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RDC : Plusieurs projets prioritaires toujours à la traîne

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Plusieurs projets prioritaires en République démocratique du Congo (RDC) ont du mal à être implémentés. Des initiatives inachevées, des projets parfois mal ficelés et la tendance à continuer de freiner le développement du pays persistent. Pourtant, le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa avait affiché de grandes ambitions dans un pays confronté à des défis considérables. À ce jour, tout semble tourner au ralenti.

La RDC a lancé plusieurs projets prioritaires pour stimuler son développement socio-économique. Les travaux de modernisation des aéroports, la construction des écoles, des centres de santé et bureaux administratifs dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) sont en cours. Pourtant, ces projets prioritaires accusent un retard dans leur exécution. Le gouvernement congolais a alloué un financement important de 160 millions de dollars pour relancer les infrastructures. Cela inclut la réhabilitation des voiries à Kinshasa, avec une première tranche de 4,6 millions de dollars pour le marché central, ainsi que le projet Kinshasa Arena (105 millions de dollars) et un centre polyvalent.

À Kinshasa, certains travaux de réhabilitation des routes prennent les allures d’une éternité. Sur des routes secondaires, certains travaux ont pris plus de temps que prévu. Un projet de réhabilitation d’une route secondaire a fait jaser beaucoup de Congolais sur les réseaux sociaux. Il s’agit de l’avenue Kabambare, dans la commune de Lingwala. Ce tronçon, long seulement de 3,2 km, nécessitera deux ans pour l’exécution des travaux. Il y a aussi le projet de construction des rocades dans le sud-ouest de la ville de Kinshasa qui connaît également des retards dus notamment à l’indemnisation des parcelles à exproprier le long de la voie de ces rocades. Pourtant, des fonds étaient déjà prévus pour permettre à ceux qui ont construit le long de cette voie de pouvoir dégager le lieu pour laisser la place à ce projet majeur destiné à désengorger la ville de Kinshasa.

Projets de rénovation des aéroports

La modernisation de l’aéroport international de N’Djili à Kinshasa est un projet stratégique visant à transformer cette infrastructure vieillissante en un hub aéroportuaire moderne, capable de répondre aux normes internationales et de soutenir le développement économique du pays. Mais ce projet tâtonne depuis plusieurs années. Sous Joseph Kabila, la première pierre d’une nouvelle aérogare a été posée, dans le cadre de la modernisation de l’aéroport international de N’Djili-Kinshasa, porte d’entrée dans la troisième mégapole d’Afrique après Le Caire et Lagos.
Évalué à 364,9 millions de dollars pour un contrat de 36 mois, ce projet n’a jamais vu le jour depuis la pose de la première pierre.

En 2024, sous Félix Tshisekedi, le projet a été relancé avec un autre entrepreneur : Milvest. Ce dernier avait même présenté officiellement une maquette pour le nouvel aéroport. Mais sans succès. Devenu ministre de tutelle, Jean-Pierre Bemba va amener un autre entrepreneur en lieu et place de Milvest. « D’ici le premier trimestre de l’année prochaine [2025], les travaux vont commencer à N’Djili. Ce projet est une priorité, et je suis fermement engagé à le faire avancer rapidement », avait déclaré Jean-Pierre Bemba lors d’une interview sur Top Congo FM. Il avait également indiqué que le président Félix Tshisekedi attachait une importance particulière à ce chantier, destiné à moderniser une infrastructure jugée vieillissante et à améliorer les capacités d’accueil de l’aéroport. En mai 2025, un début timide des travaux s’observe sur le site de l’aéroport.

En dehors de l’aéroport de N’Djili à Kinshasa, des aéroports de Kavumu à Bukavu (Sud-Kivu) et de Mbuji-Mayi sont aussi en réhabilitation. Mais la situation de guerre dans le Sud-Kivu avec l’occupation de Bukavu et Kavumu par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) n’a pas permis l’avancement des travaux à Kavumu. À Kisangani, les travaux de l’aéroport de Bangboka ont pris fin et l’infrastructure a été livrée au gouvernement. Quant à la modernisation de l’aéroport de Kolwezi, les travaux sont toujours en cours. À la Loano, à Lubumbashi, Félix Tshisekedi a lancé récemment les travaux de sa modernisation.

PDL-145 Territoires : un projet majeur à l’arrêt

Le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) en RDC a franchi plusieurs étapes depuis son lancement, avec des résultats tangibles mais aussi des défis persistants. À la fin de 2024, les agences d’exécution ont livré un total de 853 infrastructures, réparties comme suit : 518 écoles, 276 centres de santé, 59 bâtiments administratifs. Ce qui représente environ 44 % des infrastructures achevées sur un objectif de 1 198 écoles, 788 centres de santé et 145 bâtiments administratifs. Le taux d’achèvement global est estimé à 32 %.

Dans les zones où les travaux de construction des bâtiments sont déjà achevés et des infrastructures livrées, c’est un discours de soulagement que l’on peut écouter de la part des bénéficiaires. Ce projet initié par le président de la République, Félix Tshisekedi, est un programme d’investissements publics multisectoriels orienté vers le monde rural. Le PDL 145 Territoires a pour vocation de vaincre la pauvreté et les inégalités territoriales constatées dans le Congo profond. Exécuté par trois agences, à savoir le Bureau central de coordination (BCECO), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Cellule d’exécution des financements en faveur des États fragiles (CFEF), ce projet connaît une réalisation notable dans la section dirigée par la CFEF.

Pour les 43 territoires sur les sept provinces sous la responsabilité de la CFEF, le bilan est satisfaisant malgré les difficultés rencontrées dans l’exécution de ce programme. Dans le cadre de la première composante visant à améliorer l’accès des populations rurales aux infrastructures et services socioéconomiques de base, la CFEF a reçu du gouvernement, depuis février 2022, la responsabilité de construire et équiper 360 écoles primaires, 232 centres de santé et 43 bâtiments administratifs dans les provinces du Kongo Central, du Kwango, du Kwilu, du Mai-Ndombe, de l’Équateur, du Nord et du Sud-Ubangi.

Un ratio encore faible au regard des projets qui restent à accomplir. Actuellement, ce projet majeur est presqu’à l’arrêt. Le BCECO, le PNUD et la CFEF n’ont plus de financement pour l’instant. Les travaux sont quasiment à l’arrêt. Dans le Mai-Ndombe, certaines infrastructures n’ont pas vu le jour. « Rien n’a été fait, personne n’a volé, tout le monde est innocent », se désole le chroniqueur de la télévision Israël Mutombo, revenu de la ville d’Inongo, dans la province du Mai-Ndombe où une école devrait être construite à Selenge mais l’argent aurait disparu.

Port de Banana, la fin des travaux projetée en 2026

Prévue au départ pour 2025, la fin des travaux du port en eau profonde de Banana a été projetée pour 2026. En août 2024, British International Investment (BII) avait annoncé un investissement de 35 millions de dollars en partenariat avec DP World pour développer ce projet. Selon la Première ministre, Judith Suminwa, il est prévu que le port soit opérationnel dès 2026, avec des phases de développement successives. Les premiers navires vont accoster en 2026, ce qui pourrait marquer un tournant historique dans le secteur maritime en RDC.

Le port de Banana, situé sur la côte atlantique du pays, servira de porte d’entrée unique pour toutes les importations et exportations conteneurisées de la RDC. Le projet prévoit un quai de 700 mètres de long, capable d’accueillir les plus grands navires porte-conteneurs. Ce port devrait également créer environ 85 000 emplois. Le projet pourrait aussi générer environ 1,12 milliard de dollars supplémentaires d’échanges commerciaux annuels et augmenter le PIB annuel de la RDC de 0,65 %, selon les projections rapportées par Actualite.cd.

Augmenter la desserte en eau et électricité

En 2024, des projets d’alimentation en eau potable ont permis à près de 1,3 million de personnes en milieu semi-urbain et à plus de 3,1 millions de personnes en milieu urbain d’accéder à des services essentiels. À Kinshasa, la mise en service du module 2 de l’usine de traitement d’eau d’Ozone a étendu l’accès à l’eau potable à 1,8 million de personnes supplémentaires. Ces initiatives témoignent de l’engagement du gouvernement congolais à améliorer les conditions de vie de ses citoyens et à promouvoir un développement durable. Mais il faut reconnaître que ces projets connaissent souvent une lenteur qui ne dit pas son nom. À un tel rythme, le développement du pays pourra prendre tout le temps sans pointer à l’horizon.

Heshima

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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais 

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Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC. 

Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.

Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.

La montée en puissance des recettes fiscales 

Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.

Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.

La révolution silencieuse de la numérisation 

L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.

Les réformes fiscales de 2026 : un tournant 

L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.

Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.

Barnabé Muakadi, l’homme des résultats 

S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.

Vers une souveraineté financière ?

Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.

L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.

Heshima Magazine 

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Heshima Magazine

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