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Révélations choc de Bemba : Joseph Kabila, un imposteur au service du Rwanda ?

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Le 9 juin 2025, lors de l’émission « Face-à-Face » sur Top Congo FM, Jean-Pierre Bemba, Vice-premier ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement et figure de proue de la politique congolaise, a lancé des accusations explosives contre l’ancien président Joseph Kabila. Selon Bemba, Kabila, connu sous le nom d’Hippolyte Kanambe, ne serait pas le fils biologique de Laurent-Désiré Kabila, mais un soldat rwandais infiltré au plus haut niveau de l’État congolais. Ces déclarations, qui remettent en cause la nationalité et la légitimité de Kabila, s’inscrivent dans un contexte de doutes persistants et pourraient avoir des répercussions majeures sur la scène politique de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans son intervention, Bemba a affirmé que Joseph Kabila, présenté comme le fils de Laurent-Désiré Kabila, est en réalité Hippolyte Kanambe, un ancien aide de camp du chef de l’armée rwandaise, introduit en RDC comme un agent sous les ordres de Paul Kagame. Il a également déclaré que Jaynet Kabila, souvent considérée comme la sœur jumelle de Joseph Kabila, serait en fait la sœur de son père biologique, renforçant ainsi l’idée d’une imposture orchestrée. Ces allégations, rapportées par Congopubonline, visent à discréditer la légitimité de Kabila en tant qu’ancien chef d’État congolais.

Bemba a également accusé Kabila d’avoir facilité l’infiltration de l’armée congolaise par des éléments rwandais à travers des groupes comme le CNDP et le M23. Il a allégué que, sous le régime de Kabila, la Banque centrale du Congo aurait transféré 66 millions de dollars par mois au Rwanda, soit un total de 800 millions par an et environ 15 milliards sur 18 ans, prétendument pour soutenir les efforts de guerre contre Mobutu Sese Seko. Ces accusations financières, si elles sont vérifiées, suggèrent une collusion profonde entre Kabila et le Rwanda, au détriment des intérêts congolais.

La crédibilité de Bemba : un insider de haut rang

Jean-Pierre Bemba n’est pas un simple commentateur politique. Ancien chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), il a commandé des dizaines de milliers de combattants pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003). Il a ensuite occupé des postes clés, notamment vice-président de la RDC de 2003 à 2006 et vice-premier ministre chargé de la Défense de 2023 à 2024, avant de devenir Vice-premier ministre des Transports. Ces fonctions lui auraient donné accès à des informations sensibles sur les dynamiques politiques et militaires du pays, renforçant la crédibilité de ses déclarations.

En tant que figure de premier plan, Bemba a côtoyé les cercles du pouvoir et dispose de réseaux d’intelligence qui lui permettent d’accéder à des informations non publiques. Bien que son passé conflictuel avec Kabila, notamment lors de l’élection présidentielle de 2006 où il avait déjà qualifié Kabila de « mupaya » (étranger en lingala), puisse suggérer un parti pris, son expérience et son accès à des données confidentielles confèrent un poids significatif à ses accusations. Ses déclarations, bien qu’explosives, ne peuvent être écartées sans une enquête approfondie.

Les doutes persistants sur la filiation de Kabila

Les accusations portées par Jean-Pierre Bemba lors de l’émission Face à Face du 9 juin 2025 s’inscrivent dans un contexte de suspicions de longue date sur l’origine et la nationalité de Joseph Kabila. Ces doutes, qui planent depuis des décennies, ont été alimentés par des déclarations de figures politiques, de prétendus membres de la famille Kabila et d’acteurs de la société civile, souvent dans un climat de tensions politiques et de méfiance envers l’ancien président.

En 2006, lors de la campagne présidentielle, Jean‑Pierre Bemba avait publiquement qualifié Joseph Kabila de « mupaya » (étranger en lingala) et d’« enfant illégitime », instillant l’idée que sa légitimité pouvait être remise en cause. Étienne Tshisekedi, lui-même, évoquait régulièrement des suspicions sur l’authenticité congolaise de Kabila. En 2013, Étienne Kabila, se déclarant fils aîné de Laurent‑Désiré, a repris la thèse selon laquelle Joseph ne serait pas le fils biologique de Mzee Kabila, mais le fruit de la relation entre un opposant rwando‑tanzanien, Christophe Adrien Kanambe, et Marcelline Mukambukuje, sa mère biologique, également adoptée par Laurent-Désiré à la mort de son ami Christophe Kanambe.

La controverse s’est intensifiée en 2020, lorsqu’Ibrahim Kabila, un autre prétendant fils de Mzee, a publiquement exigé un test ADN pour clarifier la filiation des enfants de Mzee Kabila, sans que cette demande soit suivie d’effet. Les allégations ont été relayées par la BBC et d’autres médias, tout en rappelant que l’État congolais continue officiellement à reconnaître Joseph Kabila comme fils de Laurent‑Désiré et de Sifa Mahanya, l’épouse du défunt président.

D’autres membres présumés de la famille Kabila ont également contribué à la controverse. En 2008, l’assassinat à Kinshasa d’Aimée Kabila, présentée comme une fille de Laurent-Désiré Kabila, a suscité des débats sur son identité réelle et son lien avec la famille. De même, en 2010, le pasteur Pascal Mukuna, figure religieuse influente, a soutenu des thèses similaires en demandant des tests ADN, une démarche appuyée par Ibrahim Kabila avant l’arrestation de ce dernier.

Le gouvernement congolais de l’époque avait réagi à ces allégations en publiant des photos officielles de famille, ainsi qu’un témoignage de Sifa Mahanya, présentée comme la mère biologique de Joseph Kabila. Elle affirmait sans ambiguïté que l’enfant était bien né de son union avec Laurent-Désiré Kabila. Pourtant, les rumeurs ont persisté.

Georges Mirindi, ancien “kadogo” (enfant soldat) ayant combattu aux côtés de Laurent-Désiré Kabila jusqu’au renversement du régime de Mobutu et qui fut son garde du corps, a affirmé que la mère biologique de Joseph Kabila serait une Tutsie vivant cachée, protégée par son fils. Dans une interview accordée au journaliste congolais Marius Muhunga et disponible sur YouTube, il a soutenu que cette femme résidait même au Palais de Marbre du temps de Mzee Kabila.

Ces spéculations se nourrissent aussi du manque de transparence entourant la biographie officielle de l’ancien président. Bien que celle-ci mentionne sa naissance le 4 juin 1971 à Hewa Bora II, dans le Sud‑Kivu, ce que certaines sources jugent plausible, tandis que d’autres, mettent en doute ce lieu de naissance et soulèvent l’idée d’une ascendance rwandaise ou tanzanienne.

La déclaration d’Aimé Ngoy Mukena concernant la construction de l’identité katangaise de Joseph Kabila est avérée. Dans une vidéo diffusée en décembre 2014, l’ancien ministre congolais des Hydrocarbures et ex-gouverneur du Katanga, décédé en 2022, affirme avoir été chargé, avec d’autres cadres katangais, de conférer à Joseph Kabila une identité katangaise pour contrer les rumeurs sur ses origines. Il précise avoir attribué à Kabila le surnom « Kabange », inspiré de la coutume locale des jumeaux, et lui avoir désigné un village du Katanga pour renforcer cette identité fabriquée.

Ces doutes persistants, amplifiés par des déclarations d’Étienne et Ibrahim Kabila, ainsi que par des acteurs politiques et religieux, reflètent une méfiance profonde envers Joseph Kabila, souvent perçu comme un étranger dans un contexte où l’identité nationale est un enjeu brûlant en RDC. Malgré les efforts du gouvernement de l’époque pour clarifier sa filiation, l’absence d’une enquête officielle crédible et transparente continue de diviser l’opinion publique congolaise.

Réactions et implications politiques

Les déclarations de Bemba ont suscité des réactions polarisées. Sur la plateforme X, certains utilisateurs ont salué ses révélations, affirmant qu’ils confirment des soupçons de longue date. Un poste a déclaré : « Bemba accuse Kabila d’avoir été un agent rwandais infiltré. Nous sommes dans un pays où nous avons eu un président imposteur ». Un autre utilisateur a noté que Bemba n’a pas fait qu’exprimer ce que beaucoup suspectaient déjà, suggérant une résonance avec une partie de la population.

Cependant, d’autres voix ont dénoncé les accusations de Bemba comme des mensonges motivés par des ambitions politiques. Guy Boston, utilisateur sur X a écrit : « Les mensonges de Bemba sont une insulte à l’intelligence du peuple congolais. Calomnier Katumbi, salir Kabila, diffamer la CENCO : voilà sa stratégie de survie politique ». Le camp de Kabila a également réagi, qualifiant les propos de Bemba d’« infondés ».

Ces accusations interviennent dans un contexte politique tendu, marqué par les efforts du président Félix Tshisekedi pour consolider son pouvoir et se distancer de l’héritage de Kabila. En accusant Kabila de collusion avec le Rwanda, Bemba renforce le narratif du gouvernement, qui accuse Joseph Kabila de connivence avec le M23, soutenu par le Rwanda. Ces révélations pourraient galvaniser le soutien à Tshisekedi, mais elles risquent également d’exercer les tensions avec le Rwanda, déjà accusé de soutenir des groupes armés en RDC.

Sur le plan diplomatique, ces allégations pourraient compliquer les relations entre la RDC et le Rwanda, surtout dans un contexte où les pourparlers régionaux peinent à résoudre le conflit dans l’Est. À l’intérieur du pays, elles pourraient raviver les sentiments anti-rwandais et polariser davantage une société déjà divisée par des questions d’identité et de loyauté nationale.

Vers une quête de vérité nécessaire ?

Les déclarations de Jean-Pierre Bemba sur Joseph Kabila rouvrent un débat sensible sur l’identité et la loyauté de l’ancien président. Ces accusations, bien que controversées, émanent d’une figure politique de premier plan ayant accès à des informations privilégiées. Le camp de Kabila rejette ces allégations, mais leur impact sur la politique congolaise et les relations régionales pourrait être significatif. Une enquête approfondie serait nécessaire pour établir la véracité de ces claims, mais en attendant, ils continuent de nourrir les tensions et les spéculations dans un pays en quête de stabilité.

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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé

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Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.

Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.

L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.

L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?

Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.

Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »

Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.

Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.

L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.

Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC

À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.

L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.

ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible

Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.

Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.

Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.

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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial

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Pour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.

Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.

L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.

Le secteur offensif, seul véritable chantier

En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.

Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.

Desabre satisfait et promet une montée en puissance

Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.

Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.

Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal

Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.

Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.

Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.

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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?

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La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).

Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.

Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.

Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.

Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?

Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.

Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.

L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.

Une victoire pour l’opposition

Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.

Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.

Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.

Le mot d’ordre semble passer…

Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.

Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.

Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.

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