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RDC : Joseph Kabila renoue-t-il le lien avec le Rwanda 28 ans après l’AFDL ?

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Au lendemain de son adresse à la nation, Joseph Kabila a regagné la République démocratique du Congo par une zone sous contrôle des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), branche armée de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), soutenue par l’armée rwandaise.
L’arrivée de l’ancien président à Goma suscite de nombreuses interrogations, notamment sur de liens éventuels avec ces groupes armés. Certains analystes y voient les signes d’une stratégie inspirée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), coalition rebelle également appuyée par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, qui avait renversé le régime de Mobutu en mai 1997.

Depuis son départ du pouvoir en 2019 après deux mandats, Joseph Kabila – 53 ans – s’était fait très discret. Mais depuis sa tribune publiée dans le journal sud-africain « Sunday Times » suivi de son allocution du 23 mai dernier, l’homme semble révéler petit à petit son schéma. Lors de son adresse aux Congolais diffusée sur les réseaux sociaux, il a formulé 12 recommandations parmi lesquelles il classe en priorité la fin de la dictature ou la tyrannie du président Félix Tshisekedi avant de mettre fin à la guerre. Dans l’entretemps, il s’est installé depuis le 25 mai 2025 dans une ville congolaise occupée par les rebelles et l’armée rwandaise.       

« Mettre fin à la dictature, ou mieux à la tyrannie, puis arrêter la guerre. On met fin à la dictature avant d’arrêter la guerre ?… », s’interroge le journaliste Christian Lusakueno, qui attire l’attention de l’opinion sur la chronologie du plan de Joseph Kabila. Pour lui, ce schéma rappelle celui de l’AFDL.
« …On met fin à l’utilisation des mercenaires, puis seulement après, on ordonne le retrait de toutes les troupes étrangères du territoire national. Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Joseph Kabila est entré à Goma par le Rwanda. Cela signifie que son plan s’appuie sur ceux qui, comme son père Laurent-Désiré Kabila, avaient contribué à la chute de Mobutu. On sait ce qui s’est passé en août 1998, et c’est cela qui me dérange », analyse le directeur de Top Congo FM.

Ce discours de Joseph Kabila continue de susciter des réactions contrastées et des interrogations sur ses vraies intentions. Son arrivée à Goma intervient après une période d’exil de près de deux ans. La veille de son discours, son immunité parlementaire a été levée par le Sénat, l’exposant à des poursuites judiciaires pour trahison et éventuel soutien aux rebelles de l’AFC/M23. Depuis 2024, le président Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila de collusion avec ce groupe rebelle, ce que l’ancien chef de l’État dément, affirmant vouloir contribuer à la résolution du conflit dans l’est du pays. Une résolution qui passerait, selon lui, par la fin de ce qu’il qualifie de « dictature ».

Son séjour à Goma est vécu comme une « trahison » et une « insulte à la République », d’après le député de l’UDPS, Tobie Kayumbi, l’accusant de légitimer l’occupation de cette ville congolaise par les rebelles du M23 appuyés par le Rwanda.

Depuis que cette rébellion a pris le contrôle de Goma et de Bukavu au début de l’année, de nombreux habitants dénoncent les violences perpétrées par des éléments armés de ce mouvement soutenu par le Rwanda. Une enquête d’Amnesty International confirme ces exactions. Selon le dernier rapport de l’ONG, les rebelles « tuent, torturent et détiennent des civils en otage ». Ces crimes, facilités par l’absence d’administration et de justice fonctionnelles, incluent également des éliminations ciblées, des enlèvements contre rançon et diverses formes de racket.

L’AFDL et ses soutiens rwandais, ougandais et burundais   

L’ancien président de la RDC, Laurent-Désiré Kabila – père de Joseph Kabila – avait largement bénéficié d’un soutien décisif du Rwanda ainsi que de l’Ouganda et du Burundi pour renverser le régime de son prédécesseur Mobutu Sese Seko, en 1997. Avec l’AFDL, le régime de Paul Kagame avait fourni tous les équipements militaires nécessaires pour renverser Mobutu.

Tout a commencé en 1994, lorsque le génocide des Tutsis au Rwanda entraîne la victoire du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, et la fuite de plus d’un million de réfugiés Hutu vers l’est du Zaïre (actuelle RDC). Parmi les populations qui ont fui l’arrivée du FPR au pouvoir à Kigali, figuraient aussi d’anciens génocidaires (ex-FAR et miliciens Interahamwe).

En 1996, le Rwanda (coordonné par Paul Kagame en tant que vice-président et ministre de la Défense) décide de lancer une opération militaire contre les milices génocidaires au Zaïre, avec l’objectif de sécuriser sa frontière et chasser Mobutu du pouvoir. Pour légitimer cette intervention, le Rwanda cherche un allié zaïrois et trouve Laurent-Désiré Kabila, un ancien rebelle marxiste peu actif depuis des années, originaire du Katanga. Ensemble avec d’autres groupes congolais, ils forment l’AFDL en octobre 1996. Le Rwanda apporte à cette rébellion un soutien total : des troupes rwandaises déguisées en rebelles congolais, des conseillers militaires, des armes, des renseignements, de la logistique et de la formation. L’armée patriotique rwandaise (APR), aux côtés de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), lance alors une offensive fulgurante depuis le Kivu, à l’est du Zaïre. Les forces de Mobutu, démoralisées, mal équipées et souvent abandonnées par leurs officiers, sont rapidement balayées.

L’AFDL progresse vers l’ouest, prenant ville après ville, notamment Kisangani et Mbuji-Mayi. En mai 1997, les troupes de Kabila père et leurs alliés entrent dans Kinshasa sans grande résistance. Mobutu, gravement malade, fuit vers le Maroc où il meurt en septembre de la même année. Laurent-Désiré Kabila se proclame président le 17 mai 1997, rebaptise le pays « République démocratique du Congo », et dissout l’AFDL peu après.

Les liens avec le Rwanda rompus : début d’un cycle de rébellions

Initialement perçu comme une marionnette du Rwanda, Laurent-Désiré Kabila tente de s’émanciper de son influence. En 1998, il expulse les troupes rwandaises et les conseillers étrangers devenues envahissants, ce qui déclenche la euxième Guerre du Congo (1998-2003), impliquant plusieurs pays africains dont l’Angola et le Zimbabwe comme alliés du gouvernement de Kinshasa contre d’abord les troupes rwandaises, ougandaises et burundaises. Après la défaite des Rwandais, ils formeront quelques jours plus tard un autre mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Le Rwanda va soutenir cette nouvelle rébellion pour tenter de faire tomber Kabila père. Pendant ce temps, Joseph Kabila, promu général, combat aux côtés de son père les forces soutenues par Kigali. Mais il perdra ensemble avec John Numbi plusieurs batailles au front, notamment celle de Pweto, dans le grand Katanga. Après l’assassinat de son père en janvier 2001, il accède au pouvoir. À la surprise générale, il adopte une ligne plus diplomatique et pragmatique, tendant la main aux anciens ennemis, y compris le Rwanda. Il mène des négociations qui aboutissent aux Accords de paix de Sun City (2002) et à la fin de la Deuxième Guerre du Congo en 2003. Une transition politique avec les belligérants a eu lieu, débouchant sur les premières élections générales et pluralistes du pays en 2006. Malgré les débuts de rapprochement, les relations entre Joseph Kabila et Paul Kagame étaient restées officiellement mitigées. Le Rwanda accuse la RDC de soutenir les FDLR, miliciens hutus rwandais hostiles à Kigali. La RDC accuse le Rwanda de soutenir des rébellions à l’est du Congo (notamment le CNDP puis le M23). Ces relations vont officiellement se dégrader entre 2008 et 2013, avec des accrochages militaires indirects sous le M23. Quand il quitte le pouvoir en 2019, les relations étaient toujours frileuses. Kigali n’avait plus d’ambassadeur à Kinshasa et Kabila avait pris le soin de rappeler Nkulu Kilombo, son diplomate à Kigali.    

Kabila veut-il renouer ses liens avec Kigali ?

Accusé de soutenir la rébellion du M23, appuyée par le Rwanda, Joseph Kabila nie toute implication. Il affirme que, s’il était réellement derrière ce mouvement, « les choses ne se passeraient pas ainsi ».

Son retour à Goma, bastion du M23, a ravivé les interrogations sur ses liens historiques avec Kigali. Lors de la première guerre du Congo (1996-1997), l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila, avait reçu un soutien décisif du Rwanda. Joseph Kabila, alors jeune combattant, avait été formé par des officiers rwandais, notamment James Kabarebe, qui se targuait dans un entretien avec Jeune Afrique d’avoir appris à Kabila à manier une arme.

Aujourd’hui, alors que le Sénat congolais a levé l’immunité de l’ancien président pour permettre des poursuites pour trahison et crimes de guerre liés à son prétendu soutien au M23 , son séjour à Goma est perçu par certains observateurs comme une tentative de réactiver des alliances passées. Cette démarche intervient dans un contexte de tensions accrues entre Kabila et le gouvernement de Félix Tshisekedi, qu’il accuse de dérive autoritaire.

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si ce retour marque une simple prise de position politique ou le prélude à une recomposition des forces dans l’est du pays.

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Kinshasa Kia Mona : le pari fou d’une nouvelle ville pour désengorger la capitale congolaise

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Face à l’explosion démographique et aux embouteillages chroniques qui étouffent Kinshasa, les autorités congolaises ont lancé, depuis décembre 2025, « Kinshasa Kia Mona », un gigantesque projet d’extension urbaine à l’est de la capitale. Que sait-on réellement de ce mégaprojet inédit depuis l’indépendance ? Combien pourrait-il coûter à la République ? Tentative d’explication.

Kinshasa rêve plus grand. Beaucoup plus grand qu’on ne pouvait l’imaginer. Avec près de vingt millions d’habitants et une urbanisation galopante, la capitale congolaise suffoque sous le poids de sa propre croissance démographique. Embouteillages monstres, insuffisance des infrastructures, pénurie de logements et extension anarchique des quartiers périphériques illustrent les défis quotidiens auxquels sont confrontés les Kinois. Pour répondre à cette pression devenue difficilement maîtrisable, le gouvernement congolais a officiellement lancé le projet « Kinshasa Kia Mona », une nouvelle ville appelée à transformer durablement le paysage urbain de la mégapole.

Pourtant, au départ, le projet peinait à convaincre. Beaucoup d’initiatives similaires annoncées par le passé n’ont jamais véritablement vu le jour. C’est notamment le cas de Fatshi City, dévoilé en 2021. Porté par la société privée Bitec Consulting, ce projet ambitionnait de construire des cités modernes et connectées sur des sites militaires à Kinshasa et dans certaines provinces. Bien qu’approuvé par le président de la République, ce programme reste, à ce jour, largement inachevé.

Kinshasa Kia Mona, un projet à plus de 50 milliards USD

Cette fois, les autorités assurent vouloir passer à la vitesse supérieure. Kinshasa Kia Mona a été officiellement lancé en décembre 2025 par le président Félix Tshisekedi dans la commune de Maluku, à environ 45 kilomètres du centre-ville de Kinshasa. Estimé à plus de 50 milliards de dollars américains, le projet s’étendra sur près de 43 000 hectares. Il prévoit la construction de quartiers résidentiels modernes, de zones industrielles, d’infrastructures hospitalières, d’universités, de centres commerciaux ainsi que de vastes espaces verts.

Le site principal est situé à Menkao, dans la commune de Maluku. Le gouvernement congolais a également décidé d’intégrer une partie du groupement de Kingakati, près du parc de la Vallée de la N’sele, dans cette future ville.

À terme, Kinshasa Kia Mona pourrait accueillir jusqu’à cinq millions d’habitants. Son modèle de financement repose sur plusieurs mécanismes : partenariats public-privé (PPP), prêts bancaires, financements des banques de développement, modèles BOT (Build-Operate-Transfer), garanties foncières, levées de fonds et subventions publiques.

Au cœur du projet figure un vaste pôle industriel multisectoriel structuré autour de huit parcs spécialisés, allant des hautes technologies aux industries pharmaceutiques, en passant par la transformation agroalimentaire et l’économie circulaire.

Plus de 225 000 emplois annoncés

Selon les autorités congolaises, Kinshasa Kia Mona ambitionne également de devenir un puissant moteur économique. La première phase du projet prévoit notamment la construction d’une cité industrielle capable d’abriter jusqu’à 160 usines dès les premières années. À terme, plus de 225 000 emplois directs et indirects pourraient être créés, dont environ 30 000 dès la première phase du chantier. Les autorités présentent ce projet comme une réponse durable aux défis de l’urbanisation, mais aussi comme un symbole de modernisation et d’industrialisation de la RDC.

Cependant, plusieurs observateurs restent prudents. Certains experts s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à financer durablement un projet aussi colossal dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux services de base dans plusieurs communes de Kinshasa. D’autres estiment que le succès de cette nouvelle ville dépendra surtout de la qualité des infrastructures routières, de l’accès à l’eau et à l’électricité, mais également de la transparence dans la gouvernance du projet.

Des entreprises chinoises privilégiées ?

La première pierre de la cité industrielle, portée par un consortium d’entreprises chinoises, a été posée en décembre 2025. Cette zone constitue la première phase de la gigantesque nouvelle ville.

Selon plusieurs sources, seuls 15 à 20 % des espaces industriels seraient ouverts à des investisseurs non chinois. Les projections sino-congolaises évoquent l’implantation de près d’un millier d’usines dans les cinq prochaines années.

Toutefois, les autorités congolaises assurent vouloir diversifier les partenaires. L’ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, avait notamment précisé : « La Chine est peut-être entrée en premier dans la cité industrielle, mais cela ne représente qu’une petite partie des espaces à développer. Il y a de la place pour tout le monde. »

Dans cette logique, le coordinateur du projet, Thierry Katembwe, a multiplié les missions à l’étranger, notamment à Paris, à l’invitation du Medef. Selon plusieurs médias internationaux, ces démarches ont déjà permis la signature d’accords avec Dassault Systèmes, tandis que Bpifrance participe également au financement du projet. « Le projet n’est absolument pas uniquement chinois », a insisté Thierry Katembwe, évoquant également l’intérêt d’investisseurs américains, sud-africains, canadiens et congolais.

Un défi colossal

Derrière les ambitions affichées, le défi reste immense. Pour plusieurs urbanistes, la réussite de Kinshasa Kia Mona dépendra avant tout de la capacité des autorités à garantir la viabilité des infrastructures, la transparence des financements et l’accessibilité des logements pour les populations kinoises. Car Kinshasa traîne déjà une longue histoire de projets urbains ambitieux restés inachevés ou freinés par des difficultés de gouvernance.

Si cette nouvelle ville pourrait offrir un second souffle à une capitale saturée, un autre défi majeur demeure : celui du coût des logements. Leur accessibilité déterminera en grande partie la capacité réelle du projet à désengorger l’ancien centre-ville.

Avec Kinshasa Kia Mona, la RDC veut tourner une page et offrir à sa capitale un nouveau visage. Entre rêve futuriste et immense défi de réalisation, cette ville nouvelle pourrait devenir soit le symbole de la modernisation congolaise, soit rejoindre la longue liste des grands projets africains confrontés aux réalités du terrain. Une chose est sûre : à Kinshasa, l’avenir semble désormais se construire vers l’est.

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Préparation chamboulée, supporters bloqués en RDC : quand Ebola perturbe le rêve mondialiste des Léopards

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À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, la résurgence du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) bouleverse la préparation des Léopards. Entre restrictions sanitaires, stages annulés, refus de visas aux supporters congolais vivant au pays et inquiétudes internationales, la sélection congolaise voit son parcours vers le Mondial fragilisé par une nouvelle crise sanitaire.

La République démocratique du Congo vit une situation paradoxale. Alors que le pays célèbre sa qualification historique à la Coupe du monde 2026, une résurgence du virus Ebola menace aujourd’hui de perturber l’aventure des Léopards sur la scène internationale. Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires congolaises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertent sur une flambée inquiétante de la souche Bundibugyo du virus Ebola dans l’est du pays. Selon l’OMS, la propagation de l’épidémie est désormais jugée « très élevée » au niveau national.

Jusqu’au 25 mai, 101 cas avaient été confirmés, dont 10 décès, en RDC, avec comme épicentre la zone de santé de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, en Ituri, au nord-est du pays. « Mais nous savons que l’épidémie en RDC est bien plus vaste. Il y a désormais plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects », a précisé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

Une épidémie qui perturbe le rêve mondialiste des Léopards

Face à cette situation, les conséquences dépassent désormais le seul cadre sanitaire. Le football congolais, en pleine euphorie après sa qualification au Mondial, se retrouve directement affecté.

Les États-Unis ont imposé une période d’isolement aux joueurs avant leur entrée sur le sol américain. Une mesure qui suscite la polémique, d’autant plus que la totalité des joueurs convoqués par le sélectionneur Sébastien Desabre ne vivent pas en RDC. Leur dernier séjour au pays remonte au début du mois d’avril à Kinshasa, loin de l’épicentre actuel de l’épidémie, et avant même la déclaration officielle de la maladie, intervenue le 15 mai.

Malgré cela, les joueurs se conforment déjà au protocole sanitaire mis en place. Deux bulles sanitaires ont été organisées en Belgique. La première regroupe les joueurs et une partie du staff technique déjà présents en Europe. La seconde concerne les membres du staff arrivés de Kinshasa, notamment les entraîneurs adjoints ainsi que Dodo Landu, team manager de l’équipe nationale.

Stage de préparation annulé à Kinshasa

La Fédération congolaise de football (FECOFA) a dû annuler le stage de préparation prévu à Kinshasa, ainsi qu’une cérémonie officielle d’adieux aux supporters et de décoration des Léopards programmée le 26 mai dernier.

Les activités prévues dans la capitale, notamment une conférence de presse du sélectionneur Sébastien Desabre et une rencontre avec les supporters, ont été suspendues pour des raisons sanitaires. Les Léopards ont ainsi été contraints de délocaliser leur préparation en Belgique afin d’éviter d’éventuelles restrictions de voyage imposées par les autorités américaines.

Des supporters vivant au pays privés du Mondial

Les États-Unis, pays hôte du Mondial avec le Canada et le Mexique, ont renforcé les mesures de contrôle pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Washington a notamment imposé une période d’isolement de 21 jours pour certaines personnes ayant séjourné dans les zones concernées. Or, les Léopards sont également portés par des supporters infatigables venus du pays. Plusieurs groupes de soutien aux fauves congolais ne pourront finalement pas se rendre à la Coupe du monde.

Le gouvernement congolais tente actuellement un difficile rattrapage diplomatique en vue du deuxième match des Léopards prévu à Guadalajara, au Mexique. Mais il sera compliqué pour les autorités mexicaines d’accorder des visas aux supporters congolais dans le contexte sanitaire actuel. Le supporter congolais Michel Kuka Mboladinga dit « Lumumba Vea », devenu célèbre lors de la CAN 2025 pour son hommage à Patrice Emery Lumumba, avait déjà manqué la finale des barrages intercontinentaux contre la Jamaïque, au Mexique, en raison d’un problème de visa.

Reste à savoir si ce dernier pourra bénéficier d’une exception cette fois-ci, malgré les restrictions prises par les États-Unis, le Canada et probablement le Mexique.

En RDC, des supporters entre fierté et inquiétude

Même si aucun scénario d’exclusion de la RDC du tournoi n’a été officiellement évoqué par la FIFA, l’inquiétude grandit autour de l’impact de cette crise sanitaire sur la participation congolaise. À Kinshasa, de nombreux supporters oscillent entre fierté de voir la RDC participer à sa première Coupe du monde moderne et inquiétude face à un virus qui menace de perturber ce rêve mondialiste. « Nous sommes déjà très fiers de notre qualification. Nous aurions dû vivre cette phase finale comme une fête. Mais malheureusement, les joueurs seront privés de la majorité de leurs supporters restés au pays. Le gouvernement devrait trouver un moyen de mobiliser les Congolais de la diaspora pour remplir les tribunes de Houston, aux États-Unis, lors du match RDC-Portugal », a déclaré Marcus Kitoto, un supporter rencontré à Kinshasa.

La FIFA affirme suivre la situation de près en collaboration avec les autorités sanitaires internationales et la FECOFA. Une possibilité de remboursement des billets est déjà évoquée pour certains Congolais qui s’étaient déjà procuré le précieux sésame.

Au-delà du football, cette crise sanitaire rappelle une réalité plus profonde : en RDC, les grandes ambitions nationales restent souvent confrontées à des défis sanitaires, sécuritaires et sociaux majeurs. Et à l’approche du Mondial 2026, les Léopards devront désormais livrer un double combat : celui du terrain et celui contre une épidémie qui menace de ternir le rêve de toute une nation.

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C64 contre C4 en RDC : l’UDPS riposte face au front anti-révision constitutionnelle

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À peine l’opposition congolaise avait-elle lancé la Coalition Article 64 (C64) pour barrer la route à toute réforme de la Constitution que l’UDPS a contre-attaqué avec la création de la C4. Derrière cette bataille de sigles se profile un affrontement politique majeur autour de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo (RDC) et du débat explosif sur un éventuel changement constitutionnel.

Le duel politique est désormais lancé. En République démocratique du Congo, la question de la révision ou du changement de la Constitution cristallise de plus en plus les tensions entre le pouvoir et l’opposition. Après la naissance de la coalition « C64 », initiée par plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, pour défendre l’ordre constitutionnel actuel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a répliqué en annonçant la création de la « Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution », en sigle C4.

L’annonce a été faite par Augustin Kabuya Tshilumba, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS. Selon le parti présidentiel, cette nouvelle plateforme vise à fédérer les Congolais favorables à une réforme des institutions jugée nécessaire pour adapter le pays aux réalités actuelles. Le chiffre « 4 » symboliserait les quatre grandes aires linguistiques de la RDC, dans une volonté affichée de donner une dimension nationale à cette initiative.

Déjà, plusieurs figures de la majorité présidentielle commencent à rallier la nouvelle plateforme pro-révision. C’est notamment le cas de Modeste Bahati Lukwebo, qui a officiellement rejoint la dynamique C4, renforçant ainsi le camp favorable à une réforme institutionnelle. En difficulté au sein de l’Union sacrée de la Nation, Modeste Bahati semble avoir saisi cette opportunité pour tenter de se repositionner politiquement, après ses déclarations controversées autour du débat constitutionnel. Une autre adhésion remarquée est celle de Mussa Mondo, ancien vice-ministre et ancien cadre du Front commun pour le Congo (FCC), qui a récemment rejoint le camp présidentiel.

L’opposition craint un troisième mandat

Face à cette offensive politique, l’opposition campe sur ses positions. Réunis autour de la coalition C64, des leaders comme Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund ou encore Delly Sesanga accusent le camp présidentiel de vouloir ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Leur stratégie repose sur l’article 64 de la Constitution, qui impose aux citoyens de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir contraire à la loi fondamentale.

Au cours d’un point de presse tenu le samedi 23 mai 2026 à son siège de Kinshasa, le parti de l’opposant Jean-Marc Kabund, l’Alliance pour le Changement (A.Ch), a réitéré son opposition catégorique à tout projet de modification de la Constitution, tel que prôné par le parti présidentiel.

 « Aujourd’hui, leur serment repose sur le changement de la Constitution et la révision constitutionnelle. Nous leur disons que, qu’il s’agisse d’un changement ou d’une révision, rien de tout cela n’aura lieu. Eux-mêmes le savent », a déclaré le secrétaire général du parti, Tonay Atwana Jean-Paleki.

L’UDPS amorce des consultations

Dans les rangs de l’UDPS, les responsables rejettent ces accusations et défendent plutôt une réforme destinée à corriger certaines faiblesses institutionnelles. Le parti invoque même l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi, présenté comme l’inspirateur historique d’une nouvelle architecture constitutionnelle. L’UDPS n’hésite d’ailleurs pas à rappeler son boycott du référendum constitutionnel de 2005 ayant consacré l’actuelle Constitution. Le 22 mai, le parti a démarré des consultations dans le cadre de sa coalition pour le changement de la Constitution. Steve Mbikayi, député national et président du Parti Travailliste (P.T), était parmi les premiers à être reçus par Augustin Kabuya. À la fin de la rencontre, Steve Mbikayi a réaffirmé son engagement à accompagner l’UDPS dans le processus de changement de la Constitution. « Nous allons l’accompagner jusqu’à l’aboutissement heureux de l’adoption d’une nouvelle constitution », a déclaré le président national du P.T. Selon lui, la Coalition Article 64 lancée par l’opposition ne représentera pas un obstacle pour leur démarche.

Cette montée des tensions révèle une polarisation grandissante du paysage politique congolais. En l’espace de quelques jours, deux blocs antagonistes se sont constitués autour d’un même sujet : conserver ou changer la Constitution. D’un côté, la C64 entend verrouiller toute tentative de réforme ; de l’autre, la C4 veut mobiliser partis politiques, société civile et confessions religieuses en faveur d’un changement constitutionnel.

À Kinshasa, le bras de fer constitutionnel ne fait que commencer. Entre la C64, qui brandit la défense de l’ordre constitutionnel, et la C4, qui plaide pour une nouvelle architecture institutionnelle, la bataille politique promet d’occuper le devant de la scène dans les prochains mois. Une confrontation à haut risque qui pourrait redessiner l’avenir politique de la RDC à l’approche des échéances électorales de 2028.

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