Nous rejoindre

International

Bras de fer CPI-USA : Fatou Ben Souda défie Donald Trump

Les Etats-Unis ont placé sur la liste noire, la procureure de la CPI, Fatou Bensaoua et Phakiso Mochochoko, directeur de la division de la compétence et de la complémentarité et de la coopération de la CPI, au même titre que des terroristes et des trafiquants de drogue. Trois mois plus tôt, Donald Trump avait signé un Décret autorisant le principe des sanctions contre des responsables de la CPI. Un affront causé par l’annonce de la Cour pénale internationale de diligenter une enquête sur des éventuelles exactions qu’auraient commises les soldats américains en Afghanistan, un pays membre de la Cour.

Published

on

Pour les Etats-Unis, qui a, certes signé le statut de Rome créant la CPI sans toutefois le ratifier, cette initiative de la CPI par l’entremise de sa procureure, Fatou Bensouda est une attaque, une insulte. Une raison suffisante pour Washington de hausser le ton et procéder au gel de biens et probables capitaux de la procureure dans les banques américaines.  Cette situation est une première dans l’histoire des relations entre la CPI et un Etat, elle a suscité des réactions de nombreuses organisations dont Human right watch qui déclare que les sanctions américaines sont « une perversion ahurissante des sanctions américaines, censées pénaliser ceux qui violent les droits humains et les kleptocrates, utilisées ici pour persécuter ceux qui sont chargés de juger les crimes internationaux »

A ce jour, des questions existentielles refont surface et se débattent à haute voix, la CPI est-elle réellement libre, juste et internationale ?

De plus en plus, la tendance est de croire que cette juridiction a été créée pour l’Afrique, faisant d’elle le continent par excellence d’exactions, de génocide et disculpant du coup, les autres continents.

Afrique, déception et désillusion !

La CPI est une juridiction permanente, contrairement aux tribunaux circonstanciels, à vocation internationale créée par en 1998 par le statut de Rome, et entrée en vigueur en 2002.

D’après ledit statut de Rome, la CPI se charge de statuer sur les crimes internationaux, elle a donc  un pouvoir juridictionnel sur les crimes de génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ainsi que les crimes d’agression,

Pour les pays du tiers-monde, en Afrique ou en Asie où le mode de gestion de l’Etat était encore loin de concurrencer la démocratie, où la loi du plus fort est encore la norme sociale où le viol, les crimes sont des voies menant au pouvoir, la création de la CPI était plus que salvatrice, elle devenait une délivrance.

L’espoir de voir les chefs de guerre, ceuxèlà qui ont enrôlé des enfants dans l’armée, détruisant au passage toute possibilité de les voir un jour vivre comme des gens nirmaux

La justice africaine ou celle des différents pays du tiers-monde a toujours été considérée comme tendancieuse, elle est sans cesse du côté des plus riches, des plus influents, politiques, militaires, anciens rebelles. C’est de cette délivrance qu’il s’agit, celle de délier les langues, celle de permettre au pauvre d’accuser un riche ou d’assister au témoignage d’un laissé pour compte lors d’un procès télévisé d’un ancien homme fort.

Des victimes expiatoires !

Charles Taylor, cet homme fut Président du Libéria, il y a régné en maître après avoir défenestré Samuel Doe qui était encore au pouvoir. Il va sèchement l’exécuter et dominer sur les rues de Monrovia, la capitale.

Il est aussi popularisé grâce à la chanson liberian girl interprétée par Michael Jackson vantant la beauté d’une jeune libérienne pour qui Charles Taylor était prêt à piller les plus belles pierres précieuses de son pays. Depuis, il croupit dans la prison de Scheveningen à la Haye (Pays-Bas)

Laurent Gbagbo : un autre Chef d’Etat africain, qui est resté presque 9 ans dans la prison de la CPI, accusé de crimes de guerre après des affrontements dans Abidjan entre lui, président sortant de la Côte d’Ivoire et son successeur Alassane Ouatarra. Il sera transféré à la CPI avec un de ses fidèles, Charles Blé Goudé avant d’être relaxés en 2019

Jean-Pierre Bemba : ancien Vice-président de la RDC, l’homme est arrêté en 2008 à Bruxelles et acheminé aussitôt à la Haye pour y être jugé. Accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à causes des dérapages causés par des éléments de sa milice lors d’une intervention à Bnagui en Centrafrique sur demande du président centrafricain, Ange-Félix Patassé, il y restera 10 ans à la CPI avant sa libération…

Bosco Taganda, Gervais Katanga, Thomas Lubanga sont quelques-uns des prisonniers de la CPI, tous impliqués dans des crimes de guerres et crimes contre l’humanité.

Au service des intouchables !

Le traité de Rome qui a engendré la Cour Pénale Internationale (CPI) n’a jamais été signé par les Etats-Unis d’Amérique comme par quelques rares pays. Cette position était considérée comme une aberration pour d’aucuns, ne comprenant pas comment un pays qui prône la liberté, la Justice, la démocratie ne paraphe pas un document qui consacre cela en jugeant les personnes qui piétinent ces droits fondamentaux. Et après ces sanctions américaines contre la Procureure de la CPI, Fatou Bensouda et un autre haut fonctionnaire de ladite juridiction, l’opinion internationale s’interroge sur la crédibilité de la CPI. Son masque n’est-il pas tombé ? La CPI a-t-elle officiellement marché sur une platebande interdite ?

Tout le prestige rattaché à cette institution sacrosainte est en train d’être entamée par ce bras de fer avec les Etats-Unis au point de pousser certains analystes à croire que la CPI est à la solde de grandes puissances, que chaque dérapage de la part de la juridiction peut être sanctionné.

Une autre tendance est convaincue que le pays de l’Oncle Sam vient de prouver à la face du monde que sa politique de fermeture au monde : America first (Amérique d’abord) est une réalité, les Etats-Unis peuvent vivre en autarcie se fiant à sa propre justice, son armée, ses entreprises. Sa présence dans des organisations internationales est soit une théâtralisation ou un conformisme pur et simple.

Depuis plusieurs années, quelques pays dont le Soudan, la RDC, le Burundi ont exprimé des envies de quitter le statut de Rome sans que cela ne soit matérialisé. Il est donc urgent que la CPI présente une issue favorable à cette crise avec les Etats-Unis de Trump afin d’éviter toute catastrophe.

ATEM

International

Kinshasa face au défi des migrants expulsés des États-Unis

Published

on

Une quinzaine de migrants latino-américains expulsés des États-Unis ont été accueillis à Kinshasa, une première pour la République démocratique du Congo (RDC). Le gouvernement congolais, pris dans une équation diplomatique sensible, s’appuie sur l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour gérer cette situation inédite et controversée.  

L’arrivée, dans la nuit du 17 avril, de quinze migrants expulsés des États-Unis marque un tournant dans la politique migratoire impliquant la République démocratique du Congo (RDC). Ce groupe – composé notamment de ressortissants péruviens et équatoriens – a atterri à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, après un vol en provenance du territoire américain. Il s’agit du premier contingent accueilli dans le cadre d’un dispositif américain controversé consistant à expulser des migrants vers des « pays tiers », souvent africains, avec lesquels Washington a conclu des accords discrets. Pour le moment, les premiers arrivants semblent en bonne santé. Ils ont été répartis dans différents appartements du complexe hôtelier Venus Village situé sur le Boulevard Lumumba, dans la commune de la N’Sele, dans l’Est de Kinshasa. Cette arrivée des premiers migrants crée déjà la controverse au pays. Le gouvernement, à travers le ministère de Communication et Médias, a affirmé que la prise en charge financière de ces personnes est assurée par les Etats-Unis. La Première ministre, Judith Suminwa a confirmé cette position, évoquant un service que la RDC rend aux Etats-Unis. « C’est un service que nous rendons aux États‑Unis, qui prennent en charge ces personnes sur notre territoire à travers l’OIM. Pour l’instant, nous collaborons avec les États‑Unis d’Amérique et l’Organisation internationale pour les migrations afin de recevoir ces migrants de manière temporaire, en attendant de leur trouver d’autres alternatives, notamment des pays d’accueil », a déclaré Judith Suminwa au journal Afrique de TV5 Monde le 18 avril. Mais face à ce défi inédit dans son format actuel, le gouvernement fait appel à cet organisme spécialisé pour la gestion de ces migrants.          

Une gestion confiée en partie à l’OIM

Face à cette situation sensible, les autorités congolaises ont sollicité l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’agence onusienne est chargée d’apporter une assistance humanitaire aux migrants et pourrait organiser, sur base volontaire, leur retour vers leurs pays d’origine. Mais l’OIM a tenu à préciser qu’elle ne joue aucun dans ce deal migratoire entre Kinshasa et Washington. L’organisation a signifié, le 20 avril, via son porte-parole, qu’elle « ne joue aucun rôle dans les accords bilatéraux tels que celui conclu entre la RDC et les États-Unis ». D’où, elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les normes minimales de protection ne peuvent être garanties. « Les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes », déclare l’OIM. Cette organisation internationale signale également que les questions liées au retour de ces migrants vers leurs pays d’origine relèvent de leur propre volonté.   

Cependant, au-delà d’une assistance fondée sur les besoins et sur des évaluations individuelles, l’organisation dit qu’elle peut « proposer une aide au retour volontaire aux migrants qui en font la demande, conformément à son mandat et aux cadres juridiques applicables ». Cette agence de l’ONU chargée des migrations a néanmoins précisé qu’elle n’assiste que des retours « strictement volontaires », lesquels reposant « sur le libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées ».  

Selon des sources au sein du gouvernement, ces migrants ne sont pas destinés à rester durablement en RDC. Ils bénéficient d’un statut de séjour temporaire, le temps que leur situation soit examinée individuellement ou qu’une solution de rapatriement soit trouvée.  

Un accord opaque et politiquement sensible

À Kinshasa, la gestion de ce dossier suscite malaise et interrogations. Ce deal migratoire entre le gouvernement congolais et les États-Unis n’a pas été rendu public dans ses détails, alimentant les critiques sur son opacité et sur les contreparties éventuelles pour la RDC. Des analystes y voient un geste diplomatique de la part du gouvernement congolais, dans un contexte de rapprochement avec Washington, notamment autour de partenariats stratégiques et sécuritaires.

Des inquiétudes sur les droits humains

Mais cette coopération n’est pas sans risque. La RDC, déjà confrontée à de graves défis socio-économiques et sécuritaires, doit désormais gérer l’accueil de migrants sans lien avec son territoire, dans des conditions logistiques et juridiques encore floues. Au-delà de la dimension politique, cette opération soulève des préoccupations sur le respect des droits des migrants. Certains d’entre eux auraient encore des procédures en cours aux États-Unis ou craindraient de retourner dans leur pays d’origine. 

Au-delà de la dimension politique, cette opération soulève des préoccupations sur le respect des droits des migrants. Certains d’entre eux auraient encore des procédures en cours aux États-Unis ou craindraient de retourner dans leur pays d’origine. En RDC, certains experts des droits humains comme Venance Kalenga regrette que le pays prenne part à la politique de transfert forcé de ces demandeurs d’asile. D’après lui, il s’agit d’une violation des droits humains qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le droit international humanitaire. « La crainte est que les Etats-Unis qui sont un modèle en matière de protection des demandeurs d’asile puissent influencer les autres Etats à se comporter de la même manière. Notre pays, en acceptant de faire cela, viole le droit international humanitaire parce qu’il essaie de sous-traiter une question qui était soumise aux Etats-Unis. Il accepte ces demandeurs d’asile qui viennent dans un pays où ils ne sont pas sûrs de la protection », a-t-il déclaré au micro de Deutsche Welle.

Plus largement, les ONG dénoncent une externalisation des politiques migratoires américaines vers des pays aux capacités d’accueil limitées, dans des conditions souvent peu transparentes. Alors que d’autres arrivées sont envisagées dans les prochaines semaines, la RDC se retrouve en première ligne d’un dispositif migratoire international controversé. Kinshasa devra trouver un équilibre délicat pour éviter que cette coopération ne se transforme en fardeau durable.

Magazine Heshima

Continue Reading

International

Sanctions américaines contre l’armée rwandaise : quel impact sur la guerre dans l’Est de la RDC ?

Published

on

Washington a décidé, le 2 mars 2026, de sanctionner l’armée rwandaise et plusieurs de ses hauts responsables pour leur soutien présumé aux rebelles de l’AFC/M23. Une décision qui pourrait rebattre les cartes diplomatiques et militaires dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où le conflit continue de déstabiliser la région. Ces sanctions peuvent-elles changer le cours de la guerre dans cette partie du pays ?

Les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre de leurs hauts responsables viennent d’être sanctionnées par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain. D’après le communiqué publié le lundi 2 mars 2026, l’OFAC justifie ces sanctions par leur soutien à la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.

Ces mesures incluent des restrictions financières et des pressions politiques visant à contraindre Kigali à cesser toute aide militaire et à retirer ses forces du territoire congolais. Les autorités américaines affirment vouloir faire respecter les accords de paix signés en juin puis en décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali, qui prévoyaient notamment le retrait des troupes étrangères et la désescalade dans la région. Ces quatre hauts responsables rwandais ainsi que l’ensemble des Forces de défense rwandaises (RDF) sont placés sur sa liste des ressortissants spécialement désignés (SDN). Cette inscription signifie que les avoirs des personnes et de l’armée rwandaise qui relèvent de la juridiction américaine sont bloqués et que les ressortissants et entreprises américaines ne peuvent pas effectuer de transactions avec elles.

Parmi les individus sanctionnés, il y a Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi, tous basés à Kigali et accusés de contribuer à l’instabilité dans l’Est de la RDC. Le département du Trésor américain, à travers l’OFAC, a émis la General License 1 autorisant une période de démantèlement des transactions impliquant les RDF, afin de permettre une cessation ordonnée des engagements concernés. En d’autres termes, ce texte autorise, jusqu’à 00 heure 01′ le 1er avril 2026, les opérations « normalement accessoires et nécessaires » à la cessation progressive des transactions impliquant l’armée rwandaise ou toute entité dans laquelle elle détient, directement ou indirectement, au moins 50 %.

Toujours selon l’OFAC, les forces rwandaises soutiennent activement, entraînent et combattent aux côtés du M23, un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis et les Nations unies, responsable de violations des droits humains et d’une crise de déplacements massifs de population en RDC. Sur le terrain, la décision américaine pourrait modifier certains équilibres. Depuis plusieurs mois, le M23 s’est imposé comme l’un des groupes armés les plus puissants dans l’Est de la RDC, dans une région où opèrent une centaine de milices et où la crise humanitaire a déjà déplacé des millions de personnes.

En marge de la publication de ces sanctions, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Scott Bessent, a exigé le « retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements » des Forces de défense rwandaises (RDF) du territoire congolais. Selon le Trésor américain, ces mesures visent à accroître la pression sur Kigali afin de mettre fin à toute implication militaire présumée dans l’Est de la RDC, où l’insécurité persiste malgré les initiatives diplomatiques régionales et internationales.

Kinshasa salue les sanctions contre Kigali

Pour Kinshasa, ces sanctions représentent un signal politique important. Le ministère des Affaires étrangères de la RDC a salué la décision américaine, exprimant sa « profonde reconnaissance aux Etats-Unis ». De son côté, celui de la Communication et Médias y voit « un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale » de la RDC. Ces mesures confirment « la nécessité d’une cohérence entre les engagements diplomatiques et les réalités opérationnelles sur le terrain », note ce ministère dirigé par Patrick Muyaya. Kinshasa a aussi exprimé « sa profonde reconnaissance » aux États-Unis pour « leur implication constante » dans les efforts de paix dans la région des Grands lacs.

Pour sa part, le gouvernement rwandais rejette les accusations et estime que les sanctions présentent une lecture biaisée du conflit, tout en reprochant également à la RDC de ne pas respecter certains engagements du processus de paix. Le Rwanda dit également regretter des sanctions qu’il juge « unilatérales », estimant qu’elles « déforment les faits » du conflit et ciblent injustement « une seule partie » au processus de paix. Dans un communiqué publié le 2 mars, Kigali dit vouloir retirer ses troupes en RDC mais à condition que la RDC mette également en œuvre ses obligations. « Le Rwanda reste pleinement engagé à désengager ses forces en parallèle avec la mise en œuvre par la RDC de ses obligations », a déclaré Kigali dans ce communiqué. Il accuse en même temps Kinshasa de violer le cessez-le-feu. 

Ces sanctions peuvent avoir quel impact ?

Si les autorités congolaises y voient une reconnaissance internationale de leurs accusations contre Kigali, l’impact de ces sanctions pourraient se montrer dans le temps. L’armée rwandaise dépend en majorité des subventions américaines et européennes. Ces sanctions pourraient faire perdre un budget militaire conséquent à l’armée rwandaise. Ce qui pourrait être un coup dur pour Kigali et obligé Paul Kagame à retirer ses troupes dans l’Est de la RDC. « Si le président Paul Kagame refuse d’obtempérer, la posture américaine actuelle dans le monde devrait le faire réfléchir. Le cas du Venezuela ou de l’Iran devrait traverser son esprit. », note un analyste de la région des Grands lacs.              

Pour l’instant, les combats continuent sur plusieurs lignes de front dans l’Est du pays. Au Sud comme au Nord-Kivu, des lignes de front bougent dans un sens comme dans l’autre. Si Kigali persiste en maintenant ses troupes dans l’Est du pays, Washington a déjà prévenu. Le département d’État affirme que les États-Unis sont prêts à utiliser « tous les outils disponibles » pour s’assurer que la RDC et le Rwanda respectent les engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.    

Kinshasa espère que cette pression internationale affaiblira les capacités du M23 qui est armé par Kigali. Mais l’impact réel reste encore à observer sur le terrain. Entre pressions diplomatiques et rivalités régionales, les sanctions américaines pourraient peser sur l’évolution du conflit. Mais dans l’Est de la RDC, où les populations vivent depuis des décennies au rythme des affrontements, la paix dépendra surtout de la volonté réelle des acteurs à transformer ces décisions politiques en désescalade sur le terrain.

Heshima  

Continue Reading

International

Guerre contre l’Iran : l’Afrique redoute les répercussions économiques et énergétiques

Published

on

L’escalade militaire au Moyen-Orient après les frappes contre l’Iran suscite de vives inquiétudes sur le continent africain. Hausse des prix du pétrole, inflation et perturbations commerciales pourraient fragiliser davantage plusieurs économies déjà sous pression. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, l’envolée de prix du pétrole ne va pas épargner l’Afrique.    

L’escalade militaire autour de l’Iran dépasse largement les frontières du Moyen-Orient. Hausse du prix du pétrole, perturbations commerciales et tensions économiques : plusieurs pays africains commencent déjà à ressentir les effets d’une crise susceptible de fragiliser davantage des économies encore convalescentes. La guerre en cours autour de l’Iran fait trembler les marchés mondiaux de l’énergie et ses effets commencent à se faire sentir bien au-delà du Moyen-Orient.

Depuis samedi 28 février, jour de l’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz où transite le tiers du pétrole mondial, le prix du baril flambe de 13%. Vendu en dessous de 70 dollars avant la crise iranienne, il est actuellement à plus de 80 dollars le baril. C’est la conséquence directe de la fermeture du détroit d’Ormuz où transite plus de 20% du pétrole mondial. Samedi, les Gardiens de la révolution iraniens avaient indiqué que cette voie était « de facto » fermée à la navigation, car dangereuse en raison des attaques américaines et israéliennes. Dimanche 1er mars 2026, la télévision d’État iranienne a annoncé qu’un pétrolier était en train de « couler » après avoir été frappé alors qu’il franchissait « illégalement » le détroit d’Ormuz, sans plus de précisions.

« Soixante navires » sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises sont bloqués « à l’intérieur du Golfe arabo-persique », a déclaré le délégué général d’Armateurs de France, Laurent Martens cité par France 24.

Face à cette crise, les analystes redoutent notamment une flambée durable du prix du pétrole, ressource stratégique pour de nombreux pays africains. Des projections démontrent que le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars si le conflit se prolonge ou si les routes maritimes sont perturbées.

Détroit d’Ormuz, un passage vital pour les navires pétroliers 

Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Toute interruption du trafic dans cette zone provoque un choc énergétique mondial et renchérit le coût des importations pour les pays africains fortement dépendants du carburant.  Pour les économies africaines importatrices de pétrole, les conséquences pourraient être immédiates : hausse des prix du carburant, inflation et pression sur les finances publiques. Plusieurs experts estiment que la montée des prix de l’énergie se répercutera sur le coût du transport, de l’alimentation et des produits de base en Afrique. « Nos navires resteront à quai pendant plusieurs jours », a déclaré à Reuters un cadre supérieur d’une importante société de négoce. Environ 20 millions de barils de pétrole brut et d’autres carburants transitent quotidiennement par l’étroit détroit qui sépare l’Iran de la péninsule arabique.

Ce détroit est vital pour les exportations d’Arabie saoudite, d’Irak, du Koweït, du Qatar et d’Iran. Toute perturbation, ou même la simple menace d’une telle perturbation, provoque généralement une forte hausse des prix du pétrole et des coûts d’assurance maritime. Bien que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis exploitent des oléoducs alternatifs contournant le détroit, les analystes soulignent que ces itinéraires ne peuvent absorber la totalité du volume de pétrole brut qui y transite habituellement.

L’histoire a déjà montré la sensibilité des marchés pétroliers aux conflits au Moyen-Orient. A titre d’exemple, pendant la guerre du Golfe (1990-1991), le prix du Brent a doublé, passant d’environ 15 dollars le baril en juillet 1990 à plus de 40 dollars en octobre, après l’invasion du Koweït par l’Irak. En revanche, lors de la guerre d’Irak de 2003, les prix ont connu une hausse moins marquée avant de se stabiliser une fois les craintes liées à l’approvisionnement apaisées. Depuis janvier, avec l’intensification des signes d’une possible confrontation entre les États-Unis et l’Iran, les marchés pétroliers ont connu une volatilité notable.

Le Nigéria, potentielle victime

La guerre pourrait affecter le Nigéria d’au moins quatre manières, notamment dans le secteur pétrolier. Alors que les États-Unis et Israël intensifient leurs actions militaires contre l’Iran, des analyses préviennent que les conséquences pourraient s’étendre bien au-delà du Moyen-Orient, avec des répercussions sur les marchés pétroliers mondiaux, l’inflation et le coût de la vie dans des pays comme le Nigeria.

Premier producteur de pétrole d’Afrique, le Nigéria traverse déjà une crise structurelle profonde caractérisée par une production historiquement basse (remontant à 1,5 million de barils/jour début 2026 contre 1,2 en 2022). Le pays connait des pénuries de carburant, une forte inflation et la dévaluation du Naira, la monnaie locale. Avec la crise en Iran, cette situation risque ne pas s’améliorer car le pays compense souvent ses pénuries par l’importation de l’or noir. 

Dans ce contexte incertain, de nombreux gouvernements africains suivent de près l’évolution du conflit. Car si la guerre se prolonge, ses ondes de choc économiques pourraient atteindre rapidement les ménages africains, rappelant combien la stabilité du Moyen-Orient demeure étroitement liée à celle des économies du continent. D’ailleurs, en République Démocratique du Congo, le gouvernement remue ciel et terre pour compenser la hausse des prix du carburant en offrant un manque à gagner aux pétroliers. Une nouvelle hausse des prix à l’échelle internationale pourrait bien impacter les finances du pays déjà essoufflées par les dépenses sécuritaires liées à la guerre dans l’Est de la RDC.

Heshima  

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

You cannot copy content of this page

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?