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Culture

Nzinga Nkuvu

Au cours de la riche et passionnante histoire du Royaume Kongo, il ne fait l’ombre d’un doute que Nzinga Nkuvu est l’un des rois dont le règne est parmi les plus marquants.

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A la suite des vagues migratoires successives des peuples Bantous dont l’origine se localise au nordouest de l’Afrique, plus précisément du Nigeria, chassent les Pygmées qui occupent entre autres la partie centrale du continent.

 L’un de ces peuples est le peuple Kongo qui va donner naissance au Royaume qui portera son nom. La constitution du Royaume Kongo se situe dès le 14ème siècle. Il s’étend dès la fin du siècle suivant, sur l’ensemble de l’actuelle province du Kongo Central de la République Démocratique du Congo, une grande partie du nord de l’Angola jusqu’au fleuve Kwanza, une partie de Kinshasa et du Bandundu à la limite de la rivière Kwango, ainsi que d’une partie de la République du Congo et du Gabon. Le pouvoir du Royaume Kongo s’exerce à MbanzaKongo (San Salvador en Angola). Le fondateur de ce royaume est Nimi a Lukeni. Il est également nommé Ntinu Wene, littéralement le grand Roi Wene. Il lègue son pouvoir de souverain à ses successeurs qui portent le titre de Mani Kongo ou Ntinu.

Le Royaume à l’époque de Nzinga Nkuvu !

Né en 1440, Nzinga Nkuvu est connu au départ dans l’exercice de fonction de gouverneur de la province de Nsundi et de Nzaza Vumbi, terre des Batékés qui correspond à la partie sud du Congo-Brazzaville et au plateau des Batéké. Doté d’une remarquable expérience militaire qui l’impose sur le trône, succède à son père Nkuvu a Ntinu et règne à MbanzaKongo (littéralement ville du Kongo), la capitale du Royaume.

En cette période, le Royaume vit ses premières relations avec le monde occidental. C’est en effet l’époque des conquistadores de la péninsule ibérique qui se lancent à l’aventure à travers le monde grâce aux progrès des moyens de transport maritimes. Ceux-ci sont en quête des richesses pour leurs royaumes respectifs que regorgent ses terres qui sont nouvelles pour eux. En ces circonstances, Diégo Câo, navigateur portugais arrive à l’embouchure du fleuve Congo en 1482 pratiquement à hauteur de Matadi où il y marquera son passage en le gravant sur une stèle encore visible aujourd’hui. L’explorateur portugais séjourne une année dans la cour de Nzinga Nkuvu.

Diégo Câo est vivement impressionné par les renseignements obtenus sur ce royaume qu’il découvre. Le Roi Nzinga Nkuvu exerce son pouvoir sur un vaste territoire où vit le peuple Kongo composé de plusieurs tribus. Ce royaume est organisé en six provinces, chacune d’elles revêtue d’attributions spécifiques pour son bon fonctionnement. La province Mpemba est située au centre du royaume et est le fief du Roi et de la noblesse : elle représente pratiquement le territoire actuel de Songololo. La province de Soyo est celle du berceau des Princes tandis que celle de Mbamba est placée sous la responsabilité du chef de l’armée : les deux sont localisées dans l’Angola d’aujourd’hui. La province de Mbata est dirigée par le grand Electeur qui organise l’ordre successoral au sein de l’Etat de même qu’il joue le rôle d’un super ministre de l’Intérieur en charge des provinces : elle constitue la région actuelle de Mfidi, Kinkosi-Luidi, Kimvula au sud-est du Kongo Central; ; celle de Mpangu, englobant le district de la Lukaya et une partie de la ville de Kinshasa, s’occupe de l’information. Quant à la province du Nsundi, elle est dirigée par le Mani Nsundi, le successeur présomptif : il s’agit de la partie des Cataractes, de Luozi, et du sud du Congo-Brazaville.

A ces provinces, s’ajoutent des seigneuries vassales de Loango, Kakongo et Ngoyo qui firent preuve d’autonomie. Dans les années qui suivent, grâce aux alliances scellées avec les Portugais mettant à sa disposition un armement moderne, le roi agrandit son royaume jusqu’à Mpumbu l’actuel Kinshasa et même au sud du royaume jusqu’au désert du Kalahari en annexant au passage les royaumes de Ndongo et Matamba, composantes de l’Angola d’aujourhui.

 A son tour, faisant preuve d’esprit d’ouverture au monde, Nzinga Nkuvu, au retour de Diégo Câo, délègue à Lisbonne quelques aristocrates de Soyo. Diégo Câo retourne au Congo avec eux en 1485. Ils rapportent avec émerveillement tous ce qu’ils ont pu voir au cours de leur voyage.

Nzinga Nkuvu trouve là l’occasion de nouer des liens de coopération avec  le Portugal et à l’occasion d’un autre voyage qui a lieu en 1487, Diégo Câo facilite l’échange d’ambassadeurs entre le Portugal et le Congo. A partir de ces liens de coopération, Nzinga Nkuvu obtient la construction d’édifices par la venue d’artisans dont il apprit l’existence au Portugal. De même, il envoie d’autres enfants de l’aristocratie kongo en formation au Portugal dans les langues (portugais, latin) et les sciences (physique, maths) et la théologie. Des accords commerciaux sont aussi signés et le Roi autorise l’installation des comptoirs de commerce dans le royaume.

Puis en 1490, une importante ambassade portugaise accompagnée de missionnaires catholiques s’établit à Mbanza Kongo, la capitale du Congo. Le Roi décide de se convertir à la religion catholique et le 3 mai 1491, lui et sa famille sont baptisés sous le nom de NdoNzau ou Joâo 1er do Kongo (Jean 1er du Kongo) à l’identique de son homologue Don Joâo dont il se considère être le frère. La capitale est également rebaptisée São Salvador.

 De ce fait, le nom de Nzinga Nkuvu s’inscrit dans l’histoire comme le premier roi Kongo connu en Occident qui l’a mieux fait connaître le royaume à leurs yeux d’une part et d’autre part à faire connaitre à ses sujets l’existence d’un nouveau monde. Il est également le premier roi de ce royaume à se convertir au catholicisme en se faisant baptiser par les prêtres portugais. Grâce à ses rapports bilatéraux pacifiés, une partie de l’histoire du Congo bénéficie de traces à travers des archives et objets consignés en Occident.

Toutefois, le Mani Kongo finit deux ans après sa conversion au christianisme par y renoncer pour revenir au paganisme, lui et son neveu Mpanzu, fils de sa soeur et héritier présomptif dans le cadre du matriarcat et ce, malgré le refus de la reine-mère. Ses motivations sont politiques car la présence occidentale empiète sur son pouvoir et par exemple l’interdiction de la polygamie l’empêche de conclure des alliances par l’entremise de mariages avec des femmes des futurs alliés.

Des tensions prennent de l’ampleur entre pro catholiques sous la direction de son fils Nzinga Mvemba baptisé sous le nom de NdoFunsu Alfonso et opposants à ce mouvement. Pour neutraliser le premier groupe, le roi éloigne son fils de la capitale en le nommant gouverneur de Nsundi. A la mort de son père en juin 1506, celui-ci s’empare du pouvoir au détriment de son frère qui est tué à l’issue d’une guerre civile.

Le legs de Nzinga Nkuvu !

Bien qu’ayant renoncé au catholicisme, son premier engagement a laissé des marques profondes dans le royaume. Son second fils monté au trône en consolidant sa foi, avant sa défection, renforce l’emprise portugaise au Kongo. Un autre fils de Nzinga Nkuvu, Don Henrique Ntinu Mvemba né à Mbanza Nsundi (Inkisi/ Kisantu) devient le premier évêque d’Afrique Noire sacré à Rome le 5 mai 1518 par le pape Léon X.

L’apport du Portugal se remarque également dans l’adoption des noms chrétiens à consonance portugaise sous une connotation africaine qui perdure jusqu’à ce jour chez les Bakongos, spécialement d’origine angolaise. On peut citer ainsi Ndombele pour Albert (Don Alberto), Ndonfunsu pour Alphonse (Don Alfonso), Ndoluvualu pour Alvare (Don Alvaro), Ndondau pour André, Ndontoni pour Antoine (Don Antonio), Ndomanueno pour Emmanuel (Don Manuel), Ndongala pour Gratien (Don Garçia), Ndozoa pour Jean (Don Joâo), Ndopetelo pour Pierre (Don Pedro), Ndombasi pour Sébastien, Ndosimao pour Simon (Don Simaö).

En outre, le contact avec le Portugal a permis l’introduction dans le royaume de nouvelles cultures comme l’igname, le sorgho, le millet, le maïs, le manioc, le tabac, le café, la vigne, la vache, le mouton, la chèvre et le canard provenant des Amériques.

On peut par ailleurs déplorer l’absence de la survivance d’édifices consécutifs à ce contact ainsi que toute la science diffusée sans compter qu’au lendemain de la mort de l’héritier de Nzinga Nkuvu, le royaume est contraint a une longue période de près d’un siècle d’instabilité attisée par les Européens, spécialement entre commerçants hollandais et portugais opérant le trafic d’esclaves pour fournir la main d’œuvre aux colonies portugaises du Nouveau monde découvert depuis 1492 sans oublier l’exploitation des richesses naturelles du pays, ou entre congrégations religieuses opposant les capucins italiens et espagnols aux jésuites, profitant de la rivalité au sein de l’aristocratie kongo.

A ce titre, on peut également présenter le règne de Nzinga Nkuvu comme de l’expression paradoxale de la confrontation vécue par les dirigeants africains entre le voeu de se moderniser grâce aux concours extérieurs tout en conservant l’identité nationale et les appétits malsains des nouveaux venus.

Noël Ntete

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Culture

Musique : retour du clan Wenge, 25 ans après sa dislocation…

Après l’apothéose des années 90, le groupe Wenge Musica BCBG 4×4 s’est à nouveau taillé une place de choix auprès de ses mélomanes. A l’initiative du producteur Amadou Diaby, un concert historique a scellé la réconciliation de ce clan, le 30 juin 2022, au stade des Martyrs, à Kinshasa. Mais d’autres productions VIP attendent encore ces « Anges adorables »…

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Loin des feux de projecteurs, les grands de ce groupe composé de JB Mpiana, Werrason, Didier Masela, Alain Makaba, ont acté leur réconciliation, plus de 25 ans après, un lundi 22 janvier 2022 à Paris. Plusieurs projets ont germé de cette rencontre dont un méga-concert au stade des Martyrs de Kinshasa en prélude aux autres productions dont celle de Pullman, ce samedi 9 juillet et un album en commun.

Les leaders de Wenge Musica BCBG 4×4 Tout Terrain se sont réunis le 30 juin 2022 au stade des Martyrs pour produire un spectacle inédit à l’intention de leurs mélomanes. Cette occasion a permis aux Anges adorables de se retrouver, de faire revivre les beaux moments de l’époque avec des tubes mémorables, faisant danser même les plus jeunes.

Après le concert du stade des Martyrs à Kinshasa, les activités vont se poursuivre cette fois-ci dans un autre site à savoir, au Pullman Hôtel ce samedi 9 juillet 2022 à partir de 19 h30 par le même groupe réunifié. Ce sera un concert VIP programmé au Chapiteau de l’Hôtel Pullman dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. L’on se rappelle bien qu’au stade des Martyrs, le prix du billet était fixé à partir de 5000 Francs congolais (2,5 dollars), mais pour celui de Pullman, le prix est fixé à 300 dollars.

Au milieu de tous les défis que rencontre la RDC dans ses différentes sphères, le concert du stade des Martyrs organisé le jour de l’indépendance du pays était l’occasion de porter un message fort et poignant autour d’un idéal commun : l’Unité, comme véritable force motrice et incontournable pour la grandeur de la nation congolaise. L’annonce de ce méga-concert s’est réalisée de manière à attirer un flux de demande de billes d’accès dans un stade réservé à l’accueil de 80 000 spectateurs. Pour leur part, les mélomanes ont bel et bien consenti à l’appel des organisateurs. Par nostalgie, des fans ont afflué de tous les quartiers de Kinshasa, sans compter ceux de la diaspora, pour rehausser de leur présence le grand rendez-vous. Question de remettre au goût du jour tous les répertoires qui ont fait la pluie et le beau temps des années 1990.

Affaire 100 000 dollars…

La nouvelle défraie la chronique et va jusqu’à devenir virale sur les réseaux sociaux. Elle est bien au-delà de ce qu’auraient espéré les fans nostalgiques du groupe qui a marqué leur jeunesse. Bien plus qu’une simple réconciliation de ses anciens sociétaires devenus presque tous leaders de leurs propres formations musicales, Wenge Musica 4×4 est allé jusqu’à se reconstituer autour d’un projet à deux étapes sous la houlette d’Amadou Diaby. C’est un pavé dans la mare jeté lors la distribution non équitable des cachets empochés par Werrason et JB Mpiana au détriment des autres leaders du groupe à savoir Alain Makaba et Blaise Bula à l’issue du concert du stade des Martyrs. Les deux précités auraient perçu chacun 100 000 dollars contre plus ou moins 50 000 pour les deux autres. Cette affaire risquerait d’éclabousser à nouveau le clan parce qu’il aurait été prévu pour Werrason et JB Mpiana d’encaisser chacun 300 000 dollars après le concert de Pullman. Ces faits, s’ils arrivaient à être confirmés, pourraient susciter d’autres frustrations au sein d’un clan nouvellement reconstitué.

10 000 billets achetés du coup 

25 ans après leur séparation, l’ancien vice-président de la Fédération guinéenne de football, Amadou Diaby, a réussi à réunir les têtes d’affiche du clan Wenge pour ce qu’il appelle le  »concert du siècle ». Amadou s’est associé à des personnalités comme le producteur américain Teddy Riley, l’artiste malien Salif Keita et le musicien congolais Mohombi pour réussir cette entreprise.

Pour la première fois, ces personnages qui échangeaient des piques par média interposé se sont produits au stade des Martyrs. Devant un public euphorique, ils ont repris leurs titres phares, rappelant des souvenirs des années Wenge avant l’éclatement de 1997. Au-delà de la réconciliation entre musiciens, ce concert réconcilie aussi le public qui était divisé à la séparation du groupe. Ledit concert n’est que le début d’une série de productions du Wenge Musica BCBG 4×4 Tout terrain, formule originale. Plusieurs concerts à jouer sont à l’affiche du programme. Le prospectus propose plusieurs productions après celle du stade des Martyrs et de Pullman Hôtel, ex-Grand Hôtel Kinshasa.

Le groupe devra ensuite s’ébranler vers l’Amérique, l’Europe et ailleurs dans le monde. Le concert dit de réconciliation de Wenge Musica BCBG 4X4 a mobilisé une grande masse de personnes. A en croire Werrason, l’un des leaders de cette formule originelle de Wenge, des gens sont venus de partout, de l’Amérique, de l’Europe, de Brazzaville voire de l’intérieur du pays. D’après lui, il n’y avait plus de places dans les hôtels de la capitale, étant donné que toutes les chambres avaient été occupées. Il avançait le chiffre de 240 000 billets vendus, alors que le stade des Martyrs, avec une capacité de 80 000, ne peut aller que jusqu’à 100 000 personnes.

Complétant le patron de Wenge Musica Maison Mère, Alain Makaba, l’autre artiste polyvalent de BCBG 4X4, a indiqué qu’ils étaient à cours de billets. En effet, nombreux étaient les mélomanes décidés à assister au concert du 30 juin. Des billets ont été raflés d’avance en soutien à l’événement. En prélude de ce concert qui s’est passé le 30 juin, les principaux administrateurs que sont JB Mpiana, Werrason, Didier Masela, Blaise Bula, Adolphe Dominguez accompagnés du producteur de cet événement, Amadou Diaby, ont eu une rencontre préparatoire le 25 juin 2022 à Matonge, dans la commune de Kalamu. Autour d’un verre symbolisant l’unité et la réconciliation, ces retrouvailles annonciatrices du méga-concert marquaient également l’exemple pour rapprocher davantage tous les camps des mélomanes opposés en vue de leur cohabitation dans un brassage culturel sans aucun clivage.

L’achat préalable des billets distribués à certains Kinois le 29 juin 2022 à Matonge s’est réalisé en amont pour permettre à l’organisateur du concert d’atteindre son objectif. Une partie de recettes (40%) générées à l’issue de l’événement du 30 juin au stade des Martyrs était prévue d’être déversée comme soutien aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) engagées au front contre les groupes armés à l’origine de l’insécurité dans la partie est du pays, notamment les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda.

Origine…

Créé un certain 11 juillet 1981 autour de Didier Masela Ndudi sur la rue Dibamboma, dans la commune de Bandalungwa (Bandal), cet ensemble musical n’était composé au départ que d’amis et élèves habitant le quartier. Sans dénomination au départ, l’orchestre emprunte son nom d’une équipe de football existant dans le coin : Wenge et la particularité de cette équipe est qu’elle ne gagnait pas souvent ses matchs et après une énième défaite devant les membres du groupe, le nom de WENGE fut adopté. Et pour rendre hommage à Papa  Wemba et à King Kester Emeneya leurs idoles d’une part et pour apporter une différence avec l’équipe de football, ils  ajoutèrent Musica. C’est ainsi que l’orchestre prit le nom de Wenge Musica. Les séances de répétitions et concert se déroulaient au dancing « Moto na Moto » dans la commune de Bandalungwa. Et plus tard, pour notifier la progression du groupe auprès du public, d’autres surnoms furent collés au nom Wenge Musica. Et chaque appellation avait une explication pour les musiciens de ce groupe. Didier Masela Ndudi en est le fondateur aux côtés de Noël Ngiama Makanda dit Werrason, Aimé Bwanga et Alain Mwanga. Comme chanteurs : JB Mpiana, Blaise Bula, Dede Masolo (Deno Star), Anicet Pandu Anibo, Wes Koka, Adolphe Dominguez. Du côté des instrumentistes, Alain Makaba (Guitare et clavier), Christian Zitu (accompagnement), Maradona Lontomba à la batterie et Evo Nsiona (Tumba).

Jusqu’en 1986, l’orchestre n’était qu’un passetemps, vu que les composants étaient élèves et étudiants. Et tous n’espéraient pas faire de la musique comme un métier. L’orchestre se mesurait avec les autres groupes des jeunes de la capitale comme « Il fallait Kaka », « Litonge Bouge » ou encore « Arka Musica » pour ne citer que ceux-là. Wenge réussissait à jouer en première partie ou levé de rideau des orchestres chevronnés comme Langa Langa Stars et Choc Stars par le soutien inconditionnel de Defao Matumona.

Et c’est grâce à Madame Kiamuangana Mateta Verckys  que l’orchestre fut programmé pour une émission télévisé à la télévision nationale (OZRT) au Studio Maman Angebi après avoir livré des concerts dans l’enceinte de Veve Center, de l’artiste producteur Verkys Kiamwangana. Cette synergie permit au groupe de rentrer en studio  pour enregistrer « Kin e bougé » (1ère version) de JB, « Bébé ake na ye » de Zing Zong et « Laura » de Blaise Bula.

Apothéose

Le groupe entre en studio à Brazzaville à l’IAD et enregistre l’album « Bougé Bougé » en 1988. Un album de 6 titres avec la chanson phare « Mulolo » qui veut dire clameur. A ce jour, personne ne connaît son auteur. JB Mpiana et Werrason se disputent la paternité. Certains natifs et inconditionnels du groupe attribuent la chanson à Ladins Montana, un proche de Werrason ; les autres titres de l’album: Nicky D (Werrason), La fille du Roi et Kolo Budget (JB), Dodo la Rose (Blaise Bula), Fisol (Alain Makaba). La Chanson Mulolo a été primée comme chanson de l’année et l’orchestre Wenge Musica la révélation musicale de l’année 1988.

L’album « Bougé Bougé » récolte un succès fou auprès du public jeune, étudiants et élèves de tout le pays. Désormais, il faut compter avec ce groupe dans le paysage musical du grand Zaïre. L’album leur servant de book-press deux producteurs résidents en Belgique MM Masakuba-Kokard patron des Editions Sans Frontières et Kibonge organisent le voyage du groupe à Bruxelles via Paris. Ne disposant pas de bons documents pour le voyage, le groupe se divise en deux pour essayer de tromper la vigilance des agents de l’immigration à l’aéroport. Ainsi, seront envoyés en éclaireurs Ricoco Bulambemba et Pipo le drummer. Le voyage se déroule sans anicroches pour eux, au moment où le second groupe dit des leaders composé de JB, Werra, Masela, Makaba et Bula s’apprête au voyage, le subterfuge est détecté, le groupe est arrêté et reste à Kinshasa.

Au pays, l’orchestre se réorganise. Un organigramme du groupe qui place JB Mpiana à la Présidence et un conseil de 4 administrateurs composé de Ngiama-Werrason Administrateur-Directeur Financier, Makaba-Alain administrateur-Directeur artistique, Blaise Bula-Monga Administrateur sans oublier Didier Masela, le Fondateur.

Des tournées en spectacles à travers Kinshasa et le reste du pays, l’orchestre assoit sa notoriété. Le premier contrat publicitaire est signé avec la compagnie brassicole Bralima sous le label « Génération Primus ». L’orchestre agrémente les fêtes du parti-état, le MPR du Maréchal Mobutu aux côtés des grands orchestres comme Zaïko ou l’OK Jazz. Pourtant, un drame est venu frapper à la porte du «BCBG ». Sur le chemin du retour d’une prestation au site de Ngafura, Alain Kombo mi-soliste meurt dans un accident de circulation. Tout Kinshasa en avait parlé attribuant la thèse de sacrifice pour le succès du groupe. Il est remplacé par Fi-Carré Mwamba ; dans cette foulée, Maradona et Delo Basse quittent le groupe pour un voyage vers l’Europe pour y retrouver la bande à Ricoco. Patient Kusangila remplace l’accompagnateur Djo Lina et Titina Mbwinga « Al Capone » prend la place laissé par Maradona et deviendra le titulaire indiscutable à la batterie.

En novembre 1990, JB Mpiana, Werrason, Alain Makaba, Didier Masela, Blaise Bula, Roberto Wunda, Marie Paul et Titina Mbwinga arrivent à Bruxelles. Manda Chante, Fula King et Alain Mpela ne sont pas du voyage. Le groupe réside à Bruxelles et est renforcé par Adolphe Dominguez tandis que Ricoco est écarté du groupe au soir de l’unique concert que le groupe réalisa à Paris. A Bruxelles, le groupe continua sa tournée en livrant des concerts et  enregistre l’album « Kin e bougé ». Au moment du retour de l’orchestre à Kinshasa, Marie Paul qui ne se sentait pas à l’aise avec Adolphe Dominguez prit la fuite pour retrouver le groupe des bannis à Paris. C’est cette arrivée de poids qui avait scellée la naissance d’un nouveau groupe qui sera appelé Wenge Musica Aile Paris.

Crise de Leadership et dislocation

JB Mpiana, en sa qualité du Président du groupe, imposa à l’orchestre la sortie de son album qui avait connu la participation de tous les musiciens du groupe, excepté le jeune Hervé Gola dit Ferre. Une réussite avec la nouvelle danse le Ndombolo ; cet album marquera la fin du groupe car des conflits en conflits, l’irréparable arriva, deux  nouveaux groupes naissaient. Le Wenge Musica BCBG de JB Mpiana avec toute l’équipe sauf Adolphe Dominguez, Werrason, Didier Masela et Hervé Gola. Le groupe prit le nom de Wenge Musica Maison Mère pour notifier la continuité du groupe autour de Didier Masela. L’embellie n’était que de courte durée de chaque côté. JB Mpiana se sépara de Blaise Bula et d’Alain Makaba pour régner seul en qualité de Souverain Bina Adam, Blaise Bula créa son groupe Pondération 8 avec comme slogan Yb² qui veut dire : « Yemba nde, beta nde, bina nde » (Savoir chanter, jouer et danser). Il prône de la bonne musique, la maîtrise de l’art d’Orphée.

Werrason aussi se sépara de ses deux amis, le fondateur Masela et Adolphe Dominguez. Didier Masela garda Wenge Musica 4X4 et Adolphe monta son Wenge Tonya Tonya. A ce jour, le clan Wenge s’est éclaté en 8 groupes ci-après : Wenge BCBG de JB Mpiana, Wenge Musica Maison Mère de Werrason, Wenge Musica 4X4 de Didier Masela, Wenge Référence de Manda Chante, Wenge Tonya Tonya d’Adolphe Dominguez, Pondération 8 de Blaise Bula, Wenge Kumbela de Aimé Bwanga, Wenge Aile Paris de Marie Paul.

Raymond Okeseleke

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Culture

Culture: Le mariage traditionnel chez les pygmées Mbuti.

« Tête pour tête », tel est le principe de base dans la tradition mbuti lorsqu’un garçon de cette race humaine désire épouser une fille ayant les caractéristiques communes de ce groupe social. Le mariage traditionnel chez les Mbuti se fait sur la base d’échanges réciproques et sans obligation manifeste de versement de la dot.

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Dans leur système de filiation, les pygmées Mbuti constituent une société patrilinéaire mais le système est assez souple. Le groupe principal des Mbuti est la famille nucléaire. Le mariage se fait sur la base d’échange de femme. Sur la base d’échanges réciproques, des hommes de groupes différents échangent entre eux des sœurs ou des femmes avec qui ils ont des liens. Dans la société mbuti, le paiement d’une dot n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de cérémonie formelle de mariage : un couple est considéré comme marié lorsque l’homme présente aux parents une antilope qu’il a chassée et tuée seul. La polygamie est pratiquée mais à des degrés variables selon les groupes et n’est pas très répandue.

Les sociétés mbuti n’ont pas de groupes ou de lignée dirigeante ni d’organisation politique générale et très peu d’organisation sociale. Les Mbuti forment une société égalitaire dans laquelle la bande constitue l’organisation sociale la plus importante. Le leadership peut s’affirmer par exemple lors des opérations de chasse. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Les problèmes sont discutés et les décisions sont prises par consensus autour du feu. En cas de désaccord, de délits ou d’infractions, la personne incriminée peut être bannie, battue ou ridiculisée.

Les hommes et les femmes mbuti s’occupent tous les deux des enfants. Les enfants s’occupent de la cuisine, du nettoyage, de la réparation de la hutte et vont chercher de l’eau. Les hommes portent les femmes dans les arbres pour qu’elles aillent récupérer le miel. Pour la chasse, les Mbuti utilisent des grands filets, des pièges, des arcs et des flèches. Les femmes et les enfants participent parfois à la chasse en rabattant les proies vers les filets.

Etymologie

On observe de multiples variantes : Bambote, Bambute, Bambuti, Ba.Mbuti, Bambutis, Bouté, Imbuti, Mambuti, Mbote, Mbutis, Pygmées de l’Ituri, Pygmées Mbuti, Wambouti. « Bambuti » est le pluriel de « Mbuti ». Cette race des pygmées vit dans des villages où chaque hutte abrite une cellule familiale. Au début de la saison sèche, les Mbuti quittent leur village et s’installent dans des campements qu’ils construisent dans la forêt. Les villages sont indépendants les uns des autres. Les maisons sont petites et circulaires et sont toujours conçus comme des habitats temporaires. La construction d’une maison commence avec le tracé du contour de la maison sur le sol. Les murs sont constitués de branches solides plantées dans le sol. Une liane est ensuite enroulée autour de ces branches pour les faire tenir ensemble. De grandes feuilles sont utilisées ensuite pour construire le toit de la hutte. 

Situation géographique 

Les Mbuti sont un peuple pygmée vivant dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo. Leur langue appartient au sous-groupe des langues soudaniques centrales. Les Mbuti sont un peuple pygmée de chasseurs-cueilleurs et l’un des plus anciens peuples présents en Afrique centrale. Ils sont organisés en petits groupes ou «bandes» de 15 à 60 personnes. Les Mbuti seraient au nombre de 30 000 à 40 000. 

L’utilisation du terme Mbuti peut créer parfois une certaine confusion car il peut servir à désigner l’ensemble des populations pygmées de l’Ituri et un sous-groupe de Pygmées vivant au cœur de la forêt de l’Ituri. L’épicentre de la vie des Mbuti est la forêt. Les Mbuti voient dans la forêt une protection et la considèrent comme un lieu sacré. Ils désignent parfois la forêt comme une «mère» ou un «père». Un rituel important dans la vie des Mbuti est le molimo. Après des évènements comme la mort d’un membre important de la tribu, molimo est célébré de façon bruyante pour réveiller la forêt, partant du principe que si quelque chose de mauvais arrive à ses enfants, cela est dû au fait que la forêt s’est endormie. Comme pour la plupart des rituels Mbuti, la durée du Molimo est variable et dépend de l’humeur du groupe. 

De la nourriture est collectée auprès de chaque hutte afin de nourrir le molimo. Le soir, le rituel s’accompagne de danses de la part des hommes autour du feu tandis que les femmes et les enfants restent dans les huttes, portes closes. «Molimo» est aussi le nom de la trompette utilisée par les hommes au cours du rituel. Cette trompette était traditionnellement faite en bois ou en bambou. Elle pouvait aussi être en métal utilisé pour des gouttières. Lorsqu’elle n’est pas utilisée, la trompette est conservée dans les arbres de la forêt. Lors d’une cérémonie, ce sont les jeunes du village qui récupèrent la trompette et la ramène jusqu’au feu.

Raymond Okeseleke

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Culture

Les perles de hanche: au-delà du décoratif à travers les âges

Porté généralement autour de la taille, cet attirail reste un outil d’artifice de séduction. Car, traditionnellement, les perles de hanche, les mayaka en lingala, étaient uniquement réservées aux femmes mariées et aux fiancées pour une belle vue de leurs prétendants. Elles restent cependant un atout majeur de beauté pour la femme congolaise loin de toute négativité.

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Les atouts séduisants des femmes sont généralement des secrets bien gardés. C’est le cas des perles autour des hanches, jalousement gardé de générations en générations. Le savoir-faire de cet art est entretenu par des castes. Un ou plusieurs colliers de perles autour des reins et le tour de séduction est donné.

 C’est à peine crédible et pourtant vrai. Les femmes savent tenir leurs hommes. Le choix des couleurs, des formes, l’assemblage du collier, tout est savamment pensé pour séduire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche. Ce sont les hommes eux-mêmes qui le confessent. Très enracinées dans la culture congolaise et, par ricochet, africaine, les filles portent des colliers de reins perlés dès leur plus jeune âge pour, dit-on, «façonner l’arche». Le choix des perles pour orner la taille n’est pas un hasard. Plus qu’un accessoire de beauté, ils transmettent un message.

 En effet, de nombreuses femmes portent des perles de hanches pour communiquer, s’embellir et plaire à leur partenaire. Certaines pendent à la taille. D’autres sont lumineuses ou encore parfumées. Nombreuses sont des femmes avouant qu’il s’agit d’un geste de beauté et d’attirance sexuelle. Un outil de communication de très grande valeur. Le cliquetis des perles a un effet sur l’homme. A savoir la séduction. À l’origine, c’était un accessoire porté dans l’intimité du couple. Normalement, il n’y a que le mari ou le partenaire qui devrait voir ces accessoires sur le corps de la femme, dit-elle. Dans les coutumes ancestrales, il y a eu des encens spécialisés qui avaient un effet aphrodisiaque ou spirituel.

Autres usages

De plus, quand elles sont portées par les filles dès l’enfance, cela permet aux parents de suivre la croissance de l’enfant donc de contrôler, par exemple, la prise de poids. En effet, selon des sources, les perles de hanches permettent aussi à la femme de suivre les transformations dans son corps. Si elle perd du poids, les perles de hanches vont descendre. Si elle prend du poids, les perles de hanches vont devenir très serrées.

Certaines vertus mystiques leur sont attribuées. Par exemple, elles sont mises autour des tailles des bébés, sans distinction de genre, afin d’apaiser les douleurs de la poussée dentaire. Elles sont aussi reconnues pour leur capacité d’envoûtement. On dit que certaines perles ont la capacité de garder l’amoureux, de garder le mari, donc elles auraient des pouvoirs magiques, dit-elle.

Selon l’usage, les perles ont de nombreux effets. Dans la culture populaire, elles aident les bébés à supporter le passage de la pousse de dents. On y associe un petit bijou fait en peau d’animal dans certaines régions du continent. Avec l’intégration des religions d’origine européenne, les perles seront agrémentées de petits médaillons religieux que les petites filles porteront partout. Idéales pour former très tôt les célèbres courbes africaines ou tout simplement pour guérir certains maux, les perles restent cet accessoire que reines et même rois ont porté.

Valeur économique

Sur le plan économique, le secteur des perles semble avoir connu un certain déclin. Très présent il y a des années, on n’assiste aujourd’hui qu’à quelques étalages dans les pavillons tenus par des Ouestafs au Marché central. Toutefois, il pourrait subsister après la réhabilitation du marché-Zando. Elles ne coûtent pas grandchose. Il faut en moyenne entre 500 et 5000 francs pour s’offrir de belles perles que l’on désire porter. Il revient à chaque consommatrice de les combiner à sa guise. Quel que soit l’usage que l’on envisage d’en faire, les vendeurs sont des meilleurs guides. Au-delà de toutes ces considérations, on retient que les perles ont une valeur culturelle importante à travers des générations.

 Raymond Okeseleke

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