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Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique malgré sa condamnation : stratégie ou nostalgie ?
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La redaction
Quelques semaines après sa condamnation à mort par contumace, Joseph Kabila a fait une réapparition remarquée à Nairobi. L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), condamné pour trahison et crimes de guerre, a convoqué un conclave d’opposants les 14 et 15 octobre dans la capitale kenyane, donnant naissance à une nouvelle plateforme politique baptisée « Mouvement sauvons la RDC ». Cette résurgence soulève une question centrale : s’agit-il d’une stratégie politique minutieusement orchestrée ou d’une tentative nostalgique de reconquérir un pouvoir définitivement perdu ?
La Haute Cour militaire de Kinshasa a prononcé le 30 septembre 2025 une condamnation à mort contre Joseph Kabila, assortie d’une amende historique de 33 milliards de dollars américains. Le tribunal l’accuse d’être le chef véritable de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), coalition politico-militaire dont le M23 constitue le bras armé dans l’est du pays.
Selon le général Joseph Mutombo, président de la Cour, Kabila aurait dirigé des réunions stratégiques, supervisé des camps d’entraînement et orchestré les hostilités qui ont déchiré les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les accusations reposent notamment sur le témoignage d’Éric Nkuba Shebantu, conseiller stratégique et politique de Corneille Nangaa, président de la rébellion AFC actuellement emprisonné, qui a rapporté des propos de Joseph Kabila concernant un plan visant à s’opposer au président Félix Tshisekedi.
Absent tout au long du procès ouvert le 25 juillet 2025, Kabila n’a jamais comparu devant ses juges ni mandaté d’avocat pour le défendre. Cette absence alimente les controverses. Pour ses partisans, elle témoigne du caractère politique d’un procès visant à écarter un opposant de premier plan. Pour ses détracteurs, elle révèle son incapacité à répondre à des accusations étayées par des éléments concrets.
Nairobi, le retour par l’étranger
Kabila a choisi le Kenya pour orchestrer son retour politique. Le conclave de Nairobi a réuni une poignée de figures de l’opposition, dont l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, lui aussi en délicatesse avec la justice congolaise, ainsi que des personnalités comme Franck Diongo, Jean-Claude Vuemba et des fidèles historiques tels que Raymond Tshibanda.
La déclaration finale du conclave reprend les critiques que Kabila adresse depuis plusieurs mois au pouvoir de Félix Tshisekedi : « dérive autoritaire, espace démocratique restreint, justice instrumentalisée et dégradation sécuritaire dans l’est du pays ». Le nouveau mouvement appelle à « mettre fin à la tyrannie » et à « restaurer l’autorité de l’État ».
Cependant, des figures majeures de l’opposition comme Moïse Katumbi et Martin Fayulu ont brillé par leur absence. Cette difficulté à rassembler largement pose la question de la viabilité de cette nouvelle plateforme et de sa capacité à constituer une alternative crédible, alors même qu’elle ne réunit pas nécessairement les figures de proue de l’opposition.
Les Forces Politiques Alliées de l’UDPS/Tshisekedi ont dénoncé la tenue de ce conclave à l’étranger, y voyant une complicité du Kenya dans une opération visant pourtant la déstabilisation de la RDC. Le choix de Nairobi plutôt que Kinshasa reflète aussi les difficultés de Kabila à y retourner sans être arrêté immédiatement compte tenu de sa condamnation.
Un passé qui divise et interroge
Le bilan de Joseph Kabila à la tête de la RDC pendant dix-huit ans fait l’objet d’appréciations contrastées. Ses partisans lui créditent d’avoir maintenu une certaine stabilité institutionnelle et d’avoir organisé les premières élections démocratiques depuis l’indépendance. Ses détracteurs dressent un tableau beaucoup plus sombre : corruption systémique, violations des droits humains, délabrement des infrastructures et enrichissement personnel.
L’enquête Congo Hold-Up, basée sur plus de 3,5 millions de documents bancaires fuités, a révélé des transferts financiers importants impliquant l’entourage présidentiel durant l’ère Kabila. Le maintien de son mandat deux ans au-delà de l’échéance constitutionnelle en 2016 reste une tache indélébile dans son bilan politique.
Plus troublant encore, des accusations persistent quant à ses liens avec le Rwanda. Certaines investigations affirment que, sous son règne, d’importantes sommes d’argent auraient été régulièrement détournées au profit du régime de Paul Kagame. Sa présence à Goma en mai 2025, puis à Bukavu, dans des zones partiellement contrôlées par le M23 venu du Rwanda, où son avion a atterri, a ravivé les soupçons de connivence. Non seulement avec les rebelles, mais surtout avec Kigali, accusé de soutenir activement le mouvement M23.
La question des liens Kabila-M23
Les accusations de collusion entre Joseph Kabila et le mouvement rebelle M23 constituent l’un des volets les plus sensibles du dossier, ternissant davantage son image tant au niveau national qu’international. Selon le gouvernement congolais, plusieurs éléments viendraient étayer ces soupçons, notamment des témoignages directs et surtout la présence très remarquée de l’ancien président à Goma et à Bukavu en mai 2025, en provenance du Rwanda. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « choix délibéré de rentrer au pays par une ville sous contrôle de l’ennemi ». Des responsables de l’AFC se sont d’ailleurs « réjouis » publiquement de cette arrivée, un geste interprété par certains comme une confirmation implicite de liens politiques ou logistiques entre les deux parties.
Parallèlement, plusieurs enquêtes font état d’éventuels transferts financiers opérés mensuellement sous le régime Kabila au profit du gouvernement de Paul Kagame. Ces révélations, conjuguées à son passage par le Rwanda et à sa présence dans des zones sous influence du M23, ont ravivé les soupçons de connivence non seulement avec les rebelles, mais aussi avec Kigali, soutiens actif du mouvement.
Joseph Kabila, pour sa part, rejette catégoriquement toute implication. Il dénonce un « montage politique » visant, selon lui, à le discréditer et à masquer les échecs sécuritaires du pouvoir actuel.
Un capital politique limité
Si Kabila tente un retour, c’est aussi parce qu’il perçoit une faille dans le paysage politique congolais. L’opposition reste fragmentée et peine à s’unir autour d’une alternative crédible à Tshisekedi.
Cependant, les sondages et analyses suggèrent que Kabila ne bénéficie d’aucune nostalgie populaire significative. « Il n’y a pas de forte nostalgie pour Kabila dans le pays aujourd’hui », confirme un analyste politique cité par le journal allemand Deutsche Welle. La jeunesse congolaise, qui représente une part croissante de l’électorat, aspire à un renouvellement que l’ancien président peine à incarner.
Kabila tente de se positionner comme l’homme d’expérience capable de ramener la stabilité, mais son propre bilan conteste cette prétention. Son incapacité à résoudre les problèmes de l’est durant ses dix-huit années de règne affaiblit considérablement son argumentaire.
Les fragilités du régime Tshisekedi
Le gouvernement Tshisekedi fait face à des défis majeurs qui fragilisent sa position. La perte temporaire de Goma et Bukavu en janvier 2025 a constitué un revers militaire et symbolique important. La capacité des FARDC à reprendre durablement le contrôle de l’est demeure incertaine.
Sur le plan économique, les promesses de développement se heurtent aux réalités budgétaires. La mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement et des soins de santé reste inégale selon les provinces. Les infrastructures, bien qu’en cours de réhabilitation, ne progressent pas au rythme espéré par la population.
Ces difficultés alimentent une certaine désillusion et ouvrent des espaces pour l’opposition, même si celle-ci peine à capitaliser sur ces faiblesses. Le président Tshisekedi doit démontrer sa capacité à tenir ses engagements d’ici 2028 pour conserver la confiance d’un électorat exigeant.
Le PPRD entre répression et résistance
Le PPRD, parti historique de Kabila, traverse une période difficile. La suspension de ses activités par les autorités en avril 2025, suivie de la réquisition de son siège, témoigne de la pression exercée par le pouvoir.
Le parti dénonce ces mesures comme une atteinte aux libertés fondamentales et une tentative de museler l’opposition. Le gouvernement justifie ces actions par des préoccupations sécuritaires, évoquant des liens entre le PPRD et la rebellion AFC/M23 dans l’est.
Le PPRD a néanmoins annoncé la reprise unilatérale de ses activités début mai 2025, défiant ainsi les autorités. Cette résistance témoigne d’une détermination à peser sur l’échiquier politique, avec ou sans Kabila à sa tête.
Élections 2028, un horizon incertain
Le retour de Kabila s’inscrit dans une perspective électorale claire : les élections générales de 2028. Cependant, plusieurs inconnues pèsent sur la tenue effective de ce scrutin dans un contexte de guerre à l’est.
Le président Tshisekedi s’est engagé à respecter le calendrier constitutionnel, contrairement à Kabila qui avait reporté les élections de deux ans en 2016. Cette différence de comportement constitue un marqueur important de la consolidation démocratique.
Des réformes électorales sont en cours pour améliorer la transparence du processus. Leur mise en œuvre effective déterminera la crédibilité du scrutin de 2028 et la confiance des acteurs politiques dans le processus.
Kabila espère probablement profiter d’un éventuel report des élections pour dénoncer une dérive autoritaire, se positionnant alors en défenseur de l’ordre constitutionnel. Un scénario paradoxal pour celui qui a maintenu son mandat au-delà de l’échéance légale, mais cohérent avec une stratégie opportuniste.
Une stratégie risquée aux résultats incertains
Le retour de Kabila relève autant du calcul politique que de la nostalgie du pouvoir. L’ancien président a identifié une fenêtre d’opportunité dans le contexte actuel et entend la saisir. Sa patience stratégique, acquise durant ses longues années au pouvoir, constitue son principal atout.
Sa stratégie repose sur plusieurs piliers : la victimisation en se présentant comme persécuté par une justice instrumentalisée, la légitimation historique en rappelant son rôle dans les transitions, et le positionnement en alternative face aux échecs du pouvoir actuel.
Cependant, cette stratégie comporte des risques majeurs. Son bilan contesté, ses liens avec le M23, et sa faible popularité constituent des handicaps difficilement surmontables. La communauté internationale reste également méfiante vis-à-vis d’un acteur susceptible de compliquer le processus de paix.
Face à lui, le président Tshisekedi bénéficie de la légitimité démocratique et d’un bilan contrasté mais avec des réalisations tangibles dans les secteurs sociaux et infrastructurels. Ses efforts pour défendre la souveraineté nationale, malgré les revers militaires, lui confèrent une stature de chef d’État responsable.
Entre stratégie et nostalgie
Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique tient probablement des deux. Il y a chez lui une forme de nostalgie du pouvoir, commune à de nombreux anciens dirigeants. Mais il y a surtout un calcul politique, celui d’un homme qui pense avoir identifié une opportunité dans le chaos actuel.
Le conclave de Nairobi marque le début d’une longue bataille dont l’issue demeure incertaine. Kabila ne peut probablement pas revenir au pouvoir par les urnes dans l’immédiat, mais il peut espérer reconquérir une influence politique significative.
Reste à savoir si les Congolais, qui ont connu les difficultés de son long règne, sont prêts à lui offrir une seconde chance face à d’autres figures présidentiables comme Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, Denis Mukwege ou Moïse Katumbi. La réponse à cette question dira si ce retour marque le début d’une nouvelle ère ou le dernier soubresaut d’un passé révolu. Entre ces deux lectures, une certitude s’impose : la scène politique congolaise demeure profondément divisée, et la route vers 2028 s’annonce tumultueuse pour tous les acteurs en présence.
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Changement de constitution : l’Église protestante se démarque des catholiques en prônant un cadre national et apaisé
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2 jours agoon
juin 9, 2026By
La redaction
Alors que le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo (RDC), l’Église du Christ au Congo (ECC) a adopté une position qui se distingue sensiblement de celle de l’Église catholique. Réunie à Kinshasa dans le cadre de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église protestante appelle à l’ouverture d’un cadre national inclusif et apaisé pour examiner toute initiative de réforme constitutionnelle. Une position qui ne fait pas l’unanimité, notamment au sein de l’opposition politique.
Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 juin, l’ECC estime qu’une éventuelle réforme de la loi fondamentale doit impérativement respecter les dispositions constitutionnelles en vigueur et s’inscrire dans une démarche consensuelle. L’institution protestante souligne notamment la nécessité d’un « cadre national inclusif et apaisé », conformément aux articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution congolaise.
L’organisation dirigée par le révérend André-Gédéon Bokundoa Bo-Likabe invite les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la recherche du consensus. Selon l’ECC, les tensions qui entourent actuellement la question constitutionnelle exigent davantage de concertation que de confrontation. Elle appelle ainsi les différentes parties prenantes à « construire des ponts » à travers un dialogue national susceptible de déboucher sur des solutions durables pour le pays.
L’ECC s’écarte-t-elle de la CENCO ?
Habituée à agir de concert avec l’Église catholique sur les grandes questions politiques nationales, l’Église protestante a, sur ce dossier, adopté une position distincte de celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Cette posture contraste avec celle exprimée depuis plusieurs mois par les évêques catholiques, qui ont multiplié les mises en garde contre l’opportunité d’ouvrir un chantier constitutionnel dans le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires et politiques. En mars dernier, la CENCO jugeait « hasardeux » le débat sur la révision de la Constitution, estimant que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la recherche de la paix et la stabilisation de l’Est du pays.
Seth Kikuni accuse l’ECC de « neutralité complaisante »
Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’ECC, notamment aux révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni critique vivement la déclaration issue de la 66ᵉ session extraordinaire de cette institution religieuse concernant le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle reproche à l’ECC d’avoir considéré comme « pertinentes et constructives » les différentes réflexions sur une éventuelle révision de la Constitution. Selon lui, une telle position revient à placer sur un même pied d’égalité la défense de l’ordre constitutionnel et les initiatives visant à le modifier.
Pour Seth Kikuni, le contexte actuel, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés socio-économiques, ne justifie pas l’ouverture d’un débat sur la Constitution. Il soutient que les préoccupations prioritaires des Congolais demeurent la paix, la sécurité, l’éducation, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie.
L’opposant appelle ainsi l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect strict des articles 218, 219 et 220 de la Constitution. Il exhorte également l’Église à abandonner ce qu’il qualifie de « neutralité complaisante » et à assumer pleinement son rôle prophétique en s’opposant clairement à toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis démocratiques.
Des partisans de l’Union sacrée saluent l’ECC
À l’inverse, certains partisans du pouvoir saluent la position de l’ECC qui tranche, selon eux, avec celle de l’Église catholique. Steve Mbikayi, président du Parti travailliste (PT), pense que cette position de l’ECC est à encourager. Cet homme politique défend depuis quelques mois un remplacement de la Constitution de 2006 taxée de « transitoire ». Dans une tribune publiée sous le numéro 228 de sa série de cartes blanches, Steve Mbikayi défend une thèse qui s’écarte de l’interprétation dominante des juristes : la Constitution de 2006 serait, dans son essence, un texte transitoire et non l’expression définitive de la souveraineté populaire congolaise. Une manière, selon ses détracteurs, de plaider en faveur de son remplacement par une nouvelle loi fondamentale.
L’argument central de Steve Mbikayi repose sur les conditions d’élaboration du texte fondamental. Rédigée par d’anciens belligérants à l’issue d’un processus de paix, la Constitution de 2006 a été promulguée par le président Joseph Kabila, qui ne disposait pas, à l’époque, d’un mandat issu d’élections démocratiques ordinaires. Ses rédacteurs n’avaient pas non plus reçu de mandat direct du peuple. Pour l’auteur, ces conditions rapprochent davantage ce texte des constitutions issues de périodes de transition ou de rupture institutionnelle que d’une constitution élaborée selon les standards classiques de la démocratie représentative.
ECC, une approche plus prudente sur un sujet sensible
Dès 2024, alors que les discussions sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution commençaient à prendre de l’ampleur, l’ECC avait déjà adopté une approche plus prudente que celle de l’Église catholique. L’institution protestante plaidait alors pour un « cadre consensuel et apaisé » afin de traiter les questions touchant à l’intérêt supérieur de la Nation, tout en annonçant une réflexion interne destinée à formuler des propositions consensuelles.
Cette différence d’approche ne signifie toutefois pas une rupture entre les deux principales confessions chrétiennes du pays. L’ECC et la CENCO continuent de collaborer sur plusieurs dossiers nationaux, notamment à travers leur initiative commune du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », lancée au début de l’année 2025 afin de promouvoir le dialogue et la cohésion nationale.
Alors que le débat constitutionnel demeure l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise, la prise de position de l’ECC pourrait contribuer à relancer les appels à une concertation nationale. Reste à savoir si cette voie du dialogue inclusif trouvera un écho auprès des acteurs politiques dans un contexte où les positions demeurent fortement polarisées.
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RDC-Danemark (0-0) : un premier test rassurant, mais des réglages offensifs à trouver avant le Mondial
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6 jours agoon
juin 5, 2026By
La redactionPour son premier match de préparation à la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Danemark (0-0), mercredi 3 juin à Liège, en Belgique. Face à une sélection européenne réputée pour sa discipline tactique, les Léopards ont affiché de la solidité et de l’organisation, tout en révélant quelques limites dans l’animation offensive. Un deuxième rendez-vous est prévu le 9 juin en Espagne contre le Chili avant leur entrée en lice au Mondial.
Le résultat brut ne raconte pas tout de ce premier match de préparation. Certes, les Léopards n’ont pas trouvé le chemin des filets face au Danemark, mais ce match nul vierge constitue un premier enseignement encourageant dans la préparation de la RDC à sa première Coupe du monde depuis 1974. Face à une équipe danoise classée parmi les nations les plus compétitives d’Europe, les hommes de Sébastien Desabre ont démontré leur capacité à rivaliser dans l’intensité et l’organisation collective. Sur le plan défensif, les Congolais ont livré une prestation sérieuse. Le bloc est resté compact, limitant les espaces et contenant efficacement les offensives danoises. Si les Scandinaves se sont procuré quelques occasions dangereuses, notamment sur des frappes ayant trouvé les montants, la RDC a su faire preuve de solidité pour préserver sa cage inviolée.
L’autre motif de satisfaction réside dans la discipline tactique affichée durant les 90 minutes. Les Léopards n’ont jamais semblé dépassés malgré la qualité technique de leur adversaire. Cette capacité à rester organisés sera précieuse lors du Mondial, où ils devront affronter des sélections du calibre du Portugal et de la Colombie.
Le secteur offensif, seul véritable chantier
En revanche, l’animation offensive demeure un chantier ouvert. Cédric Bakambu s’est procuré l’une des meilleures occasions congolaises, mais l’efficacité dans le dernier geste a fait défaut. Tout au long de la rencontre, les transitions ont parfois manqué de vitesse et de précision, tandis que les derniers choix offensifs n’ont pas toujours été les plus judicieux. Plusieurs observateurs ont relevé un manque de percussion dans les trente derniers mètres, un aspect que le staff technique devra corriger rapidement afin de gagner en efficacité avant le début de la compétition.
Ce premier test avait justement pour objectif d’évaluer le niveau réel des Léopards face à une opposition européenne exigeante. De ce point de vue, la mission est accomplie. La RDC a démontré qu’elle possédait les ressources collectives nécessaires pour tenir tête à un adversaire mieux classé sur l’échiquier mondial, tout en identifiant les secteurs nécessitant encore des ajustements avant le grand rendez-vous américain.
Desabre satisfait et promet une montée en puissance
Après un début de rencontre marqué par une certaine prudence, les Léopards ont progressivement pris confiance et sont parvenus à mieux se projeter vers l’avant. Cette montée en puissance leur a permis de se créer plusieurs opportunités, dont la plus nette est venue de Cédric Bakambu. Bien servi dans la surface, l’attaquant du Betis Séville s’est retrouvé en excellente position, mais a buté sur le gardien danois, auteur d’une intervention décisive.
Pour le sélectionneur Sébastien Desabre, cette prestation reste néanmoins encourageante. Le technicien français estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression avant l’échéance du 17 juin à Houston face au Portugal. « C’est un match qui s’est joué sur des détails. Nous aurions pu remporter la rencontre et nous avons également concédé quelques frappes lointaines qui auraient pu nous mettre en difficulté. Dans l’ensemble, il y a des choses à améliorer, bien évidemment. Nous avions choisi cette équipe du Danemark parce qu’elle est très athlétique, très dynamique et composée de joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau. Au regard de l’intensité mise par les deux équipes, c’était un match de très bon niveau pour une rencontre amicale », a déclaré Sébastien Desabre en conférence de presse d’après-match.
Face au Chili, un test grandeur nature avant le Portugal
Après plusieurs incertitudes liées à des préoccupations sanitaires autour du virus Ebola, le match amical entre la RDC et le Chili, initialement prévu à Marbella, a finalement été délocalisé à Malaga, toujours en Espagne. Selon plusieurs sources, la rencontre devrait se disputer à huis clos afin de limiter les risques liés à l’affluence du public. Quelques jours auparavant, l’organisation du match avait été compromise par l’intervention des autorités locales espagnoles.
Dans un décret officiel, Juan Franco, maire de La Línea de la Concepción, commune andalouse située à proximité de Gibraltar, avait interdit la tenue de la rencontre dans sa municipalité. « Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili », avait-il déclaré dans un message audio diffusé par sa mairie.
Finalement maintenu dans une autre ville, ce duel face au Chili représentera un test particulièrement intéressant pour les Léopards. Il constituera notamment un point de comparaison indirect avec le Portugal, premier adversaire de la RDC au Mondial. En effet, la sélection chilienne doit affronter le Portugal le 6 juin dans le cadre de sa préparation. Cette confrontation permettra au staff congolais de disposer d’éléments de référence supplémentaires avant l’entrée en lice des Léopards, tout en évaluant leur niveau face à un adversaire qui aura lui-même croisé le fer avec les Portugais quelques jours auparavant.
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RDC : Après la « ville morte » du 3 juin, l’opposition est-elle toujours « ya pete » ?
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6 jours agoon
juin 4, 2026By
La redaction
La journée « ville morte » observée le 3 juin à Kinshasa, à l’appel de la coalition de l’opposition C64, a fortement ralenti les activités dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Entre commerces fermés, circulation réduite et présence sécuritaire renforcée, cette mobilisation apparaît comme un indicateur majeur de la capacité de l’opposition à peser dans le débat politique national autour de la question constitutionnelle. Et ce, alors qu’il y a un peu plus de trois ans, le président de la République, Félix Tshisekedi, qualifiait son opposition de « ya pete » (« molle » ou « faible » en lingala).
Kinshasa s’est réveillée au ralenti le mercredi 3 juin 2026. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs artères habituellement animées ont présenté un visage inhabituel : peu de véhicules sur les routes, des marchés partiellement fermés, des écoles peu fréquentées et une activité économique visiblement réduite dans plusieurs communes de la capitale.
Cette journée de « ville morte » avait été décrétée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), formée autour de plusieurs leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo. Cette plateforme, créée en mai dernier, entend protester contre les initiatives perçues comme susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution et de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. Contrairement aux marches populaires traditionnellement organisées par les forces politiques, les organisateurs ont privilégié une stratégie de retrait collectif, invitant les citoyens à rester chez eux et à suspendre leurs activités quotidiennes.
Les constats effectués dans plusieurs communes de Kinshasa ont révélé une adhésion variable, mais perceptible, au mot d’ordre. Dans certaines zones, la circulation est restée faible pendant une bonne partie de la matinée, tandis que les forces de sécurité ont été déployées de manière visible sur les principaux axes routiers. Les autorités, de leur côté, avaient appelé les fonctionnaires et les travailleurs à vaquer normalement à leurs occupations.
Retour du rapport de force entre pouvoir et opposition ?
Longtemps restée en retrait durant le premier mandat de Félix Tshisekedi, l’opposition semblait avoir perdu sa capacité de mobilisation populaire. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se vantait alors d’être la seule force politique capable de mobiliser les foules, comme elle le faisait lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les formations opposées au régime ont progressivement perdu de leur influence, notamment à Kinshasa, longtemps considérée comme un bastion de la contestation politique.
Fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, le chef de l’État avait popularisé une formule devenue célèbre : « opposition ya pete ». Une opposition molle, faible, voire symbolique. Une manière de souligner le contraste avec l’opposition combative qu’avaient incarnée pendant plusieurs décennies l’UDPS et son leader emblématique. « En clair, entre cette opposition-là et l’opposition actuelle, il n’y a pas photo. C’est comme le jour et la nuit », analysait en 2023 l’éditorialiste José Nawej.
Convaincue de faire face à une « opposition ya pete », la majorité présidentielle a progressivement remis sur la table le débat sur la révision constitutionnelle et, selon ses détracteurs, la perspective d’un troisième mandat. Pourtant, les manifestations de janvier 2015 avaient déjà démontré qu’une rue kinoise en colère pouvait rapidement rebattre les cartes politiques.
L’organisation de la ville morte du 3 juin pourrait ainsi marquer un tournant dans le rapport de force. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépassait largement la seule contestation institutionnelle. Cette journée constituait avant tout un test grandeur nature de la capacité de mobilisation d’une opposition longtemps sous-estimée par le pouvoir et qui cherche aujourd’hui à se repositionner dans le paysage politique congolais.
Une victoire pour l’opposition
Dans les rangs de l’opposition, le sentiment dominant est celui de la satisfaction. Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a salué ce qu’il considère comme une réussite de la mobilisation, tout en adressant une critique à peine voilée au pouvoir. « À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Par cette formule, l’ancien député national entend souligner l’impact de l’appel lancé par la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle qu’elle attribue au camp présidentiel.
Dans une autre déclaration, l’ancien député national Ados Ndombasi Banikina, président national du parti Alternative 2028 et membre cofondateur de la Coalition Article 64, a affirmé que cette journée avait été un succès et s’était déroulée dans le calme. Selon lui, la population a respecté les consignes de la coalition sans recourir à la violence, aux actes de vandalisme ou aux destructions de biens publics et privés. « Sans casser ni brûler les bus Transco, sans intimider les compatriotes, sans caillasser les véhicules des citoyens, sans brûler le siège d’un parti politique adverse, sans lapider les policiers ni piller les magasins, la population a observé les consignes de la Coalition Article 64 », a-t-il déclaré.
Pour ce responsable politique, cette mobilisation constitue une démonstration de maturité démocratique. Il a également appelé l’UDPS à tirer les leçons de cette journée, accusant certaines structures proches du parti présidentiel de promouvoir des méthodes violentes dans l’espace politique.
Le mot d’ordre semble passer…
Si l’opposition estime avoir démontré sa capacité d’influence auprès d’une partie importante de la population kinoise, le camp présidentiel minimise l’impact de l’opération et souligne la reprise progressive des activités au cours de la journée. Comme souvent dans les confrontations politiques, chaque camp revendique une lecture favorable des événements.
Au-delà des chiffres et des interprétations partisanes, la ville morte du 3 juin restera comme un moment révélateur de l’état du rapport de force politique en République démocratique du Congo. Pour l’opposition, elle représente une occasion de mesurer son ancrage populaire et sa capacité de mobilisation. Pour le pouvoir, elle constitue un baromètre de la portée réelle du discours contestataire.
Une chose est certaine : dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays, cette journée aura servi de test politique dont les enseignements continueront d’alimenter les stratégies des différents acteurs dans les mois à venir. Il s’agissait d’un premier test majeur pour l’opposition congolaise, qui cherche désormais à imposer un rapport de force à Félix Tshisekedi, dont le mandat arrivera à échéance dans deux ans. Ses adversaires accusent déjà ses partisans de vouloir modifier la Constitution afin de lui permettre de demeurer à la tête du pays.
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