Nous rejoindre

Nation

À New York, Barnabé Muakadi met en avant la hausse des recettes fiscales sous Tshisekedi

Published

on

Le directeur général des Impôts, Barnabé Muakadi Muakadi, a défendu, le 23 septembre 2025, à New York (États-Unis), l’attractivité du climat fiscal de la République démocratique du Congo (RDC). Devant un parterre d’investisseurs américains, il a présenté la progression significative des recettes fiscales enregistrée depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix-Antoine Tshisekedi.

Selon lui, la RDC connaît depuis quelques années une croissance soutenue des revenus fiscaux, dépassant souvent les prévisions budgétaires et traduisant une dynamique positive pour le financement public.

Lors de la conférence « Invest in RD Congo », organisée à New York, M. Muakadi a salué les avancées obtenues sous la gouvernance de Félix Tshisekedi, qu’il attribue à une politique de bonne gouvernance et de rigueur fiscale. « Depuis l’indépendance, un seul gouvernement a réalisé un tel niveau de recettes : celui de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il est le premier chef de l’État à atteindre ce record en matière de mobilisation des revenus et d’incitations fiscales. Aujourd’hui, la RDC se positionne comme une destination incontournable pour les investissements en Afrique », a-t-il déclaré.

Une courbe ascendante des recettes fiscales depuis l’arrivée de Félix-Antoine Tshisekedi à la présidence a été présentée à l’occasion. Selon les chiffres communiqués par la Direction générale des Impôts (DGI), les recettes sont passées de 1,9 milliard de dollars, soit 7 % du taux de crédit en 2021 à 3,1 milliards en 2022, 5,7 milliards en 2023, 5,03 milliards en 2024 et 6,03 milliards en 2025. Cette progression, selon Barnabé Muakadi, résulte à la fois des réformes engagées par le gouvernement et du choix du chef de l’État de confier la DGI à un management rigoureux. « Le président Félix Tshisekedi, à qui je rends un vibrant hommage, est arrivé au pouvoir six mois avant ma nomination à la DGI. Cette ascension n’est pas un hasard. Elle repose sur un véritable changement : bonne gouvernance, transparence et surtout la volonté de placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », a reconnu le directeur général des Impôts.

Des recettes intérieures en forte hausse en 2024

Selon les données du ministère des Finances, les recettes intérieures de la République démocratique du Congo ont atteint 25 188,6 milliards de francs congolais (CDF) en 2024, contre 19 818,1 milliards CDF l’année précédente. Cette progression représente une hausse de 27 % en monnaie locale et environ 19 % en dollars américains, une performance attribuée à la fois à une meilleure mobilisation fiscale et aux effets de change.

Le taux de réalisation par rapport aux prévisions budgétaires a atteint 103,2 %, dépassant les 24 407 milliards CDF initialement fixés. Une part importante de ces résultats provient de la Direction générale des impôts (DGI), dont la contribution s’est révélée déterminante dans l’atteinte de ces objectifs.

Malgré le contexte sécuritaire difficile, marqué par la guerre à l’Est du pays, le directeur général des Impôts, Barnabé Muakadi, se montre confiant quant à la poursuite de cette dynamique en 2025. « Nous avons emboîté ce pas en nous disant : d’abord l’intérêt général, puis l’intérêt particulier. Aujourd’hui, nous sommes passés de 1,9 milliard à 6 milliards, et bientôt, nous atteindrons 7 milliards », a-t-il déclaré, soulignant que la rigueur dans la gestion demeure la clé de cette performance.

Muakadi vante les atouts fiscaux de la RDC

À New York, le directeur général des Impôts, Barnabé Muakadi, a également mis en avant les réformes engagées ces dernières années pour rendre la République démocratique du Congo plus attractive aux yeux des investisseurs étrangers. Devant un parterre d’hommes d’affaires américains, il a présenté la structure du système fiscal congolais et les opportunités offertes par les nouvelles politiques de gestion des recettes.

Le patron de la DGI a notamment souligné les progrès réalisés dans la numérisation du système fiscal, qui repose désormais sur un modèle déclaratif et automatisé. « Le système fiscal congolais est déclaratif. Nous sommes actuellement en pleine réforme du télépaiement, qui permet de régler ses impôts depuis n’importe où. L’administration fiscale peut suivre chaque paiement en temps réel, sans agent fixe. Je peux voir tout ce qui entre dans le Trésor public. Le contribuable déclare et paie lui-même », a-t-il expliqué.

Poursuivant son exposé, Barnabé Muakadi a détaillé la structure du système fiscal congolais, rappelant la diversité des impôts appliqués aux particuliers et aux entreprises. « Nous avons, par exemple, l’impôt spécial sur la prime, les actions et les parts sociales, ainsi que d’autres recettes comme les amendes et la vente des imprimés. Il existe des impôts à la charge des personnes physiques et d’autres qui concernent les sociétés », a-t-il précisé, non sans humour.

Le directeur général a ensuite énuméré les principaux impôts en vigueur : l’impôt sur les revenus, l’impôt sur les rémunérations, l’impôt sur les revenus des salariés expatriés, l’impôt exceptionnel sur les rémunérations des personnels étrangers, l’impôt sur les bénéfices et profits, l’impôt proportionnel sur les prestations de services, l’impôt sur les revenus des capitaux mobiliers, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’impôt spécial sur les profits exceptionnels.

Selon lui, ces mécanismes fiscaux visent à garantir la transparence du système tout en offrant une prévisibilité favorable aux investisseurs étrangers.

« Les entreprises qui s’installent en RDC doivent s’attendre à certaines obligations fiscales, mais cela leur permet aussi de planifier efficacement leurs investissements », a-t-il ajouté, avant de souligner que le pays propose plusieurs incitations, telles que des exonérations et des taux d’imposition réduits, particulièrement avantageux pour les investisseurs américains et autres partenaires étrangers.

Invitation des investisseurs américains à miser sur la RDC

Poursuivant son intervention, Barnabé Muakadi a lancé un appel clair aux investisseurs américains : « Je vous invite à investir en République démocratique du Congo, car de nombreuses opportunités fiscales vous y attendent. Nous sommes ici pour vous en faciliter l’accès », a-t-il déclaré.

Le directeur général des impôts a notamment mis en avant l’impôt sur la rémunération des expatriés, présenté comme l’un des principaux leviers du dispositif fiscal congolais. « Cet impôt, bien qu’indirect, est supporté par l’entreprise. Il vise avant tout à encadrer le recours excessif à la main-d’œuvre étrangère, tout en offrant une certaine flexibilité aux sociétés désireuses d’investir dans le pays », a-t-il précisé.

Pour Barnabé Muakadi, l’objectif est clair : favoriser des partenariats économiques équilibrés entre la RDC et les États-Unis. « Il est essentiel de bâtir des relations économiques solides et mutuellement bénéfiques, dans un contexte mondial marqué par une concurrence accrue. Le potentiel entre les États-Unis et la RDC est immense », a-t-il souligné, avant de rappeler que le pays accorde déjà de nombreux avantages fiscaux aux investisseurs étrangers, qu’ils soient personnes physiques ou morales.

Pour Barnabé Muakadi, le système fiscal congolais se distingue aujourd’hui par sa simplicité, son efficacité et sa transparence. Entièrement déclaratif et auto-liquidatif, il repose sur un mécanisme numérique qui facilite le paiement et renforce la traçabilité des opérations. « Le contribuable remplit désormais sa déclaration en ligne auprès de la DGI — notamment pour les grandes et moyennes entreprises, puis effectue le paiement via les banques commerciales, qui reversent les fonds à la Banque centrale du Congo sous 24 heures », a expliqué le directeur général des impôts.

Grâce à la télédéclaration et au télépaiement, il est aujourd’hui possible de s’acquitter de ses obligations fiscales depuis son domicile. Cette modernisation, au cœur de la stratégie de la DGI, vise à faciliter la vie des contribuables tout en assurant un suivi rigoureux des recettes publiques.

Cette digitalisation séduit également de plus en plus d’investisseurs étrangers, notamment américains, attirés par la stabilité et la prévisibilité du cadre fiscal congolais. Revenant sur l’évolution des recettes, Barnabé Muakadi a rappelé le chemin parcouru : « De 2002 à 2020, les recettes restaient faibles. Mais depuis 2020, la progression est spectaculaire. Je lance un appel aux investisseurs : venez en RDC. Ce pays est un carrefour stratégique entouré de neuf nations et doté d’un sol exceptionnellement riche. Venez profiter de ce véritable miracle économique », a-t-il exhorté.

Le pays multiplie les incitations fiscales pour renforcer son attractivité économique. Selon le directeur général des Impôts, Barnabé Muakadi, les entreprises étrangères qui s’installent dans le pays bénéficient d’une réduction de 50 % du taux d’imposition pendant leurs dix premières années d’activité. « Au lieu de payer 25 % d’impôt, elles ne paieront que 12,5 %. Cet avantage fiscal est valable pour une décennie. Chers investisseurs, pensez à la République démocratique du Congo », a-t-il lancé, assurant que le pays figure désormais parmi les meilleures destinations d’affaires en Afrique.

Outre cet allègement fiscal, la DGI applique également un taux de TVA réduit de 16 % à 8 % pour les distributeurs de produits pétroliers, et une exonération totale sur certains produits de première nécessité pour une période de dix ans. Autant de mesures qui confirment la volonté du gouvernement congolais de stimuler l’investissement privé, notamment dans les zones économiques spéciales.

Ces efforts portent déjà leurs fruits. En 2024, la Direction générale des impôts (DGI) a mobilisé plus de 15 113 milliards de francs congolais, dépassant largement ses prévisions initiales fixées à 14 016 milliards CDF. Cette performance témoigne d’une amélioration notable de l’efficacité fiscale et du rôle central joué par la DGI dans le financement du budget national.

Heshima

Continue Reading

Nation

Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

Published

on

Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

Heshima Magazine

Continue Reading

Nation

Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Published

on

Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Heshima Magazine

Continue Reading

Nation

ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC

Published

on

Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.

Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.

De la rébellion au terrorisme…

Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.

Opérations conjointes « Shujaa » 

Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.

Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.

L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.

Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026

Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.

L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.

Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.

Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.

Heshima Magazine

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

You cannot copy content of this page

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?