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Sponsoring des clubs européens par la RDC : une opportunité en or ou un pari risqué ?

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La République démocratique du Congo (RDC) a récemment marqué les esprits en concluant un partenariat historique avec le FC Barcelone, l’un des clubs de football les plus prestigieux au monde. Annoncé en juillet 2025, cet accord de 43 millions d’euros sur quatre ans, signé par le ministre des Sports et du Tourisme, Didier Budimbu, vise à « promouvoir le tourisme et à développer le football congolais ». Ce contrat s’inscrit dans une stratégie plus large de « nation branding » pour redorer l’image de la RDC, souvent associée aux conflits et à l’instabilité. Mais dans un pays confronté à des défis économiques et sociaux majeurs, ce partenariat suscite autant d’espoirs que de controverses. Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle initiative pour la RDC ? Heshima Magazine explore les enjeux de ce pari audacieux.

Le contrat entre la RDC et le FC Barcelone, qui s’étend du 1er juillet 2025 au 30 juin 2029, représente un investissement de 43 millions d’euros, hors taxes, avec un paiement initial de 10 millions d’euros et une augmentation annuelle de 500 000 euros, atteignant 11,5 millions d’euros pour la dernière saison. Ce partenariat va bien au-delà d’un simple sponsoring publicitaire. Selon les détails rapportés par Jeune Afrique le 10 juillet 2025, la RDC bénéficie de plusieurs avantages concrets :

  • Le slogan « RDC, Cœur de l’Afrique » sera affiché sur les maillots d’entraînement du FC Barcelone, à l’exception des matches de la Ligue des Champions et de la Coupe du Monde des Clubs.
  • Deux minutes de publicité par match au Spotify Camp Nou, offrant une visibilité mondiale.
  • Un salon VIP au stade pour accueillir des partenaires et organiser des événements promotionnels.
  • La privatisation du stade une fois par saison pour un match spécial.
  • Un showroom de plus de 80 m² dédié à la promotion du tourisme et des produits congolais.
  • Des maillots, billets et accès aux loges VIP pour des délégations congolaises.
  • L’utilisation contrôlée de l’image des joueurs du FC Barcelone pour des campagnes promotionnelles.
  • Quatre camps d’entraînement annuels de cinq jours, accueillant jusqu’à 50 jeunes joueurs congolais, organisés au sein de La Masia, le prestigieux centre de formation du FC Barcelone.

Ce partenariat s’ajoute à d’autres accords similaires conclus par la RDC avec l’AC Milan (14 millions d’euros par saison) et l’AS Monaco (1,6 million d’euros par saison), selon TV5 Monde. Ensemble, ces contrats représentent un investissement total de plus de 90 millions d’euros, soulignant l’engagement du gouvernement congolais à utiliser le football comme levier de visibilité internationale.

Les promesses d’un rayonnement mondial

En s’associant à un club suivi par des millions de fans à travers le monde, la RDC espère repositionner son image sur la scène internationale. Le FC Barcelone, avec ses audiences numériques colossales et ses matches diffusés dans plus de 190 pays, offre une plateforme exceptionnelle pour promouvoir le slogan « RDC, Cœur de l’Afrique ». Comme l’a déclaré Didier Budimbu dans une interview relayée par Agence Ecofin en date du 11 juillet 2025, « cet accord est plus qu’un simple sponsoring. Il s’agit d’une campagne internationale pour repositionner notre pays comme un acteur central du continent africain, dans la conscience mondiale ». Cette visibilité pourrait stimuler le tourisme, un secteur encore sous-exploité en RDC malgré ses atouts, comme le parc national des Virunga ou les gorilles de montagne.

Un précédent comparable est celui du Rwanda, qui a sponsorisé Arsenal FC avec le slogan « Visit Rwanda ». Selon un article de The Africa Report, ce partenariat a généré une valeur médiatique estimée à 36 millions d’euros grâce à la couverture télévisée et aux réseaux sociaux, contribuant à une augmentation du tourisme. Si la RDC parvient à capitaliser sur une exposition similaire, elle pourrait attirer davantage de visiteurs et d’investisseurs, renforçant ainsi son économie.

Un tremplin pour le football congolais

Le football est le sport le plus populaire en RDC, avec une histoire riche marquée par deux victoires à la Coupe d’Afrique des Nations (1968 et 1974) et des joueurs d’origine congolaise brillant en Europe, comme Romelu Lukaku ou Michy Batshuayi. Le partenariat avec le FC Barcelone offre une opportunité unique de développer les talents locaux. Les camps d’entraînement à La Masia, reconnue pour avoir formé des stars comme Lionel Messi, pourraient permettre à de jeunes joueurs congolais d’acquérir des compétences de haut niveau. Selon le média Interview.cd, des discussions sont en cours pour ouvrir une académie « Barça-RDC » à Kinshasa ou Lubumbashi, ce qui pourrait renforcer la compétitivité de la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT) et de l’équipe nationale, les Léopards.

Des opportunités économiques et culturelles

Le showroom et le salon VIP au Camp Nou offrent des plateformes pour promouvoir les produits congolais, comme l’artisanat ou les ressources agricoles, et attirer des investisseurs. Ces initiatives pourraient stimuler les échanges commerciaux et diversifier l’économie congolaise, encore largement dépendante des exportations minières (80 % des exportations en 2023, selon Global Finance Magazine du 17 juillet 2024). De plus, ce partenariat renforce le « soft power » de la RDC, en projetant une image moderne et dynamique, loin des stéréotypes liés aux conflits et à la corruption.

Les défis et critiques d’un investissement controversé

Avec un PIB estimé à 79 milliards de dollars en 2025, selon des projections, et un budget gouvernemental de plus de 18 milliards de dollars, les 11,8 millions de dollars annuels du partenariat avec Barcelone représentent environ 0,066 % du budget national. Bien que ce pourcentage semble faible, il est significatif dans un pays où plus de 70 % de la population vit dans l’extrême pauvreté, selon le Rapport de 2019 sur le développement humain. Les besoins en infrastructures, santé et éducation restent criants, et cet investissement pourrait être perçu comme une priorité très mal placée.

Une rentabilité incertaine

Les retombées économiques du partenariat restent incertaines. Selon Report Linker, les recettes touristiques de la RDC, qui s’élevaient à 88 millions de dollars en 2023, devraient décliner à 75 millions d’ici 2028, avec une baisse annuelle de 2,4 %. Même si le partenariat augmente le tourisme de 15 %, cela ne générerait qu’environ 12 à 13 millions de dollars supplémentaires par an, à peine suffisant pour couvrir le coût du sponsoring. Les bénéfices en termes d’investissements ou de développement économique sont encore plus difficiles à quantifier, rendant le retour sur investissement incertain.

Critiques locales et risques politiques

Le partenariat a suscité des critiques en RDC. Dans une interview accordée à Radiomoto.net le 11 juillet 2025, l’analyste sportif Gloire Bakyahulene a qualifié ce contrat d’« inopportun », arguant que les fonds auraient pu être investis dans la LINAFOOT, où le vainqueur ne reçoit que 5 000 dollars, ou dans la construction de stades municipaux, comme celui de l’unité à Goma, estimé à environ 10 millions d’euros. Ces critiques reflètent un sentiment plus large selon lequel le gouvernement privilégie la visibilité internationale au détriment des besoins locaux. De plus, dans un article d’Afrik-Foot du 11 juillet 2025, le média rapporte que des députés enquêtent sur d’éventuels détournements liés à ces contrats, ce qui pourrait ternir l’image du partenariat.

Risques réputationnels

Associer la RDC à un club étranger pourrait être perçu comme une forme de dépendance ou de néocolonialisme par certains observateurs. De plus, si le partenariat ne produit pas les résultats escomptés ou s’il est entaché par des controverses, comme des allégations de corruption, cela pourrait nuire à l’image de la RDC. Le précédent rwandais, critiqué pour des questions de droits humains, montre que de tels partenariats peuvent attirer l’attention sur des aspects négatifs du pays sponsor.

Leçons tirées d’expériences similaires

Le partenariat entre le Rwanda et Arsenal FC offre un point de comparaison pertinent. Selon le site The Africa Report, ce contrat, d’une valeur de 10 millions de livres par an, a permis au Rwanda d’accroître sa visibilité et d’attirer plus de touristes, avec une valeur médiatique estimée à 36 millions d’euros. Cependant, il a également suscité des critiques pour l’utilisation de fonds publics dans un pays où la pauvreté reste répandue. Des préoccupations similaires émergent en RDC, mais le contexte diffère : la RDC dispose de ressources naturelles plus importantes et d’un potentiel touristique unique, mais ses défis infrastructurels et sécuritaires sont bien plus complexes.

Un autre exemple est celui du Qatar, qui a sponsorisé le FC Barcelone dans le passé. Bien que ce partenariat ait renforcé l’image du Qatar, il a également été critiqué pour des questions éthiques liées aux droits humains. La RDC devra naviguer avec prudence pour éviter de telles controverses et maximiser les bénéfices de son investissement.

Une stratégie à double tranchant

Le partenariat entre la RDC et le FC Barcelone est une initiative audacieuse qui reflète une volonté de moderniser l’image du pays et de tirer parti du pouvoir du sport pour stimuler le développement. Les avantages potentiels, comme la visibilité internationale, le développement du football et les opportunités économiques, sont indéniables. Cependant, le coût élevé, l’incertitude des retombées et les critiques locales soulignent les risques d’un tel investissement dans un pays aux besoins urgents.

Pour que ce pari soit gagnant, la RDC devra accompagner ce partenariat de mesures concrètes, comme l’amélioration des infrastructures touristiques, la promotion ciblée auprès des marchés internationaux et un suivi rigoureux des impacts économiques. Comme l’a montré l’expérience rwandaise, une stratégie bien exécutée peut transformer la visibilité en bénéfices tangibles. Mais sans une planification rigoureuse, ce partenariat risque de rester une dépense symbolique plutôt qu’un levier de développement.

Ce partenariat marque une nouvelle ère pour la RDC dans sa quête de rayonnement international. Reste à savoir si le pays saura transformer cette opportunité en or en résultats concrets pour ses citoyens.

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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé

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Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.

Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.

L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.

L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?

Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.

Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »

Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.

Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.

L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.

Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC

À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.

L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.

ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible

Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.

Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.

Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.

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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial

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Pour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.

Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.

L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.

Le secteur offensif, seul véritable chantier

En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.

Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.

Desabre satisfait et promet une montée en puissance

Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.

Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.

Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal

Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.

Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.

Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.

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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?

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La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).

Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.

Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.

Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.

Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?

Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.

Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.

L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.

Une victoire pour l’opposition

Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.

Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.

Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.

Le mot d’ordre semble passer…

Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.

Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.

Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.

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