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Migration des Congolais vers l’étranger : Comment freiner la fuite des cerveaux ?

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La question de l’immigration est revenue au centre des débats depuis quelques mois, notamment aux Etats-Unis. Les Congolais de la République démocratique du Congo (RDC) font désormais partie des pays dont les ressortissants sont menacés d’interdiction d’entrée sur le territoire américain. En dehors des voyages motivés par les études, les affaires ou le tourisme, le reste de l’émigration des Congolais est motivée par des raisons sécuritaires ou économiques. Ce qui devrait questionner la gouvernance des dirigeants congolais. L’amélioration des conditions de vie sur le plan local pourrait réduire cet exode qui s’accompagne d’une fuite des cerveaux.    

« J’ai terminé mes études depuis 2014 à l’Université pédagogique nationale (UPN) mais il n’y a pas des débouchés au pays qui puissent aider à construire une vie sur place. J’ai tenté de voyager pour essayer de trouver mieux en France. Après quelques mois de défense de mon dossier, j’ai reçu des documents pouvant me permettre de travailler », explique Trésor, un Congolais qui vit désormais dans une région française. Son cas ressemble bien à celui des milliers d’autres Congolais ou d’Africains en général qui remuent ciel et terre pour rejoindre le vieux continent et tenter de mener une meilleure vie.

A côté de cet exemple figure celui des migrants qui fuient des situations désastreuses dans leurs pays d’origine comme par exemple les conflits armés dans l’Est de la RDC, des situations de violences ou l’injustice sociale dans d’autres pays. Certains empruntent les voies légales pour voyager alors que d’autres arrivent en Europe sans passer par un service consulaire pour demander un visa. Ils arpentent des chemins sinueux et dangereux du Sahel au Maghreb pour atteindre la Méditerranée. « Moi je ne connais pas comment on monte dans un avion ni comment on demande un visa. Je suis arrivé en Europe en traversant des frontières africaines jusqu’en Allemagne, avant de venir m’installer en France », témoigne un autre Congolais qui vante son courage après avoir vécu des dures épreuves dans le Sahara.

Une émigration qui s’accompagne d’une fuite des cerveaux

L’émigration vers l’Europe ou l’Amérique du nord est de plus en plus constatée. Ce phénomène s’accompagne d’une fuite des cerveaux. Cette émigration a des causes multiples, notamment le manque d’opportunités d’emploi, l’instabilité politique et des salaires plus attractifs à l’étranger. Les conséquences incluent une pénurie de main-d’œuvre qualifiée sur le plan local, un affaiblissement des institutions et un frein au développement. Pour fuir la misère et le manque d’opportunité d’emploi, des migrants congolais s’installent même à Chypre afin de tenter de rejoindre l’Union européenne. Les demandes d’asiles dans les pays francophones d’Europe de l’Ouest ont exposé ces dernières années. Floribert Mvumbi, médecin gynécologue, qui travaillait dans un hôpital public à Kinshasa, a rejoint un pays d’Europe. « Le salaire que percevait en tant que spécialiste ne me permettait pas de nouer les deux bouts. Je vivais une vie de précarité alors que j’ai fait plus de 8 ans d’étude de médecine », a-t-il relaté. Ce spécialiste a finalement décidé de quitter la RDC pour exercer son métier outre-méditerranée. 

En Belgique, les demandes d’asile des Congolais explosent

En juillet 2024, la Belgique a rapporté que 650 Congolais ont demandé l’asile sur son sol uniquement pour le premier semestre de 2024. Selon Freddy Roossmont, directeur de l’Office des étrangers belge, la Belgique reçoit en moyenne 100 demandes d’asile de Congolais par mois. Une demande qui est sans cesse en hausse depuis un temps.Entre 2021 et 2022, les demandes d’asiles étaient passées de274 à 603 pour toute l’année alors qu’en 2024, le pays a atteint 650 demandes uniquement pour un semestre. Ces chiffres font figurer la RDC dans le top 10 des pays d’où viennent les demandes d’asile. Pour décourager certaines demandes farfelues, le taux de reconnaissance des demandes introduites est descendu de 30 à 13% en 2022. « Nous devons absolument éviter que les gens pensent qu’une procédure d’asile leur permettra sans plus de rester en Belgique. Bien sûr, ceux qui ont besoin de protection l’obtiendront dans notre pays. Toutes les places d’accueil qu’il y a en Belgique, nous en avons besoin pour accueillir les personnes qui fuient effectivement une guerre ou un conflit. Il n’y a pas de places en surplus. J’essaie d’éviter que les gens viennent en Belgique avec de fausses attentes », avait expliqué en janvier 2023 Nicole De Moor, secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration.

Selon le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) en Belgique, entre janvier et juin 2022, neuf ressortissants congolais avaient été rapatriés vers Kinshasa. Puis, le 9 novembre 2022, la Belgique avait organisé un « vol spécial » pour rapatrier 14 Congolais dont les demandes d’asile avaient été déboutées et qui refusaient de rentrer volontairement au pays. Ce vol a été organisé par l’Office des étrangers de la Belgique, avec le soutien de l’Agence de surveillance des frontières européennes (Frontex).

Europe et Etats-Unis : le flux sans cesse croissant de migrants africains          

D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 100 000 Africains ont traversé la Méditerranée en 2021 en direction de l’Europe. Ce phénomène d’immigration irrégulière des Africains vers l’Europe est devenu croissant ces dernières années. Fin mai 2025, aux Etats-Unis, l’administration Trump a interdit aux ressortissants de 12 pays d’accéder sur le territoire américain dont 7 Etats africains parmi lesquels figurent la République du Congo et le Tchad. Mi-juin, les Etats-Unis ont encore annoncé une nouvelle liste de 36 pays qui risquent de se retrouver sur ce « travel ban ». Parmi ces Etats, on compte la RDC et le Nigeria.

Pour la première mesure concernant les douze pays, Donald Trump a justifié sa décision par une attaque terroriste perpétrée par un Egyptien, âgé de 45 ans, à Boulder, dans le Colorado, dans l’Ouest du pays. Cette attaque, d’après le président américain, aurait mis en évidence les « dangers extrêmes que représente pour les États-Unis l’entrée de ressortissants étrangers qui n’ont pas été correctement contrôlés ». Selon la Maison Blanche, cette mesure vise à « protéger » le pays de « terroristes étrangers ». Mais aucun ressortissant des pays ciblés n’a été arrêté pour terrorisme. Certains analystes pensent que ces décisions sont à mettre dans la rhétorique anti-migrant développée par Donald Trump.  

Lors d’une rencontre avec la Première ministre italienne, Georgia Meloni, Donald Trump avait tenu des propos polémiques en évoquant la situation à la frontière sud des États-Unis. Il avait affirmé que plusieurs pays étrangers auraient volontairement libéré des prisonniers pour qu’ils migrent vers les États-Unis. « Et pas seulement en Amérique du Sud, mais aussi en Afrique, le Congo. Beaucoup de gens viennent du Congo. Je ne sais pas pourquoi, mais ils sont venus, » avait déclaré Donald Trump, sans évoquer la moindre preuve. Mais parmi d’autres raisons évoquées par son administration, certains pays sanctionnés ne seraient pas en mesure de fournir des « documents d’identité fiables » ou auraient « trop de fraude dans l’administration ». Pour d’autres, un nombre important de leurs ressortissants aux États-Unis auraient « dépassé la date limite de leur visa ».   

Comment stopper cet exode ?

S’il est difficile d’arrêter totalement l’immigration économique ou sociale, il est cependant possible de réduire sensiblement ce flux migratoire qui comporte également une fuite importante de cerveaux pour les pays concernés, la RDC en particulier. Cet exode concerne les citoyens de deux ordres : ceux qui fuient des conditions socio-économiques du pays et ceux dont la vie est menacée par des conflits armés ou d’autres types de menace. « Le gouvernement est en mesure de trouver des solutions sur la stabilité politique et sécuritaire mais aussi économique », estime un agent congolais ayant requis l’anonymat, travaillant à l’Organisation internationale pour la migration (OIM). Selon lui, dans les statistiques générales, les pays les plus stables sur le plan politique, économique et sécuritaire comptent moins de migrants à l’international, sauf ceux qui partent pour des raisons classiques comme le tourisme, les études ou les affaires. C’est notamment le cas de l’Afrique du Sud, Ile Maurice, de la Namibie et du Botswana. « En RDC, dans le secteur de la santé, beaucoup de médecins qui sont partis se spécialiser à l’étranger restent dans ces pays européens, estimant que les conditions au pays ne sont pas meilleures. Il y a aussi certains qui entreprennent à l’étranger. Le pays perd des revenus fiscaux potentiels des personnes qualifiées qui s’installent à l’étranger », relate un médecin boursier de l’Etat congolais qui poursuit ses études de socialisation en médicine au Maroc. Pourtant, il y a pénurie de médecins au pays. Sur ce point, le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba a promis une politique d’incitation au retour des médecins en RDC mais aussi un programme de bourse pour ceux qui doivent être formés dans d’autres pays.        

Créer des conditions qui découragent l’exode définitif

Le gouvernement congolais devrait créer des programmes incitatifs pour que les Congolais de l’étranger reviennent enseigner, investir ou partager leurs compétences avec ceux restés au pays. Penser à simplifier les procédures administratives pour ce retour. Par exemple, l’autorisation de la double nationalité,la réduction des taxes locales, faciliter la politique de logement dans les villes et les villages pour mieux inciter au retour de ces fils et filles du pays. Il y a aussi la création des conditions nécessaires pour l’éclosion des compétences sur le plan local. La modernisation des universités et l’amélioration des conditions d’études peuvent réduire les départs liés à des raisons d’étude. Le gouvernement devrait également penser à la promotion d’une formation adaptée au marché local, c’est-à-dire, l’orientation des cursus vers les besoins réels du pays.  

Heshima

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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé

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Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.

Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.

L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.

L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?

Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.

Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »

Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.

Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.

L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.

Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC

À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.

L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.

ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible

Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.

Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.

Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.

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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial

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Pour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.

Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.

L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.

Le secteur offensif, seul véritable chantier

En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.

Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.

Desabre satisfait et promet une montée en puissance

Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.

Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.

Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal

Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.

Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.

Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.

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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?

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La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).

Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.

Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.

Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.

Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?

Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.

Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.

L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.

Une victoire pour l’opposition

Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.

Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.

Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.

Le mot d’ordre semble passer…

Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.

Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.

Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.

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