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Dix-sept ans sans porte‑parole en RDC : l’opposition politique amputée de son rôle institutionnel

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En 2007, la République démocratique du Congo (RDC) adoptait la Loi n° 07/008 du 4 décembre, destinée à institutionnaliser le rôle de l’opposition politique, notamment par la désignation d’un porte-parole officiel. Pourtant, dix-sept ans plus tard, ce poste reste vacant, révélant les tensions persistantes au sein du paysage démocratique congolais. Quels obstacles ont empêché la désignation de ce représentant lors des cycles électoraux de 2011, 2018 et 2023 ? Quelles conséquences ce vide institutionnel engendre-t-il pour l’équilibre des pouvoirs en RDC ? Heshima Magazine décrypte les enjeux de cette paralysie, symptôme des défis de la démocratie congolaise.

La Loi n° 07/008 établit un cadre juridique pour l’opposition politique en RDC. Selon l’article 19, le porte-parole de l’opposition, qui n’est pas nécessairement parlementaire, doit être désigné par consensus par les députés et sénateurs de l’opposition. En l’absence de consensus, un vote au scrutin majoritaire à deux tours est organisé dans le mois suivant l’investiture du gouvernement, sous la facilitation des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’article 21 confère à ce porte-parole le rang de ministre d’État, avec des avantages et immunités correspondants, soulignant l’importance de ce rôle pour garantir une opposition structurée et influente.

Ce cadre, inspiré de certains modèles démocratiques internationaux, vise à doter l’opposition d’une voix légitime pour critiquer le gouvernement, proposer des alternatives et participer au dialogue politique. Cependant, malgré cette clarté légale, la mise en œuvre de cette disposition est restée lettre morte, révélant des obstacles structurels et politiques que nous examinons à travers les cycles électoraux successifs.

2011-2012 : les premières divisions post-électorales

Les élections de 2011, marquées par des accusations de fraude généralisée, ont jeté les bases d’une opposition profondément divisée. Selon un rapport de la Fondation Carter, ces élections ont été « calamiteuses », avec des irrégularités qui ont exacerbé les tensions politiques. Dans ce contexte, la désignation du porte-parole, prévue pour le 9 juin 2012, n’a pas eu lieu. Malgré l’expiration du délai prévu, aucun consensus sur le chef de file des opposants ne s’était dégagé. Étienne Tshisekedi, ancien président du parti l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), décédé en 2017, qui revendiquait la victoire à la présidentielle, a rejeté le rôle de porte-parole, se considérant comme le « président élu ». Son parti a soutenu cette position, avec Eugène Diomi, porte-parole de la « Majorité présidentielle populaire », affirmant que Tshisekedi devait être reconnu comme chef de l’État.

Pendant ce temps, Vital Kamerhe, leader du parti l’Union pour la nation congolaise (UNC), a été désigné comme candidat au poste de porte-parole par son parti, illustrant les divergences stratégiques au sein de l’opposition. Certains partis de l’opposition, comme l’UNC, étaient même prêts à participer au processus parlementaire requis à cet effet, tandis que d’autres, comme l’UDPS, boycottaient les institutions, les jugeant illégitimes. Cette fracture a empêché tout consensus, et le délai légal est passé sans résultat.

2018-2019 : une nouvelle impasse après des élections contestées

Les élections de 2018, qui ont historiquement porté un opposant au pouvoir, Félix Tshisekedi, ont ravivé les tensions. Martin Fayulu, également opposant et candidat de la coalition Lamuka, a dénoncé un « putsch électoral », refusant de reconnaître les résultats. Dans ce climat, la désignation du porte-parole a de nouveau échoué. En 2019, le groupe parlementaire MS-G7, affilié à Moïse Katumbi, a tenté de relancer le processus sans y parvenir.

L’inaction des bureaux parlementaires, contrôlés à l’époque par la coalition pro-Kabila, a été un obstacle majeur. De plus, Fayulu et d’autres opposants, comme Lisanga Bonganga, ont dénoncé une « machination » visant à marginaliser l’opposition. Cette période a également vu des propositions alternatives, comme celle de Katumbi et Jean-Pierre Bemba pour un mandat rotatif de deux ans, mais cette idée n’a pas abouti.

2023-2024 : une opposition toujours fracturée

Les élections de 2023, également contestées comme toutes les précédentes, ont amplifié les divisions. Moïse Katumbi, fort de ses 70 élus au Parlement, a cherché à faire avancer la désignation du porte-parole. En juin 2024, son parti, Ensemble pour la République, a même proposé un règlement intérieur pour l’opposition et a sollicité l’avis de Martin Fayulu. Cependant, ce dernier a rejeté cette démarche, la qualifiant d’« inopportune » et refusant de reconnaître les institutions issues des élections de 2023, qu’il considérait comme un « simulacre ».

La même période, d’autres figures, comme Constant Mutamba, se sont positionnées pour le poste, tandis qu’Adolphe Muzito a rejoint Katumbi pour soutenir ladite démarche. En revanche, d’autres partis de l’opposition comme l’Engagement citoyen (ECiDé) de Fayulu et l’ Ensemble national des valeureux œuvrant pour la liberté (Envol) de Delly Sesanga se sont opposés à toute désignation, arguant que les conditions d’unité n’étaient pas réunies pour une telle démarche. Cette fragmentation persistante, combinée à l’inaction institutionnelle, maintient le statu quo.

Les raisons profondes de l’échec

La fragmentation de l’opposition est le principal obstacle à la désignation du porte-parole. Comme le note le média Habari RDC, les partis de l’opposition ont du mal à accorder leurs violons. Chaque leader poursuit des objectifs distincts : Fayulu privilégie une opposition « radicale », tandis que Katumbi adopterait une approche plus institutionnelle. Cette divergence est illustrée par les propos de Tshivuadi Mukwalukusa, qui déclare au site d’informations Congo Durable : « Si le porte-parole vient de l’opposition républicaine (Katumbi), l’autre opposition plus dure contestera ».

Une autre raison des échecs répétés tient au rôle des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, toujours contrôlés par les régimes au pouvoir, qui n’ont jamais facilité le processus de désignation. Le site Congo Indépendant va jusqu’à ironiser sur cette situation avec un titre évocateur : « Offre d’emploi : l’opposition cherche son Porte-parole ». Une passivité analysée comme une stratégie délibérée pour maintenir une opposition divisée et affaiblie.

Contestation de la légitimité électorale

Chaque cycle électoral en RDC a été marqué par des contestations, fragilisant la reconnaissance des institutions par l’opposition. En 2006, Jean-Pierre Bemba a rejeté les résultats ayant porté Joseph Kabila au pouvoir, mettant fin à une transition historique marquée par un partage inédit du pouvoir (modèle 1+4 : un président et quatre vice-présidents). En 2011, Étienne Tshisekedi a refusé de reconnaître sa défaite, allant jusqu’à s’autoproclamer « président élu » et à prêter serment dans sa résidence devant ses partisans. En 2018, Martin Fayulu a dénoncé un « putsch électoral », rejetant la légitimité des institutions issues du scrutin et se présentant comme le véritable vainqueur, une position qui l’a empêché de jouer le rôle de porte-parole de l’opposition. En 2023, la contestation d’une partie de l’opposition des résultats des élections bloque toute possibilité d’union autour d’un processus institutionnel, perpétuant ainsi une crise de représentation.

Conséquences pour la démocratie congolaise

L’absence d’un porte-parole officiel affaiblit l’opposition, la privant d’une voix unifiée pour critiquer le gouvernement et proposer des alternatives. Le média spécialisé dans l’actualité de la RDC et de l’Afrique centrale Afrikarabia souligne que l’opposition a besoin de se parler au-delà des divergences. Cette fragmentation profite au pouvoir, qui n’a pas à affronter une opposition structurée, comme le note le site congolais Ouragan.cd : Le porte-parolat crée le schisme à l’opposition.

Sur le plan institutionnel, ce vide nuit à l’équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution. En 2024, le président Félix Tshisekedi a appelé les députés à appliquer la loi, mais cette déclaration n’a pas été suivie d’actions concrètes. Dans un pays confronté à des crises électorales et sécuritaires, cette faiblesse institutionnelle est particulièrement préoccupante.

Vers une solution ?

Des efforts récents montrent une volonté de débloquer la situation. En 2014, l’ancien député national Clément Kanku a proposé une modification de ladite loi pour attribuer automatiquement le poste au parti avec le plus d’élus, une idée visant à réduire les querelles internes. Cette réforme n’a pas abouti, mais elle reflète le besoin d’une solution pragmatique.

En 2024, des figures comme Christian Mwando Nsimba, ancien ministre du Plan et député national du parti de Katumbi, se sont positionnées pour le poste de porte-parole de l’opposition, affirmant, en réaction à l’appel du président de la République que « celui-ci n’a aucun rôle dans cette désignation ». Au regard de tous ces blocages, des propositions radicales émergent, comme celle du journal congolais Forum des As de supprimer le poste du budget national, témoignent de la frustration face à ce blocage devenu permanent.

Un défi pour l’avenir

L’absence d’un porte-parole de l’opposition en RDC, malgré un cadre légal clair depuis 2007, est un symptôme des maux qui rongent la politique congolaise : divisions internes, méfiance envers les institutions et répression persistante. La loi sur le statut de l’opposition politique représente une ambition démocratique louable, mais sa mise en œuvre exige un sursaut de volonté collective. Sans une opposition unie et des institutions engagées, la RDC risque de voir son système démocratique stagner, privant ses citoyens d’un contre-pouvoir efficace. La question demeure : qui parviendra à unifier cette opposition disparate pour donner vie à cette loi ? L’avenir politique du pays en dépend.

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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé

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Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.

Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.

L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.

L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?

Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.

Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »

Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.

Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.

L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.

Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC

À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.

L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.

ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible

Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.

Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.

Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.

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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial

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Pour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.

Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.

L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.

Le secteur offensif, seul véritable chantier

En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.

Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.

Desabre satisfait et promet une montée en puissance

Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.

Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.

Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal

Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.

Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.

Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.

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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?

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La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).

Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.

Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.

Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.

Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?

Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.

Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.

Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.

L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.

Une victoire pour l’opposition

Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.

Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.

Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.

Le mot d’ordre semble passer…

Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.

Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.

Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.

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