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Foot : Malgré l’investissement de Milvest, V. Club vacille

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Malgré le sponsoring assuré depuis quelques mois par la firme turque Milvest, l’Association Sportive Vita Club peine toujours à décoller. Après avoir remporté de justesse la Coupe du Congo (1-0) à la fin de la saison dernière, les Dauphins Noirs tâtonnent cette saison en Coupe de la Confédération.

Tout a commencé par des problèmes administratifs pour rejoindre l’Afrique du Sud, à l’occasion de leur premier match de la Coupe de la Confédération contre Stellenbosch FC, le 13 septembre dernier. Alors que l’équipe commençait à perdre espoir de voyager, elle a finalement pu rejoindre le sol sud-africain. Malheureusement, sur le terrain, l’AS V. Club n’a pas su démontrer sa véritable stature, s’inclinant 2-0 face aux locaux. Stupeur et déception à Kinshasa, après tant d’investissements dans le recrutement ! L’entraîneur marocain Ouaddou Abdeslam a même annoncé sa démission avant son retour à Kinshasa, depuis l’étranger.

L’administration de V. Club a pris deux jours pour réagir, acceptant la démission de l’entraîneur dans un courrier signé le 16 septembre 2024 par le président Amadou Diaby. Le club vert et noir a « pris acte » de ce départ, bien que non conforme aux obligations contractuelles.

Cette désillusion était prévisible pour les observateurs du club au cours des huit derniers mois. Le recrutement massif a conduit à un renouvellement à plus de 90 % de l’équipe, laissant peu d’opportunités aux anciens cadres de transmettre l’identité du club et la culture footballistique congolaise aux nouvelles recrues, venues principalement de France, de Belgique, d’Afrique de l’Ouest, ainsi que d’Europe de l’Est.

Préparation sans conviction

Après avoir échoué en Ligue Nationale de Football (LINAFOOT), V. Club a difficilement obtenu sa qualification en battant la modeste équipe du FC Céleste (1-0) lors de la Coupe du Congo. N’ayant disputé aucun match de championnat national au début de cette saison, les « Bana Mbongo » ont enchaîné les défaites en matchs amicaux. Défaits face à Maniema Union, puis accrochés par Othoyo du Congo-Brazzaville, ils ont remporté, sans convaincre, des victoires face à Tout Capable Elima (4-2) et Bukavu Dawa (2-1). En août, ils ont concédé un match nul (1-1) contre Malole de Kananga au stade Tata Raphaël. « Ce résultat contre Malole montre clairement que V. Club a encore du chemin à parcourir pour atteindre sa vitesse de croisière », reconnaissait le coach Ouaddou Abdeslam, qui quittera son poste un mois plus tard sans avoir pu atteindre cet objectif.

Une des pires saisons

Malgré le financement de Milvest, dirigée par le richissime homme d’affaires turc Thuran Mildon, V. Club a connu l’une des pires saisons de son histoire. Le club a enregistré au total 9 défaites, dont 6 lors de la phase classique de la LINAFOOT et 3 en play-offs. Lors de la phase classique, V. Club a terminé 2ème du groupe B avec 34 points, derrière Maniema Union (37 points). Aux play-offs, les Dauphins Noirs se sont classés 4ème, derrière le FC Saint Eloi Lupopo, Maniema Union et le champion Mazembe.

Pour sauver une saison déjà désastreuse en LINAFOOT, l’équipe s’est rabattue sur la Coupe du Congo, qu’elle a péniblement remportée face au FC Céleste. C’est le seul titre marquant du passage d’Ouaddou Abdeslam à la tête de V. Club. Désormais, tous les regards des « Moscovites » sont tournés vers Raoul Shungu, ancien entraîneur relégué au rang de superviseur après l’arrivée du Marocain. Shungu tentera de réaliser un miracle lors du match retour pour remonter les deux buts encaissés en Afrique du Sud contre Stellenbosch FC. Une mission difficile, mais pas impossible pour les « Nzombo le soir » !

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Assemblée nationale : la motion contre Jacquemain Shabani fracture la majorité

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À l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, l’examen annoncé de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, initialement prévu le 27 avril, cristallise les tensions politiques au sein de l’Union sacrée de la Nation. Cette motion pourrait être examinée ce 29 avril. Avant cette séance, la majorité présidentielle essaie de créer une solidarité pour ne pas faire tomber son ministre.

Déposée le 13 avril par le député Laddy Yangotikala, la motion de défiance reproche à Jacquemain Shabani une gestion jugée défaillante de la sécurité nationale, notamment dans les grandes villes du pays, ainsi que des entraves au contrôle parlementaire et des abus d’autorité. Après plusieurs jours de tractations et de blocages au sein de la chambre basse, la Conférence des présidents avait finalement acté l’inscription de cette motion à l’ordre du jour de la plénière du lundi 27 avril, dans un climat politique particulièrement tendu. Cette séquence a mis en lumière de profondes divisions au sein de la majorité parlementaire. Retraits de signatures, pressions politiques et rivalités internes ont jalonné le parcours de cette initiative, perçue par certains comme un test du contrôle parlementaire et, par d’autres, comme une manœuvre politique visant à fragiliser un membre clé du gouvernement.

Des pressions sur les initiateurs de la motion

Coup de théâtre à la veille de l’échéance : la motion ne figure finalement pas à l’ordre du jour officiel de la plénière du 27 avril, alors même que son examen avait été annoncé. Cette absence contraint les initiateurs à patienter davantage, ravivant les accusations de blocage institutionnel. Des pressions auraient été exercées sur certains députés signataires de la motion, conduisant à des retraits de soutien, d’après des informations glanées dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Depuis quelques jours, le député Laddy Yangotikala accuse le bureau de l’Assemblée nationale de blocage. Il a dénoncé une violation du Règlement intérieur (article 235), qui prévoit un délai de 48 heures après le dépôt pour le traitement d’une motion. « Malgré les tentatives de dissuasion afin de pousser les uns et les autres à retirer leurs signatures et nous autres à nous retirer de cette initiative, nous restons sereins que la prochaine plénière sera consacrée à l’alignement et au traitement de la motion visant le vice-Premier ministre pour qu’il vienne expliquer à notre chambre la situation sécuritaire des Kinoises et Kinois, des Congolaises et Congolais, de Boyomaises et Boyomais », a déclaré l’élu de Kisangani la veille de la décision de la conférence des présidents ayant annoncé l’alignement de sa motion.

Parallèlement, des doutes ont été soulevés quant à l’authenticité de certaines signatures figurant sur le document de la motion. Ces tensions ont franchi un nouveau cap avec le dépôt d’une plainte pour faux devant le Parquet général près la Cour de cassation, visant l’auteur de la motion, Laddy Yangotikala. Président intérimaire du parti Action des volontaires pour la relève patriotique (AVRP) du ministre Muhindo Nzangi, cet élu était même contraint de démissionner suite à son initiative parlementaire, avant d’être exclu du regroupement politique AB. 

Shabani va-t-il devenir le second ministre évincé par sa majorité ?

Sous le premier mandant du président de la République, Félix Tshisekedi, un ministre est entré dans l’histoire pour avoir été évincé par sa propre majorité :  Jean-Marie Kalumba Yuma. Ce dernier fut ministre de l’Economie nationale en 2022 quand il a été renversé par l’Assemblée nationale. Le 30 mars 2022, il fut déchu par la plénière de l’Assemblée nationale à la suite d’une motion de défiance du député national Crispin Mbindule. Par un vote de 277 voix pour (199 contre et 12 abstentions), l’Assemblée nationale avait destitué le ministre de l’Économie nationale pourtant membre de la majorité au pouvoir. Une première dans l’histoire congolaise, qui n’avait jamais vu une majorité s’en prendre ainsi à un membre du gouvernement. Ce qui fait craindre le pire à Jacquemain Shabani. Si le patron de la territoriale arrivait à se faire renverser, il serait le deuxième ministre sous l’ère Tshisekedi à tomber devant l’Assemblée nationale.   

L’Union sacrée veut sauver Shabani

Avant cette échéance, l’Union Sacrée de la Nation a réuni ses députés afin d’exprimer sa solidarité au vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et membre éminent de la majorité parlementaire. Mais avant la démonstration de ce soutien, Jacquemain Shabani devra présenter ses moyens de défense devant les députés nationaux, conformément au règlement intérieur de l’institution. Au terme de ce débat, les parlementaires procéderont au vote pour décider de l’adoption ou du rejet de la motion de défiance. En cas d’adoption, le membre du gouvernement visé serait tenu de déposer sa démission, conformément à la procédure en vigueur. « La procédure est risquée. Voilà pourquoi pour aligner la motion, il faut que la majorité se rassure de sa propre solidarité envers le ministre visé, sinon, une surprise peut venir du vote », explique une source au sein du parlement.

La plénière du 29 avril pourrait être fortement marquée par cette affaire, devenue emblématique des tensions au sein de la majorité parlementaire. Cette motion de défiance contre Jacquemain Shabani s’impose comme un révélateur des rapports de force au sein de l’Assemblée nationale, laissant en suspens la question du contrôle effectif de l’action gouvernementale en RDC.

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UDPS : à quand la concorde au sein du parti présidentiel ?

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Miné par des querelles internes récurrentes, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) peine à afficher une unité durable, que ce soit dans l’opposition hier ou au pouvoir aujourd’hui. Entre rivalités de leadership, blocages organisationnels et tensions publiques, les divisions actuelles interrogent sur la capacité du parti à survivre politiquement après l’exercice du pouvoir en 2028.

Au sein de l’UDPS, les signes de crispation interne se multiplient, donnant l’image d’un parti en proie à des luttes intestines constantes. Dernier épisode en date : les tensions ravivées entre cadres influents de la majorité au pouvoir, illustrées par des attaques publiques entre responsables politiques lors de meetings récents. Le 18 avril, devant les militants de l’UDPS, le secrétaire général Augustin Kabuya a relancé ces tensions en diffusant des images d’une ancienne intervention du secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, André Mbata, au siège de l’UNC. A travers ces images, le secrétaire général de l’UDPS a voulu rappeler publiquement le parcours politique d’André Mbata, suggérant qu’il n’est pas un membre historique de l’actuel parti présidentiel. Ces deux personnalités ont étalé leurs dissensions au grand jour après l’élection du gouverneur de Sankuru. La victoire du candidat Lodi Emongo, porté par André Mbata, au détriment du ticket Lumu Akutu Joseph et Dambo Onayimbi José, soutenu par Augustin Kabuya, a poussé André Mbata à qualifier ses camarades comme étant du mauvais côté de l’histoire.

Dans son intervention lors d’un meeting au siège du parti, Kabuya a insisté sur sa propre ancienneté au sein de l’UDPS, mettant en avant son rôle dans l’ascension de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Il a ainsi cherché à affirmer sa légitimité face à Mbata, présenté comme un “nouveau venu” dans les rangs du parti. Ces frictions ne sont pas isolées. Elles traduisent une rivalité croissante entre figures du parti et, plus largement, au sein de la plateforme au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation. Derrière ces passes d’armes, se jouent des enjeux de positionnement politique, d’influence et de contrôle de l’appareil partisan.

Une crise interne assumée et dénoncée de l’intérieur

Au-delà des affrontements entre leaders, certaines voix internes dénoncent ouvertement une dérive préoccupante. Des cadres de la jeunesse du parti évoquent des comportements « immatures » et des « camps qui se forment », révélateurs d’un profond malaise organisationnel. Ces critiques mettent en lumière une réalité : l’UDPS, longtemps structurée autour d’un combat commun dans l’opposition, semble aujourd’hui fragilisée par l’exercice du pouvoir et les ambitions individuelles. La discipline interne apparaît de plus en plus difficile à maintenir.

Le blocage du congrès, symbole d’un malaise plus profond

L’incapacité du parti à organiser son congrès, pourtant annoncé comme une étape clé de restructuration, illustre ces divisions. Initialement prévu en décembre 2025 et conçu pour redéfinir les orientations et renouveler les instances dirigeantes, ce rendez-vous est constamment reporté sur fond de désaccords internes. Ce blocage nourrit les frustrations des militants et alimente les interrogations sur la gouvernance du parti. Il reflète surtout des divergences profondes sur les questions de leadership et de gestion, qui peinent à trouver une issue consensuelle.

Un parti historiquement traversé par les divisions

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Déjà dans l’opposition, l’UDPS était régulièrement secouée par des dissensions internes, liées notamment à des querelles de légitimité et de leadership. Aujourd’hui, l’accession au pouvoir n’a pas atténué ces fractures – elle semble au contraire les avoir exacerbées. Des observateurs évoquent même une « crise existentielle », marquée par une perte de repères idéologiques et une gestion jugée contestée en interne. Dans ce contexte, certains militants redoutent une dilution de l’identité historique du parti, héritée d’Étienne Tshisekedi, au profit d’alliances politiques jugées opportunistes.

Le risque de l’après-pouvoir

Au-delà des tensions actuelles, une question se pose avec insistance : que restera-t-il de l’UDPS après le pouvoir ? Pour plusieurs analystes, l’incapacité à consolider l’unité interne pourrait fragiliser durablement le parti. Le risque est celui d’un éclatement ou d’un affaiblissement, notamment si les alliances qui soutiennent aujourd’hui la majorité venaient à se déliter. Dans un système politique congolais marqué par des recompositions rapides, l’absence de cohésion interne pourrait coûter cher à une formation qui a longtemps incarné l’opposition historique avant d’accéder au sommet de l’État. Ces dissensions pourraient affecter l’après-pouvoir de l’UDPS avec un risque d’implosion du parti. Pourtant, certains militants – moins clivants – attendent une concorde au sein de ce grand parti de la scène politique congolaise.

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RDC : Ces dix événements qui ont marqué l’année 2025

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L’année 2025 aura été une année difficile sur le plan sécuritaire pour la République démocratique du Congo (RDC). Cette année, qui arrive à son terme, a été ponctuée par plusieurs événements marquants. Heshima Magazine revient sur dix d’entre eux.

En 2025, le pays a perdu le contrôle de deux de ses importantes capitales régionales occupées par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Dès le 13 janvier, le célèbre catcheur congolais Edingwe « Moto na Ngenge », de son vrai nom Louis Mapima Mbaka, est décédé à Casablanca, au Maroc, à l’âge de 73 ans, provoquant une grande émotion en RDC où il était une légende, avec des hommages nationaux qui ont suivi son rapatriement à Kinshasa fin février 2025. En dehors de ce cas de décès, voici une rétrospective d’une année riche en événements notamment sur les situations sociales, les inondations et le sport.   

24 janvier : Mort du général Peter Cirimwami

Dès l’entame de l’année, la RDC a été confrontée à une aggravation de la situation sécuritaire dans sa partie Est. Le général major Peter Cirimwami Nkuba, officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et gouverneur militaire intérimaire de la province de Nord-Kivu, a été tué le 24 janvier après avoir été touché par balles la veille près de Sake, une cité située près de la ville de Goma. L’incident a eu lieu alors que le gouverneur militaire s’était déplacé vers la ligne de front à l’ouest de Goma. Sérieusement blessé, il a été pris en charge d’abord à Goma puis évacué dans la nuit vers Kinshasa. Inhumé huit mois plus tard avec un colonel tombé également sur la ligne de front au Sud-Kivu, Peter Cirimwami Nkuba a été élevé au rang de grand officier et commandeur dans l’ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba par le président de la République, Félix Tshisekedi. La cérémonie, qui a eu lieu au Palais du peuple, en plein cœur de la capitale congolaise, a été ponctuée de nombreux hommages.

27 janvier 2025 : Chute de la ville de Goma

Le 27 janvier, Goma, la capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. L’offensive avait démarré depuis le 23 janvier. La chute de cette ville a marqué une escalade significative du conflit dans l’Est du pays. Symbole stratégique, politique et économique, la capitale du Nord-Kivu est devenue l’épicentre d’une onde de choc aux répercussions nationales et régionales. Cette prise de la ville la plus importante de l’Est du pays a entraîné une crise humanitaire et politique, avec des appels à l’aide internationale et des protestations en RDC. A Kinshasa, cette offensive éclair et brutale a provoqué des émeutes populaires contre certaines ambassades occidentales, notamment celles de la France et de la Belgique. L’ambassade du Rwanda dont le pays participe aux hostilités aux côtés des rebelles du M23 a été aussi attaquée.

A Goma, la ville traverse toujours une épreuve difficile près d’une année après son occupation. Ces combats avaient provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations, s’ajoutant à des camps déjà saturés autour de la ville. Des familles entières avaient fui sans ressources, cherchant refuge dans des écoles, des églises ou à même les routes menant vers le Sud-Kivu. Malgré le démantèlement par la force des camps des déplacés autour de la ville de Goma, certaines familles, en rentrant chez elles, ont trouvé des occupants inconnus dans leurs champs et parfois dans leurs maisons. Kinshasa a dénoncé une « implantation » des populations inconnues dans les zones contrôlées par le Rwanda via le M23 au détriment des autochtones. Des voix discordantes sont systématiquement réduites au silence. C’est le cas de l’artiste musicien Katembo Idengo, alias « Delcato », tué le 13 février 2025 par des rebelles du M23 à Goma, alors qu’il était en train de tourner un clip d’une chanson dénonçant l’occupation des villes de l’Est du pays par ces rebelles appuyés par le Rwanda.

De leur côté, les organisations humanitaires ont alerté sur des pénuries critiques de nourriture, d’eau potable et de médicaments, aggravées par l’insécurité et la fermeture de plusieurs axes d’approvisionnement. Les hôpitaux de Goma, déjà fragilisés, ont peiné à faire face à l’afflux de blessés. L’accès aux soins est devenu un luxe, alors que le risque d’épidémies augmente dans les zones de regroupement improvisées. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à la malnutrition, aux violences et à l’interruption brutale de leur scolarité. Cette chute de la ville a provoqué des milliers de morts civils. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation d’occupation ravive les tensions régionales et les craintes d’une escalade majeure du conflit. Les accusations de soutiens extérieurs au M23 refont surface, compliquant davantage les efforts diplomatiques pour stabiliser la région.  

14 février : Chute de Bukavu

Après la ville de Goma et des combats dans certains territoires du Sud-Kivu, la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est finalement tombée le 14 février. Des combattants de l’AFC/M23 ont marché et roulé dans le centre-ville sans résistance. Contrairement à Goma, Bukavu était tombée sans combat. Il s’agit de la deuxième grande ville du pays à être passée sous contrôle des rebelles dans cette région riche en minerais. Plus d’une dizaine de jours après l’occupation de cette ville, une attaque à la grenade a été perpétrée en marge d’un meeting de l’AFC/M23 organisé à la Place de l’indépendance à Bukavu. Cet attentat a entraîné la mort d’une dizaine de personnes et fait une soixantaine de blessés. A Goma, comme à Bukavu, les rebelles ont installé des administrations parallèles.     

Avril 2025 : Des inondations meurtrières à Kinshasa

Des pluies diluviennes se sont abattues sur Kinshasa, le 5 avril, causant la mort d’une trentaine de personnes et paralysant la capitale du pays. Des habitants circulaient en pirogue ou à la nage dans des avenues transformées en rivières. Après les pluies, les eaux ont progressivement monté, dévastant plusieurs quartiers périphériques et défavorisés de Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants et marquée par une urbanisation anarchique. Des quartiers les plus touchés étaient Debonhomme, Salongo et une partie de Kingabwa mais aussi Ndanu dans la commune de Limete, ainsi que d’autres zones fragiles dans les communes de Mont-Ngafula, Matete et N’djili.

Au total, 5 300 ménages des sinistrés de ces inondations ont été indemnisés par l’Etat congolais et ramenés à leurs domiciles, d’après le compte-rendu du 55ème Conseil des ministres.

Juin 2025 : Accord de paix signé le 27 juin

Après l’occupation de Goma et Bukavu, Kinshasa et Kigali ont signé un accord de paix. Représentés par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, le 27 juin 2025 à Washington, un accord en présence du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Marco Rubio. Signé par Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, et Olivier Nduhungirehe, son homologue rwandais, cet accord comprend deux volets majeurs : sécuritaire et économique. Il prévoit notamment le respect de l’intégrité territoriale des deux pays, la cessation des hostilités entre leurs armées, ainsi que l’engagement mutuel de ne plus soutenir des groupes armés comme les FDLR ou l’AFC/M23. Il inclut également la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire fondé sur le concept d’opérations adopté à Luanda en octobre 2024. Cet accord bilatéral de paix entre la RDC et le Rwanda est signé sous médiation des États-Unis et vise à apaiser les tensions régionales dans les Grands Lacs.

Septembre 2025 : Condamnation de Constant Mutamba

L’ancien ministre de la Justice et Garde des sceaux, Constant Mutamba, a été condamné le 2 septembre 2025 à 3 ans de travaux forcés. Il a écopé également de 5 ans d’interdiction de vote et d’éligibilité. Cette sentence a été également confirmée en appel. Le verdict de la Cour de cassation de la République démocratique du Congo l’a reconnu coupable de détournement de fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo, dans le nord-est de la RDC. L’ancien ministre de la Justice a également été exclu de toute fonction publique, et sommé de restituer 19 millions de dollars détournés.

Septembre 2025 : Condamnation par contumace de Joseph Kabila

L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila – 54 ans – a été condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire de Kinshasa en septembre 2025. Il était poursuivi pour trahison et crimes de guerre, notamment pour son lien présumé avec le groupe rebelle AFC/M23. Il a été jugé coupable d’intelligence avec le Rwanda, complot et participation à un mouvement insurrectionnel. Joseph Kabila, qui n’était pas présent à son procès dans la capitale Kinshasa et n’y était pas non plus représenté, a finalement réapparu à Nairobi, au Kenya, créant une coalition d’opposition dénommée « Sauvons la RDC » en octobre dernier. Une plateforme qui réunit certains opposants en exil notamment Franck Diongo, Jean-Claude Mvuemba et Augustin Matata Ponyo.

Novembre 2025 : La RDC remporte la finale des barrages africains pour le mondial  

L’année 2025 a vu aussi les Léopards de la République démocratique du Congo réaliser un exploit historique en battant en finale des barrages africains les Super Eagles du Nigeria pour la dernière place de la qualification à la Coupe du monde 2026. Après un match nul (1-1) dans le temps réglementaire, les Léopards ont réussi à se défaire du Nigeria sur tirs au but. Une victoire majeure pour la qualification à la Coupe du monde 2026. Les hommes de Sébastien Desabre ne sont qu’à un match de la phase finale de la Coupe du monde qui aura lieu en juin prochain aux Etats-Unis, Mexique et Canada. En mars prochain, ils affronteront en finale des barrages intercontinentaux le gagnant du match Jamaïque-Nouvelle-Calédonie qui se jouera au Mexique. Après plus de 51 ans, jamais la RDC n’était aussi proche d’une qualification au mondial.

Décembre 2025 : Accord de paix ratifié par Tshisekedi et Kagame

Après avoir été signé le 27 juin par les ministres des Affaires étrangères de deux pays en conflit, l’Accord de paix de Washington a été ratifié le 4 décembre par les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump. Félix Tshisekedi s’est engagé solennellement à mettre en œuvre, « en toute sincérité », l’ensemble des obligations qui en découlent. Le chef de l’État congolais a exprimé l’espoir que, avec le même sérieux, le Rwanda respectera pleinement la lettre et l’esprit des engagements pris à Washington. Mais seulement quelques jours après, les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée rwandaise ont pris le contrôle de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Malgré les appels au retrait de ces troupes par les Etats-Unis, l’armée congolaise affirme que ces rebelles n’ont pas quitté totalement la ville d’Uvira. Cette ville stratégique peut donner accès à la province du Tanganyika.        

15 décembre : Roger Lumbala condamné à 30 ans de prison 

L’ancien chef rebelle et ministre congolais, Roger Lumbala, a été condamné, le15 décembre, à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Paris, en France. Il a été reconnu coupable de complicité de crimes contre l’humanité, pour avoir ordonné, aidé ou encouragé ses troupes lors de l’opération « Effacer le tableau » dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Son rôle dans les crimes commis dans ces deux régions de la République démocratique du Congo entre 2002 et 2003 a été épinglé tout au long du procès. Le parquet avait requis la réclusion à perpétuité, mais les juges ont prononcé une peine de 30 ans. C’est la première fois qu’un ancien rebelle congolais soit jugé par la France. Des ONG des droits de l’homme parlent d’une avancée majeure pour les droits des victimes des conflits armés en RDC.     

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