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Matonge et Château Rouge, le cordon ombilical des congolais en Europe

Quel est ce véritable « muana Kin » (ressortissant de Kinshasa) qui ferait le déplacement de Paris sans passer par Château Rouge ou Bruxelles sans fréquenter Matonge ?

A l’instar de toutes les grandes métropoles d’Europe, Paris comme Bruxelles comptent différents quartiers qui se sont construits et reconstruits autour des activités commerciales en lien avec l’immigration. Situé l’un à Paris et l’autre à Bruxelles. Au cœur de la Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement, Château Rouge ainsi que Matonge sont souvent appréhendés comme des quartiers africains.

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L’ambiance pareille qu’à Kinshasa !

Ne soyez pas étonnés si une vendeuse de la rue « Dejean », cette rue prise d’assaut par les vendeurs à la sauvette vous propose de jeter un coup d’œil sur ses sa fous, et ses mbinzo (chenilles). Installées au milieu de la rue, sur des échoppes éphémères en carton qui peuvent être remballées si la police pointe le bout de son nez. Dans l’autre bout de la rue, des femmes proposent aux clientes leurs produits éclaircissants lesquels sont adulés par les Congolaises de la diaspora. « Caro Light yango oyo maman » (voici Caro Light maman) vous hurlent-elles à l’oreille en vous attrapant par le bras. De nombreux magasins exotiques ne désemplissent pas. Ici, il y a foule tous les jours de la semaine. Les sans-papiers se mêlent aux sans-abris. Les marchands ambulants toujours sur le qui-vive pour éviter les policiers, tentent de refourguer leurs marchandises à des clients pressés. Les ressortissants africains servent des plats du pays tandis que les vendeurs des wax et des bazins déroulent leurs étoffes sous les yeux des femmes venues faire leurs emplettes dans le quartier.

La sapologie au rendez-vous !

On y retrouve les Bakolo, les anciens qui se sont installés dans la capitale française il y a plus de 20 ans et les tenants de la « sapologie ». A Paris, le rendez-vous du chic et du glamour a une adresse. Tous les sapeurs se rendent à la boutique « Connivence » rue Panama. Son patron « The Bachelor » de son vrai nom Jocelyn Armel, est un coach de la sapologie.

Matongé, des airs de Kinshasa !

Matonge, du nom d’un quartier de Kinshasa (capitale de la RDC) est constitué de quelques rues autour de la chaussée de Wavre, des institutions européennes et du très chic quartier Toison d’Or. C’est là, au centre de la capitale de l’Union européenne, que depuis les années 50, se retrouvent des Africains de la diaspora, essentiellement Congolais dans des boutiques de wax, restaurants et des salons de coiffure.

Epicerie / Matonge Bruxelles

Bref, ce quartier multiculturel est le lieu des rendez-vous des Africains en Belgique. Tout comme à Kinshasa, vous y trouverez d’innombrables salons de coiffure, boutiques de perruques, boutiques de produits cosmétiques, bijouteries et magasins avec des tissus de wax colorés, des fruits et des légumes africains,… C’est la galerie Ixelles qui constitue le cœur de Matonge. 

Deux adresses à retenir si l’on veut déguster les spécialités congolaises. Primo Inzia, saveurs d’Afrique créée en 1976 au n°37 de la rue de la Paix, 1050 Ixelles. Cette enseigne est une institution de la gastronomie congolaise, et a une petite-sœur à Kinshasa au 6, avenue Cadeco à Gombe. Comme menu, sont proposés le poulet à la moambe, le poisson en papillote, filets de malangwa, bœuf boucané et sauce tomate, ailes de poulet sautées et l’inévitable viande de chèvre grillée (le ntaba). Sur commande, Inzia peut servir des aliments plus déroutants, mais typiques : chenilles, criquets,… Des soirées musicales, des expositions de peinture ou de lectures de textes africains sont également proposées. Secundo, Le Tarmac au 79 Chaussée de Wavre, 1050 Ixelles. Ce restaurant tout en longueur décoré de peintures congolaises qui célèbrent l’indépendance et des photos des villages indigènes des temps coloniaux, est l’un de nouveaux QG de la diaspora africaine à Bruxelles. Ici, les soirées peuvent se terminer à l’aube. Chenilles, sauterelles, termites, fourmis rouges pouvant être assaisonnées de citron et de piment.

Ces deux quartiers se pré – sentent comme un véritable cordon ombilical pour les Congolais ayant opté pour l’hexagone et le Royaume de Belgique, comme dit, loin des yeux, près du cœur. Tant que le sensoriel par l’entremise des papilles, du vestimentaire et du commérage reste aux goûts de la RDC, ces Congolais européanisés sont partis sans réellement partir.

M MAWETE

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Matonge et Château Rouge, le cordon ombilical des Congolais en Europe

Quel est ce véritable « muana Kin » (ressortissant de Kinshasa) qui ferait le déplacement de Paris sans passer par Château Rouge ou Bruxelles sans fréquenter Matonge ?A l’instar de toutes les grandes métropoles d’Europe, Paris comme Bruxelles comptent différents quartiers qui se sont construits et reconstruits autour des activités commerciales en lien avec l’immigration. Situés l’un à Paris et l’autre à Bruxelles. Au cœur de la Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement, Château Rouge ainsi que Matonge sont souvent appréhendés comme des quartiers africains.

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Une ambiance pareille à celle de Kinshasa !

 Ne soyez pas étonnés si une vendeuse de la rue « Dejean », cette rue prise d’assaut par les vendeurs à la sauvette, vous propose de jeter un coup d’œil sur ses safous, et ses mbinzo (chenilles). Installées au milieu de la rue, devant des échoppes éphémères en carton qui peuvent être remballées si la police pointe le bout de son nez. Dans l’autre bout de la rue, des femmes proposent aux clientes leurs produits éclaircissants lesquels sont adulés par les Congolaises de la diaspora. « Caro Light yango oyo maman » (voici Caro Light maman) vous hurlent-elles à l’oreille en vous attrapant par le bras. De nombreux magasins exotiques ne désemplissent pas. Ici, il y a de la foule tous les jours de la semaine. Les sans papiers se mêlent aux sans-abris. Les marchands ambulants, toujours sur le qui-vive pour éviter les policiers, tentent de refourguer leurs marchandises à des clients pressés. Les ressortissants africains servent des plats du pays tandis que les vendeurs des wax et des bazins déroulent leurs étoffes sous les yeux des femmes venues faire leurs emplettes dans le quartier.

La sapologie au rendezvous !

 On y retrouve les “Bakolo”, les anciens qui se sont installés dans la capitale française il y a plus de 20 ans et les tenants de la « sapologie ». A Paris, le rendez-vous du chic et du glamour a une adresse.

Tous les sapeurs se rendent à la boutique « Connivence » rue Panama. Son patron « The Bachelor » de son vrai nom Jocelyn Armel, est un coach de la sapologie. 

Matongé, des airs de Kinshasa !

 Matonge, du nom d’un quartier de Kinshasa (capitale de la RDC) est constitué de quelques rues autour de la chaussée de Wavre, des institutions européennes et du très chic quartier Toison d’Or. C’est là, au centre de la capitale de l’Union européenne, que depuis les années 50, se retrouvent des Africains de la diaspora, essentiellement Congolais dans des boutiques de wax, restaurants et des salons de coiffure.

Bref, ce quartier multiculturel est le lieu des rendez-vous des Africains en Belgique.

 Tout comme à Kinshasa, vous y trouverez d’innombrables salons de coiffure, boutiques de perruques, boutiques de produits cosmétiques, bijouteries et magasins avec des tissus de wax colorés, des fruits et des légumes africains,… C’est la galerie Ixelles qui constitue le cœur de Matonge.

Deux adresses à retenir si l’on veut déguster les spécialités congolaises. Primo Inzia, saveurs d’Afrique créée en 1976 au n°37 de la rue de la Paix, 1050 Ixelles. Cette enseigne est une institution de la gastronomie congolaise, et a une petite-soeur à Kinshasa   au numéro 6, avenue Cadeco, dans la commune de la Gombe. Comme menu, sont proposés le poulet à la moambe, le poisson en papillote, filets de malangwa, bœuf boucané et sauce tomate, ailes de poulet sautées et l’inévitable viande de chèvre grillée (le ntaba). Sur commande, Inzia peut servir des aliments plus déroutants, mais typiques : chenilles, criquets,… Des soirées musicales, des expositions de peinture ou de lecture des textes africains sont également proposées. Secundo, Le Tarmac au n° 79 Chaussée de Wavre, 1050 Ixelles.

Ce restaurant tout en longueur décoré de peintures congolaises qui célèbrent l’indépendance et des photos des villages indigènes des temps coloniaux, est l’un de nouveaux QG de la diaspora africaine à Bruxelles. Ici, les soirées peuvent se terminer à l’aube. Chenilles, sauterelles, termites, fourmis rouges pouvant être assaisonnées de citron et de piment. Ces deux quartiers se présentent comme un véritable cordon ombilical pour les Congolais ayant opté pour l’Hexagone et le Royaume de Belgique, comme dit-on des yeux, près du cœur. Tant que le sensoriel par l’entremise des papilles, du vestimentaire et du commérage reste aux goûts de la RDC, ces Congolais européanisés sont partis sans réellement partir.

JM MAWETE

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Diaspora

Les ambassades fantômes congolaises

L’information du déguerpissement des ambassades congolaises à travers le monde par la ministre sortante des Affaires étrangères remet sur le tapis les difficultés de ces chancelleries, les conduisant à faire de la figuration à l’étranger. Au grand dam de notre diplomatie !

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Début avril, la ministre d’Etat aux Affaires étrangères du gouvernement Ilunga Ilunkamba sortant, Marie Ntumba Nzeza déclare à radio Top Congo qu’en raison de l’absence de disponibilité empêchant le paiement des loyers des ambassades congolaises présentes à travers le monde, sans compter les loyers des habitations des diplomates, la menace de déguerpissement pèse sérieusement sur elle.

L’information de la ministre renseigne ainsi que son ministère ne bénéficie plus de dotation depuis huit mois pour approvisionner les  postes diplomatiques en frais de fonctionnement, contrairement à ses prédécesseurs. Aurait-elle agit de guerre lasse après avoir « tout fait » pour régler ce litige à même faire subir « une grande humiliation pour la RDC » pour porter l’affaire sur la place publique.

Cette sortie médiatique donne à réfléchir lorsqu’on sait que la diplomatie relève du domaine de collaboration entre le président de la République et le gouvernement et que la cheffe de secteur appartient comme le chef de l’Etat au même parti politique, à savoir l’UDPS. Dans ces conditions, depuis la chute du gouvernement Ilunga par motion de censure dès le premier mois de l’année, la gestion de l’Etat est du ressort exclusif de la présidence de la République.

Au moins cette intervention aura eu le mérite de faire bouger les choses, car à peine le cri d’alarme de la ministre lancé, dès les jours suivants l’ordre de décaissement des fonds est tombé pour désintéresser les différents bailleurs des ambassades congolaises locataires. Cette démarche aura également eu le mérite de mettre le doigt sur le laxisme dans la conduite de la machine étatique de la part de certains services qui font porter leur manquement sur leur hiérarchie quitte à ternir l’image de marque du pays à l’étranger. En même temps, elle rappelle la situation récurrente de nos ambassades que l’on pensait pourtant réglée un tant soit peu.

Splendeurs et misères

Au lendemain de l’indépendance, la diplomatie est à l’instar d’autres pays un corps prestigieux placé en ordre utile dans la nomenclature des fonctions de l’Etat. Avec la touche particulière congolaise.

 En recouvrant sa souveraineté nationale et internationale, le Congo cherche à se faire valoir à travers le monde et ne lésine pas de doter ses ambassades du personnel et des moyens conséquents pour son rayonnement. Il s’agit pour le pays de faire bonne impression sur l’échiquier international. Chaque ambassade compte en moyenne un peu moins de dix effectifs, mutés avec leur famille qu’il faut loger et qui sont rapatriés dans une périodicité triennale bien réglementée à la Centrale avec de nombreux biens acquis à l’occasion de leur séjour professionnel, avant de recevoir une nouvelle mutation.

En ces heures de gloire, l’ambassade et la résidence du chef de mission diplomatique brillent de tous leurs feux : le drapeau hissé aux deux endroits porte haut la puissance prétendue du pays qui n’en tire que respect et considération partant de cette enclave du Congo à l’étranger ; des réceptions y ont lieu… Le prestige du Congo, puis après du Zaïre est d’autant renforcé que le pouvoir en place ne lésine par sur les moyens pour effectuer des dons dans le cadre de la coopération sud-sud.

A cette belle époque du Congo, relayée par celle du régime de Mobutu où la fonction, de plus en plus politisée devient victime du favoritisme, du népotisme et du tribalisme. Dans l’entretemps, la gabegie financière qui commence à ronger le pays a pour répercussion de réduire en portion congrue le budget alloué à la diplomatie.

  A l’époque fastueuse, succède la descente aux enfers à partir des années ‘80. La diplomatie congolaise jusqu’alors rayonnante ne cesse de perdre en éclat. Les salaires des diplomates et des engagés locaux ne sont plus versés. Les loyers de la chancellerie et des habitations ne le sont pas non plus et les arriérés s’accumulent jusqu’à conduire aux menaces de déguerpissement avant que cela ne se concrétise. Avant cela, ce sont les charges locatives qui pénalisent les diplomates devant endurer pour ceux mutés dans les pays du Nord, les rigueurs du froid lorsque le chauffage est coupé. Le rapatriement des diplomates et de leur famille devient difficile.

Faute de moyens pour le fonctionnement, le mot d’ordre pour chaque ambassade est « débrouillez-vous » article 15 à qui mieux mieux, même s’il est vrai que toutes les ambassades ne sont pas logées à la même enseigne, certaines étant plus choyées que d’autres pour des raisons politiques ou parce qu’elles sont génératrices de revenus par la vente des visas et autres documents.

Par la force des choses, les diplomates deviennent des commerçants d’imprimés de valeur, voire de certaines marchandises parfois prohibées comme les cigarettes sous le couvert de la valise ou de l’immunité diplomatique. D’autres diplomates doivent se reconvertir frauduleusement en nouvelles professions comme celle de taximan, de femmes de ménage… Un autre témoignage porte même sur la spoliation du patrimoine de l’ambassade dont le plus célèbre est celle de la vente du bâtiment situé au Japon par son ambassadeur de l’époque. 

 Tentative de renouveau

Le retour d’une stabilité relative dans la marche du pays s’observe au début de la première décennie de ce siècle. A l’époque du gouvernement Matata, le gouvernement décide d’éponger les importants arriérés afin de redorer l’image fortement ternie de la diplomatie congolaise durant de longues décades.

 En 2010, une conférence diplomatique se tient. Afin d’endiguer toutes déconvenues, le gouvernement arrête des résolutions pour réussir le renforcement de la diplomatie congolaise et la rendre plus dynamique. Parmi les résolutions circonstancielles, il a été décidé de procéder à la fermeture des représentations diplomatiques de moindre importance et se concentrer sur celles qui sont déterminantes pour la coopération, Il était également question de diminuer sensiblement les effectifs et envisager le rapatriement du personnel.

En outre, l’option de l’acquisition d’un patrimoine propre est levée. Tel est le cas de la chancellerie de Berlin qui se voit dotée en propre d’un bâtiment dans le quartier cossu des ambassades. Il n’empêche, le constat de quelque récidive d’expulsion s’observe. C’est ainsi qu’en août 2015, à l’époque où Thambwe Mwamba trônait à la tête des Affaires étrangères en tant que ministre, l’ambassade de la RDC à Tripoli en Lybie se voit mise en demeure de délogement pour non-paiement de trois ans de loyer. Et comme toujours, ce n’est qu’à la suite de la décision comminatoire du bailleur que la réaction congolaise intervient pour enclencher le processus de désintéressement.

 Cependant avec le temps qui passe, la question des ambassades ne cesse de hanter les esprits. Elle est d’ailleurs revenue sur le tapis à l’occasion des conclusions de l’Union sacrée de la Nation. En effet, évoquant le point de l’amélioration des finances publiques et du climat des affaires, le président de la République n’a pas manqué de souligner les revendications de ses interlocuteurs sur la nécessité de « réduire le nombre et le volume de nos représentations diplomatiques à l’étranger et les renforcer en capacités humaines en matière de coopération et de partenariats économiques. »

Des représentations fantomatiques

La cause est entendue. En réalité, le diagnostic porté sur l’efficacité de la diplomatie congolaise a toujours donné des résultats peu reluisants car le problème de la gestion et de l’utilité des représentations diplomatiques reste d’actualité.

 Si à son époque fastueuse, le monde diplomatique pouvait faire la fierté du pays, la vraie interrogation est de méditer sur son rôle : il ne s’agit en rien de faire de la figuration mais de servir utilement à la République. Il s’agit dans cet ordre d’idées d’examiner si les deux grands axes de la diplomatie sont bien menés, à savoir d’une part celle de préserver les intérêts des Congolais vivants dans les pays où sont localisés leurs ambassades et d’autre part, les contacts que ces dernières sont censées nouer avec les partenaires et autres investisseurs des pays d’accueil.

Sur les deux registres, les postes diplomatiques ne parviennent pas à répondre aux espoirs placés en eux au point de donner image des représentations fantomatiques. Avec la présence massive des Congolais dans plusieurs pays du monde nos ambassades sont supposées être en mesure de les prendre en charge comme il se doit. Certes, bon nombre de Congolais ont fait le choix d’une autre nationalité ce qui ne rend pas leur présence chez elles nécessaire. Mais pour beaucoup, celles-ci représentent un lieu de refuge, qui malheureusement ne réagit pas à leurs attentes. On se souviendra à cet effet de l’absence de l’ambassade congolais en RSA lors de la chasse aux autres nationalités il y a quelques années. Le cas est d’ailleurs récurrent dans beaucoup d’autres pays. Sur le registre de la recherche des partenariats à conclure en faveur du développement du pays, la critique indique que les actions ne sont pas concluantes.

C’est dans cet ordre d’idées, qu’une collaboration institutionnelle peut être projetée et la réaction de la sénatrice Francine Muyumba, par ailleurs présidente de la commission des relations extérieures à la chambre haute du parlement à l’annonce par la ministre des Affaires étrangères du déguerpissement des chancelleries congolaises à l’étranger donne un éclairage dans ce sens.

Face au scandale du déguerpissement, la sénatrice préconise en effet une collaboration avec le parlement. « les membres du gouvernement doivent comprendre que la représentation nationale est là pour les accompagner, les assister afin de faire avancer des dossiers (…) car le parlement détient le pouvoir de contrôle sur le gouvernement ». Certainement que cette voie pourra aider à fortifier la mission des ambassades congolaises et ranger au passé leur image désastreuse.

Noël NTETE 

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Diaspora

Vie et mœurs de la diaspora congolaise d’Europe

En s’installant dans un autre pays que le sien, deux alternatives peuvent se présenter à tout immigrant : soit s’intégrer ou alors continuer à vivre les habitudes de ses origines et se borner à fréquenter exclusivement ses concitoyens. Comment l’immersion dans ce monde permet de juger la vie des Congolais d’Europe ?

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L ’arrivée dans un pays autre que le sien ou y vivre depuis de longues années, ne peut en principe qu’être différent de l’existence que l’on aurait menée chez soi. Dès lors, comprendre ce mode de vie dissemblable s’explique à partir des raisons qui ont amené à quitter son milieu d’origine lieu, de son éducation ou encore des rencontres nouées tout au long de son séjour.

 Chacun de ces aspects, détermine la manière de réagir des membres de la diaspora aux différentes tranches de vie auxquelles ils sont confrontés.

Ainsi, la première vague des Congolais en Belgique, précurseurs de la diaspora, outre le froid, la nostalgie ou les regards curieux des Belges étonnés de croiser pour la première fois des Noirs à endurer, c’est bien la question de l’alimentation qui les tenaillait. Habitués à une nourriture bien africaine depuis leur tendre enfance, les voilà obligés à l’âge adulte de se restaurer avec des mets si peu à leur goût.

Il a fallu les venues successives d’autres Congolais pour finir par découvrir l’alternative de la semoule de riz mélangé à la fécule de pomme de terre ou la semoule de maïs en lieu et place du cher fufu pour contenter un tant soit peu leurs papilles gustatives. Ces achats quotidiens ne pouvaient que dérouter les commerçants se demandant les raisons de préparation systématique de pâtisserie au vu de l’utilisation faite par eux de cette matière. Pour épicer la cuisine européenne un peu trop fade, à défaut du piment, le paprika ou le poivre pouvait faire l’affaire. L’écoute de la musique congolaise égrainée du tourne-disque était là pour mettre aussi un peu de baume au cœur. Cela a conduit à la longue à la constitution d’orchestres d’étudiants dont l’écho des succès parvenait au pays tels les talentueux Los Nickelos ou Yeye National qui ont d’ailleurs eu à inspirer les ensembles locaux, Zaïko Langa Langa par exemple. Cette tradition va se perpétuer et chaque université, parfois certains collèges auront leur orchestre dont certains membres se retrouvent actuellement en fonction au Congo.

Mixité des rapports

Alors que la première motivation de la venue des Congolais en Europe portait essentiellement sur les études au niveau supérieur avec par voie de conséquence un mode de vie en principe studieux, des Congolais de plus en plus jeunes y débarquent pour les mêmes raisons mais cette fois-ci parfois dès la maternelle. 

Quant aux relations avec les habitants du pays d’accueil, les rencontres ont lieu dans des foyers d’accueil où se forgent des amitiés. Des familles d’accueil se sont également proposées pour héberger chez elles des enfants Congolais logés dans les internats ou non, moyennant paiement de leurs parents ou après leur adoption.

Dans l’entretemps, des enfants congolais naissent sur place aussi bien des couples venus directement du Congo ou des mariages constitués à partir de la Belgique. De ce fait, toute cette nouvelle catégorie de Congolais s’adapte presque naturellement à la vie occidentale, mieux que leurs aînés et parents.

Dans une certaine mesure, cette deuxième génération vit une culture binaire, celle de leurs origines et celle du pays d’adoption. C’est l’époque où la notion du Noir bounty, expression tirée de ce délicieux chocolat enrobée de noix de coco pillé servait à illustrer cette double personnalité, noir de l’extérieur, mais blanc à l’intérieur.

A plusieurs égards, ce Congolais commence à perdre ses repères traditionnels. Par la force des choses, son milieu n’est pas  exclusivement limité à ses concitoyens. Car dans l’entretemps, de la capitale belge où se localise principalement le foyer de la diaspora congolaise d’Occident, hormis les autres sites universitaires comme Louvain, Liège ou Mons, une migration a lieu en province. Dans ses amitiés, il est courant de le voir avec des ami(e)s belges ; des mariages mixtes se concluent, surtout le fait d’un Noir qui épouse une Blanche avant que le contraire survienne et pour donner naissance aux « café au lait ». Au niveau professionnel, la société belge accepte de plus en plus de réserver des emplois aux Congolais, surtout aux femmes même s’ils sont de rang subalterne et quelques rares parmi eux intègrent aussi de plus en plus des cercles politiques au point de voir quelques-uns finir par émerger jusqu’à un certain seuil. A son tour, dans cette mixité, la culture congolaise est adoptée par les Blancs en contact avec eux qui découvrent la cuisine ou la musique congolaise, des expressions surtout en lingala, les blagues congolaises ….

Ce mouvement relatif d’intégration dans la société occidentale prend une certaine ampleur, car à la suite du mouvement migratoire à l’intérieur de la Belgique, de nombreux Congolais, surtout victimes de la rigueur administrative belge, gagnent les pays limitrophes comme la France, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas ou encore la Grande-Bretagne jusqu’à aller ailleurs comme en Italie. Hors de l’espace francophone, l’obligation d’apprendre la langue du terroir est évidente, néerlandais, anglais ou allemand selon le point de chute.

Importation des mœurs

Cependant avec l’arrivée massive des Zaïrois d’alors en Europe à la fin des années ‘70, c’est une véritable communauté qui s’y installe. Cette frénésie correspond à la descente aux enfers du Zaïre. Au fur et à mesure, la population de la diaspora se diversifie : elle compte des étudiants éternels la plupart des anciens boursiers et pour certains déjà parents, des familles de dignitaires de l’Etat et des nanties spécialement l’épouse restée sur place pour surveiller les enfants aux études, on peut être écarté à dessein des dignitaires déchus.

 L’accueil des compatriotes de même que la difficulté du séjour avant de bien prendre ses marques par la régularisation de ses documents de séjour ou en trouvant un job intéressant – le caillou-, conduisent ceux qu’on appelait les maquisards à s’entasser à plusieurs voire à faire des rotations dans leur habitation, petites chambres, studios ou appartements, avant que chacun puisse s’installer chez lui….Et à son tour accueillir d’autres semblables.

L’accueil des compatriotes de même que la difficulté du séjour avant de bien prendre ses marques par la régularisation de ses documents de séjour ou en trouvant un job intéressant – le caillou-, conduisent ceux qu’on appelait les maquisards à s’entasser à plusieurs voire à faire des rotations dans leur habitation, petites chambres, studios ou appartements, avant que chacun puisse s’installer chez lui….Et à son tour accueillir d’autres semblables.

Dans cet environnement, les Congolais ont de tout temps ce talent de se distinguer par leur habillement, traditionnel ou moderne, de préférence griffé en bon adeptes de la sape. Avec toute l’exubérance reconnue aux Africains. Et le tapage qui va avec, au grand dam des autochtones.

 Toute une activité économique ethnique se développe pour guérir du mal du pays : les commerces d’alimentation ou d’habillement comme de produits de beauté, les salons de coiffure, les restaurants ou le service à domicile sinon en livraison… se multiplient. Dans le domaine des loisirs, caractérisé par la venue des membres des ensembles musicaux nationaux (OK Jazz de Luambo, Afrisa de Tabu Ley, Viva la Musica de Papa Wemba…) agrémentent, concerts, boîtes de nuit et ngandas.

Le 7ème art est aussi sollicité, il est vrai à une moindre échelle, avec la diffusion de séries décrivant la vie locale ou alors dans la distribution des productions importées. Avec le progrès des technologies de l’information, les barrières spatiales sont abolies et la connexion s’établit avec les médias congolais. Les journaux et Tv en ligne se développent également. 

Un monde aux multiples contours

Débarqués en Occident pour améliorer leur train de vie, les Congolais sont à la recherche d’emplois. Une de leur obligation sur place est de penser à la famille laissée en Afrique devant bénéficier de transfert de fonds ou d’aliments. Un système de cotisations est instauré entre relations pour faire face à certaines obligations sociales comme les deuils ….

A la recherche de moyens de subsistance, il n’est pas exclu que certaines personnes optent pour la facilité : le trafic de documents administratifs ou financiers, le trafic d’êtres humains, les mariages en blanc, la prostitution en vitrine ou au trottoir dans les quartiers chauds, avec la complicité ou non des autochtones… Néanmoins, avec les années et les aides gouvernementales, quelques-uns se risquent à monter des entreprises, souvent des PME dans le transport (taxi ou service de livraison), le gardiennage, le fret pour l’import-export en liaison avec le pays… 

 Les autres activités sociales prennent de l’ampleur et ici aussi la différence avec celles qui se produisent au pays natal se ressemblent, qu’il s’agisse des mariages à la congolaise, les cultes religieux frénétiques, les cérémonies des deuils émotives ou autres manifestations festives rassemblant familles et autres personnes seules comme celles dénommées terrains ponctuées de parties de football et autres séances de barbecues …, le tout parfois évité ou interrompu par crainte de la descente de la police pour ceux qui ne sont pas en règle administrative.

 Les mœurs au sein des familles en prennent un coup : là où la femme est censée faire preuve de soumission dans un environnement machos, celle-ci s’affranchit de l’emprise de son conjoint grâce aux avantages sociaux tels les allocations familiales dont elle est bénéficiaire pour le compte des enfants et qu’elle gère au détriment du père, ou encore grâce à la protection des services contre la violence faite aux femmes.

D’un autre côté, les descentes régulières au Congo de durée assez longues de l’époux pour des buts professionnels, ou la difficulté à rapatrier en Europe son épouse entraînent parfois l’existence d’une double vie, voire de plus, à l’insu ou non de la famille, parfois obligée de se soumettre à cette contrainte.

 La politique n’est pas absente de ces mœurs congolaises étant donné que la diaspora est essentiellement composée de réfugiés, économiques ou politiques, en colère contre la misère imposée au pays. Certains, surnommés les combattants, iront jusqu’à se montrer d’une violence parfois injustifiée à l’égard des dignitaires des régimes successifs, d’abord celui de Mobutu et ensuite celui de Joseph Kabila.

Au total, dans ce monde aux multiples contours, différentes tendances se dégagent. Il existe parmi les compatriotes ceux qui se contentent de ne fréquenter que le milieu congolais au point qu’après tant d’années passées en Europe, certains n’en ont rien tiré pour améliorer leurs conditions de vie.

 D’autres par contre manifestent souvent l’envie de retourner au pays en postposant à chaque fois leur décision tandis que d’autres parviennent à y débarquer, parfois pour frimer, parfois pour y mener des opérations économiques ou sociales. D’autres encore, aujourd’hui à la troisième voire à la quatrième génération ont carrément rompu le cordon ombilical avec la mère-patrie avec pour les plus jeunes des évocations sur le Congo ressenties d’ailleurs avec beaucoup d’appréhensions. Et pour ceux-là, rien ne présage un changement sur leurs habitudes tant que la situation du pays ne s’améliorera pas à la hauteur de leurs exigences qu’ils souhaiteraient tout au moins à l’identique du vécu européen ou en tout cas pas en deçà d’un certain seuil de régression.

Mais en définitive une autre catégorie de Congolais qui pourrait être la synthèse de toutes ses variantes et dont les figures emblématiques sont représentées par des vedettes comme Gim’s, Djadju et autres qui ont su conserver une part de l’âme congolaise en la hisseant à des hauteurs qui témoignent de la capacité des Congolais à marquer de son empreinte son passage ici et là.

A plus d’un demi-siècle de vie, la diaspora n’a en tout cas pas encore finit d’édifier ses observateurs.

 Noël NTETE 

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