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Résolution de la crise en RDC : l’équation Kabila…
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La redaction
Depuis plusieurs mois, sous la médiation américaine, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et celui du Rwanda tentent une voie de sortie de la crise sécuritaire qui secoue l’Est Congolais. Mais la condamnation à mort de l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila pourrait bien compliquer l’équation. Condamné à la peine de mort, le 30 septembre 2025, notamment pour « trahison » et « organisation d’un mouvement insurrectionnel » pour ses liens supposés avec le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), le prédécesseur de Félix Tshisekedi ne pourrait plus participer à un dialogue national. Ce qui rend complexe la résolution totale de la crise.
Absent de Kinshasa depuis plus d’un an, l’ancien président a été jugé par contumace et sans avocat. Les chefs d’accusation prononcés par le lieutenant-général Jean-René Likulia, l’auditeur général, lors de son réquisitoire devant la Haute Cour Militaire, ont été pour la plupart confirmés dans le verdict des juges. La justice militaire l’a accusé d’être le véritable chef du groupe rebelle AFC/M23 tout en étant de connivence avec le Rwanda.
Il lui est reproché également d’avoir, en tant qu’auteur, coauteur ou complice, « engagé sa responsabilité pénale » dans la commission de « crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité » dans les Kivu, zones occupées en majorité par cette rébellion. Pourtant, lors d’une dernière audience sollicitée par les avocats des parties civiles, ce conseil avait renoncé, le 19 septembre, à requérir la peine capitale contre Joseph Kabila. À la place, ils ont demandé que l’ancien président soit condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Une option qui, au-delà du droit, recèle une portée politique : laisser Joseph Kabila en vie afin qu’il soit confronté à ses juges mais aussi à l’histoire et, peut-être, aux survivants des victimes de son régime. « Ne le condamnez pas à mort. Condamnez-le à la prison à vie, afin qu’il puisse recevoir la visite des rescapés et se mesurer aux conséquences de ses actes », avait plaidé Me Jean-Marie Kabengela, l’un des conseils des parties civiles. Les parties civiles – composées de la République, des provinces du Nord et Sud-Kivu ainsi que des ONG de défense des victimes – ont exigé 30 milliards de dollars de dommages et intérêts. Lors du verdict, la justice militaire n’a pas décidé de la confiscation des biens de l’ancien président car « cette peine n’existe pas », selon la loi.
Procès et peine historiques !
La condamnation de Joseph Kabila est une première dans l’histoire de la RDC. Jamais un ancien chef de l’Etat n’avait été jugé et condamné au pays. Son parti, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), a dénoncé un « procès bidon » visant à éliminer un adversaire politique, qualifiant cette procédure judiciaire d’une « vaste blague ». Certains évoquent une vengeance de son successeur, Félix Tshisekedi. Les avocats de la République, quant à eux, rejettent l’hypothèse de vengeance. « C’est la première fois qu’un ancien président de la République se trouve en conflit avec les intérêts de la République. Il n’y a pas un désir de vengeance […] Mobutu ne s’était pas mis dans la posture de Joseph Kabila, Laurent-Désiré Kabila ne s’était pas mis dans cette posture ainsi que beaucoup d’autres. Il est le premier à avoir été indigne de sa qualité d’ancien président. », a déclaré à la presse Me Jean-Marie Kabengela.
Une équation dans la résolution de la crise
La condamnation de Joseph Kabila pourrait être un tournant majeur dans la crise sécuritaire et politique au pays. L’ex-Raïs lui-même avait dénoncé des « accusations mensongères et politiquement motivées ». D’après l’ancien président, ces accusations sont destinées à « écarter un leader majeur de la scène politique » et à « faire taire l’opposition dans son ensemble ». Si à travers cette condamnation le gouvernement espère dissuader toute tentative de ralliement aux rebelles, cette décision de justice risque aussi de radicaliser Joseph Kabila. « Cette condamnation brise ainsi une possible coalition anti-Tshisekedi, avec à sa tête Joseph Kabila associé à une myriade d’opposants. Elle disqualifie enfin l’ex-président, aux yeux de Kinshasa, comme interlocuteur à un potentiel dialogue national. », estime Christophe Rigaud, journaliste français et spécialiste de la région des Grands lacs.
D’autres analystes pensent que cette condamnation peut compliquer l’équation dans la résolution de la crise avec les rebelles de l’AFC/M23. « Kinshasa affirme que Kabila est le vrai patron de l’AFC/M23. Or, Massad Boulos [conseiller principal pour l’Afrique au département d’Etat américain,] considère que l’AFC/M23 est la pièce maîtresse du Puzzle en référence à l’Accord de Washington. Donc, en condamnant Joseph Kabila à mort, Kinshasa a condamné la pièce maîtresse du Puzzle. », conclut le journaliste Ambroise Mamba dans une analyse partagée notamment sur YouTube.
L’AFC/M23, à travers son coordonnateur adjoint Bertrand Bisimwa, a aussi dénoncé la condamnation de l’ancien président. « La condamnation à mort du président Joseph Kabila sous prétexte de son lien supposé avec l’AFC/M23 est une violation de la Déclaration de principes autant que la persistance des offensives armées du régime de Kinshasa », a-t-il écrit sur son compte X. Devant cette imbrication, il est possible que sur la table des négociations, la rébellion puisse plaider la cause de Joseph Kabila à Doha où se déroulent les pourparlers de paix entre le gouvernement congolais et les rebelles.
En dehors du pays, Kabila reste-t-il dangereux ?
Avant la levée de son immunité au Sénat, Joseph Kabila vivait entre l’Afrique du Sud et en Namibie où la famille compte également une résidence. Mais depuis un temps, il est basé précisément à Harare, au Zimbabwe. « Sur place, il vit avec quelques proches et bénéficie d’une prise en charge, en plus de ses propres moyens. Le lien avec le Zimbabwe remonte à la présidence de son père, Laurent-Désiré Kabila. L’ancien chef de l’État a d’ailleurs toujours conservé dans sa garde rapprochée des militaires zimbabwéens. », fait remarquer RFI.
À Harare, Joseph Kabila a reconstitué son réseau des fidèles, du moins ceux qui se sont exilés. Il y a M. Patient Sayiba, ancien directeur général de l’Office de fret multimodal (OGEFREM) qui vit entre la Tanzanie et le Zimbabwe. C’est aussi au Zimbabwe que vit John Numbi, ancien inspecteur général de la police et des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Son conseiller diplomatique Barnabé Kikaya Bin Karubi, qui est également ancien ambassadeur de la RDC à Harare, n’est toujours pas loin de Joseph Kabila. Il l’accompagne dans tous ses déplacements en Afrique australe.
En étant en dehors du pays, Joseph Kabila peut toujours reconstituer un réseau susceptible de mettre la pression sur Kinshasa. « En dehors du pays, il peut toujours rester dangereux vis-à-vis du régime. Il ne restera pas les bras croisés. », estime un politologue congolais.
Dans certains pays environnants la RDC, l’ancien chef de l’Etat compte encore des alliés : le Rwanda mais aussi l’Ouganda dans une certaine mesure. « Joseph Kabila continue de voyager dans la région et entretient de bonnes relations avec plusieurs dirigeants. Il a rencontré William Ruto, le président kenyan, au moins à trois reprises depuis son arrivée au pouvoir. Ses rapports sont également jugés bons avec Kigali », ajoute un correspondant de RFI. Par contre, il y a des doutes sur l’état de ses relations avec la Zambie et la Tanzanie, deux pays de la SADC qui lui étaient aussi proches. Joseph Kabila se méfie de Dar Es-Salaam depuis l’arrestation d’Éric Nkuba alias Malembe, proche collaborateur de Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, extradé vers Kinshasa puis condamné à mort par la justice militaire.
Au niveau de la Zambie, certains proches de Joseph Kabila redoutent désormais les services secrets zambiens qui ne laissent plus passer sur leur territoire des personnes recherchées en RDC. Le cas du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, l’un de ses proches, a été suffisant pour susciter la méfiance des kabilistes vis-à-vis de Lusaka. Certaines sources évoquent aussi la difficulté rencontrée par le gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula en tentant de passer par la Zambie lorsqu’il est tombé en disgrâce avec Kinshasa dans le cadre du dossier de Corneille Nangaa et Joseph Kabila qu’il tentait de défendre dans un meeting tenu le 1er juillet 2025 à la Place de la Poste à Lubumbashi. « Cette guerre vient du Rwanda, mais il n’est pas question de nous battre contre Kabila et Nangaa, qui sont nos frères. », avait-il osé dire à la foule. Ce qui lui avait attiré la foudre du ministère de l’intérieur qui l’avait convoqué à Kinshasa, avant qu’il ne soit déclaré « porté disparu » pour réapparaître quelques jours plus tard alors que son poste avait été déjà confié à son adjoint pour assurer l’intérim.
Le Burundi et le Congo-Brazzaville sont restés proches du président Félix Tshisekedi. Gitega contribue même en hommes et en armes dans le combat de Kinshasa contre la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par Kigali. En Afrique du Sud, démocratie oblige, Pretoria s’allie officiellement à Kinshasa mais n’a pas fermé ses portes à Joseph Kabila dont une partie de la famille vit toujours en Afrique du Sud. « Généralement, l’Afrique du Sud protège des exilés politiques. D’anciens proches du président rwandais Paul Kagame vivent toujours en Afrique du Sud sans être inquiétés », explique un diplomate africain qui fut accrédité à Pretoria.
La pratique de l’alternance subira-t-elle un coup ?
Avant janvier 2019, la RDC était restée longtemps dans la tradition des coups d’Etat. Après l’élection du président Joseph Kasa-Vubu par le Parlement en 1960, le pays n’a connu que des coups d’Etat avec Joseph Désiré Mobutu, Laurent-Désiré Kabila puis Joseph Kabila après l’assassinat de son père. Kabila fils a dû céder le pouvoir pacifiquement à Félix Tshisekedi en janvier 2019. L’union entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a donc débuté à l’issue de l’élection présidentielle de 2018, remportée par Félix Tshisekedi, alors que le Front commun pour le Congo, le FCC, remportait la majorité au Parlement. Les deux hommes, à l’issue d’un accord politique passé, alors que le résultat de l’élection présidentielle était mis en doute par l’Eglise catholique, ont alors convenu de cogérer le pays. Mais l’alliance a mal tourné en 2021. Ce conflit ouvert entre les deux personnalités pourrait porter un coup à l’idée d’une passation pacifique de pouvoir en RDC. « Félix Tshisekedi pourrait avoir du mal à quitter son pouvoir s’il estime qu’il n’a pas suffisamment de garantie auprès de son successeur », explique un analyste. Ce qui risque de réinstaurer un cycle violent de passation de pouvoir.
En Afrique, cette expérience a été vécue notamment en République du Congo. En 1992, c’est Pascal Lisouba qui avait pris le pouvoir. Après s’être débarrassé tour à tour du président en fonction, Denis Sassou-Nguesso, et d’un grand adversaire politique, Bernard Kolelas, Pascal Lisouba devient le sixième président du Congo indépendant mais le premier à être élu au suffrage universel direct dans un scrutin ouvert. Réputé comme un intellectuel de haut vol, Lisouba ne connaitra malheureusement pas un quinquennat tranquille. L’ombre de son prédécesseur, Denis Sassou Nguesso, va continuer à planer sur le pays. Plus tard, Sassou Nguesso a signé son come-back par la force. Pascal Lisouba fuit au Gabon, laissant le pays aux mains des milices de l’ancien président Denis Sassou-Nguesso. Ainsi, l’ancien président va retrouver le pouvoir pour ne plus le quitter jusqu’à ce jour. Ce qui a mis fin à une alternance pacifique au pouvoir.
En Afrique de l’Ouest, la plupart des pays de la région se sont éloignés des pratiques de l’alternance politique au pouvoir. Ce sont désormais six pays africains : le Soudan, en avril 2019 ; la Guinée, en septembre 2021 ; le Mali en août 2020 ; le Burkina Faso en janvier 2022 ; le Niger, en juillet 2023 ; le Gabon, en août 2023, qui ont vu leurs présidents respectifs être déposés par des moyens violents. A ces coups de saillie à l’ordonnancement démocratique et au calendrier électoral, l’on pourrait rajouter le cas « particulier » du Tchad, qui a basculé dans un coup d’Etat institutionnel, à la mort d’Idriss Deby Itno, le 20 avril 2021, et l’accession immédiate au pouvoir de son fils, Mahamat Idriss Deby, explique Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE).
Un dialogue pour faire table rase ?
En RDC, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est dite « horrifiée » par la peine de mort infligée à Joseph Kabila. Dans une déclaration signée par son président Monseigneur Fulgence Muteba, et rendue publique le 6 octobre 2025, ces évêques catholiques ont dénoncé un verdict contraire à la dignité humaine et aux valeurs chrétiennes. « Nous sommes horrifiés par le verdict de la Haute Cour militaire de Kinshasa, à l’issue du procès pénal expéditif engagé contre le président honoraire Joseph Kabila, le condamnant à la peine de mort », ont-ils déclaré. Ces prélats rappellent que la levée du moratoire sur la peine de mort, décidée en mars 2024 par le ministère de la Justice, allait déjà à l’encontre des engagements pris par la RDC en faveur de la défense de la vie. Tout en saluant les efforts des belligérants, des institutions du pays ainsi que des partenaires internationaux dans la promotion des solutions durables pour ramener la paix et la sécurité dans les zones sinistrées par le fait de guerre et des groupes armés étrangers et locaux, la CENCO insiste sur la tenue d’un dialogue national inclusif. « Nous sommes persuadés que ces efforts seront infructueux tant que les acteurs politiques congolais ne s’engageront pas résolument et concrètement dans un dialogue inclusif, et ne respecteront pas, au préalable, les Accords déjà signés, ne serait-ce que pour accroître la confiance des uns et des autres », note la CENCO.
Cette position des prélats – bien que critiquée par une partie de l’opinion – pourrait garder une brèche pour des pourparlers entre le camp de Joseph Kabila et celui de Félix Tshisekedi tout en associant la société civile dans ces discussions.
Dans les couloirs du PPRD, l’espoir reste permis. Certains cadres pensent que le président Félix Tshisekedi devrait accepter un dialogue inclusif qui résoudrait profondément l’actuelle crise sécuritaire. « Cette peine de mort va servir à quoi ? Les Etats-Unis renvoi le gouvernement au pays pour trouver la solution sur le plan national », déclare le secrétaire permanent adjoint du PPRD, Ferdinand Kambere. Selon lui, Joseph Kabila portera ce dossier de condamnation auprès des instances internationales. « Si eux-mêmes n’amènent pas ce dossier en cassation, cette condamnation va se retourner contre eux », a-t-il ajouté sur Top Congo FM.
Si la population ou des acteurs internationaux jugent que la procédure n’a pas respecté les normes de justice, cela peut entamer la crédibilité du gouvernement Tshisekedi. Le risque est que la justice soit perçue comme un outil politique, ce qui affaiblit l’État de droit, pense Christophe Rigaud. « La peine de mort prononcée contre Joseph Kabila n’est pas sans risques. Elle marginalise certes l’ancien chef de l’Etat, mais elle pourrait tout aussi bien le radicaliser », a-t-il ajouté. Pour lui, la condamnation ou la mise en accusation d’un ancien chef d’État, surtout dans un climat de rivalité politique, peut être perçue comme un instrument de repli autoritaire.
Heshima
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RDC-Ouganda : les dessous d’une collaboration sur fond de méfiance
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2 jours agoon
avril 17, 2026By
La redaction
L’armée ougandaise (UPDF) a annoncé, fin mars 2026, son intention de se retirer de plusieurs positions dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu et jusqu’à Mahagi, en Ituri. Ce désengagement, confirmé par le chef d’état-major Muhoozi Kainerugaba, se fera, selon lui, en coordination avec Kinshasa, juste après le retrait des rebelles du M23 de la zone. Bien avant cette annonce qui, du reste, n’est pas officialisée, l’Ouganda voulait obtenir la démission du gouverneur militaire de l’Ituri. Une stratégie de pression sur Kinshasa qui interroge sur les véritables motivations de Kampala. Son intervention militaire aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la traque des rebelles ADF pourrait bien cacher d’autres motivations, essentiellement économiques.
L’UPDF (Uganda People’s Defence Force) est déployée en Ituri, dans le nord-est de la RDC dans le cadre de l’opération Shujaa depuis fin 2021, collaborant avec les FARDC contre les rebelles ougandais de l’Alliance des forces démocratiques (ADF). Cette mutualisation FARDC-UPDF vise à neutraliser ce groupe armé qui a fait allégeance à l’Etat islamique. Ce groupe est présent en Ituri et au Nord-Kivu. Officiellement, il s’agit de combattre l’insécurité. Cependant, cette présence vise également à sécuriser les intérêts économiques ougandais (routes, or, bois et pétrole du lac Albert).
A ce jour, cette mutualisation des forces n’a pas permis d’arrêter les attaques des ADF contre des civils aussi bien en Ituri qu’au Nord-Kivu. Loin de renforcer la sécurité des Congolais et des Ougandais dans les zones frontalières, cette alliance semble avant tout servir les intérêts économiques ougandais, notamment en matière d’exportation d’or.
Les chiffres d’exportation d’or explosent en Ouganda
L’Ouganda n’est pas un producteur massif d’or. Cependant, il enregistre des chiffres record sur l’exportation de ce minerai. Une croissance due à l’augmentation des prix mais surtout au trafic favorisé par l’instabilité de la région, principalement dans l’Est de la RDC. L’Ouganda a vu ses revenus d’exportation d’or atteindre des chiffres records. Selon la Banque d’Ouganda, en 2019, ces revenus s’élevaient à 1,26 milliard de dollars, les exportations d’or ont ensuite culminé à 2,3 milliards de dollars en 2023, puis à 3,3 milliards de dollars en 2024. D’après des prévisions pour 2025, ces revenus devraient atteindre 6,4 milliards de dollars.
Cette croissance est principalement due à l’augmentation du prix de l’or, qui avoisinait l’année dernière 5.000 dollars l’once. L’or représente désormais 47% des revenus d’exportation de l’Ouganda, surpassant largement d’autres produits phares comme le café et le cacao. Malgré ces chiffres impressionnants, l’Ouganda n’est pas devenu un producteur massif d’or, note TV5 Monde. Lors d’un récent forum économique, le gouverneur adjoint de la Banque centrale ougandaise, Augustus Nuwagaba, a admis que l’or exporté par le pays pourrait ne pas provenir de ses propres mines. « Il se peut qu’il ne soit pas à nous », avait-il déclaré. Mais d’où vient l’or exporté par l’Ouganda ?
L’insécurité en RDC profite à l’économie ougandaise
L’Ouganda profite du trafic d’or en provenance de pays voisins, notamment de la RDC. Riche en ressources aurifères, ce pays partage une frontière avec l’Ouganda dans des zones comme l’Ituri et le Nord-Kivu. Ces régions sont non seulement riches en or, mais aussi en proie à des conflits armés. Ce qui favorise le trafic de ce métal jaune notamment vers l’Ouganda. En Ituri, par exemple, l’or est très présent, particulièrement dans les territoires de Djugu, Mahagi et Mambasa, s’appuyant sur des gisements historiques (Kilo-Moto). Cette ressource, exploitée à la fois de manière artisanale et industrielle, alimente une économie de guerre contrôlée en partie par des groupes armés et réseaux criminels, générant d’importants flux financiers illicites. Selon l’étude d’une ONG anti-corruption, environ 95 % de l’or exporté depuis l’Ouganda est illicite.
En état de siège depuis plus de 4 ans, la province de l’Ituri n’a pas toujours recouvré la paix totalement. Le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya entretient des rapports tendus avec des trafiquants d’or. L’Ouganda également n’apprécie pas cet officier congolais. Le chef d’état-major de l’armée ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba ne cache pas son hostilité envers ce gouverneur militaire, appelant parfois à son arrestation sur les réseaux sociaux. L’Ouganda a même formulé une demande formelle pour solliciter son remplacement. D’après les informations révélées par Africa Intelligence, le pouvoir de Félix Tshisekedi a rejeté ces demandes de l’armée ougandaise, qui réclamait l’éviction de ce gouverneur militaire.
Sécuriser ses investissements pétroliers
En dehors du trafic d’or à son avantage, l’Ouganda vise aussi la sécurisation de ses intérêts économiques dans la région. Des intérêts qui empiètent sur la zone d’influence du voisin rwandais, estime le rapport d’un groupe d’experts de l’ONU publié en août 2024. En dehors des intérêts sécuritaires, le gouvernement ougandais se concentre sur la sécurisation de ses investissements pétroliers et le renforcement des réseaux commerciaux vers la RDC, où ses exportations formelles ont représenté en 2019 « 156 millions de dollars » et les exportations informelles, constituées en majorité de biens industriels, « 330 millions de dollars ».
Des accointances avec le M23 et la CRP
La collaboration militaire entre la RDC et l’Ouganda s’opère dans un climat de méfiance, avec des allégations de soutien de Kampala à d’autres groupes rebelles, comme le M23 mais aussi la Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga. Ce dernier s’est même exilé en Ouganda mais son groupe mène des combats contre l’armée congolaise en Ituri. L’Ouganda a joué un rôle discret mais documenté dans la résurgence du M23, en facilitant le retour de son chef militaire en RDC en 2017 et en servant de vivier de recrutement pour la rébellion, selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York. Ce document note également que des officiers de l’armée ougandaise (UPDF) ont également été signalés comme participant aux sessions de formation militaire dispensées aux recrues du M23 dans le camp de Tchanzu, en RDC, aux côtés d’officiers des Forces de défense rwandaises en 2021. Mais ce rapport ne précise pas la nature exacte des arrangements entre Kampala et le M23. Difficile de savoir si ces facilitations reflètent une politique délibérée de Kampala ou il s’agit simplement des initiatives individuelles de la part de certains officiers militaires ougandais.
Depuis le lancement de ces opérations dénommées « Shuuja » visant à neutraliser les ADF, les autorités congolaises et ougandaises affichent officiellement une volonté commune de restaurer la paix. Malgré des engagements répétés en faveur d’une coopération sécuritaire renforcée, les relations entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda restent marquées par une profonde méfiance, notamment en ce qui concerne leurs opérations militaires conjointes dans l’est du pays. Malgré ce climat de méfiance, Kinshasa et Kampala poursuivent cette collaboration. Le 21 juin dernier, le président congolais Félix Tshisekedi avait reçu à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Kaguta Museveni et chef d’état-major de l’armée. La veille de cette rencontre, le 20 juin, les responsables des armées de deux pays avaient signé un accord pour poursuivre leur opération militaire conjointe contre les rebelles ADF.
Heshima Magazine
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RDC : comment le gouvernement compte utiliser les fonds de 1,25 milliard USD d’eurobonds ?
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5 jours agoon
avril 14, 2026By
La redaction
La République démocratique du Congo a mobilisé 1,25 milliard de dollars sur les marchés financiers internationaux à travers une émission d’eurobonds le 9 avril 2026. Lors d’une conférence de presse tenue le 13 avril à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a présenté les projets prioritaires à financer, dans un contexte de besoins urgents pour soutenir le développement économique et social du pays.
L’émission d’eurobonds réalisée par la République démocratique du Congo s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement. Selon le ministère des Finances, cette levée de fonds vise principalement à financer des projets d’infrastructures, notamment dans les transports et l’énergie, considérés comme des leviers essentiels de croissance. Près de la moitié des projets prévus dans ce financement concernent la ville de Kinshasa, capitale du pays, confrontée à une démographie galopante sans moyens de transport et autres infrastructures de base. Une partie de fonds levés vise à construire un nouveau terminal de 49 000 m² à l’aéroport de N’djili, capable d’accueillir 5 millions de passagers par an.
Quelque 300 kilomètres de routes sont également prévus, ainsi qu’une rocade de 31 kilomètres avec échangeurs et ponts. Les autres investissements visent le développement d’un réseau de lignes de transmission électrique de 330 KV permettant une connexion entre la Zambie et la « ceinture de cuivre » de la RDC, une centrale hydroélectrique de 64 mégawatts et des réseaux de distribution dans la province du Kasaï-Central.
Dans d’autres villes du pays, ces fonds vont également financer la création de centres de formation professionnelle précisément dans quatre villes. Il y a aussi la modernisation de la route entre la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, et Beni, dans la province du Nord-Kivu, longue de 750 kilomètres.
Des craintes sur la transparence de fonds persistent…
Si le gouvernement met en avant des investissements structurants, experts et institutions appellent à la transparence dans la gestion de ces fonds mais aussi à la prudence face aux risques de surendettement. D’après des analyses de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la RDC fait face à un déficit important en infrastructures, ce qui freine son développement économique. Les investissements dans les routes, les barrages et les réseaux électriques pourraient ainsi améliorer la connectivité et soutenir l’industrialisation, en particulier dans les zones minières. Mais la gestion de ces réalisations pose de doute quant à la transparence. « Nous voulons un témoin, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour assurer le suivi de la gestion de ces ressources. Nous allons, pour la transparence, informer la population sur l’affectation du 1,25 milliard mobilisé. D’ici un an, nous inviterons les investisseurs à constater concrètement les réalisations. », a répondu Doudou Fwamba face aux craintes sur la transparence dans la gestion de ces fonds. Ces craintes sont exprimées suite à des précédents en Afrique subsaharienne qui montrent que l’absence de suivi rigoureux peut limiter l’impact réel de tels financements sur les conditions de vie des populations. La Banque africaine de développement (BAD) souligne, dans certains de ses rapports, que l’efficacité de la dépense publique reste un enjeu clé pour maximiser les retombées économiques.
Eurobonds, la RDC très crédible sur le marché ?
Le pays a accompli un pas de plus en accédant aux marchés internationaux des capitaux. C’est un moyen pour la RDC de diversifier ses sources de financements. Plusieurs facteurs ont joué pour la réussite de cette opération. Coordonnée notamment par la Rawbank au niveau de la région, cette opération d’eurobonds est la conséquence d’une discipline budgétaire observée ces derniers temps au pays.
Le faible niveau d’endettement public de la RDC a aussi pesé en faveur de Kinshasa dans les calculs des investisseurs. Kinshasa n’avait soumis que des demandes pour 1,25 milliard de dollars, mais a reçu des soumissions frôlant les 5 milliards de dollars. Le ministre des Finances justifie le refus du fonds supplémentaire par le fait que le gouvernement n’avait en main que des projets avec étude de faisabilité coutant le 1,25 milliard de dollars sollicité. « Nous ne pouvions pas accepter toutes ces soumissions. Nous n’avions que des projets avec des études de faisabilité pour le montant sollicité », a fait savoir le ministre des Finances qui s’est réjoui non pas du milliard reçu mais de la « crédibilité certifiée » que le pays a gagné dans ce processus. Doudou Fwamba célèbre donc la « reconnaissance des efforts » du président Félix Tshisekedi et l’entrée « très réussie » de la RDC dans la finance internationale.
Pour réussir cette opération, la Rawbank, première banque de la RDC, a agi aux côtés des leaders mondiaux tels que Citigroup et Standard Chartered Bank comme arrangeurs et coordinateurs des souscriptions au niveau global. « Nous sommes fiers d’avoir accompagné cette opération, qui ouvre la voie à de nouveaux financements internationaux, y compris pour les émetteurs non souverains », a déclaré Mustafa Rawji, directeur général de la Rawbank. Avec cet emprunt, le taux d’endettement du pays passe de 18,1 % à 19,5 % du PIB, un niveau toujours inférieur à celui de pays comme la Namibie, l’Angola ou le Kenya. Kinshasa prévoit de constituer des provisions annuelles pour son remboursement.
Si les 1,25 milliard de dollars d’eurobonds offrent à la République démocratique du Congo une opportunité d’accélérer son développement, leur réussite dépendra de la capacité du gouvernement à conjuguer discipline budgétaire, transparence et efficacité dans l’exécution des projets, sous le regard attentif des partenaires comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
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Kinshasa : que sait-on du projet de viaduc pour désengorger les axes Nguma-Mondjiba-Socimat ?
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6 jours agoon
avril 13, 2026By
La redaction
Face à la congestion chronique qui paralyse l’accès au centre-ville de Kinshasa, le gouvernement congolais a annoncé via le conseil des ministres tenu le 10 avril 2026 un projet de viaduc de 3,5 km dans la baie de Ngaliema. Objectif : fluidifier la circulation sur les axes importants reliant notamment les avenues Nguma, Mondjiba à la Gombe en passant par la rive gauche du fleuve Congo. Plusieurs zones d’ombre entourent encore ce projet, notamment son financement et son tracé à la hauteur de la très convoitée Baie de Ngaliema.
Présenté lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, le projet de viaduc dans la baie de Ngaliema s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les embouteillages à Kinshasa. Selon les autorités, cette infrastructure vise en priorité les axes les plus saturés de l’ouest de la capitale, notamment la route de Matadi, la rocade nord-ouest et le corridor Kintambo–boulevard Mondjiba–Socimat, régulièrement paralysés aux heures de pointe.
Long d’environ 3,5 kilomètres, le futur viaduc sera constitué de deux fois deux voies. Il doit relier directement les rocades nord-ouest et nord-est, en contournant les points noirs de circulation comme Kintambo-Magasin. Le tracé annoncé partirait de l’avenue du Tourisme, à hauteur de l’Hôpital de la Rive, longerait la baie de Ngaliema via le site de Chanic, pour déboucher sur le boulevard Tshatshi, à proximité de l’Hôtel Pullman, dans la commune de la Gombe.
Conçu comme une voie rapide urbaine, l’ouvrage permettrait une vitesse de circulation estimée entre 60 et 80 km/h, avec des échangeurs et rampes d’accès contrôlées. Il offrirait ainsi une alternative directe aux axes Nguma et Mondjiba, aujourd’hui saturés par l’augmentation du parc automobile et l’urbanisation rapide de la capitale. Pour le gouvernement, ce projet constitue une réponse structurelle à un problème devenu chronique : chaque jour, des milliers d’usagers passent plusieurs heures dans les embouteillages pour rejoindre la Gombe, principal centre administratif et économique. Le viaduc s’inscrit également dans un programme plus large de réaménagement de la baie de Ngaliema et de modernisation des infrastructures routières de Kinshasa.
Baie de Ngaliema, un site aux projets controversés
La rive gauche du fleuve, dans la zone communément appelée « Baie de Ngaliema », est toujours convoitée par plusieurs projets immobiliers controversés. Réputée site non aedificandi depuis l’époque coloniale, la Baie de Ngaliema est occupée actuellement par des constructions dites anarchiques. Si le gouvernement a réussi à démolir d’autres constructions anarchiques ailleurs notamment à Magasin-Kintambo, la Baie de Ngaliema continue cependant d’être spoliée par des « puissants » au point de faire capituler le gouvernement. En juin 2025, en marge de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée chaque 5 juin, la ministre de l’Environnement et développement durable, Eve Bazaiba, avait officiellement annoncé la « sanctuarisation » de la Baie de Ngaliema. Les travaux visant à transformer cet espace en parc récréatif écotouristique ont été lancés par la même occasion, faisant de cette zone « une aire protégée ». En tant que telle, ce site bénéficie des protections prévues par la loi sur la conservation de la nature, au même titre que toutes les autres aires protégées du pays. Eve Bazaiba avait également mis en garde les fonctionnaires qui délivrent des titres fonciers sur des espaces « non aedificandi », conseillant aux acquéreurs de parcelles d’agir avec prudence. « Vos propres besoins ne vous permettent pas de construire n’importe où. Lorsqu’il y a des catastrophes, ces mêmes personnes appellent l’Etat à l’aide alors que c’est elles-mêmes qui prennent des risques démesurés. Que les conservateurs des titres fonciers sachent qu’aujourd’hui il y a pénalisation des actes. Celui qui donne des titres fonciers aux paisibles citoyens là où il ne faut pas se retrouvera en prison. », avait-elle menacé. Si hier, ils étaient couverts, ce n’est pas le cas aujourd’hui. La loi a déjà été promulguée, avait-elle ajouté. Dans la foulée de cette mesure, l’aménagement et la gestion de cet espace ont été confiés à la société Utexafrica, suivant un partenariat public-privé signé en 2017. Jean-Philippe Waterschoot, directeur général de cette société, avait expliqué que ce projet vise à protéger la rivière Makelele et le fleuve Congo tout en offrant aux Kinois un espace récréatif accessible gratuitement.
Mais malgré ce projet, d’autres constructions anarchiques ont continué. Le 14 février 2026, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait effectué une visite d’évaluation sur ce site stratégique, annonçant de facto le début d’un processus qui devrait conduire à la démolition des bâtisses érigées en violation des normes urbanistiques.
Un projet de « petit » Dubaï en attente…
Depuis 2017, les projets foisonnent à la Baie de Ngaliema. Un projet immobilier et d’urbanisation à usage mixte avait été conçu sur une superficie totale de 187 ha. Le projet Corniche est divisé en quatre zones. Il visait à créer une sorte de « petit Dubaï » sur ce site. La zone I qui part de la résidence actuelle de l’ambassadeur de France jusqu’à la clôture du Palais de la Nation. Elle s’étend sur une superficie de 24,56 ha, dont 9,02 ha sur la terre ferme et 15,54 ha à gagner sur le fleuve. Il était prévu d’ériger un restaurant, des commerces, des logements collectifs et des maisons individuelles. La Zone II s’étend du Palais de la Nation à l’embouchure de la rivière Gombe sur une superficie de 33,07 ha, dont 11,80 ha sur la terre ferme et 21,07 à gagner sur le fleuve. Dans cette zone, il était prévu la construction d’un restaurant, des commerces, un hôtel et des logements collectifs. La zone III, la plus importante de toutes, va de la rivière Gombe au chantier naval de Chanimétal au niveau de la baie de Ngaliema sur une superficie de 77,79 ha, dont 67,86 ha sur la terre ferme et 9,93 ha à gagner sur le fleuve. Elle devrait comprendre des bureaux, un restaurant, des commerces, un hôtel, un River Club, des logements collectifs, des maisons individuelles, un parc thématique (45 000 m2) et un théâtre. Et, enfin, la zone IV qui s’étend du chantier naval de Chanimétal jusqu’au collecteur situé au Mont Ngaliema, soit une superficie de 52,23 ha, dont 24,71 ha sur la terre ferme et 27,52 ha à gagner sur le fleuve. Elle devrait abriter des bureaux, un restaurant, des commerces, un hôtel, des logements collectifs, culturel et éducationnel et un centre culturel. Ce projet avait été repris en 2022 par l’administration Tshisekedi. Le ministre des Affaires foncières de l’époque, Aimé Molendo Sakombi, avait tenté de le faire avancer en prenant langue à Dubaï avec la firme Emaar Properties. Mais jusqu’à ce jour, le site fait toujours l’objet des controverses. D’autres constructions anarchiques sortent encore de terre.
Le viaduc va-t-il voir le jour ?
Présenté comme une solution ambitieuse, le viaduc va-t-il voir le jour dans cet imbroglio autour de la Baie de Ngaliema ? Ce projet, au-delà des controverses liées au site, devra encore franchir l’épreuve du financement et de la mise en œuvre pour convaincre. Dans une ville où les projets d’infrastructures peinent souvent à se concrétiser, les Kinois attendent désormais des actes pour espérer voir, enfin, leurs trajets quotidiens se raccourcir. La ville-province de Kinshasa reste surtout confrontée à des embouteillages monstres, paralysant la circulation routière et compliquant considérablement les déplacements ainsi que le vécu quotidien des Kinois et Kinoises. Lors des précédentes réunions du Conseil des ministres, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait, à plusieurs reprises, demandé au gouvernement de trouver une solution durable aux embouteillages sur les principaux axes routiers de la ville. Si ce viaduc est réalisé, il sera considéré comme l’une des solutions structurelles attendues par la population kinoise pour faire face aux embouteillages chroniques dans cette partie de la capitale.
Heshima Magazine
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