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RDC : Après sa démission, Kamerhe va-t-il rejoindre l’opposition ?
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La redaction
Alors que les députés devaient voter sa destitution lors d’une plénière le 22 septembre 2025, Vital Kamerhe a anticipé en démissionnant de ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. Bien que dans son discours l’homme ait renouvelé son soutien au chef de l’État, cet allié de première heure de Félix Tshisekedi va-t-il rester longtemps dans l’Union sacrée de la Nation ? Certains observateurs le redoutent…
Vital Kamerhe a annoncé sa démission devant la conférence des présidents de commissions et de groupes parlementaires. Il a déclaré : « J’ai décidé devant 110 millions de Congolais que ma petite personne ne doit pas bloquer une grande institution, comme l’Assemblée nationale ». VK a rappelé que c’est lui, porté par l’amour de la patrie, qui a « activement œuvré » à l’avènement de l’alternance pacifique de 2018 en faveur de l’actuel chef de l’État. Le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), qui a fait une alliance stratégique à Nairobi avec Félix Tshisekedi après avoir tourné le dos au conclave de l’opposition à Genève, se sent comme un pionnier méconnu du pouvoir de Félix Tshisekedi. « Aujourd’hui, je me réjouis de constater que nombreux sont ceux qui nous ont rejoints et ont épousé cette conviction que nous étions si peu à partager en son temps : celle d’une refondation de notre État autour du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré en direction des membres de l’Union sacrée devenus aujourd’hui plus « tshisekedistes ».
Une pétition massive et des griefs multiples
La pression sur Kamerhe était devenue insoutenable. Selon plusieurs médias, la pétition contre lui avait recueilli 262 signatures, bien au-delà de la majorité requise par le règlement intérieur. Cette mobilisation historique incluait un nombre significatif de députés de sa propre majorité, illustrant l’ampleur de la rupture avec son camp.
À la tête des frondeurs se trouvait Crispin Mbindule, député membre de l’UDPS-Tshisekedi et ironiquement ancien cadre de l’UNC de Kamerhe. Les pétitionnaires reprochaient au bureau Kamerhe une « gestion opaque » des finances de l’institution, le « blocage du contrôle parlementaire », la « non-prise en compte de la situation sociale des députés », ainsi que dix mois d’arriérés dans les frais de fonctionnement et la couverture médicale des élus.
Malgré sa démission, l’élu de Bukavu dénonce des irrégularités dans la pétition qui le visait. Le désormais ex-président de l’Assemblée nationale décèle, selon lui, un vice de forme majeur : l’un des signataires, le numéro 42, ne figurerait pas sur la liste actualisée des parlementaires de la législature en cours. Pourtant, le règlement intérieur est clair : l’article 31 stipule que la mise en cause d’un membre du bureau ne peut émaner que des députés nationaux. Pour Kamerhe, c’est bien clair : cette pétition « n’est pas l’œuvre exclusive de députés nationaux ».
Les tentatives d’apaisement qui ont échoué
Confronté à cette fronde, Kamerhe avait tenté une stratégie d’apaisement. Le 15 septembre, en séance plénière, il avait présenté des excuses publiques à ses collègues, reconnaissant que ses paroles ou son comportement avaient pu les heurter. Mais cette démarche n’avait pas convaincu. Pour Crispin Mbindule, ces excuses sonnaient comme un aveu : « Monsieur Kamerhe a demandé pardon, il doit savoir que nous ne pardonnons pas. Nous poursuivons notre procédure législative ».
L’épisode avait même pris une tournure inédite : l’administration parlementaire avait subitement fermé ses portes le jour du dépôt de la pétition, laissant planer le soupçon d’une manœuvre dilatoire. Mais la détermination des signataires avait prévalu avec l’intervention d’un huissier de justice pour valider le dépôt.
Tshisekedi fait le « Ponce Pilate »
Depuis New York où il séjournait pour la 80ème Assemblée générale des Nations Unies, Félix Tshisekedi a commenté la démission de Vital Kamerhe. Il nie avoir été à la base de ce départ et évoque « une cuisine interne » entre les députés et leur bureau. « S’ils ont décidé de défier leur président, c’est leur cuisine interne. Mon rôle à moi est que les droits de tout le monde soient respectés et que la stabilité de l’institution elle-même soit sauvegardée, c’est ce qui m’importe », a-t-il déclaré en répondant à une question de la presse.
Le président avait pourtant organisé une réunion interinstitutionnelle début septembre 2025 au Palais de la Nation, rassemblant Vital Kamerhe, Lukonde Sama (président du Sénat), la Première ministre Judith Suminwa, ainsi que Dieudonné Kamuleta (président du conseil supérieur de la magistrature et président de la Cour Constitutionnelle), pour tracer une feuille de route commune face aux tensions parlementaires. Le mot d’ordre était que « la rentrée parlementaire se fasse dans la sérénité, le calme ».
Quant à savoir si Vital Kamerhe pourrait quitter la majorité pour l’opposition, le chef de l’État lui laisse un champ libre : « Sauf si Monsieur Vital Kamerhe en décide autrement mais je ne vois pas pourquoi. Parce que je ne suis pas à la base justement de sa démission ni de ses problèmes, je ne vois pas pourquoi il va vouloir me tourner le dos, je n’y suis pour rien. » Félix Tshisekedi dit continuer à le considérer comme « un allié, comme un frère ». Le chef de l’État congolais laisse donc à son allié de décider de la trajectoire politique à prendre.
L’Accord de Nairobi : un pacte trahi ?
L’histoire politique de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe est marquée par l’accord de Nairobi signé en novembre 2018. Cet accord, scellant une alliance pour conquérir le pouvoir après leur retrait de l’accord de Genève qui désignait Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition, prévoyait un partage équilibré des responsabilités.
En 2018, Félix Tshisekedi avait promis : « Nous allons gouverner ensemble, et tous au même niveau sans qu’il y ait un qui essaie de mater l’autre ». L’accord désignait même Kamerhe comme directeur de campagne et Premier ministre en cas de victoire.
Cependant, les termes de cet engagement n’ont jamais été respectés, Kamerhe n’ayant pas obtenu le soutien de Tshisekedi en 2023 comme candidat président de la République. Vital Kamerhe n’a pas non plus obtenu la Primature après la fin de la coalition de gouvernance FCC-CACH entre Félix Tshisekedi et l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Le chef de l’État a préféré nommer Jean-Michel Sama Lukonde après le départ de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.
Ce déséquilibre a souvent nourri une rivalité latente. De nombreux partisans de Vital Kamerhe estiment avoir été systématiquement lésés par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dans cet accord.
Un complot orchestré ?
Selon le média Congo Forum, certains kameristes évoquent un « plan savamment orchestré » pour se débarrasser d’un allié devenu trop influent. Un récent article de Jeune Afrique avait mis en lumière le rôle présumé de Tony Kanku et Guy Loando, qui auraient favorisé la montée rapide de la pétition contre Kamerhe, agissant potentiellement au nom du président Félix Tshisekedi.
Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait reçu une délégation de l’UNC conduite par Billy Kambale le 21 septembre 2025. Cette délégation avait relevé que plusieurs responsables impliqués dans l’affaire Kamerhe étaient membres de l’UDPS : Crispin Mbindule (initiateur de la pétition), Jean-Claude Tshilumbayi (premier vice-président qui devait présider la plénière), et Peter Kazadi (président de la commission spéciale). Kabuya avait promis de « réagir aux préoccupations soulevées » après analyse.
Kamerhe et la répétition de l’histoire…
L’histoire se répète pour Vital Kamerhe. Comme le souligne 7sur7.cd, « 15 ans, jour pour jour, Vital Kamerhe avait démissionné de sa fonction de président de l’Assemblée nationale » en 2009. Alors secrétaire général du PPRD de Joseph Kabila, il avait été contraint à la démission après avoir critiqué la décision de Joseph kabila autorisant l’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais sans information préalable du Parlement.
Selon les câbles diplomatiques américains révélés par WikiLeaks, Joseph Kabila aurait même usé de pressions, dont de « très copieux pots-de-vin » (200 000 dollars par membre du bureau) et de possibles menaces, pour obtenir la démission de Kamerhe en 2009. L’ambassadeur américain de l’époque avait établi que Kabila voyait en Kamerhe « un sérieux rival potentiel » et que ce dernier « venait de franchir la ligne rouge ».
En décembre 2010, Vital Kamerhe avait basculé dans l’opposition et lancé son propre parti politique, l’UNC, se portant candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, se classant troisième avec 7,74% des suffrages.
En mai 2024, dans le cadre de son alliance avec Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe retrouvait, quinze ans après, le perchoir de l’Assemblée nationale. Candidat unique de la majorité présidentielle, il avait été élu avec 371 voix lors de l’installation du bureau définitif. Mais à peine un an plus tard, l’histoire s’est accélérée : menacé de destitution, il a préféré devancer l’inévitable en présentant sa démission, son sort étant déjà scellé. »
Des signes de désalignement
Le politologue Christian Moleka, contacté par l’AFP, explique que « plusieurs prises de position de Vital Kamerhe sur des questions centrales comme la réforme constitutionnelle ou le dialogue politique ont été perçues comme s’éloignant des positions du président Tshisekedi ». Cette perception d’un « désalignement » progressif avec le pouvoir a alimenté les critiques contre lui.
Zacharie Bababaswe, opérateur politique et député provincial du Kasaï-Central, estime que Vital Kamerhe a « navigué à contre-courant et a commis plusieurs erreurs impardonnables ». « Il a profité du perchoir et de son statut de président de l’Assemblée nationale pour passer des messages personnels qui sont contre la vision du président et de son gouvernement », explique-t-il, l’accusant notamment d’avoir utilisé un voyage officiel pour rencontrer à Paris des représentants de Joseph Kabila et de l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki.
Kamerhe va-t-il rejoindre l’opposition ?
La démission de Vital Kamerhe ouvre désormais plusieurs interrogations sur son avenir politique. Les possibles ambitions présidentielles pour 2028 vont désormais animer le camp Kamerhe. « Il est presque certain que Félix Tshisekedi ne laissera pas la voie libre à Vital Kamerhe pour jouer le rôle de dauphin en 2028. Si Kamerhe veut être candidat, il doit batailler seul ou en coalition avec d’autres forces politiques, probablement de l’opposition », explique Jean-Claude Elebe, un politologue congolais.
Le précédent de 2009-2010 reste dans tous les esprits. Après sa première démission forcée, Kamerhe avait quitté le PPRD de Kabila pour créer l’UNC et rejoindre l’opposition. Sa démission s’était accompagnée d’une rapide réorientation politique qui l’avait mené vers la candidature présidentielle de 2011.
Cette fois-ci, bien qu’il ait réitéré sa « loyauté à servir la nation aux côtés de Félix Tshisekedi », les observateurs s’interrogent sur la sincérité de cet engagement après une telle humiliation politique.
Le départ de Vital Kamerhe ouvre également la voie à des nouvelles ambitions au sein de l’Assemblée nationale. D’aucuns veulent voir un ressortissant de l’Équateur ou de la Grande Orientale prendre la direction de cette chambre législative. Mais rien n’est encore décidé, et la recomposition des équilibres politiques au sein de l’Union sacrée pourrait prendre du temps.
L’avenir politique de Vital Kamerhe reste donc incertain, mais son parcours passé suggère qu’un homme de sa trempe politique ne restera pas longtemps dans l’ombre. La question n’est plus de savoir s’il quittera l’Union sacrée, mais plutôt quand et dans quelles conditions il le fera.
Heshima Magazine
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Soutien du Rwanda à l’AFC/M23 : quelles possibles conséquences après l’aveu de Kigali ?
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2 semaines agoon
janvier 26, 2026By
La redaction
Après des années de démentis catégoriques, l’aveu du soutien du Rwanda au mouvement rebelle M23 marque un tournant majeur dans la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Cet épisode met à nu une stratégie longtemps assumée en coulisses et place Kigali face à ses responsabilités régionales et internationales, notamment en matière de justice.
Le soutien du Rwanda au M23 n’a jamais été un secret pour les populations de l’est congolais, ni pour le gouvernement congolais, encore moins pour de nombreux observateurs internationaux, y compris les Nations Unies. Pourtant, Kigali a longtemps opposé un mur de dénégation aux accusations portées par Kinshasa, par les Nations unies et par plusieurs ONG. Rapports d’experts, images satellites, témoignages d’anciens combattants : les preuves s’accumulaient, pendant que le discours officiel rwandais parlait de « manipulation politique » et de « mensonges ».
Mais le week-end dernier à Washington, Kigali est passé aux aveux : « Le Rwanda fait de la coordination sécuritaire avec l’AFC/M23 ». C’est la déclaration de Mathilde Mukantabana, ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, lors d’une réunion du sous-comité Afrique de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, le 22 janvier 2026.
Puis, un document publié en début de week-end passé sur le site de l’Ambassade du Rwanda à Washington marque un tournant rare dans la communication officielle de Kigali sur la crise dans l’Est de la RDC. « Pour la première fois de manière aussi explicite, une autorité rwandaise reconnaît que le Rwanda « s’engage dans une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23 », un mouvement armé en conflit ouvert avec l’État congolais », commente Veritasinfos.
L’aveu, même partiel ou formulé sous couvert d’arguments sécuritaires, change profondément la nature du débat. Il ne s’agit plus de savoir si le Rwanda soutient le M23, mais pourquoi et à quel prix. Kigali justifie son implication par la nécessité de protéger ses frontières et de neutraliser les groupes armés hostiles opérant depuis le territoire congolais, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Une rhétorique sécuritaire classique, mais qui peine à masquer d’autres intérêts notamment économiques mais aussi les effets dévastateurs du conflit sur les civils : déplacements massifs, exactions, pillages et instabilité chronique.
D’après l’ambassadrice du Rwanda à Washington, cette collaboration « est une mesure défensive visant à protéger les populations Tutsi et à prévenir toute résurgence de violences génocidaires ». Elle a ensuite donné des détails sur le cadre de cette collaboration entre armée rwandaise et rebelles de l’AFC/M23, soulignant son caractère défensif et temporaire. « Pour cette raison, le Rwanda engage effectivement une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23. Je l’affirme clairement afin de bâtir la confiance par la transparence », a-t-elle déclaré. Cette diplomate a insisté sur le fait que l’AFC/M23 reste un groupe congolais indépendant, avec des revendications légitimes contre Kinshasa.
AFC/M23 ou bras armé du Rwanda en RDC ?
À Kinshasa, les aveux du Rwanda n’ont pas surpris plus d’un Congolais, y compris les autorités politiques qui ne cessaient de clamer haut et fort que le Rwanda dirigeait même les opérations armées de cette rébellion avec des troupes rwandaises au sol. Pour Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, cet aveu sonne comme la reconnaissance de nombreuses années de « dénégations acharnées, de mensonges et de manipulation systématique » du Rwanda. « Le Gouvernement rwandais a utilisé la culpabilité de la communauté internationale comme bouclier pour empêcher toutes critiques contre ses actions hostiles en RDC ! », a-t-il ajouté. Pour d’autres Congolais, les aveux de Kigali viennent valider l’instrumentalisation de l’AFC/M23 par le Rwanda, et Corneille Nangaa ne serait que la vitrine locale d’une rébellion dirigée par le Rwanda. « Il est clair maintenant que tous ceux qui ont rejoint l’AFC/M23 ont rejoint le Rwanda contre la RDC », a écrit sur son compte X Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO).
Des éventuelles conséquences d’un tel aveu
Après avoir été acculé par Washington qui a la capacité technique de voir (via satellite) les activités militaires du Rwanda en RDC, Kigali était comme déshabillé devant les Etats-Unis qui parrainent les accords de paix signés en juin dernier à Washington entre Kinshasa et Kigali. « Dos au mur, le Rwanda cherche à proposer un nouveau récit ‘‘dans la transparence’’ de ses combats à l’Est de la RDC », analyse le journaliste français Christophe Rigaud, spécialiste de la région des Grands Lacs. Face à ces aveux, le Rwanda risque des possibles sanctions. Son action en RDC pourrait être interprétée comme une agression.
En droit international, un État agresseur s’expose à des sanctions coercitives sous l’égide du Conseil de sécurité de l’ONU (Chapitre VII), notamment des mesures économiques (embargos), diplomatiques (rupture des liens), ou militaires. Des réparations financières et des poursuites pénales individuelles (Cour pénale internationale) peuvent également être engagées.
Dans le volet des sanctions économiques et commerciales, il peut y avoir un embargo sur les armes, le gel des avoirs financiers, interdiction d’import-export, et restrictions sur l’usage de devises étrangères. Sur le plan diplomatique, des possibles sanctions sont l’expulsion de diplomates, rupture de relations, et suspension de participation du Rwanda à des organisations internationales. En termes de sanctions militaires, l’ONU peut autoriser l’usage de la force, le blocus, ou une interdiction de survol. Il y a aussi des sanctions pénales individuelles. Par exemple, la Cour pénale internationale (CPI) peut poursuivre les auteurs de crimes d’agression, notamment des personnalités rwandaises qui commandent des opérations en RDC.
Des relations entre Etats peuvent bloquer ces sanctions
Malgré la panoplie de sanctions qui existe en droit international, la réalité est tout autre aujourd’hui. Des Etats, au regard de leurs liens bilatéraux, peuvent bloquer des décisions liées aux sanctions contre un Etat ami. Par exemple, les Etats-Unis ou la Grande Bretagne ne laisseraient pas une session du Conseil de sécurité de l’ONU prendre des sanctions contre le Rwanda. Ces nations peuvent opposer leur veto contre les décisions de cette nature.
Mais par contre, Washington étant lui-même garant des accords de paix possède ses propres moyens de pression contre Kigali. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le Rwanda à confesser la vérité devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis. Il n’est pas sûr que ce nouveau narratif tempère les positions de Washington, note Christophe Rigaud qui rappelle que la sous-secrétaire d’État adjointe américaine au Bureau des affaires africaines, Sarah Troutman, a été très claire devant la Chambre des représentants : « Ceux qui menacent la paix seront tenus pour responsables. » Un avertissement limpide pour le Rwanda dont les actions militaires en RDC ont causé de milliers de morts depuis la résurgence du M23 mais aussi forcé le déplacement de millions de civils. Rien qu’au mois de décembre 2025, la province du Sud-Kivu a vu son système éducatif fortement perturbé. L’intensification de l’insécurité liée à l’activisme militaire du Rwanda et du M23 a contraint des centaines d’écoles à fermer leurs portes, laissant plus de 500 000 enfants sans accès à l’éducation.
Heshima
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« Ne jamais trahir le Congo » : l’héritage intemporel de Laurent-Désiré Kabila à la jeunesse congolaise
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3 semaines agoon
janvier 16, 2026By
La redaction
Le mardi 16 janvier 2001, la République démocratique du Congo (RDC) fut secouée par l’assassinat de son président, Laurent-Désiré Kabila, au cœur du Palais de Marbre à Kinshasa. Ex-chef rebelle devenu chef de l’État après la chute de Mobutu Sese Seko, Kabila laisse un héritage mémoriel surtout à la jeunesse mais aussi une nation endeuillée, encore divisée sur les circonstances exactes de sa mort.
Ce vendredi 16 janvier 2026, cela fait 25 ans depuis l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. À l’occasion des commémorations annuelles de sa disparition, le pays continue de célébrer le message qui a marqué son engagement pour la souveraineté nationale : « Ne jamais trahir le Congo ». Plus qu’un slogan, cette formule incarne un appel à l’unité, au patriotisme et à la défense de l’intégrité territoriale de la RDC qui résonne encore dans le débat public congolais. Ce mot d’ordre a été rappelé à plusieurs reprises par des dirigeants, des personnalités politiques et des membres de la société civile lors des cérémonies commémoratives de son assassinat.
Ce 16 janvier 2026, l’historien Isidore Ndaywel, professeur à l’Université de Kinshasa, évoque cette phrase comme un héritage le plus popularisé. « Dans toutes les difficultés qu’on peut avoir, des interventions extérieures, quand on est Congolais, on doit retenir qu’il ne faut jamais trahir le Congo », a expliqué Isidore Ndaywel sur les antennes de RFI. Selon ce vice-président de l’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques, cette phrase a été popularisée par la jeunesse congolaise, devenant quasiment un héritage intemporel pour les Congolais.
La jeunesse congolaise, particulièrement kinoise, a gardé une image positive par rapport à la vie politique de Laurent-Désiré Kabila. Lors des émeutes contre certaines ambassades à Kinshasa après la chute de la ville de Goma fin janvier 2025, des jeunes radicaux mécontents de cette situation sécuritaire avaient investi d’autres sites. Certains parmi eux, arrivés devant le buste de Laurent-Désiré Kabila installé devant sa fondation, dans la commune de la Gombe, s’étaient inclinés et avaient épousseté la statue. Pourtant, la majorité de ces jeunes avaient moins de trente ans. Ce qui démontre l’image positive qu’ils ont gardée de cet ancien président congolais.
Nationaliste dès son jeune âge
Né le 27 novembre 1939 à Jadotville (aujourd’hui Likasi), dans l’actuelle province du Haut-Katanga, Laurent-Désiré Kabila Makolo s’est fait connaître très tôt comme figure de la lutte armée. Il se montre nationaliste dès son jeune âge en s’opposant à la sécession katangaise alors qu’il n’avait que 19 ans. Il est nommé président de la Jeunesse Balubakat (Jeukat) par un autre lumumbiste, Jason Sendwe. Laurent-Désiré Kabila va transformer cette structure politique en une milice armée qui entre en rébellion contre le gouvernement sécessionniste de Moïse Tshombe.
Son père, Désiré Taratibu, proche de l’idéologie de Moïse Tshombe, sera tué par des jeunes nationalistes katangais, d’après le récit de Thomas Luhaka, historien et ancien ministre de la RDC. Laurent-Désiré Kabila participera ensuite à de mouvements de guérilla dans les années 1960, animés par un fort nationalisme et une volonté de mettre fin à la domination des élites au pouvoir après l’indépendance du Congo belge. Il passera des décennies dans l’ombre (au maquis) avant de ressurgir sur la scène politique au milieu des années 1990. Président du Parti de la révolution du peuple (PRP), il fondera avec Anselme Masasu Nindaga, Deo Gratias Bugera et Kisase Ngandu l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL).
Kabila renverse Mobutu
Après avoir pris le commandement de l’AFDL, soutenue militairement par le Rwanda et l’Ouganda, Kabila mène une offensive victorieuse qui met fin au règne de Mobutu Sese Seko en mai 1997. Il devient alors président de la République, renommant le pays République démocratique du Congo et promettant de restaurer la dignité et l’unité nationale. Cependant, les premières années de son mandat sont marquées par la guerre du Congo (1998-2003), appelée aussi la deuxième guerre du Congo, un conflit régional meurtrier impliquant plusieurs armées africaines et des groupes armés. Cette guerre est née après la fin de son alliance avec le Rwanda et l’Ouganda. Elle s’est déclenchée le 2 août 1998 notamment avec l’attaque de la base militaire de Kitona, au Kongo Central, par l’armée rwandaise et certains rebelles congolais soutenus par l’Ouganda également. Cette guerre suscitera l’intervention de plusieurs armées en RDC dont celles de l’Angola, du Zimbabwe et de la Namibie. Après avoir réussi à repousser l’armée rwandaise et ses alliés, Laurent-Désiré Kabila fera face à d’autres groupes armés nés en 1998 notamment le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. Ces guerres érodent son autorité, fragilisent l’appareil d’État, et exacerbe les tensions internes. Une partie du pays sera contrôlée par des rébellions jusqu’à son assassinat en janvier 2001.
Un assassinat qui garde encore une part du mystère
Mardi 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila passait une journée ordinaire comme les autres. Dans son bureau, au Palais de Marbre, situé dans la commune de Ngaliema, il travaillait avec son conseiller, Emile Mota. Peu avant 14 heures, un jeune soldat de la garde, un caporal du nom de Rachidi Mizele, arrive devant le bureau de Laurent-Désiré Kabila et demande à aller présenter « ses civilités » au président. La garde laisse Rachidi entrer. Ce dernier se dirige vers le chef de l’Etat, en pleine conversation avec son conseiller, dégaine son arme et lui tire dessus. Le président s’écroule… Le meurtrier Rachidi sera lui aussi abattu par la sécurité rapprochée. Ainsi, ce « Kadogo » partira avec une part de vérité sur cet assassinat. Mais qui en était le commanditaire ? Sur cette question, le mystère reste entier !
Une année après l’assassinat, soit enmars 2002, le procès s’ouvre. Au total, 135 personnes sont jugées devant la Cour d’ordre militaire. Après 9 mois de procès, le verdict tombe. Ces militaires et civils sont tous condamnés à mort, y compris le colonel Eddy Kapend, l’aide de camp du chef de l’Etat. Mais aucun condamné à mort ne passera à la guillotine. Joseph Kabila, qui a pris la place de son père à la tête du pays respecte le moratoire adopté par la République démocratique du Congo, suspendant l’application de la peine de mort.
Ces condamnations à mort vont être commuées en prison à perpétuité. Les condamnés n’auront même pas la possibilité de faire appel de leur jugement. Surtout que les juges n’avaient pas motivé leur décision en démontrant le rôle de chaque accusé ou son degré d’implication dans cet assassinat du chef de l’Etat. Ils se sont limités au prononcé d’une sentence générale condamnant les accusés notamment pour négligence dans la protection du président, attentat à la vie du chef de l’Etat et haute trahison. Mais le rôle exact de chaque prévenu n’a pas été démontré tout au long du procès. Le verdict, quant à lui, n’a pas non plus été motivé.
Des doutes sur le procès
De plus en plus, l’opinion congolaise tout comme une partie de l’élite du pays remettent en cause le procès. Eddy Kapend et ses co-accusés seront perçus comme des coupables désignés et non les vrais commanditaires de l’assassinat. « Les gens qui sont en prison, je pense qu’ils ont porté le chapeau », résumait il y a quelques années, le feu Yerodia Abdoulayi Ndombasi, ancien ministre des Affaires étrangères de Laurent-Désiré Kabila puis vice-président de la République sous le règne du fils, Joseph Kabila. Pour ce compagnon de Mzee Kabila, il fallait donc avoir des coupables à présenter aux Congolais, à défaut des vrais commanditaires.
Vingt et cinq ans après, plusieurs personnes estiment que le procès sur cet assassinat n’a pas encore répondu à toutes les questions. Les véritables commanditaires du meurtre ne sont pas encore connus. Certains évoquent l’implication américaine sans toutefois avancer des preuves tangibles par rapport à cette piste. D’autres parlent de l’implication du Rwanda de Paul Kagame, son ancien allié. Une autre hypothèse évoque une complicité interne. « A qui profite le crime ? », s’était interrogé George Mirindi, un des gardes du corps condamné par contumace et qui a vécu longtemps en exil. « La vérité sur la mort de Mzee Kabila ne se trouve ailleurs que dans le régime qui a pris le pouvoir le 16 janvier 2001. Une série de preuves en béton me permet de le confirmer, moi qui suis témoin des mises en scène que le nouveau régime a inventé », a écrit George Mirindi dans un ouvrage de 633 pages intitulé « La mort de LD Kabila : ne nie pas, c’était toi ».
Cet ancien garde du corps de Laurent-Désiré Kabila a qualifié de « faux procès » l’action judiciaire ayant conduit à la condamnation des 135 personnes. Il a aussi critiqué la « propagande » de l’ancien ministre de la Justice, feu Mwenze Kongolo et son film présentant Rachidi Mizele comme l’assassin de Mzee Kabila, vengeant, selon lui, l’assassinat de Anselme Masasu Nindaga, un compagnon de Mzee dans l’AFDL exécuté après un procès expéditif. Masasu était aussi très proche de Rachidi.
L’impérialisme occidental pointé du doigt
Vingt-cinq ans après, peu importe les versions, il apparaît que Laurent-Désiré Kabila a été victime d’un « complot » facilité par certains de ses proches. Lors de la sixième édition de la leçon publique organisée, le 15 janvier 2025, par la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, le professeur Michel Bisa a affirmé que l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila est l’œuvre de l’impérialisme occidental, y compris la mort de Patrice Emery Lumumba et de Simon Kimbangu.
Ce coup d’Etat du 16 janvier 2001 a fondamentalement changé le destin du pays. Saurait-on la vérité un jour ? Si l’impérialisme occidental a des liens avec cette conjuration, peut-être qu’un jour, des documents déclassifiés pourraient éclairer la lanterne des Congolais restés sur leur soif de vérité 25 ans après cet assassinat mystérieux.
Heshima
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Bilan de Tshisekedi en 2025 : entre prouesse économique et défis sécuritaires
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1 mois agoon
janvier 9, 2026By
La redaction
À la fin de l’année 2025, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, peut dresser un bilan contrasté. Entre progrès symboliques et obstacles structurels, ses actions à la tête du pays suscitent à la fois des espoirs et des critiques. Retour sur une année marquée par des efforts de consolidation d’un État encore fragilisé par des crises sécuritaires persistantes.
Sur le plan politique, 2025 a été pour Félix Tshisekedi une année marquée par des nombreux défis. Face aux parlementaires réunis en congrès, le chef de l’Etat congolais a livré son traditionnel discours sur l’état de la Nation, le 8 décembre dernier. Une allocution fleuve de près de 2h30 qui s’est déroulée dans une séquence diplomatique et sécuritaire dense, après la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington. Mais dans l’ensemble de l’année, son bilan est marqué par deux pôles : des avancées économiques d’une part et la dégradation sécuritaire de l’autre.
Une situation sécuritaire préoccupante en 2025
Le 27 janvier 2025, Goma, la capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. L’offensive avait démarré depuis le 23 janvier. La chute de cette ville a marqué une escalade significative du conflit dans l’Est du pays. Symbole stratégique, politique et économique, la capitale du Nord-Kivu est devenue l’épicentre d’une onde de choc aux répercussions nationales et régionales. Cette prise de la ville la plus importante de l’Est du pays a entraîné une crise humanitaire et politique, avec des appels à l’aide internationale et des protestations en RDC. A Kinshasa, cette offensive éclair et brutale a provoqué des émeutes populaires contre certaines ambassades occidentales, notamment celles de la France et de la Belgique. L’ambassade du Rwanda dont le pays participe aux hostilités aux côtés des rebelles du M23 a été aussi attaquée.
A Goma, la ville traverse toujours une épreuve difficile près d’une année après son occupation. Ces combats avaient provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations, s’ajoutant à des camps déjà saturés autour de la ville. Des familles entières avaient fui sans ressources, cherchant refuge dans des écoles, des églises ou en prenant les routes menant vers le Sud-Kivu. Malgré le démantèlement par la force des camps des déplacés autour de la ville de Goma, certaines familles, en rentrant chez elles, ont trouvé des occupants inconnus dans leurs champs et parfois dans leurs maisons. Kinshasa a dénoncé une « implantation » des populations inconnues dans les zones contrôlées par le Rwanda via le M23 au détriment des autochtones.
De leur côté, les organisations humanitaires ont alerté sur des pénuries critiques de nourriture, d’eau potable et de médicaments, aggravées par l’insécurité et la fermeture de plusieurs axes d’approvisionnement. Les hôpitaux de Goma, déjà fragilisés, ont peiné à faire face à l’afflux de blessés.
Selon un bilan dressé par le gouvernement le 13 février, au moins 3000 morts ont été recensés et 4260 cas de blessés enregistrés dans les structures de soins. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kmba, qui livrait ces chiffres au mois de février 2025, avait également signalé qu’environ 939 corps sans vie traînaient encore dans les morgues dans la zone de Goma.
L’accès aux soins est devenu un luxe, alors que le risque d’épidémies a augmenté dans les zones de regroupement improvisées. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à la malnutrition, aux violences et à l’interruption brutale de leur scolarité. Ces violences ont également déstabilisé le Sud-Kivu avec la chute de la ville de Bukavu le 14 février. La perte des autres localités vers la fin de l’année 2025 notamment la ville d’Uvira n’a guère arrangé la situation sécuritaire qui est restée préoccupante sur toute l’année malgré la situation de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda en juin 2025. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation d’occupation ravive les tensions régionales et les craintes d’une escalade majeure du conflit ne sont pas toujours écartées en ce début de 2026.
En 2025, les Mobondo investissent Kinshasa…
En 2025, la milice dite « Mobondo » a poursuivi une campagne d’activisme armé dans l’Ouest de la République démocratique du Congo, particulièrement dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe et dans la commune rurale de Maluku à Kinshasa. Entre violences, déplacements massifs de populations et contre-offensives militaires, cette crise sécuritaire est devenue l’une des plus graves du pays. L’activisme de cette milice a continué en 2025 d’impacter profondément la vie des populations du Maï-Ndombe et de certaines zones périphériques de Kinshasa, obligeant le Parc de la vallée de la N’sele à fermer momentanément ses portes. D’après des organisations locales de défense des droits humains et l’Église catholique, les exactions de ce groupe armé ont causé des milliers de morts et plus de 500 mille civils déplacés depuis 2022. La crise a entraîné des violences ciblées, destructions de biens et perturbations graves des services sociaux de base. Cette violence n’a pas été ponctuelle : en novembre 2025, une attaque meurtrière dans le village de Nkana, à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Kinshasa, a de nouveau fait plusieurs victimes civiles, soulignant l’ampleur de la menace encore présente dans cette région. Les efforts militaires déployés jusque-là n’ont pas réussi à ramener la paix dans cette partie du pays.
En Ituri, ADF, CODECO et CRP poursuivent des atrocités…
La province de l’Ituri est aussi restée le ventre mou de l’insécurité en 2025. Si le lieutenant général Johnny Luboya, gouverneur militaire de cette province sous état de siège, a affirmé que sa juridiction est pacifiée à plus de 80% en l’espace de quatre ans, cependant, des poches de résistance existent. En juillet dernier, les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’organisation de l’État islamique, ont massacré à l’arme blanche plusieurs dizaines de fidèles catholiques dans une église avant de s’en prendre à plusieurs commerces et maisons. Au total, 43 personnes ont été tuées dans ces massacres à Komanda.
D’autres rébellions comme celles de CODECO (Coopérative pour le développement du Congo) et de CRP de Thomas Lubanga ont continué à commettre des exactions en 2025. Le 23 décembre, la société civile de l’Ituri a qualifié de « mitigé » le bilan sécuritaire de l’Ituri en 2025. Cette structure a affirmé que bien que des opérations contre la milice CRP aient permis un recul relatif des attaques mais d’autres violences contre les civils persistent.
Des prouesses économiques malgré la crise sécuritaire
Malgré une année 2025 marquée par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est et dans une partie de l’Ouest de la RDC, les chocs externes et les turbulences géopolitiques mondiales, l’économie du pays « a tenu » bon. Le président de la République Félix Tshisekedi l’a fait savoir avec des chiffres à l’appui, le 8 décembre 2025, devant le Parlement réuni en Congrès, lors de son discours sur l’état de la Nation. Il a défendu l’idée d’une résilience macroéconomique inédite dans un environnement particulièrement hostile. Il a énuméré plusieurs indicateurs qui témoignent en effet d’une amélioration sensible de la stabilité macroéconomique au cours de l’année 2025. L’un des signaux les plus marquants concerne l’inflation. « Notre économie n’a pas cédé. Elle a tenu. Elle a résisté et, dans plusieurs domaines, elle a progressé », a déclaré Félix Tshisekedi, saluant la forte baisse de l’inflation, qui est passée de 11,7 % fin 2024 à 2,5 % en rythme annuel fin octobre 2025. Cette prouesse a été présentée comme le signe d’une « discipline macroéconomique retrouvée ». Selon le président de la République, cette baisse de l’inflation est nettement en dessous de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale du Congo (BCC).
Avec une loi rectificative sur le budget 2025, l’administration Tshisekedi a réussi à réduire en même temps le train de vie des institutions. Au niveau de la Présidence de la République, une coupe de 30% a été opérée sur le budget de cette institution. Les salaires des militaires et policiers ont été doublés, ceux des magistrats augmentés ainsi que pour les enseignants. En septembre, le taux de change a sensiblement baissé, provoquant également une légère chute des prix des produits de première nécessité. Une déflation jugée pas assez pour satisfaire les ménages asphyxiés, d’après plusieurs Congolais.
Des initiatives sociales telles que le lancement de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH/Sida chez les enfants témoignent aussi d’une attention portée à des problématiques sanitaires longtemps négligées. Il y a eu aussi le lancement de la Couverture santé universelle. Sur le front agricole, la campagne 2025-2026 a été officiellement lancée, centrée sur la modernisation du secteur et la garantie de la sécurité alimentaire.
Des résultats sur le plan diplomatique
En 2025, le chef de l’État congolais a multiplié les initiatives pour renforcer la position diplomatique de la RDC sur la scène internationale. Une des avancées les plus notables reste l’élection du pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027, un signe fort de reconnaissance internationale de la RDC, salué comme un vecteur de diplomatie renforcée et d’influence régionale accrue.
Sur le plan de la paix et de la sécurité, l’administration Tshisekedi a également joué un rôle central dans la signature d’un accord de paix avec le Rwanda, le 27 juin, visant à mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays, longtemps ravagé par la rébellion du M23 et d’autres groupes armés. L’accord, négocié avec l’appui d’acteurs internationaux tels que les États-Unis et le Qatar, est perçu comme une étape vers la stabilisation d’une zone qui connaît depuis des décennies des violences parfois instiguées par le Rwanda voisin et des déplacements massifs de population.
Le 4 décembre, Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame ont entériné devant le président américain, Donald Trump, l’Accord de paix signé en juin dernier par les ministres des Affaires étrangères de deux pays. Malgré ce geste et l’accompagnement américain dans ce processus de paix, les bruits des bottes n’ont pas cessé dans l’Est de la RDC.
À l’aube de 2026, Félix Tshisekedi se retrouve à un carrefour : son leadership a permis à la RDC de gagner en visibilité internationale et de poser des jalons pour la paix, mais la concrétisation de ces acquis dans la vie quotidienne des Congolais demeure l’enjeu majeur. Si certains voient déjà les prémices d’une transformation institutionnelle, d’autres rappellent que la paix durable, l’emploi, et le renforcement des services publics restent encore à construire, pierre par pierre.
Heshima
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