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Emploi des jeunes en RDC : du ras-le‑bol à l’espoir tangible ?
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1 an agoon
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La redaction
Dans les ruelles animées de Kinshasa, Paul, 24 ans, arpente la ville, son diplôme en gestion soigneusement plié dans un dossier usé. « J’ai cherché un emploi pendant deux ans. Les employeurs exigent de l’expérience, mais comment en acquérir si personne ne me donne ma chance ? » confie-t-il, le regard oscillant entre frustration et détermination. À Kisangani, Sarah, 25 ans, a trouvé une autre voie : après une formation en marketing digital, elle a lancé une petite agence de communication en ligne. « Sans ce coup de pouce, je serais peut-être encore à vendre des fruits au marché », dit-elle avec un sourire. Ces témoignages incarnent une réalité partagée par des millions de jeunes en République démocratique du Congo (RDC), un pays où la jeunesse, vibrante et majoritaire, peine à trouver sa place dans une économie fragile.
La RDC est un pays jeune, dans tous les sens du terme. Avec une population estimée à 112,8 millions d’habitants en 2025 et un âge médian de 15,8 ans, selon Worldometer, elle figure parmi les nations les plus jeunes d’Afrique. Cette jeunesse, qui représente 50,44 % de la population en âge de travailler (15-29 ans), est une force vive, mais aussi une pression immense sur le marché du travail. Radio Okapi rapportait en mai 2025 qu’il faudrait créer 9,6 millions d’emplois d’ici à 2030 pour stabiliser le taux de chômage, soit environ 100 000 postes par mois. Un défi herculéen dans un pays où l’économie, largement informelle, repose sur des activités de subsistance.
À Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Goma…, les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, partagent un même rêve : un emploi stable, digne, capable de leur offrir un avenir. Mais la réalité est rude. Selon une publication de l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda sur le réseau social X en mai 2024, le chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 35 %, le sous-emploi touche 50 % d’entre eux, et 73,5 % de la population vit avec moins de 2,15 dollars par jour, d’après la Banque mondiale en 2024. Ces chiffres traduisent une urgence : sans opportunités concrètes, cette jeunesse risque de basculer dans la précarité, voire le désespoir.
Un marché du travail marqué par la précarité
Le marché de l’emploi en RDC est un paradoxe. D’un côté, il absorbe une partie de la jeunesse : 47,1 % des 15-29 ans sont employés, selon l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2022. De l’autre, la qualité des emplois est alarmante. Près de 88,6 % des postes occupés par les jeunes sont informels, et 87,9 % sont qualifiés de « vulnérables », exposant les travailleurs à l’insécurité financière et à l’absence de protection sociale. Le revenu mensuel médian des jeunes s’élève à 21,5 dollars USD, contre 37,6 dollars pour les adultes. Les femmes gagnent en moyenne 15,1 dollars, contre 29 dollars pour les hommes, et les jeunes ruraux perçoivent trois fois moins que leurs homologues urbains.
Les disparités régionales aggravent cette fracture. Kinshasa affiche le taux d’emploi des jeunes le plus bas (19,4 %), tandis que le Nord Ubangi atteint 81,8 %, selon Radio Okapi en mai 2025. Le secteur informel domine, représentant 86,5 % des emplois, avec le privé (51,8 %) et les ménages (38,7 %) comme principaux employeurs, d’après Jeanine Mabunda sur X. À Kolwezi, dans le secteur minier, Justine Kabwik, experte des questions du travail déplore que « 7 jeunes sur 10 sont sans emploi, alors que des expatriés occupent des postes dans les camps miniers ». Ces chiffres peignent une économie qui, malgré sa résilience, enferme trop souvent les jeunes dans des activités précaires, comme le petit commerce, le transport à moto ou l’artisanat de survie.
Paul cité plus haut, a fini par devenir chauffeur de taxi-moto à Kinshasa. « Ce n’est pas ce que j’espérais, mais ça me permet de manger », dit-il. Son histoire reflète celle de nombreux jeunes qui, faute d’opportunités formelles, se rabattent sur l’informel, où la débrouillardise est une qualité essentielle, mais insuffisante pour sortir de la précarité.
Des obstacles structurels tenaces
Pourquoi tant de jeunes restent-ils sur la touche ? L’informalité, qui concerne 89 % de la main-d’œuvre selon une étude du réseau social professionnel ResearchGate de 2024, est un frein majeur. Ce secteur, sous-capitalisé et peu structuré, limite l’accès aux financements et à la protection sociale. Les jeunes entrepreneurs, souvent à la tête de micro-entreprises, peinent à obtenir des prêts bancaires, faute de garanties ou de comptabilité formalisée. « Les banques nous regardent comme des risques, pas comme des opportunités », déplore Sarah, l’entrepreneure de Kisangani.
L’inadéquation entre formation et marché du travail est un autre verrou. Les programmes scolaires, souvent déconnectés des réalités économiques, produisent des diplômés en sciences sociales ou en droit, alors que les employeurs recherchent des techniciens, des informaticiens ou des artisans qualifiés. « On forme des jeunes pour des emplois qui n’existent pas », souligne le psychologue Martin Ngoie.
Les infrastructures déficientes, routes impraticables, électricité intermittente, accès limité à internet, compliquent la création et le développement des entreprises. Dans les zones rurales, où vit une grande partie de la jeunesse, ces défis sont encore plus marqués. L’instabilité politique, notamment dans l’Est, et la corruption, qui gangrène l’administration, rebutent les investisseurs. Perspective Monde rapportait en février 2025 que le chômage des jeunes en RDC, exacerbé par ces facteurs, est un « fléau » national. Enfin, l’accès limité aux financements pour les petites entreprises freine l’entrepreneuriat, un secteur pourtant crucial pour absorber la main-d’œuvre jeune.
Des initiatives qui tracent la voie
Malgré ces obstacles, des lueurs d’espoir émergent. Le gouvernement, les partenaires internationaux et le secteur privé multiplient les initiatives pour offrir des débouchés aux jeunes. Le Fonds spécial pour la promotion de l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), créé en 2018, est un exemple phare. Ce fonds propose des financements, des prêts participatifs et des formations, notamment en compétences numériques. En octobre 2024, un forum organisé avec Africa Digital Academy a réuni des jeunes pour les former au marketing digital et à l’utilisation du métaverse, rapporte Actualite.cd. « Dans un monde globalisé, les outils numériques sont la clé de l’insertion professionnelle », insiste Noëlla Ayeganagato, ministre de la Jeunesse.
À Kinshasa, Régine Kahindo Lukwangi, 28 ans, incarne le succès de ces programmes. Partie d’une petite activité de vente de yaourts à l’université, elle a bénéficié d’un accompagnement de l’OIT pour créer une entreprise agro-alimentaire. « Aujourd’hui, j’emploie cinq personnes et j’approvisionne des supermarchés », confie-t-elle à Afrique Renouveau le 19 mars 2025. Son parcours inspire d’autres jeunes à se lancer, malgré les obstacles.
La formation professionnelle est un autre levier clé. L’Agence française de développement (AFD) soutient l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), qui a formé entre 16 000 et 40 000 jeunes entre 2009 et 2020, selon un article de l’AFD daté du 25 avril 2024. Jean, 22 ans, originaire de Goma, en est un bénéficiaire. Formé en mécanique automobile, il a ouvert son propre garage. « Cette formation m’a donné les compétences pour être indépendant. J’emploie deux apprenants maintenant », raconte-t-il avec fierté.
Le secteur privé s’engage également. Rawbank, première banque de la RDC, a lancé le programme « We Act » en partenariat avec des incubateurs comme Ovation et Orange Corners. En juin 2025, un bootcamp à Lubumbashi et Kolwezi a formé une cohorte de dix startups, rapporte Financial Afrik. Une publication sur le réseau X de l’agence de presse panafricaine spécialisée dans l’économie africaine (ANA Break News) en juin 2025 salue cet effort, qui vise à stimuler l’entrepreneuriat des jeunes. Dans le secteur minier, des organisations comme Pact offrent des apprentissages pour éloigner les jeunes des mines artisanales. Patrick, 17 ans, a ainsi troqué une vie dangereuse dans une mine de Kolwezi pour une formation en mécanique. « J’ai un avenir maintenant », dit-il, selon un article de Pact.
Les partenaires internationaux jouent un rôle crucial. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) finance des petites entreprises à Kinshasa, comme celle de Brunelle Maluka, qui emploie six personnes dans la fabrication de briques, selon l’OIM. L’Activité de développement intégré pour la jeunesse (IYDA), financée par USAID entre 2018 et 2022, a renforcé les opportunités dans les zones de conflit, rapporte le mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC). La plateforme Fair Cobalt Alliance forme également des jeunes dans le secteur minier, offrant des alternatives aux travaux dangereux.
Des secteurs porteurs pour l’avenir
Certains secteurs offrent des perspectives prometteuses. L’agriculture, qui emploie déjà une grande partie de la population rurale, pourrait devenir un moteur d’emploi si elle est modernisée. En 2024, l’organisation canadienne Farm Radio Scripts, spécialisée dans la production de contenus radiophoniques pour les radios rurales africaines, a encouragé les jeunes à s’investir dans l’agriculture urbaine et les jardins communautaires, des activités génératrices d’emplois locaux et essentielles au renforcement de la sécurité alimentaire.
À Bukavu, un groupe de jeunes a lancé une coopérative de maraîchage, employant une dizaine de personnes. « L’agriculture, ce n’est pas seulement pour les vieux. Avec un peu de formation, on peut en vivre dignement », explique leur leader, Joseph, 26 ans.
Le numérique, en pleine expansion, est un autre eldorado. Avec la pénétration croissante d’internet, même dans les zones semi-urbaines, les métiers du digital, développement web, marketing en ligne, gestion de réseaux sociaux, attirent les jeunes. Le Fonds Spécial pour la Promotion, l’Entrepreneuriat et l’Emploi des Jeunes (FSPEEJ), un programme public congolais dédié à l’insertion socio-économique des jeunes, forme des cohortes dans ces domaines en partenariat avec des structures comme Africa Digital Academy, une initiative panafricaine axée sur le développement des compétences numériques et l’employabilité. « Les compétences numériques, c’est l’avenir », affirme Joseph Mbuyi Mukendi, directeur du FSPEEJ. Une publication sur X du média ACP RDC de juin 2025 cite l’exemple d’un jeune entrepreneur ayant bâti une carrière dans le nettoyage, preuve que des secteurs inattendus peuvent aussi offrir des opportunités.
Le secteur minier, pilier de l’économie congolaise, pourrait absorber davantage de jeunes s’il était mieux structuré. Des programmes comme ceux de la Fair Cobalt Alliance montrent la voie, mais leur portée reste limitée.
Les défis à surmonter
Malgré ces avancées, les obstacles restent nombreux. La portée des programmes, souvent concentrés dans les grandes villes, laisse les jeunes ruraux à la marge. « À Kinshasa, il y a des formations, des incubateurs. Mais dans mon village, rien », regrette Marie, 20 ans, une agricultrice du Kasaï. L’accès à l’éducation de qualité, particulièrement pour les filles, reste un défi, avec des taux d’abandon élevés dans les zones rurales. La corruption, qui freine la mise en œuvre des projets, et l’instabilité dans l’Est compliquent les efforts.
Malgré les initiatives comme le Fonds de promotion pour l’industrie (FPI) et le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC) destiné à sécuriser les prêts aux jeunes entrepreneurs, l’accès au crédit demeure semé d’embûches. Les procédures complexes continuent de décourager de nombreux porteurs de projets, particulièrement dans les provinces éloignées des centres décisionnels.
En mars 2024, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, mettait en avant des mécanismes innovants de prêts sans garantie. Pourtant, près d’un an plus tard, leur implémentation à grande échelle se fait toujours attendre. Un retard qui suscite l’impatience chez les jeunes entrepreneurs.
Cette situation révèle un problème plus profond : le manque de coordination efficace entre les différents acteurs, gouvernement, secteur privé et organisations non gouvernementales. Alors que chaque entité développe ses propres programmes, l’absence de synergie limite considérablement leur impact global. Comme le souligne un rapport de 2024 de la Banque africaine de développement, la multiplication des initiatives non coordonnées risque de diluer les efforts plutôt que de les amplifier.
Pourtant, des solutions existent. La digitalisation des processus, déjà expérimentée avec succès par certaines institutions financières locales, pourrait simplifier l’accès aux fonds. De même, un guichet unique regroupant l’ensemble des dispositifs d’aide à l’entrepreneuriat jeune permettrait de gagner en efficacité. Reste à transformer ces pistes en réalité tangible pour les milliers de jeunes Congolais en attente d’opportunités.
Construire les bases d’une inclusion économique durable
Pour transformer la jeunesse congolaise en moteur économique, une approche intégrée s’impose. Tout d’abord, réformer l’éducation est crucial. Les curricula doivent être alignés sur les besoins du marché, avec un accent sur les métiers techniques, numériques et agricoles. Multiplier les centres de formation professionnelle, comme ceux de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), surtout en zones rurales, permettrait de toucher davantage de jeunes.
Ensuite, soutenir l’entrepreneuriat est une priorité. Des incubateurs, des microcrédits adaptés et des formations en gestion sont nécessaires pour aider les jeunes à lancer des entreprises viables. La formalisation progressive de l’informel, via des taxes simplifiées et des incitations à l’enregistrement, offrirait plus de sécurité et d’accès aux financements. « Si on simplifiait les démarches, beaucoup de jeunes passeraient au formel », estime Martin Ngoie.
Investir dans les infrastructures, routes, électricité, internet, est indispensable pour stimuler l’activité économique. Un climat des affaires plus transparent, débarrassé de la corruption, attirerait davantage d’investisseurs. Enfin, renforcer le dialogue entre gouvernement, secteur privé et partenaires internationaux maximiserait l’impact des initiatives. Des secteurs comme l’agriculture, le numérique et le minier, s’ils sont mieux structurés, pourraient absorber des millions de jeunes.
Une chance à saisir collectivement
La jeunesse congolaise, avec sa créativité et sa résilience, est prête à transformer la RDC. Les initiatives du FSPEEJ, de Rawbank, de l’OIT ou de Pact sont des étincelles d’espoir, mais elles doivent s’amplifier pour répondre à l’ampleur du défi. « La jeunesse n’est pas seulement l’avenir, elle est le présent », martèle le psychologue Martin Ngoie. « Y investir, c’est bâtir la prospérité de tous. »
À l’heure où la RDC aspire à un renouveau économique, donner à Paul, Sarah, Jean et des millions d’autres jeunes les outils pour réussir n’est pas une option, mais une nécessité. Leur énergie, leur ambition et leur détermination sont les ingrédients d’un avenir prometteur. Reste à leur offrir le terrain fertile pour s’épanouir.
Heshima Magazine
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Dossier
Accords de Washington : la mise en œuvre traîne, un an après…
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2 heures agoon
septembre 10, 2026By
La redaction
Signés le 27 juin 2025 et entérinés, six mois plus tard, par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, dans un climat de fortes tensions, les accords de Washington n’ont toujours pas produit les effets escomptés. Un an après leur signature, la paix reste hors de portée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Leur mise en œuvre patine et paraît de plus en plus hypothétique, malgré les sanctions infligées au Rwanda par les États-Unis.
Après plusieurs cycles de discussions sans résultats décisifs, le processus de désescalade engagé entre Kinshasa et Kigali semble s’être enlisé. Pourtant, les deux parties poursuivent leurs rencontres dans le cadre des mécanismes prévus par l’accord. Le 24 juin 2026, lors de la sixième réunion du Comité mixte de surveillance (CMS), les deux délégations ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre de l’accord afin de réduire les tensions dans l’est de la RDC.
Mais sur le terrain, les avancées restent limitées. Selon le Baromètre des accords de paix en Afrique, un an après leur signature, les accords de Washington n’ont été mis en œuvre qu’à hauteur de 35 %. Sur les 30 engagements prévus, seuls trois ont été pleinement réalisés, notamment la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire et du Comité mixte de surveillance. Tous les autres volets accusent un retard important.
Le Baromètre relève toutefois quelques progrès. Du côté congolais, les opérations de neutralisation des FDLR, lancées à la fin du mois de mars 2026, obtiennent une note de 5 sur 10. En revanche, du côté rwandais, le retrait des troupes et la levée des mesures défensives n’atteignent qu’un score de 2,5 sur 10. Il apparaît également un profond déséquilibre dans les priorités d’exécution. Les engagements sécuritaires les plus sensibles restent pratiquement au point mort. Le déficit de confiance entre les deux parties continue de freiner la coopération et favorise la poursuite des hostilités sur le terrain.
Le Rwanda renforce sa présence
Alors que Kigali s’était engagé à retirer ses forces du territoire congolais et à lever certaines mesures défensives, plusieurs rapports indiquent au contraire un renforcement de sa présence militaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les autorités rwandaises justifient ce maintien par la menace persistante que représenteraient les FDLR et par la nécessité de préserver leur sécurité. Dans un rapport adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, le Groupe d’experts indique que, depuis le lancement du processus de Doha en mars 2025, les territoires contrôlés par l’AFC/M23 se sont étendus de plus de 35 %. Le même rapport estime qu’entre 14 000 et 18 000 militaires rwandais restent déployés dans l’est de la RDC.
Les sanctions américaines montrent leurs limites
Parallèlement, les négociations menées à Doha, sous la médiation du Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, peinent-elles aussi à produire des résultats concrets. De même, la pression diplomatique et économique exercée par les États-Unis sur Kigali ne semble pas modifier le rapport de force sur le terrain. Washington a pourtant multiplié les sanctions contre des responsables rwandais accusés de soutenir l’AFC/M23 ou de tirer profit de l’exploitation illégale des ressources minières congolaises.
En juin dernier, les États-Unis ont sanctionné plusieurs ressortissants rwandais soupçonnés de participer au trafic d’or extrait illégalement dans l’est de la RDC. La raffinerie Gasabo Gold Refinery Ltd, basée à Kigali, ainsi que plusieurs membres de son réseau, sont accusés de blanchir cet or. « Les États-Unis ne permettront pas à des acteurs malveillants de tirer profit du commerce illicite des minerais et de déstabiliser la région », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Quelques mois auparavant, l’administration Trump avait déjà pris des sanctions contre plusieurs officiers supérieurs des Forces de défense rwandaises.
Malgré ces mesures, Kigali ne donne aucun signe de recul. Le porte-parole de l’armée rwandaise, le brigadier-général Patrick Karuretwa, lui-même visé par des sanctions américaines, a déclaré sur un plateau de télévision que « le Rwanda est à Goma et à Bukavu pour y rester ; se retirer serait suicidaire ».
Autre paradoxe : James Kabarebe, sanctionné par le Trésor américain en 2025 pour son rôle présumé dans le soutien au M23 et dans l’exploitation des ressources minières congolaises, a été promu ministre d’État chargé de l’Intégration régionale. Il est aujourd’hui l’interlocuteur officiel du Rwanda pour le volet économique des accords de Washington, pourtant parrainés par les États-Unis.
Le dialogue comme alternative
Face aux difficultés rencontrées par les initiatives diplomatiques, plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile congolaises plaident désormais en faveur d’un dialogue national inclusif. Pour eux, un dialogue interne pourrait permettre de consolider les accords de Washington en abordant d’autres causes profondes de la crise, notamment les questions de gouvernance, de cohésion nationale et de légitimité des institutions. « Sans dialogue national inclusif, Washington et Doha ne mèneront pas à une paix durable », ont notamment affirmé plusieurs organisations de la société civile.
Dans cette perspective, le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a reçu, le 7 juillet 2026, une délégation de responsables politiques congolais ainsi que des représentants de la CENCO, de l’ECC et des Églises de réveil. À l’issue des échanges, le chef de l’État burundais a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif. La coalition C64 lui a, pour sa part, réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution du 18 février 2006.
Mais le consensus est encore loin d’être trouvé. Majorité et opposition divergent aussi bien sur les participants que sur le contenu du futur dialogue. Le pouvoir refuse que ce cadre serve de « blanchisserie » à ceux qui ont pris les armes contre la République, tandis que les responsables religieux plaident pour une participation sans exclusion.
Sur le fond également, les positions restent éloignées. Certains souhaitent un dialogue centré sur la cohésion nationale, d’autres veulent remettre sur la table l’ensemble de l’ordre politique issu des élections de 2023. Pour Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), le dialogue est devenu incontournable. Mais, prévient-il, il ne devra pas occulter les impératifs de justice et de lutte contre l’impunité.
Hubert Mwipatayi
Exclusivité
CNSSAP : Junior Mata reçoit un prix de mérite
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3 jours agoon
septembre 7, 2026By
La redaction
L’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC) distingue la vision de Junior Mata et consacre la montée en puissance de la CNSSAP dans les standards internationaux de gouvernance
La bonne gouvernance n’est plus seulement un concept inscrit dans les rapports institutionnels. À la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP), elle se traduit désormais par une reconnaissance officielle. Le 13 mars 2026, à Kinshasa, l’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC), en présence des représentants de l’Association des Instituts d’Audit Interne d’Afrique (AFIIA Afrique), a décerné un prix de mérite à la CNSSAP, remis à son Directeur général, Junior Mata M’Elanga. Cette distinction récompense les avancées réalisées dans la construction d’une gouvernance moderne et conforme aux meilleures pratiques internationales.
Une gouvernance bâtie sur les standards mondiaux
Au fil des dernières années, la CNSSAP s’est engagée dans une profonde transformation de ses mécanismes de gouvernance. L’objectif : faire de la transparence, de la maîtrise des risques et du contrôle interne des leviers de performance au service des agents publics. Cette démarche s’est traduite par la mise en place d’une fonction d’audit interne structurée selon les directives de The Institute of Internal Auditors (IIA Global – États-Unis), référence mondiale dans ce domaine.
L’organisation repose aujourd’hui sur un dispositif de contrôle interne articulé autour des trois lignes de défense, un modèle international qui définit clairement les responsabilités des opérationnels, des fonctions de contrôle et de l’audit interne afin de renforcer la maîtrise des risques et la qualité de la gouvernance.
Une culture de l’audit qui s’enracine
L’un des éléments les plus remarqués par les professionnels de l’audit concerne la montée en compétences des équipes internes. Tous les auditeurs internes de la CNSSAP sont désormais membres de l’IIA RDC et disposent d’un identifiant professionnel délivré par IIA Global, attestant de leur intégration dans le réseau international de la profession et de leur engagement à respecter les normes mondiales de l’audit interne. Au-delà d’une simple formalité administrative, cette reconnaissance traduit une volonté d’inscrire durablement la fonction d’audit dans les meilleures pratiques internationales.
La certification ISO 9001 maintenue

Cette distinction vient également conforter une autre réussite de la CNSSAP : le maintien de sa certification ISO 9001, norme internationale de référence en matière de management de la qualité. Cette certification atteste de la capacité de l’institution à structurer ses processus, à améliorer continuellement ses services et à placer la satisfaction des usagers au cœur de son organisation. L’association entre un système qualité certifié et une fonction d’audit interne conforme aux standards de l’IIA constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de la gouvernance de la Caisse.
Une reconnaissance du leadership
En recevant ce prix de mérite, Junior Mata M’Elanga a tenu à souligner que cette distinction récompense avant tout le travail collectif des équipes de la CNSSAP. « Ce prix met en lumière les manifestations concrètes de nos efforts, menés avec rigueur et humilité, pour renforcer la gouvernance de notre établissement. », a-t-il déclaré. Le Directeur général a également réaffirmé la vocation première de la Caisse, celle de garantir une protection sociale performante, transparente et durable au bénéfice des agents publics de la République démocratique du Congo.
Une institution qui veut faire école
Dans un contexte où les exigences de bonne gouvernance deviennent de plus en plus fortes au sein des établissements publics, la reconnaissance décernée par l’IIA RDC revêt une signification particulière. Elle consacre une démarche qui dépasse la seule conformité réglementaire pour faire de la gouvernance un véritable outil de création de valeur. À travers le renforcement du contrôle interne, la professionnalisation de l’audit, la maîtrise des risques et le maintien des standards de qualité internationaux, la CNSSAP affiche son ambition de s’imposer comme une référence nationale en matière de gestion publique moderne.
Au-delà du trophée, cette distinction symbolise l’évolution d’une institution qui entend inscrire durablement la performance, la transparence et l’amélioration continue au cœur de son action au service des agents publics de l’État.
Heshima Magazine
Exclusivité
De Matadi à Tshikapa: CNSSAP, une expansion qui rapproche la sécurité sociale des agents publics
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3 jours agoon
septembre 7, 2026By
La redaction
Matadi, Kikwit, Kananga et Tshikapa, l’expansion territoriale de la CNSSAP se poursuit à travers l’ouverture et le renforcement des agences en provinces. Une politique qui permet de rapprocher ce service des agents publics concernés.
La transformation de la protection sociale des agents publics s’écrit désormais au rythme des provinces. Sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP) accélère le déploiement de son réseau à travers le pays, faisant de la proximité un pilier essentiel de la réforme sociale.
Longtemps concentrés à Kinshasa, les services de la CNSSAP s’étendent progressivement vers l’intérieur du pays afin de garantir aux fonctionnaires et agents publics un accès plus rapide, plus équitable et plus efficace à leurs droits sociaux. Cette stratégie traduit la volonté de construire une administration moderne, décentralisée et résolument tournée vers les besoins des bénéficiaires.
Une présence qui s’affirme dans les provinces
Le mouvement est désormais bien engagé. Après Matadi, première étape majeure dans le Kongo-Central, la CNSSAP a consolidé son implantation à Kikwit, dans la province du Kwilu, avant de poursuivre son expansion dans le Grand Kasaï. À Kananga, la dynamique a franchi un seuil décisif avec la construction en cours du futur bâtiment de l’agence provinciale et le lancement officiel des activités de la CNSSAP. Une avancée qui traduit la volonté des autorités de rapprocher durablement les services de sécurité sociale des agents publics du Kasaï-Central.
À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, les travaux préparatoires sont également en cours. La mise à disposition du terrain, les études techniques et les démarches administratives engagées ont ouvert la voie à l’implantation prochaine d’une agence appelée à renforcer la couverture territoriale de l’institution dans la province du Kasaï. Chaque nouvelle étape constitue une avancée concrète vers une couverture nationale plus équilibrée, où les services sociaux deviennent accessibles sans que les bénéficiaires soient contraints de parcourir des centaines de kilomètres pour accomplir leurs formalités.
Une réforme qui prend forme sur le terrain

Au-delà des infrastructures, l’expansion du réseau de la CNSSAP répond à une ambition plus profonde : rapprocher l’État de ses agents et faire de la sécurité sociale un service public de proximité. En développant ses agences provinciales, la CNSSAP réduit les disparités d’accès aux prestations sociales, simplifie les démarches administratives et améliore la qualité de la prise en charge des fonctionnaires et retraités sur l’ensemble du territoire national. Cette présence accrue dans les provinces participe également à la modernisation de l’administration publique en favorisant une gestion plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers les usagers.
Pour le Directeur général de la CNSSAP, Junior Mata M’Elanga, cette expansion territoriale constitue une étape majeure dans la consolidation de la mission de l’institution. Elle traduit une volonté constante de renforcer la bonne gouvernance, d’améliorer la qualité des services et de garantir une gestion responsable des droits sociaux des agents publics.
L’ouverture de nouvelles agences ne répond pas uniquement à une logique administrative. Elle incarne une nouvelle manière de concevoir le service public : plus proche, plus accessible et plus attentif aux réalités des provinces.
Vers une couverture nationale intégrale
De Matadi à Kikwit, de Kananga à Tshikapa, la CNSSAP poursuit méthodiquement son maillage territorial.
Cette expansion progressive témoigne de l’engagement de l’institution à accompagner la vision présidentielle d’un État social où chaque agent public, quel que soit son lieu d’affectation, bénéficie des mêmes droits, des mêmes services et de la même qualité de prise en charge.
À mesure que son réseau se densifie, la CNSSAP confirme son rôle de pilier de la réforme sociale en République démocratique du Congo. Plus qu’une extension géographique, cette dynamique traduit la construction d’une protection sociale moderne, inclusive et durable, au service de tous les agents publics de l’État.
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