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Culture

Nzinga Nkuvu

Au cours de la riche et passionnante histoire du Royaume Kongo, il ne fait l’ombre d’un doute que Nzinga Nkuvu est l’un des rois dont le règne est parmi les plus marquants.

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A la suite des vagues migratoires successives des peuples Bantous dont l’origine se localise au nordouest de l’Afrique, plus précisément du Nigeria, chassent les Pygmées qui occupent entre autres la partie centrale du continent.

 L’un de ces peuples est le peuple Kongo qui va donner naissance au Royaume qui portera son nom. La constitution du Royaume Kongo se situe dès le 14ème siècle. Il s’étend dès la fin du siècle suivant, sur l’ensemble de l’actuelle province du Kongo Central de la République Démocratique du Congo, une grande partie du nord de l’Angola jusqu’au fleuve Kwanza, une partie de Kinshasa et du Bandundu à la limite de la rivière Kwango, ainsi que d’une partie de la République du Congo et du Gabon. Le pouvoir du Royaume Kongo s’exerce à MbanzaKongo (San Salvador en Angola). Le fondateur de ce royaume est Nimi a Lukeni. Il est également nommé Ntinu Wene, littéralement le grand Roi Wene. Il lègue son pouvoir de souverain à ses successeurs qui portent le titre de Mani Kongo ou Ntinu.

Le Royaume à l’époque de Nzinga Nkuvu !

Né en 1440, Nzinga Nkuvu est connu au départ dans l’exercice de fonction de gouverneur de la province de Nsundi et de Nzaza Vumbi, terre des Batékés qui correspond à la partie sud du Congo-Brazzaville et au plateau des Batéké. Doté d’une remarquable expérience militaire qui l’impose sur le trône, succède à son père Nkuvu a Ntinu et règne à MbanzaKongo (littéralement ville du Kongo), la capitale du Royaume.

En cette période, le Royaume vit ses premières relations avec le monde occidental. C’est en effet l’époque des conquistadores de la péninsule ibérique qui se lancent à l’aventure à travers le monde grâce aux progrès des moyens de transport maritimes. Ceux-ci sont en quête des richesses pour leurs royaumes respectifs que regorgent ses terres qui sont nouvelles pour eux. En ces circonstances, Diégo Câo, navigateur portugais arrive à l’embouchure du fleuve Congo en 1482 pratiquement à hauteur de Matadi où il y marquera son passage en le gravant sur une stèle encore visible aujourd’hui. L’explorateur portugais séjourne une année dans la cour de Nzinga Nkuvu.

Diégo Câo est vivement impressionné par les renseignements obtenus sur ce royaume qu’il découvre. Le Roi Nzinga Nkuvu exerce son pouvoir sur un vaste territoire où vit le peuple Kongo composé de plusieurs tribus. Ce royaume est organisé en six provinces, chacune d’elles revêtue d’attributions spécifiques pour son bon fonctionnement. La province Mpemba est située au centre du royaume et est le fief du Roi et de la noblesse : elle représente pratiquement le territoire actuel de Songololo. La province de Soyo est celle du berceau des Princes tandis que celle de Mbamba est placée sous la responsabilité du chef de l’armée : les deux sont localisées dans l’Angola d’aujourd’hui. La province de Mbata est dirigée par le grand Electeur qui organise l’ordre successoral au sein de l’Etat de même qu’il joue le rôle d’un super ministre de l’Intérieur en charge des provinces : elle constitue la région actuelle de Mfidi, Kinkosi-Luidi, Kimvula au sud-est du Kongo Central; ; celle de Mpangu, englobant le district de la Lukaya et une partie de la ville de Kinshasa, s’occupe de l’information. Quant à la province du Nsundi, elle est dirigée par le Mani Nsundi, le successeur présomptif : il s’agit de la partie des Cataractes, de Luozi, et du sud du Congo-Brazaville.

A ces provinces, s’ajoutent des seigneuries vassales de Loango, Kakongo et Ngoyo qui firent preuve d’autonomie. Dans les années qui suivent, grâce aux alliances scellées avec les Portugais mettant à sa disposition un armement moderne, le roi agrandit son royaume jusqu’à Mpumbu l’actuel Kinshasa et même au sud du royaume jusqu’au désert du Kalahari en annexant au passage les royaumes de Ndongo et Matamba, composantes de l’Angola d’aujourhui.

 A son tour, faisant preuve d’esprit d’ouverture au monde, Nzinga Nkuvu, au retour de Diégo Câo, délègue à Lisbonne quelques aristocrates de Soyo. Diégo Câo retourne au Congo avec eux en 1485. Ils rapportent avec émerveillement tous ce qu’ils ont pu voir au cours de leur voyage.

Nzinga Nkuvu trouve là l’occasion de nouer des liens de coopération avec  le Portugal et à l’occasion d’un autre voyage qui a lieu en 1487, Diégo Câo facilite l’échange d’ambassadeurs entre le Portugal et le Congo. A partir de ces liens de coopération, Nzinga Nkuvu obtient la construction d’édifices par la venue d’artisans dont il apprit l’existence au Portugal. De même, il envoie d’autres enfants de l’aristocratie kongo en formation au Portugal dans les langues (portugais, latin) et les sciences (physique, maths) et la théologie. Des accords commerciaux sont aussi signés et le Roi autorise l’installation des comptoirs de commerce dans le royaume.

Puis en 1490, une importante ambassade portugaise accompagnée de missionnaires catholiques s’établit à Mbanza Kongo, la capitale du Congo. Le Roi décide de se convertir à la religion catholique et le 3 mai 1491, lui et sa famille sont baptisés sous le nom de NdoNzau ou Joâo 1er do Kongo (Jean 1er du Kongo) à l’identique de son homologue Don Joâo dont il se considère être le frère. La capitale est également rebaptisée São Salvador.

 De ce fait, le nom de Nzinga Nkuvu s’inscrit dans l’histoire comme le premier roi Kongo connu en Occident qui l’a mieux fait connaître le royaume à leurs yeux d’une part et d’autre part à faire connaitre à ses sujets l’existence d’un nouveau monde. Il est également le premier roi de ce royaume à se convertir au catholicisme en se faisant baptiser par les prêtres portugais. Grâce à ses rapports bilatéraux pacifiés, une partie de l’histoire du Congo bénéficie de traces à travers des archives et objets consignés en Occident.

Toutefois, le Mani Kongo finit deux ans après sa conversion au christianisme par y renoncer pour revenir au paganisme, lui et son neveu Mpanzu, fils de sa soeur et héritier présomptif dans le cadre du matriarcat et ce, malgré le refus de la reine-mère. Ses motivations sont politiques car la présence occidentale empiète sur son pouvoir et par exemple l’interdiction de la polygamie l’empêche de conclure des alliances par l’entremise de mariages avec des femmes des futurs alliés.

Des tensions prennent de l’ampleur entre pro catholiques sous la direction de son fils Nzinga Mvemba baptisé sous le nom de NdoFunsu Alfonso et opposants à ce mouvement. Pour neutraliser le premier groupe, le roi éloigne son fils de la capitale en le nommant gouverneur de Nsundi. A la mort de son père en juin 1506, celui-ci s’empare du pouvoir au détriment de son frère qui est tué à l’issue d’une guerre civile.

Le legs de Nzinga Nkuvu !

Bien qu’ayant renoncé au catholicisme, son premier engagement a laissé des marques profondes dans le royaume. Son second fils monté au trône en consolidant sa foi, avant sa défection, renforce l’emprise portugaise au Kongo. Un autre fils de Nzinga Nkuvu, Don Henrique Ntinu Mvemba né à Mbanza Nsundi (Inkisi/ Kisantu) devient le premier évêque d’Afrique Noire sacré à Rome le 5 mai 1518 par le pape Léon X.

L’apport du Portugal se remarque également dans l’adoption des noms chrétiens à consonance portugaise sous une connotation africaine qui perdure jusqu’à ce jour chez les Bakongos, spécialement d’origine angolaise. On peut citer ainsi Ndombele pour Albert (Don Alberto), Ndonfunsu pour Alphonse (Don Alfonso), Ndoluvualu pour Alvare (Don Alvaro), Ndondau pour André, Ndontoni pour Antoine (Don Antonio), Ndomanueno pour Emmanuel (Don Manuel), Ndongala pour Gratien (Don Garçia), Ndozoa pour Jean (Don Joâo), Ndopetelo pour Pierre (Don Pedro), Ndombasi pour Sébastien, Ndosimao pour Simon (Don Simaö).

En outre, le contact avec le Portugal a permis l’introduction dans le royaume de nouvelles cultures comme l’igname, le sorgho, le millet, le maïs, le manioc, le tabac, le café, la vigne, la vache, le mouton, la chèvre et le canard provenant des Amériques.

On peut par ailleurs déplorer l’absence de la survivance d’édifices consécutifs à ce contact ainsi que toute la science diffusée sans compter qu’au lendemain de la mort de l’héritier de Nzinga Nkuvu, le royaume est contraint a une longue période de près d’un siècle d’instabilité attisée par les Européens, spécialement entre commerçants hollandais et portugais opérant le trafic d’esclaves pour fournir la main d’œuvre aux colonies portugaises du Nouveau monde découvert depuis 1492 sans oublier l’exploitation des richesses naturelles du pays, ou entre congrégations religieuses opposant les capucins italiens et espagnols aux jésuites, profitant de la rivalité au sein de l’aristocratie kongo.

A ce titre, on peut également présenter le règne de Nzinga Nkuvu comme de l’expression paradoxale de la confrontation vécue par les dirigeants africains entre le voeu de se moderniser grâce aux concours extérieurs tout en conservant l’identité nationale et les appétits malsains des nouveaux venus.

Noël Ntete

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Culture

Culture: Le mariage traditionnel chez les pygmées Mbuti.

« Tête pour tête », tel est le principe de base dans la tradition mbuti lorsqu’un garçon de cette race humaine désire épouser une fille ayant les caractéristiques communes de ce groupe social. Le mariage traditionnel chez les Mbuti se fait sur la base d’échanges réciproques et sans obligation manifeste de versement de la dot.

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Dans leur système de filiation, les pygmées Mbuti constituent une société patrilinéaire mais le système est assez souple. Le groupe principal des Mbuti est la famille nucléaire. Le mariage se fait sur la base d’échange de femme. Sur la base d’échanges réciproques, des hommes de groupes différents échangent entre eux des sœurs ou des femmes avec qui ils ont des liens. Dans la société mbuti, le paiement d’une dot n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de cérémonie formelle de mariage : un couple est considéré comme marié lorsque l’homme présente aux parents une antilope qu’il a chassée et tuée seul. La polygamie est pratiquée mais à des degrés variables selon les groupes et n’est pas très répandue.

Les sociétés mbuti n’ont pas de groupes ou de lignée dirigeante ni d’organisation politique générale et très peu d’organisation sociale. Les Mbuti forment une société égalitaire dans laquelle la bande constitue l’organisation sociale la plus importante. Le leadership peut s’affirmer par exemple lors des opérations de chasse. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Les problèmes sont discutés et les décisions sont prises par consensus autour du feu. En cas de désaccord, de délits ou d’infractions, la personne incriminée peut être bannie, battue ou ridiculisée.

Les hommes et les femmes mbuti s’occupent tous les deux des enfants. Les enfants s’occupent de la cuisine, du nettoyage, de la réparation de la hutte et vont chercher de l’eau. Les hommes portent les femmes dans les arbres pour qu’elles aillent récupérer le miel. Pour la chasse, les Mbuti utilisent des grands filets, des pièges, des arcs et des flèches. Les femmes et les enfants participent parfois à la chasse en rabattant les proies vers les filets.

Etymologie

On observe de multiples variantes : Bambote, Bambute, Bambuti, Ba.Mbuti, Bambutis, Bouté, Imbuti, Mambuti, Mbote, Mbutis, Pygmées de l’Ituri, Pygmées Mbuti, Wambouti. « Bambuti » est le pluriel de « Mbuti ». Cette race des pygmées vit dans des villages où chaque hutte abrite une cellule familiale. Au début de la saison sèche, les Mbuti quittent leur village et s’installent dans des campements qu’ils construisent dans la forêt. Les villages sont indépendants les uns des autres. Les maisons sont petites et circulaires et sont toujours conçus comme des habitats temporaires. La construction d’une maison commence avec le tracé du contour de la maison sur le sol. Les murs sont constitués de branches solides plantées dans le sol. Une liane est ensuite enroulée autour de ces branches pour les faire tenir ensemble. De grandes feuilles sont utilisées ensuite pour construire le toit de la hutte. 

Situation géographique 

Les Mbuti sont un peuple pygmée vivant dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo. Leur langue appartient au sous-groupe des langues soudaniques centrales. Les Mbuti sont un peuple pygmée de chasseurs-cueilleurs et l’un des plus anciens peuples présents en Afrique centrale. Ils sont organisés en petits groupes ou «bandes» de 15 à 60 personnes. Les Mbuti seraient au nombre de 30 000 à 40 000. 

L’utilisation du terme Mbuti peut créer parfois une certaine confusion car il peut servir à désigner l’ensemble des populations pygmées de l’Ituri et un sous-groupe de Pygmées vivant au cœur de la forêt de l’Ituri. L’épicentre de la vie des Mbuti est la forêt. Les Mbuti voient dans la forêt une protection et la considèrent comme un lieu sacré. Ils désignent parfois la forêt comme une «mère» ou un «père». Un rituel important dans la vie des Mbuti est le molimo. Après des évènements comme la mort d’un membre important de la tribu, molimo est célébré de façon bruyante pour réveiller la forêt, partant du principe que si quelque chose de mauvais arrive à ses enfants, cela est dû au fait que la forêt s’est endormie. Comme pour la plupart des rituels Mbuti, la durée du Molimo est variable et dépend de l’humeur du groupe. 

De la nourriture est collectée auprès de chaque hutte afin de nourrir le molimo. Le soir, le rituel s’accompagne de danses de la part des hommes autour du feu tandis que les femmes et les enfants restent dans les huttes, portes closes. «Molimo» est aussi le nom de la trompette utilisée par les hommes au cours du rituel. Cette trompette était traditionnellement faite en bois ou en bambou. Elle pouvait aussi être en métal utilisé pour des gouttières. Lorsqu’elle n’est pas utilisée, la trompette est conservée dans les arbres de la forêt. Lors d’une cérémonie, ce sont les jeunes du village qui récupèrent la trompette et la ramène jusqu’au feu.

Raymond Okeseleke

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Culture

Les perles de hanche: au-delà du décoratif à travers les âges

Porté généralement autour de la taille, cet attirail reste un outil d’artifice de séduction. Car, traditionnellement, les perles de hanche, les mayaka en lingala, étaient uniquement réservées aux femmes mariées et aux fiancées pour une belle vue de leurs prétendants. Elles restent cependant un atout majeur de beauté pour la femme congolaise loin de toute négativité.

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Les atouts séduisants des femmes sont généralement des secrets bien gardés. C’est le cas des perles autour des hanches, jalousement gardé de générations en générations. Le savoir-faire de cet art est entretenu par des castes. Un ou plusieurs colliers de perles autour des reins et le tour de séduction est donné.

 C’est à peine crédible et pourtant vrai. Les femmes savent tenir leurs hommes. Le choix des couleurs, des formes, l’assemblage du collier, tout est savamment pensé pour séduire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche. Ce sont les hommes eux-mêmes qui le confessent. Très enracinées dans la culture congolaise et, par ricochet, africaine, les filles portent des colliers de reins perlés dès leur plus jeune âge pour, dit-on, «façonner l’arche». Le choix des perles pour orner la taille n’est pas un hasard. Plus qu’un accessoire de beauté, ils transmettent un message.

 En effet, de nombreuses femmes portent des perles de hanches pour communiquer, s’embellir et plaire à leur partenaire. Certaines pendent à la taille. D’autres sont lumineuses ou encore parfumées. Nombreuses sont des femmes avouant qu’il s’agit d’un geste de beauté et d’attirance sexuelle. Un outil de communication de très grande valeur. Le cliquetis des perles a un effet sur l’homme. A savoir la séduction. À l’origine, c’était un accessoire porté dans l’intimité du couple. Normalement, il n’y a que le mari ou le partenaire qui devrait voir ces accessoires sur le corps de la femme, dit-elle. Dans les coutumes ancestrales, il y a eu des encens spécialisés qui avaient un effet aphrodisiaque ou spirituel.

Autres usages

De plus, quand elles sont portées par les filles dès l’enfance, cela permet aux parents de suivre la croissance de l’enfant donc de contrôler, par exemple, la prise de poids. En effet, selon des sources, les perles de hanches permettent aussi à la femme de suivre les transformations dans son corps. Si elle perd du poids, les perles de hanches vont descendre. Si elle prend du poids, les perles de hanches vont devenir très serrées.

Certaines vertus mystiques leur sont attribuées. Par exemple, elles sont mises autour des tailles des bébés, sans distinction de genre, afin d’apaiser les douleurs de la poussée dentaire. Elles sont aussi reconnues pour leur capacité d’envoûtement. On dit que certaines perles ont la capacité de garder l’amoureux, de garder le mari, donc elles auraient des pouvoirs magiques, dit-elle.

Selon l’usage, les perles ont de nombreux effets. Dans la culture populaire, elles aident les bébés à supporter le passage de la pousse de dents. On y associe un petit bijou fait en peau d’animal dans certaines régions du continent. Avec l’intégration des religions d’origine européenne, les perles seront agrémentées de petits médaillons religieux que les petites filles porteront partout. Idéales pour former très tôt les célèbres courbes africaines ou tout simplement pour guérir certains maux, les perles restent cet accessoire que reines et même rois ont porté.

Valeur économique

Sur le plan économique, le secteur des perles semble avoir connu un certain déclin. Très présent il y a des années, on n’assiste aujourd’hui qu’à quelques étalages dans les pavillons tenus par des Ouestafs au Marché central. Toutefois, il pourrait subsister après la réhabilitation du marché-Zando. Elles ne coûtent pas grandchose. Il faut en moyenne entre 500 et 5000 francs pour s’offrir de belles perles que l’on désire porter. Il revient à chaque consommatrice de les combiner à sa guise. Quel que soit l’usage que l’on envisage d’en faire, les vendeurs sont des meilleurs guides. Au-delà de toutes ces considérations, on retient que les perles ont une valeur culturelle importante à travers des générations.

 Raymond Okeseleke

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Culture

La musique GOSPEL mêlée à la rumba, au rap…, les chrétiens à la croisée des chemins

Le développement de la musique chrétienne et l’essor des groupes de louange suscitent un certain nombre de réflexions dans le Corps de Christ. Par définition, il ne devrait y avoir que de bonnes choses à dire à propos de ce phénomène : louer Dieu, chanter la gloire de Dieu; mais une observation attentive fait apparaître de plus en plus de désaccords de fond avec la Parole de Dieu et il devient nécessaire de poser de vraies questions, tout en se gardant de prises de positions personnelles. La musique est un pouvoir et a un pouvoir. Cela, pour le cas de la République Démocratique du Congo, est plus que manifeste. La musique populaire, au-delà de ses fonctions ludique et sociale, exerce une influence sur la vie des individus.

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Sous ces trois mots «musiques actuelles chrétiennes», on désigne habituellement les chansons d’inspiration chrétienne, dont le langage musical emprunte différents styles de musique populaire : rock, reggae, blues, électro, latino, pop music, etc… Courant que l’on nomme aussi parfois «rock chrétien» ou «pop louange».

 Phénomène, relativement récent, qui a pris de l’ampleur autour des années 2000. La plupart du temps, il s’agit essentiellement de groupes embrassés par des chanteurs isolés s’inscrivant dans un courant confusionnel (Frère Patrice, Thomas Lokofe, Denis Ngonde, Charles Mombaya, Mike Kalambay, Marie Misamu, L’Or Mbongo, Matou Samuel, Micheline Shabani…).

Confusion apparente

On pourrait distinguer grosso modo trois courants, que l’on peut parfois rencontrer dans un même groupe/chanteur : 1) La «pop louange» : des chansons qui visent (souvent dans un rassemblement) l’animation d’une prière de louange -¬ surtout Glorious, Exo, parfois Agapê. On reconnaît ces chansons par leur vocabulaire, essentiellement articulé autour des mots louer, bénir, adorer, alléluia, etc…

  Le Ndombolo. Si cette identité de la musique congolaise a reçu une gifle de la part des musiciens « typiques », « mondains » ou populaires, la musique dite chrétienne s’est aussi professionnalisée dans ce genre de style qui, jadis, n’était que l’affaire de Werra, JB, Fally, Zaïko, Papa Wemba, Koffi,… Frère Patrice Ngoy Musoko, Les Tumbishayi, Mike Kalambayi, Franck Mulaja, Pasteur Luva, … ont pas mal excellés.

Des titres comme « Mal à l’aise », « Pasteur patron »,… Ici, le ndombolo est roi. Dans le langage des frères-musiciens, la phrase biblique couramment prononcée reste : « toutes les danses viennent du ciel ». Toutes les incriminations réservées aux musiciens dits mondains ont valu également pour les chantres chrétiens. Dans les bars et terrasses de Kinshasa, les génériques de Frère Patrice font des émules.

 A ce niveau aussi, les exemples sont légion ; « Toukou toukou », « Malewa 1, 2, 3, 4, 5… mécanique ou auto », la bande d’annonce de l’album « millionnaire » de Karma Pa rivalisent d’ardeur. A l’époque de Maman Angebi ou Maman Kanzaku, la musique chrétienne était présentée autrement ; « Tala tina ngayi nalingaka nkolo yasu » du Frère Mente, qui est considéré comme le précurseur de cette vague. «Okomi kolata ba bijoux, nzoto. Ah nzoto ! osengi nga bilamba ya wax, nzoto », chantait le Frère Blaise Sakila de son vivant. « Ooh ! ngebe, ngebe ooh ! ngebe », « olobi yo olingi yesu, yo ozali koyiba » de Frère Patrice Ngoyi, « Jesus, libérez-moi misérable afin que les chaînes tombent pour que je sois délivré. Jérusalem mboka ya sika » du couple Buloba,… « Ce qui est sûr, le couple Buloba n’a pas « ndombolisé » le coin ». Et de renchérir , le Ndombolo, est devenu le genre nouveau adopté par les musiciens chrétiens jeunes.

Il n’en reste pas moins que la RDC a traversé une période de confusion apparente. Les musiciens chrétiens sont très visibles dans des concerts sponsorisés, se traduisant par les «mabanga», guitare solo, recherche de qualité artistique, seben,…

Un brin d’histoire

Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’histoire de la musique, Dieu a toujours été invoqué, chanté, glorifié, interpellé. «Nkundi» de Mgr Batantu, archevêque de Brazzaville dans les années 1960, «Tokosenga na Nzambe» de Ntesa Dalienst et «Nakomitunaka» de Verckys Kiamwangana plus près de nous sont, parmi les centaines de titres qui évoquent Dieu.

Ces chansons imprégnées de mystique religieuse sont exécutées par des musiciens profanes. Ceci montre la difficulté d’établir, dans l’absolu, une ligne de démarcation entre d’une part, la musique profane et la musique sacrée, d’autre part. Ceci s’explique par le fait que le peuple congolais est profondément religieux.

La musique chrétienne contemporaine regroupe divers styles qui se sont développés aussi bien à l’extérieur de diverses communautés qu’à l’intérieur de cellesci ; du Rock chrétien au Hip-hop chrétien en passant par le « Soucous » chrétien ou encore la « Rumba » chrétienne.

Dans les années 1980 et 1990, la musique chrétienne contemporaine a pris une place considérable dans les cultes chrétiens évangéliques ou des églises de réveil. Une grande variété de styles musicaux a développé la louange traditionnelle.

Depuis longtemps, la musique des variétés dans son écriture et son animation, a également subi l’influence de la musique dite biblique. Cela prouve que les musiciens mondains font toujours attention au sacré. Dans son essence, la musique chrétienne s’inspire de la parole divine en plaçant le Christ au centre de tous les thèmes richement variés, contrairement à ce qui est produit présentement.

 Aujourd’hui, cette musique est devenue un véritable phénomène social, pendant que la musique mondaine pose des problèmes sans les résoudre, et pour des visées commerciales, les groupes musicaux chrétiens et notamment Terre Promise, Tumbishayi, Les Chérubins, Vox Dei, Les Moissonneurs, et tant d’autres orchestres, ne font plus la musique religieuse ou chrétienne, mais plutôt celle de variétés.

Ils se rallient à la musique des animateurs dits « atalaku », et copient les rythmes, les partitions de la guitare solo, les cris, les danses, etc. de la musique mondaine. Il apparait difficile de se reconnaître lorsqu’on les écoute. Sur le plan qualitatif, l’avenir n’est pas prometteur pour la musique chrétienne d’aujourd’hui.

Elle n’est plus de bonne facture. On n’entend plus des mélodies mélancoliques du genre «Elikia na ngai» de Denis Ngonde ou «Tala tina» de Frère Mente. Et aussi, la plupart des musiciens d’aujourd’hui ne font plus la gloire de Dieu. Ce qui dénote une rupture avec l’ancienne musique chrétienne.

De la Musique profane à la musique religieuse, il n’y a eu qu’un pas

La musique religieuse fut la vache laitière de la musique mondaine. De nos jours, c’est le mouvement contraire qui s’observe. De nombreux albums consacrés à la chanson chrétienne sont mis sur le marché parmi lesquels celui d’Annie Ngwe Mobejo en 1994, qui chante le «Roi vainqueur» avec la participation de Debaba El Shabab, reconverti avec le titre «Senzelaka».

Des cas célèbres de conversion des musiciens profanes abondent dans les annales de la musique religieuse dite chrétienne : Antoinette Etisomba Lokindji, Mopéro Wa Maloba, ancien leader de l’orchestre Shama Shama, Kiese Diambu, ancien des Grands Maquisards, de l’Afrisa International et de l’O. K Jazz, Djonita Abanita, Zobena X-Or, ancien de Choc Stars, Debaba Dieka Mbaki, ancien de Viva La Musica et de Choc Stars, Lassa Carlito, ancien de l’O.K Jazz et de Choc Stars, André Bimi Ombale, ancien de Zaïko Langa Langa, de Za’iko Familia Déi et de Basilique Loningisa, Feza Shamamba, Michel Ndouniama, ancien de Bilenge Sakana, Jolie Detta, Charles Tchikou, pour ne citer que ceux-là, qui ont décidé de passer du profane au sacré au grand désespoir de leurs fans.

A écouter ces chansons dans la nouvelle chapelle de ces artistes – musiciens, on a l’impression que soudain, par ces conversions aussi brutales qu’inattendues, leur source d’inspiration a tari.

Parallèlement à la musique d’agrément, la musique profane a représenté la composante religieuse bien organisée et en pleine évolution chez les Catholiques et les Protestants. Une musique qui a trait à des chorales à plusieurs voix dont la nature chez les Catholiques épousait les chants grégoriens en latin ou des chorales essentiellement marquées par le chant en langues vernaculaires.

Ces chorales ont connu successivement un accompagnement de l’orgue, puis de la guitare, de l’accordéon et d’autres instruments avec lesquels s’accompagnaient les chanteurs.

Expansion et exagérations

Phénomène récent dans l’histoire de l’Église, on assiste à l’avènement d’un certain type de musique chrétienne depuis une vingtaine d’années, durant lesquelles sont apparues des productions diverses, accompagnées d’une popularité nouvelle et dont le succès s’affirme de plus en plus.

Sur le plan de l’expansion, les choses semblent être conformes à cette prédiction, et le succès grandissant de la musique chrétienne n’est sans doute pas sans impact dans une certaine forme d’évangélisation, mais sans commune mesure (pour l’instant) avec l’hypothèse d’un réveil mondial.

 Raymond Befonda

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