Nous rejoindre

Nation

A Goma, Kabila plante le décor d’un bras de fer avec Kinshasa      

Published

on

Le 23 mai 2025, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a prononcé une allocution solennelle adressée à la nation congolaise depuis l’étranger. Dans son discours, l’ex-chef de l’Etat a critiqué vertement la gouvernance de son successeur sans le citer et a notamment proposé la « fin de la dictature ». Une adresse qui a suscité une vague de réactions. Mais au-delà de ce discours, comment l’ex-Raïs compte-t-il se comporter après avoir été mis en accusation par la justice militaire ? Après son arrivée à Goma, dimanche 25 mai, le risque d’un bras de fer avec Kinshasa semble être planté. Décryptage. 

 Crâne rasé, menton imberbe, la moustache soigneusement coiffée, sa chaire de discours estampillée des armoiries du pays, le « body language » de Joseph Kabila dégageait une certaine solennité le vendredi soir quand la vidéo de son allocution a été diffusée sur les réseaux sociaux. Pendant 45 minutes, les Congolais ont découvert un discours de défi et une grande charge dirigée contre le président de la République, Félix Tshisekedi. En rappelant son statut d’ancien militaire lié au serment de « sacrifice suprême » et en matérialisant sa volonté de se rendre à Goma – une ville occupée par les rebelles de l’AFC/M23 dont il est accusé de soutenir – Joseph Kabila a bien assumé son bras de fer avec le gouvernement congolais au lendemain de la levée de ses immunités au Sénat.        

L’ancien chef de l’Etat a justifié sa longue réserve de 6 ans par un souci de ne pas alimenter les polémiques, malgré ce qu’il qualifie de provocations et d’atteintes répétées à sa dignité. Il a affirmé   parler « par devoir », face à une situation de crise qu’il juge « existentielle » pour la nation congolaise. Joseph Kabila a dressé un portrait peu flatteur de la gouvernance de son successeur. Il a notamment dénoncé le retour de la dette publique qui a dépassé, à ce jour, la barre de 10 milliards de dollars, dénonçant notamment la corruption au pays.  

Revenant sur l’accord qui avait scellé la coalition entre son camp politique et ses partenaires d’alternance après les élections de 2018, l’ancien chef de l’État a affirmé que sa seule motivation était l’intérêt supérieur de la nation, et que cet accord visait à garantir la stabilité ainsi qu’un fonctionnement harmonieux des institutions.

Un pacte pourtant volatilisé en décembre 2020, avec la chute du bureau de l’Assemblée nationale alors dirigé par sa proche Jeanine Mabunda, puis, dans les mois suivants, celles du Premier ministre Sylvestre Ilunga et du président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba.

L’ex-raïs a en outre accusé son ancien partenaire politique d’avoir violé la Constitution, parlant même d’un « coup d’État constitutionnel » pour avoir renversé une majorité en cours de législature.

Menace d’un « enjeu existentiel » pour la RDC : prélude à une partition ?

Dans son discours à la fois martial et énigmatique, Joseph Kabila a justifié son installation prochaine à Goma, ville sous contrôle des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, comme un acte de « patriotisme » face à un défi qu’il qualifie d’ »existentiel » pour la nation congolaise. Une déclaration lourde de sous-entendus, qui relance les craintes d’une possible fragmentation du pays.

En évoquant une menace vitale ni pour lui, ni pour sa famille, mais pour la RDC, Kabila laisse planer un doute glaçant : la crise sécuritaire dans l’Est signerait-elle la fin de la RDC dans sa forme actuelle ? Sous couvert d’alarme patriotique, l’ancien chef de l’État agite-t-il le spectre d’une balkanisation, où les régions minières de l’Est, sous influence rwandaise, deviendraient une entité autonome ?

Son choix de s’établir à Goma, érigée en « capitale » par les insurgés, nourrit les spéculations. Joue-t-il les médiateurs, ou incarne-t-il déjà l’épicentre d’un pouvoir parallèle ? La manœuvre rappelle les scénarios à la soudanaise, où deux pôles rivaux (Khartoum et Port-Soudan) se partagent un pays fracturé. En s’affichant aux côtés d’une rébellion proxy de Kigali, Kabila légitime-t-il une gouvernance alternative, sapant l’autorité de Kinshasa ?

Son appel à « sauver le pays » sonne comme un calcul politique à haut risque : soit le pouvoir central cède à ses exigences, soit la RDC s’expose à une reconfiguration violente de ses frontières. Une rhétorique qui, loin d’éteindre l’incendie, attise les divisions et pourrait précipiter une guerre froide interne avec en arrière-plan, l’ombre tutélaire du Rwanda.

Alors que les tensions géopolitiques régionales atteignent un paroxysme, la RDC se retrouve à un carrefour critique : la survie de son unité territoriale est en jeu. La suite dépendra de la réponse et de la gestion de cette crise par Kinshasa et probablement de calculs inavoués de ceux qui, à l’Est comme à Kigali, tirent les ficelles de cette crise.

Un « Pacte citoyen » au contenu insurrectionnel

Dans les dernières minutes de son allocution, Joseph Kabila a proposé un « pacte citoyen » pour, selon lui, « sortir le pays de l’impasse ». Un discours calibré où l’ancien président mêle diagnostics sévères et propositions ambitieuses, mais dont la première mesure a immédiatement fait réagir : il appelle à « mettre fin à la dictature, mieux, à la tyrannie » de Félix Tshisekedi. Une formule qui sonne comme un appel à la révolte, à l’insurrection. De quoi surprendre, alors que le pouvoir en place est issu d’élections reconnues par la communauté internationale. « C’est un discours incendiaire. On ne renverse pas un régime légal issu des urnes. », analyse un observateur congolais sur X.

Parmi ses autres axes avancés figurent le rétablissement de l’autorité étatique sur l’ensemble du territoire, l’expulsion des forces étrangères, ou encore la restauration des libertés fondamentales. L’ex-chef de l’État plaide aussi pour une refonte économique, insistant sur une gestion rigoureuse des ressources et une meilleure redistribution des richesses.

Un discours-programme qui, s’il se veut rassembleur, laisse perplexe tant Kabila lui-même incarne pour beaucoup bien plus que les dérives qu’il dénonce aujourd’hui.

Face au discours de Kabila, Kabuya loupe le coche

Alors que la réaction du secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, se faisait attendre, l’homme a réagi dimanche 25 mai en estimant que l’ancien président Joseph Kabila est un « un sujet rwandais » et l’a accusé d’avoir soutenu les rebelles du M23. Une réplique sur l’identité présumée étrangère de l’ancien président déjà entendue par les Congolais. « Un disque rayé », ajoute Michael Tshibangu, communicateur du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi.

Dans sa réplique, Augustin Kabuya n’a pas proposé grand-chose, loupant le coche devant les combattants du parti à Limete. « Laissez les Congolais traiter leurs problèmes. Lui, c’est un sujet rwandais. Il était là pour nous infiltrer », a-t-il insisté, avant d’expliquer que les relations entretenues avec Joseph Kabila et le président rwandais Paul Kagame sous le régime Tshisekedi relevaient d’une « stratégie politique » visant à éviter un conflit armé à Kinshasa, et non pas d’« amour ».

Augustin Kabuya a aussi diffusé des images des violences contre les manifestants sous Joseph Kabila comme preuve de sa dictature. Mais la grande réplique face au discours de l’ancien président est venue plutôt des membres des institutions.

Fwamba, Kashal et Mapamboli portent la charge de la réplique 

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a indiqué que le régime de Joseph Kabila a pillé le pays avec une gestion des finances peu orthodoxe. « Des actifs miniers cédés à vil prix pour des intérêts privés durant 18 ans, des milliards de dollars américains de royalties issues des joint-ventures concédées à des amis étrangers, des centaines de millions de dollars retirés directement de la Banque Centrale du Congo pour une destination inconnue, comme le cas des 350 millions USD de pas de porte de la SICOMINES, des millions de dollars de fonds publics octroyés en cadeau pour la création d’entreprises privées familiales », a-t-il répliqué.

L’argentier national a aussi rappelé des morts, des assassinats qui, selon lui, sont des crimes contre l’humanité : « comme les massacres des adeptes de Bundu Dia Kongo, Mukungubila, Kamwina Nsapu, des pauvres citoyens lâchement abattus lors des manifestations pro-démocratie… »

Doudou Fwamba rappelle que sous le règne de l’ancien président, les enseignants étaient clochardisés, avec un salaire misérable de 45 à 60 dollars par mois. « Nos vaillants militaires des FARDC avec une rémunération de mendiants, des professeurs d’université sans assurance maladie ni autres garanties sociales ; des sociétés publiques démantelées pour appartenir à une seule famille », a-t-il souligné.

De son côté, le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ne comprend pas la logique de Joseph Kabila et parle d’une « ineptie ». Après 18 ans d’un long règne absolu et stérile, écrit-il, on a quand même le toupet de se présenter en donneur de leçons, avec « un paquet de vieilles recettes, un peu comme pour se moquer du peuple et justifier l’injustifiable ! Le peuple congolais n’est plus dupe ! ».

Au sujet de la dette publique que Joseph Kabila affirme avoir maîtrisée en 2010 avec l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), le député national Flory Mapomboli estime que la dette publique actuelle n’est pas exagérée. « Quant à la dette publique qui aurait été stabilisée en 2010, il sied de préciser qu’en cette année [2010], celle-ci représentait 26 % du PIB. Ce ratio est de près de 16 % en 2024. Où se trouve le surendettement entre les deux périodes susmentionnées ? Personne ne pourra me contredire sur ces chiffres, avec lesquels il est presque impossible de faire du populisme », a-t-il précisé.

Cet ancien cadre au ministère des Finances explique que, dans une économie, le niveau de vie de la population se mesure par un indicateur pertinent, à savoir le PIB par habitant. « Ce dernier a progressé de 24 % en USD courants entre 2018 et 2024, passant respectivement de 557 à 693 USD », a-t-il assuré, s’insurgeant contre la « manipulation » et la « mauvaise foi » de Joseph Kabila.

A Goma, Kabila va-t-il assumer le leadership de la rébellion ?

Après son arrivée à Goma, Joseph Kabila envoie deux messages au régime de Félix Tshisekedi : son refus de se laisser intimider par la menace de poursuites en justice et sa volonté d’assumer un rôle de leader dans les négociations en cours pour mettre fin au conflit dans l’est du pays.

Lors d’un point de presse à Goma, quelques heures avant l’arrivée de Joseph Kabila dans la ville occupée, Bertrand Bisimwa – leader politique du Mouvement du 23 mars (M23) – a déclaré que l’AFC/M23 n’avait pas de revendications à soumettre à Kinshasa. Ils ont déjà dépassé ce cap et sont dans une étape de révolution. Le porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, annonçant l’arrivée en « zone libérée » de Joseph Kabila, a également évoqué cette même révolution.

Cela laisse penser que Joseph Kabila semble vouloir prendre, assumer, le leadership de cette rébellion après le déclenchement des poursuites à son encontre. « Il a tenté de se faire une place de leader dans l’opposition politique civile, mais il a été ignoré par Kinshasa. Il tient désormais à jouer un rôle dans cette crise », explique un analyste politique.

Aux côtés des rebelles à Goma, Joseph Kabila va incarner une présence encombrante pour le gouvernement congolais. Va-t-il s’offrir un bain de foule à Goma pour se faire une image de Kabila populaire ? Cette hypothèse est possible, car l’homme surfe sur la crise actuelle pour tenter de revenir au-devant de la scène politique.

« Il n’y a pas de nostalgie populaire forte pour Kabila dans le pays », expliquait Trésor Kibangula, analyste politique à l’institut de recherche congolais Ebuteli. Pour lui, si la population n’a pas cette nostalgie pour la personne de Kabila, l’homme aurait néanmoins « conservé des relais dans l’armée ».

Avec cette arrivée officielle à Goma, Joseph Kabila risque de ne plus pouvoir cacher une proximité dont on lui reproche avec Paul Kagame et la rébellion de l’AFC/M23. « Il s’assume », comme l’avait prédit le vice-président de son parti, le PPRD, Aubin Minaku. Un bout de phrase parmi tant d’autres qui lui avaient valu une audition à l’auditorat militaire.

Heshima 

Continue Reading

Nation

RDC : Pourquoi l’Église de réveil accompagne-t-elle souvent le pouvoir ?

Published

on

En République démocratique du Congo, les Églises dites « de réveil » apparaissent régulièrement aux côtés du pouvoir politique, là où l’Église catholique adopte souvent une posture critique ou de contre-pouvoir. Héritage historique, logique institutionnelle, dépendance administrative et théologie de la prospérité expliquent en partie cette différence d’attitude entre deux forces religieuses majeures du pays. Décryptage.

Dimanche 10 mai 2026, dans la matinée, l’Église pentecôtiste des Secouristes de l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia reçoit, sous les ovations des fidèles, deux hôtes de marque : le chef de l’État, Félix Tshisekedi, et la Première Dame, Denise Nyakeru. Le couple présidentiel prend part à un culte d’action de grâce organisé dans cette église. Cette présence du président Tshisekedi n’a rien d’anodin. Le responsable de cette communauté religieuse est également président de l’Église de Réveil du Congo (ERC).

L’ERC porte le combat du changement de la Constitution

Les hommes de Dieu proches des Églises évangéliques ont décidé de s’emparer pleinement du débat sur la Constitution. À la tête de cette dynamique : l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia. Celui-ci est parvenu à rallier plusieurs grandes figures pastorales du pays. Même des responsables religieux habituellement éloignés du débat politique, comme Léopold Mutombo Kalombo, dit « Le Chandelier », ont fini par rejoindre cette mouvance.

Sous Joseph Kabila, Léopold Mutombo se tenait généralement à distance des questions politiques, contrairement à d’autres pasteurs, notamment Pascal Mukuna, considéré comme proche du régime. Mais à la faveur de plusieurs consultations et rencontres, Évariste Ejiba Yamapia a progressivement construit une adhésion collective, transformant sa position en véritable mouvement de soutien au changement de la Constitution.

Parmi les figures engagées dans cette dynamique figurent notamment Pascal Mukuna de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), Espérance Mbakadi de l’Église Mangembo, Léopold Mutombo Kalombo du Ministère Amen ou encore Godé Mpoy de l’Image de l’Éternel.

Réunis le 29 avril à l’Hôtel du Fleuve, ces responsables religieux ont officiellement exprimé leur soutien à un changement de la Constitution. Au cours de cette rencontre, l’archevêque Ejiba Yamapia a lancé un processus de réflexion élargie impliquant des chefs de confessions religieuses, des leaders des mouvements de réveil, des représentants de la société civile ainsi que des jeunes et des femmes engagés dans les structures ecclésiastiques.

Des experts en droit constitutionnel et en économie ont également été invités afin d’éclairer les participants sur les enjeux liés à la loi fondamentale.

« Nous avons pu réfléchir à l’aide des exposés des professeurs, lesquels nous ont démontré, sur le plan économique, comment la Constitution actuelle ne peut pas constituer une solution de gouvernance pour notre pays. Le Congo nécessite un changement sur lequel nous sommes tous d’accord », a déclaré Évariste Ejiba Yamapia.

L’archevêque critique ouvertement la Constitution actuelle, qu’il qualifie de « Constitution des belligérants qui avaient besoin de se protéger les uns les autres ». Citant certains constitutionnalistes, il affirme également que, depuis l’existence de la RDC, « il n’y a jamais eu de Constitution comportant des articles verrouillés ». Une déclaration qui laisse clairement entendre que l’article 220 – limitant le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois – est dans le viseur des partisans du changement constitutionnel. Léopold Mutombo, lui, ne cache pas sa position : « Ayons le courage de faire table rase (…) Nous sommes favorables au changement de la Constitution et non à sa simple révision. »

De son côté, Godé Mpoy invoque l’argument de la stabilité institutionnelle observée dans certains pays dirigés par des chefs d’État aux longs mandats. « Dans un mandat de cinq ans, vous ne travaillez réellement que pendant trois ans. La première année est consacrée aux conciliabules politiques et, dès que vous commencez à travailler, la CENI réclame déjà des moyens pour les prochaines élections. Aujourd’hui, sur le plan empirique, il est démontré que les pays où les présidents font de longs mandats sont stables. C’est le cas de la Chine, de la Russie, et bien d’autres », soutient-il.

Cette position de l’Église de Réveil rejoint largement celle du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), favorable à une révision ou à un changement de la Constitution. Depuis le 6 mai, le débat est d’ailleurs porté publiquement par Félix Tshisekedi lui-même.

Le chef de l’État a récemment levé le voile sur ses intentions politiques :

« Je n’ai pas sollicité un troisième mandat, mais si le peuple souhaite que j’en exerce un, j’accepterai », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une telle démarche ne pourrait se faire « qu’après consultation du peuple congolais par voie référendaire ». À l’Assemblée nationale, le député Gaspard Ngondankoy a déjà déposé une proposition de loi visant à fixer les modalités d’organisation d’un référendum.

Sous Kabila, l’ERC nageait déjà dans le sens du régime

Sous la présidence de Joseph Kabila, l’Église de Réveil du Congo accompagnait déjà plusieurs décisions politiques, notamment sur les questions électorales. Après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019, cette organisation est restée perçue comme proche du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila. En 2020, sous la direction du pasteur Sony Kafuta, l’ERC a notamment été accusée de soutenir la désignation controversée de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Cette position avait provoqué de fortes tensions avec l’Église du Christ au Congo (ECC) et la CENCO. L’église de Sony Kafuta avait même été vandalisée à la suite de ces événements. Après cette crise, le pasteur Dodo Kamba lui succédera à la tête de l’ERC.

Catholiques et évangéliques : pourquoi des positions opposées ?

Cette différence de positionnement n’a rien d’accidentel. Elle trouve ses racines dans l’histoire politique de la RDC. Selon plusieurs observateurs, la montée des Églises de réveil s’est accélérée sous le régime de Mobutu Sese Seko, particulièrement dans les années 1980. Le pouvoir zaïrois voyait alors dans les mouvements évangéliques un moyen de contrebalancer l’influence de l’Église catholique, déjà critique envers la gouvernance du pays.

Contrairement à l’Église catholique, structurée autour d’une hiérarchie forte et d’une doctrine sociale ancienne, les Églises de réveil fonctionnent souvent de manière autonome autour de figures pastorales indépendantes. Beaucoup dépendent administrativement de l’État pour leur reconnaissance légale et leur fonctionnement.

Plusieurs études universitaires soulignent d’ailleurs l’absence d’un cadre juridique rigoureux permettant d’encadrer leur prolifération ou leur financement. « Ils sont souvent obligés de ménager le pouvoir afin de bénéficier de certaines facilités administratives », explique un acteur de la société civile.

Cette dépendance institutionnelle crée, selon plusieurs analystes, une proximité naturelle avec le pouvoir politique. Les pasteurs cherchent souvent à préserver leurs autorisations, leurs espaces d’influence et leur accès aux autorités. À l’inverse, la CENCO bénéficie d’une implantation historique, d’un puissant réseau scolaire et hospitalier ainsi que d’une crédibilité internationale qui lui assurent une plus grande autonomie vis-à-vis du régime.

La divergence est aussi théologique. Les Églises de réveil mettent généralement l’accent sur la bénédiction individuelle, la réussite personnelle et la prospérité matérielle. Dans cette logique, le pouvoir politique est souvent présenté comme une autorité qu’il faut accompagner afin de garantir la stabilité nationale et les bénédictions divines.

À l’opposé, l’Église catholique congolaise s’inscrit dans une tradition sociale davantage tournée vers les questions de justice, de gouvernance et de défense des droits humains. Pendant les crises politiques de la fin du régime Kabila ou lors des tensions sécuritaires dans l’Est du pays, les évêques catholiques ont multiplié les prises de position critiques, parfois au prix de fortes tensions avec le pouvoir.

De Malula à Ambongo, une même ligne critique

Depuis le cardinal Joseph Malula, l’Église catholique congolaise a maintenu une posture critique vis-à-vis du pouvoir politique. Des cardinaux Frédéric Etsou et Laurent Monsengwo jusqu’à Fridolin Ambongo, cette ligne n’a pratiquement pas varié.

En 1990, Laurent Monsengwo initie un mémorandum réclamant davantage de libertés au maréchal Mobutu, alors au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans. Cette initiative lui donne une stature nationale majeure. Les écrivains Roger Gaise et Isidore Ndaywel le décrivent alors comme « un personnage incontournable, cerveau moteur de la poussée vers la démocratie ».

Pour l’historien Isidore Ndaywel, c’est Laurent Monsengwo, alors président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui a introduit dans les discours de l’Église catholique congolaise la notion de « démocratisation ». Plus d’un an après ce mémorandum, Monsengwo prendra la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS), fermée puis rouverte par Mobutu après la répression sanglante de la marche des chrétiens catholiques.

La réélection contestée de Joseph Kabila

En décembre 2007, Mgr Laurent Monsengwo succède au cardinal Frédéric Etsou à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa. Créé cardinal par Benoît XVI en 2010, il conservera jusqu’à la fin de son ministère une posture critique à l’égard du pouvoir.

Sous son impulsion, la CENCO multiplie les mises en garde contre le régime Kabila. En 2011, le cardinal Monsengwo conteste publiquement la réélection de Joseph Kabila, estimant que les résultats de la présidentielle « n’étaient conformes ni à la vérité ni à la justice ».

Ses détracteurs l’accusent alors de proximité avec l’opposition, notamment avec Étienne Tshisekedi, principal adversaire de Joseph Kabila lors de ce scrutin controversé. Mais pour plusieurs analystes, cette attitude s’inscrivait simplement dans la continuité historique de l’Église catholique congolaise.

Cette posture de contre-pouvoir a renforcé l’image de la CENCO comme acteur majeur de la vie publique en RDC, là où les Églises de réveil apparaissent souvent plus conciliantes envers les autorités.

Toutefois, les lignes ne sont pas totalement figées. Certaines plateformes évangéliques adoptent désormais des positions plus nuancées, notamment sur les questions de paix, de cohésion nationale et de gouvernance. C’est notamment le cas de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui s’est rapprochée de la CENCO sur plusieurs grands dossiers nationaux.

Sur la question du changement de la Constitution, cette divergence demeure profonde. L’Église catholique s’est déjà clairement opposée à toute initiative de révision ou de changement constitutionnel dans le contexte actuel.

Ce désaccord entre grandes confessions religieuses pourrait accentuer la polarisation du débat national autour d’un sujet hautement sensible. Dans un pays où la religion reste au cœur de la vie publique, les rapports entre foi et politique continueront d’influencer durablement le débat démocratique. Entre une Église catholique se revendiquant sentinelle démocratique et des Églises de réveil souvent plus proches du pouvoir, la RDC offre le visage d’un christianisme traversé par des enjeux de pouvoir, d’influence et de légitimité.

Heshima Magazine

Continue Reading

Nation

Négociations entre Kinshasa et AFC/M23 : pourquoi l’impasse perdure ?

Published

on

Alors que les espoirs de désescalade renaissaient entre Kinshasa et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), la nouvelle impasse observée dans l’application des engagements conclus à Doha et à Montreux vient raviver les inquiétudes sur la stabilité de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré trois accords successifs, les parties peinent à transformer les promesses diplomatiques en actes concrets sur le terrain. Au contraire, des attaques continuent entre les deux camps. 

La dynamique de paix engagée ces derniers mois entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 semble une nouvelle fois s’essouffler. Après deux signatures d’accords à Doha, au Qatar, et une autre à Montreux, en Suisse, les mécanismes de mise en œuvre restent bloqués, alimentant un climat de méfiance entre les protagonistes. En avril dernier à Montreux, en Suisse, les deux parties s’étaient accordées notamment de libérer les prisonniers de part et d’autres dans un délai de 10 jours. Au total, trois cent onze détenus retenus par la rébellion, cent soixante-six côté gouvernemental. Les listes étaient établies, les protocoles signés, le facilitateur désigné. Et pourtant, le 28 avril, date limite fixée à l’issue des négociations de Montreux, aucune libération n’a eu lieu. Ni du côté de l’AFC/M23, ni du côté du gouvernement congolais.

Ces libérations ne devraient pas se faire de manière unilatérale. Les deux parties doivent signaler simultanément qu’elles sont prêtes à remettre leurs détenus. Les accords de principe, conclus dans le cadre des mesures de confiance, fixent les règles pour ces libérations. Les parties remettent leurs détenus au facilitateur désigné et ce dernier assure le transfert. Le travail de vérification et d’identification des personnes concernées a été mené, d’après RFI. La rébellion semble prête à libérer les détenus mais le gouvernement congolais, de son côté, n’a pas encore donné de signal. Certaines sources diplomatiques expliquent que sans l’accord explicite du gouvernement congolais, le facilitateur ne peut pas se déplacer pour récupérer des détenus, même si un camp est prêt à les remettre. C’est la nature même du mécanisme qui l’impose : il s’agit d’un échange, pas d’une remise à sens unique, explique ce média.

Kinshasa brandit des contraintes liées à la justice 

Si l’AFC/M23 peut paraitre prête pour l’échange des prisonniers, Kinshasa veut respecter la procédure judiciaire dans le cas de certains détenus. Certaines libérations ne peuvent pas intervenir sans que des procédures judiciaires et réglementaires soient au préalable respectées. Des détenus figurant sur les listes seraient sous le coup de décisions de justice ou de mesures administratives qui, en droit congolais, doivent être levées avant toute remise en liberté. Ce passage obligé prendrait du temps, selon des sources gouvernementales et le délai de dix jours fixé à Montreux n’aurait pas suffi à le franchir.

Des combats persistent malgré les négociations… 

Les combats ont d’ailleurs repris dès le lendemain de la fin des négociations en Suisse. Des frappes de drones ont visé des villages du Sud-Kivu dès le 19 avril, faisant des victimes civiles. L’AFC/M23 a de son côté signalé des attaques dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Le vendredi 8 mai, Washington a condamné la frappe de drone signalée à Mushaki, dans la province du Nord-Kivu ainsi que les massacres rapportés près d’Uvira, au Sud-Kivu. Les Etats-Unis ont appelé « toutes les parties » à la « retenue maximale », au respect de leurs engagements de cessez-le-feu et à la protection des civils. D’après l’AFC/M23, les forces armées de la RDC auraient frappé le marché de Mushaki, dans le territoire de Masisi à l’aide d’un drone, faisant selon la rébellion un bilan provisoire d’au moins 20 morts et plus de 57 blessés. Jusqu’au 9 mai, le gouvernement congolais n’a pas souhaité commenter ces événements.

Un troisième échec après les deux signatures de Doha

Après une première signature à Doha puis une deuxième en novembre 2025 sur l’accord-cadre, la signature de Montreux en Suisse était la troisième sans forcément que les choses évoluent sur le terrain. L’accord-cadre signé à Doha avait pour objet de définir une série de protocoles, dont plusieurs devraient être négociés dans les deux semaines suivant la signature. Ces documents concernaient notamment l’accès humanitaire, les arrangements sécuritaires et le DDR, la restauration de l’autorité de l’État, le retour des déplacés et réfugiés, la relance économique ainsi que la justice transitionnelle.

Le texte insistait aussi sur la résolution des causes profondes du conflit, la lutte contre la discrimination, le renforcement de l’unité nationale et la mise en place d’une gouvernance inclusive. Depuis cette étape, les lignes n’avaient toujours pas suffisamment bougé. A l’étape de Montreux, en Suisse, ils se sont mis d’accord, le 18 avril 2026, sur l’accès humanitaire, la surveillance d’un cessez-le-feu et la libération des prisonniers. Concrètement, d’après leur déclaration commune, le gouvernement et les rebelles de l’AFC/M23 se sont engagés à respecter le droit international. Ils sont prêts à s’abstenir de toute attaque contre les biens et les infrastructures vitaux pour la population civile, tels que les denrées alimentaires, l’approvisionnement en eau, les hôpitaux et les écoles. L’accès à une aide humanitaire rapide et sûre devrait être facilité, les travailleurs humanitaires doivent être protégés et les biens humanitaires ne doivent être ni pillés ni détournés. Les blessés et les malades doivent bénéficier de soins médicaux. Mais depuis, les avancées sur le terrain ne sont pas concrètes.   

Pour que le processus avance, des sources proches du dossier estiment qu’une pression politique plus forte des facilitateurs sera nécessaire. Sans cela, la liste des engagements non tenus risque de continuer à s’allonger. Ce troisième échec fragilise davantage les efforts diplomatiques entrepris par les partenaires régionaux et internationaux pour ramener une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo. Plusieurs analystes craignent désormais une reprise des affrontements à grande échelle si aucun compromis rapide n’est trouvé.

Au-delà des tractations politiques, ce sont surtout les populations civiles qui continuent de payer le prix de cette instabilité persistante. Entre déplacements massifs, insécurité chronique et crise humanitaire grandissante, l’espoir d’un retour durable à la paix semble encore suspendu à une volonté politique de deux camps qui tarde à se concrétiser. Certaines sources diplomatiques avertissent que si l’étape des libérations des prisonniers de deux camps n’est pas franchie, c’est la crédibilité de l’ensemble des engagements pris à Montreux qui serait en jeu.

Heshima Magazine 

Continue Reading

Nation

RDC : Tshisekedi ouvre la porte à un 3e mandat, l’opposition monte au créneau

Published

on

Le président congolais Félix Tshisekedi a relancé le débat politique en affirmant qu’il pourrait accepter un troisième mandat « si le peuple le veut ». Une déclaration qui intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes dans l’Est du pays et qui suscite déjà une vive réaction de l’opposition, laquelle dénonce une tentative de révision constitutionnelle destinée à prolonger son maintien au pouvoir.

Lors d’une conférence de presse tenue le 6 mai 2026 à Kinshasa au chapiteau de la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État congolais a affirmé qu’il n’excluait pas l’hypothèse d’un troisième mandat présidentiel à l’issue de son second quinquennat, prévu en 2028. « Je n’ai pas sollicité un troisième mandat. Mais, je vous le dis, si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », a déclaré Félix Tshisekedi, tout en précisant qu’une éventuelle révision de la Constitution devrait passer par un référendum populaire.

La Constitution congolaise de 2006 limite actuellement le président de la République à deux mandats consécutifs. Depuis plusieurs mois, cependant, certains cadres de l’UDPS, le parti présidentiel, évoquent publiquement l’idée d’une réforme constitutionnelle, notamment autour de l’article 220, considéré comme verrouillant la limitation des mandats. D’où l’idée d’organiser un référendum afin de consulter les Congolais sur cette question.

Le président Félix Tshisekedi a également lié l’avenir institutionnel du pays à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23 se poursuivent malgré des discussions à Doha, au Qatar, et récemment à Montreux, en Suisse. Selon lui, l’organisation des élections de 2028 pourrait devenir impossible si la guerre persistait dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Cette guerre, nous voulons la terminer le plus rapidement possible. Si nous ne parvenons pas à y mettre fin, malheureusement, nous ne pourrons pas organiser les élections en 2028. Mais ce ne sera pas parce que j’aurai refusé de les organiser ; les ressources existent et nous pouvons le faire. On ne peut cependant pas organiser des élections sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », a fait savoir Félix Tshisekedi.

Levée de boucliers dans l’opposition

Ces déclarations ont immédiatement provoqué une levée de boucliers dans les rangs de l’opposition. L’opposant André Claudel Lubaya a accusé le président de vouloir instrumentaliser « la volonté du peuple » afin de justifier « une intention frauduleuse ». Pour l’ancien député élu de Kananga, aujourd’hui en exil en Belgique, Félix Tshisekedi « n’a ni mission ni troisième mandat » à conquérir. « Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit. Notre loi fondamentale organise exclusivement les modalités de sa révision, et non celles de sa transgression, sous peine de haute trahison », a-t-il écrit sur son compte X.

Il rappelle que « la Constitution encadre strictement les modalités de sa révision à l’article 218 et consacre le devoir de sa protection à l’article 64 », avant de prévenir : « Toute violation intentionnelle de ses dispositions, notamment par les autorités publiques, est susceptible de constituer une haute trahison au sens des articles 164 et 165 ».

De son côté, l’ancien candidat à la présidentielle de 2018, Seth Kikuni, a estimé qu’une tentative de confiscation du pouvoir pourrait provoquer une grave crise politique. Au sein du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila, des réactions se font également entendre. La sénatrice honoraire Francine Muyumba s’est montrée très opposée à l’idée d’un troisième mandat. « C’est clair, la paix n’est pas une priorité. La conservation du pouvoir paraît désormais primer, peu importe le prix politique, institutionnel ou humain que le peuple devra payer. C’est véritablement dommage pour une nation qui aspire avant tout à la stabilité, à l’unité nationale et à une paix durable », a-t-elle écrit.

Dans un autre message publié sur X, elle promet de barrer la route à un troisième mandat de l’actuel chef de l’État : « Le président Félix Tshisekedi n’aura pas de troisième mandat ». Elle estime également que « l’UDPS s’est déjà tout permis, mais il est encore temps de renoncer à cette aventure ».

Pour Delly Sesanga, président du parti Envol, il n’y a désormais plus de doute : « Les masques sont tombés. Félix Tshisekedi manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite ». L’opposant appelle « tous les démocrates à faire obstacle à cette dérive ». Citant Patrice Emery Lumumba, l’ancien député national élu de Luiza, dans le Kasaï-Central, rappelle : « Le Congo est un grand pays. Il exige de ses dirigeants grandeur, dignité et responsabilité ». Selon lui, cela se mesure par « le respect de la Constitution, des institutions et de la stabilité nationale, non par la recherche frauduleuse d’une prolongation des mandats ». « Être un homme d’État, c’est avoir le sens de l’Histoire et éviter à son pays de replonger dans les pratiques du passé qui ont conduit au chaos. Ces dérives, les fondateurs de l’UDPS les ont combattues hier ; nous les avons combattues ensemble, au prix de lourds sacrifices », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le porte-parole de Lamuka, Prince Epenge, a résumé à sa manière l’intervention du chef de l’État congolais : « Conclusion : pas de dialogue, pas d’élections, pas de fin de guerre. Le Roi veut d’abord son troisième mandat ! Il se trompe », a-t-il répliqué.

À l’Union sacrée, on se défend

D’autres voix proches du pouvoir défendent cependant l’idée d’un débat constitutionnel. Freddy Kita, ancien vice-ministre à la Coopération internationale et actuel coordonnateur de la plateforme Camp de la République, a déclaré que « la Constitution n’est ni la Bible ni le Coran » et qu’elle pouvait être adaptée « aux réalités actuelles du pays ».

Pour Honoré Mvulu, membre de l’UDPS, toute évolution institutionnelle doit passer par les mécanismes constitutionnels, dans le respect du peuple et de la stabilité. « Le référendum, lorsqu’il est prévu, reste l’expression la plus directe de la souveraineté populaire », estime ce proche du pouvoir.

Le débat ravive les souvenirs de la crise politique de 2016 sous Joseph Kabila, lorsque les manifestations contre le report des élections avaient provoqué de fortes tensions dans le pays.

Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi entame sa septième année à la tête du pays. À environ deux ans de la fin de son dernier mandat, selon la Constitution en vigueur, une proposition de loi sur le référendum a été déposée à l’Assemblée nationale. Son initiateur, le député Paul Gaspard Ngondankoy, l’a défendue devant ses pairs le 30 avril 2026.

Cette proposition de loi fixe les conditions d’organisation du référendum en RDC. Certains députés de l’opposition y voient une ouverture vers une révision de la Constitution. L’opposition soupçonne également une manœuvre destinée à permettre un troisième mandat à Félix Tshisekedi.

À deux ans de l’échéance présidentielle de 2028, l’hypothèse d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi s’impose désormais comme l’un des principaux sujets du débat politique congolais.

Heshima Magazine  

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

You cannot copy content of this page

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?