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Journée mondiale de lutte contre la corruption : en RDC, l’IGF mobilise la jeunesse africaine

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L’Inspection générale des finances (IGF), en collaboration avec le Forum des inspections générales d’État et institutions de contrôle assimilées d’Afrique, organise, ce lundi 9 décembre 2024, à Kinshasa, une conférence commémorative de la journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée chaque 9 décembre de l’année.

Placées sous le haut patronage du président de la République, Félix Tshisekedi, ces assises se déroulent sous le thème : « Mobiliser la jeunesse africaine dans la lutte contre la corruption pour des lendemains meilleurs ». Les délégations de plusieurs pays sont déjà présentes dans la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) pour prendre part à la conférence de ce jour.

Depuis quatre ans, l’Inspecteur général des finances, chef de service, Jules Alingete Key mène un combat sans merci contre la corruption en RDC. Depuis plus de deux ans, il associe la jeunesse congolaise à cette lutte acharnée contre ces antivaleurs qui empêchent le pays de prendre son envol sur le plan du développement. Pour cette conférence, l’IGF a associé le Forum des Inspections générales d’État d’Afrique et institutions assimilées (FIGE). Monsieur Hassan Issa Sultan, Inspecteur général d’État de la République de Djibouti, qui est également secrétaire exécutif du FIGE, est déjà à Kinshasa. Des délégations venues de la Côte d’Ivoire, du Mali et de la République du Congo sont également présentes pour participer à ces assises.

La RDC accueillera les assises du FIGE en 2026

Très impliquée dans la lutte contre la corruption, particulièrement après la redynamisation de l’IGF par le président Félix Tshisekedi, la RDC occupe le poste de vice-président au sein du FIGE. C’est à ce titre que le pays va abriter, en 2026, l’Assemblée générale de cette organisation panafricaine de lutte contre la corruption.

Créé en 2006 par les Inspections générales d’État de cinq pays africains notamment Djibouti, Burkina Faso, Tchad, Sénégal et Mauritanie, le FIGE est une association sous-régionale africaine qui regroupe, à ce jour, 24 États, représentés par leurs Institutions Supérieures de contrôle, ainsi que des partenaires techniques tels que l’Office Européen de Lutte Anti-Fraude (OLAF), la Direction Générale du Développement et Coopération de la Commission Européenne (AIDCO), et la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF).

Les travaux du FIGE visent à développer les métiers de l’Inspection générale d’État, l’investigation, l’audit et l’évaluation des politiques publiques, ainsi que la mise en œuvre des normes professionnelles adaptées aux exigences de la modernité. Les rencontres du FIGE contribuent à la réflexion nécessaire sur les réformes à mettre en œuvre pour renforcer l’efficacité des institutions de contrôle. Ces fora permettent de promouvoir le partage d’expériences en matière de détection et de prévention de la corruption.

Associer la jeunesse dans la lutte

Ayant compris l’importance de la jeunesse dans le combat contre la corruption, l’IGF de la RDC associe systématiquement les jeunes dans la sensibilisation contre ce fléau. En avril dernier, l’Inspecteur général des finances, chef de service, Jules Alingete, avait appelé les jeunes Congolais à « barrer la route à la corruption, au détournement des deniers publics et à la fraude pour sauver la RDC, tout en se désolidarisant des tares du système de mauvaise gestion héritées des régimes et classes politiques qui se sont succédé à la tête du pays ».

Dans les locaux de cette structure de contrôle, des élèves et des étudiants participent à des séances de sensibilisation autour de ce thème.

Lors d’un forum organisé par le Rassemblement des leaders pour le développement (RALEAD), l’Inspecteur général des finances et chef des Brigades des provinces et entités territoriales décentralisées, Bitasimwa Bahi, avait affirmé que la corruption et le détournement des fonds sont un fléau en RDC, mais aussi à travers le monde. Pour lui, les organes anti-corruption, comme l’IGF, doivent effacer de l’esprit du gestionnaire du bien commun l’illusion d’être seul. « Les fonds de l’État doivent être utilisés pour le bien-être de la population, et nous devons retirer l’illusion d’être heureux seul dans un océan de misère autour de soi. C’est cette illusion qui amène à la corruption et au détournement », avait-il déclaré. Par cette occasion, cet Inspecteur général avait appelé à la sensibilisation des jeunes à l’implémentation de la bonne gouvernance, car ces jeunes sont les futurs gestionnaires des fonds publics.

4 ans de lutte contre la mauvaise gestion

Depuis sa nomination à la tête de ce service par le président Félix Tshisekedi, en juillet 2020, Jules Alingete ne cesse de mobiliser et de conscientiser les Congolaises et Congolais sur la nécessité de s’approprier la lutte contre la corruption et d’autres antivaleurs pour permettre l’émergence du pays. Le 20 septembre, lors d’un forum universitaire international sur la bonne gouvernance en Afrique, organisé à Pretoria, en Afrique du Sud, le patron de l’IGF avait présenté les résultats obtenus dans cette lutte depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême.

Plusieurs dossiers financiers ont été passés en revue grâce aux enquêtes menées par l’IGF. Parmi eux, figure le dossier du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, qui a coûté à l’État congolais 250 millions de dollars sans produire les résultats escomptés. L’IGF a révélé que plus de 105 millions de dollars n’étaient pas justifiés dans ce projet. Il y a également le contrat chinois signé entre le gouvernement congolais et un consortium d’entreprises chinoises, qui a été renégocié après un rapport d’enquête de l’IGF. Ce rapport avait établi un déséquilibre criant entre les intérêts de la RDC et ceux de la Chine. La renégociation a permis à la RDC de récupérer une enveloppe de 7 milliards de dollars.

Il y a plusieurs enquêtes menées dans le cadre de la patrouille financière au sein des entreprises du portefeuille de l’État, notamment à l’Office de gestion de fret multimodal (OGEFREM), à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), à la Société nationale d’assurance (SONAS), à la GECAMINES et tant d’autres. Le travail de redressement des finances publiques, qui s’est notamment caractérisé par l’annulation des exonérations fantaisistes accompagnées de l’encadrement des régies financières, a permis d’augmenter les recettes publiques. Le budget de l’État est passé de 4 milliards de dollars en 2019 à 17 milliards en 2024, soit une augmentation de 425 %.

Pendant ces quatre années de lutte contre la corruption, l’IGF a dénoncé plusieurs gestionnaires soupçonnés de détournement des fonds publics. Certains détourneurs ont été arrêtés et condamnés, tandis que d’autres ne sont pas encore inquiétés. Ce qui pose également un problème de justice au pays. Lors des travaux des états généraux de la justice, Jules Alingete avait souligné deux facteurs pour faire avancer la lutte contre la corruption et décourager le détournement des fonds publics en RDC. Il s’agit, premièrement, de la volonté politique clairement exprimée par le président Félix Tshisekedi, et deuxièmement, d’une bonne justice pour lutter contre ces détourneurs des fonds publics. Il a proposé la création d’un parquet financier pour disposer de magistrats outillés, capables de poursuivre les criminels économiques.

APLC, une lutte timide…

Créée sous le mandat du président de la République, Félix Tshisekedi, dans le but de renforcer la lutte contre la corruption, l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) peine à produire des résultats palpables. Lors du premier semestre de son existence, en 2021, cette agence avait publié un bilan de ses actions menées dans le cadre de sa mission. Aucune affaire n’était encore bouclée à l’époque parmi tous les dossiers que l’agence avait initiés devant les Cours et Tribunaux. Au total, 36 dossiers de détournement et de coulage des recettes étaient suivis par cette agence et tous ces dossiers sont restés pendants.

En 2022, cette agence avait décidé de travailler en synergie avec d’autres structures de lutte contre la corruption pour produire les résultats attendus. Il s’agit de l’IGF, de la Cellule nationale de renseignement financier (CENAREF), de la Cour des comptes ainsi que de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). « Grâce au travail concerté de l’APLC avec l’IGF, l’ITIE, la CENAREF, la Cour des comptes et la société civile, la lutte contre la corruption produit ses fruits en RDC », avait déclaré en décembre 2022 Thierry Mbulamoko, coordonnateur de l’APLC.

De manière générale, le travail effectué ces quatre dernières années dans le domaine de la lutte contre la corruption a produit des résultats positifs. En février dernier, le patron de l’IGF, Jules Alingete, avait souligné l’amélioration de la position de la RDC dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) de l’ONG Transparency International pour l’année 2023. Selon l’IGF, la RDC est passée de la 172e place en 2019 à la 162e en 2023, gagnant ainsi 10 places dans le classement mondial de l’IPC. Cette progression est attribuée à l’intensification des efforts anti-corruption déployés par l’IGF depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir.

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC

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Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.

Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.

De la rébellion au terrorisme…

Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.

Opérations conjointes « Shujaa » 

Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.

Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.

L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.

Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026

Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.

L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.

Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.

Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.

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