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RDC : l’économie face aux risques d’instabilité politique et de surendettement

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La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une dette publique significative, tant au niveau intérieur qu’extérieur. Réduite de 14 à 3 milliards de dollars en 2010 et maintenue à ce montant jusqu’en 2019, l’encours de la dette a explosé ces dernières années, dépassant la barre de 10 milliards de dollars en 2023. Les résultats des projets liés à ces fonds empruntés restent encore mitigés. Ce qui alimente des soupçons de gabegie et interroge sur les retombées d’un tel endettement dans un pays menacé par une instabilité politique.

Depuis 2019, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont augmenté leur contribution financière dans la gouvernance en RDC. Le 3 mai 2025, la Banque mondiale a annoncé avoir approuvé un financement global de 1,49 milliard de dollars pour quatre projets dont celui du barrage hydroélectrique Inga 3 longtemps resté dans le tiroir des projets faute de financement. Dans ce montant global, 200 millions de dollars serviront à la résilience aux inondations dans les villes de Kinshasa et Kalemie ; un montant de 600 millions sera affecté à la gouvernance, transparence et résilience économique ; 440 millions sont prévus pour la construction de 200 km d’autoroute et un pont de 700 mètres à construire sur la rivière Lualaba et enfin 250 millions pour le projet Inga 3. Pour bien implémenter ce quatrième projet, la Banque mondiale a mené des consultations auprès des populations locales pour le volet développement communautaire du programme Inga 3. Pour ce faire, cette institution financière prévoit une enveloppe de 100 millions de dollars destinée à assurer un soutien aux habitants vivant à proximité du site hydroélectrique d’Inga, sur le fleuve Congo.

En dehors de cette enveloppe débloquée par la Banque mondiale, une autre institution financière internationale, le FMI, apporte énormément de liquidités à la RDC depuis 2020. Cet apport se matérialise par divers programmes de financement et d’assistance technique, visant à stabiliser l’économie, promouvoir une croissance durable et améliorer la gouvernance. Depuis l’établissement du programme avec le gouvernement congolais en 2020, le FMI a approuvé des accords de crédit pour un montant total de près de 3 milliards de dollars en faveur de la RDC. Ces accords, notamment la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD), visent à soutenir la stabilité macroéconomique et à financer des réformes structurelles. Ces fonds sont octroyés sous forme d’aide, mais aussi de dettes que l’État congolais devra rembourser.

En janvier 2025, le Conseil d’administration du FMI a approuvé un accord de 1,729 milliard de dollars au titre de la Facilité Elargie de Crédit. La principale inquiétude concernant ces financements massifs des institutions financières internationales est la capacité de solvabilité du pays, ainsi que l’utilisation de ces fonds par le gouvernement. Plusieurs rapports de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) accusent le gouvernement de gabegie financière.

Dans une étude sur la gouvernance de Félix Tshisekedi entre 2022 et 2024, cette ONG spécialisée dans les finances publiques note une mauvaise gouvernance budgétaire qui n’a permis ni de créer des richesses, ni d’améliorer les conditions sociales de la population, et encore moins d’être susceptible de rendre effective la décentralisation telle que prévue par la Constitution. Selon cette structure, cette mauvaise gouvernance ne place pas le pays sur la voie de l’émergence.

Les craintes d’un surendettement du pays

La RDC est encore classée parmi des pays à risque modéré de surendettement extérieur et global. Le FMI estime que les perspectives économiques du pays sont encore favorables, mais sujettes à des risques significatifs orientés à la baisse. Ces risques incluent notamment l’aggravation des conflits armés dans l’Est, les pressions inflationnistes et un ralentissement brusque de l’économie surtout pour un pays qui n’a pour principale source de revenu que ses mines. Un choc dans ce secteur pourrait immédiatement paralyser l’économie du pays.

Les tenants du pouvoir actuel rassurent au sujet de la dette publique, selon eux, est contrôlable. Le député national Flory Mapomboli, ancien cadre au ministère des Finances, avait estimé que la dette publique qui aurait été stabilisée en 2010, représentait 26% du PIB. Ce ratio est de près de 16% en 2024. « Où se trouve le surendettement entre les deux périodes susmentionnées ? Personne ne pourra me contredire sur ces chiffres avec lesquels il est presque impossible de faire du populisme. », précisait-il quand il répondait aux accusations de surendettement du pays lancées par l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Selon Flory Mapamboli, le niveau de vie de la population congolaise a augmenté, progressant de 24% en dollars entre 2018 et 2024. Concrètement, ce PIB est passé respectivement de 557 à 693 dollars.

Si au niveau du gouvernement central l’endettement est encore contrôlé, en provinces, les entités sombrent dans le surendettement. La Direction générale de la dette publique (DGDP), qui a la mission de proposer la politique nationale d’endettement, avait noté dans un rapport publié en juin 2022 que certaines provinces du pays négociaient des accords d’emprunt sans la garantie de l’Etat (DGDP), se mettant ainsi dans un état de surendettement. Une situation qui entrave le décollage de ces entités ainsi que la réalisation de leurs projets de développement. C’est le cas de la ville de Kinshasa. Selon l’état des lieux dressé par l’ancien gouverneur Gentiny Ngobila, son prédécesseur (André Kimbuta) avait laissé des dettes dans toutes les banques, sauf à la BCDC. « Des dettes de plus de 60 millions de dollars. La plus grande de dettes que nous connaissons c’est à l’UBA, à quelques jours des élections présidentielle et législative nationale de 2018. André Kimbuta a contracté une dette de 14 millions de dollars. Là où cet argent est parti, on ne sait pas », déclarait-il en faisant le bilan de l’an un de sa gestion à la tête de la capitale.

Lui-même avant de partir, il a contacté une dette de plusieurs décennies pour la construction du Marché central de Kinshasa. Il en est de même pour certaines autres provinces comme le Maï-Ndombe. Ce surendettement de certaines provinces peut aussi affecter l’économie du gouvernement central car l’État central est censé être aussi responsable des dettes contractées ou garanties par les provinces, d’après la DGDP. Selon plusieurs rapports de cette structure publique, certaines provinces négocient des accords d’emprunt sans la garantie de l’Etat, se mettant ainsi dans un état de surendettement.

Les risques d’instabilité politique

Malgré l’embellie économique actuelle, la RDC n’est pas totalement sortie de zones de risques. La plus crainte, c’est le risque lié à l’instabilité politique, notamment en raison de conflits armés et de la crise humanitaire. L’instabilité politique a un impact négatif sur les entreprises et l’économie, tandis que les conflits armés et la crise humanitaire exacerbent les difficultés économiques. Malgré le budget national 2025 de 18 milliards de dollars, plus de 26 millions de Congolais sont atteints par une faim aigue, selon les chiffres publiés en octobre 2024 par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cette famine a été accentuée par les conflits armés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maï-Ndombe et de l’Ituri. Dans les Kivus, la présence des rebelles de l’AFC/M23 constitue une menace directe pour la stabilité des institutions du pays. Ces rebelles ont carrément créé une administration parallèle dans les zones occupées dont les villes de Goma et Bukavu.

Cette situation sécuritaire a provoqué une explosion des dépenses militaires et un creusement du déficit budgétaire. Mais malgré ces problèmes sécuritaires, l’économie congolaise a fait preuve de résilience, avec une croissance économique atteignant 6,5 % en 2024.

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Culture : De Wendo Kolosoy à Fally Ipupa, l’histoire de l’Ordre national du Léopard

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Depuis l’époque du Zaïre, les distinctions honorifiques constituent l’un des plus hauts symboles de reconnaissance de l’État congolais envers ses citoyens les plus méritants. Parmi elles, l’Ordre national du Léopard occupe une place particulière dans l’histoire institutionnelle du pays. Longtemps réservé aux personnalités ayant rendu des services exceptionnels à la Nation, cet ordre connaît aujourd’hui un regain d’intérêt avec la récente décoration du chanteur Fally Ipupa. Retour sur l’histoire de cette distinction, ses implications civiques et les figures de la musique congolaise qui ont été honorées par l’État.

L’histoire récente de l’Ordre national du Léopard s’est enrichie d’un nouveau chapitre avec la décoration de Fally Ipupa. Par ordonnance présidentielle annoncée le 3 juin 2026, l’artiste a été élevé au grade de Chevalier de l’Ordre national du Léopard et a également reçu la Médaille d’or du Mérite des Arts, Sciences et Lettres. Cette distinction intervient après les deux concerts historiques donnés par l’artiste au Stade de France, les 2 et 3 mai 2026, un exploit salué par les autorités congolaises comme une contribution majeure au rayonnement international de la culture congolaise.

Lors de la cérémonie officielle organisée à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le 6 juin 2026, le président Félix Tshisekedi a souligné que cette reconnaissance ne récompensait pas seulement un artiste, mais également « un parcours, une discipline, une constance et une capacité à faire voyager l’âme congolaise au-delà des frontières ». En devenant Chevalier de l’Ordre national du Léopard, Fally Ipupa rejoint ainsi le cercle des personnalités distinguées pour leur contribution exceptionnelle au prestige de la République.

Les origines de la politique des distinctions honorifiques

La politique des distinctions honorifiques en République démocratique du Congo trouve ses fondements dans les premières années de l’indépendance. Sous le régime du président Mobutu Sese Seko, plusieurs ordres nationaux sont institués afin de récompenser les citoyens ayant contribué à la grandeur du pays.

Créé par l’ordonnance-loi n° 66-330 du 24 mai 1966, l’Ordre national du Léopard devient rapidement la plus prestigieuse distinction honorifique du Zaïre. L’ordre comprend alors cinq grades : Chevalier, Officier, Commandeur, Grand Officier et Grand Cordon. Le président de la République en est le Grand Chancelier.

Le léopard, symbole de puissance et d’autorité, mais aussi animal emblématique du pays, est choisi pour incarner l’excellence, le patriotisme et le service rendu à la Nation. Au fil des décennies, cette distinction est attribuée à des personnalités politiques, diplomatiques, militaires, scientifiques, sportives et culturelles ayant marqué l’histoire nationale.

De l’Ordre du Léopard à l’Ordre des Héros nationaux

Après la chute du régime de Mobutu en 1997, l’Ordre national du Léopard cesse progressivement d’être attribué. Le président Laurent-Désiré Kabila n’y accorde que peu d’attention. En 2002, sous la présidence de Joseph Kabila, est institué l’Ordre national des Héros nationaux Kabila-Lumumba par la loi n° 009/2002 du 5 août 2002. Cette nouvelle distinction devient la principale référence honorifique de la République, mettant à l’honneur les figures fondatrices de la nation congolaise. Durant cette période, plusieurs artistes, écrivains et opérateurs culturels seront décorés pour leur contribution à la promotion du patrimoine culturel national.

Les grandes décorations du monde culturel

L’une des plus importantes campagnes de distinction du secteur culturel intervient en décembre 2015. À cette occasion, 90 artistes, écrivains et opérateurs culturels sont honorés par l’État congolais. La cérémonie, présidée par Aubin Minaku, alors président de l’Assemblée nationale, récompense des personnalités issues de différents domaines : musique, littérature, théâtre, photographie, critique culturelle et arts plastiques. Parmi les bénéficiaires figurent notamment Simaro Lutumba, Papa Wemba, Werrason, Reddy Amisi, Tshala Muana, Bozi Boziana, JB Mpiana, Jean Goubald Kalala, Jossart Nyoka Longo, Didier Mumengi, Yoka Lye Mudaba, Nseka N’Sele dit Nseman-o-Lutu ou encore Tantu Meyi.

Des chroniqueurs de renom tels que Zacharie Bababaswe, Manda Tchebwa et Bolemba wa Bolemba figurent également parmi les récipiendaires. Cette cérémonie demeure l’une des plus importantes opérations de reconnaissance des acteurs culturels jamais organisées en RDC.

Le retour de l’Ordre national du Léopard

Avec l’adoption de la Constitution de 2006, plusieurs symboles historiques de l’État congolais font progressivement leur retour. Ainsi, les équipes nationales retrouvent en 2007 l’appellation de « Léopards », abandonnant celle de « Simba » adoptée à la fin des années 1990. Toutefois, l’Ordre national des Héros nationaux Kabila-Lumumba demeure la principale distinction officielle pendant les présidences de Joseph Kabila.

En décembre 2025, le Parlement adopte une réforme réhabilitant l’Ordre national du Léopard. Cette décision marque un retour à l’une des plus anciennes traditions honorifiques de la République. Quelques mois plus tard, Fally Ipupa figure parmi les premiers bénéficiaires de cette renaissance dans le secteur culturel.

Les avantages des mérites civiques

Au-delà de leur caractère protocolaire, les distinctions nationales poursuivent plusieurs objectifs. Elles permettent de reconnaître officiellement les citoyens dont les réalisations contribuent au développement ou au rayonnement du pays. Pour les récipiendaires, ces décorations représentent une consécration morale et symbolique. Elles témoignent de la confiance de la République et renforcent la légitimité de leur action auprès de l’opinion publique. Les mérites civiques participent également à la promotion des valeurs de citoyenneté, de patriotisme, d’excellence et d’engagement. En distinguant des parcours exemplaires, l’État encourage la jeunesse à s’investir davantage dans la construction nationale.

Une reconnaissance qui implique des responsabilités

Toutefois, l’honneur accordé par la République s’accompagne d’obligations morales. Les personnalités décorées deviennent des références publiques dont les actes et les prises de position sont observés avec attention. Elles sont appelées à préserver une conduite conforme aux valeurs républicaines, à promouvoir l’image du pays et à poursuivre leur contribution au développement national.

Dans son allocution, Fally Ipupa a lui-même reconnu cette responsabilité : « Aujourd’hui, je reçois cette distinction avec humilité. Je la reçois avec reconnaissance. Je la reçois surtout comme une responsabilité supplémentaire : celle de continuer à servir la culture congolaise, à promouvoir l’excellence et à contribuer au rayonnement de notre beau pays. » Cette dimension de responsabilité explique pourquoi les textes officiels évoquent systématiquement les « services éminemment rendus à la Nation » comme fondement de l’attribution des distinctions honorifiques.

Wendo Kolosoy, une reconnaissance tardive mais historique

Considéré comme l’un des pères de la rumba congolaise moderne, Wendo Kolosoy reçoit en 2004 les insignes de Grand officier de l’Ordre national des Héros nationaux Kabila-Lumumba. Cette distinction lui est décernée sous la présidence de Joseph Kabila en reconnaissance de son immense contribution à la musique et à la culture congolaises. Déjà octogénaire au moment de cette décoration, l’artiste voit enfin l’État reconnaître officiellement son rôle fondateur dans l’histoire de la musique congolaise moderne. Auteur du mythique « Marie-Louise » en 1948, Wendo Kolosoy a influencé plusieurs générations de musiciens, de Franco Luambo à Papa Wemba, jusqu’aux artistes contemporains. Décédé le 28 juillet 2008 à Kinshasa, il demeure l’une des figures les plus emblématiques du patrimoine culturel national.

Contrairement à Wendo Kolosoy, décoré en 2004 par l’État congolais, aucune source officielle consultée ne permet d’affirmer avec certitude que Joseph Kabasele alias Grand Kallé, pourtant considéré comme le père de la musique congolaise moderne, ait bénéficié d’une décoration nationale de son vivant. Cette absence de reconnaissance officielle est souvent citée parmi les paradoxes de l’histoire culturelle congolaise, au regard de l’immense contribution de l’auteur d’“Indépendance Cha-Cha” au rayonnement du Congo. 

Une distinction réservée à des personnalités d’exception

Le prestige de cette distinction se mesure également à travers les personnalités qui l’ont reçue au cours de l’histoire. Parmi elles figurent notamment Jean Bolikango, l’ancien président égyptien Hosni Moubarak ou encore le légendaire footballeur Ndaye Mulamba. En octobre 1969, le président Mobutu décerne également l’Ordre national du Léopard aux astronautes de la mission Apollo 11 : Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin, premiers hommes à avoir accompli la conquête lunaire. C’est dans cette prestigieuse tradition que s’inscrit désormais Fally Ipupa N’simba, nouvelle figure culturelle honorée par la République démocratique du Congo.

À travers l’Ordre national du Léopard et les autres distinctions honorifiques, la République démocratique du Congo perpétue une tradition de reconnaissance des citoyens qui participent à son prestige et à son développement. Plus qu’un simple insigne, le mérite civique demeure un pacte moral entre la Nation et ceux qu’elle choisit d’honorer. Dans un pays où la culture constitue l’un des principaux instruments de rayonnement international, la décoration d’artistes tels que Fally Ipupa rappelle que la musique, au même titre que la science, le sport ou le service public, peut devenir un véritable acte de citoyenneté et de promotion nationale.

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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé

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Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.

Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.

L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.

L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?

Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.

Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »

Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.

Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.

L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.

Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC

À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.

L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.

ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible

Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.

Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.

Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.

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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial

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Pour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.

Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.

L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.

Le secteur offensif, seul véritable chantier

En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.

Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.

Desabre satisfait et promet une montée en puissance

Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.

Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.

Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal

Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.

Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.

Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.

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