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De l’apogée au déclin, les derniers jours du Maréchal Mobutu

Le guide-suprême, le léopard de Kawele, le bâtisseur, l’unificateur, voilà quelques surnoms qui collaient à la peau de Joseph Désiré Mobutu rebaptisé Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendo Wa Zabanga, un nom faisant recours à l’authenticité et s’opposant complètement aux patronymes chrétiens imposés par l’ancien colonisateur chassés depuis.

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Né le 14 octobre 1930 à Lisala dans l’actuelle Province de la Mongala, Joseph Désiré Mobutu est décédé le 7 septembre 1997 à Rabat au Maroc, après avoir été chassé du pouvoir à son tour par Laurent-Désiré Kabila, 32 ans après le putsch qui a fait de lui le président du plus grand Etat de l’Afrique centrale et un des plus riches du monde, de par ses nombreux minerais. C’est dans la plus grande intimité de sa famille et de son dernier pré carré que le vieux léopard sera inhumé dans le cimetière chrétien de Rabat.

De l’Apogée au déclin !

A la question de savoir pourquoi cela est-il arrivé, les historiens répliquent que les grands empires et de célèbres souverains disparaissent ainsi.

Prétendre raconter le parcours de Mobutu à travers ce feuillet, c’est travestir l’histoire. Les lignes qui suivent ne vont révéler que des faits et moments saillants qui ont entouré la fin du règne de celui qui a marqué l’histoire de l’Afrique et du monde.

Quand Mobutu pris le pouvoir le 24 novembre 1965, à la suite du coup d’État qui écarta en douceur, sans effusion de sang Joseph Kasa-Vubu, il trouva un pays riche à cause de ses potentialités du sol et du sous-sol, un pays appelé  »scandale géologique ». Le 16 mai 1997, quand il le quitta, il laissa un pays exsangue sur tous les plans, dans l’abîme, au bord de ce déluge qu’il prédisait souvent après lui.

Et pourtant, la chasse de Mobutu est loin d’être une surprise pour ceux qui suivaient la politique exercée à  Kinshasa. Une crise était déjà installée tant chez les politiques étranglés que chez les militaires impayés.

En 1994, malgré le partage du pouvoir avec le président du Parlement, le pays s’enfonce dans une crise profonde. Celle-ci s’aggrave avec l’arrivée des réfugiés rwandais fuyant la répression du génocide au Rwanda. Mais la progression de l’Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), bras armé congolais du Front patriotique rwandais et de l’Ouganda, emmenés par Laurent-Désiré Kabila, entrent à Kinshasa le 17 mai 1997, entraînant la chute définitive et la fuite de Mobutu Sese Seko, malgré une dernière tentative de négociation pour le partage du pouvoir parrainée par Nelson Mandela sur le navire Outenika.

L’Armageddon d’un départ imprévu !

Depuis quelques temps, les indicateurs sociaux, économiques et politiques au Zaïre de Mobutu sont au rouge.

Les troupes de l’Afdl et Laurent Désiré Kabila ont gagné plus de la moitié du territoire national et la prise de Kinshasa ne repose plus que sur la seule volonté des rebelles.

Mobutu qui revient d’une longue hospitalisation à Zurich en Suisse est obligé d’interrompre sa convalescence au Cap Saint Martin pour regagner Kinshasa qui est au bord de l’émeute.

Une fois au pays, le vieux Maréchal procède à un remue-ménage au sein du Gouvernement et dans l’Armée. Le Général Likulia est fait Premier Ministre, le Général Mahele autrefois héros de tout un pays, est rappelé pour récupérer le Ministère de la Défense Nationale et l’Armée Nationale (FAZ).

Trois de ses enfants entrent également dans le jeu, Ngawali Mobutu, la fierté des filles Mobutu devient Conseillère diplomatique, Nzanga, fils aîné de Bobila Dawa, devient quant à lui, Conseiller à la Communication alors le tonitruant et adulé Kungulu dit Saddam Hussein déjà bien intégré dans l’Armée comme Capitaine, arbore de nouveaux galons de Conseiller à la Défense.

Après ce réaménagement tardif aux allures d’un coaching intervenu que d’aucuns attendaient à l’heure de jeu, Mobutu tente de jouer la carte de la diplomatie. Pour y arriver, le vieil homme fait appel à la légende Nelson Mandela. Ce dernier invite Mobutu et Kabila autour d’une table, la première est programmée aux larges de Brazzaville, elle sera vouée à l’échec puisque Kabila ne s’y pointe pas craignant l’irruption des mercenaires français rodant autour des lieux.

C’est un jour plus tard à bord du navire de l’armée sud-africaine, l’Utenika que les deux personnes vont finalement se rencontrer sans, toutefois, trouver un compromis.

Dès cet instant, les dés sont jetés.

Bill Richardson, l’annonce de la fin !

En 1989 lorsque s’écroule le mur de Berlin, les regards se tournent vers l’Afrique et le Zaïre spécialement. Enfant chéri des Etats-Unis pendant la guerre froide, Mobutu ne sert plus à grand-chose pour son pourvoyeur et protecteur américain, ce dernier ne trouvant plus en lui le moindre intérêt, l’abandonne à son triste sort.

Ainsi, à quelques jours de la prise de Kinshasa, l’envoyé spécial de Bill Clinton, un certain Bill Richardson atterrit à Kinshasa, dans ses mains une lettre sobre et directe venant du Président américain. Mobutu est sommé de partir s’il ne veut pas voir son corps traîné dans les rues de Kinshasa. Les Etats-Unis étaient au courant du plan du Rwanda et de ses alliés qui soutenaient Kabila : humilier Mobutu. Ils ont donc utilisé la manière forte.

Sur le coup, Mobutu refuse de partir, celui qui avait toujours reçu des instructions par des émissaires de grandes puissances, certains moins prestigieux que Richardson, se désole d’être poussé vers la sortie comme un vulgaire monsieur et ce, par l’entremise d’un émissaire.

Général Mahele, un statut controversé !

Nommé depuis près d’un mois, le Général Mahele ne sait pas diriger les Forces armées zaïroises. Il se plaint auprès du Conseiller spécial Honoré Ngbanda en des termes claires : « les armes sont achetées en russie, les munitions ailleurs, les troupes n’ont pas reçu leur solde et les commandants de bataillons ne suivent pas mes instructions ». C’est la débandade sur le théâtre des affrontements.

Mahele sent une défaite toute faite, le 16 mai, il vient annoncer à Mobutu, l’homme qui l’a propulsé et avec qui il a conclu un pacte de sang, son incapacité à assurer sa sécurité, lui demandant dans la foulée de s’enfuir.

Le Général Donacien Mahele Liheko (Ministre de la Défense, et Chef d’Etat-Major de Mobutu)

Le message est mal discerné, les plus caciques mobutistes considèrent cela comme une haute trahison. Cette assertion s’avère plausible pour eux d’autant plus qu’un jour plus tôt , le Général Mahele placé sur écoute, a été surpris par l’Administrateur des services de renseignements et Honoré Ngbanda. L’appel que l’infortuné lançait à un commandant au front était une demande de baisser les armes et de se joindre aux troupes de l’alliance.

L’étau s’est donc resserré sur Mobutu qui est contraint de quitter Kinshasa le 16 mai, direction Gbadolite.

Le départ de Mobutu donne le go à la fuite des mobutistes de tout bord, ils traversent par brazzaville avant de rallier les capitales européennes. Toutes les combines étaient bonnes pour échapper au lynchage, certains se déguiser en femmes tandis que d’autres soudoyaient à prix d’or les agents commis aux frontières.

De son côté, le Général Mahele confiant de sa négociation facilitée par ses fidèles amis français, reste chez lui et attend l’entrée des troupes de l’Alliance. Il a donné la consigne à ses anciens camarades d’armes de la SARM (renseignements militaires) pour ne pas s’opposer. Il connaît la capacité intellectuelle des mobutistes, il sait qu’une transition baliserait un chemin pour qu’il accède au pouvoir.

Dans la nuit du 16 mai, le tigre (surnom de Mahele) reçoit un appel téléphonique alarmant sur d’éventuels soulèvements au camp militaire Tshatshi. Kungulu fils du Président Mobutu lui demande d’aller y jeter un œil, lui-même étant déjà en route.

La garde rapprochée de Mahele n’est pas motivée et tente de dissuader le Chef, ce dernier intransigeant, obstiné à éviter tout bain de sang à Kinshasa, saute dans sa jeep.

C’est de l’entrée du camp que les militaires perchés sur des miradors lancent des tirs nourris sur l’escorte de Mahele qui parvient toutefois à pénétrer dans le camp jusqu’à l’emplacement où se tiennent les causeries morales.

Harangueur de talent, il prend à peine la parole pour demander aux troupes de baisser les armes qu’un adjudant sort de rang pour le couvrir de balles.

Ses multiples tentatives de paracommandos qui lui permettent de se dissimuler sous son véhicule ne suffiront pas. Il y sera extirpé et tué à bout portant avant que tous les militaires prennent la fuite.

C’est plus tard que le Capitaine Kungulu arrivera sur le lieu pour récupérer la dépouille de Mahele et l’acheminer dans une morgue de Kinshasa.

Sauvé de justesse !

Le vendredi 16 mai 1997 à l’aéroport de N’djili, le Maréchal Mobutu a échappé à un attentat.

Ceux qui l’accompagnent raconteront plus tard que quelques minutes avant l’embarquement de Mobutu dans l’avion, un colonel, officier de bataillon de Sécurité présidentielle prévient que des militaires se préparaient à abattre l’avion du Maréchal à partir de la Ferme Lokali (appartenant à Séti Yale) avec des missiles sol-air. Cette action serait mise sur le compte des rebelles de l’AFDL.

Après insistance de l’officier, le pilote a tourné dans le sens de Nsele pour prendre la position de vol dans le sens contraire de Masina. Cet attentat serait ourdi par le Commandant de la Division Spéciale Présidentielle (DSP), le Général Nzimbi qui, après avoir quitté l’aéroport, n’est plus rentré au Camp Tshatshi.

Il avait déjà fait ses valises pour traverser immédiatement le Fleuve Congo et gagner Brazzaville.

Dans l’entre-temps, un autre complot se tramait à Gbadolite qui a finalement accueilli l’homme à la toque de Léopard. Il s’agit de la colère des commandos de la DSP qui estimaient que Mobutu avait longtemps protégé Nzimbi qui les a exploités jusqu’à la moelle épinière.

Le Major Ngani, Chef adjoint de la Garde présidentielle raconte que les commandos ont décidé de venir prendre le Maréchal en otage car c’est lui qui a couvert tous les abus de Nzimbi en refusant de le limoger ». Mobutu n’avait qu’une seule issue devant ces hommes : quitter immédiatement Gbadolite.

Mais comment car son jet parti pour chercher ses enfants à Brazzaville ne pouvait plus atterrir, la tour de contrôle ayant alerté le pilote que l’avion serait abattu en l’air .

De Lomé à Rabat, la dernière ligne droite !

Sur ces entrefaites, Mobutu a pris la destination de Lomé au Togo où il a trouvé asile auprès de son ancien ami Eyadema.

Honoré Ngbanda qui, à l’époque était son Conseiller spécial en matière de sécurité, raconte le scénario. Ce dernier se trouve à Lomé où sa femme venait d’accoucher et il en profite pour négocier l’accueil de son patron Mobutu. De bonne heure, alors qu’il s’apprête à prendre la route du palais présidentiel togolais, quelqu’un lui annonce l’arrivée de Mobutu à l’aéroport. Le « spécial » bondit dans une voiture direction l’aéroport de Lomé. Sur place, l’homme s’énerve de la vaste blague, il ne retrouve pas l’avion présidentiel. Et là, il entend une voix crier son nom, il se retourne et reconnaît le chef de la garde présidentielle, un certain Montoko. Il lui demande où se trouve le Maréchal et ce dernier indique un avion antonov impacté des balles. Ngbanda y pénètre et retrouve la limousine officielle, vestiges du pouvoir. Des membres de la famille lui disent que l’ancien dictateur est dans la voiture…le raffiné Mobutu étouffé par des habits, des chaussures, des valises traduisant d’une part la précipitation dans laquelle il a été embarqué et d’autre part des mesures de sécurité de fortune qui ont été prises vu les rafales qu’avait reçu l’avion russe à son décollage.

Honoré Ngbanda qui raconte la scène déclare que le Maréchal Mobutu s’est jeté dans ses bras en pleurant et en glissant ces mots : « Honoré, si je t’avais écouté », faisant allusion à tous les bulletins d’informations que ce dernier lui rapportait de ses équipes de renseignements. Malade et amoché par son cancer de la prostate métastasé, le Maréchal Mobutu doit être évacué  pour la Suisse ou vers sa résidence de Cap Saint Martin à proximité de Nice en France. Un autre tracas il se rendit compte que le sac contenant son passeport et celui de son épouse ainsi que quelques billets de banque avait été volé par l’un de ses gardes.

Dans la recherche d’un dernier asile, Mobutu conspué par le monde entier y compris par ceux qui ont bénéficié de ses nombreuses largesses sera accueilli par son vieil ami, le Roi Hassan Il du Maroc.

Le Maréchal Mobutu et le souverain chérifien entretiennent d’excellents rapports tant dans le privé que dans l’officiel.

C’est là qu’il rendu l’âme en retournant auprès de celui qui l’a envoyé sur terre Présent à l’enterrement, outre la famille restreinte, quelques collaborateurs lui restés fidèles, Honoré Ngbanda énumère : « Les officiers de sécurité de Mobutu autour de leur Chef, le Capitaine Ngani, les médecins personnels Diomi et Biamungu, les responsables du Protocole Mena et Kasogbia et moi-même, nous nous sommes trouvés seuls autour de la dernière demeure du Maréchal ».

Et de préciser : »Chacun avait certainement compris que le moment d’adieu était venu. Alors, tous les efforts de maîtrise de soi ont cédé sous la pression de l’émotion. Militaires comme civils, nous avons tous éclaté en sanglots pendant près de trente minutes. J’entendis dans leurs pleurs, les gardes du corps demander pardon au Maréchal au nom de leurs amis en disant : Pardonne-nous, Maréchal, nous n’avons pas fait notre travail et nous avons manqué à notre serment ». Cétait simplement pénible et dramatique », conclue Honoré Ngbanda Zambo Ko Atumba dans son célèbre ouvrage, Ainsi sonne le glas, les derniers jours du Maréchal Mobutu.

Celui qui a vécu durant toute sa vie avec éclat, fort des glorioles a quitté la terre des hommes dans l’ombre, sans trompettes ni musique.

L’un de ses proches, présent à l’inhumation a confié : »Et le dernier jour, sans peur de la mort, malgré la dure souffrance physique, il a quitté ce monde comme un enfant vient au monde, c’est à dire les mains vides, mais dans la paix et la joie d’aller à la rencontre de son Père miséricordieux…J’ai eu le privilège de voir le Maréchal Mobutu au sommet de sa gloire et de partager avec lui les grands moments de sa vie. Je l’ai suivi dans la décadence de son pouvoir, jusqu’à sa mort dans la solitude la plus complète…et voici, Tout est vanité ».

Richard Kinzambi/Heshima

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AFC-M23 DÉCRYPTAGE D’UNE RÉBELLION AUX ALLURES DE L’AFDL

L’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa qui s’est alliée au Mouvement du 23 mars (M23) continue de recruter. Le ralliement de l’ancien président de la CENI a vite rappelé la conquête du pays par l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila soutenue notamment par le Rwanda autant que l’actuelle rébellion. Bis repetita, tel que perçu comme de trop par les Congolais ! Analyse.

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Créée en décembre 2023, à q u e l q u e s jours de la présidentielle du 20 décembre dernier, l’Alliance Fleuve Congo s’est officiellement ralliée au M23. Dans une mise en place intervenue début février 2024, Corneille Nangaa a été porté à la tête de cette alliance politico-militaire. Il est secondé par Bertrand Bisimwa, leader politique de cette rébellion d’obédience tutsie appuyée par Kigali. Quant à Sultani Makenga, il a été nommé coordonnateur militaire de ce mouvement insurrectionnel.

Depuis plusieurs mois, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pratiquait le forcing pour revenir sur la scène politique congolaise, avec pour principale cible le président Félix Tshisekedi qu’il accuse de « dictature ». Depuis, ce que Corneille Nangaa n’a pu obtenir par la politique, il essaye de l’avoir par les armes. Ainsi, il s’est greffé aux revendications des négociations du M23 une demande à laquelle Félix Tshisekedi refuse toujours d’accéder, préférant dialoguer avec celui qui parraine la rébellion, le président rwandais, Paul Kagame.

Une rébellion de trop !

Dans un pays où pullulent déjà des dizaines de groupes armés, l’AFC-M23 parait comme une sédition de trop, surtout qu’elle s’avère être la plus nocive et la plus entretenue par le Rwanda et d’autres puissances obscures.

Au regard du parcours de non-violence de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti actuellement aux commandes de l’Etat, d’aucuns pensent que la conquête du pouvoir par les armes est devenue surannée après les efforts d’instauration de la démocratie au pays. « En interrogeant l’histoire politique de notre pays rétrospectivement depuis 44 ans, il sied de nous souvenir de l’exploit des 13 parlementaires d’heureuse mémoire, ayant fait face à la dictature du maréchal Mobutu, dans un contexte monopartite difficile à manœuvrer.», note un analyste.

Selon lui, le pays doit à ces précurseurs de la promotion des libertés publiques, le déclenchement de l’ouverture politique en 1990 avec la conférence nationale souveraine. « Pourtant, les 13 parlementaires auraient pu s’allier utilement aux ex-gendarmes katangais qui ont fait parler la poudre à deux reprises dans l’ex-province du Shaba (l’ancien Katanga). D’abord, en 1977, pendant la guerre de 80 jours, ensuite en 1978 lors de la prise de Kolwezi pendant une dizaine de jours », se remémore la même source. Celle-ci suppose que si, par exemple, Jean-Jacques Mamba avait été élu député parmi ceux proclamés par l’actuel président de la CENI, Denis Kadima, il n’aurait certainement pas rejoint la rébellion. Ainsi, sa décision est de nature à « satisfaire son attitude d’aigri. » Car, poursuit-elle, Jean-Jacques Mamba le sait et Corneille Nangaa encore davantage, « que le M23 ou l’AFC, appelez-le comme vous voulez, n’est pas une rébellion congolaise pour une cause congolaise ».

Il en est autant des moyens militaires derrière lesquels quelques Congolais de souche gesticulent dans cette expédition suicidaire. Pour cet analyste, Corneille Nangaa, Jean Jacques Mamba et toutes les autres recrues laissent les problèmes du pays entiers et en n’apporteront aucune solution en enfilant les treillis rwandais.

Comme au temps de l’AFDL

Avec toutes ces adhésions, le nouveau visage que revêt le M23 ressemble bien à celui qui était de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo [AFDL] de l’ancien président Laurent-Désiré Kabila.

Ce dernier, après avoir emmené sur le sol congolais des Rwandais et des Ougandais, avait fini par comprendre que le pays était placé sous une prédation extérieure. « (…) Les amis rwandais et ougandais avaient découvert un pays au sous-sol bien appétissant et il en a résulté une gloutonnerie qui n’aurait jamais cessé depuis », explique, de son côté, le chroniqueur de 71 ans, le Togolais Jean-Baptiste Placca. La résolution de les faire partir avait précipité le pays dans une insécurité devenue quasiment chronique voici maintenant près de 30 ans.

De ce fait, la date du 17 mai 1997 est perçue, au sein d’une grande partie de l’opinion congolaise, comme le jour où le loup entra dans la bergerie. Aucun Congolais ne peut tolérer aujourd’hui une nouvelle péripétie de contestation brutale comme celle de l’AFDL mélangeant les Rwandais et les Ougandais dans le seul but de pérenniser les pillages des ressources naturelles de la RDC. Si la guerre de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila était à la limite acceptée, car ayant eu pour but de chasser du pouvoir un autocrate, le maréchal Mobutu, dont le sort n’apitoyait plus personne, celle de Corneille Nangaa, Sultani Makenga, Bertrand Bisimwa et JeanJacques Mamba ne contient pas un alibi solide pour convaincre les Congolais dans leur majorité.

Dans sa conférence de presse tenue depuis la Belgique où il s’est exilé, l’ancien porte-parole du MLC de Jean-Pierre Bemba s’en est pris violemment au président Félix Tshisekedi, dénonçant « le tribalisme, le népotisme, la corruption » et « la parodie » des élections du 20 décembre qui se sont prolongées pendant sept jours.

Mais ces justifications paraissent être inaudibles dans les oreilles d’un grand nombre de Congolais qui ont salué pour la plupart avec effusion la victoire de Félix Tshisekedi lors de la dernière présidentielle. « Pour être clair, aucun observateur averti ne voit l’AFC et le M23 venir renverser le pouvoir à Kinshasa. Le mouvement rebelle est largement impopulaire dans le pays et reconnu cristalliser tous les maux du Congo.

Un rejet abondamment alimenté durant la campagne électorale par le candidat-président Tshisekedi. Il faut dire que les Congolais voient dans l’aventure de l’AFC de Nangaa comme une répétition de l’Histoire avec l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, qui a plongé le pays dans presque deux décennies de chaos », renchérit également le journaliste français, Christophe Rigaud. Laurent-Désiré Kabila, lui-même, avait constaté que le soulèvement qui l’avait élevé au sommet de l’Etat n’était qu’un « conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes ». Et présentement, Corneille Nangaa semble aussi jouer à l’opportunisme en se liguant avec une insurrection militaire dont la nature fondamentale de la prétention est d’ordre ethnique.

Dido Nsapu

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CNSSAP: LE DG JUNIOR MATA FAIT GRIMPER DE 850% LES RECETTES EN FAVEUR DU TRÉSOR PUBLIC

Sous Félix Tshisekedi, les performances enregistrées dans la gestion publique ne sont uniquement pas observables dans lesstructures traditionnellement réputées. A la Caisse nationale de sécurité sociale des agents de l’État (CNSSAP), le Directeurgénéral, Junior Mata, brille de mille feux. Sa gestion s’est distinguée dans l’accroissement des recettes en faveur du Trésor public au point que, pour une première depuis l’opérationnalisation de
établissement en 2017, cette structure a affiché deschiffres impressionnants à la clôture de l’exercice 2023.

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Junior Mata M’elanga, 41 ans, a été porté à la tête de la CNSAAP depuis novembre 2022. Ce jeune banquier et ancien vice-ministre des Finances a su remarquablement transformer cet établissement public chargé d’organiser les prestations de sécurité sociale des travailleurs de l’Etat congolais. Fin 2023, le résultat net de la CNSSAP a explosé à plus de 850%, soit de 28,5 milliards de francs congolais en 2022 à 243,9 milliards de francs congolais l’année dernière.

Excellente contributrice fiscale, la CNSSAP a payé, au titre d’impôts, un montant de CDF 190 millions en 2023 contre CDF 23 millions en 2022, soit une progression de 726%. Quant à la rubrique d’imputation pour amortissements, des dotations de l’ordre de 1,8 milliard de francs congolais ont été constituées en 2023 contre 1,7 milliard de francs en 2022.

En soutien au système financier national, la CNSSAP a disposé des ressources structurelles de CDF 130,8 milliards en 2023 contre CDF 102,3 milliards en 2022, soit un taux de progression de 128 %. La performance de la CNSSAP est également attestée aussi bien par les grandeurs comptables que les ratios prudentiels de gestion.

Selon cet établissement, ces performances financières ont été enregistrées grâce à la réforme initiée par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Ces records, précise-t-on, ont été rendus possibles par la conjugaison des efforts du directeur général Junior Mata et de ses équipes autour des objectifs opérationnels, sous l’encadrement de son conseil d’administration et le monitoring de la tutelle, supervisé par le Vice-Premier Ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.

Tous ces exploits ont conduit la CNSSAP à accéder au rang de première institution publique certifiée ISO 9001 à l’issue des audits qualité réalisés par l’Association française de normalisation. Celle-ci se définit en tant qu’organisation internationale dédiée à évaluer notamment la qualité des produits et services. Elle a été instituée pour répondre à divers aspects du management de qualité. Ayant maintenu ses scores, en 2024, la validité de son certificat ISO 9001 a été reconduit en janvier dernier. Cette reconduction de la certification est à apprécier comme un gage de sécurité pour les retraités et autres agents publics de l’État.

Ce, dans la mesure où elle consacre le couronnement d’une gestion orthodoxe et prudentielle de leur couverture sociale, avait noté la cellule de communication de la CNSSAP. Les enseignants, les militaires, les policiers, les magistrats nouvellement affiliés ne sont pas laissés pour compte. Leur adhésion à ce nouveau régime de sécurité sociale coïncide avec cette homologation internationale dans ce qui devient dorénavant leur caisse, avait fait remarquer la même source. Ces nouveaux assujettis, poursuit-elle, peuvent ainsi se considérer comme des bénéficiaires à part entière des prestations premium de la CNSSAP.

Entente parfaite avec l’intersyndicale

Grâce à son management, Junior Mata a aussi réussi à instaurer une entente parfaite avec l’intersyndicale nationale. D’ailleurs, le 16 février dernier, une rencontre a réuni des responsables de CNSSAP-INAP et 60 membres permanents de l’intersyndicale nationale de l’administration publique sur le thème de la gouvernance et la gestion du contrôle interne de cet établissement public. Ceux-ci ont été édifiés par les réalisations du DG de la CNSSAP.

Travail honoré !

Comme pour tout travail bien fait, des mérites ne devraient en principe pas manquer. Junior Mata a pu tirer parti de ce devoir de reconnaissance. En novembre 2023, la CNSSAP a été honorée à Lubumbashi, à l’occasion de la soirée de remise des Prix d’excellence dénommée Katanga Awards. La direction de la CNSSAP avait obtenu le Prix de la « bonne gouvernance ». Ceci, en raison de la gestion efficace des fonds de sécurité sociale des agents publics de l’Etat, en guise de témoignage de l’admirable management de Junior Mata. Il sied de rappeler que la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État est un établissement public à caractère administratif et social qui a été créé pour gérer les prestations de sécurité sociale des agents publics de l’État dans un régime contributif, en République démocratique du Congo.

Heshima

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INVESTI LORS D’UNE CÉRÉMONIE HISTORIQUE TSHISEKEDI DÉVOILE LES PRIORITÉS DE SON NOUVEAU QUINQUENNAT

Le président réélu de la République démocratique du Congo a prêté serment le 20 janvier 2024 à Kinshasa pour un second mandat. Le chef de l’Etat congolais a, dans son speech, égrainé 6 objectifs prioritaires de ce nouveau quinquennat s’engageant à veiller à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent plus.

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F élix Tshisekedi, brillamment réélu avec 73,47% des suffrages, a vu grand pour sa prestation de serment. L’homme a choisi le stade des Martyrs de la Pentecôte rempli au maximum de sa capacité de 80 000 places. Dixsept chefs d’Etat africains en fonction, quatre honoraires et des délégations de plusieurs dizaines d’autres pays y étaient présents, pour une cérémonie sous haute sécurité et très protocolaire, avec au rendez-vous fanfare, cavalerie et prières, le tout sous une très grande ovation.

Il s’agit des présidents du Burundi, du Kenya, de la République centrafricaine, du Gabon, de la République du Congo, de la Guinée Bissau, de la République d’Afrique du Sud, de l’Angola, du Tchad, de Sao Tomé et Principe, de Djibouti, du Malawi, du Zimbabwe, de la Zambie, du Sénégal, de la Gambie et du Ghana. 

Les présidents honoraires sont ceux du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Nigéria. Pour des millions de Congolais qui ont suivi la cérémonie à distance, la chaine nationale (RTNC) a innové en filmant en direct le départ du président de la République depuis le Palais du Mont-Ngaliema, dans les hauteurs du camp Lieutenant-colonel Tshatshi, jusqu’au Palais du peuple où le chef de l’Etat a changé de véhicule, optant pour une Toyota décapotée escortée par la cavalerie.

 C’est avec une telle escorte sécurisée dans l’air notamment par des hélicoptères des forces spéciales que Félix Tshisekedi a fait son entrée solennelle au stade des Martyrs de la Pentecôte. « Je jure solennellement (…) de défendre la Constitution et les lois de la République, (…), de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire », a déclaré devant les juges de la Cour constitutionnelle le président réélu, avant de recevoir les salutations des chefs coutumiers des 26 provinces du pays. « J’ai conscience de vos attentes », a-t-il enchaîné dans son discours d’investiture, faisant allusion notamment au chômage, au pouvoir d’achat, à la situation des jeunes, à la promotion des femmes tout comme des personnes vivant avec handicap et à la cohésion nationale.

6 objectifs prioritaires

Dans son allocution d’investiture, Félix Tshisekedi a esquissé les objectifs prioritaires de son nouveau mandat. Il est question de six axes, à savoir : créer plus d’emplois ; protéger le pouvoir d’achat des ménages en stabilisant le taux de change ; assurer avec efficacité la sécurité des populations et de leurs biens ; poursuivre la diversification de l’économie ; garantir plus d’accès aux services sociaux de base et renforcer l’efficacité des services publics. 

Par rapport à son expérience de cinq dernières années au pouvoir, Félix Tshisekedi semble avoir tiré les leçons qui peuvent l’aider à améliorer sa gouvernance actuelle. « Tirant les leçons de l’expérience passée et tenant en compte vos aspirations, je m’engage pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus », a-t-il promis.

Il a par ailleurs rendu hommage à ses alliés de l’Union sacrée de la Nation au sein de laquelle se trouve l’UDPS, son parti, et il a également adressé un clin d’œil aux candidats de l’opposition, promettant de veiller à ce que le rôle de cette dernière soit effectif lors de ce quinquennat, notamment avec la désignation de son Porte-parole telle que reconnue par la Constitution.

Le chef de l’Etat congolais a aussi épinglé les efforts fournis dans la sécurisation des populations et la défense de l’intégrité territoriale du pays mises à mal, selon lui, par les velléités obscures de certains États voisins, d’acteurs extérieurs ou internationaux avec une complicité « lâche » de certains Congolais.

« En effet, nonobstant votre vigilance, le sacrifice et la bravoure de nos vaillantes forces de sécurité et de défense, les menaces se veulent résilientes. Et pour beaucoup, alimentées par la trahison de certains Congolais qui, sans scrupule, sans la moindre considération humaine et patriotique, s’allient à l’ennemi pour faire couler le sang de leurs propres frères et sœurs Congolais », a-t-il fustigé. 

Félix Tshisekedi a aussi évoqué la préservation de la cohabitation sereine entre les peuples qui, selon lui, constituent un défi à relever pour sauvegarder la cohésion nationale qui ne peut se réaliser qu’au moyen du renouvellement et de la consolidation du « vouloir vivre collectif. Un vouloir vivre collectif où seront bannis les fléaux de la haine, du tribalisme, du clanisme et de toutes les antivaleurs qui aujourd’hui, minent le développement » du pays. 

Comparativement à sa première prestation de serment qui avait officiellement eu lieu le 24 janvier 2019 dans les jardins du Palais de la Nation, lorsqu’il succédait à Joseph Kabila (2001-2018), premier président réélu de la Troisième République, le cérémonial impressionnant du deuxième président réélu n’a pas manqué de s’inscrire dans la symbolique du chiffre 20 qui l’a accompagné tout au long du processus électoral, par celui porté pour sa candidature, la date du vote et enfin celui de son investiture.

Heshima

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