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Histoire

Les doctrines en Afrique

En fonction de son histoire et de ses réalités socio-économiques, l’Afrique a généré des doctrines qui peuvent d’une manière générale se caractériser par le communautarisme qui finira par devoir prendre le contrepied de celles provenant de l’extérieur, cherchant à s’imposer sur elle.

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De tout temps, chaque société en fonction des réalités vécues, érige une ou plusieurs doctrines qui se confrontent les unes aux autres. En tant qu’être pensant, l’homme élabore en effet un ensemble d’idées, d’opinions et des croyances issues de son environnement.

 Ainsi la doctrine est en mesure d’embrasser la globalité des facettes de la société en étant d’ordre politique, économique, philosophique, religieux, voire artistique…

Elle a ainsi pour visée de guider l’action ou d’aider à interpréter les faits. Dans cet ordre d’idées, partant d’un ensemble d’enseignement, elle finit par être admise par la plus grande frange de la société comme une vérité et son utilité se ressent au travers d’une idéologie qui conscientise les masses avec un impact plus ou moins conséquent.

Le défaut d’écriture caractéristique de l’Afrique, dont la primauté reconnue à l’oralité est notoire, donne à cerner ses doctrines originelles sous le prisme du communautarisme, legs de l’instinct grégaire qui caractérise le genre humain au sein de cet espace. Les valeurs en vigueur sont la solidarité et la recherche d’une forme relative d’égalité, car celle-ci n’est pas toujours de mise ainsi qu’une forme de démocratie à l’africaine qui se déroule sous l’arbre à palabres.

Dans cette conception du monde, l’existence d’un individu ne se conçoit pas en dehors de son appartenance à une communauté de manière endogène et homogène et ce, du point de vue ethnique, religieux, social, culturel. Pareille approche suppose qu’il y ait généralement peu d’oppositions et de liberté d’initiatives avec l’obligation de se soumettre à l’entendement commun.

Toutefois, la réalité du vécu historique de l’Afrique voit ce communautarisme être confronté aux doctrines des puissances extérieures envahissantes, voulant se prévaloir à tout prix sur lui, méconnaissant la valeur du mode de vie des populations, taxé (à tort) de sauvage.

Au regard de ce contexte historique, les doctrines africaines prônent dans leur ensemble la libération des peuples face aux puissances extérieures. Ces modes de pensées se répartissent pour l’essentiel en deux grandes catégories, à savoir d’une part l’affirmation culturelle et d’autre part le combat politique, la ligne de démarcation entre les deux n’étant pas nécessairement figée. Ces doctrines peuvent être la résultante d’un mouvement de pensée spontané, diffusé dans la globalité de la société comme elles peuvent être rattachées à un individu qui conscientise ses semblables.

Les doctrines identitaires

Pour ce qui concerne l’affirmation identitaire, elle consiste à faire valoir la culture intrinsèque d’une communauté par rapport à la doctrine étrangère qui chercherait à l’éliminer par la force ou de manière insidieuse.

C’est ainsi que dans un domaine déterminant comme la religion, présente dans la vie de l’homme, la doctrine est issue de la confrontation entre les croyances locales et celles importées. Sur ce point, la société africaine dans laquelle la connaissance d’un être supérieur est bien réelle se trouve envahie d’abord par la culture islamique surtout à l’Est et au Nord du continent, puis face à la culture religieuse judéo-chrétienne.

Si l’islam a su revêtir plus ou moins bien les couleurs locales, la religion chrétienne a fait l’objet, à certains endroits, d’une adaptation spécifique. A ce sujet, on peut citer comme cas emblématique le kimbanguisme, doctrine associée à son initiateur Simon Kimbangu. L’Eglise kimbanguiste, fondée le 6 avril 1921 – soit centenaire à ce jour -, se présente comme une église africaine chrétienne de type prophétique. La doctrine de cette église a pour support la Sainte Bible de laquelle est tirée la pratique des bonnes œuvres et l’amour du prochain. Cependant, pour elle Simon Kimbangu est proclamé Dieu le Saint-Esprit tandis que Jésus Christ considéré comme le Rédempteur de l’humanité est réincarné en la personne du fils du prophète Paul Salomon Dialungana Kiangani, dont la date de naissance le 25 mai est depuis 2000 adopté comme jour de Noël à la place du 25 décembre. Sa cité sainte est située à Nkamba dans la province du Kongo Central et elle est aussi appelée la Nouvelle Jérusalem.

Grâce à l’ampleur de cette doctrine, l’Eglise kimbanguiste prétend compter plus de 30 millions de fidèles à travers le monde.

Toujours sous l’angle de l’affirmation identitaire mais cette fois-ci sous un angle plus sociologique, on peut citer la doctrine de la négritude initiée par le président Léopold Sédar Senghor du Sénégal et le recours à l’authenticité prôné par le président Mobutu Sese Seko du Zaïre de l’époque. Ces doctrines se préoccupent au lendemain des indépendances de réussir la décolonisation culturelle et mentale des peuples africains, indispensable pour relever le pari du développement. Selon un style propre à chacune d’elles, les deux doctrines revendiquent la promotion des valeurs culturelles du Noir et l’africanité. La négritude penche plus sur une approche intellectualiste que sur les questions sociales. Le recours à l’authenticité porte parfois sur ce que d’aucuns jugeront comme des aspects superficiels, notamment le changement du nom du pays de « Congo » en « Zaïre » ou l’imposition du port vestimentaire des hommes à côté d’autres actions positives.

 Les doctrines de combat politique

Par contre, les doctrines à caractère socio-économique ou politique s’inscrivent dans le cadre du combat politique d’abord pour l’obtention de l’indépendance et ensuite, une fois celle-ci acquise, pour la consolidation de la souveraineté nationale. Ici aussi, l’Afrique dispose dès l’origine de sa formation, d’une doctrine qui se caractérise essentiellement par la spécificité de son communautarisme. Toutefois, l’oralité de la société africaine ne laisse pas de trace pour toujours approfondir davantage le contenu.

Il n’empêche que cette tradition communautaire va inspirer les doctrines modernes africaines lesquelles s’appuieront sur des théories comme le marxisme, surtout le maoïsme pratiqué en Chine, en raison de nombreuses similitudes avec ce pays entre autres par rapport à la ruralité en Afrique comme là-bas. Sous l’angle socio-économique le socialisme africain dominera la vie politique du continent.

 Ce terme comprend des doctrines politiques conçues par des dirigeants africains qui ont ainsi pris appui sur la tradition locale, parfois idéalisée, compilée avec les théories en vigueur dans les pays socialistes. En prolongement de l’esprit de solidarité africaine, ce socialisme se propose de s’étendre au-delà des différents pays du continent par la valorisation du panafricanisme. Ceux qui en seront les chantres sont en Afrique de l’Ouest, les présidents Léopold Sédar Senghor du Sénégal, Ahmed Sékou Touré de Guinée-Conakry, Kwame Nkrumah du Ghana tandis que la même doctrine se retrouve en Afrique de l’Est à l’instigation de Kenneth Kaunda de la Zambie et de Julius Nyerere de la Tanzanie dont le nom sera attaché à l’initiative des villages Ujamaa, genre de coopérative agricole signifiant fraternité en swahili.

Quelles que soient les approches de ces doctrines socio-économiques, elles espèrent atteindre le développement du continent en s’imposant face au système économique mondial jugé impérialiste et accusé de plomber sa progression.

 Malheureusement dans leur contenu, ces doctrines se distinguent par des méthodes autoritaires et bureaucratiques exercées sous le diktat d’un parti unique au sein duquel le culte de personnalité règne en faveur de son initiateur qui n’est autre que le chef de l’Etat, par ailleurs jaloux de son autonomie vis-à-vis de ses pairs africains qui recommandent le panafricanisme. Dans ces conditions, le décollage de l’Afrique n’est pas au rendez-vous. En réaction, de nouvelles doctrines, sans encore vraiment s’imposer jusqu’à présent, commencent à voir le jour, orientées vers une vision libérale. A leur tour, cette dernière qui encourage le volontarisme et l’entrepreneuriat, parce qu’elle a su faire ses preuves en Occident ne manquera certainement pas d’inspirer un nouveau courant d’idées adapté à l’Afrique afin d’entrevoir les possibilités de soutenir son progrès .

Noël NTETE

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Histoire

KIMPA VITA Miroir de la femme dans la lutte pour la promotion et le respect des droits de la femme congolaise.

« Entre sa lutte politique et ses croyances spirituelles, apparait clairement l’image d’une femme qui symbolise en tout et pour tout, la capacité de la femme congolaise qui inspirera des hommes et des femmes, au-delà même des limites de la terre Kongo. Par son courage et sa détermination face à l’oppression et à l’aliénation du colonisateur détracteur, la jeune fille, Kimpa Vita dite Dona BEATRIZ a pu mobiliser le pouvoir coutumier et conscientiser ses frères Kongo à revendiquer le respect des droits des autochtones et leur culture, modèle d’une lutte de la femme pour des droits les plus légitimes ».

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A partir du 15ème siècle, les grands royaumes puissants et prospères d’Afrique sont envahis par les Etats occidentaux. Les Africains reçoivent les pays de l’Occident dans la fraternité, mais celle-ci va engendrer l’esclavage, les massacres et les déportations des Noirs dans d’autres terres. Le grand Royaume Kongo en est aussi victime, il subit des divisions, des guerres civiles, pillages de ses ressources et surtout la chute occasionnée par la bataille d’Ambwila en 1665. En 1704, se lève une jeune femme pour lutter contre ces maux. Elle sera brûlée vive le 02 Juillet 1706 à Divulu, un village du Royaume Kongo, son nom c’est Kimpa Vita, la mère de la révolution africaine. Évoquer son nom, est synonyme de la résistance, facilement les combattants de la lutte politique et les activistes de droits humains congolais jurent sur son nom et revendiquent fièrement appartenir à son pays.

Ce n’est pas un excès moins encore un culte de la personnalité de croire aux exploits de Kimpa Vita, en tout cas, elle est jusqu’à présent le miroir pour toutes ces femmes et hommes engagés dans la lutte pour la promotion et le respect des droits de la femme, carrément l’émergence d’un État de droit, où les droits des uns et des autres sont respectés par tous. Il suffit de zoomer sur la situation de droits de la femme congolaise pour comprendre pourquoi, Kimpa Vita revient encore dans les débats, une injustice institutionnalisée, des hommes qui veulent tout avoir contre la femme.

La femme et son temps

Née entre 1684 et 1686 à Mbanza Kongo (NordOuest de l’Angola), Kimpa Vita est morte le 2 juillet 1706, prophétesse Kongo originaire de l’ethnie Esikongo (dit San Salvador par les Portugais), elle est fondatrice et dirigeante du mouvement antonianiste, qui lutta pour le retour au monothéisme Kongo, et contre la traite négrière qui sévissait au sein du royaume Kongo. Visionnaire, elle prêchait l’unité du royaume et la restauration de sa grandeur, et militait pour conduire le peuple et relever les ruines de la capitale, qui était occupé par des rebelles. 

En 1703-1704, elle entreprit, sur le plan politique, une campagne pour le retour dans la capitale du Mani Kongo, le Roi Pedro IV. Elle appela au rétablissement de l’unité du royaume et à la restauration de Sao Salvador. Elle ne souhaitait pas que son peuple dépende des puissances coloniales, en proie à l’anarchie, au pillage et au dépeuplement de la population kongo par la traite des noirs. Elle annonçait l’avènement des temps nouveaux et le retour à l’âge d’or du royaume kongo.

Nous aussi, nous avons des saints au Kongo. Les blancs ont blanchi Dieu pour leur profit mais un nouveau royaume va naître et il faudra reconstruire la ville, relever les maisons.

Les Blancs sont nés de la pierre de savon et les Noirs d’une sorte de figuier », affirme-t-elle face au racisme des colonisateurs. Selon elle, la parole de Saint Antoine peut redonner vie aux racines de ce figuier. Consciencieusement, la situation de droit de la femme en Rdc est comparable aux affres de la colonisation, et mérite une lutte aussi engagée des hommes que des femmes à l’image de la lutte de Kimpa Vita. Pour le Dr Mukwege, la promotion de droits de la femme, exige des sacrifices, parfois même suprême, car dit-il le combat est encore loin d’être gagné, et tant que la parité homme-femme ne sera pas une réalité en Rdc, il y aura donc des Kimpa Vita qui se lèveront et qui revendiqueront justice.

Une allure élancée, une prestance de sainte et « de si grands yeux » … C’est ainsi qu’est décrite au début du XVIIIe siècle, Kimpa Vita, grande prophétesse du Kongo, par les missionnaires européens, si les écrits à son sujet sont si nombreux, « c’est qu’elle inquiète beaucoup les colons portugais et l’inquisition, suffisamment, même, pour qu’on veuille la tuer », précise l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch.

L’héroïne et ses combats

Vita est une Nganga Marinda, c’est à dire une prêtresse traditionnelle ou initiée de la société secrète « Kimpasi». Elle y avait été initiée très jeune mais avait décidé d’abandonner la pratique. La société Kimpasi avait pour mission de délivrer les gens des forces du mal à travers des cérémonies d’exorcisme. Pour les missionnaires, cette société était une secte de sorcellerie, et la plupart de ses temples qui se trouvaient dans les forets ont été détruits par les Capucins. Inversement, pour les membres de la société Kimpasi, les prêtres capucins étaient des sorciers.

Kimpa Vita commença par prêcher sur le mont Kibangou, la montagne sacrée, et osa ensuite se présenter en personne au palais royal pour demander au Roi Pedro IV de se joindre à elle pour pouvoir prier le « vrai Jésus » afin de restaurer le royaume alors saccagé par la guerre. Un témoignage raconte qu’au passage de la jeune femme des arbres tordus ou à terre se sont redressés et que les portes du palais se sont ouvertes elles-mêmes, comme repoussées par des mains invisibles. 

Statue de Kimpa Vita en Angola

Kimpa Vita leur disait : « Nous aussi, nous avons des saints au Kongo. Les Blancs ont blanchi Dieu pour leur profit mais un nouveau royaume va naître et il faudra reconstruire la ville, relever les maisons ».

Selon Kimpa, le Kongo est la terre sainte, les pères de l’Eglise sont en réalité des Africains et St Antoine est le plus important de tous les saints, il est le patron des humbles et des démunis. Selon elle, l’histoire de l’église est une histoire africaine.

Kimpa Vita était toujours entourée d’une grande foule pour suivre ses prophéties, en dehors de son image mystico-religieux, Kimpa Vita était décidée à restaurer le Royaume Kongo et son message était un cri qu’elle appelait « M’lolo » pour le rassemblement et pour la renaissance du royaume. Selon elle, l’homme blanc était originaire d’une pierre en argile appelée « Fuma » en kikongo, et les hommes noirs sont originaires d’un arbre appelé « Munsanda ». L’arbre et la forêt sont des symboles du monde invisible, et les esprits des ancêtres vivent dans des lacs et les océans, on les appelle des « Nsimbi ».

La renommée de Kimpa Vita menaçait celle des missionnaires, elle était devenue une menace considérable qui risquait de conduire à la chute de l’Eglise et compromettre le projet des colons, ses enseignements conduisaient à la défaite de la théologie chrétienne et donc à la perte de contrôle du royaume par les missionnaires. Il fallait trouver une astuce pour l’éliminer. Le conseil royal sous la présidence de Dom Bernardo, prononcera la sentence de mort contre Kimpa Vita pour hérésie, crime de nature religieuse et mensonges, après un procès monté de toute pièce par les Capucins. Elle fut conduite sur un grand bucher et fut exécutée le 2 juillet 1706, Des rumeurs circulaient et annonçaient que Kimpa Vita devait se réincarner quelque part au Kongo.

Après sa mort, beaucoup de prisonniers du Royaume Kongo, qui étaient vendus comme esclaves ont été libérés grâce à elle. Les idéaux de Kimpa dominent plusieurs religions Sud-Américaines. Elle a inspiré plusieurs mouvements nationalistes dans le pays et au-delà des frontières du Kongo, le mouvement antoinisme subit une véritable répression et ses adeptes furent réduits en esclavage. Telles des graines semées au gré des vents lugubres de la déportation en Amérique, ils ont diffusé la foi émancipatrice portée par celle qui fut un espoir, et une inspiration pour tout un continent.

Olyncia Kashema

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Histoire

Union sacrée : toute une histoire !

La formule de la coalition adoptée à la suite des dernières élections de 2018 en RDC a fini par conduire à l’évidence de son impossibilité. L’Union sacrée de la Nation issue de sa dislocation remet au goût du jour une notion politique présente dans l’Histoire, à l’étranger comme en RDC.

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A moins d’évoluer dans un contexte monolithique, la vie politique se caractérise généralement par l’existence de différentes tendances d’ordre idéologique, religieux, socio-économique au point où il arrive qu’en situation ultime que des forces jusque-là centrifuges estiment devoir transcender leur adversité pour s’unir en un sursaut afin de se solidariser face à une cause commune, dans un élan patriotique. Ce rapprochement peut porter différentes dénominations, mais l’une de celle qui a marqué l’Histoire est « l’Union sacrée ».

Président de la République Félix-Antoine TSHISEKEDI,
en échange avec Lambert MENDE et Thierry MONSENEPWO

Un exemple lointain

Cette expression apparait en France à l’époque du déclenchement de la Première Guerre Mondiale de 1914-1918. C’est en effet le 4 août 1914, que le président de la République française d’alors, Raymond Poincaré utilise pour la première fois ce vocable lors d’un discours à la Chambre des députés au lendemain de la déclaration de guerre de l’Allemagne contre la France. Ce mouvement consiste en l’union de la gauche au programme du gouvernement, essentiellement de droite pour contrer l’imminente attaque allemande. En ces circonstances, l’Union Sacrée française parvient à réussir la mobilisation des Français et regroupe les socialistes et les catholiques, partis politiques et syndicats affiliés : les travailleurs abandonnent tout mouvement de grève et de revendication pour se rallier à la « Patrie en danger » et 25.000 prêtres et séminaristes acceptent de revêtir l’uniforme pour livrer la guerre.

Président de la République Félix-Antoine TSHISEKEDI,
en conversation avec Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi, deux ténors de l’opposition


A l’identique de la France, les autres pays en guerre unissent également en leur sein leurs différentes forces politiques et sociales que ce soit parmi les alliés comme l’Angleterre ou les ennemis comme l’Allemagne. Toutefois, l’usure des combats et les privations subies favorisent la résurgence des clans politiques sans compter la survenance dans l’entre-temps de la révolution Russe en 1917, l’Union Sacrée se dégrade : les socialistes refusent désormais de participer au gouvernement, car pour eux l’alliance consacrée ne soutient pas les intérêts des travailleurs et que la guerre ne sert que l’impérialisme au détriment de l’Internationale Socialiste. L’Union Sacrée prend ainsi fin en 1919. Depuis, la France ne parvient plus à rééditer pareille formule, contrairement à l’Italie ou l’Allemagne plus récemment dans une certaine mesure.

 Union sacrée de l’opposition radicale

Connue au préalable sous le nom de l’Union sacrée de l’opposition radicale (USOR), ce mouvement est l’un des acteurs majeurs des multiples péripéties de l’histoire politique mouvementée du Congo (à l’époque Zaïre) au cours de laquelle l’opposition a systématiquement était confrontée aux manœuvres du camp de Mobutu et de tensions internes. Cette alliance est née le 17 juin 1991 par le regroupement de l’UDPS, de l’UFERI et du PDSC et représente une plate-forme politique de l’opposition radicale dans le contexte du nouveau pluralisme instauré à partir du 24 avril 1990, date de la fin du MPR, Parti-Etat. Elle a pour objet de contrer les velléités de la Mouvance présidentielle de Mobutu, lequel malgré avoir lâché du lest essaie de se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Une des pierres d’achoppement entre les deux camps porte notamment sur le fait d’accorder ou non la souveraineté à la Conférence nationale chargée de débattre et de concrétiser les options de l’installation de la 3ème République. Les ténors de l’USOR obtiennent finalement gain de cause, car la Conférence nationale souveraine (CNS) s’ouvre le 7 août 1991. De plus, une autre revendication de l’USOR consistant à ce que la CNS installe un parlement de transition et accouche d’un gouvernement est acquise : le 15 août de l’année suivante, en dépit des tergiversations de Mobutu, Etienne Tshisekedi, face à ses adversaires, est porté à la tête du gouvernement issu de la CNS en qualité de Premier ministre de la Transition avec un suffrage de 71% de voix, et ce, dans la liesse populaire. En août 1992, la CNS met en place un corps législatif de transition – le Haut Conseil de la République (HCR)- composé de 453 membres et favorable à Etienne Tshisekedi.

Usor à ses débuts : de gauche à droite NGOMA (DCF), Joseph ILEO (PDSC), Etienne TSHISEKEDI (UDPS) et Jean NGUZ (UFERI)

Cependant, à la suite des pillages intervenus dans le pays en janvier 1993, Mobutu met en terme à ce corps législatif et réhabilite l’Assemblée nationale entièrement à sa solde et nomme Faustin Birindwa, un transfuge de l’UDPS, comme Premier ministre. Devant le désaveu populaire et international porté sur ce gouvernement, Mobutu entame des négociations avec l’Union Sacrée de l’Opposition radicale qui se voit élargie à des alliés pour désormais donner naissance à l’USORAL.

Ces tractations débouchent sur le partage du pouvoir entre les Forces Politiques du Conclave (FPC) et l’USORAL, l’unification de l’Assemblée nationale et le HCR, qui instaure l’avènement du Haut Conseil de la République – Parlement de Transition, HCRPT en sigle. Cette institution de 738 membres se trouve sous le contrôle de Mobutu, bien que l’opposition dispose de la latitude d’y nommer le gouvernement.

Pour consolider cet accord, les parties adoptent le 9 avril 1994, l’Acte Constitutionnel de la Transition, charte du HCR-PT. L’opposition est néanmoins divisée dans le choix du Premier ministre. En définitive, Léon Kengo, soutenu par les Mobutistes, est élu par 332 voix alors que les partisans d’Etienne Tshisekedi boycottent le vote. Sous les coups de butoir de l’AFDL, Mobutu nomme Etienne Tshisekedi comme Premier ministre en avril 1997. 

« Par Union Sacrée, j’entends une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation. « 


Son mandat n’est toutefois que de cinq jours, car le nouveau Premier ministre déclare ne pas reconnaître le HCR-PT dans la mesure où le pays n’est pas gouverné par l’Acte Constitutionnel de la Transition mais plutôt par l’Acte tiré de la CNS portant dispositions constitutionnelles pour la période de transition. Il précise par ailleurs que son gouvernement en gestation ne comprendra pas des ministres de la famille politique de Mobutu ni ceux de l’opposition modérée. Sur ces entrefaites, à l’exclusion des pro-Tshisekedi, l’USORAL et le FPC désavouent Tshisekedi : ils enclenchent la procédure de sa destitution alors que l’entrée de l’AFDL à Kinshasa vient modifier le parcours de la vie politique et mettre littéralement fin à l’existence formelle de l’USORAL.

Union sacrée pour l’alternance

 Reprenant à son compte cette expression une frange de l’opposition politique s’est distinguée dans un épisode de l’histoire politique congolaise par la création de l’Union sacrée pour l’alternance (USA). Cette formation voit le jour le 20 août 2011 et regroupe des partis, personnalités politiques et mouvements associatifs. Le but poursuivi est de fédérer les forces de l’opposition institutionnelle plurielle face à la Majorité en affrontant en ordre utile les scrutins électoraux et en se montrant plus efficace que l’Union pour la Nation (UN), la première plate-forme de l’opposition qui avait appuyé la candidature de Jean-Pierre Bemba contre celle de Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2006.

Pour ses initiateurs, pareille stratégie aurait le mérite de s’assurer d’une alternance et contrer toute dérive totalitaire, gage d’une véritable démocratie. Dans cet ordre d’idées, ne serait-on pas tenté de juger du caractère éphémère et circonstanciel sinon opportuniste de ce regroupement ?

Union sacrée de la Nation

Proclamée dans l’euphorie de la première passation pacifique du pouvoir à la suite des dernières élections de 2018 en RDC, la coalition FCC-CACH s’est imposée dans le paysage politique congolais. Les résultats ayant en effet donné lieu à la victoire d’un Président de la République issu de l’opposition contre une majorité parlementaire à l’ancien régime, cette option s’est avérée évidente en lieu et place d’une cohabitation, certainement difficile à gérer. Cependant, la formule de la coalition, bien qu’effective, a vite montré ses limites. Le 23 octobre 2020, vivement déçu de son fonctionnement, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi annonce la tenue de larges consultations auprès des représentants des différentes forces politiques et sociales du pays.

Ayant tâté le pouls du Congo dans sa diversité, le président de la République en est arrivé à la conclusion de « faire porter le grand projet de refondation du pays, au sein d’Union Sacrée de la Nation.» Et de préciser : « Par Union Sacrée, j’entends une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation. (…) » en adhérant aux principes, valeurs et cadre programmatique largement énuméré à travers les multiples facettes de la vie sociale dans « un sursaut démocratique ».

 Le descendant biologique et politique d’Etienne Tshisekedi agissant pratiquement sur ce même registre aurait-il été inspiré par lui ? La réussite de ce défi qui passe par la constitution d’une majorité parlementaire et d’un gouvernement acquis à sa cause ne manquera pas à son héritier de le plonger dans les enseignements de la riche et tumultueuse histoire politique congolaise afin d’en tirer les dividendes, profitables à la population. Désormais, l’opinion nationale et internationale est en tout cas suspendue au parcours de cette nouvelle dynamique politique dont l’avenir donnera la lecture de l’évolution.

 Noël NTETE

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Histoire

Le Grand Kivu

Région réputée dans son ensemble pour être un paradis sur terre, le Grand Kivu a malheureusement été secoué au cours de son histoire par des conflits récurrents, conséquence de la convoitise sur ses nombreux atouts et richesses.

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Situé dans la partie Est de la RDC, le Grand Kivu regroupe aujourd’hui les provinces du Maniema, du Nord-Kivu et Sud-Kivu.  Cet ensemble totalise un peu plus de 256.863 km² soit une superficie cinq fois plus grande que le Rwanda où vivent environ 12 millions d’habitants.  Il a pour pays limitrophes, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie.

Dès la période préhistorique, cet espace est occupé par différents peuples qui s’y implantent et constituent  des royaumes plus ou moins organisés, plus ou moins homogènes, plus ou moins conquérants, à la tête desquels sont placés des Mwami.

En faisant correspondre ces différentes entités aux provinces actuelles, on retrouve dans le Maniema le royaume de l’Urega des peuples Lega ou Rega qui est considéré comme le plus vaste de tous ces Etats de la région, se déployant  jusqu’au Sud-Kivu dans les territoires de Mwenga, Shabunda. Pour sa part, les Bavira installent leur pouvoir à partir du sud du Maniema.

Au Nord-Kivu, le royaume confédéral des Bayira peuplé des Banande est localisé dans le nord de la province dans les territoires de Beni et Lubero ainsi qu’à Butembo, tandis que la confédération des Bahunde regroupant trois royaumes à savoir celui du Bwito, du Bunyungu et du Kishali s’étend sur les territoires de Masisi, Rutshuru, Goma jusqu’à empiéter dans une partie du Rwanda.  Quant au royaume des Banyanga, il couvre le territoire de Walikale.

Dans la province du Sud-Kivu, le royaume le plus remarquable est celui des Bashis dont l’espace englobe les territoires de Kabare, de Walungu, une partie de Mwenga (villes de Bukavu et Kamituga) et de l’île d’Idjwi, après que ce puissant Etat guerrier s’imposa sur ses vassaux dont le royaume du Buhavu, jusqu’à aller envahir le Rwanda jusqu’aux confis de Kigali.

Parmi les autres Etats ayant évolué dans ce qui représente l’actuelle province du Sud-Kivu, on peut citer le royaume des Babembe aux abords des rives du lac Tanganyika, celui des Bafuleros dans le territoire d’Uvira.

Pour ces peuples agro-pastoraux venant du sud-est africain qui se sont imposés sur les Pygmées, les verts pâturages de ces régions montagneuses et ainsi que le climat d’altitude aux basses températures sont propices pour l’élevage de leur bétail de bovins et caprins, expression par excellence de leur richesse.  De même, l’agriculture bénéficie de la fertilité des sols volcaniques.

Les invasions extérieures

Tout au long de son histoire, la région du Grand Kivu est l’objet d’invasions extérieures de la part des  forces désireuses d’étendre leur puissance et s’accaparer de ses richesses. Le Maniema de par sa situation géographique centrale en RDC joue à ce titre un rôle historique majeur.

Il commence d’abord par subir l’occupation arabo-swahilie dès le milieu du 19ème siècle qui est le fait de commerçants provenant de la côte orientale de l’Afrique, au départ de Zanzibar, à la recherche d’ivoire, d’ébène et d’esclaves pour approvisionner les marchés asiatiques. 

Ceux-ci s’installent à Nyangwe dans le territoire de Kasongo.  Ils en font le principal marché des esclaves du Maniema.  Et les vestiges de cette période de l’histoire sont d’ailleurs encore visibles à ce jour.

Le plus puissant et le plus célèbre d’entre eux, Tippo-Tip y opère des razzias et parvient à placer sous sa coupe de vastes domaines. Son pouvoir s’exerce ainsi du lac Tanganyika à la forêt de l’Ituri, dans une partie du Grand Kivu jusqu’au-delà de Kisangani, voire dans une partie du Kasaï.  

Parallèlement à cette invasion, un mouvement d’exploration en provenance d’Europe s’effectue à l’initiative de Léopold II, roi des Belges et atteint la contrée.  Les explorateurs occidentaux en quête des sources du Nil découvrent le lac Edouard en 1889, puis le lac Kivu en 1894.

Stanley, mandataire de Léopold II rentre en contact avec Tippo-Tip.  Celui-ci l’aide à explorer la région et se fait nommer « wali »,  c’est-à-dire gouverneur du Maniema pour le compte de l’Etat Indépendant du Congo (EIC).

Toutefois, cette relation prend fin à l’occasion de la campagne antiesclavagiste menée contre les arabo-swahilis qui se voient obligés de regagner leur lieu d’origine.  Léopold II débute alors la mise en valeur de la province pour tirer profit de ses richesses minières et agricoles, en construisant notamment le chemin de fer au Maniema pour assurer la liaison avec Kisangani (Stanleyville) sur le tronçon non navigable du Lualaba, et ainsi assurer la jonction avec Kinshasa (Léopoldville) par voie fluviale pour l’évacuation des denrées et minerais  d’une part et d’autre part, l’acheminement des produits manufacturés.

Afin d’affermir son autorité, le pouvoir colonial modifie administrativement les différents royaumes rencontrés sur place en réduisant leur étendue en chefferies et en déstabilisant leur organisation traditionnelle.

Après que le Ruanda-Urundi est placé sous mandat belge à la suite de la défaite de l’Allemagne lors de la Première guerre mondiale de 1914-1918, le colonisateur transplante des populations rwandaises au Congo.  Ce mouvement migratoire se justifie pour donner refuge à des individus confrontés à la famine et aux conflits ethniques internes opposant Hutus et Tutsis.

D’une manière générale, cette immigration rwandaise est acceptée, sinon tolérée par les populations du Kivu.  Les nouveaux venus accèdent aisément à des postes de responsabilité dans diverses activités socio-professionnelles voire exceptionnellement à des fonctions du pouvoir coutumier.

Devant la résistance rencontrée auprès des souverains locaux réfractaires à ce diktat, le pouvoir colonial procède à leur relégation.  Ainsi en est-il, entre autres, du Mwami de Kabare Alexandre Rugemanizi Ier  qui se voit confiné à Léopoldville (Kinshasa) vers 1935.

Cependant en 1959, à l’issue de la victoire des Hutus aux élections intervenues au Rwanda,  on assiste à une arrivée massive des réfugiés Tutsis au Congo sous l’encadrement de l’Organisation des Nations Unies au Congo (ONUC) dans des camps dressés pour ceux-ci.  Ils sont tout de suite accusés par les différentes institutions humanitaires (HCR, Croix-Rouge, ONUC) qui les prennent en charge  d’user d’intrigues contrairement au devoir de réserve auquel ils sont tenus vis-à-vis du pays d’accueil.

Indépendance et déliquescence de l’Etat congolais

Dès le lendemain de la proclamation de l’indépendance, les réfugiés Tutsis sont de plus en plus suspectés de fomenter un plan d’occupation et d’annexion du Kivu par le Rwanda en s’installant progressivement de manière insidieuse dans cette aire.

En 1963, le Grand Kivu à côté d’autres endroits du pays est le théâtre de la rébellion des Simbas  qui enflamment le Congo et occupent pratiquement les ¾ de la République.  Cette rébellion dirigée par les partisans de Lumumba qui a perdu illégalement le pouvoir en 1961, comprend plusieurs factions lesquelles  interviennent en divers fronts, que ce soit à la frontière burundo-congolaise, au Nord-Kivu, dans la ville stratégique de Kindu… Elle se termine après que son dernier bastion situé à Bukavu est vaincu en novembre 1965.

Au même moment, les Tutsis revendiquent en 1964, l’acquisition automatique de la nationalité congolaise par la force donnant lieu à des affrontements sanglants qui prennent fin en 1965.

En 1972, les revendications des populations rwandophones installées au Kivu avant l’indépendance aboutissent en leur faveur : grâce à des complicités internes, une loi leur accorde de façon automatique et collective la nationalité congolaise.   Elle leur assure l’accession à la terre et le droit électoral. 

Cette nouvelle disposition légale attise des vives tensions intercommunautaires.  Dans l’entretemps, les réfugiés Tutsis s’octroient abusivement l’identité ethnique Banyamulenge.   Les ethnologues Congolais dénoncent cette usurpation car l’espace appartient aux Bafuleros, un peuple autochtone, dont un des descendants de leurs rois nommé Mulenge ayant résidé sur le plateau éponyme l’avait baptisé et l’emplacement avait servi de camp d’accueil aux Tutsis lors de leur fuite du Rwanda en 1959. 

Devant les multiples tensions aiguisées par ces conflits intercommunautaires, le pouvoir congolais de l’époque se rétracte  dix ans plus tard.  En 1982, en effet, l’Assemblée nationale abroge la loi sur la nationalité, cette fois-ci conférée par naturalisation à la demande expresse du requérant.  La réaction est brutale : les bureaux de l’état-civil sont sauvagement saccagés afin de détruire les archives et empêcher d’appliquer comme il se doit la nouvelle loi.

Dans ce climat délétère, un génocide a lieu au Rwanda causé par les Hutus que le pouvoir tutsi parvient cependant à chasser du pays.  En 1994, un afflux massif de plus d’un million de réfugiés Hutus se déroule alors en RDC, exacerbant les tensions ethniques, démographiques et foncières dans le Kivu. Cette date marque un tournant décisif de l’histoire du Grand Kivu et bien sûr de tout le pays.

Il s’ensuit une alliance régionale, où l’on retrouve l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et d’autres pays de l’Est, à la faveur de laquelle Laurent-Désiré Kabila, à la tête de l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération (AFDL), renverse le régime de Mobutu.

La  région s’embrase, chacun des acteurs justifiant son implication dans le conflit.  La nouvelle armée rwandaise victorieuse contre le régime hutu, désormais majoritairement constituée de Tutsis, instaure une politique de poursuite contre leurs ennemis génocidaires et envahit le Kivu pour les traquer.

Des massacres des Hutus adviennent dans les camps des réfugiés au Congo ainsi que sur des populations congolaises opposées à l’occupation rwandaise.

Pour leur part, les rebelles hutus rwandais appelés, miliciens Interahamwe, constituent les Forces Démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement politico-militaire et commettent également de nombreuses atrocités au Kivu.

Le bilan se chiffre par un effroyable génocide de plus de 5 millions de morts dont la RDC  est l’innocente victime avec le déplacement forcé de près de 2 millions de Congolais dans les pays voisins (Burundi, Ouganda, Tanzanie, Zambie), à travers des événements gravés de manière tristement mémorable dans l’histoire comme les massacres de Kasika (24.08.1998), de Makobola (30.12.1998), Katogota (14.05.2000) et bien d’autres…

L’armée nationale congolaise, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) précédemment affaiblie, se requinque et ne cesse de gagner des positions année après année. Pendant ce temps, elle doit faire face à la rébellion des LRA (Armée de résistance du Seigneur)  et Forces démocratiques alliées- Armée de libération de l’Ouganda (ADF-NALU) en provenance de l’Ouganda. 

Un mouvement de résistants patriotes dénommé « Maï-Maï » sous divers embranchements appuie dans la mesure du possible le combat des FARDC sur ses différents fronts.

Il n’empêche, sentant en permanence le danger sur son flanc ouest, le Rwanda n’a de cesse d’alimenter des mouvements agissant sous le prétexte de la protection de la minorité tutsie prétendument persécutée, par ailleurs soi-disant de nationalité congolaise : c’est ainsi qu’après le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui prend les armes le 2 août 1998, c’est au tour du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui prend le relais entre 2007 et 2009 et sa résurgence du M 23.

A chaque fois, c’est la population kivutienne dans son ensemble qui est directement sous les feux croisés de ces antagonismes et paie le lourd tribut avec son lot de désolation pour la vie humaine et socio-économique pendant que tous les protagonistes de ce sombre épisode sont accusés de l’entretenir pour cause d’enrichissement illicite des richesses trouvées sur place.  A ces souffrances infligées par les conflits armées, s’ajoutent parfois des catastrophes naturelles comme l’irruption volcanique intervenue à Goma en 2002 avec son lot de dégâts.

Demain le Grand Kivu

Alors que tout au long de son histoire, le Grand Kivu a toujours su sauvegarder sa souveraineté contre les velléités d’envahissement des Rwandais, la déliquescence de l’Etat congolais consécutive à plusieurs décennies de mégestion leur offre apparemment la possibilité d’y parvenir par plusieurs tentatives des coups de butoir assénés à la RDC, dénoncés régulièrement par des manœuvres insidieuses de balkanisation.

A chaque fois, ces hostilités récurrentes, latentes ou bel et bien manifestes, trouvent leur fondement dans la position de carrefour stratégique du Grand Kivu coincé entre l’Est, le Sud (Grand Katanga), le Nord (Grande Orientale) et l’Ouest (Grand Kasaï) qui en a souvent fait le lieu de transit obligé des antagonismes et de conquête du pouvoir établi à Kinshasa.

Les mobiles s’entremêlent avec toujours l’ombre omniprésente du Rwanda : rivalités ethniques et volonté d’assujettissement, appétits fonciers consécutifs au besoin de l’élargissement de l’espace vital crucial dans une terre riche, exploitation des minerais de la région qui en est abondamment pourvue entre autres le coltan…

Néanmoins,  le patriotisme de la population attachée à la cohésion nationale, le contexte démocratique et la détermination au redressement du pays sous la vigilance de l’ensemble des citoyens Congolais, sans compter la contribution de la justice internationale, augurent à terme, en dépit des soubresauts observés, d’un Grand Kivu pacifié au sein de la RDC, appelé à relever le défi qui est le sien d’être la connexion entre la partie Est de l’Afrique et de l’Océan Indien et la partie Ouest du pays dans un contexte panafricain de développement.    

Noël Ntete

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