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Tentative de 3e mandat en RDC : l’opposition peut-elle rééditer la mobilisation de 2016 ?
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9 heures agoon
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La redaction
Alors que des voix proches du pouvoir évoquent de plus en plus ouvertement une possible révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, la question d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi s’invite dans le débat politique national. Une perspective qui rappelle inévitablement les tensions ayant marqué la fin du règne de Joseph Kabila entre 2016 et 2018. Mais l’opposition congolaise, aujourd’hui fragmentée, dispose-t-elle encore de la capacité de bloquer un tel projet ?
Officiellement, aucun projet de troisième mandat n’a été annoncé par le camp présidentiel. Lors de la conférence de presse du président de la République le 6 mai dernier, une fenêtre a cependant été ouverte. Le chef de l’État a estimé qu’il accepterait un troisième mandat si le peuple le voulait. Cette déclaration a suscité un tollé au sein de l’opposition.
Réunis le 19 mai au Collège Boboto, dans la commune de Gombe, plusieurs leaders de l’opposition politique ont lancé une plateforme de lutte contre tout projet de changement de la Constitution. Dans une déclaration commune, ils ont rappelé qu’« à compter de ce jour, 19 mai 2026, il reste 852 jours avant la convocation constitutionnelle de l’élection présidentielle de 2028 », marquant ainsi le début du « compte à rebours démocratique ».
Pour les membres de cette plateforme, l’échéance constitutionnelle doit être respectée sans exception. « À l’échéance de son mandat, avec ou sans élections, Félix Tshisekedi devra quitter le pouvoir de gré ou de force », ont-ils déclaré.
L’opposition accuse également le régime en place de détourner l’attention des priorités nationales. Les signataires dénoncent « une insouciance coupable et une irresponsabilité historique » dans un contexte marqué par la guerre, l’insécurité et la crise sociale que traverse le pays.
« Au lieu de mobiliser toutes les ressources nationales pour défendre l’intégrité territoriale, réunifier le pays, restaurer l’autorité de l’État et soulager les souffrances du peuple, M. Félix Tshisekedi entretient délibérément un climat de crise permanente », peut-on lire dans leur déclaration.
Les opposants estiment par ailleurs que le pouvoir actuel poursuivrait un « projet de coup d’État constitutionnel » visant à permettre la prolongation du règne du chef de l’État.
Le parallèle avec le cas de Joseph Kabila en 2016
Depuis plusieurs mois, certaines déclarations de cadres de l’Union sacrée alimentent les spéculations autour d’une possible réforme de la Constitution, notamment sur la limitation du nombre de mandats présidentiels.
Dans les cercles politiques de Kinshasa, le débat prend progressivement de l’ampleur. Pour les partisans du président Félix Tshisekedi, une révision constitutionnelle pourrait permettre d’« adapter les institutions aux réalités actuelles ». Les opposants y voient plutôt une tentative déguisée de préparer le maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà de 2028.
Le parallèle avec l’époque de Joseph Kabila revient systématiquement dans les discussions. Entre 2015 et 2018, les tentatives supposées de prolongation du mandat de Kabila avaient provoqué une grave crise politique, marquée par des manifestations massives, une forte répression et une pression internationale croissante. À l’époque, l’opposition avait réussi à mobiliser la rue autour d’un mot d’ordre simple : le respect de la Constitution.
Des mouvements citoyens comme La Lucha et Filimbi, soutenus par l’Église catholique à travers le Comité laïc de coordination, avaient joué un rôle déterminant dans cette contestation populaire. Les marches organisées dans plusieurs villes du pays avaient considérablement fragilisé le pouvoir de Kabila et contribué à l’organisation des élections tardives en 2018.
Sous Tshisekedi, le contexte a-t-il changé ?
Huit ans plus tard, le contexte politique apparaît profondément différent. L’opposition congolaise traverse une période de division et d’affaiblissement. Les grandes figures politiques peinent à parler d’une seule voix. Entre les ambitions personnelles, les rivalités régionales et les fractures liées aux approches, aucun front commun solide ne semble encore émerger face au pouvoir.
Certains opposants dénoncent déjà une concentration excessive des pouvoirs autour de la présidence, pointant notamment la majorité parlementaire écrasante acquise par l’Union sacrée après les élections de 2023.
Sur le terrain, une partie de la population semble davantage préoccupée par la crise sécuritaire dans l’Est du pays, la vie chère et le chômage que par les débats constitutionnels. Cette réalité pourrait compliquer toute tentative de mobilisation populaire comparable à celle observée sous Kabila.
Autre différence majeure : le rapport de force international. À l’époque de Kabila, plusieurs partenaires occidentaux avaient clairement exprimé leur opposition à toute prolongation du pouvoir en dehors du cadre constitutionnel. Aujourd’hui, la situation géopolitique régionale, marquée par les conflits sécuritaires et les enjeux miniers, rend les positions diplomatiques plus prudentes.
Pour plusieurs analystes, la capacité de l’opposition à barrer la route à un éventuel troisième mandat dépendra de trois éléments : son unité, sa capacité de mobilisation populaire et l’attitude des institutions, notamment de la Cour constitutionnelle.
Si l’hypothèse d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi reste encore au stade des spéculations politiques, le débat qu’elle suscite révèle déjà les fragilités démocratiques persistantes en RDC. Entre mémoire du bras de fer contre Joseph Kabila et recomposition du paysage politique actuel, l’opposition congolaise devra démontrer qu’elle peut encore incarner une force capable de défendre l’alternance et le respect de la Constitution.
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Ebola en RDC : ce que l’on sait de la souche « Bundibugyo », sans vaccin ni traitement
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1 jour agoon
mai 19, 2026By
La redaction
La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée d’Ebola causée par la souche rare « Bundibugyo ». Déjà plusieurs dizaines de morts ont été enregistrées dans la province de l’Ituri, et l’Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire internationale. La particularité de cette souche est l’absence actuelle de vaccin homologué et de traitement spécifique.
Les autorités sanitaires congolaises ont déclaré officiellement la 17e flambée d’Ebola du pays après la confirmation, le 15 mai 2026, de plusieurs cas liés à la souche Bundibugyo dans les zones de santé de Bunia, Mongbwalu et Rwampara. Selon l’OMS, plus de 240 cas suspects et environ 80 décès avaient été recensés dans un premier temps. Les chiffres actualisés au 18 mai 2026 font état de 513 cas suspects et 131 décès répartis dans six zones de santé. Des cas ont également été signalés en Ouganda voisin, ce qui alimente les craintes d’une propagation régionale.
Une souche rare et sans parade médicale
« L’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique », explique le Dr Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale. Les vaccins utilisés lors des précédentes épidémies en RDC ne sont efficaces que contre la souche Zaïre. Le chercheur indique que des protocoles sont en préparation pour tester des candidats-vaccins et évaluer une éventuelle protection croisée. En attendant, la riposte repose sur les mesures de protection, l’isolement rapide des malades et la détection précoce des contacts.
La souche Bundibugyo a déjà provoqué deux épidémies, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012, avec un taux de mortalité compris entre 30 et 50 %. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, évoque un taux de létalité pouvant atteindre 50 % dans certains cas. Les spécialistes rappellent que les soins de soutien précoces, la réhydratation, le traitement symptomatique et l’isolement améliorent les chances de survie. L’OMS insiste aussi sur le traçage des contacts, la surveillance communautaire et les enterrements sécurisés.
Un contexte sécuritaire qui complique la riposte
Les zones touchées en Ituri sont marquées par l’insécurité, les déplacements de population et des infrastructures sanitaires fragiles. Plusieurs soignants figurent parmi les victimes, ce qui illustre les difficultés à protéger les équipes médicales sur le terrain.
Face à cette situation, l’OMS a classé l’épidémie comme une « urgence de santé publique de portée internationale ». Africa CDC appelle à une mobilisation rapide des partenaires internationaux pour accélérer la recherche et renforcer les capacités de réponse.
Mesures à l’international et contexte historique
Le 18 mai, les États-Unis ont annoncé un renforcement des restrictions sanitaires. L’entrée sur le territoire américain est interdite aux étrangers ayant séjourné dans les 21 derniers jours en RDC, en Ouganda et au Soudan. Le Département d’État a toutefois activé un plan de riposte et mobilisé 13 millions USD pour soutenir la réponse immédiate.
Cette épidémie intervient après celle du Kasaï en septembre 2025, causée par la souche Zaïre et ayant fait plus de 30 morts. Depuis l’identification du virus en 1976 au Zaïre, la RDC a connu 17 flambées. La plus meurtrière reste celle de 2018-2020 dans l’Est, avec près de 2 300 décès sur 3 500 cas. Au total, Ebola a fait plus de 15 000 morts en Afrique en cinquante ans.
Un défi de confiance et de surveillance
L’origine exacte de la résurgence reste inconnue. Le Dr Muyembe soupçonne les chauves-souris d’être le réservoir animal, d’autant que leur consommation est fréquente en RDC. La résurgence s’explique aussi par la persistance du virus dans certains tissus de survivants, qui peuvent redevenir contagieux des mois plus tard. Comme lors des précédentes épidémies, la réponse se heurte à des résistances sociales. Dans plusieurs communautés, les malades se tournent d’abord vers des solutions mystiques avant de consulter les structures sanitaires, ce qui retarde la prise en charge et complique le traçage des contacts.
Alors que le pays lutte encore contre les conséquences des flambées passées, l’apparition de la souche Bundibugyo rappelle la vulnérabilité du système de santé face aux virus émergents. Le docteur Jean-Jacques Muyembe a reconnu que le système d’alerte a failli pour le cas de l’Ituri. Sans vaccin ni traitement spécifique, l’efficacité de la réponse dépendra désormais de la rapidité des équipes, de la coopération régionale et de la confiance des populations envers les autorités médicales.
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17 mai 1997-17 mai 2026 : l’instabilité née de la « révolution » de l’AFDL se poursuit en RDC
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2 jours agoon
mai 18, 2026By
La redaction
Le 17 mai 1997 reste une date charnière dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Ce jour-là, les troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigées par Laurent-Désiré Kabila, entraient à Kinshasa et mettaient fin à plus de trois décennies de règne du maréchal Mobutu Sese Seko. Présentée comme une révolution porteuse d’espoir, cette prise de pouvoir devait ouvrir une nouvelle ère de démocratie, de souveraineté et de prospérité. Presque trente ans plus tard, cette date a plutôt inauguré une ère d’instabilité sécuritaire. La paix durable demeure depuis un horizon lointain pour des millions de Congolais.
Lorsque l’AFDL renverse le régime de Mobutu en 1997, une grande partie de la population accueille les rebelles comme des libérateurs. Le Zaïre est alors miné par la corruption, l’effondrement de l’État, la pauvreté et les violences politiques. L’arrivée de Laurent-Désiré Kabila suscite l’espoir d’une refondation nationale après des années de dictature. Mais très rapidement, les promesses de la « révolution » se heurtent aux réalités d’un pays profondément fragilisé. L’AFDL, soutenue au départ par le Rwanda et l’Ouganda, peine à construire un État fort et inclusif. Les tensions apparaissent entre les anciens alliés, tandis que plusieurs régions du pays échappent au contrôle du pouvoir central.
Dès 1998, la deuxième guerre du Congo éclate. Ce conflit, considéré comme l’un des plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, implique plusieurs armées étrangères et une multitude de groupes armés locaux. Les provinces de l’Est du pays deviennent le théâtre de massacres, de déplacements massifs de populations et d’une économie de guerre alimentée par l’exploitation des ressources minières. Près de trois décennies plus tard, l’est de la RDC demeure marqué par cette insécurité chronique. Des mouvements rebelles continuent d’opérer dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Malgré les accords de paix successifs, les opérations militaires et la présence de forces internationales, les violences persistent, nourries par des rivalités communautaires, des intérêts économiques et des ingérences régionales telle que celle du Rwanda avec l’AFC/M23 actuellement.
Laurent-Désiré Kabila, un « pion » qui s’émancipe ?
Lorsque Laurent-Désiré Kabila renversa Mobutu en 1997, la RDC entra dans une nouvelle ère. Initialement allié au Rwanda et à l’Ouganda, ses relations avec Kigali se détériorèrent rapidement. Dans un témoignage livré à Afrique XXI en 2024, la journaliste belge Colette Braeckman, spécialiste de la région des Grands Lacs, est revenue sur son expérience de la première guerre du Congo. Le 16 mai 1997, après trente-deux années de pouvoir sans partage, Mobutu Sese Seko fut renversé par les troupes de Laurent-Désiré Kabila. Dans son autobiographie, Mes carnets noirs, Colette Braeckman est revenue sur la conquête éclair du chef des rebelles, Laurent-Désiré Kabila. Ce dernier n’était en réalité qu’un « pion » que le Rwanda voulait utiliser pour donner une image congolaise à cette invasion, avant que Mzee ne s’émancipe de ses alliés régionaux. Cette journaliste belge a rappelé le rôle actif joué par le Rwanda et l’Ouganda, ainsi que les massacres perpétrés durant cette période.
En 1996-1997, Kagame est accusé d’ingérence dans les affaires internes du Zaïre du maréchal Mobutu et d’en violer la souveraineté nationale. Cette ingérence déboucha sur la première guerre du Congo et la chute de Mobutu. Pour Colette Braeckman, la France, en laissant partir des milliers de génocidaires avec armes et bagages dans l’est du Congo, est en grande partie responsable des guerres qui suivirent dans cette région, jusqu’à aujourd’hui. En octobre 1996, sans trop de surprise car elle avait été annoncée par Paul Kagame lui-même, la première guerre du Congo commença.
Le récit glaçant des massacres…
L’AFDL, un mouvement hétéroclite, avait entamé une offensive au départ du Sud-Kivu. Sa première cible avait été l’hôpital de Lemera, où travaillait un gynécologue qui allait devenir célèbre par la suite, le docteur Denis Mukwege. Le médecin, qui s’était rendu à Bukavu pour déposer un collègue à l’aéroport, échappa de justesse aux tueurs mais, au retour, il dut découvrir un carnage. L’établissement étant soupçonné d’accueillir et de soigner des réfugiés hutus aussi bien que des citoyens congolais, les combattants n’avaient pas fait le tri : les malades furent achevés sur leur lit, le personnel exécuté, rapporte Braeckman via Afrique XXI. Ce premier massacre de la première guerre du Congo avait fait une trentaine de victimes. Des centaines de milliers d’autres durent suivre.
En janvier 1997, un compagnon de Laurent-Désiré Kabila, du nom de Kisase Ngandu, tomba dans une embuscade, vraisemblablement tendue par des alliés qui s’inquiétaient de son nationalisme intransigeant et de son refus de la tutelle rwandaise. « Le nom de Jackson Nziza, l’un des chefs militaires du mouvement, proche de Kagame, fut cité », affirme Colette Braeckman. À l’époque, sa disparition passa quasiment inaperçue. Mais elle a cependant décapité l’aile congolaise et nationaliste du mouvement et laissa les mains libres aux Rwandais, note la même source.
Si les Rwandais, extrêmement discrets, contrôlaient l’accès au front, les Congolais, pour leur part, décrivaient le comportement surprenant de leurs « libérateurs » : « Aux barrières, ils nous obligent à nous déchausser, à passer devant eux pieds nus. Parfois, dans un geste de mépris, ils nous crachent dans la bouche », rapporte Braeckman citant des témoignages des victimes. Dans cette marche vers Kinshasa, il était question aussi de tortures, de civils exécutés alors qu’on leur avait lié les mains dans le dos.
Kabila père encaissa sans rien dire…
Alerté par ses frères congolais au premier rang desquels se trouvait Kisase Ngandu, Laurent-Désiré Kabila n’affichait aucune volonté d’interdire à leurs alliés rwandais les différents dérapages constatés tout au long de cette marche vers le pouvoir à Kinshasa. D’autres informations faisaient état d’usines systématiquement démontées, notamment à Kamituga, où se trouvaient les installations de la Sominki (Société minière du Kivu) exploitant la cassitérite. Des réserves de nourriture étaient transportées au Rwanda, des banques étaient pillées. À Kigali, affluaient soudain des véhicules portant l’immatriculation du Zaïre ou du Kivu.
« Depuis le début de l’offensive, il était évident que, systématiquement, Rwandais et Ougandais se servaient au passage. Ils finançaient leur effort de guerre en pillant le pays voisin. Des hommes qui n’avaient connu que les camps de réfugiés en Ouganda et le dénuement du Rwanda au lendemain du génocide s’émerveillaient des richesses du Congo, un Eldorado qu’ils venaient de conquérir… », décrit Colette Braeckman.
Mais Laurent-Désiré Kabila attendit son moment pour dénoncer ces pillages et crimes commis par leurs compagnons dans la conquête du pouvoir. Premier acte : Kabila s’autoproclama président de la RDC depuis Lubumbashi alors que cela n’était pas prévu dans le plan des Rwandais et Ougandais. Des années plus tard, se souvenant de la scène, certains de ses mentors confiaient leur désarroi d’alors à la journaliste belge. Pris par surprise, ils avaient tenu un bref conciliabule : « Qu’est-ce qu’on fait ? On l’abat tout de suite ? » Interrogés par téléphone, Paul Kagame et James Kabarebe, le chef des opérations militaires, ne purent que répondre qu’il était urgent… de ne rien faire. « Nous réglerons son sort plus tard… ».
Pendant ce temps, les troupes de l’AFDL faisaient sauter le dernier verrou des Forces armées zaïroises (FAZ) dans la ville de Kenge, à une centaine de kilomètres de Kinshasa, la capitale. Une situation que les Rwandais ont difficilement digérée mais tolérée à cette étape de la conquête du pays.
Le sursaut de Mzee à Kinshasa
Mai 1997, une fois au pouvoir à Kinshasa, Mzee Laurent-Désiré Kabila feignit de tolérer toujours le libertinage des Rwandais dans la ville et dans le reste du pays, nommant même l’un des leurs comme chef d’état-major des Forces armées congolaises (FAC), le général James Kabarebe. Une année après, Kabila ordonna le retrait des troupes rwandaises du pays, déclenchant ainsi la seconde guerre du Congo. James Kabarebe ne fit pas longtemps au Rwanda avant de regagner Goma et de préparer l’offensive vers la base militaire de Kitona, à Moanda, au Kongo Central. « À Goma, ce 4 août [1998], après un examen de conscience, nous sommes un commando de 136 éléments à qui l’on confie la mission d’aller exfiltrer les [présumés rwandais] lynchés de Kinshasa. Dans la nuit, une réunion des opérations fut tenue et, il me sera confié le co-commandement des opérations avec le capitaine Butera, qui était commandant du peloton rwandais qui venait de nous être adjoint. Ensemble, nous allons nous mettre autour de la table de simulation. La planification se faisait comme dans un film de fiction : à voir les tracés du crayon qui passaient et repassaient sur le papier pour monter le plan. Les questions se chevauchaient soit sur le rôle, soit sur le ravitaillement… Le général Kabarebe se débattait comme un diable, bon sang, d’y répondre de manière expéditive. Tout était fin prêt pour l’opération « Ciel ouvert ». », relate dans ses mémoires le feu général Moustapha Mukiza, un ressortissant Banyamulenge ayant participé à la deuxième guerre du Congo. Kigali perdit cette guerre notamment grâce à l’intervention des alliés de Kabila : Angola, Namibie et le Zimbabwe. Ces trois pays apportèrent un soutien militaire de taille à Laurent-Désiré Kabila jusqu’à son assassinat en janvier 2001.
Tout au long de cette guerre qui fractionna le pays avec des occupations rebelles au nord-est et dans l’est, Laurent-Désiré Kabila avait tenu l’ouest du pays et une partie du sud-est grâce à ses soutiens de la SADC. Sa posture d’intransigeance et de nationaliste lui permit de contrer l’influence rwandaise. Toutefois, le manque de moyens logistiques, les rivalités internes, et la complexité des alliances firent de cette stratégie un défi immense, souvent désordonné.
Joseph Kabila change de méthode sans trouver une paix durable
Arrivé au pouvoir en 2001, Joseph Kabila, fils de Laurent-Désiré, hérita d’un pays en guerre. Sa méthode se voulut plus pragmatique : il engagea des accords de paix et des négociations diplomatiques (ex. : Sun City, Pretoria) avec le Rwanda et les groupes rebelles. Il pratiqua ce que certains observateurs appellent une stratégie hybride : mêler discours de souveraineté, solidarité nationale, coopération internationale, tout en tolérant ou négociant avec des acteurs liés directement ou indirectement à Kigali.
D’après Colette Braeckman, Joseph Kabila, qui était sous la tutelle de James Kabarebe pendant l’avancée de l’AFDL au niveau de Kisangani, était témoin des exactions des Rwandais lors de cette marche vers Kinshasa. C’était une guerre sans témoins, sans images, sans journalistes, relate-t-elle. Une guerre qui se menait au cœur de la forêt tropicale, sur la route de Kisangani. « Même si je connaissais de nombreux protagonistes, l’essentiel m’échappait. Je savais seulement que Joseph, le fils de Laurent-Désiré Kabila, combattait aux côtés des troupes rwandaises, que James Kabarebe, le grand stratège de cette guerre atypique, s’était chargé de faire l’écolage du fils du chef. Bien plus tard, je dus apprendre que la véritable mission du jeune militaire qui suivait Kabarebe comme une ombre était de faire rapport à son père. Joseph Kabila me confiera par la suite qu’ayant été témoin des massacres commis à Kisangani, il avait averti le Mzee : ‘Un jour, nous aurons la guerre avec ces gens-là.’ », explique Braeckman.
Une fois au pouvoir, Joseph Kabila put privilégier les négociations avec le Rwanda et l’Ouganda, faisant une ouverture politique aux belligérants du RCD, une rébellion soutenue par le Rwanda, et du MLC, un mouvement appuyé par l’Ouganda. Mais d’autres rebelles participèrent aussi au dialogue de Sun City tels que Mbusa Nyamwisi avec le RCD-KML.
Plus récemment, lors de son retour dans l’est du pays (notamment à Goma occupé par les rebelles de l’AFC/M23), Kabila continua d’entretenir des liens souterrains avec Kigali. Il était entré à Goma en passant par Kigali. Kinshasa l’accusa formellement de connivence avec le Rwanda via l’AFC/M23. Le président actuel, Félix Tshisekedi, l’a qualifié de « vrai commanditaire » de ce mouvement dans plusieurs déclarations. Ainsi, Joseph Kabila oscilla entre posture de résistance et stratégie de coopération implicite, espérant tirer profit des faiblesses ou du mécontentement dans l’est pour se repositionner politiquement. Les Etats-Unis, à travers le Trésor américain, lui ont imposé des sanctions pour son soutien à la rébellion qui déchire l’Est du pays depuis 2021.
Une révolution dont les Congolais n’étaient pas initiateurs
Avec le recul du temps, les Congolais perçoivent cette révolution comme une agression déguisée des pays régionaux, le Rwanda et l’Ouganda en particulier. « Les Congolais n’ont pas été les initiateurs souverains de leur ‘‘libération’’ de 1997. Ils ont surtout fourni les corps et le sang nécessaires à un projet géopolitique et géo-économique conçu à l’extérieur. », estime le français Jean-François Le Drian, un analyste des questions de la région des Grands lacs. Selon lui, les Congolais ont servi de chair à canon pour réaliser un scénario écrit ailleurs, au profit d’intérêts géo-économiques (contrôle des ressources du Kivu, reconfiguration de l’Afrique centrale). Le 17 mai 1997 reflètent, selon lui, l’instrumentalisation profonde de ce courage par des puissances externes. « Aujourd’hui, les mêmes frustrations persistent parce que le problème de fond n’a jamais été réglé : la souveraineté réelle du Congo face aux agendas extérieurs. Célébrer un 17 mai 1997 sans dénoncer son instrumentalisation, c’est préparer les nouvelles générations à se faire berner à nouveau. », a-t-il écrit sur son compte X le 17 mai 2026.
Pour Litsani Choukran, ancien patron de l’ex-média Politico.cd, le 17 mai 1997 est « le jour où nous avons fait entrer le loup dans notre bergerie. Fatigués par une « dictature », nous avons préféré le déluge. Et trois décennies plus tard, nous en payons encore le prix. » D’après lui, « c’est aussi le jour où, du chaos, sont nés des héros : l’armée des résistants portée par Mzee Laurent-Désiré Kabila. Alors que son fils tente aujourd’hui de nous replonger dans ce même chaos, allant à l’encontre même de l’œuvre qui valut à son père le sacrifice suprême, le Congo sait désormais ce qu’il ne faut plus jamais faire : rouvrir la porte à l’occupation dans le seul but d’accéder au pouvoir. Et nous veillerons, des millénaires durant, à ce que cette erreur ne se répète plus jamais sur cette terre. », a-t-il écrit dimanche 17 mai 2026 sur son compte X.
Un échec de la « révolution »
Pour de nombreux analystes, l’échec de la « révolution » de 1997 à instaurer la paix s’explique aussi par l’absence d’une véritable reconstruction institutionnelle. Le changement de régime n’a pas suffi à bâtir un État capable d’assurer la justice, la sécurité avec une armée forte et le développement sur l’ensemble du territoire. Les crises politiques répétées, la faiblesse des institutions et la mauvaise gouvernance ont entretenu un climat de méfiance et d’instabilité. À cela s’ajoute la question sociale. Malgré ses immenses richesses naturelles, la RDC reste confrontée à un taux élevé de pauvreté, au chômage des jeunes et à l’insuffisance des infrastructures de base. Beaucoup de Congolais estiment que les dividendes de la révolution annoncée en 1997 n’ont jamais réellement atteint les populations.
Le 17 mai 1997 demeure ainsi une date ambivalente dans la mémoire collective congolaise : celle de la fin d’un régime autoritaire, mais aussi le point de départ d’un cycle de conflits dont le pays peine encore à sortir. Presque trente ans après la chute de Mobutu, la quête de paix, de stabilité et de justice reste le principal défi de la République démocratique du Congo, où l’espoir d’une véritable renaissance nationale continue de survivre malgré les blessures de l’histoire.
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RDC : Pourquoi l’Église de réveil accompagne-t-elle souvent le pouvoir ?
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1 semaine agoon
mai 11, 2026By
La redaction
En République démocratique du Congo, les Églises dites « de réveil » apparaissent régulièrement aux côtés du pouvoir politique, là où l’Église catholique adopte souvent une posture critique ou de contre-pouvoir. Héritage historique, logique institutionnelle, dépendance administrative et théologie de la prospérité expliquent en partie cette différence d’attitude entre deux forces religieuses majeures du pays. Décryptage.
Dimanche 10 mai 2026, dans la matinée, l’Église pentecôtiste des Secouristes de l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia reçoit, sous les ovations des fidèles, deux hôtes de marque : le chef de l’État, Félix Tshisekedi, et la Première Dame, Denise Nyakeru. Le couple présidentiel prend part à un culte d’action de grâce organisé dans cette église. Cette présence du président Tshisekedi n’a rien d’anodin. Le responsable de cette communauté religieuse est également président de l’Église de Réveil du Congo (ERC).
L’ERC porte le combat du changement de la Constitution
Les hommes de Dieu proches des Églises évangéliques ont décidé de s’emparer pleinement du débat sur la Constitution. À la tête de cette dynamique : l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia. Celui-ci est parvenu à rallier plusieurs grandes figures pastorales du pays. Même des responsables religieux habituellement éloignés du débat politique, comme Léopold Mutombo Kalombo, dit « Le Chandelier », ont fini par rejoindre cette mouvance.
Sous Joseph Kabila, Léopold Mutombo se tenait généralement à distance des questions politiques, contrairement à d’autres pasteurs, notamment Pascal Mukuna, considéré comme proche du régime. Mais à la faveur de plusieurs consultations et rencontres, Évariste Ejiba Yamapia a progressivement construit une adhésion collective, transformant sa position en véritable mouvement de soutien au changement de la Constitution.
Parmi les figures engagées dans cette dynamique figurent notamment Pascal Mukuna de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), Espérance Mbakadi de l’Église Mangembo, Léopold Mutombo Kalombo du Ministère Amen ou encore Godé Mpoy de l’Image de l’Éternel.
Réunis le 29 avril à l’Hôtel du Fleuve, ces responsables religieux ont officiellement exprimé leur soutien à un changement de la Constitution. Au cours de cette rencontre, l’archevêque Ejiba Yamapia a lancé un processus de réflexion élargie impliquant des chefs de confessions religieuses, des leaders des mouvements de réveil, des représentants de la société civile ainsi que des jeunes et des femmes engagés dans les structures ecclésiastiques.
Des experts en droit constitutionnel et en économie ont également été invités afin d’éclairer les participants sur les enjeux liés à la loi fondamentale.
« Nous avons pu réfléchir à l’aide des exposés des professeurs, lesquels nous ont démontré, sur le plan économique, comment la Constitution actuelle ne peut pas constituer une solution de gouvernance pour notre pays. Le Congo nécessite un changement sur lequel nous sommes tous d’accord », a déclaré Évariste Ejiba Yamapia.
L’archevêque critique ouvertement la Constitution actuelle, qu’il qualifie de « Constitution des belligérants qui avaient besoin de se protéger les uns les autres ». Citant certains constitutionnalistes, il affirme également que, depuis l’existence de la RDC, « il n’y a jamais eu de Constitution comportant des articles verrouillés ». Une déclaration qui laisse clairement entendre que l’article 220 – limitant le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois – est dans le viseur des partisans du changement constitutionnel. Léopold Mutombo, lui, ne cache pas sa position : « Ayons le courage de faire table rase (…) Nous sommes favorables au changement de la Constitution et non à sa simple révision. »
De son côté, Godé Mpoy invoque l’argument de la stabilité institutionnelle observée dans certains pays dirigés par des chefs d’État aux longs mandats. « Dans un mandat de cinq ans, vous ne travaillez réellement que pendant trois ans. La première année est consacrée aux conciliabules politiques et, dès que vous commencez à travailler, la CENI réclame déjà des moyens pour les prochaines élections. Aujourd’hui, sur le plan empirique, il est démontré que les pays où les présidents font de longs mandats sont stables. C’est le cas de la Chine, de la Russie, et bien d’autres », soutient-il.
Cette position de l’Église de Réveil rejoint largement celle du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), favorable à une révision ou à un changement de la Constitution. Depuis le 6 mai, le débat est d’ailleurs porté publiquement par Félix Tshisekedi lui-même.
Le chef de l’État a récemment levé le voile sur ses intentions politiques :
« Je n’ai pas sollicité un troisième mandat, mais si le peuple souhaite que j’en exerce un, j’accepterai », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une telle démarche ne pourrait se faire « qu’après consultation du peuple congolais par voie référendaire ». À l’Assemblée nationale, le député Gaspard Ngondankoy a déjà déposé une proposition de loi visant à fixer les modalités d’organisation d’un référendum.
Sous Kabila, l’ERC nageait déjà dans le sens du régime
Sous la présidence de Joseph Kabila, l’Église de Réveil du Congo accompagnait déjà plusieurs décisions politiques, notamment sur les questions électorales. Après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019, cette organisation est restée perçue comme proche du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila. En 2020, sous la direction du pasteur Sony Kafuta, l’ERC a notamment été accusée de soutenir la désignation controversée de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Cette position avait provoqué de fortes tensions avec l’Église du Christ au Congo (ECC) et la CENCO. L’église de Sony Kafuta avait même été vandalisée à la suite de ces événements. Après cette crise, le pasteur Dodo Kamba lui succédera à la tête de l’ERC.
Catholiques et évangéliques : pourquoi des positions opposées ?
Cette différence de positionnement n’a rien d’accidentel. Elle trouve ses racines dans l’histoire politique de la RDC. Selon plusieurs observateurs, la montée des Églises de réveil s’est accélérée sous le régime de Mobutu Sese Seko, particulièrement dans les années 1980. Le pouvoir zaïrois voyait alors dans les mouvements évangéliques un moyen de contrebalancer l’influence de l’Église catholique, déjà critique envers la gouvernance du pays.
Contrairement à l’Église catholique, structurée autour d’une hiérarchie forte et d’une doctrine sociale ancienne, les Églises de réveil fonctionnent souvent de manière autonome autour de figures pastorales indépendantes. Beaucoup dépendent administrativement de l’État pour leur reconnaissance légale et leur fonctionnement.
Plusieurs études universitaires soulignent d’ailleurs l’absence d’un cadre juridique rigoureux permettant d’encadrer leur prolifération ou leur financement. « Ils sont souvent obligés de ménager le pouvoir afin de bénéficier de certaines facilités administratives », explique un acteur de la société civile.
Cette dépendance institutionnelle crée, selon plusieurs analystes, une proximité naturelle avec le pouvoir politique. Les pasteurs cherchent souvent à préserver leurs autorisations, leurs espaces d’influence et leur accès aux autorités. À l’inverse, la CENCO bénéficie d’une implantation historique, d’un puissant réseau scolaire et hospitalier ainsi que d’une crédibilité internationale qui lui assurent une plus grande autonomie vis-à-vis du régime.
La divergence est aussi théologique. Les Églises de réveil mettent généralement l’accent sur la bénédiction individuelle, la réussite personnelle et la prospérité matérielle. Dans cette logique, le pouvoir politique est souvent présenté comme une autorité qu’il faut accompagner afin de garantir la stabilité nationale et les bénédictions divines.
À l’opposé, l’Église catholique congolaise s’inscrit dans une tradition sociale davantage tournée vers les questions de justice, de gouvernance et de défense des droits humains. Pendant les crises politiques de la fin du régime Kabila ou lors des tensions sécuritaires dans l’Est du pays, les évêques catholiques ont multiplié les prises de position critiques, parfois au prix de fortes tensions avec le pouvoir.
De Malula à Ambongo, une même ligne critique
Depuis le cardinal Joseph Malula, l’Église catholique congolaise a maintenu une posture critique vis-à-vis du pouvoir politique. Des cardinaux Frédéric Etsou et Laurent Monsengwo jusqu’à Fridolin Ambongo, cette ligne n’a pratiquement pas varié.
En 1990, Laurent Monsengwo initie un mémorandum réclamant davantage de libertés au maréchal Mobutu, alors au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans. Cette initiative lui donne une stature nationale majeure. Les écrivains Roger Gaise et Isidore Ndaywel le décrivent alors comme « un personnage incontournable, cerveau moteur de la poussée vers la démocratie ».
Pour l’historien Isidore Ndaywel, c’est Laurent Monsengwo, alors président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui a introduit dans les discours de l’Église catholique congolaise la notion de « démocratisation ». Plus d’un an après ce mémorandum, Monsengwo prendra la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS), fermée puis rouverte par Mobutu après la répression sanglante de la marche des chrétiens catholiques.
La réélection contestée de Joseph Kabila
En décembre 2007, Mgr Laurent Monsengwo succède au cardinal Frédéric Etsou à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa. Créé cardinal par Benoît XVI en 2010, il conservera jusqu’à la fin de son ministère une posture critique à l’égard du pouvoir.
Sous son impulsion, la CENCO multiplie les mises en garde contre le régime Kabila. En 2011, le cardinal Monsengwo conteste publiquement la réélection de Joseph Kabila, estimant que les résultats de la présidentielle « n’étaient conformes ni à la vérité ni à la justice ».
Ses détracteurs l’accusent alors de proximité avec l’opposition, notamment avec Étienne Tshisekedi, principal adversaire de Joseph Kabila lors de ce scrutin controversé. Mais pour plusieurs analystes, cette attitude s’inscrivait simplement dans la continuité historique de l’Église catholique congolaise.
Cette posture de contre-pouvoir a renforcé l’image de la CENCO comme acteur majeur de la vie publique en RDC, là où les Églises de réveil apparaissent souvent plus conciliantes envers les autorités.
Toutefois, les lignes ne sont pas totalement figées. Certaines plateformes évangéliques adoptent désormais des positions plus nuancées, notamment sur les questions de paix, de cohésion nationale et de gouvernance. C’est notamment le cas de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui s’est rapprochée de la CENCO sur plusieurs grands dossiers nationaux.
Sur la question du changement de la Constitution, cette divergence demeure profonde. L’Église catholique s’est déjà clairement opposée à toute initiative de révision ou de changement constitutionnel dans le contexte actuel.
Ce désaccord entre grandes confessions religieuses pourrait accentuer la polarisation du débat national autour d’un sujet hautement sensible. Dans un pays où la religion reste au cœur de la vie publique, les rapports entre foi et politique continueront d’influencer durablement le débat démocratique. Entre une Église catholique se revendiquant sentinelle démocratique et des Églises de réveil souvent plus proches du pouvoir, la RDC offre le visage d’un christianisme traversé par des enjeux de pouvoir, d’influence et de légitimité.
Heshima Magazine
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