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RDC : Pourquoi l’opposition redoute la loi sur le référendum en examen au Parlement ?

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L’examen de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo (RDC) a donné lieu à de vives tensions entre la majorité et l’opposition. Une journée « ville morte » est prévue le 3 juin à l’appel de plusieurs formations de l’opposition pour dénoncer un éventuel changement de la Constitution, tandis que les partisans de la majorité annoncent également des manifestations en soutien à une réforme constitutionnelle.

Les tensions autour de la proposition de loi sur le référendum se sont clairement illustrées lors de la séance plénière du 27 mai. En signe de protestation, les députés d’Ensemble pour la République, principale force de l’opposition représentée à l’Assemblée nationale, ont quitté l’hémicycle avant la poursuite des débats. Initiée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, la proposition vise officiellement à doter le pays d’un cadre juridique actualisé en matière de référendum. Ses promoteurs estiment qu’elle permettra de combler un vide législatif en remplaçant les dispositions héritées de la période de transition de 2005 et en précisant les modalités d’organisation des consultations populaires prévues par la Constitution.

Du côté de la majorité présidentielle et de ses alliés, la démarche est présentée comme conforme aux prérogatives du Parlement et aux exigences de la démocratie participative. Pour les députés favorables à la réforme, cette loi ne fait qu’opérationnaliser une disposition déjà prévue par la Constitution. Ils soutiennent qu’elle permettra aux citoyens de se prononcer directement sur des questions d’intérêt national, conformément aux principes démocratiques consacrés par la loi fondamentale.

Député national élu de Mont-Amba, à Kinshasa, et président du Parti travailliste, Steve Mbikayi défend cette initiative portée par la majorité regroupée au sein de l’Union sacrée de la Nation. Pourtant, cette proposition de loi suscite une vive controverse sur la scène politique. Alors que la majorité la présente comme un instrument de consolidation démocratique, l’opposition y voit une initiative susceptible d’ouvrir la voie à des modifications constitutionnelles sensibles, dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays et de fortes tensions politiques.

Référendum pour un changement de Constitution ?  

Du côté de l’opposition, les inquiétudes sont nombreuses. Plusieurs leaders politiques craignent que ce texte ne constitue une étape préparatoire à une éventuelle révision de la Constitution. Ils redoutent notamment que le référendum soit utilisé pour modifier certaines dispositions jugées sensibles, notamment celles relatives à l’organisation des institutions ou à l’exercice du pouvoir, notamment les articles verrouillés tels que 219 et 220 sur la durée des mandats présidentiels.

Ces appréhensions s’inscrivent dans un contexte politique où les débats sur l’avenir des institutions reviennent régulièrement dans l’espace public. Certains opposants estiment que l’examen de cette loi intervient à un moment où les priorités du pays devraient plutôt être centrées sur la sécurité dans l’Est, la relance économique et l’amélioration des conditions sociales de la population. La majorité présidentielle rejette toutefois ces accusations. Elle affirme que le texte ne vise aucune révision constitutionnelle spécifique et qu’il se limite à définir les procédures, les modalités d’organisation et les conditions de validité d’un référendum. Selon ses défenseurs, toute interprétation contraire relèverait davantage de calculs politiques que d’une lecture objective du contenu de la proposition.

Au-delà des divergences juridiques, le débat révèle surtout la persistance d’un climat de méfiance entre les acteurs politiques congolais. Pour l’opposition, les garanties apportées par le texte demeurent insuffisantes pour écarter tout risque d’instrumentalisation politique. Pour la majorité, au contraire, le référendum constitue un outil démocratique légitime permettant de consulter directement le peuple souverain.

Des manifestations prévues cette semaine

Alors que la proposition de loi poursuit son parcours législatif, la controverse est loin d’être terminée. Plusieurs manifestations sont prévues cette semaine à travers le pays. La Coalition Article 64 (C64) a appelé la population congolaise à observer une journée « ville morte » le 3 juin prochain. Cette action vise à protester contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution. Le parti politique Alternative 2028, dirigé par l’opposant Ados Ndombasi, a également lancé le même appel. Dans un message diffusé le 31 mai, ses militants affirment qu’une modification de la loi fondamentale pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel pour le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Ils invitent ainsi les citoyens à rester chez eux afin de marquer leur opposition à cette éventualité.

L’Alliance pour le Changement (A.Ch), parti de l’opposant Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a également appelé ses militants, ses sympathisants ainsi que l’ensemble de la population à observer strictement cette journée « ville morte » décrétée par la coalition C64. « Vous avez vu ce que le Parlement vient de faire récemment ? Cet acte, au niveau de l’Alliance pour le Changement et bien évidemment de la coalition C64, nous l’avons considéré comme une déclaration de guerre. Nous avions dit qu’une fois la loi référendaire votée, nous demanderions au peuple de se prendre en charge et de mettre en application l’article 64 de la Constitution. C’est ce processus que nous avons déclenché », a déclaré Boniface Makobo, secrétaire général adjoint du parti de Jean-Marc Kabund-a-Kabund.

Parallèlement, une marche organisée par les partisans de la majorité au pouvoir est prévue le même jour à Kinshasa ainsi que dans certaines provinces. L’Église de Réveil du Congo (ERC) entend également soutenir l’initiative de changement de la Constitution. Une autre manifestation en faveur d’une réforme constitutionnelle est annoncée pour le 5 juin, selon Ejiba Yamapia, représentant légal de l’Église de Réveil du Congo.

Actuellement examinée par la commission Politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale, cette proposition de loi sera scrutée de près lors des prochaines étapes de son parcours institutionnel. Plus qu’un simple débat juridique, cette réforme apparaît comme un nouveau test de confiance entre le pouvoir et l’opposition dans un pays où toute discussion touchant aux équilibres institutionnels demeure particulièrement sensible.

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Ville morte du 3 juin en RDC : un véritable test de popularité pour l’opposition

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La journée « ville morte » décrétée pour ce 3 juin 2026 par la Coalition Article 64 (C64) dépasse le simple cadre d’une contestation politique. Elle apparaît comme un test grandeur nature de la capacité de mobilisation de l’opposition congolaise face au pouvoir en place, dans un contexte marqué par les tensions autour du projet de loi sur le référendum et le débat constitutionnel.

À moins de 24 heures de l’échéance, tous les regards sont tournés vers les principales villes du pays, particulièrement Kinshasa. En appelant les citoyens à suspendre leurs activités et à rester chez eux, les leaders de l’opposition espèrent démontrer qu’ils conservent une influence significative sur l’opinion publique et qu’ils sont capables de transformer leur discours politique en mouvement populaire. Un tel test de mobilisation n’a plus été observé à l’échelle nationale depuis plus de sept ans.

Première grande action de la C64

Pour la coalition C64, cette journée constitue la première grande action de terrain depuis son lancement. Regroupant des figures de l’opposition telles que Martin Fayulu, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi, la plateforme dénonce une remise en cause de l’ordre constitutionnel à travers le débat sur le référendum et entend faire de cette mobilisation un signal fort adressé tant au pouvoir qu’à la communauté internationale.

Mais l’enjeu est tout aussi important pour l’opposition elle-même. Après plusieurs années marquées par des divisions internes et des difficultés à mobiliser durablement les foules, la réussite ou l’échec de cette opération pourrait servir d’indicateur de son poids réel sur l’échiquier politique national. Une forte adhésion populaire renforcerait sa crédibilité et sa capacité de pression, tandis qu’une faible mobilisation alimenterait les critiques sur son éloignement des préoccupations quotidiennes de la population.

Premier test pour Fayulu sans l’UDPS

Certains observateurs doutent de la capacité de Martin Fayulu à mobiliser la rue sans l’appui de l’UDPS, longtemps réputée pour sa force de mobilisation populaire. L’opposant a toutefois rappelé avoir joué un rôle dans la relance du parti d’Étienne Tshisekedi entre 2007 et 2010. Martin Fayulu soutient notamment avoir contribué à redynamiser l’UDPS durant cette période. Une affirmation qui a suscité une vive réaction du secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya. S’exprimant devant la presse le 11 mai 2026, ce dernier a fermement contesté cette version des faits, dénonçant des propos qu’il juge sans fondement.

Pour Augustin Kabuya, attribuer à Martin Fayulu la renaissance de l’UDPS relève d’une contre-vérité et témoigne d’une méconnaissance de l’histoire du parti. Selon lui, cette sortie médiatique visait davantage à attirer l’attention qu’à rétablir les faits. Il affirme également qu’à l’époque évoquée, Martin Fayulu ne disposait pas d’une influence politique notable sur la scène nationale et fréquentait les milieux de l’UDPS dans le but de gagner en visibilité auprès de l’opinion publique. Poursuivant son argumentation, Augustin Kabuya estime que la véritable notoriété politique de Martin Fayulu est apparue avec l’émergence de la coalition Lamuka en 2018. Il considère néanmoins que l’opposant ne bénéficie plus aujourd’hui de la même capacité de mobilisation qu’auparavant.

Dans ce contexte, le responsable de l’UDPS a lancé un défi à Martin Fayulu, l’invitant à démontrer son poids politique à travers des actions de terrain, notamment dans le cadre du débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Il a assuré que son parti était prêt à lui répondre sur le terrain politique. Cette nouvelle passe d’armes entre les deux camps illustre les interrogations qui persistent quant à la capacité réelle de mobilisation de l’opposition.

Une opposition dont la dernière démonstration de force remonte à 2018

Depuis plusieurs années, sous la présidence de Félix Tshisekedi, l’opposition peine à mobiliser la rue. L’actuel chef de l’État n’avait d’ailleurs pas hésité à qualifier cette opposition de « pete » (faible). La dernière grande manifestation de l’opposition remonte au 26 octobre 2018. Même à Kinshasa, la mobilisation était restée relativement limitée. Quelques milliers de militants du MLC, de l’UNC, de la Dynamique de l’opposition et d’autres formations politiques avaient alors parcouru une dizaine de kilomètres entre Limete et la place Triomphale, point de chute de la marche.

Le 3 juin, la majorité annonce des activités parallèles

Face à cette initiative de ville morte, la majorité présidentielle affiche sa sérénité et mise sur la poursuite normale des activités à travers le pays. Certains de ses soutiens ont même annoncé des activités parallèles afin de démontrer leur attachement aux réformes institutionnelles envisagées.

Ce bras de fer politique transforme ainsi le 3 juin en une véritable démonstration de force entre les deux camps. Dans les milieux de la société civile, plusieurs voix appellent à la retenue et au respect des libertés publiques. Les observateurs redoutent que les tensions politiques actuelles ne débouchent sur des incidents susceptibles d’aggraver davantage le climat déjà tendu dans le pays.

Jean-Pierre Lihau rappelle l’apolitisme des agents publics

À la veille de la journée « ville morte » annoncée par l’opposition, le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a tenu à rappeler aux agents de l’État leurs obligations de neutralité politique et de présence au travail. Dans une note de service signée le 1er juin 2026, il fait état de la diffusion, au sein de plusieurs administrations publiques, de tracts attribués à des formations de l’opposition appelant les fonctionnaires à participer à l’action prévue le 3 juin.

Le ministre estime que cette initiative est incompatible avec les principes qui régissent l’administration publique. Il souligne notamment que la Constitution consacre le caractère apolitique, neutre et impartial de l’administration, tandis que le Code de conduite des agents publics interdit toute implication dans les activités partisanes ainsi que l’utilisation des ressources de l’État à des fins politiques.

Dans le souci de garantir la continuité du service public, Jean-Pierre Lihau a annoncé le déploiement, dès le 2 juin, de missions d’inspection à travers les différents services de l’administration. Les responsables hiérarchiques sont invités à veiller au strict respect de ces dispositions, à assurer une large diffusion de la note et à prendre les mesures disciplinaires appropriées en cas de violation des règles en vigueur.

Le 3 juin, un tournant dans le rapport de forces ?

Au-delà des chiffres de participation et des commerces fermés, la journée du 3 juin pourrait marquer un tournant dans le rapport de forces politique en République démocratique du Congo. Si elle réussit, l’opposition démontrera qu’elle demeure une force capable de mobiliser la rue. Dans le cas contraire, le pouvoir y verra la confirmation de son ascendant sur la scène politique nationale. Quoi qu’il en soit, le verdict appartiendra à la population, véritable arbitre de ce test de popularité à ciel ouvert.

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La santé mentale, un sujet encore tabou en RDC

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Dépression, anxiété, traumatismes liés aux conflits ou encore détresse psychologique : en République démocratique du Congo, les troubles de santé mentale touchent des millions de personnes, mais restent largement sous-estimés, entourés de silence et de stigmatisation. À Kinshasa, près de 90 % des Kinois seraient touchés par des troubles mentaux. Le manque de structures adaptées, les croyances traditionnelles et l’absence de sensibilisation font que les malades souffrent souvent dans l’ombre.

À Kinshasa comme dans plusieurs provinces du pays, parler de santé mentale demeure un sujet délicat. Beaucoup associent encore les troubles psychiques à la sorcellerie, à une malédiction ou à une faiblesse spirituelle. Résultat : les personnes souffrant de dépression, de bipolarité ou de stress post-traumatique hésitent à consulter un spécialiste par peur du rejet social. Dans le pays, près de 20 millions de personnes, soit un Congolais sur cinq, souffriraient d’un problème de santé mentale.

Les causes des troubles mentaux sont nombreuses en RDC. Les conflits armés dans l’Est du pays, la pauvreté, le chômage, les violences sexuelles, la pression économique et les difficultés familiales exposent une grande partie de la population à d’importantes souffrances psychologiques. Les jeunes figurent parmi les plus touchés, notamment face au manque de perspectives et à la précarité grandissante de la vie, particulièrement à Kinshasa.

Malgré cette réalité, le pays dispose encore de très peu de structures spécialisées. Les centres psychiatriques restent rares et souvent concentrés dans les grandes villes. Dans plusieurs territoires, les patients doivent parcourir de longues distances pour obtenir une prise en charge. Le manque de psychologues, de psychiatres et de moyens financiers limite également l’accès aux soins.

Dans les familles, le sujet reste souvent minimisé. Certaines personnes en détresse sont abandonnées, isolées ou conduites dans des centres de prière plutôt que vers des professionnels de santé. Cette situation aggrave parfois des cas déjà fragiles. « Beaucoup souffrent en silence parce qu’ils ont peur d’être jugés », explique un psychologue à Kinshasa.

Kinshasa, la ville la plus touchée ?

Pourtant épargnée par la guerre, la ville de Kinshasa semble particulièrement affectée par les troubles de santé mentale. En avril, le docteur Emmanuel Epenge, neuropsychiatre au CNPP, a révélé que près de 90 % des Kinois seraient touchés par des troubles mentaux. En cause : la pression du quotidien, entre embouteillages, manque d’eau et coupures d’électricité.

Selon lui, le gouvernement devrait être alerté sur l’ampleur préoccupante de cette situation dans la capitale congolaise. De nombreux habitants seraient victimes, à différents niveaux, des effets directs liés aux conditions de vie particulièrement éprouvantes à Kinshasa.

Au centre Telema, des cas affluent

Au Centre Telema, à Kinshasa, les spécialistes constatent un afflux de patients souffrant de troubles liés à la santé mentale. « Ces derniers temps, nous recevons plus de personnes qu’avant, pour des problèmes allant de légers troubles anxieux à des pathologies sévères. Aujourd’hui seulement, j’ai consulté dix-sept patients. Certains ont dû être invités à revenir un autre jour », expliquait le professeur Josué Ozowa Latem à Deutsche Welle.

Psychothérapeute et consultant au Centre Telema, il affirmait déjà en août dernier que les couloirs du centre ne désemplissaient plus. De plus en plus de patients viennent consulter. « Les causes sont multiples : parfois physiques, comme une malaria mal soignée ou les séquelles d’un accident. Mais la plupart sont d’ordre psychologique et social. Les gens ont des ambitions, des rêves… mais les années passent et ils n’arrivent pas à les réaliser. Les tensions familiales, les ruptures amoureuses, la perte d’un proche, l’insécurité, le chômage… tout cela mine l’esprit », détaillait-il.

Le spécialiste recommande également un accompagnement familial pour chaque patient afin d’augmenter les chances de guérison. « Nous posons un diagnostic précis et nous mettons en place un plan thérapeutique adapté. Mais la clé, c’est aussi l’accompagnement : un patient isolé a moins de chances de guérir. Les familles doivent rester présentes, encourager, écouter et bannir les préjugés qui détruisent plus qu’ils ne soignent », insistait-il.

Des projets pour soutenir la santé mentale

En 2025, un projet intitulé « Amélioration des conditions de vie des populations dans des contextes sécuritaires critiques en République démocratique du Congo, à travers le soutien en santé mentale et services psychosociaux pour la paix » a été lancé. Ce projet, soutenu par la coopération allemande à travers la KfW, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les institutions nationales, s’étendra sur cinq ans. Il vise à promouvoir une approche intégrée de la santé mentale et de la cohésion sociale, ciblant plus de 137 000 bénéficiaires directs grâce à des centres communautaires, des formations spécialisées et des campagnes de sensibilisation. La nécessité urgente d’une telle initiative a été saluée au regard des conflits prolongés dont la RDC est victime, notamment dans l’Est du pays.

Toujours en 2025, plus de 600 personnes ont été ciblées par une campagne de consultations gratuites en santé mentale, organisée du 9 au 10 octobre par le Centre neuropsychopathologique (CNPP) de Kinshasa, en marge de la Journée mondiale de la santé mentale. « Les troubles du sommeil, du bébé jusqu’à la personne du troisième âge, les séquelles des accidents vasculaires cérébraux (AVC), les convulsions, les crises épileptiques, le stress, les maux de tête, les excès de colère mal contrôlés, ainsi que la consommation de drogues, d’alcool, de tabac et de chanvre » figuraient parmi les cas examinés lors de cette campagne, selon le docteur Daniel Okitundu, médecin-directeur du CNPP.

En février 2026, à Kinshasa, un centre médical baptisé « Afyakili », spécialisé en santé mentale, a été inauguré dans la commune de Kasa-Vubu. « Ce centre est spécialisé en santé mentale et psychosociale. C’est une nouveauté dans cette ville d’intégrer les soins généraux dans la santé mentale », avait déclaré le docteur Gédéon Samba, directeur du Programme national de santé mentale en RDC.

Selon lui, le CNPP travaille avec des hôtesses d’accueil, des médecins, des psychologues, des médecins stagiaires ainsi que des étudiants en médecine chargés d’orienter les patients vers les services appropriés.

Faire évoluer les mentalités…

Ces initiatives étatiques, citoyennes et associatives tentent de faire évoluer les mentalités. Des campagnes de sensibilisation sont organisées dans les universités et sur les réseaux sociaux afin d’encourager la parole autour de la santé mentale.

Des créateurs de contenu, médecins et activistes utilisent également Internet pour briser les préjugés et rappeler qu’un trouble psychique est une maladie comme les autres.

Les spécialistes insistent sur la nécessité d’intégrer davantage la santé mentale dans les politiques publiques. Ils plaident pour la création de nouveaux centres spécialisés, la formation du personnel médical et l’éducation des communautés afin de réduire la stigmatisation.

Longtemps ignorée, la santé mentale commence progressivement à trouver une place dans le débat public congolais, notamment depuis la campagne de consultations gratuites lancée l’année dernière par le CNPP. Mais pour vaincre définitivement le tabou, il faudra encore sensibiliser, écouter et surtout reconnaître que le bien-être psychologique est un droit fondamental pour tous.

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RDC : Les sanctions américaines contre Kabila auront-elles un impact sur la crise sécuritaire ?

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Jeudi 30 avril 2026, le Trésor américain a inscrit l’ancien président Joseph Kabila sur la liste SDN de l’OFAC pour soutien présumé au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo, qui occupe une partie de l’Est du pays. Au-delà du symbole, quel impact réel sur la crise sécuritaire dans les Kivu ? Analyse.

Gel des avoirs, interdiction de transiger avec des entités américaines : Joseph Kabila se retrouve sanctionné par les États-Unis. Selon le communiqué du Trésor américain, avec la résurgence de la rébellion du M23 et de l’AFC, l’ancien président congolais serait rentré en RDC avec l’intention de déstabiliser le gouvernement en apportant son appui aux deux mouvements. Joseph Kabila aurait fourni un soutien financier à l’AFC afin de peser sur la situation politique dans l’Est de la RDC. Washington l’accuse également d’avoir encouragé des soldats des FARDC à déserter pour rejoindre les rangs de l’AFC, dans le but de renforcer le mouvement. Le Trésor ajoute que l’ancien chef de l’État a cherché, sans succès, à lancer des attaques depuis l’étranger contre les FARDC dans l’Est.

À Kinshasa, le gouvernement salue la décision. Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, y voit une pression logique sur ceux qui freinent les engagements pris dans le cadre du processus de paix de Washington. Le ministère de la Communication et Médias qualifie la mesure d’« acte important contre l’impunité », après les sanctions du 2 mars dernier visant les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre officiers rwandais. Il exprime sa reconnaissance à l’administration Trump pour une décision inscrite dans le cadre des Accords de Washington.

De son côté, l’UDPS jubile. Le parti présidentiel a même organisé une marche de soutien à l’administration américaine et à Donald Trump le lundi 4 mai à Kinshasa. Pour Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, c’est indéniable : « Joseph Kabila est responsable de la guerre dans l’Est de la RDC et dirigeant de l’AFC/M23. » Le ministre du Commerce extérieur Julien Palukupense qu’il aura fallu la venue de Félix-Antoine Tshisekedi au pouvoir pour que le masque tombe. « Il a démasqué le vampire qui se nourrissait de notre chaos », a-t-il déclaré dans une tribune publiée le 3 mai. Ces sanctions américaines interviennent, selon lui, après des enquêtes fouillées de la part des Etats-Unis. L’ancien gouverneur du Nord-Kivu exhorte « ceux qui participent encore à cette entreprise infernale à se raviser », rappelant le destin tragique de Jonas Savimbi, leader angolais de l’UNITA.         

Quel impact de ces sanctions sur la crise sécuritaire ?

Ces sanctions fédérales contre Joseph Kabila s’ajoutent à un arsenal national déjà déployé par Kinshasa : suspension du PPRD, condamnation à mort par contumace en octobre 2025 pour trahison et crimes de guerre. Politiquement, l’ancien chef de l’État se retrouve doublement isolé. La mesure risque d’accélérer l’implosion du PPRD et de décourager les ralliements, à deux ans de la présidentielle de 2028. Elle fragilise aussi toute tentative de retour politique de Kabila, signalé à Goma en mai 2025 « sous la protection » du M23.

Mais l’effet peut être inverse. Plusieurs personnalités sanctionnées par les États-Unis ont continué à agir sans crainte. Ces sanctions pourraient entraîner une radicalisation du concerné. Ancien président de la CENI, Corneille Nangaa avait été sanctionné par le Trésor américain pour entrave au processus électoral. Cela ne l’a pas empêché de créer l’AFC, alliée au M23 à ce jour.

Pour le PPRD, le combat est ailleurs. « Aujourd’hui, le Raïs Joseph Kabila, qui alerte sur la “soudanisation” et appelle au dialogue, est ciblé. Diversion grossière. La vérité dérange. Le combat est ailleurs », a réagi Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du parti.

Impact économique et financier : couper les flux

Le gel vise « tous les biens et intérêts patrimoniaux » situés aux États-Unis ou contrôlés par des Américains, y compris les entités détenues à plus de 50 % par Kabila. Si l’ampleur réelle de ses avoirs US reste inconnue, la portée est extraterritoriale : banques, entreprises minières et partenaires craignant des sanctions secondaires éviteront toute transaction. Dans un pays où le secteur minier pèse 95 % des exportations, la mesure complique d’éventuels montages financiers liés à l’ex-président. Elle envoie un signal aux réseaux d’affaires de l’Est : collaborer avec l’AFC-M23 expose à des sanctions de l’OFAC. Mais plusieurs personnalités ont des avoirs intraçables, parfois dissimulés sous des prête-noms, ce qui limite l’efficacité de ces sanctions.

Première limite : l’effectivité. Sans avoirs majeurs aux USA, l’impact financier direct peut être symbolique. Seconde limite : la polarisation. Les pro-Kabila dénonceront une ingérence américaine. Ces mesures risquent enfin de pousser Kabila à s’allier ouvertement à l’AFC-M23 pour « sauver sa peau ».

Impact diplomatique : RDC-USA, un alignement stratégique ?

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent assume : « Ceux qui continuent à semer l’instabilité seront tenus responsables ». Les États-Unis conditionnent leur soutien au cadre d’intégration économique régionale et à la transparence des chaînes de minerais critiques. Cela paraît comme une victoire pour Félix Tshisekedi : sa thèse d’un « Kabila parrain du M23 » est endossée par Washington. Pour Kabila, exilé en Afrique du Sud depuis fin 2023, la marge de manœuvre se réduit.

Plus qu’une punition individuelle, la mise sous sanctions de Joseph Kabila redessine les lignes de front politiques et diplomatiques congolaises. Elle conforte Kinshasa et Washington dans leur lecture du conflit, mais ne résout pas la guerre du Kivu. Et cela, après un nouvel accord de Montreux non exécuté entre Kinshasa et l’AFC-M23 sur la libération des prisonniers de deux côtés. 

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