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Jules Alingete Key : un héritage de rigueur à la tête de l’IGF

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Lorsque Jules Alingete Key prend les rênes de l’Inspection Générale des Finances (IGF) en juillet 2020, la République démocratique du Congo (RDC) s’enfonce dans un marasme marqué par des détournements endémiques et une absence criante de redevabilité. Nommé par le Président Félix Tshisekedi, le nouvel Inspecteur général hérite d’un organe presque figé, souvent relégué au rang de spectateur face aux abus. En cinq années de mandat, il transforme l’IGF en un véritable levier de transparence, au point d’en faire un rempart contre les antivaleurs. En mai 2025, il passe le flambeau à Christophe Bitasimwa, non pas en retraité d’un poste, mais en dépositaire d’un héritage institutionnel sans précédent.

Né le 25 juin 1963 à Kinshasa, originaire de Kutu (Mai-Ndombe), Jules Alingete est un pur produit de l’école congolaise. Diplômé en sciences économiques de l’Université de Kinshasa en 1988, il intègre l’IGF dès la fin de ses études. La suite est une ascension constante dans les arcanes de la finance publique : conseiller au ministère des Finances, coordonnateur au cabinet du gouverneur de Kinshasa, puis directeur des recettes à la DGRK (Direction générales des recettes de Kinshasa) entre 2008 et 2010. Son retour à l’IGF comme inspecteur général des finances s’inscrit dans la vision d’un chef de l’État décidé à restaurer la probité dans la gestion publique.

L’IGF, de l’ombre à la lumière

Avant 2020, l’IGF peinait à imposer son autorité, bridée par des diverses contraintes et un sous-effectif chronique. Avec Alingete, tout change : les patrouilles financières deviennent régulières, les audits surprises se multiplient, les synergies avec la justice s’intensifient. L’IGF passe de 55 à 225 inspecteurs en l’espace de quatre ans. L’institution est équipée, réarmée, et surtout, libérée. Car Félix Tshisekedi lui accorde une autonomie budgétaire et opérationnelle inédite, condition sine qua non pour frapper haut, fort et juste. En mai 2025, Africanewsrdc.net souligne que cette indépendance aura été la pierre angulaire de la mutation de l’IGF.

Des enquêtes au retentissement national

Le travail d’Alingete n’est pas seulement quantifiable. Il est visible et palpable. L’affaire Bukanga-Lonzo, révélée par l’IGF, expose un détournement de 285 millions de dollars autour d’un projet agro-industriel pourtant promu comme vitrine de l’autosuffisance alimentaire. L’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo est mis en cause, les procédures judiciaires sont en cours.

En 2022, l’audit de la Gécamines jette une lumière accablante sur une décennie de gestion opaque, mettant en évidence des pertes colossales liées à des contrats léonins et à une corruption systémique. Le scandale secoue le secteur minier, précipitant des réformes indispensables. Deux ans plus tard, en 2024, c’est au tour du Fonds Minier de subir un examen minutieux. Les malversations révélées conduisent à la révocation du directeur général. En juillet 2024, ces mesures ont permis la suspension de plusieurs responsables et la renégociation de contrats déséquilibrés, rétablissant ainsi une répartition plus équitable des revenus miniers.

Mais l’enquête sur les contrats chinois, et en particulier la convention minière dite « Sicomines », signée en 2008 entre la RDC et un consortium d’entreprises chinoises, pourrait bien s’imposer comme l’un des dossiers les plus emblématiques du mandat d’Alingete. Dans un rapport explosif publié en février 2023, l’IGF révèle que la partie chinoise a empoché un bénéfice de 76 milliards de dollars, tandis que la RDC n’a reçu que 3 milliards pour des infrastructures. L’IGF dénonce un « déséquilibre financier majeur » défavorable à l’État congolais. L’enquête met en évidence que les engagements de la partie chinoise, notamment l’investissement de 3 milliards USD en infrastructures, sont largement insuffisants au regard des ressources minières déjà extraites. Le contrat, d’une disproportion flagrante, laisse plus de 90 % des bénéfices économiques aux entreprises chinoises, au détriment du Trésor congolais.

À la suite de la publication de ce rapport, le gouvernement de Félix Tshisekedi initie une renégociation des termes du contrat. En mars 2024, cette démarche débouche sur un nouvel accord plus avantageux pour la RDC : la valeur des infrastructures est revue à la hausse, la répartition des dividendes ajustée et un contrôle plus rigoureux est instauré sur les exportations de minerais. Un avenant à cette convention permet à la RDC d’obtenir 7 milliards USD pour la construction de 6 000 kilomètres de routes sur 15 ans. Cette révision, saluée par plusieurs chancelleries occidentales, témoigne de l’influence croissante de l’IGF sur la politique économique du pays, et de sa capacité à peser sur des décisions à l’échelle nationale.

Autre chantier majeur : l’éducation. L’IGF révèle une fraude massive au sein de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), estimée à 62 milliards de CDF détournés chaque mois. Cette découverte entraîne une réaction en chaîne, culminant en mars 2024 par la condamnation, par la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, de deux hauts responsables de l’EPST : Michel Djamba, Inspecteur général de l’EPST, et Delphin Kampayi, directeur du Service de contrôle de la paie du personnel enseignant (SECOPE), à 20 ans de travaux forcés. Les deux hommes ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics. Grâce à l’action décisive de l’IGF, cette hémorragie financière a été stoppée net, permettant ainsi de réorienter ces ressources vers la politique de gratuité scolaire, l’une des réformes sociales phares du quinquennat de Tshisekedi.

Une baisse tangible de la corruption

Dans cette lutte sans relâche contre la corruption, le bilan de Jules Alingete, chef de l’IGF, est éloquant. En mars 2025, lors de l’émission « Fauteuil Blanc », il a déclaré que « le taux de corruption est passé de 80 % à 50 % en cinq ans grâce à la détermination de Tshisekedi ». Il a ajouté : « Si vous examinez les statistiques des finances publiques en 2019 et 2020, vous comprendrez d’où nous venons. À cette époque, la corruption était profondément enracinée dans l’ADN des gestionnaires ». Ces propos interviennent dans un contexte où la RDC a enregistré des avancées significatives dans la lutte contre la corruption. L’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International atteste de cette amélioration. « En cinq ans, nous avons gagné environ 15 places au classement de Transparency International. Cela prouve que des efforts considérables ont été réalisés », a précisé Alingete, soulignant ainsi les progrès notables accomplis dans la gouvernance financière du pays.

Ces avancées ont contribué à améliorer l’image de la RDC sur la scène internationale, facilitant l’accès aux financements et rassurant les bailleurs de fonds. La rigueur instaurée par l’IGF sous la direction d’Alingete a ainsi joué un rôle clé dans la redynamisation de l’économie nationale et la restauration de la confiance des partenaires internationaux.

L’IGF, désormais logée à sa hauteur

En octobre 2024, l’IGF a franchi une étape symbolique de son renouveau en inaugurant un nouveau siège moderne de huit étages à Kinshasa, baptisé « Immeuble Étienne Tshisekedi wa Mulumba ». Ce bâtiment moderne, financé sur fonds propres, abrite 150 bureaux, six salles de réunion et un amphithéâtre de 250 places. Selon les informations partagées par le service de communication de l’IGF, sa construction a scrupuleusement respecté les normes de passation de marchés, un détail hautement significatif pour une institution dédiée à la transparence. « Ce bâtiment incarne notre autonomie retrouvée », déclarait alors Jules Alingete lors de l’inauguration.

Au-delà de ses dimensions, l’impressionnant édifice symbolise la transformation de l’IGF en une institution proactive et indépendante. Lors de la cérémonie d’inauguration, le président Félix Tshisekedi a souligné l’importance de doter les organes de contrôle des moyens nécessaires pour mener à bien leur mission. Alingete, pour sa part, a exprimé sa gratitude envers le chef de l’État pour avoir revitalisé les institutions de lutte contre la corruption, en particulier l’IGF. Il a également mis en lumière les politiques internes visant à renforcer l’intégrité du personnel, notamment l’acquisition de plus de 280 véhicules individuels et la mise en place de crédits immobiliers pour les inspecteurs, afin de les prémunir contre les tentations susceptibles de compromettre leur éthique professionnelle. Ces initiatives témoignent de l’engagement de l’IGF à maintenir des standards élevés de gouvernance et de transparence.

Alingete a souvent souligné que les succès de l’IGF sont le fruit d’une volonté politique affirmée. Il a déclaré : « Nous sommes dans la droite ligne des instructions données par le président de la République en vue d’incarner sa vision en matière de lutte contre la corruption. » Il a également exprimé son soutien indéfectible aux réformes initiées par Félix Tshisekedi, affirmant : « Recevez l’assurance de mon soutien pour toutes les réformes visant à bâtir une nation plus juste, plus transparente et résolument tournée vers un lendemain meilleur. » Ces propos illustrent la collaboration étroite entre l’IGF et la présidence, essentielle à la réussite des initiatives de bonne gouvernance.  Il a ajouté que ce nouveau bâtiment représente « une nouvelle vision pour des finances publiques saines », mettant en avant l’engagement renouvelé de son institution en faveur de la bonne gouvernance.

Ces déclarations témoignent de la reconnaissance d’Alingete envers le soutien constant de Félix Tshisekedi, sans lequel les progrès réalisés par l’IGF n’auraient pas été possibles. Elles illustrent également la synergie entre la présidence et l’IGF pour instaurer une gestion transparente et responsable des finances publiques en RDC.

Un effet levier sur l’économie nationale

L’impact de cette rigueur dépasse les chiffres de l’IGF. Entre 2019 et 2025, le budget national explose, passant de 4 à 18 milliards USD. Cette hausse spectaculaire est alimentée par une mobilisation accrue des recettes et une réduction drastique des fuites financières. En traquant les détournements, l’IGF a permis à l’État de redéployer ses ressources vers des secteurs clés tels que l’éducation de manière générale, la santé, les infrastructures et la gratuité de l’enseignement primaire.

Sous la houlette de Jules Alingete, les régies financières ont été mieux encadrées et ont enregistré des performances inédites. En 2022, la Direction générale des impôts (DGI) dépasse largement ses objectifs : plus de 18 mille milliards de CDF collectés contre des assignations de 11,7 mille milliards, soit un taux de réalisation de près de 130 %. L’exigence d’attestations fiscales pour les fournisseurs de l’État a également asséché les circuits de fraude.

Par ailleurs, l’IGF a intercepté plus d’un milliard de dollars de dépenses publiques jugées irrégulières rien qu’en 2023, limitant les déperditions budgétaires et réorientant les crédits vers des usages conformes. Cette rigueur a contribué à asseoir une discipline budgétaire rarement observée ces dernières décennies.

Ces gains de transparence, conjugués à une volonté politique ferme au sommet de l’État, ont redonné à l’administration congolaise des marges de manœuvre inédites. La RDC, longtemps classée parmi les pays les plus corrompus du monde, a commencé à inverser la tendance, en témoigne le regain de confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs. Pour beaucoup, la rigueur imposée par Alingete a été un véritable levier de relance macroéconomique.

Une reconnaissance méritée

Les distinctions pleuvent : prix Forbes Best of Africa aux Etats-Unis, Anti-Corruption Best Price, Trophée Muana Mboka, Congo ya Sika, Tombwama, et bien d’autres. Chaque trophée n’est pas qu’une médaille honorifique. Il est la preuve qu’un changement est possible quand la volonté politique rencontre la compétence technique. Ces récompenses, tant nationales qu’internationales, soulignent l’impact significatif des actions menées par Jules Alingete à la tête de l’IGF. Elles témoignent de la reconnaissance de ses efforts dans la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence en RDC.

En recevant le prix Forbes Best of Africa, Alingete a été salué pour son engagement envers les réformes économiques et la bonne gouvernance. Le Trophée Muana Mboka et le prix Congo ya Sika reflètent l’appréciation nationale pour son dévouement au service public et son rôle dans la transformation du paysage financier du pays. Des distinctions qui démontrent et renforcent la crédibilité de l’IGF et encouragent la poursuite des efforts pour instaurer une culture de responsabilité et d’intégrité au sein des institutions publiques.

Sous pression, mais jamais ébranlé

Son combat, Alingete ne l’a pas mené dans un cocon. Attaqué, menacé, diabolisé, il a tenu, soutenu sans faille par Tshisekedi. Le média congolais Ouragan.cd titrait en septembre 2024 : « L’homme à abattre », affirmant qu’il était la cible de mandataires publics véreux. Mais les attaques glissent sur un homme qui, à force de loyauté institutionnelle et de détermination, a rendu à l’IGF son autorité naturelle.

L’estime des pairs, l’adhésion du peuple

Au fil de son mandat à la tête de l’IGF, Jules Alingete a suscité une admiration croissante, tant parmi les experts que dans la population congolaise. Ses actions déterminées contre la corruption et sa rigueur dans la gestion des finances publiques ont été saluées par de nombreux observateurs. Jean-Pierre Tinda, analyste financier, souligne : « Grâce à Alingete, détourner n’est plus sans conséquence. » Marie-Claire Mbombo, économiste, affirme : « Il a redonné une âme à une institution oubliée. » Didier Katshungi, professeur de droit, observe : « Son nom est désormais synonyme d’intégrité. » Le professeur Albert Kikoso, spécialiste en gouvernance, déclare : « Un mur érigé contre la prédation. » Et Fatuma Kibati, active dans l’immobilier à Kinshasa, témoigne : « Grâce à lui, beaucoup commencent à respecter la loi sur les marchés publics. »

Ces témoignages reflètent l’impact profond de son action sur la société congolaise. En incarnant une lutte sans relâche contre les détournements de fonds publics, pour Jin Kazama, président d’une ONG des droits de l’homme, Alingete a non seulement renforcé la crédibilité de l’IGF, mais a également restauré la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.

Une dynamique impulsée par le sommet

Pour Jules Alingete, les résultats engrangés par l’IGF s’inscrivent avant tout dans le sillage d’une volonté politique forte exprimée au sommet de l’État. À plusieurs reprises, il a salué l’engagement du président Félix Tshisekedi comme le socle qui a permis à l’IGF d’émerger comme acteur central de la lutte contre la corruption. « Si vous entendez parler de l’IGF aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une volonté politique ferme qui accompagne ce travail », déclarait-il en 2023, soulignant que le chef de l’État a su « créer les conditions d’une action libre et rigoureuse ».

En septembre 2024, à l’issue d’une rencontre avec le chef de l’État, il affirmait encore : « Nous sommes dans la droite ligne des instructions données par le président de la République en vue d’incarner sa vision en matière de lutte contre la corruption ». Cette ligne directrice, Alingete l’a constamment revendiquée, notamment lors de l’inauguration du siège flambant neuf de l’IGF en octobre 2024, où il saluait « le soutien permanent du président Tshisekedi au travail difficile mais salutaire abattu par les inspecteurs ».

Dans ses vœux du Nouvel An 2025, il réitérait cette reconnaissance : « Votre engagement indéfectible pour le progrès de notre pays inspire confiance et espoir. L’IGF poursuivra sa mission dans cet esprit ». À ses yeux, l’IGF n’aurait pu jouer ce rôle sans l’impulsion et la protection du Chef de l’État Tshisekedi. Une conviction qu’il porte comme un leitmotiv : « la rigueur n’est possible que lorsqu’elle est soutenue par le sommet de l’État. »

Bitasimwa, la relève sous tension

Le successeur de Jules Alingete, Christophe Bitasimwa, prend les rênes d’une institution désormais bien ancrée, mais confrontée à de nouveaux défis. La corruption numérique, les réseaux transnationaux, les fraudes de plus en plus sophistiquées…, autant de fronts sur lesquels il devra s’imposer. Le financier Alexis Kita met en garde : « L’ère Bitasimwa commence dans l’ombre d’un géant. » Cependant, le socle est solide, bâti par un homme et un président dont les parcours ont marqué l’histoire de l’IGF. Lors de la cérémonie de remise et reprise, le 15 mai, Bitasimwa n’a pas manqué de saluer le travail de son prédécesseur : « Tout le monde sait à quel niveau il a porté cette institution […] Aujourd’hui, cette institution est très respectée. La population fonde beaucoup d’espoir sur l’IGF. On ne peut que le lui reconnaître ce travail abattu et le leadership qu’il a imprimé à ce service. »  Selon lui, la grandeur de l’œuvre laissée par Alingete est telle qu’il est impossible de le remplacer, mais « on lui succède ».

Une sortie avec panache

En mai 2025, Jules Alingete quitte ses fonctions, non comme un fonctionnaire à la retraite, mais comme un bâtisseur qui laisse un édifice debout. L’IGF d’aujourd’hui n’a plus rien de celle d’hier. Son passage à la tête de l’institution aura marqué une rupture, une renaissance. Et si son avenir reste à écrire, son héritage, lui, est déjà inscrit dans l’histoire administrative du pays.

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC

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Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.

Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.

De la rébellion au terrorisme…

Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.

Opérations conjointes « Shujaa » 

Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.

Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.

L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.

Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026

Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.

L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.

Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.

Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.

Heshima Magazine

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