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Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique malgré sa condamnation : stratégie ou nostalgie ?
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La redaction
Quelques semaines après sa condamnation à mort par contumace, Joseph Kabila a fait une réapparition remarquée à Nairobi. L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), condamné pour trahison et crimes de guerre, a convoqué un conclave d’opposants les 14 et 15 octobre dans la capitale kenyane, donnant naissance à une nouvelle plateforme politique baptisée « Mouvement sauvons la RDC ». Cette résurgence soulève une question centrale : s’agit-il d’une stratégie politique minutieusement orchestrée ou d’une tentative nostalgique de reconquérir un pouvoir définitivement perdu ?
La Haute Cour militaire de Kinshasa a prononcé le 30 septembre 2025 une condamnation à mort contre Joseph Kabila, assortie d’une amende historique de 33 milliards de dollars américains. Le tribunal l’accuse d’être le chef véritable de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), coalition politico-militaire dont le M23 constitue le bras armé dans l’est du pays.
Selon le général Joseph Mutombo, président de la Cour, Kabila aurait dirigé des réunions stratégiques, supervisé des camps d’entraînement et orchestré les hostilités qui ont déchiré les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les accusations reposent notamment sur le témoignage d’Éric Nkuba Shebantu, conseiller stratégique et politique de Corneille Nangaa, président de la rébellion AFC actuellement emprisonné, qui a rapporté des propos de Joseph Kabila concernant un plan visant à s’opposer au président Félix Tshisekedi.
Absent tout au long du procès ouvert le 25 juillet 2025, Kabila n’a jamais comparu devant ses juges ni mandaté d’avocat pour le défendre. Cette absence alimente les controverses. Pour ses partisans, elle témoigne du caractère politique d’un procès visant à écarter un opposant de premier plan. Pour ses détracteurs, elle révèle son incapacité à répondre à des accusations étayées par des éléments concrets.
Nairobi, le retour par l’étranger
Kabila a choisi le Kenya pour orchestrer son retour politique. Le conclave de Nairobi a réuni une poignée de figures de l’opposition, dont l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, lui aussi en délicatesse avec la justice congolaise, ainsi que des personnalités comme Franck Diongo, Jean-Claude Vuemba et des fidèles historiques tels que Raymond Tshibanda.
La déclaration finale du conclave reprend les critiques que Kabila adresse depuis plusieurs mois au pouvoir de Félix Tshisekedi : « dérive autoritaire, espace démocratique restreint, justice instrumentalisée et dégradation sécuritaire dans l’est du pays ». Le nouveau mouvement appelle à « mettre fin à la tyrannie » et à « restaurer l’autorité de l’État ».
Cependant, des figures majeures de l’opposition comme Moïse Katumbi et Martin Fayulu ont brillé par leur absence. Cette difficulté à rassembler largement pose la question de la viabilité de cette nouvelle plateforme et de sa capacité à constituer une alternative crédible, alors même qu’elle ne réunit pas nécessairement les figures de proue de l’opposition.
Les Forces Politiques Alliées de l’UDPS/Tshisekedi ont dénoncé la tenue de ce conclave à l’étranger, y voyant une complicité du Kenya dans une opération visant pourtant la déstabilisation de la RDC. Le choix de Nairobi plutôt que Kinshasa reflète aussi les difficultés de Kabila à y retourner sans être arrêté immédiatement compte tenu de sa condamnation.
Un passé qui divise et interroge
Le bilan de Joseph Kabila à la tête de la RDC pendant dix-huit ans fait l’objet d’appréciations contrastées. Ses partisans lui créditent d’avoir maintenu une certaine stabilité institutionnelle et d’avoir organisé les premières élections démocratiques depuis l’indépendance. Ses détracteurs dressent un tableau beaucoup plus sombre : corruption systémique, violations des droits humains, délabrement des infrastructures et enrichissement personnel.
L’enquête Congo Hold-Up, basée sur plus de 3,5 millions de documents bancaires fuités, a révélé des transferts financiers importants impliquant l’entourage présidentiel durant l’ère Kabila. Le maintien de son mandat deux ans au-delà de l’échéance constitutionnelle en 2016 reste une tache indélébile dans son bilan politique.
Plus troublant encore, des accusations persistent quant à ses liens avec le Rwanda. Certaines investigations affirment que, sous son règne, d’importantes sommes d’argent auraient été régulièrement détournées au profit du régime de Paul Kagame. Sa présence à Goma en mai 2025, puis à Bukavu, dans des zones partiellement contrôlées par le M23 venu du Rwanda, où son avion a atterri, a ravivé les soupçons de connivence. Non seulement avec les rebelles, mais surtout avec Kigali, accusé de soutenir activement le mouvement M23.
La question des liens Kabila-M23
Les accusations de collusion entre Joseph Kabila et le mouvement rebelle M23 constituent l’un des volets les plus sensibles du dossier, ternissant davantage son image tant au niveau national qu’international. Selon le gouvernement congolais, plusieurs éléments viendraient étayer ces soupçons, notamment des témoignages directs et surtout la présence très remarquée de l’ancien président à Goma et à Bukavu en mai 2025, en provenance du Rwanda. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « choix délibéré de rentrer au pays par une ville sous contrôle de l’ennemi ». Des responsables de l’AFC se sont d’ailleurs « réjouis » publiquement de cette arrivée, un geste interprété par certains comme une confirmation implicite de liens politiques ou logistiques entre les deux parties.
Parallèlement, plusieurs enquêtes font état d’éventuels transferts financiers opérés mensuellement sous le régime Kabila au profit du gouvernement de Paul Kagame. Ces révélations, conjuguées à son passage par le Rwanda et à sa présence dans des zones sous influence du M23, ont ravivé les soupçons de connivence non seulement avec les rebelles, mais aussi avec Kigali, soutiens actif du mouvement.
Joseph Kabila, pour sa part, rejette catégoriquement toute implication. Il dénonce un « montage politique » visant, selon lui, à le discréditer et à masquer les échecs sécuritaires du pouvoir actuel.
Un capital politique limité
Si Kabila tente un retour, c’est aussi parce qu’il perçoit une faille dans le paysage politique congolais. L’opposition reste fragmentée et peine à s’unir autour d’une alternative crédible à Tshisekedi.
Cependant, les sondages et analyses suggèrent que Kabila ne bénéficie d’aucune nostalgie populaire significative. « Il n’y a pas de forte nostalgie pour Kabila dans le pays aujourd’hui », confirme un analyste politique cité par le journal allemand Deutsche Welle. La jeunesse congolaise, qui représente une part croissante de l’électorat, aspire à un renouvellement que l’ancien président peine à incarner.
Kabila tente de se positionner comme l’homme d’expérience capable de ramener la stabilité, mais son propre bilan conteste cette prétention. Son incapacité à résoudre les problèmes de l’est durant ses dix-huit années de règne affaiblit considérablement son argumentaire.
Les fragilités du régime Tshisekedi
Le gouvernement Tshisekedi fait face à des défis majeurs qui fragilisent sa position. La perte temporaire de Goma et Bukavu en janvier 2025 a constitué un revers militaire et symbolique important. La capacité des FARDC à reprendre durablement le contrôle de l’est demeure incertaine.
Sur le plan économique, les promesses de développement se heurtent aux réalités budgétaires. La mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement et des soins de santé reste inégale selon les provinces. Les infrastructures, bien qu’en cours de réhabilitation, ne progressent pas au rythme espéré par la population.
Ces difficultés alimentent une certaine désillusion et ouvrent des espaces pour l’opposition, même si celle-ci peine à capitaliser sur ces faiblesses. Le président Tshisekedi doit démontrer sa capacité à tenir ses engagements d’ici 2028 pour conserver la confiance d’un électorat exigeant.
Le PPRD entre répression et résistance
Le PPRD, parti historique de Kabila, traverse une période difficile. La suspension de ses activités par les autorités en avril 2025, suivie de la réquisition de son siège, témoigne de la pression exercée par le pouvoir.
Le parti dénonce ces mesures comme une atteinte aux libertés fondamentales et une tentative de museler l’opposition. Le gouvernement justifie ces actions par des préoccupations sécuritaires, évoquant des liens entre le PPRD et la rebellion AFC/M23 dans l’est.
Le PPRD a néanmoins annoncé la reprise unilatérale de ses activités début mai 2025, défiant ainsi les autorités. Cette résistance témoigne d’une détermination à peser sur l’échiquier politique, avec ou sans Kabila à sa tête.
Élections 2028, un horizon incertain
Le retour de Kabila s’inscrit dans une perspective électorale claire : les élections générales de 2028. Cependant, plusieurs inconnues pèsent sur la tenue effective de ce scrutin dans un contexte de guerre à l’est.
Le président Tshisekedi s’est engagé à respecter le calendrier constitutionnel, contrairement à Kabila qui avait reporté les élections de deux ans en 2016. Cette différence de comportement constitue un marqueur important de la consolidation démocratique.
Des réformes électorales sont en cours pour améliorer la transparence du processus. Leur mise en œuvre effective déterminera la crédibilité du scrutin de 2028 et la confiance des acteurs politiques dans le processus.
Kabila espère probablement profiter d’un éventuel report des élections pour dénoncer une dérive autoritaire, se positionnant alors en défenseur de l’ordre constitutionnel. Un scénario paradoxal pour celui qui a maintenu son mandat au-delà de l’échéance légale, mais cohérent avec une stratégie opportuniste.
Une stratégie risquée aux résultats incertains
Le retour de Kabila relève autant du calcul politique que de la nostalgie du pouvoir. L’ancien président a identifié une fenêtre d’opportunité dans le contexte actuel et entend la saisir. Sa patience stratégique, acquise durant ses longues années au pouvoir, constitue son principal atout.
Sa stratégie repose sur plusieurs piliers : la victimisation en se présentant comme persécuté par une justice instrumentalisée, la légitimation historique en rappelant son rôle dans les transitions, et le positionnement en alternative face aux échecs du pouvoir actuel.
Cependant, cette stratégie comporte des risques majeurs. Son bilan contesté, ses liens avec le M23, et sa faible popularité constituent des handicaps difficilement surmontables. La communauté internationale reste également méfiante vis-à-vis d’un acteur susceptible de compliquer le processus de paix.
Face à lui, le président Tshisekedi bénéficie de la légitimité démocratique et d’un bilan contrasté mais avec des réalisations tangibles dans les secteurs sociaux et infrastructurels. Ses efforts pour défendre la souveraineté nationale, malgré les revers militaires, lui confèrent une stature de chef d’État responsable.
Entre stratégie et nostalgie
Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique tient probablement des deux. Il y a chez lui une forme de nostalgie du pouvoir, commune à de nombreux anciens dirigeants. Mais il y a surtout un calcul politique, celui d’un homme qui pense avoir identifié une opportunité dans le chaos actuel.
Le conclave de Nairobi marque le début d’une longue bataille dont l’issue demeure incertaine. Kabila ne peut probablement pas revenir au pouvoir par les urnes dans l’immédiat, mais il peut espérer reconquérir une influence politique significative.
Reste à savoir si les Congolais, qui ont connu les difficultés de son long règne, sont prêts à lui offrir une seconde chance face à d’autres figures présidentiables comme Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, Denis Mukwege ou Moïse Katumbi. La réponse à cette question dira si ce retour marque le début d’une nouvelle ère ou le dernier soubresaut d’un passé révolu. Entre ces deux lectures, une certitude s’impose : la scène politique congolaise demeure profondément divisée, et la route vers 2028 s’annonce tumultueuse pour tous les acteurs en présence.
Heshima Magazine
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Bilan de Tshisekedi en 2025 : entre prouesse économique et défis sécuritaires
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6 jours agoon
janvier 9, 2026By
La redaction
À la fin de l’année 2025, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, peut dresser un bilan contrasté. Entre progrès symboliques et obstacles structurels, ses actions à la tête du pays suscitent à la fois des espoirs et des critiques. Retour sur une année marquée par des efforts de consolidation d’un État encore fragilisé par des crises sécuritaires persistantes.
Sur le plan politique, 2025 a été pour Félix Tshisekedi une année marquée par des nombreux défis. Face aux parlementaires réunis en congrès, le chef de l’Etat congolais a livré son traditionnel discours sur l’état de la Nation, le 8 décembre dernier. Une allocution fleuve de près de 2h30 qui s’est déroulée dans une séquence diplomatique et sécuritaire dense, après la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington. Mais dans l’ensemble de l’année, son bilan est marqué par deux pôles : des avancées économiques d’une part et la dégradation sécuritaire de l’autre.
Une situation sécuritaire préoccupante en 2025
Le 27 janvier 2025, Goma, la capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. L’offensive avait démarré depuis le 23 janvier. La chute de cette ville a marqué une escalade significative du conflit dans l’Est du pays. Symbole stratégique, politique et économique, la capitale du Nord-Kivu est devenue l’épicentre d’une onde de choc aux répercussions nationales et régionales. Cette prise de la ville la plus importante de l’Est du pays a entraîné une crise humanitaire et politique, avec des appels à l’aide internationale et des protestations en RDC. A Kinshasa, cette offensive éclair et brutale a provoqué des émeutes populaires contre certaines ambassades occidentales, notamment celles de la France et de la Belgique. L’ambassade du Rwanda dont le pays participe aux hostilités aux côtés des rebelles du M23 a été aussi attaquée.
A Goma, la ville traverse toujours une épreuve difficile près d’une année après son occupation. Ces combats avaient provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations, s’ajoutant à des camps déjà saturés autour de la ville. Des familles entières avaient fui sans ressources, cherchant refuge dans des écoles, des églises ou en prenant les routes menant vers le Sud-Kivu. Malgré le démantèlement par la force des camps des déplacés autour de la ville de Goma, certaines familles, en rentrant chez elles, ont trouvé des occupants inconnus dans leurs champs et parfois dans leurs maisons. Kinshasa a dénoncé une « implantation » des populations inconnues dans les zones contrôlées par le Rwanda via le M23 au détriment des autochtones.
De leur côté, les organisations humanitaires ont alerté sur des pénuries critiques de nourriture, d’eau potable et de médicaments, aggravées par l’insécurité et la fermeture de plusieurs axes d’approvisionnement. Les hôpitaux de Goma, déjà fragilisés, ont peiné à faire face à l’afflux de blessés.
Selon un bilan dressé par le gouvernement le 13 février, au moins 3000 morts ont été recensés et 4260 cas de blessés enregistrés dans les structures de soins. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kmba, qui livrait ces chiffres au mois de février 2025, avait également signalé qu’environ 939 corps sans vie traînaient encore dans les morgues dans la zone de Goma.
L’accès aux soins est devenu un luxe, alors que le risque d’épidémies a augmenté dans les zones de regroupement improvisées. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à la malnutrition, aux violences et à l’interruption brutale de leur scolarité. Ces violences ont également déstabilisé le Sud-Kivu avec la chute de la ville de Bukavu le 14 février. La perte des autres localités vers la fin de l’année 2025 notamment la ville d’Uvira n’a guère arrangé la situation sécuritaire qui est restée préoccupante sur toute l’année malgré la situation de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda en juin 2025. Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation d’occupation ravive les tensions régionales et les craintes d’une escalade majeure du conflit ne sont pas toujours écartées en ce début de 2026.
En 2025, les Mobondo investissent Kinshasa…
En 2025, la milice dite « Mobondo » a poursuivi une campagne d’activisme armé dans l’Ouest de la République démocratique du Congo, particulièrement dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe et dans la commune rurale de Maluku à Kinshasa. Entre violences, déplacements massifs de populations et contre-offensives militaires, cette crise sécuritaire est devenue l’une des plus graves du pays. L’activisme de cette milice a continué en 2025 d’impacter profondément la vie des populations du Maï-Ndombe et de certaines zones périphériques de Kinshasa, obligeant le Parc de la vallée de la N’sele à fermer momentanément ses portes. D’après des organisations locales de défense des droits humains et l’Église catholique, les exactions de ce groupe armé ont causé des milliers de morts et plus de 500 mille civils déplacés depuis 2022. La crise a entraîné des violences ciblées, destructions de biens et perturbations graves des services sociaux de base. Cette violence n’a pas été ponctuelle : en novembre 2025, une attaque meurtrière dans le village de Nkana, à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Kinshasa, a de nouveau fait plusieurs victimes civiles, soulignant l’ampleur de la menace encore présente dans cette région. Les efforts militaires déployés jusque-là n’ont pas réussi à ramener la paix dans cette partie du pays.
En Ituri, ADF, CODECO et CRP poursuivent des atrocités…
La province de l’Ituri est aussi restée le ventre mou de l’insécurité en 2025. Si le lieutenant général Johnny Luboya, gouverneur militaire de cette province sous état de siège, a affirmé que sa juridiction est pacifiée à plus de 80% en l’espace de quatre ans, cependant, des poches de résistance existent. En juillet dernier, les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’organisation de l’État islamique, ont massacré à l’arme blanche plusieurs dizaines de fidèles catholiques dans une église avant de s’en prendre à plusieurs commerces et maisons. Au total, 43 personnes ont été tuées dans ces massacres à Komanda.
D’autres rébellions comme celles de CODECO (Coopérative pour le développement du Congo) et de CRP de Thomas Lubanga ont continué à commettre des exactions en 2025. Le 23 décembre, la société civile de l’Ituri a qualifié de « mitigé » le bilan sécuritaire de l’Ituri en 2025. Cette structure a affirmé que bien que des opérations contre la milice CRP aient permis un recul relatif des attaques mais d’autres violences contre les civils persistent.
Des prouesses économiques malgré la crise sécuritaire
Malgré une année 2025 marquée par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est et dans une partie de l’Ouest de la RDC, les chocs externes et les turbulences géopolitiques mondiales, l’économie du pays « a tenu » bon. Le président de la République Félix Tshisekedi l’a fait savoir avec des chiffres à l’appui, le 8 décembre 2025, devant le Parlement réuni en Congrès, lors de son discours sur l’état de la Nation. Il a défendu l’idée d’une résilience macroéconomique inédite dans un environnement particulièrement hostile. Il a énuméré plusieurs indicateurs qui témoignent en effet d’une amélioration sensible de la stabilité macroéconomique au cours de l’année 2025. L’un des signaux les plus marquants concerne l’inflation. « Notre économie n’a pas cédé. Elle a tenu. Elle a résisté et, dans plusieurs domaines, elle a progressé », a déclaré Félix Tshisekedi, saluant la forte baisse de l’inflation, qui est passée de 11,7 % fin 2024 à 2,5 % en rythme annuel fin octobre 2025. Cette prouesse a été présentée comme le signe d’une « discipline macroéconomique retrouvée ». Selon le président de la République, cette baisse de l’inflation est nettement en dessous de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale du Congo (BCC).
Avec une loi rectificative sur le budget 2025, l’administration Tshisekedi a réussi à réduire en même temps le train de vie des institutions. Au niveau de la Présidence de la République, une coupe de 30% a été opérée sur le budget de cette institution. Les salaires des militaires et policiers ont été doublés, ceux des magistrats augmentés ainsi que pour les enseignants. En septembre, le taux de change a sensiblement baissé, provoquant également une légère chute des prix des produits de première nécessité. Une déflation jugée pas assez pour satisfaire les ménages asphyxiés, d’après plusieurs Congolais.
Des initiatives sociales telles que le lancement de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH/Sida chez les enfants témoignent aussi d’une attention portée à des problématiques sanitaires longtemps négligées. Il y a eu aussi le lancement de la Couverture santé universelle. Sur le front agricole, la campagne 2025-2026 a été officiellement lancée, centrée sur la modernisation du secteur et la garantie de la sécurité alimentaire.
Des résultats sur le plan diplomatique
En 2025, le chef de l’État congolais a multiplié les initiatives pour renforcer la position diplomatique de la RDC sur la scène internationale. Une des avancées les plus notables reste l’élection du pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027, un signe fort de reconnaissance internationale de la RDC, salué comme un vecteur de diplomatie renforcée et d’influence régionale accrue.
Sur le plan de la paix et de la sécurité, l’administration Tshisekedi a également joué un rôle central dans la signature d’un accord de paix avec le Rwanda, le 27 juin, visant à mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays, longtemps ravagé par la rébellion du M23 et d’autres groupes armés. L’accord, négocié avec l’appui d’acteurs internationaux tels que les États-Unis et le Qatar, est perçu comme une étape vers la stabilisation d’une zone qui connaît depuis des décennies des violences parfois instiguées par le Rwanda voisin et des déplacements massifs de population.
Le 4 décembre, Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame ont entériné devant le président américain, Donald Trump, l’Accord de paix signé en juin dernier par les ministres des Affaires étrangères de deux pays. Malgré ce geste et l’accompagnement américain dans ce processus de paix, les bruits des bottes n’ont pas cessé dans l’Est de la RDC.
À l’aube de 2026, Félix Tshisekedi se retrouve à un carrefour : son leadership a permis à la RDC de gagner en visibilité internationale et de poser des jalons pour la paix, mais la concrétisation de ces acquis dans la vie quotidienne des Congolais demeure l’enjeu majeur. Si certains voient déjà les prémices d’une transformation institutionnelle, d’autres rappellent que la paix durable, l’emploi, et le renforcement des services publics restent encore à construire, pierre par pierre.
Heshima
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Léopards : Autopsie d’une équipe en progrès avant le dernier acte vers le Mondial 2026
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7 jours agoon
janvier 8, 2026By
La redaction
Après une défaite cruelle face à l’Algérie en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025, la République démocratique du Congo a quitté la compétition sur une note frustrante, s’inclinant 1-0 dans les dernières minutes des prolongations. Contrairement aux habitudes, cette défaite n’a pas été largement critiquée par les Congolais, saluant pour la plupart des progrès visibles des Léopards face à une équipe des Fennecs expérimentée. Après cet échec, le sélectionneur-manager de la RDC, Sébastien Desabre, a encore un ultime challenge : Mondial 2026.
Après une sortie cruelle en huitièmes de finale de la CAN 2025, la RDC tourne déjà ses regards vers les barrages intercontinentaux, ultime étape avant la phase finale de la Coupe du monde 2026. Une transition entre bilan et ambitions qui met en lumière les progrès encore nécessaires pour franchir une marche décisive. Malgré la déception de la CAN, plusieurs éléments positifs se dégagent du parcours des Léopards.
Solidité défensive !
La RDC a montré une grande discipline face à des équipes africaines de haut niveau, ne cédant qu’en toute fin de match contre l’Algérie. N’eut été la blessure d’Arthur Masuaku face au Sénégal, la RDC aurait pu battre cette équipe réputée comme l’une des plus grandes du continent actuellement. À la surprise et la fierté de nombreux supporters congolais, Axel Tuanzebe, défenseur central des Lléopards, a figuré parmi les onze joueurs retenus par l’instance continentale pour ses prestations solides au cœur de la défense. La RDC a vécu une phase de groupes solide, affrontant successivement le Bénin, le Sénégal puis le Botswana. Malgré la féroce concurrence et un match contre Botswana où il a été ménagé, Axel Tuanzebe s’est imposé comme une pièce maîtresse de l’arrière-garde congolaise aux côtés de Chancel Mbemba, Aaron Wan-Bissaka et Arthur Masuaku. Sa capacité à dominer les duels, anticiper les attaques adverses et organiser la ligne défensive lui a valu d’être distingué parmi les meilleurs défenseurs du premier tour de cette compétition. La défense congolaise encaisse très peu des buts depuis la remontada du Sénégal à Kinshasa (2-3).
Confiance retrouvée
Les prestations encourageantes, notamment des résultats contre des nations prestigieuses comme le Sénégal et l’Algérie (malgré la défaite), ont renforcé la confiance du groupe dans ses capacités à rivaliser sur la scène continentale avec les équipes du top 10 africain. Avec un leadership sur et en dehors du terrain, des cadres comme Chancel Mbemba et Cédric Bakambu incarnent l’état d’esprit combatif de l’équipe, offrant une base d’expérience essentielle pour aborder les échéances à venir.
Objectif : les barrages intercontinentaux et un rêve mondial
L’élimination à la CAN a rapidement été digérée car l’enjeu principal de la saison reste la qualification pour la Coupe du monde 2026. Après avoir obtenu leur ticket pour la finale des barrages africains puis l’accès au tournoi intercontinental, les Léopards sont désormais focalisés sur ce dernier rendez-vous crucial fixé en mars prochain. Le sélectionneur-manager Sébastien Desabre a appelé à une analyse approfondie des faiblesses identifiées à la CAN, notamment dans la finition offensive et la gestion des fins de match, pour que l’équipe soit prête au moment décisif. Ce travail tactique et mental sera essentiel face à un adversaire d’un autre continent (Nouvelle-Calédonie ou Jamaïque) pour décrocher l’un des derniers billets pour le Mondial 2026.
Le capitaine Chancel Mbemba, tout en saluant l’état d’esprit des joueurs, a souligné que cette élimination devait servir de leçon et renforcer l’ambition du groupe de se qualifier pour la Coupe du monde 2026. « Notre objectif, c’est la Coupe du monde », a affirmé le défenseur central de Losc, mettant déjà le cap vers les échéances de mars. Malgré une performance courageuse et une solidité défensive louée par les observateurs, les occasions manquées en phase offensive devraient être corrigées. Dans le football de haut niveau et lors des matchs entre deux solides équipes, il n’y aura pas mille occasions. Savoir concrétiser l’unique occasion franche peut déjà créer la différence.
Ce qui reste à travailler
Alors que la RDC s’approche de son dernier grand test de la saison en mars, plusieurs axes d’amélioration ont été identifiés, notamment l’efficacité offensive. Trouver une meilleure coordination entre milieux et attaquants pour concrétiser les occasions franches. La gestion des temps forts est aussi un autre talon d’Achille pour l’instant. Les fauves congolais devraient apprendre à gérer les moments clés des matchs, notamment en prolongations, pour éviter des défaites qui laissent des regrets.
Il faut aussi travailler sur laprofondeur de banc. Après des belles images montrées par les Léopards, cela devait attirer aussi des nouveaux binationaux comme Senny Mayulu. Ce jeune milieu offensif prometteur du Paris Saint-Germain est un Franco-Congolais très courtisé par les Léopards de la RDC. Avec le récent choix d’Ibrahim Mbaye pour le Sénégal, son co-équipier en club, les Congolais gardent l’espoir de convaincre cet espoir tricolore. Senny Mayulu n’a pas encore fait son choix définitif entre la France et la RDC, malgré des rumeurs persistantes sur son engagement envers les Léopards. Son arrivée serait un atout majeur pour l’attaque congolaise, mais son choix n’est pas encore officiel.
L’élimination en huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 a sans doute laissé une amère déception, mais elle a également mis en lumière des signaux encourageants pour l’avenir. Les Léopards, forts d’une organisation solide et d’un état d’esprit combatif, ont désormais la possibilité d’inscrire l’un des chapitres les plus brillants de leur histoire en tentant de décrocher une place pour la Coupe du monde 2026. Et un renfort des joueurs est nécessaire avant le 31 mars 2026.
Heshima
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CAN 2025 : Les Léopards en quête d’une troisième étoile
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3 semaines agoon
décembre 22, 2025By
La redaction
Portée par une génération talentueuse et une ambition retrouvée, la sélection des Léopards de la République démocratique du Congo (RDC) abordera la Coupe d’Afrique des Nations 2025 avec l’étiquette d’outsider sérieux. Entre promesses, défis et espoirs populaires, le rêve continental est-il enfin à portée de griffes ? Analyse des forces et faiblesses des fauves congolais.
Après un stage de quelques jours en Espagne ponctué d’un match amical contre la Zambie remporté (2-0), les Léopards sont arrivés au Maroc le 18 décembre 2025 dans la soirée. Ils vont désormais se concentrer à Rabat avant de démarrer une compétition très attendue par les Congolais. Depuis plusieurs années, les Léopards affichent un visage séduisant sur la scène africaine. Leur parcours récent, marqué par une qualification à la finale des barrages intercontinentaux, a ravivé la confiance des supporters comme des observateurs. La CAN 2025 pourrait ainsi représenter un tournant pour une équipe longtemps jugée talentueuse mais irrégulière.
Au cœur de cet optimisme se trouve un effectif mêlant expérience et jeunesse avec une solidité défensive accrue et une animation offensive plus fluide. Les cadres, Cédric Bakambu, Chancel Mbemba ou encore Gaël Kakuta, aguerris par les grandes compétitions et les championnats étrangers, apportent leadership et sang-froid. À leurs côtés, une nouvelle vague de joueurs dynamiques incarne l’avenir et insuffle une intensité bienvenue. C’est le cas de la génération de Noah Sadiki, Ngal’ayel Mukau, Michel-Ange Balikwisha et Mathieu Epolo. Cette complémentarité pourrait s’avérer décisive dans un tournoi réputé pour son exigence physique et mentale.
Des objectifs et défis à relever…
Cependant, la route vers le sacre reste semée d’embûches. La concurrence s’annonce féroce, avec plusieurs nations africaines en pleine maturité footballistique. Interrogé sur les ambitions de la RDC dans cette compétition continentale, le sélectionneur-manager des Léopards, Sébastien Desabre, s’est montré à la fois prudent et confiant. « Le premier objectif est de franchir la phase de groupes, ce qui est fondamental. Une fois qualifiés pour les huitièmes de finale, nous entrerons dans une phase décisive. Nous disposons d’un effectif capable d’aller loin dans cette compétition », a déclaré le coach français de 49 ans.
Pour espérer aller au bout du tournoi, il faudrait éliminer sur son chemin des équipes comme le Sénégal, le Maroc, l’Egypte ou encore la Côte d’Ivoire. Mais face à ces défis, Sébastien Desabre rappelle l’imprévisibilité de la CAN : « Les rapports de force évoluent constamment. Le tirage au sort est important et aucune équipe n’est assurée de remporter le titre, même les favoris comme le Maroc ou le Sénégal. L’histoire de la CAN a toujours été riche en surprises. Notre ambition est de démontrer que ce que nous avons accompli en Côte d’Ivoire [CAN 2023] n’était pas un simple coup d’éclat, mais le début d’un projet solide et durable ».
En effet, les Léopards avaient créé la sensation en éliminant l’Egypte en huitième de finale, la Guinée en quart de finale, avant de tomber face au pays organisateur en demi-finale : la Côte d’Ivoire.
Des faiblesses à combler
Malgré sa bonne progression, l’équipe de la RDC accuse certaines faiblesses, c’est notamment au niveau de ses perches. Les Léopards n’ont pas toujours un gardien de classe mondiale. Lionel Mpasi, titulaire chez les Léopards, n’a pas de temps de jeu dans son club français du Havre. Il est le gardien remplaçant du gardien sénégalais, Mory Diaw. Ce dernier, à son tour, est le troisième gardien chez les Lions de la Teranga. Timothy Fayulu, second gardien des Léopards, est titulaire dans son club de FC Noah, en Arménie. Le troisième gardien, Mattieu Epolo est, quant à lui, titulaire et capitaine à Anderlecht, en Belgique. Sébastien Desabre a donc le choix de pouvoir chambouler la hiérarchie chez les gardiens pour trouver celui qui peut être le plus performant.
Autre faille des Léopards, c’est la ligne d’attaque. Cédric Bakambu n’a pas encore marqué cette saison dans son club de Real Betis en Liga espagnol, en dehors d’une passe décisive. Samuel Essende n’a plus marqué depuis plusieurs mois dans son club d’Augsbourg en Bundesliga, en Allemagne. Simon Banza, 29 ans, moins prolifique avec les Léopards, n’a marqué qu’un but en 6 matchs avec son nouveau club d’Al Jazeera en Arabie Saoudite. Mais les faiblesses de ces attaquants peuvent être combler par d’autres joueurs, notamment des ailiers comme Théo Bongonda, Meschack Elia ou encore Nathanaël Mbuku. En défense, les Léopards ont moins d’inquiétude avec Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Rocky Bushiri, Aaron Wan-Bissaka, Arthur Masuaku, Joris Kayembe, Steve Kapuadi et Gédéon Kalulu.
Remporter le trophée après 52 ans de disette…
Face à un tel tableau, les Léopards peuvent-ils remporter la CAN 2025 ? Malgré la forte concurrence, tout dépendra de la gestion de chaque match par le staff technique. La capacité des Léopards à gérer la pression, à maintenir la discipline tactique et à faire preuve de réalisme dans les moments clés sera déterminante. L’encadrement technique, lui aussi, sera scruté quant aux choix stratégiques et la gestion du groupe. La RDC, qui n’a plus gagné de trophée depuis 1974, brûle d’envie de soulever cette coupe d’Afrique le 18 janvier prochain, soit 52 ans après le dernier sacre.
Si la CAN 2025 ne garantit rien, elle offre aux Léopards une occasion rare de transformer l’espoir en histoire. À condition de rester fidèles à leur identité et d’oser croire en leur potentiel, ces fauves pourraient bien surprendre le continent… et griffer enfin le trophée tant convoité. L’heure de la confirmation de cette progression de l’équipe a sonné !
Heshima
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