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Crise de confiance entre l’État et les citoyens : ce que révèle la perception de la gouvernance
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La redaction
La République démocratique du Congo (RDC) traverse une profonde crise de confiance entre ses institutions et sa population. Les chiffres révèlent l’ampleur du malaise. Une enquête réalisée en 2024 par la Revue Française d’Économie et de Gestion auprès des élites congolaises de l’Est montre que 92,4 % des personnes interrogées portent un regard négatif sur la gouvernance et les institutions du pays.
Cette défiance s’étend à toutes les sphères du pouvoir. L’indice Mo Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2024 place la RDC au 48ᵉ rang sur 54 pays africains, avec un score de 32,8 sur 100, loin derrière la moyenne continentale fixée à 49,3. Dans un article publié en février de la même année, Radio Okapi rappelait déjà que le pays n’obtenait que 32,7 points sur 100 en matière de gouvernance globale selon ce même rapport.
À ces indicateurs s’ajoute un mal endémique : la corruption. Le rapport 2024 de Transparency International classe la RDC au 163ᵉ rang mondial sur 180 pays, avec un score stagnant de 20 points, identique à celui de 2023. Autant de signaux qui traduisent une méfiance persistante et une fracture croissante entre gouvernants et gouvernés.
Les services publics à la dérive
L’inefficacité des services publics vient renforcer ce climat de défiance et cristallise le mécontentement populaire. Une enquête citoyenne révèle que 90 % des Congolais estiment que les services publics sont mal gérés, 7,5 % jugent qu’ils le sont « plus ou moins bien » et à peine 2,5 % les considèrent comme correctement administrés. Les causes de cette perception sont identifiées : corruption (38 %), manque de contrôle (32 %) et incompétence des dirigeants (26 %).
Ces chiffres trouvent une traduction concrète dans le quotidien des citoyens. Le rapport 2024 de la Banque mondiale sur les entreprises en RDC indique que plus de 77 % des sociétés sont confrontées à des coupures d’électricité répétées, en moyenne 12 par mois, tandis que les démarches auprès des services publics restent longues et coûteuses. Le secteur de la santé n’échappe pas à ce dysfonctionnement : dès le 28 décembre 2024, le Syndicat national des médecins a déclenché une grève radicale pour dénoncer le non-paiement des salaires, malgré les engagements pris par le gouvernement.
À cela s’ajoute le retard dans la numérisation de l’administration publique. Selon l’enquête E-Government Survey 2024 des Nations unies, la RDC se classe au 179ᵉ rang mondial et au 44ᵉ rang africain en matière de services publics en ligne. Son indice de développement de l’e-government est passé de 0,3057 en 2022 à seulement 0,2067 en 2024, signe d’un recul inquiétant.
Une popularité présidentielle en dents de scie
Paradoxalement, malgré les défaillances structurelles de l’État et l’inefficacité chronique des services publics, le président Félix Tshisekedi continue d’afficher un niveau de soutien notable. Un sondage de l’Institut Les Points, réalisé en mars 2025, indique que 86 % de la population congolaise se dit favorable au chef de l’État. Un chiffre impressionnant qui contraste avec la défiance généralisée envers les institutions.
D’autres enquêtes apportent cependant un regard plus nuancé. Selon le sondage Berci-Ebuteli-GEC d’avril 2024, près de 50 % des Congolais interrogés estiment que le pays prend une bonne direction depuis le début du second mandat de Tshisekedi, un taux comparable à celui enregistré en 2019. Mais cette moyenne nationale masque de fortes disparités régionales : les provinces du Bandundu, du Katanga, de l’Équateur et de la Grande Orientale expriment une insatisfaction nettement plus marquée.
Cette évolution souligne les limites du capital politique du président. Comme le relevait Jeune Afrique dans son édition du 20 janvier 2024, les élections de décembre n’ont pas suffi à lever la crise de légitimité qui entoure Félix Tshisekedi, révélant un fossé persistant entre le pouvoir central et une partie du pays.
L’échec de la décentralisation : une autonomie qui reste un mirage
La décentralisation, inscrite dans la Constitution de 2006, devait rapprocher l’administration des citoyens et stimuler le développement local. Mais dix-sept ans plus tard, cette promesse reste largement inachevée. Comme le souligne Heshima Magazine, l’autonomie des entités locales demeure un mirage : le transfert de compétences vers les provinces est encore partiel, tandis que Kinshasa conserve une emprise considérable sur la gestion provinciale.
Cette centralisation persistante nourrit la frustration des populations locales, qui peinent à voir leurs préoccupations reflétées dans l’action publique. Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2023, à peine 12 % des budgets provinciaux sont exécutés sans l’aval du pouvoir central. La situation est telle que, d’après Radio Okapi dans une publication de février 2025, plusieurs assemblées provinciales n’avaient pas siégé depuis plus de six mois, faute de moyens.
L’état de siège : une mesure contestée qui divise
L’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, en vigueur depuis mai 2021, symbolise pour beaucoup d’habitants de l’Est la distance qui s’est creusée entre l’État et les populations. Trois ans après sa mise en place, nombreux sont ceux qui rejettent sa prolongation, convaincus que cette mesure n’a pas tenu ses promesses. Comme le relevait Radio Okapi en août 2023, la lassitude grandit face à un dispositif perçu davantage comme une contrainte que comme une protection.
Un sondage Berci-Ebuteli confirme ce fossé grandissant : alors que 50 % des Congolais déclarent encore faire confiance au gouvernement central pour leur sécurité, ils ne sont plus que 39 % dans les trois provinces de l’Est. La raison de cette défiance tient à la réalité quotidienne : malgré l’état de siège, les violences se multiplient, de nouveaux groupes armés émergent et les déplacements massifs se poursuivent. Autant de faits qui nourrissent une impression d’abandon et renforcent l’idée que les institutions sécuritaires restent incapables de répondre aux attentes des communautés les plus touchées.
Les élections de 2023 : une légitimité discutée…
Les élections générales de décembre 2023 ont reconduit Félix Tshisekedi à la présidence avec plus de 73 % des voix. Si le nom du vainqueur a fait l’unanimité auprès de tous les observateurs, y compris l’Église catholique qui a affirmé que Tshisekedi était largement arrivé en tête des autres candidats, la crédibilité du processus a été largement remise en question. L’Institut d’études de sécurité (ISS) a qualifié ces scrutins de « nouveau rendez-vous manqué avec la démocratie », rappelant que, après les accusations de « coup d’État électoral » en 2018, les élections de 2023 ont également suscité des doutes quant à leur légitimité.
Une mission d’observation conjointe de l’Église catholique et de l’Église du Christ au Congo a documenté 5 402 irrégularités significatives dans les bureaux de vote, allant des dysfonctionnements des dispositifs de vote à des bureaux non ouverts ou des bourrages d’urnes. Ces manquements ont nourri la contestation d’une partie de l’opposition et alimenté la méfiance d’une frange de la population envers le processus démocratique, malgré l’unanimité sur le vainqueur proclamé.
La jeunesse congolaise : entre désengagement et manifestations
La jeunesse congolaise, qui représente près de 70 % de la population selon la MONUSCO, se détourne de plus en plus du système politique classique. Faute de se reconnaître dans les discours et pratiques des dirigeants, elle peine à trouver un véritable espace d’expression dans les institutions traditionnelles. « Les jeunes en RDC ne s’identifient pas aux politiques actuelles et n’ont pas de place dans le système politique », explique le politologue Christian Moleka au média allemand Deutsche Welle.
Ce désengagement prend plusieurs formes : une abstention électorale massive, mais aussi des explosions de colère dans la rue. En janvier 2025, Kinshasa a été le théâtre de manifestations violentes dirigées contre le Rwanda et la communauté internationale, rappelle Jeune Afrique. La colère, difficile à canaliser par les cadres institutionnels, s’est exprimée jusque dans l’attaque de plusieurs ambassades par des jeunes radicaux, selon Deutsche Welle. Ces débordements traduisent un malaise plus profond : celui d’une génération qui ne trouve pas sa place dans la gouvernance du pays.
La corruption : un fléau persistant malgré les efforts
Malgré les discours officiels sur la lutte contre la corruption, la perception populaire reste profondément sceptique. En mars 2025, Jules Alingete, directeur de l’Inspection générale des finances, affirmait que le taux de corruption avait chuté de 80 % à 50 % en cinq ans. Pourtant, les classements internationaux semblent contredire ces progrès avancés.
Selon l’Agence Ecofin, la RDC figure toujours parmi les pays les plus corrompus dans le classement 2024 de Transparency International, avec un score de seulement 20 points, la plaçant au 163ᵉ rang sur 180 pays. Cette persistance de la corruption dans l’opinion publique nourrit une méfiance durable envers les institutions et jette une ombre sur les promesses de réforme.
Les grèves sectorielles : symptômes d’un malaise plus profond
Les grèves à répétition dans les secteurs vitaux illustrent l’érosion du contrat social entre l’État et ses agents. Après les enseignants, ce sont les médecins des hôpitaux publics qui ont déclenché une grève générale dès octobre 2024, rapporte RFI. Ces mouvements sociaux mettent en lumière non seulement les contraintes financières de l’État, mais aussi son incapacité à respecter ses engagements envers ceux qui assurent les services essentiels.
En décembre 2024, le Syndicat national des médecins a durci son mouvement, dénonçant le non-respect des promesses gouvernementales et accusant les autorités d’avoir induit en erreur le chef de l’État dans sa communication devant le Congrès. Ces tensions répétées fragilisent la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à garantir les services publics fondamentaux, exacerbant le sentiment de déconnexion entre gouvernants et gouvernés.
Restaurer la confiance : ultime défi de la gouvernance
Face à cette crise de confiance multiforme, la RDC se trouve à un véritable carrefour. Les défis sont immenses : restaurer l’efficacité des services publics, lutter réellement contre la corruption, réussir la décentralisation, pacifier l’Est du pays et renouer le dialogue avec une jeunesse désabusée.
La récente initiative du gouvernement de lancer des consultations nationales pour la jeunesse, annoncée par la ministre Grâce Emie Kutino, traduit une prise de conscience de l’urgence de renouer le dialogue. Mais ces consultations seules ne suffiront pas à reconstruire une confiance durablement ébranlée.
L’enjeu dépasse largement les réformes techniques : il s’agit de rétablir un véritable contrat social entre l’État et sa population, fondé sur la redevabilité, l’efficacité et la transparence. Sans cette réconciliation, la RDC risque de voir sa crise de confiance se transformer en instabilité chronique, menaçant ses perspectives de développement et de consolidation démocratique.
Heshima Magazine
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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé
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2 jours agoon
juin 9, 2026By
La redaction
Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.
Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.
L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.
L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?
Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.
Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »
Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.
Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.
L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.
Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC
À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.
L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.
ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible
Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.
Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.
Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.
Heshima Magazine
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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial
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6 jours agoon
juin 5, 2026By
La redactionPour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.
Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.
L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.
Le secteur offensif, seul véritable chantier
En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.
Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.
Desabre satisfait et promet une montée en puissance
Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.
Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.
Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal
Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.
Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.
Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.
Heshima Magazine
Nation
RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?
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7 jours agoon
juin 4, 2026By
La redaction
La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).
Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.
Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.
Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.
Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?
Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.
Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.
Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.
L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.
Une victoire pour l’opposition
Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.
Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.
Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.
Le mot d’ordre semble passer…
Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.
Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.
Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.
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