Nous rejoindre

Non classé

M23 : le règne sanglant des gouverneurs rebelles au Kivu

Published

on

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Mouvement du 23 Mars (M23), fer de lance de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), a franchi un nouveau cap dans son entreprise de déstabilisation en désignant des gouverneurs parallèles pour le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Après avoir pris le contrôle de la ville de Goma le 27 janvier 2025 et Bukavu le 16 février, le groupe rebelle, accusé par l’ONU et les Etats-Unis d’être soutenu par le Rwanda, a nommé deux gouverneurs pour ces territoires occupés. Ces désignations, orchestrées par Corneille Nangaa, chef de l’AFC, ne sont rien d’autre qu’une tentative de légitimer une occupation violente, défiant le gouvernement central et exacerbant une crise humanitaire déjà catastrophique.

Joseph Bahati, un pion militaire dans un jeu ethnique dangereux

Joseph Bahati Musanga, alias Erasto, nommé gouverneur du Nord-Kivu le 5 février 2025, est un colonel autoproclamé du M23 et membre de la communauté tutsi. Sa désignation, loin d’être un gage de compétence, sert à renforcer la rhétorique ethniciste du M23, qui se pose en défenseur des Tutsis tout en alimentant les tensions avec d’autres communautés, notamment les Hutus. Avant cette nomination, Bahati était directeur financier au sein du M23. Certaines sources affirment qu’il a été récompensé par le M23 à cause de son rôle d’argentier mais aussi pour avoir échappé miraculeusement lors d’une frappe de drone des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il a été invisible depuis de longs mois, laissant libre cours aux rumeurs sur sa mort. Il va finir par réapparaitre quelques jours avant la prise de la ville de Goma.

Loin de stabiliser la région, Bahati s’est attiré les foudres de la communauté internationale. L’Union européenne l’a sanctionné pour son rôle dans le conflit armé, l’insécurité et les violations des droits humains, incluant des menaces directes contre des activistes à Goma. Des rapports de Human Rights Watch documentent ces intimidations, comme un appel menaçant qu’il aurait passé à un défenseur des droits humains le 27 janvier 2025. Sa prétendue gouvernance, assistée par des vice-gouverneurs comme Willy Manzi Ngarambe et Shadrak Amani Bahati, n’est qu’une façade pour maintenir l’emprise du M23, avec des mesures comme l’extension des heures d’ouverture de la frontière rwandaise, qui favorisent les intérêts rwandais au détriment de la souveraineté congolaise.

À Goma, la population vit dans un climat de peur permanente. Selon RFI, les habitants dénoncent des extorsions quotidiennes par les forces du M23, qui imposent des taxes illégales sur les commerçants et les citoyens, rendant la vie intenable dans une ville déjà asphyxiée économiquement. La brutalité du M23 est également documentée par Radio Okapi, qui rapporte des exécutions sommaires et des enlèvements, poussant la population à appeler à une intervention internationale urgente. Par ailleurs, Jeune Afrique souligne une crise de liquidité sans précédent à Goma, où l’absence de cash paralyse les transactions quotidiennes, exacerbant la misère des habitants sous le joug du M23.

Une nomination au service d’une occupation au Nord-Kivu

La désignation de Joseph Bahati, annoncée dans la précipitation après la chute de Goma, est un affront au gouvernement central, qui a nommé le général-major Evariste Somo Kakule comme gouverneur légitime basé à Beni, siège provisoire des institutions de la province. Cette dualité de pouvoir illustre l’anarchie imposée par le M23, qui cherche à se draper d’une légitimité administrative tout en semant la terreur. Les promesses de réouverture des ports ou de relance économique sont des leurres, masquant une réalité où les civils vivent sous la menace constante de violences, comme en témoignent les exécutions et viols rapportés par Amnesty International. Selon un rapport d’Amnesty, le M23 est responsable de 69 % des violations des droits humains dans les zones qu’il contrôle, incluant des massacres, des viols collectifs et des recrutements forcés d’enfants soldats.

Au Nord-Kivu, le M23/AFC a procédé à la nomination d’un délégué aux mines et d’un administrateur financier, signalant une volonté claire de contrôler les circuits économiques locaux, notamment dans des zones riches en coltan, or et cassitérite comme Walikale. Ces affectations, largement dénoncées par les acteurs humanitaires et économiques, révèlent une stratégie de prédation plus qu’un projet de gouvernance. Elles s’ajoutent à la réactivation de certains axes transfrontaliers avec le Rwanda, comme celui de Petite Barrière, facilitant un commerce illicite au détriment des intérêts de l’État congolais. Selon Actualité.cd, d’autres groupes armés comme les Nyatura (12 %) et les Mai-Mai Mazembe (7%) contribuent également aux violences, mais le M23 reste le principal acteur de cette spirale observée depuis 4 ans.

Dans un effort pour consolider son emprise économique, Corneille Nangaa a annoncé en mars 2025 la création d’une « Nouvelle Banque du Kivu » pour pallier le manque de liquidité dans les zones sous contrôle du M23, une initiative dénoncée comme illégale par les autorités congolaises. Selon Africa Infos, cette banque vise à centraliser les ressources pillées, mais Steve Mbikayi, homme politique congolais, a affirmé que les sanctions internationales contre Nangaa rendraient ce projet inopérant. Plus récemment, le 7 avril 2025, Nangaa a lancé la CADECO (Caisse générale d’épargne du Congo), une structure parallèle pour soi-disant relancer l’économie locale, mais Radio Okapi rapporte que la direction générale de la CADECO officielle a dénoncé cette initiative comme une fraude, accusant le M23 de vouloir légitimer son pillage des ressources.

L’opportunisme au service d’une cause illégale au Sud-Kivu

Emmanuel Birato Rwihimba, alias Manu Birato, nommé lui aussi gouverneur du Sud-Kivu le 28 février 2025, incarne l’opportunisme au cœur de cette entreprise rebelle. Homme d’affaires originaire de Bukavu, il a navigué entre les sphères politiques congolaises, passant du PPRD de Joseph Kabila, de l’UNC de Vital Kamerhe, à l’Union sacrée de la nation sous Félix Tshisekedi, avant de rejoindre l’AFC/M23 après un exil en Belgique. Son parcours, marqué par des allégeances changeantes et une rupture avec Vital Kamerhe en 2019, révèle un homme prêt à saisir toute opportunité, même au prix de la trahison et de sang. Sa nomination n’est pas le fruit d’un mérite, mais d’un calcul pour rallier des élites locales à une cause illégitime.

Une gouvernance sous le joug de la violence

À Bukavu, Birato est assisté par Dunia Masumbuko Bwenge et Juvénal Gishinge Gasinzira, chargés respectivement des affaires politiques et économiques. Mais cette administration autoproclamée opère dans un climat de peur. Selon le journal Le Monde, les rebelles du M23 imposent leur autorité par la terreur, avec des arrestations arbitraires et des exécutions publiques qui sèment la panique parmi la population. Des rapports de l’ONU font état de viols collectifs et d’exécutions sommaires dans le Sud-Kivu sous contrôle du M23, des atrocités qui contredisent les promesses de sécurité de Birato. MSN rapporte que Bukavu est en état d’alerte permanente, avec un exode massif des habitants fuyant la menace rebelle, tandis que le gouverneur légitime du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a alerté sur un « carnage quotidien » dans sa province, dénonçant l’incapacité des forces de l’ordre à protéger les civils.

Depuis mars 2025, l’administration parallèle mise en place par Emmanuel Birato à Bukavu s’est dotée d’une structure plus complète : deux vice-gouverneurs, un maire et plusieurs responsables sectoriels ont été désignés sans aucun mandat légal. Cette expansion institutionnelle autoproclamée vise à imposer une normalisation forcée de l’occupation. Mais loin d’apaiser la situation, ces décisions ont renforcé un climat de répression. Selon l’UNICEF, les violences sexuelles ont atteint une ampleur inédite dans les zones contrôlées par le M23/AFC, où le viol est utilisé comme une arme de guerre. Ce recours systématique à la terreur démystifie le discours sécuritaire de Birato.

La suspension des activités minières formelles, signalée par l’ITSCI, paralyse l’économie locale, tandis que les ressources continuent d’être pillées pour financer les opérations rebelles. Loin d’être un sauveur, Birato est un rouage d’une machine de prédation, où les richesses du Sud-Kivu sont détournées au profit du M23 et de ses alliés dont le Rwanda.

Une stratégie illégale et destructrice

Les nominations de Bahati et Birato sont une provocation directe contre Kinshasa, qui maintient des gouverneurs légitimes dans ces provinces. En instaurant des administrations parallèles, le M23/AFC cherche à se poser en État de fait, une manœuvre dénoncée par un envoyé de l’ONU comme une menace d’expansion vers d’autres provinces. Cette stratégie s’appuie sur la force brute : depuis janvier 2025, le M23 a causé des milliers de morts et déplacé environ un million de personnes, dont 400 000 enfants, déplore l’ONU. Loin de stabiliser, ces gouverneurs autoproclamés aggravent une crise humanitaire déjà qualifiée de « pire au monde » par les Nations Unies. Un rapport récent de l’ONU, publié en avril 2025, souligne que plus de 7 millions de personnes sont déplacées dans l’est de la RDC, avec des besoins humanitaires criants, notamment en matière de nourriture et d’abris, qui restent largement insatisfaits.

Un jeu régional aux conséquences dévastatrices

Le soutien du Rwanda corroboré par des rapports de l’ONU et des sanctions contre des officiers rwandais, place ces nominations dans un contexte régional explosif. Le M23 contrôle désormais près de 20 % du territoire congolais, coupant des routes stratégiques comme celle reliant le Nord-Kivu au Sud-Kivu. Les combats persistants, notamment à Walikale et dans le Sud-Kivu, malgré des appels au cessez-le-feu par l’EAC et la SADC, montrent que ces gouverneurs ne sont que des marionnettes dans un conflit plus large, où les minerais du Kivu financent l’escalade militaire. La BBC rapporte que des affrontements récents dans la région de Masisi, en mars 2025, ont fait des dizaines de morts, illustrant la volatilité persistante de la situation.

Un avenir sombre pour le Kivu

Les sanctions de l’UE et des États-Unis contre des figures du M23, dont Bahati, et les pourparlers avortés à Doha et Luanda illustrent l’impuissance internationale face à cette crise. Le retrait des forces de la SADC, après des pertes face au M23, et l’échec des médiations régionales laissent les civils congolais à la merci des rebelles. Un post du député Steve Mbikayi sur X, datant d’octobre 2024, affirmait déjà que « le M23 est un outil de Kigali pour contrôler les richesses du Kivu », une analyse qui résonne avec les événements actuels, bien que cette information reste à vérifier.

Dans un récent rapport, le Conseil de sécurité des Nations Unies a fermement condamné ces prises de pouvoir illégales et les actes de violence commis par le M23/AFC, tout en pointant la responsabilité du Rwanda dans la poursuite des hostilités. Ces condamnations internationales, bien que nombreuses, peinent encore à enrayer la dynamique expansionniste du groupe rebelle, qui continue d’imposer sa loi par la force, en sapant les fondements mêmes de la souveraineté congolaise.

Les nominations de Joseph Bahati Musanga et Emmanuel Birato Rwihimba ne sont pas des actes de gouvernance, mais des outils d’une occupation illégale. Loin de mériter la moindre considération, ces figures symbolisent l’arrogance d’un mouvement qui prospère sur la souffrance des Congolais. Avec des villes comme Goma et Bukavu à l’arrêt, des marchés paralysés et des millions de déplacés, le M23/AFC ne construit pas un avenir, mais un chaos. La communauté internationale et le gouvernement congolais doivent redoubler d’efforts pour restaurer la souveraineté nationale et mettre fin à cette mascarade, avant que le Kivu ne s’enfonce davantage dans l’abîme.

Heshima Magazine

Continue Reading

Dossier

Accords de Washington : la mise en œuvre traîne, un an après…

Published

on

Signés le 27 juin 2025 et entérinés, six mois plus tard, par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, dans un climat de fortes tensions, les accords de Washington n’ont toujours pas produit les effets escomptés. Un an après leur signature, la paix reste hors de portée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Leur mise en œuvre patine et paraît de plus en plus hypothétique, malgré les sanctions infligées au Rwanda par les États-Unis.

Après plusieurs cycles de discussions sans résultats décisifs, le processus de désescalade engagé entre Kinshasa et Kigali semble s’être enlisé. Pourtant, les deux parties poursuivent leurs rencontres dans le cadre des mécanismes prévus par l’accord. Le 24 juin 2026, lors de la sixième réunion du Comité mixte de surveillance (CMS), les deux délégations ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre de l’accord afin de réduire les tensions dans l’est de la RDC.

Mais sur le terrain, les avancées restent limitées. Selon le Baromètre des accords de paix en Afrique, un an après leur signature, les accords de Washington n’ont été mis en œuvre qu’à hauteur de 35 %. Sur les 30 engagements prévus, seuls trois ont été pleinement réalisés, notamment la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire et du Comité mixte de surveillance. Tous les autres volets accusent un retard important.

Le Baromètre relève toutefois quelques progrès. Du côté congolais, les opérations de neutralisation des FDLR, lancées à la fin du mois de mars 2026, obtiennent une note de 5 sur 10. En revanche, du côté rwandais, le retrait des troupes et la levée des mesures défensives n’atteignent qu’un score de 2,5 sur 10. Il apparaît également un profond déséquilibre dans les priorités d’exécution. Les engagements sécuritaires les plus sensibles restent pratiquement au point mort. Le déficit de confiance entre les deux parties continue de freiner la coopération et favorise la poursuite des hostilités sur le terrain.

Le Rwanda renforce sa présence

Alors que Kigali s’était engagé à retirer ses forces du territoire congolais et à lever certaines mesures défensives, plusieurs rapports indiquent au contraire un renforcement de sa présence militaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les autorités rwandaises justifient ce maintien par la menace persistante que représenteraient les FDLR et par la nécessité de préserver leur sécurité. Dans un rapport adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, le Groupe d’experts indique que, depuis le lancement du processus de Doha en mars 2025, les territoires contrôlés par l’AFC/M23 se sont étendus de plus de 35 %. Le même rapport estime qu’entre 14 000 et 18 000 militaires rwandais restent déployés dans l’est de la RDC.

Les sanctions américaines montrent leurs limites

Parallèlement, les négociations menées à Doha, sous la médiation du Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, peinent-elles aussi à produire des résultats concrets. De même, la pression diplomatique et économique exercée par les États-Unis sur Kigali ne semble pas modifier le rapport de force sur le terrain. Washington a pourtant multiplié les sanctions contre des responsables rwandais accusés de soutenir l’AFC/M23 ou de tirer profit de l’exploitation illégale des ressources minières congolaises.

En juin dernier, les États-Unis ont sanctionné plusieurs ressortissants rwandais soupçonnés de participer au trafic d’or extrait illégalement dans l’est de la RDC. La raffinerie Gasabo Gold Refinery Ltd, basée à Kigali, ainsi que plusieurs membres de son réseau, sont accusés de blanchir cet or. « Les États-Unis ne permettront pas à des acteurs malveillants de tirer profit du commerce illicite des minerais et de déstabiliser la région », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Quelques mois auparavant, l’administration Trump avait déjà pris des sanctions contre plusieurs officiers supérieurs des Forces de défense rwandaises. 

Malgré ces mesures, Kigali ne donne aucun signe de recul. Le porte-parole de l’armée rwandaise, le brigadier-général Patrick Karuretwa, lui-même visé par des sanctions américaines, a déclaré sur un plateau de télévision que « le Rwanda est à Goma et à Bukavu pour y rester ; se retirer serait suicidaire ».

Autre paradoxe : James Kabarebe, sanctionné par le Trésor américain en 2025 pour son rôle présumé dans le soutien au M23 et dans l’exploitation des ressources minières congolaises, a été promu ministre d’État chargé de l’Intégration régionale. Il est aujourd’hui l’interlocuteur officiel du Rwanda pour le volet économique des accords de Washington, pourtant parrainés par les États-Unis.

Le dialogue comme alternative

Face aux difficultés rencontrées par les initiatives diplomatiques, plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile congolaises plaident désormais en faveur d’un dialogue national inclusif. Pour eux, un dialogue interne pourrait permettre de consolider les accords de Washington en abordant d’autres causes profondes de la crise, notamment les questions de gouvernance, de cohésion nationale et de légitimité des institutions. « Sans dialogue national inclusif, Washington et Doha ne mèneront pas à une paix durable », ont notamment affirmé plusieurs organisations de la société civile.

Dans cette perspective, le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a reçu, le 7 juillet 2026, une délégation de responsables politiques congolais ainsi que des représentants de la CENCO, de l’ECC et des Églises de réveil. À l’issue des échanges, le chef de l’État burundais a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif. La coalition C64 lui a, pour sa part, réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution du 18 février 2006.

Mais le consensus est encore loin d’être trouvé. Majorité et opposition divergent aussi bien sur les participants que sur le contenu du futur dialogue. Le pouvoir refuse que ce cadre serve de « blanchisserie » à ceux qui ont pris les armes contre la République, tandis que les responsables religieux plaident pour une participation sans exclusion.

Sur le fond également, les positions restent éloignées. Certains souhaitent un dialogue centré sur la cohésion nationale, d’autres veulent remettre sur la table l’ensemble de l’ordre politique issu des élections de 2023. Pour Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), le dialogue est devenu incontournable. Mais, prévient-il, il ne devra pas occulter les impératifs de justice et de lutte contre l’impunité.

Hubert Mwipatayi

Continue Reading

Exclusivité

CNSSAP : Junior Mata reçoit un prix de mérite 

Published

on

L’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC) distingue la vision de Junior Mata et consacre la montée en puissance de la CNSSAP dans les standards internationaux de gouvernance

La bonne gouvernance n’est plus seulement un concept inscrit dans les rapports institutionnels. À la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP), elle se traduit désormais par une reconnaissance officielle. Le 13 mars 2026, à Kinshasa, l’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA RDC), en présence des représentants de l’Association des Instituts d’Audit Interne d’Afrique (AFIIA Afrique), a décerné un prix de mérite à la CNSSAP, remis à son Directeur général, Junior Mata M’Elanga. Cette distinction récompense les avancées réalisées dans la construction d’une gouvernance moderne et conforme aux meilleures pratiques internationales.

Une gouvernance bâtie sur les standards mondiaux

Au fil des dernières années, la CNSSAP s’est engagée dans une profonde transformation de ses mécanismes de gouvernance. L’objectif : faire de la transparence, de la maîtrise des risques et du contrôle interne des leviers de performance au service des agents publics. Cette démarche s’est traduite par la mise en place d’une fonction d’audit interne structurée selon les directives de The Institute of Internal Auditors (IIA Global – États-Unis), référence mondiale dans ce domaine.

L’organisation repose aujourd’hui sur un dispositif de contrôle interne articulé autour des trois lignes de défense, un modèle international qui définit clairement les responsabilités des opérationnels, des fonctions de contrôle et de l’audit interne afin de renforcer la maîtrise des risques et la qualité de la gouvernance. 

Une culture de l’audit qui s’enracine

L’un des éléments les plus remarqués par les professionnels de l’audit concerne la montée en compétences des équipes internes. Tous les auditeurs internes de la CNSSAP sont désormais membres de l’IIA RDC et disposent d’un identifiant professionnel délivré par IIA Global, attestant de leur intégration dans le réseau international de la profession et de leur engagement à respecter les normes mondiales de l’audit interne. Au-delà d’une simple formalité administrative, cette reconnaissance traduit une volonté d’inscrire durablement la fonction d’audit dans les meilleures pratiques internationales. 

La certification ISO 9001 maintenue 

Cette distinction vient également conforter une autre réussite de la CNSSAP : le maintien de sa certification ISO 9001, norme internationale de référence en matière de management de la qualité. Cette certification atteste de la capacité de l’institution à structurer ses processus, à améliorer continuellement ses services et à placer la satisfaction des usagers au cœur de son organisation. L’association entre un système qualité certifié et une fonction d’audit interne conforme aux standards de l’IIA constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de la gouvernance de la Caisse. 

Une reconnaissance du leadership

En recevant ce prix de mérite, Junior Mata M’Elanga a tenu à souligner que cette distinction récompense avant tout le travail collectif des équipes de la CNSSAP. « Ce prix met en lumière les manifestations concrètes de nos efforts, menés avec rigueur et humilité, pour renforcer la gouvernance de notre établissement. », a-t-il déclaré. Le Directeur général a également réaffirmé la vocation première de la Caisse, celle de garantir une protection sociale performante, transparente et durable au bénéfice des agents publics de la République démocratique du Congo.

Une institution qui veut faire école

Dans un contexte où les exigences de bonne gouvernance deviennent de plus en plus fortes au sein des établissements publics, la reconnaissance décernée par l’IIA RDC revêt une signification particulière. Elle consacre une démarche qui dépasse la seule conformité réglementaire pour faire de la gouvernance un véritable outil de création de valeur. À travers le renforcement du contrôle interne, la professionnalisation de l’audit, la maîtrise des risques et le maintien des standards de qualité internationaux, la CNSSAP affiche son ambition de s’imposer comme une référence nationale en matière de gestion publique moderne.

Au-delà du trophée, cette distinction symbolise l’évolution d’une institution qui entend inscrire durablement la performance, la transparence et l’amélioration continue au cœur de son action au service des agents publics de l’État.

Heshima Magazine 

Continue Reading

Exclusivité

De Matadi à Tshikapa: CNSSAP, une expansion qui rapproche la sécurité sociale des agents publics

Published

on

Matadi, Kikwit, Kananga et Tshikapa, l’expansion territoriale de la CNSSAP se poursuit à travers l’ouverture et le renforcement des agences en provinces. Une politique qui permet de rapprocher ce service des agents publics concernés.  

La transformation de la protection sociale des agents publics s’écrit désormais au rythme des provinces. Sous l’impulsion du président de la République, Félix Tshisekedi, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État (CNSSAP) accélère le déploiement de son réseau à travers le pays, faisant de la proximité un pilier essentiel de la réforme sociale.

Longtemps concentrés à Kinshasa, les services de la CNSSAP s’étendent progressivement vers l’intérieur du pays afin de garantir aux fonctionnaires et agents publics un accès plus rapide, plus équitable et plus efficace à leurs droits sociaux. Cette stratégie traduit la volonté de construire une administration moderne, décentralisée et résolument tournée vers les besoins des bénéficiaires.

Une présence qui s’affirme dans les provinces

Le mouvement est désormais bien engagé. Après Matadi, première étape majeure dans le Kongo-Central, la CNSSAP a consolidé son implantation à Kikwit, dans la province du Kwilu, avant de poursuivre son expansion dans le Grand Kasaï. À Kananga, la dynamique a franchi un seuil décisif avec la construction en cours du futur bâtiment de l’agence provinciale et le lancement officiel des activités de la CNSSAP. Une avancée qui traduit la volonté des autorités de rapprocher durablement les services de sécurité sociale des agents publics du Kasaï-Central.

À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, les travaux préparatoires sont également en cours. La mise à disposition du terrain, les études techniques et les démarches administratives engagées ont ouvert la voie à l’implantation prochaine d’une agence appelée à renforcer la couverture territoriale de l’institution dans la province du Kasaï. Chaque nouvelle étape constitue une avancée concrète vers une couverture nationale plus équilibrée, où les services sociaux deviennent accessibles sans que les bénéficiaires soient contraints de parcourir des centaines de kilomètres pour accomplir leurs formalités.

Une réforme qui prend forme sur le terrain

Au-delà des infrastructures, l’expansion du réseau de la CNSSAP répond à une ambition plus profonde : rapprocher l’État de ses agents et faire de la sécurité sociale un service public de proximité. En développant ses agences provinciales, la CNSSAP réduit les disparités d’accès aux prestations sociales, simplifie les démarches administratives et améliore la qualité de la prise en charge des fonctionnaires et retraités sur l’ensemble du territoire national. Cette présence accrue dans les provinces participe également à la modernisation de l’administration publique en favorisant une gestion plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers les usagers.

Pour le Directeur général de la CNSSAP, Junior Mata M’Elanga, cette expansion territoriale constitue une étape majeure dans la consolidation de la mission de l’institution. Elle traduit une volonté constante de renforcer la bonne gouvernance, d’améliorer la qualité des services et de garantir une gestion responsable des droits sociaux des agents publics.

L’ouverture de nouvelles agences ne répond pas uniquement à une logique administrative. Elle incarne une nouvelle manière de concevoir le service public : plus proche, plus accessible et plus attentif aux réalités des provinces.

Vers une couverture nationale intégrale

De Matadi à Kikwit, de Kananga à Tshikapa, la CNSSAP poursuit méthodiquement son maillage territorial. 

Cette expansion progressive témoigne de l’engagement de l’institution à accompagner la vision présidentielle d’un État social où chaque agent public, quel que soit son lieu d’affectation, bénéficie des mêmes droits, des mêmes services et de la même qualité de prise en charge.

À mesure que son réseau se densifie, la CNSSAP confirme son rôle de pilier de la réforme sociale en République démocratique du Congo. Plus qu’une extension géographique, cette dynamique traduit la construction d’une protection sociale moderne, inclusive et durable, au service de tous les agents publics de l’État.

Heshima Magazine 

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

You cannot copy content of this page

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?