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Les épidémies les plus dévastatrices de l’Histoire

Tout au long de l’Histoire de l’humanité, de vastes étendues ont été envahies par des épidémies aux conséquences meurtrières pour les populations sans compter leurs effets dévastateurs. L’effroi causé aujourd’hui par la pandémie à coronavirus pousse à se remémorer des fléaux d’hier.

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P lusieurs communautés humaines à travers le monde ont eu au cours de leur existence à assister à l’apparition de manière aussi surprenante qu’inquiétante à des situations sanitaires mortelles. Et avant de se convaincre de leur existence dans les livres d’Histoire, la Bible peut à elle seule effacer tout doute quant aux possibilités de contamination en masse par la peste dévastatrice ou le fléau qui frappe en plein midi à l’occasion desquels 1.000 à 10.000 personnes peuvent tomber, dès lors qu’elle l’évoque dans le psaume 91 devenu une référence incontournable depuis la survenance du Covid-19. Si hier, ce passage biblique pouvait être cité pour se convaincre de faire face à l’adversité grâce à la puissance divine quelle que soit son ampleur, au moins sa lecture confirme bel et bien l’importance des ravages des maladies même si la virulence conduit toutefois à la distinction entre épidémie et pandémie. Bien que dans les deux cas, le drame prophylactique se caractérise par la propagation rapide d’une maladie contagieuse, essentiellement d’origine infectieuse, l’épidémie se limite pour sa part à un espace plus réduit qu’il s’agisse d’une région bien déterminée ou d’un pays, contrairement à la pandémie qui compte plusieurs foyers et donc a une étendue géographique plus vaste laquelle concernerait tout un continent, si pas le monde entier. De ce fait, l’impact de la gravité de la seconde en termes de contamination, de mortalité et d’efforts d’éradication est nettement plus remarquable. En fonction, des traces historiques conservées par les archives, le souvenir des fléaux que le monde a connu a généralement pour épicentre le bassin méditerranéen pour se localiser au fur et à mesure dans d’autres parties du monde. A ce titre, les ravages contagieux dans le monde sont suffisamment nombreux par le fait même de leur désastre selon les dénominations de chacun d’eux et ce, en fonction de leur spécificité, que ce soit le choléra, la peste noire, la grippe espagnole, sans compter toutes les affectations passées sous silence car pas assez mises en évidence comme on peut l’imaginer par les calamités provoquées par les maladies tropicales comme le paludisme ou autres.

Chronologie des épidémies aux pandémies

Néanmoins, selon la chronologie historique des fléaux connus du monde, on peut mentionner ceux-ci-dessous.

 La peste d’Athènes.

En 430 av J.C., la Grèce antique où domine la cité d’Athènes est frappée par une épidémie. Elle vient d’Ethiopie, en passant par l’Egypte et la Lybie avant d’atteindre Athènes. Au moins 70.000 personnes représentant le tiers de la population de la cité trouvent la mort à l’occasion de cette épidémie qui en fait s’est avérée être le typhus plutôt que la peste. La contamination trouve son origine par l’action des rongeurs, provoquant une fièvre de 39°C, des maux de tête et un état de lassitude et d’abattement à même de susciter une crainte auprès de la population en raison de ses symptômes. La propagation de la maladie prend fin en 426 av. J.-C et conduira à la défaite des Athéniens sur les Spartiates.

La peste Antonine

Cette peste antonine ou autrement appelée peste galénique, gagne l’empire romain au moment des conquêtes germaniques de Marc Aurèle à la fin de la dynastie des empereurs Antonins à partir de 166 ap. JC pour se terminer vingt ans après. Cette épidémie aurait pour origine la variole et aurait entraîné la mort d’au moins 10 millions de personnes.

La peste de Justinien

Maladie également dénommée peste bubonique, cette épidémie a pour foyer de départ l’Égypte autour de l’an 540 et atteint l’empire romain d’Orient à Constantinople deux ans après. Provoquée par la bactérie yersinia pestis, la peste de Justinien se propage dans une bonne partie de l’Europe par le commerce méditerranéen pratiqué par les voies maritimes pour atteindre l’Italie jusqu’en Irlande et en Grande-Bretagne, voire même en Syrie à l’époque des Croisades. Elle persiste 50 ans après sa survenance pour comptabiliser entre 25 et 100 millions de décès, avec la réputation macabre d’aligner plus de 10 000 morts… par jour.

La peste noire

Causée également par une bactérie appelée yersinia pestis à l’instar de la peste de Justinien, la peste noire s’est propagée dans l’ensemble de l’Europe ainsi qu’au Proche-Orient. Elle serait responsable dans un premier temps de l’hécatombe de près de 25 millions de victimes représentant plus de la moitié de la population européenne entre 1347 et 1351, soit environ 25 millions de victimes pour dépasser largement ce chiffre avec près de 100 millions de décès à  travers le monde une fois sa réapparition, des décennies plus tard.

L’épidémie de variole chez les Amérindiens

La conquête coloniale des Amériques a entraîné la perte des Amérindiens, décimés entre 1518 et 1650 dans l’ordre de plus de 75% de la population. En cause, la variole qui s’est répandue par la suite dans d’autres parties du monde comme l’Inde, causant au moins 20 000 morts. Son éradication totale remonte seulement à 1977.

La grande peste de Londres

La ville de Londres en Grande-Bretagne fut envahie par la peste bubonique à partir de 1664. Elle s’est répandue par les bateaux de commerce venant des Pays-Bas pour prendre de l’ampleur en raison des conditions hygiéniques précaires de l’époque. 100.000 personnes, soit 20% de la population de la ville en seront victimes et l’expansion de la maladie ne prit d’ailleurs fin que grâce au grand incendie de Londres de septembre 1666 qui embrasa les quartiers les plus insalubres de la ville.

La pandémie de choléra

Le monde subit les affres du choléra au début du 19ème siècle en plusieurs vagues successives. Cette maladie pestilentielle débute d’abord en Europe occidentale et gagne l’Asie en passant par la Sibérie, puis l’Inde, l’Indonésie, les Philippines. Le MoyenOrient, l’Afrique et l’Amérique latine n’y échappent pas avec une certaine persistance en Afrique. Le nombre de victimes du choléra se chiffre à pratiquement 100 000 décès annuels

La grippe espagnole ou Influenza

Bien qu’originaire de Chine, cette contamination a été baptisée de la sorte car sa victime la plus célèbre a été le roi Alphonse XIII d’Espagne. Cette grippe s’est propagée entre 1918 et 1914 dans plusieurs pays en l’espace de trois mois. Le nombre approximatif de ses victimes monte de 30 à 100 millions d’individus et elle est considérée comme une des pandémies les plus mortelles de l’humanité, plus dévastatrice que la première guerre mondiale à la même époque.

La grippe asiatique

Trouvant sa source dans un virus provenant d’une mutation de canards sauvages et d’une souche humaine de grippe, la grippe asiatique est décelée en Chine en 1956 pour se disséminer dans d’autres parties de l’Asie comme Singapour et Hong Kong puis s’installer rapidement aux États-Unis. De 1 à 4 millions de personnes meurent de cette maladie. Une des variantes de cette grippe, dite grippe de Hong Kong, tue 1 million d’individus entre 1968 à 1969.

Le sida

Avec des premiers symptômes à dater des années 1970, le sida consécutif à un déficit immunitaire dans le corps humain voit la confirmation de son existence néfaste au départ de l’Afrique vers l’Amérique à partir de 1981. Ses effets continuent à se faire ressentir jusqu’à ce jour. 

Cette pandémie mondiale compte au moins 30 millions de morts à travers le monde et pratiquement le même chiffre des personnes séropositives qui survivent grâce à l’utilisation des moyens contraceptifs et une médication qui ne cesse de faire l’objet des recherches scientifiques.

Le coronavirus

Depuis la fin de l’année 2019, le monde est informé de cas de pneumonie affectant la population chinoise, plus spécialement  celle de Wuhan et découvre le coronavirus ou Covid-19. Cette maladie d’origine animale est transmissible à l’être humain et s’est propagée à une vitesse exponentielle depuis le début de 2020 à travers le monde avec des ravages effroyables en n’épargnant pratiquement aucun pays. Pratiquement une année après sa survenance le Covid-19 fait au moins 2, 53 millions de morts dans le monde et plus de 115 millions de malades. Les pays les plus affectés par les décès sont les Etats-Unis (537 838), le Brésil (265 500), l’Inde (157 890). En Europe, le Royaume-Uni occupe la palme avec 124 501 morts. En Afrique, l’Afrique du Sud est en tête avec 50 678 décès tandis que la RDC compte environ 700 décès. 

 Causes des épidémies


Face au constat de la propagation du fait de la contamination contagieuse des maladies, la présentation chronologique des épidémies a le mérite de dégager les causes sous-jacentes de sa propagation, soient autant de facteurs favorisants propres à l’histoire de l’humanité. Il ressort en effet que mû par la pulsion du progrès, d’aller toujours au-delà des limites des contraintes qui lui sont imposées, l’homme est sans cesse animé par l’esprit de conquête. Cette conquête peut de ce fait se présenter par la volonté de se regrouper dans des villes et autres agglomérations, de maîtriser de nouveaux marchés, soit pour vendre des produits, soit pour en acquérir. La conquête peut aussi avoir des mobiles militaires et d’occupation pour exploiter de nouvelles richesses. Avec l’évolution entre Etats, ces relations se sont toutefois transformées en rapports de coopération. Tous ces contacts se sont réalisés par voie pédestre si pas à dos d’animaux et par la suite par le canal des circuits maritimes pour parcourir de plus grandes distances comme on peut l’observer en Europe où jadis l’épicentre des mouvements des personnes et des biens se limitait au bassin méditerranéen. Aujourd’hui avec le développement technologique, les moyens aériens ont décuplé cette dynamique avec des nouvelles formes de contacts comme le tourisme sous ses différents aspects (détente, visite familiale, tourisme médical…), les études…. De ce fait, chacune des occasions de ces échanges ont donné lieu à un brassage des populations et des animaux avec les risques de contamination dû à l’absence d’anticorps chez ces êtres vivants.

Ces risques de contamination qui se développent proportionnellement à l’accroissement des échanges au départ des carrefours commerciaux comme foyers ont pour conséquence d’aggraver la contamination en le faisant passer de l’épidémie à la pandémie. Ainsi, après l’énumération de ces faits historiques, on serait tenté d’affirmer que pour se prémunir de situations récurrentes, il conviendrait de prendre le contre-pied de chacune des situations causales. Rien n’est moins évident.

 Expertises croisées

L’Histoire, c’est bien connu, apporte l’indispensable éclairage au présent et au futur, à tel point qu’un peuple qui ignore son passé est appelé à commettre les mêmes erreurs qu’il aurait pu éviter. Aujourd’hui plus que jamais, avec l’effroi sans commune mesure soulevé par le drame de la pandémie du Covid-19, sans compter les perspectives de sa résurgence en l’absence de vaccin comme de celle d’autres maladies endémiques, il est plus que nécessaire et urgent de tirer les enseignements de cette situation.

D’emblée la récurrence de pareil cas semble inévitable à moins que chaque Etat déclare l’autarcie pour éviter toutes catastrophes humanitaires ultérieures, scénario somme toute irréaliste. Il s’agit par contre d’envisager l’anticipation des découvertes pathogènes.

Par ailleurs, le désarroi provoqué par la pandémie du coronavirus a mis en lumière le réflexe du chacun pour soi ayant poussé chaque Etat à commencer par se doter des moyens de sa survie, ceux-ci étant par ailleurs insuffisants au préalable.

C’est donc dire que malgré le sursaut international subséquent, avec parfois des contradictions dans les dispositions adéquates à prendre, il se dégage que la solution pour lutter avec une meilleure efficacité contre toute maladie contagieuse passe par la prise en compte des réalités et des expertises locales. La maîtrise de l’épidémie du virus Ebola et l’examen de l’utilisation d’une plante comme l’Artemisia en sont des preuves éloquentes. C’est à ce titre, qu’il convient de se fier à la mise en place du Comité de riposte contre le Covid-19 institué en RDC pour recourir à la compétence multisectorielle de plusieurs experts agissant dans des domaines aussi variés que la médecine, la biologie, la nutrition, la culture, la communication, l’environnement… afin de s’assurer des possibilités de la victoire de l’espèce humaine sur les fléaux qui la menacerait.

Dans tous les cas une année, jour pour jour, après que la pandémie à coronavirus ait été détectée, le comité chargé de la riposte a préconisé la vaccination, dont le premier lot de vaccins est arrivé à Kinshasa début mars.

Heshima

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Dialogue de la CENCO-ECC : Les risques d’un échec !

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Après avoir rencontré des acteurs de la crise congolaise aussi bien au niveau local que régional, les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ceux de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) élaborent un « Pacte social pour la paix » à proposer aux protagonistes de cette crise. Mais face à des positions toujours diamétralement opposées, cette démarche risque de ne pas porter les fruits escomptés.

Les représentants de la CENCO et ceux de l’ECC ont rencontré, le 12 février 2025 à Goma, le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo et du M23 (AFC-M23), Corneille Nangaa. C’est dans la perspective d’un dialogue voulu inclusif par ces églises. Mais des voix s’élèvent pour contester cette démarche intégrant un groupe armé ayant causé la mort, fin janvier, de plus de 3000 Congolais dans cette ville occupée depuis par les rebelles. Le tandem CENCO-ECC va-t-il réussir cette rude mission ?

La délégation conduite par Monseigneur Fulgence Muteba, président de la CENCO et André Bokundoa, représentant légal de l’ECC, a été reçue, le 12 février, par les rebelles de l’AFC-M23. Ces prélats disent être encore dans une phase consistant à recueillir les avis des acteurs dans cette crise, y compris ceux de l’AFC-M23. « Nous demeurons dans notre démarche pastorale, nous sommes convaincus de ce que nous voulons faire et nous savons que la majorité des Congolais ne souhaite que la paix, et dans les plus brefs délais. Nous sommes convaincus que l’implication de tout le monde, y compris ceux que nous sommes venus rencontrer ici, est nécessaire pour sortir de cette situation », a déclaré Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.

Mais la démarche des prélats catholiques et pasteurs protestants ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique et d’une partie de la société civile. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, a fait part, le 11 février, de son opposition à une initiative de dialogue qui intégrerait les rebelles du M23 qualifiés de « terroristes ». Dans une déclaration politique signée par son secrétaire général, Augustin Kabuya, ce parti a exprimé sa désapprobation à l’initiative du dialogue social que prônent les évêques. Tout en privilégiant la cohésion nationale interne, l’UDPS rejette en bloc « toute démarche visant à organiser des négociations politiques en dehors des processus de Luanda et de Nairobi ». Ce parti dénonce une initiative « narquoise » de certains acteurs religieux dont les diverses prises de position « n’ont jamais caché leur antipathie envers les institutions de la République ».

De son côté, le secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, plateforme du pouvoir, a abondé dans le même sens. André Mbata soupçonne les prélats catholiques et protestants d’avoir déjà pris des contacts sans attendre un quelconque mandat du président de la République. « Le fameux ‘‘Pacte social’’ proposé par certains est une initiative individuelle de ceux qui avaient déjà pris d’autres contacts ailleurs et qui n’ont pas voulu attendre la position finale du garant de la Nation. Par conséquent, ce projet ne lie ni l’Union sacrée ni sa haute autorité politique », a réagi André Mbata.

L’ODEP monte au créneau

Sortant de sa sphère économique, l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) a rejeté toute forme de dialogue avec les agresseurs, y compris le président rwandais, Paul Kagame. Cette structure de la société civile n’a pas été tendre avec ces prélats catholiques et pasteurs protestants. Dans un communiqué de presse signé par son président du Conseil d’administration, Florimond Muteba, cette plateforme a accusé la CENCO-ECC de collaborer avec l’ennemi, qualifiant le cardinal Fridolin Ambongo de « Maréchal Pétain congolais ». Une allusion faite au dirigeant français de la Seconde guerre mondiale qui avait engagé la France dans la collaboration avec l’Allemagne nazie.

M. Germain Kambinga, président du parti politique, «Le Centre», pense qu’au lieu d’un dialogue, il faut plutôt organiser le système de défense du pays. S’adressant à l’Église catholique et protestante, cet ancien ministre de l’Industrie affirme que le dialogue est pour l’instant inacceptable, craignant un retour de 30 ans en arrière. Ce politicien affirme que cela constituerait même une violation de la Constitution. Ces premiers couacs risqueraient d’entamer la crédibilité de la démarche de ces prélats.

Tshisekedi juge l’initiative louable

Face à cette vague de critiques, le tandem CENCO-ECC s’accroche à ce que Félix Tshisekedi leur avait dit lorsqu’ils lui avaient présenté ce projet de « Pacte social » pour la paix. « Le Chef de l’État a salué et encouragé l’initiative et quand j’entends un autre son de cloche, je crois que ça n’engage que ceux qui ont parlé, les réactions des forces vives que nous rencontrons nous rassurent », a répliqué Donatien Nshole, soulignant que Félix Tshisekedi avait qualifié de « louable » leur initiative de paix. Ces prélats envisagent déjà d’aller plus loin après l’étape de Goma.

Kagame consulté !

Après l’étape de la Belgique où Moïse Katumbi et ses lieutenants ont été consultés, les prélats et les pasteurs ont aussi reçu les hommes de Joseph Kabila, représentés par Raymond Tshibanda, Néhémie Mwilanya et José Makila. Mais une autre étape cruciale était celle de Kigali où la délégation a rencontré le président rwandais, Paul Kagame. Selon Mgr Donatien Nshole, le chef de l’Etat rwandais a encouragé les religieux à tenter une solution pacifique là où les politiciens ont échoué à cause de leurs égos. Les prélats s’étaient également rendus à Nairobi pour rencontrer le président William Ruto, président en exercice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Les risques d’un échec

Après la publication de la tribune signée par Joseph Kabila, il est de plus en plus clair que l’ancien président de la République et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo, coordonnée par Corneille Nangaa, ne sont pas dans une logique de dialogue. À condition que cela débouche sur la démission de Félix Tshisekedi du pouvoir. Une telle posture ne saurait amener les deux camps vers un dialogue apaisé. Les deux extrêmes accusent aussi une véritable crise de confiance liée à leur deal passé et « non respecté », selon le camp Kabila. Cela fait que la CENCO-ECC ne saurait proposer un accord de paix qui soit respecté par toutes les parties, y compris des puissances extérieures comme Kigali et Kampala. Le camp Tshisekedi et le camp Kabila, aujourd’hui élargi à Moïse Katumbi, ont divisé la sphère politique. Cet antagonisme risque de se résoudre brutalement, par des voies militaires, si un camp ne choisit pas de faire preuve de retenue.

Heshima

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Combats entre FARDC et M23/AFC, La population impactée  par une sévère crise humanitaire   

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La situation humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), principalement à Goma, est alarmante à la suite des violents combats qui ont eu lieu en janvier dernier. Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de la ville, exacerbant une crise déjà sévère. Près de 3 000 morts ont été recensés par les humanitaires.

Depuis la résurgence de la rébellion du M23, une crise humanitaire frappe la province du Nord-Kivu. Mais depuis la percée fulgurante à Goma réalisée par ces rebelles soutenus par l’armée rwandaise, une grave crise humanitaire affecte la ville. Dans la seconde moitié de janvier, le pire est donc arrivé à Goma. Cette ville de plus d’un million d’habitants a été le théâtre des affrontements meurtriers, fin janvier, entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les miliciens Wazalendo, et les rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise.

Plus de 3 000 morts à Goma

Les combats ont entraîné la mort de près de 3 000 personnes et blessé plus de 3 000 autres depuis le 26 janvier 2025. Sur place, dans la ville, les hôpitaux sont débordés. Au moins 2 000 corps ont déjà été enterrés par les communautés. Dans les morgues de Goma, le 4 février, il y avait encore 900 corps, selon les chiffres de l’OMS. De nombreux corps en état de décomposition restent dans certaines zones, notamment à l’aéroport et à la prison de Goma.

Les établissements hospitaliers manquent de fournitures médicales essentielles et peinent à fournir des soins adéquats aux victimes. « Les corps sont en décomposition dans les morgues suite au manque d’électricité », a ajouté le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Les containers de la Croix-Rouge internationale ont été pillés, et tous les stocks de médicaments ont été emportés.

La population civile est confrontée à des conditions de vie extrêmement difficiles, avec des pénuries d’eau, d’électricité et de services de base. De plus, environ 4 000 détenus se sont évadés de prison, dont beaucoup sont responsables d’atrocités, exacerbant ainsi l’insécurité dans la ville. Les déplacements massifs de populations fuyant les violences ont conduit à une crise humanitaire majeure. Les camps des déplacés de Kanyaruchinya, dans le territoire de Nyiragongo, sont complètement vides suite à l’occupation de Goma. Certains déplacés 

n’ont eu d’autre choix que de rentrer chez eux, faute de prise en charge par les humanitaires et le gouvernement congolais.

Accès limité à l’aide humanitaire

Occupé par les rebelles, l’aéroport de Goma n’est toujours pas opérationnel. Le coordonnateur humanitaire en République Démocratique du Congo, Bruno Lemarquis, a lancé un nouvel appel à la mobilisation de toutes les parties pour la réouverture urgente de cet aéroport, principale voie d’accès à l’aide humanitaire. « De très nombreux blessés nécessitent des soins urgents, les infrastructures médicales restent débordées, et des milliers de civils sont toujours privés d’assistance vitale », a-t-il détaillé, estimant que l’aéroport de Goma est une « ligne de vie. Sans lui, l’évacuation des blessés graves, l’acheminement des fournitures médicales et la réception des renforts humanitaires sont paralysés ».

Réduction du train de vie des institutions

Le président Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement d’accélérer les mesures visant la réduction du train de vie des institutions afin de contribuer à l’effort de guerre. Pour ce faire, le gouvernement préconise, entre autres, la suspension de la mécanisation des agents publics de l’État pour une durée de 12 mois, à l’exception des militaires et policiers. Les fonds générés par ces coupes budgétaires peuvent atteindre plus de 27 692 460 dollars cette année. Ces sommes peuvent être réaffectées dans le secteur de la défense nationale et de la sécurité. Parmi les institutions concernées par la réduction du train de vie figurent notamment le cabinet du président de la République, le gouvernement, le parlement ainsi que les institutions d’appui à la démocratie. Les onze mille cinq cents (11 500) agents qui attendaient d’être mécanisés en 2025 vont devoir encore prendre leur mal en patience. Les députés nationaux, dont les émoluments élevés scandalisaient l’opinion congolaise, sont aussi attendus au tournant pour contribuer à cet effort de guerre.

La CPI suit la situation de près

L’ONU et la Cour pénale internationale (CPI) surveillent de près la situation, exprimant des préoccupations concernant les violations des droits humains et les crimes de guerre. « Le bureau suit les événements actuels de près, y compris la grave escalade de la violence au cours des dernières semaines dans l’Est de la RDC, en particulier à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, et dans ses environs », rapporte un communiqué du bureau du procureur de la CPI. Des rapports font état de violences sexuelles et de meurtres, notamment l’incendie de la prison de Munzenze, où des centaines de femmes ont été tuées. Depuis octobre, le Procureur de la CPI, Karim Khan, avait affirmé que son bureau allait réactiver ses enquêtes en RDC, en particulier sur les crimes perpétrés dans la province du Nord-Kivu depuis janvier 2022. Des crimes essentiellement commis par les rebelles du M23, notamment à Kishishe, dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, où plus de 130 Congolais avaient été massacrés entre le 29 novembre et le 1er décembre 2022.

Heshima

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Pressions internationales contre le Rwanda inefficaces : la RDC condamnée à gérer seule la crise ?

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Des sanctions internationales ciblées contre le Rwanda et ses alliés du M23 pourraient les contraindre à se retirer de Goma, mais elles ne suffiront pas à résoudre durablement la crise sécuritaire qui gangrène l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Face à l’inaction de la communauté internationale et aux violations répétées du droit international par Kigali, Kinshasa est contrainte d’assumer seule sa défense et son avenir, malgré une injustice criante.

Depuis plusieurs mois, la RDC multiplie les appels à des sanctions contre Kigali. De nombreuses réunions ont été convoquées en urgence au Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’au sein des instances africaines et européennes. Pourtant, ces rencontres se sont soldées par de simples condamnations, sans mesures concrètes. Les puissances mondiales – États-Unis, Chine, Russie, Union européenne et même le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres – se limitent à exiger un retrait des forces rwandaises de Goma et la fin des hostilités, sans mettre en place de mécanismes de contrainte.

Or, un simple repli momentané des troupes rwandaises ne suffira pas à garantir une paix durable. L’objectif stratégique de Kigali reste inchangé : exercer un contrôle sur l’Est congolais,  exploiter ses ressources naturelles et comme l’affirment plusieurs experts, s’accaparer d’une partie du territoire congolais pour l’annexer au Rwanda. Les pays occidentaux, quant à eux, continuent de renvoyer Kinshasa au processus de Luanda et de Nairobi, comme si ces cadres de négociation suffisaient à régler une crise enracinée depuis des décennies.

Un contraste frappant avec 2012

L’attitude actuelle de la communauté internationale contraste fortement avec celle adoptée en 2012, lorsqu’une intervention militaire internationale avait permis de chasser le M23 de Goma. À l’époque, sous la pression des États-Unis et notamment d’un appel direct de Barack Obama à Paul Kagame, Kigali avait été contraint de reculer. Aujourd’hui, cette fermeté semble avoir disparu. Le Rwanda, fort de son influence diplomatique et de ses partenariats économiques stratégiques, défie ouvertement les appels au respect du droit international sans craindre de véritables représailles.

Des autorités congolaises déterminées

Face à ce silence complice, les autorités congolaises refusent de rester passives. « Votre silence et votre inaction (…) constituent un affront », a déclaré le président Félix Tshisekedi. Son gouvernement a multiplié les initiatives diplomatiques, jusque-là sans grand succès.

La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé devant le Conseil de sécurité pour des sanctions ciblées, incluant le gel des avoirs et l’interdiction de voyager des membres identifiés de la chaîne de commandement rwandaise et de leurs soutiens politiques. Elle a également demandé un embargo total sur les minerais étiquetés comme rwandais, notamment le coltan et l’or, qui financent en grande partie l’effort de guerre de Kigali.

« Jusqu’à quand le Rwanda continuera-t-il d’abuser de votre respect ? Quel instrument international doit-il encore violer pour que ce Conseil prenne enfin ses responsabilités ? », s’est-elle insurgée. Selon elle, l’inaction face aux exactions rwandaises, y compris les attaques contre des militaires sud-africains, malawites et uruguayens déployés en RDC, constitue une trahison de l’esprit de solidarité internationale.

Une réaction timide des «partenaires» occidentaux

Alors que Kinshasa intensifie sa pression diplomatique, seuls quelques partenaires commencent à réagir. L’Allemagne a suspendu une aide au développement de près de 100 millions d’euros en faveur du Rwanda. En revanche, Londres s’est contenté de menacer de mettre fin à son aide, sans passage à l’acte concret.

Le 30 janvier 2025, le Parlement européen a discuté de sanctions concrètes contre le Rwanda, notamment la suspension du mémorandum de coopération signé en février 2024 et l’interdiction d’événements sportifs internationaux prévus dans le pays. La présidente de la délégation Afrique de l’Union européenne, Hilde Vautmans, a exhorté l’UE à suspendre l’accord avec Kigali tant que le régime rwandais poursuivra son ingérence en RDC.

Une insistance congolaise sur des sanctions fermes

Kinshasa continue d’exiger des mesures plus strictes. Le professeur Ntumba Luaba, coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord d’Addis-Abeba, a appelé à des sanctions pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Goma entre le 26 et le 29 janvier 2025.

Par ailleurs, la RDC demande aux clubs européens – PSG, Arsenal et Bayern Munich – de mettre fin à leur partenariat avec « Visit Rwanda ». Dans une lettre aux dirigeants de ces clubs, la ministre congolaise des Affaires étrangères leur a demandé d’interroger la moralité de ces accords de sponsoring, alors que le Rwanda est impliqué dans un conflit meurtrier. « Votre sponsor est directement responsable de cette misère », dénonce-t-elle.

Un isolement croissant de la RDC

La RDC ne peut que constater l’injustice dont elle est victime au sein des instances internationales. Kinshasa sait qu’elle ne peut compter ni sur l’ONU ni sur ses voisins, parmi lesquels l’Ouganda et le Kenya, dont les liens économiques et stratégiques avec Kigali sont bien établis. Face à cette réalité, le salut du pays repose avant tout sur ses propres forces armées.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a lancé une vaste campagne de mobilisation pour le renforcement de l’armée nationale. Le vice-Premier ministre des Transports, Voies de Communication et désenclavement, Jean-Pierre Bemba a entamé une tournée nationale afin d’encourager l’enrôlement massif des jeunes dans les Forces armées de la RDC. Ce mouvement s’inscrit dans une prise de conscience collective : la défense du territoire congolais repose désormais avant tout sur l’unité et la résilience nationale.

Un isolement diplomatique, un réveil patriotique

Si les sanctions internationales contre le Rwanda peuvent offrir un répit à la RDC, elles ne constituent pas une solution définitive. Tant que la communauté internationale se contentera de condamnations sans effet, Kigali poursuivra sa politique expansionniste en toute impunité. Face à cet abandon, Kinshasa n’a d’autre choix que de se préparer à défendre seule son intégrité territoriale. La mobilisation nationale, couplée à une diplomatie plus agressive, pourrait être la clé d’un sursaut stratégique face à l’injustice du système international.

Heshima

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