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Grand Katanga : de l’ère Katumbi à la gouvernance décentralisée
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La redaction
Le Grand Katanga, région emblématique de la République démocratique du Congo (RDC), demeure au cœur des dynamiques économiques, politiques et sociales du pays. Cette vaste étendue du sud-est congolais, riche en minerais stratégiques comme le cuivre et le cobalt, a traversé des mutations majeures au fil des décennies. Deux périodes distinctes marquent son histoire récente : l’ère Moïse Katumbi (2007-2015), caractérisée par un Katanga provincial unifié sous son gouvernorat, et la période actuelle, marquée par son démembrement en quatre provinces (Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Lomami, Tanganyika) depuis 2015. Ces entités sont sous l’autorité de gouverneurs tels que Jacques Kyabula Katwe, Fifi Masuka Saini, Christian Kitungwa et Marmont Banza. Heshima Magazine propose une analyse comparative documentée de la gouvernance et du développement du Grand Katanga sous ces deux configurations.
Secteur minier : de la centralisation à la redistribution
Le secteur minier, pilier économique du Grand Katanga, cristallise les contrastes entre l’ère centralisée de Moïse Katumbi et les dynamiques actuelles, animées par une volonté de redistribution plus équilibrée. Sous Katumbi, la gestion des ressources était fortement concentrée à Lubumbashi, privilégiant les grands projets industriels portés par des multinationales comme Glencore (via Katanga Mining et Kamoto Copper Company) ou China Molybdenum (CMOC). Selon le rapport 2014 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-RDC), le Katanga assurait près de 50 % des exportations nationales de cuivre et de cobalt. Cette position stratégique avait attiré d’importants capitaux étrangers, mais suscitait des critiques récurrentes sur l’opacité entourant la gestion des contrats miniers. En 2015, Jeune Afrique évoquait « une opacité manifeste », nourrie par des soupçons de favoritisme envers certains partenaires économiques proches du gouverneur.
Aujourd’hui, la RDC s’est imposée comme le premier producteur mondial de cobalt, représentant environ 70 % de la production globale en 2023, et le deuxième pour le cuivre. CMOC, exploitant ses sites de Tenke Fungurume (TFM) et Kisanfu dans le Lualaba, a extrait 55 526 tonnes de cobalt en 2023, enregistrant une hausse spectaculaire de 174 % sur un an et consolidant sa position de leader mondial. Les dix principales sociétés minières opérant en RDC, majoritairement chinoises et occidentales, ont exporté la même année environ 2,17 millions de tonnes de cuivre.
Parallèlement, l’exploitation artisanale, qui pèse pour 10 à 20 % de la production nationale, demeure un acteur économique incontournable. Pourtant, ce segment reste marginalisé : entre 200 000 et 2 millions de personnes en dépendent sans bénéficier d’un encadrement structuré, révèle une enquête de Mongabay. Le contraste est saisissant entre les zones industrielles comme Kolwezi ou Fungurume, où les bénéfices sont captés par les majors, et les localités rurales telles que Manono ou Pweto, souvent délaissées.
Entre 2024 et 2025, malgré la croissance industrielle, de nouvelles tensions ont émergé. En février 2025, confrontées à une surproduction menaçant les cours mondiaux, les autorités congolaises ont temporairement suspendu les exportations de cobalt pendant quatre mois. Simultanément, des efforts de transparence ont été initiés sous l’égide de l’ITIE-RDC. Le code minier a été révisé pour augmenter les royalties, imposer la publication des bénéficiaires effectifs, et porter à 7 milliards USD le budget destiné aux infrastructures dans le cadre du contrat sino-congolais Sicomines, doublant ainsi le montant initial.
Cependant, la réforme engagée en 2018 tarde à produire des effets tangibles pour les petits exploitants. Il a fallu attendre 2024 pour qu’une première parcelle de 425 hectares soit attribuée à l’Entreprise générale du cobalt (EGC), une réponse insuffisante aux besoins réels de centaines de milliers de creuseurs artisanaux. Sur le terrain, les coopératives manquent de financement pour se mécaniser, et les conditions de travail restent souvent précaires, avec des risques sanitaires persistants liés à l’exposition aux radioéléments.
Depuis le démembrement du Katanga, des approches plus localisées ont vu le jour. Dans le Haut-Katanga, le gouverneur Jacques Kyabula a instauré des mécanismes de répartition des taxes minières en faveur des communautés locales, comme le rapporte Actualité.cd en mars 2024. À Lualaba, Fifi Masuka Saini a lancé des programmes d’encadrement des exploitants artisanaux, avec un appui direct du gouvernement provincial, selon Radio Okapi en juillet 2024. D’après un rapport du Congo Research Group (2023), ces initiatives ont permis d’intégrer progressivement les creuseurs artisanaux, responsables d’environ 20 % de la production de cobalt. Toutefois, l’exploitation illégale persiste, tout comme les conflits fonciers, alimentés par un flou persistant sur la répartition des droits.
Marie Kapinga, creuseuse artisanale à Kolwezi, témoigne : « Avant, on n’avait rien, juste des promesses. Aujourd’hui, avec les coopératives soutenues par le Lualaba, on reçoit des formations et un peu plus d’argent reste dans la province. Mais il faut encore plus de contrôle pour éviter les abus. »
Infrastructures : des symboles aux réseaux
L’ère Moïse Katumbi, à la tête du Katanga entre 2007 et 2015, s’était illustrée plus par des projets d’infrastructures à forte portée symbolique. « Katumbi construisait pour impressionner », observe Marie Chisela, urbaniste basée à Kalemie. « Les passerelles de Lubumbashi étaient magnifiques, mais nous, dans le Nord, nous attendions toujours l’asphaltage de nos routes principales. Cette inégalité territoriale créait des frustrations durables. » La modernisation du stade de la Kenya à Lubumbashi, les voiries rénovées dans certains quartiers centraux, ou certaines extensions de la couverture téléphonique, visaient à incarner une dynamique de modernisation. Toutefois, ces efforts restaient largement cantonnés aux centres urbains. Un rapport de la Banque mondiale publié en 2016 pointait un déséquilibre flagrant : sur plus de 225 000 kilomètres de routes recensés en RDC, seuls 3 000 sont bitumés et fonctionnels, avec une nette prédominance dans les zones métropolitaines. Les régions rurales telles que Dilolo ou Sakania demeuraient enclavées, entravant leur intégration économique régionale. S’ajoutaient des critiques récurrentes sur le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics. En 2014, le site Voiceofcongo.net rapportait des soupçons de favoritisme et de clientélisme autour de certains contrats d’exécution.
Avec l’avènement d’une gouvernance décentralisée, la logique de développement s’est partiellement infléchie. Les investissements ont gagné en diversité et en ancrage territorial, accordant une attention accrue aux besoins locaux. Dans le Haut-Katanga, les routes secondaires reliant les zones agricoles aux centres de commerce ont été réhabilitées, facilitant l’écoulement des produits locaux. À Lualaba, l’accès à l’électricité s’est élargi grâce à l’extension du réseau de la SNEL vers des localités jusque-là marginalisées comme Fungurume. L’aéroport de Kolwezi, longtemps vétuste, a été partiellement modernisé pour améliorer la connectivité aérienne. Pendant ce temps, dans le Tanganyika, les autorités provinciales ont lancé plusieurs projets d’adduction d’eau en milieu rural, réduisant les distances parcourues quotidiennement pour l’accès à l’eau potable. Selon un rapport du PNUD publié en 2024, ces efforts ont eu un impact direct sur la qualité de vie des communautés ciblées.
Malgré ces initiatives, la coordination entre les provinces reste lacunaire. Faute de stratégie nationale cohérente, chaque entité agit selon ses priorités, au risque de créer des chevauchements ou des incohérences. « Les provinces travaillent chacune de leur côté, ce qui peut créer des doublons ou des incohérences », constate Pierre Molaj, analyste politique basé à Lubumbashi. Si les limites du système sont palpables, l’approche décentralisée offre néanmoins une souplesse et une réactivité contrastant avec la vision plus centralisée et symbolique de l’époque Katumbi.
Services sociaux : proximité et défis qualitatifs
Le démembrement provincial a profondément remodelé le paysage des services sociaux dans le Grand Katanga, touchant notamment la santé et l’éducation. Sous Moïse Katumbi, certaines infrastructures à Lubumbashi (hôpitaux et établissements scolaires) étaient visibles et partiellement modernisées, mais ces investissements peinaient à essaimer hors de la capitale provinciale. En 2013, RFI soulignait que les salaires des enseignants et du personnel soignant étaient souvent versés en retard, dégradant la qualité des services, et citait le témoignage de Thérèse Mbuyi sur le manque de personnel formé à Kamina.
Avec l’entrée en fonction des nouveaux gouverneurs, un virage vers une meilleure proximité s’est amorcé. Dans le Haut-Katanga, Jacques Kyabula a lancé en 2023 un vaste programme de recrutement d’enseignants, créant 1 500 postes supplémentaires pour répondre au besoin en personnel qualifié, une priorité relayée par Top Congo FM. À Lualaba, la gouverneure Fifi Masuka Saïni a placé le développement social au cœur de son plan quinquennal 2024–2028, doté de plus de 3 milliards USD, en multipliant les centres de santé communautaires, notamment à Mwanza Mpango où un nouvel hôpital moderne est en construction pour réduire les distances parcourues par les patients. Dans le Tanganyika, l’UNICEF, avec son partenaire Education Cannot Wait, soutient des bourses scolaires pour filles et l’aménagement d’infrastructures éducatives adaptées aux zones affectées par les conflits et les déplacements internes. Ce programme touche aujourd’hui 67 000 enfants, dont environ 32 000 filles et garçons déjà scolarisés, alors que la province compte 1,8 million d’enfants en âge de l’être.
Cette orientation marque un progrès concret, mais la qualité des services reste disparate selon les territoires. Les nouveaux établissements sont souvent dépourvus de matériel médical adéquat ou de manuels scolaires en nombre suffisant, comme le souligne le Dr Albert Tshibangu, médecin à Kalemie. Le Tanganyika illustre cette dualité : confronté à 45 % de population en insécurité alimentaire, le programme de cantines scolaires géré par le PAM et les communautés scolaires a mis en place des cultures locales (manioc, patate douce) destinées à nourrir plus de 23 700 élèves entre 2023 et 2025, mais les défis logistiques (routes, approvisionnement, recrutement d’enseignants) demeurent, note actualité cd en mai 2025.
En parallèle, au niveau national, le gouvernement a lancé en février-mars 2025 une opération de recrutement d’enseignants et directeurs scolaires à travers dix provinces (dont le Haut-Lomami), dans le cadre d’une réforme visant à professionnaliser le corps enseignant et améliorer la gouvernance des écoles publiques.
Ainsi, si des progrès palpables ont été réalisés en termes de proximité et d’effectifs, la qualité globale reste inégale, particulièrement dans les zones rurales ou fragilisées. Le principal défi des provinces réside désormais dans le renforcement des capacités logistiques, la fourniture d’un matériel adapté, et la stabilisation du personnel pour assurer un service social équitable, rompant ainsi avec l’ancien modèle centralisé de Katumbi.
Gouvernance et redevabilité : un cap exigeant
Sous Moïse Katumbi, la gouvernance, centrée sur sa figure charismatique, souffrait d’un déficit de redevabilité. Un rapport du Congo Research Group de 2015 évoquait des tensions constantes entre le gouverneur et l’Assemblée provinciale, une marginalisation de la société civile et un manque de transparence dans l’utilisation des fonds publics. Le Monde, en 2014, relayait des accusations de conflits d’intérêts liés aux affaires commerciales de Katumbi, tandis que Human Rights Watch documentait la fermeture d’espaces médiatiques et l’intimidation de voix critiques.
Depuis le démembrement, les provinces sont soumises à une exigence accrue de reddition des comptes. En 2024, dans le Haut Katanga, le gouverneur Jacques Kyabula a organisé des sessions publiques de présentation du budget provincial et rendu plus transparentes les sessions de l’Assemblée provinciale, notamment grâce au nouveau bâtiment inauguré en novembre, financé sur fonds propres. Cependant, la gestion des ressources continue de susciter des interrogations : en mars 2025, près d’une centaine d’anciens agents du gouvernorat ont saisi la justice pour réclamer des salaires et indemnités non versés depuis août 2024.
Dans la province de Haut-Lomami, le gouverneur a sollicité l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Cour des comptes pour auditer la gestion locale. En juillet 2024, il a invité leurs services à des contrôles réguliers et transparents lors de sa prise de fonction. Pourtant, un rapport de l’IGF datant de 2023 signalait toujours des irrégularités dans plusieurs provinces, notamment les transferts de salaires fictifs et la corruption institutionnalisée, représentant un manque à gagner estimé à ± 65 millions USD par mois selon certaines sources.
Autour de Lualaba et du Tanganyika, la gouvernance décentralisée a aussi intégré la société civile dans le contrôle des projets miniers et de développement. En 2025, Geopolismagazine.org soulignait la participation active des ONG locales dans le suivi budgétaire et environnemental à Lualaba, même si certains observateurs pointent une persistance de la corruption à l’échelle de l’exécutif provincial.
Selon Sophie Ngalula, activiste à Lubumbashi : « La décentralisation a rapproché les décisions des citoyens, mais la corruption reste un frein. » Les efforts en matière de transparence sont indéniables, mais la faiblesse des structures de contrôle, l’absence de sanctions dissuasives et les réseaux clientélistes demeurent des obstacles majeurs.
Le passage d’une gouvernance centralisée à un modèle provincial ouvert, impliquant Assemblées, citoyens, presse et institutions de contrôle, instaure une dynamique nouvelle. Si le modèle top down de Katumbi a progressivement cédé la place à une approche plus participative, son efficacité dépend désormais de la consolidation des mécanismes de reddition de comptes et de lutte contre la corruption, au-delà de la seule volonté politique.
Développement rural : une lente émergence
Le développement rural figurait peu parmi les priorités durant l’ère Katumbi, orientée vers l’industrialisation et les centres urbains. Pourtant, dès 2008, Moïse Katumbi avait encouragé la mise en culture de terres allouées aux entreprises minières, réduisant la dépendance aux importations alimentaires de 98 % à moins de 25 % en 2015. Toutefois, selon un article de la chaine allemande Deutsche Welle en 2015, les agriculteurs locaux continuaient de dépendre de l’aide humanitaire, notamment en raison du mauvais état des routes et du manque d’intrants.
Depuis le démembrement, un changement net s’esquisse. D’après le rapport 2025 de la FAO, un soutien de 4,5 millions USD destiné à dix communautés agricoles s’est traduit par l’introduction de semences améliorées, de pratiques agroforestières et de bio-pesticides, avec une première centaine de micro-entreprises agricoles en gestation. Dans le Haut-Lomami, un projet scientifique récent souligne la voie prometteuse d’une intensification durable de la culture du manioc, visant à renforcer la sécurité alimentaire locale.
À Tanganyika et Haut-Lomami, l’insécurité alimentaire reste préoccupante : environ 25 millions de Congolais sont aujourd’hui en situation de crise ou d’urgence alimentaire, et Tanganyika est la province la plus touchée, en raison des conflits, inondations et faibles investissements ruraux. Pour y remédier, des partenariats FAO/PAM soutiennent plusieurs milliers de petits exploitants (18 000 ménages) ciblés entre Kabalo et Nyunzu dans la reconstruction des filières agricoles, via un vaste programme de résilience.
Localement, des initiatives concrètes émergent. À Lualaba, les autorités provinciales s’appuient sur la mise en place d’entrepôts communautaires destinés aux producteurs, afin de réduire les pertes post-récolte et faciliter l’accès aux marchés, comme rapporté par le site congolais Ouragan.cd en 2024. Cette mesure, associée à des pistes rurales améliorées, a permis à des agriculteurs de la région de Kolwezi de transporter leurs récoltes vers les marchés urbains sans détérioration prématurée.
Cependant, l’impact de ces projets reste freiné par un manque de coordination au-delà des frontières provinciales, limitant le développement de chaînes de valeur régionales. Les infrastructures routières et les capacités de stockage restent insuffisantes, notamment faute d’entrepôts frigorifiques, et l’intensification agricole réclame un soutien accru.
Sécurité et cohésion sociale : un équilibre précaire
La sécurité demeure un enjeu critique dans les provinces du Grand Katanga, particulièrement au Tanganyika, où les affrontements entre communautés, notamment entre Twa et Bantous, ont causé plus de 1 400 morts et 650 000 déplacés entre 2013 et 2020. Pendant l’ère Katumbi, la réponse aux tensions reposait essentiellement sur la répression centralisée : un rapport de l’ONU de 2014 pointait un recours systématique aux forces policières et militaires plutôt qu’à des mécanismes de dialogue, une approche également observée dans la gestion des conflits communautaires dans l’est de la province depuis Lubumbashi.
Aujourd’hui, le gouverneur Christian Kitungwa Muteba, élu en avril 2024, prône une approche plus participative. Il a instauré des dialogues communautaires et des consultations civiques directes, comme en octobre 2024 lorsque les citoyens de Kalemie, confrontés à l’insécurité (embuscades, attaques de routes), ont été invités à co-construire avec les autorités provinciales des stratégies de sécurité. En septembre 2024, une réunion entre la province et l’USAID à Tanganyika a confirmé l’engagement des autorités à impliquer chaque habitant dans le processus de paix.
Pourtant, la menace des groupes armés persiste. Selon un rapport de la MONUSCO, plus de cent groupes armés sont encore présents dans l’est de la RDC, et dans le Tanganyika seulement, plus de 100 civils ont été tués récemment dans des violences intercommunautaires. Les milices communautaires, souvent formées localement, continuent de défier l’État et l’armée nationale (FARDC), appuyée par des bases telles que le camp de Kimbembe, peine à assurer une protection permanente.
Ainsi, bien que l’initiative de Kitungwa marque un pas vers la cohésion sociale par le dialogue et la participation citoyenne, l’insécurité armée et les conflits ethniques continuent de fragiliser cet équilibre. Le défi principal reste de transformer une stabilisation précaire en paix durable par une action conjointe plus structurée entre autorités provinciales, gouvernement central et institutions internationales.
Une dynamique en marche, mais encore incomplète
La gouvernance décentralisée du Grand Katanga a opéré une rupture avec l’approche centralisée de Moïse Katumbi, ouvrant la voie à un développement plus structuré et inclusif. Les progrès dans les infrastructures rurales, les services sociaux et la redevabilité témoignent d’une dynamique nouvelle, bien que des défis comme la corruption et la coordination interprovinciale persistent. L’ère Katumbi, malgré ses réalisations, souffrait d’une concentration excessive des bénéfices à Lubumbashi et d’une opacité dans la gestion. Pour l’avenir, le Grand Katanga devra renforcer la coopération entre ses provinces pour maximiser son potentiel, tout en consolidant les acquis de la décentralisation.
Cependant, plus de 15 ans après la mise en œuvre de la décentralisation, le développement des provinces tarde à se concrétiser pleinement. La crise institutionnelle au niveau des provinces est devenue récurrente, et les institutions provinciales sont parfois privées des moyens nécessaires pour mettre en œuvre leurs politiques. Certains estiment que cet échec relatif est dû à la mauvaise gestion et au non-respect des principes constitutionnels.
Il est donc impératif de placer la transparence, la responsabilité et la coordination entre les différentes entités administratives au premier plan. Ce n’est qu’en renforçant ces piliers que le Grand Katanga pourra réaliser son plein potentiel et offrir à ses citoyens un développement durable et équitable.
Heshima Magazine
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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé
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2 jours agoon
juin 9, 2026By
La redaction
Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.
Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.
L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.
L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?
Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.
Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »
Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.
Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.
L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.
Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC
À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.
L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.
ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible
Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.
Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.
Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.
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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial
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juin 5, 2026By
La redactionPour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.
Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.
L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.
Le secteur offensif, seul véritable chantier
En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.
Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.
Desabre satisfait et promet une montée en puissance
Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.
Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.
Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal
Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.
Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.
Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.
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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?
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7 jours agoon
juin 4, 2026By
La redaction
La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).
Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.
Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.
Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.
Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?
Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.
Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.
Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.
L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.
Une victoire pour l’opposition
Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.
Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.
Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.
Le mot d’ordre semble passer…
Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.
Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.
Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.
Heshima Magazine
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