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Église catholique en RDC : entre foi, politique et contre-pouvoir

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L’Église catholique en République démocratique du Congo (RDC) occupe une place singulière dans la vie spirituelle, sociale et politique du pays. Si son rôle de défenseur des droits humains et de médiatrice dans les crises est souvent salué, il est également sujet à débat. Certains estiment qu’en s’impliquant aussi activement dans les affaires politiques, l’Église dépasse ses prérogatives spirituelles pour endosser une posture proche de celle d’un parti d’opposition, soulevant des interrogations sur la pertinence de cette démarche.

Dans de nombreux pays du monde, l’église catholique se concentre davantage sur des questions éthiques et morales, limitant son intervention politique à des plaidoyers indirects ou à des conseils spirituels. En RDC, cependant, elle va bien au-delà. Par ses prises de position publiques, ses appels à la mobilisation et son rôle de médiatrice, elle s’implique directement dans la gestion des affaires publiques.

Cette implication soulève des critiques. Certains observateurs considèrent que l’église catholique, en adoptant une posture ouvertement critique vis-à-vis des régimes successifs, risque de se comporter comme une force politique concurrente. Elle prend souvent des positions qui, bien que justifiées moralement, donnent l’impression qu’elle agit comme un parti d’opposition. Cette situation brouille la ligne entre son rôle spirituel et son rôle politique, exposant ses leaders à des accusations de partialité.

« À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »

Cette critique trouve écho dans les Évangiles, notamment dans la célèbre phrase de Jésus : « À César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22:21). Ce passage, souvent cité dans les débats sur la séparation entre l’Église et l’État, enseigne une distinction claire entre les domaines spirituel et temporel. Jésus répondait à une question piège sur le paiement des impôts à l’autorité romaine. En affirmant que les fidèles doivent respecter leurs obligations civiles tout en restant fidèles à Dieu, il soulignait la nécessité de respecter les sphères respectives de la politique et de la religion.

Appliquée au contexte de la RDC, cette maxime pourrait inviter l’église catholique à recentrer son action sur ses missions spirituelles et sociales, tout en laissant les affaires strictement politiques aux acteurs institutionnels et à la société civile. Son rôle ne devrait pas être de se substituer à l’État ou de devenir un acteur politique de premier plan, mais plutôt de jouer un rôle de guide moral, en inspirant des valeurs de justice et de paix sans franchir les limites de son mandat spirituel.

Une influence légitime, mais des dérives possibles

L’argument selon lequel l’église devrait se limiter à un rôle spirituel repose sur plusieurs éléments. D’abord, son implication politique peut miner sa crédibilité en tant qu’autorité morale neutre. Lorsque qu’elle prend des positions tranchées ou semble s’aligner avec certains camps politiques, elle risque de diviser ses fidèles, qui ne partagent pas nécessairement les mêmes opinions politiques.

Ensuite, en se positionnant comme un contre-pouvoir systématique, elle donne l’impression qu’elle cherche à combler un vide institutionnel, ou à prendre la place de l’opposition qu’elle juge faible, ce qui peut la détourner de ses missions premières. En RDC, cette situation est exacerbée par la faiblesse des institutions étatiques, qui pousse souvent l’église catholique à intervenir là où l’État échoue. Toutefois, ce rôle de substitution ne devrait pas l’amener à adopter des pratiques qui rappellent celles d’un parti politique.

Enfin, cette posture peut être perçue comme une contradiction avec l’enseignement biblique. Jésus lui-même n’a pas cherché à défier directement les autorités romaines ou à s’immiscer dans la gouvernance politique de son époque, préférant prêcher un message de transformation intérieure et spirituelle.

Engagée dans un contexte particulier

Dans un pays marqué par des décennies de mauvaise gouvernance, de conflits armés et d’institutions fragiles, l’église a souvent été perçue comme l’un des rares acteurs capables de représenter les intérêts du peuple. Son engagement trouve sa légitimité dans sa proximité avec les communautés locales et dans l’absence d’une société civile suffisamment forte pour tenir tête aux régimes autoritaires.

Ainsi, si elle dépasse parfois son rôle spirituel, elle répond aussi à un vide institutionnel qui la contraint à assumer des responsabilités exceptionnelles. Toutefois, ce pragmatisme ne doit pas servir de justification pour une implication politique systématique ou prolongée. Le risque est qu’elle perde sa singularité et sa mission universelle en devenant un acteur parmi d’autres dans l’arène politique.

Alliances stratégiques avec l’opposition politique

Un aspect marquant de l’engagement de l’église catholique en RDC réside dans ses relations complexes avec l’opposition politique. Depuis les années Mobutu, l’église a souvent été perçue comme une alliée indirecte de l’opposition, jouant un rôle de relais lorsqu’elle peinait à mobiliser la population.

Ce soutien s’est illustré de manière saisissante sous le régime de Joseph Kabila, notamment lors des tentatives de modification de la constitution vers la fin de son mandat. Face à une opposition fragmentée et souvent à bout de souffle, l’église catholique a pris les devants en organisant des manifestations pacifiques tous les dimanches après les messes, appelant les fidèles à défendre les principes de justice et de respect de la Constitution.

Cette mobilisation massive, orchestrée avec une discipline remarquable, a exercé une pression considérable sur le régime, le forçant à renoncer au projet controversé de modification de la Constitution dans le but de maintenir Joseph kabila au pouvoir. Ce rôle actif a contribué à créer les conditions qui ont permis l’alternance politique et l’arrivée d’un opposant, Félix Tshisekedi, à la présidence.

Cependant, loin de s’aligner sur ce dernier après son accession au pouvoir, l’église catholique a maintenu sa posture critique, notamment en s’opposant à de nouvelles initiatives perçues comme contraires à l’intérêt général, telles que le changement de la constitution.

Cette dynamique illustre la capacité de l’église à jouer un rôle d’équilibriste, entre soutien circonstanciel à l’opposition et vigilance permanente vis-à-vis du pouvoir en place. En agissant comme un véritable contre-pouvoir, elle met en lumière la faiblesse structurelle de l’opposition politique en RDC, tout en affirmant son engagement en faveur d’une gouvernance plus éthique et transparente.

Implication politique marquante

L’un des épisodes les plus emblématiques de l’implication politique de l’église catholique en RDC est la Conférence nationale souveraine (CNS) tenue entre 1991 et 1992. Elle est d’abord présidée un court moment par Kalonji Mutambai wa Pasteur Kabongo.

Sous la direction du cardinal Laurent Monsengwo, cette assemblée avait pour objectif de poser les bases d’une transition démocratique dans un pays alors gouverné d’une main de fer par Mobutu Sese Seko. En présidant cette conférence, Monsengwo n’a pas seulement assumé un rôle spirituel, mais s’est positionné comme un acteur clé du processus politique, jouant un rôle pivot dans la redéfinition des institutions du pays. La CNS a permis l’adoption d’une nouvelle constitution et la création d’un gouvernement de transition, bien que ses résultats aient été limités par les manœuvres dilatoires du régime de Mobutu.

Un autre exemple de l’implication directe de l’église catholique dans les affaires politiques remonte à la crise post-électorale de 2018. À travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), les évêques catholiques ont joué un rôle de médiation entre les différents acteurs politiques. Leur implication a été décisive pour éviter une escalade de la violence et pour poser les bases d’un consensus fragile qui a permis l’alternance politique.

Ces exemples montrent que, dans certaines circonstances, l’église catholique en RDC n’hésite pas à occuper une position hautement politique pour défendre l’intérêt général. Cependant, ce rôle, bien qu’efficace dans certains cas, suscite des débats sur la place que devrait occuper une institution religieuse dans un État démocratique.

La tendance humaine à oublier Dieu

La Bible regorge de récits illustrant la tendance humaine à se tourner vers Dieu dans les moments de difficulté et à l’oublier lorsque les choses s’améliorent. Un exemple frappant se trouve dans le livre des Juges, où il est écrit : « Ils abandonnèrent l’Éternel, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d’Égypte » (Juges 2:12, Louis Segond). Ce cycle de retour à Dieu en temps de crise, suivi d’un éloignement en période de prospérité, est un thème récurrent dans les écritures.

Cette dynamique peut être comparée à l’attitude de certains leaders politiques congolais, qui sollicitent le soutien de l’église catholique lorsqu’ils sont dans l’opposition, mais s’en détournent une fois au pouvoir.

Lors des crises sous le régime de Joseph Kabila, l’opposition politique a largement profité des mobilisations orchestrées par l’église pour dénoncer les dérives autoritaires. Toutefois, depuis que certains de ces opposants sont arrivés aux commandes, ils semblent moins enclins à collaborer avec une institution dont ils percevaient jadis la neutralité comme un atout. Cette ingratitude, souvent relevée par les clergés, reflète une contradiction entre les valeurs prônées aux côtés de l’église et les pratiques observées une fois le pouvoir acquis.

Un autre passage pertinent est tiré du livre de Deutéronome : « Garde-toi d’oublier l’Éternel, ton Dieu, en n’observant pas ses commandements, ses ordonnances et ses lois que je te prescris aujourd’hui » (Deutéronome 8:11, Louis Segond). Ce verset avertit contre l’orgueil qui peut surgir lorsque les difficultés disparaissent et que les bénédictions abondent. Cette mise en garde biblique illustre également le risque d’un éloignement des principes éthiques et spirituels sous l’effet du pouvoir ou du confort politique.

Jusqu’où peut-elle s’impliquer dans la politique ?

Face à ces constats, une question demeure : jusqu’où l’église catholique peut-elle s’impliquer dans les affaires politiques sans compromettre son intégrité spirituelle ? Si des figures comme le cardinal Laurent Monsengwo ou l’abbé Apollinaire Malu-Malu ont joué des rôles politiques de premier plan, ces exemples doivent-ils être perçus comme des exceptions justifiées par des crises spécifiques, ou comme une normalisation de l’implication de l’église dans la gouvernance d’un État ?

La position de Monsengwo à la tête de la CNS ou celle de Malu-Malu dans l’organisation des élections de 2006 sont des cas emblématiques où le clergé a su répondre à des besoins pressants de leadership dans un contexte de vide institutionnel. Cependant, cette implication n’est pas sans risques. D’une part, elle peut renforcer l’image d’une église catholique omniprésente, ce qui pourrait aliéner une partie de la population ou des fidèles ne partageant pas les orientations politiques qu’elle soutient implicitement. D’autre part, elle ouvre la voie à une confusion entre les rôles religieux et civils, brouillant davantage la frontière entre Église et État.

En définitive, l’église catholique en RDC se trouve dans une position délicate. Son engagement en faveur de la justice et des droits fondamentaux reste essentiel dans un pays où les institutions étatiques peinent à assumer pleinement leurs responsabilités. Toutefois, pour préserver son rôle de guide moral universel, elle doit éviter de devenir une force politique à part entière, et s’efforcer de demeurer un arbitre impartial, capable d’accompagner la société congolaise dans sa quête de justice et de paix sans sacrifier sa mission spirituelle.

Heshima

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CNSSAP : Junior Mata reçoit un prix de mérite 

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L’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC) distingue la vision de Junior Mata et consacre la montée en puissance de la CNSSAP dans les standards internationaux de gouvernance

La bonne gouvernance n’est plus seulement un concept inscrit dans les rapports institutionnels. À la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP), elle se traduit désormais par une reconnaissance officielle. Le 13 mars 2026, à Kinshasa, l’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC), en présence des représentants de l’Association des Instituts d’Audit Interne d’Afrique (AFIIA Afrique), a décerné un prix de mérite à la CNSSAP, remis à son Directeur général, Junior Mata M’Elanga. Cette distinction récompense les avancées réalisées dans la construction d’une gouvernance moderne et conforme aux meilleures pratiques internationales.

Une gouvernance bâtie sur les standards mondiaux

Au fil des dernières années, la CNSSAP s’est engagée dans une profonde transformation de ses mécanismes de gouvernance. L’objectif : faire de la transparence, de la maîtrise des risques et du contrôle interne des leviers de performance au service des agents publics. Cette démarche s’est traduite par la mise en place d’une fonction d’audit interne structurée selon les directives de The Institute of Internal Auditors (IIA Global – États-Unis), référence mondiale dans ce domaine.

L’organisation repose aujourd’hui sur un dispositif de contrôle interne articulé autour des trois lignes de défense, un modèle international qui définit clairement les responsabilités des opérationnels, des fonctions de contrôle et de l’audit interne afin de renforcer la maîtrise des risques et la qualité de la gouvernance. 

Une culture de l’audit qui s’enracine

L’un des éléments les plus remarqués par les professionnels de l’audit concerne la montée en compétences des équipes internes. Tous les auditeurs internes de la CNSSAP sont désormais membres de l’IIA RDC et disposent d’un identifiant professionnel délivré par IIA Global, attestant de leur intégration dans le réseau international de la profession et de leur engagement à respecter les normes mondiales de l’audit interne. Au-delà d’une simple formalité administrative, cette reconnaissance traduit une volonté d’inscrire durablement la fonction d’audit dans les meilleures pratiques internationales. 

La certification ISO 9001 maintenue 

Cette distinction vient également conforter une autre réussite de la CNSSAP : le maintien de sa certification ISO 9001, norme internationale de référence en matière de management de la qualité. Cette certification atteste de la capacité de l’institution à structurer ses processus, à améliorer continuellement ses services et à placer la satisfaction des usagers au cœur de son organisation. L’association entre un système qualité certifié et une fonction d’audit interne conforme aux standards de l’IIA constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de la gouvernance de la Caisse. 

Une reconnaissance du leadership

En recevant ce prix de mérite, Junior Mata M’Elanga a tenu à souligner que cette distinction récompense avant tout le travail collectif des équipes de la CNSSAP. « Ce prix met en lumière les manifestations concrètes de nos efforts, menés avec rigueur et humilité, pour renforcer la gouvernance de notre établissement. », a-t-il déclaré. Le Directeur général a également réaffirmé la vocation première de la Caisse, celle de garantir une protection sociale performante, transparente et durable au bénéfice des agents publics de la République démocratique du Congo.

Une institution qui veut faire école

Dans un contexte où les exigences de bonne gouvernance deviennent de plus en plus fortes au sein des établissements publics, la reconnaissance décernée par l’IIA RDC revêt une signification particulière. Elle consacre une démarche qui dépasse la seule conformité réglementaire pour faire de la gouvernance un véritable outil de création de valeur. À travers le renforcement du contrôle interne, la professionnalisation de l’audit, la maîtrise des risques et le maintien des standards de qualité internationaux, la CNSSAP affiche son ambition de s’imposer comme une référence nationale en matière de gestion publique moderne.

Au-delà du trophée, cette distinction symbolise l’évolution d’une institution qui entend inscrire durablement la performance, la transparence et l’amélioration continue au cœur de son action au service des agents publics de l’État.

Heshima Magazine 

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De Matadi à Tshikapa CNSSAP une expansion qui rapproche la sécurité sociale des agents publics

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Matadi, Kikwit, Kananga et Tshikapa, l’expansion territoriale de la CNSSAP se poursuit à travers l’ouverture et le renforcement des agences en provinces. Une politique qui permet de rapprocher ce service des agents publics concernés.  

La transformation de la protection sociale des agents publics s’écrit désormais au rythme des provinces. Sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP) accélère le déploiement de son réseau à travers le pays, faisant de la proximité un pilier essentiel de la réforme sociale.

Longtemps concentrés à Kinshasa, les services de la CNSSAP s’étendent progressivement vers l’intérieur du pays afin de garantir aux fonctionnaires et agents publics un accès plus rapide, plus équitable et plus efficace à leurs droits sociaux. Cette stratégie traduit la volonté de construire une administration moderne, décentralisée et résolument tournée vers les besoins des bénéficiaires.

Une présence qui s’affirme dans les provinces

Le mouvement est désormais bien engagé. Après Matadi, première étape majeure dans le Kongo-Central, la CNSSAP a consolidé son implantation à Kikwit, dans la province du Kwilu, avant de poursuivre son expansion dans le Grand Kasaï. À Kananga, la dynamique a franchi un seuil décisif avec la construction en cours du futur bâtiment de l’agence provinciale et le lancement officiel des activités de la CNSSAP. Une avancée qui traduit la volonté des autorités de rapprocher durablement les services de sécurité sociale des agents publics du Kasaï-Central.

À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, les travaux préparatoires sont également en cours. La mise à disposition du terrain, les études techniques et les démarches administratives engagées ont ouvert la voie à l’implantation prochaine d’une agence appelée à renforcer la couverture territoriale de l’institution dans la province du Kasaï. Chaque nouvelle étape constitue une avancée concrète vers une couverture nationale plus équilibrée, où les services sociaux deviennent accessibles sans que les bénéficiaires soient contraints de parcourir des centaines de kilomètres pour accomplir leurs formalités.

Une réforme qui prend forme sur le terrain

Au-delà des infrastructures, l’expansion du réseau de la CNSSAP répond à une ambition plus profonde : rapprocher l’État de ses agents et faire de la sécurité sociale un service public de proximité. En développant ses agences provinciales, la CNSSAP réduit les disparités d’accès aux prestations sociales, simplifie les démarches administratives et améliore la qualité de la prise en charge des fonctionnaires et retraités sur l’ensemble du territoire national. Cette présence accrue dans les provinces participe également à la modernisation de l’administration publique en favorisant une gestion plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers les usagers.

Pour le Directeur général de la CNSSAP, Junior Mata M’Elanga, cette expansion territoriale constitue une étape majeure dans la consolidation de la mission de l’institution. Elle traduit une volonté constante de renforcer la bonne gouvernance, d’améliorer la qualité des services et de garantir une gestion responsable des droits sociaux des agents publics.

L’ouverture de nouvelles agences ne répond pas uniquement à une logique administrative. Elle incarne une nouvelle manière de concevoir le service public : plus proche, plus accessible et plus attentif aux réalités des provinces.

Vers une couverture nationale intégrale

De Matadi à Kikwit, de Kananga à Tshikapa, la CNSSAP poursuit méthodiquement son maillage territorial. 

Cette expansion progressive témoigne de l’engagement de l’institution à accompagner la vision présidentielle d’un État social où chaque agent public, quel que soit son lieu d’affectation, bénéficie des mêmes droits, des mêmes services et de la même qualité de prise en charge.

À mesure que son réseau se densifie, la CNSSAP confirme son rôle de pilier de la réforme sociale en République démocratique du Congo. Plus qu’une extension géographique, cette dynamique traduit la construction d’une protection sociale moderne, inclusive et durable, au service de tous les agents publics de l’État.

Heshima Magazine 

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Ville morte du 3 juin en RDC : un véritable test de popularité pour l’opposition

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La journée « ville morte » décrétée pour ce 3 juin 2026 par la Coalition Article 64 (C64) dépasse le simple cadre d’une contestation politique. Elle apparaît comme un test grandeur nature de la capacité de mobilisation de l’opposition congolaise face au pouvoir en place, dans un contexte marqué par les tensions autour du projet de loi sur le référendum et le débat constitutionnel.

À moins de 24 heures de l’échéance, tous les regards sont tournés vers les principales villes du pays, particulièrement Kinshasa. En appelant les citoyens à suspendre leurs activités et à rester chez eux, les leaders de l’opposition espèrent démontrer qu’ils conservent une influence significative sur l’opinion publique et qu’ils sont capables de transformer leur discours politique en mouvement populaire. Un tel test de mobilisation n’a plus été observé à l’échelle nationale depuis plus de sept ans.

Première grande action de la C64

Pour la coalition C64, cette journée constitue la première grande action de terrain depuis son lancement. Regroupant des figures de l’opposition telles que Martin Fayulu, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi, la plateforme dénonce une remise en cause de l’ordre constitutionnel à travers le débat sur le référendum et entend faire de cette mobilisation un signal fort adressé tant au pouvoir qu’à la communauté internationale.

Mais l’enjeu est tout aussi important pour l’opposition elle-même. Après plusieurs années marquées par des divisions internes et des difficultés à mobiliser durablement les foules, la réussite ou l’échec de cette opération pourrait servir d’indicateur de son poids réel sur l’échiquier politique national. Une forte adhésion populaire renforcerait sa crédibilité et sa capacité de pression, tandis qu’une faible mobilisation alimenterait les critiques sur son éloignement des préoccupations quotidiennes de la population.

Premier test pour Fayulu sans l’UDPS

Certains observateurs doutent de la capacité de Martin Fayulu à mobiliser la rue sans l’appui de l’UDPS, longtemps réputée pour sa force de mobilisation populaire. L’opposant a toutefois rappelé avoir joué un rôle dans la relance du parti d’Étienne Tshisekedi entre 2007 et 2010. Martin Fayulu soutient notamment avoir contribué à redynamiser l’UDPS durant cette période. Une affirmation qui a suscité une vive réaction du secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya. S’exprimant devant la presse le 11 mai 2026, ce dernier a fermement contesté cette version des faits, dénonçant des propos qu’il juge sans fondement.

Pour Augustin Kabuya, attribuer à Martin Fayulu la renaissance de l’UDPS relève d’une contre-vérité et témoigne d’une méconnaissance de l’histoire du parti. Selon lui, cette sortie médiatique visait davantage à attirer l’attention qu’à rétablir les faits. Il affirme également qu’à l’époque évoquée, Martin Fayulu ne disposait pas d’une influence politique notable sur la scène nationale et fréquentait les milieux de l’UDPS dans le but de gagner en visibilité auprès de l’opinion publique. Poursuivant son argumentation, Augustin Kabuya estime que la véritable notoriété politique de Martin Fayulu est apparue avec l’émergence de la coalition Lamuka en 2018. Il considère néanmoins que l’opposant ne bénéficie plus aujourd’hui de la même capacité de mobilisation qu’auparavant.

Dans ce contexte, le responsable de l’UDPS a lancé un défi à Martin Fayulu, l’invitant à démontrer son poids politique à travers des actions de terrain, notamment dans le cadre du débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Il a assuré que son parti était prêt à lui répondre sur le terrain politique. Cette nouvelle passe d’armes entre les deux camps illustre les interrogations qui persistent quant à la capacité réelle de mobilisation de l’opposition.

Une opposition dont la dernière démonstration de force remonte à 2018

Depuis plusieurs années, sous la présidence de Félix Tshisekedi, l’opposition peine à mobiliser la rue. L’actuel chef de l’État n’avait d’ailleurs pas hésité à qualifier cette opposition de « pete » (faible). La dernière grande manifestation de l’opposition remonte au 26 octobre 2018. Même à Kinshasa, la mobilisation était restée relativement limitée. Quelques milliers de militants du MLC, de l’UNC, de la Dynamique de l’opposition et d’autres formations politiques avaient alors parcouru une dizaine de kilomètres entre Limete et la place Triomphale, point de chute de la marche.

Le 3 juin, la majorité annonce des activités parallèles

Face à cette initiative de ville morte, la majorité présidentielle affiche sa sérénité et mise sur la poursuite normale des activités à travers le pays. Certains de ses soutiens ont même annoncé des activités parallèles afin de démontrer leur attachement aux réformes institutionnelles envisagées.

Ce bras de fer politique transforme ainsi le 3 juin en une véritable démonstration de force entre les deux camps. Dans les milieux de la société civile, plusieurs voix appellent à la retenue et au respect des libertés publiques. Les observateurs redoutent que les tensions politiques actuelles ne débouchent sur des incidents susceptibles d’aggraver davantage le climat déjà tendu dans le pays.

Jean-Pierre Lihau rappelle l’apolitisme des agents publics

À la veille de la journée « ville morte » annoncée par l’opposition, le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a tenu à rappeler aux agents de l’État leurs obligations de neutralité politique et de présence au travail. Dans une note de service signée le 1er juin 2026, il fait état de la diffusion, au sein de plusieurs administrations publiques, de tracts attribués à des formations de l’opposition appelant les fonctionnaires à participer à l’action prévue le 3 juin.

Le ministre estime que cette initiative est incompatible avec les principes qui régissent l’administration publique. Il souligne notamment que la Constitution consacre le caractère apolitique, neutre et impartial de l’administration, tandis que le Code de conduite des agents publics interdit toute implication dans les activités partisanes ainsi que l’utilisation des ressources de l’État à des fins politiques.

Dans le souci de garantir la continuité du service public, Jean-Pierre Lihau a annoncé le déploiement, dès le 2 juin, de missions d’inspection à travers les différents services de l’administration. Les responsables hiérarchiques sont invités à veiller au strict respect de ces dispositions, à assurer une large diffusion de la note et à prendre les mesures disciplinaires appropriées en cas de violation des règles en vigueur.

Le 3 juin, un tournant dans le rapport de forces ?

Au-delà des chiffres de participation et des commerces fermés, la journée du 3 juin pourrait marquer un tournant dans le rapport de forces politique en République démocratique du Congo. Si elle réussit, l’opposition démontrera qu’elle demeure une force capable de mobiliser la rue. Dans le cas contraire, le pouvoir y verra la confirmation de son ascendant sur la scène politique nationale. Quoi qu’il en soit, le verdict appartiendra à la population, véritable arbitre de ce test de popularité à ciel ouvert.

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