant la guerre du Golfe (1990-1991), le prix du Brent a doublé, passant d’environ 15 dollars le baril en juillet 1990 à plus de 40 dollars en octobre, après l’invasion du Koweït par l’Irak. En revanche, lors de la guerre d’Irak de 2003, les prix ont connu une hausse moins marquée avant de se stabiliser une fois les craintes liées à l’approvisionnement apaisées. Depuis janvier, avec l’intensification des signes d’une possible confrontation entre les États-Unis et l’Iran, les marchés pétroliers ont connu une volatilité notable.

Le Nigéria, potentielle victime

La guerre pourrait affecter le Nigéria d’au moins quatre manières, notamment dans le secteur pétrolier. Alors que les États-Unis et Israël intensifient leurs actions militaires contre l’Iran, des analyses préviennent que les conséquences pourraient s’étendre bien au-delà du Moyen-Orient, avec des répercussions sur les marchés pétroliers mondiaux, l’inflation et le coût de la vie dans des pays comme le Nigeria.

Premier producteur de pétrole d’Afrique, le Nigéria traverse déjà une crise structurelle profonde caractérisée par une production historiquement basse (remontant à 1,5 million de barils/jour début 2026 contre 1,2 en 2022). Le pays connait des pénuries de carburant, une forte inflation et la dévaluation du Naira, la monnaie locale. Avec la crise en Iran, cette situation risque ne pas s’améliorer car le pays compense souvent ses pénuries par l’importation de l’or noir. 

Dans ce contexte incertain, de nombreux gouvernements africains suivent de près l’évolution du conflit. Car si la guerre se prolonge, ses ondes de choc économiques pourraient atteindre rapidement les ménages africains, rappelant combien la stabilité du Moyen-Orient demeure étroitement liée à celle des économies du continent. D’ailleurs, en République Démocratique du Congo, le gouvernement remue ciel et terre pour compenser la hausse des prix du carburant en offrant un manque à gagner aux pétroliers. Une nouvelle hausse des prix à l’échelle internationale pourrait bien impacter les finances du pays déjà essoufflées par les dépenses sécuritaires liées à la guerre dans l’Est de la RDC.

Heshima  

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Diplomatie : comment Tshisekedi a manœuvré pour mettre Kagame hors-jeu à Washington       

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En multipliant les rencontres stratégiques et en affinant son plaidoyer sur la sécurité régionale, le président congolais Félix Tshisekedi a su imposer sa lecture de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo lors de son passage à Washington, reléguant son homologue rwandais Paul Kagame à l’arrière-plan des discussions américaines.

Après la signature le 4 décembre 2025 de l’Accord de partenariat stratégique minier RDC-USA, des lignes ont sensiblement bougé entre Kigali et Kinshasa. Autrefois privilégié à Washington, Paul Kagame se retrouve isolé ces derniers temps par l’administration Trump. La prise de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise n’a pas été appréciée par Washington. Ce qui a donné un avantage diplomatique à Félix Tshisekedi, devenu plus audible que le dirigeant rwandais.

Un plaidoyer calibré pour Washington

Dans les couloirs feutrés de la capitale américaine, la bataille ne s’est pas jouée sur le terrain militaire, mais sur celui de l’influence. Lors de son déplacement stratégique aux États-Unis à l’occasion de la 74e édition du National Prayer Breakfast à Washington, le 5 février 2026, Félix Tshisekedi est parvenu à recentrer les échanges sur la souveraineté congolaise et la nécessité d’une pression accrue sur les groupes armés actifs dans l’Est du pays. Paul Kagame n’a pas été invité à cette cérémonie. Ce qui a été interprété comme une mise à l’écart du dirigeant rwandais par Washington.  

Face aux responsables américains, le président congolais a martelé que la stabilisation du Nord et du Sud-Kivu passait par une implication internationale plus ferme contre les soutiens extérieurs dont bénéficient les rebelles de l’AFC/M23 de la part du Rwanda. Un discours aligné avec les préoccupations sécuritaires de Washington, notamment en matière de stabilité régionale et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques. D’ailleurs, Kinshasa a inscrit la mine occupée de Rubaya parmi les offres congolaises sur la table de Washington.  

Une offensive diplomatique en coulisses

Selon plusieurs sources diplomatiques, la délégation congolaise a préparé minutieusement cette séquence. Notes techniques, argumentaires sécuritaires, mise en avant des rapports d’experts des Nations unies : tout a été mobilisé pour convaincre que Kinshasa était un partenaire crédible et déterminé. Dans cette stratégie, Tshisekedi a su jouer sur deux registres : d’une part, la dénonciation des ingérences étrangères dans l’Est congolais ; d’autre part, l’ouverture à une coopération régionale encadrée par des mécanismes internationaux. Cette posture a contribué à donner de la RDC l’image d’un acteur prêt au dialogue, tout en exigeant des garanties claires.

Kigali sur la défensive

De son côté, Paul Kagame, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir l’AFC/M23 s’est retrouvé confronté à un environnement diplomatique moins favorable. À Washington, le discours rwandais mettant en avant les menaces sécuritaires à ses frontières n’a pas totalement éclipsé les préoccupations liées aux rapports d’experts internationaux. D’ailleurs, Kigali, via son ambassadrice aux Etats-Unis, a finalement avoué sa collaboration avec les rebelles de l’AFC/M23. Cet aveu aura des conséquences diplomatiques et politiques. Des sources diverses évoquent des sanctions américaines contre Kigali en préparation.  Si aucune rupture spectaculaire n’a été actée entre Washington et Kigali, la tonalité des échanges marque une inflexion : les États-Unis apparaissent davantage enclins à exiger des gestes concrets de désescalade et de transparence dans l’Est de la RDC. 

Un repositionnement stratégique

Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu dépassait la seule confrontation verbale avec Kigali. Il s’agissait aussi de consolider sa stature internationale et de démontrer sa capacité à défendre les intérêts congolais sur la scène mondiale. En s’imposant comme interlocuteur central sur la crise de l’Est, il a cherché à marginaliser les initiatives parallèles et à reprendre l’initiative diplomatique. À court terme, cette manœuvre renforce la position de Kinshasa dans les discussions multilatérales, marginalisant les positions de Kigali.

Reste à savoir si cette victoire d’image à Washington se traduira sur le terrain, là où les armes parlent encore plus fort que les discours. Mais dans la guerre d’influence autour de l’Est congolais, Félix Tshisekedi a, le temps d’une séquence américaine, réussi à déplacer les lignes face à Paul Kagame. Même au niveau de la Francophonie, Kigali est menacé par l’offensive de Tshisekedi. Le 25 février à Paris, Tshisekedi et Macron ont échangé notamment sur la candidature congolaise au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Un poste qu’occupe actuellement le Rwanda via Mme Louise Mushikiwabo. Là encore, Kinshasa veut mettre Kigali hors-jeu !     

Heshima

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