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Gouvernement : Les « Warriors» attendus sur plusieurs fronts !

Après la publication de l’équipe gouvernementale du Premier ministre Sama Lukonde, une montagne de défis attend cet exécutif de 56 membres qualifié de « guerriers ». Il s’agit principalement de la sécurité, de l’économie mais surtout du social des Congolais suivant le leitmotiv « le Peuple d’abord ».

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Il aura fallu sept jours de consultations des forces politiques et sociales (22 février -01 mars) en vue de la formation d’un gouvernement qui accompagnera le chef du gouvernement, Premier ministre issu de l’Union sacrée, Sama Lukonde Kyenge, pour avoir un aperçu général de différentes forces mais aussi de récolter les suggestions et propositions en vue d’enrichir son programme de gouvernement.

 Attendu depuis deux mois, le premier gouvernement d’Union sacrée a été finalement rendu public. Le 12 avril dernier, le président congolais Félix Tshisekedi a, via son porte-parole, divulgué cette liste de 57 membres, y compris le chef du gouvernement. Une équipe innovante sur le plan de sa composition. « Nous avons tenu compte de la représentativité du genre, de la jeunesse, des provinces et des parties prenantes. », avait déclaré le nouveau Premier ministre, le 12 avril, jour de la publication du gouvernement.

Cette équipe a une représentativité féminine de 15 femmes (27%), soit 10 % de plus que le gouvernement sortant de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Avec une moyenne d’âge de 47 ans, l’équipe gouvernementale qualifiée de « Warriors » par son formateur, Sama Lukonde, est l’une des plus jeunes formations gouvernementales qu’a connu le pays. Et avec 80 % des nouvelles figures, le pari du renouvellement des visages est bien gagné.

 Dans l’ossature, Sama Lukonde a aligné 4 Vice-Premiers ministres ; 9 ministres d’Etats ; 31 ministres et 1 ministre délégué. Mais aussi 11 vice-ministres.

Tendances politiques

Alors qu’une bonne partie de l’opinion croyait à un Félix Tshisekedi totalement libre de toutes manœuvres après son divorce d’avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, les caprices d’une classe politique recomposée en « Union sacrée de la Nation » l’ont à nouveau rattrapé. De longues négociations avec ses nouveaux alliés, notamment Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et les transfuges du FCC témoignent toujours de la complexité de sa démarche politique en ce moment. Ainsi, des alliés sont encore présents dans les ministères régaliens.

Sur les quatre vice-primatures, Christophe Lutundula occupe le poste de Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères. Ce dernier est un proche du président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. Et Lutundula a le défi, aujourd’hui, de redorer l’image d’une diplomatie qui n’a pas été reluisante avec le gouvernement sortant, laissant des représentations diplomatiques congolaises au bord du déguerpissement, faute des frais de fonctionnement non payés pendant plusieurs mois.

L’UDPS Daniel Aselo Okito, un novice, est nommé à la viceprimature de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières. Ce juriste formé à l’Université de Kinshasa devra gérer une territoriale en proie à l’insécurité urbaine et armée. Pour les ministères de la Fonction publique et de l’Environnement, leurs animateurs ont été élevés au rang des vice-Premiers ministres. Il s’agit respectivement du FCC Jean-Pierre Lihau et du MLC Eve Bazaïba.

Du côté des ministres d’Etat, l’on note quelques nouveaux visages, moins connus du monde politique. Il y a notamment Alexis Gisaro Muvunyi, actuel patron des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR). Ce nouveau ministre est issu de la communauté Banyamulenge et fut conseiller financier au ministère des Finances et ancien directeur à la Société Congolaise des Transports et des Ports (SCTP). Rose Mutombo Kiese, nommée ministre d’Etat à la Justice, est venue de la société civile. Militante pour des questions de la Femme au sein du Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO), Rose Mutombo entend renforcer la justice notamment sur des questions de violences basées sur le genre. Mais aussi celles touchant au domaine de la justice de manière générale.

 Une entrée fracassante au sein du gouvernement, c’est aussi celle du ministre d’Etat en charge de l’Aménagement du territoire, Guy Loando Mboyo. Ce sénateur œuvrant également dans la philanthropie assumera désormais la planification de l’habitat congolais. Au rang des ministres d’Etat, il y a également la députée AFDC-A Kahinda Adèle, nommée au Portefeuille. L’autre proche de Moise Katumbi occupe le Plan, Christian Mwando Nsimba Kabulo. Au Budget, exit Baudouin Mayo, et voici Aimé Boji Sangara, toujours un proche de Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Pius Muabilu Mbayu, quant à lui, a été reconduit au même portefeuille : Urbanisme et Habitat. Au Développement Rural, le FCC François Rubota fait son entrée. Tandis qu’un autre proche de Vital Kamerhe, Eustache Muhanzi est envoyé à l’Entreprenariat et PME.


Dans le rang des ministres, il y a 31 heureux promus :

  • Défense : Kabanda Gilbert (proche UDPS) 
  • EPST : Tony Mwaba Kazadi (UDPS) 
  • Santé : Jean-Jacques Mbungani (MLC) 
  • Finances : Nicolas Kazadi (UDPS) 
  • Transport : Cherubin Okende (Ensemble pour la République)
  • Agriculture : Désiré N’zinga Birihanze (UDPS) 
  • Pêche et élevage : Adrien Botele Djema (FCC)
  • Économie : Jean-Marie Kalumba Yuma 
  • Industrie : Julien Paluku (FCC) 
  • Intégration régionale : Didier Mazenga Mukanzu (PALU/FCC)
  • ESU : Muhindo Nzangi (MSR/Ensemble pour la République)
  • Recherche scientifique : José Mpanda Kabangu (FCC) 
  • Hydrocarbures : Didier Budimbu Nkubuanga (Allié UDPS) 
  • PTNTIC : Augustin Kibassa Maliba (UDPS/Kibasa)
  • Numérique : Eberande Kolongele (UDPS) n Emploi, Travail et Prévoyance Sociale: Ndusi Ntembe (AFDC) 
  • Affaires Foncieres : Aimé Molendo Sakombi (UNC)
  • Ressources hydrauliques et Electricité : Olivier Mwenze Mukaleng 
  • Droits humains : AlbertFabrice Puela (Dynamique Opposition)
  • Genre : Gisèle Ndaya Luseba
  • Commerce extérieur : JeanLucien Bussa (FCC) 
  • Mines : Antoinette Nsamba Kalambay (UDPS) 
  • Communication & Medias, Porte-parole du gouvernement : Patrick Muyaya Katembwe (PALU/FCC) n Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale : Modeste Mutinga (G7/Ensemble)
  •  Formation professionnelle et Métiers : Antoinette Kipulu Kabenga
  •  Jeunesse, Initiation à la nouvelle citoyenneté: Yves Bunkulu Zola (UDPS)
  • Sports et Loisirs : Serge Tshembo Nkonde (Ensemble) 
  • Tourisme : Modéro Nsimba Matondo (FCC)
  • Culture, Arts et Patrimoine : Catherine Katumbu Furaha 
  • Relations avec le Parlement : Anne-Marie Karume Bakaneme 
  • Ministre près le Président : Nana Manuanina Kihumba

Ministre déléguée

  • Affaires sociales, actions humanitaires en charge des personnes vivant avec handicap : Irène Esambo Diata

Vice-ministres

  • Intérieur, Sécurité Décentralisation et Affaires coutumières : Jean-Claude Molipe Mandongo 
  • Affaires Etrangères : Samy Adubango 
  • Justice : Bayubazire Mirindi 
  • Plan : Crispin Mbadu Panzu
  • Budget : Elysée Bokumuana Maposo
  • Défense nationale : Séraphine Kirubu Kutuna 
  • EPST : Aminata Namasia Bazego
  • Santé : Véronique Kirumba Nkulu
  • Finances : Oniege Nsele Mimpa
  • Transport et Voies de Communications : Marc Ekila Likombiyo
  •  Mines : Godard Motemona

Des attentes…

« Etant donné que le programme présenté en septembre 2019 à l’Assemblée nationale par  le Premier Ministre, Chef du Gouvernement sortant, n’a été exécuté que partiellement, suite à la dislocation de la coalition majoritaire, le présent programme a repris, en vertu du principe de la continuité de l’Etat, les actions et les réformes restées en souffrance, celles en cours et celles non encore réalisées à ce jour le tout enrichi d’autres innovations tenant compte des attentes du peuple. Basé sur une approche réaliste et optimiste, il reprend 343 actions, sélectionnées en fonction de leur impact et de leur visibilité, parmi lesquelles certaines sont jugées prioritaires et emblématiques. L’impératif de la relance et de la diversification de notre économie. »

En somme, par ces actions, le Gouvernement s’engage à faire de la République Démocratique du Congo un Etat fort, prospère et solidaire, en marche vers son développement» renseigne Sama Lukonde dans le programme d’actions déposé à l’Assemblée nationale. Ce gouvernement dit de « combat » est attendu sur plusieurs fronts.

Sama Lukonde lui-même en a défini 11 au total : sécurité, santé, enseignement, justice, agriculture, pêche et élevage, économie, processus électoral, infrastructure et le numérique.

Mais face à l’urgence de la question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les accords de paix signés et les tentatives de réconciliation nationale menées, le Gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation s’est engagé à relever le pays et à le remettre « debout » pour le rendre fort. Pour cela, son action dans le secteur « Politique, Justice, Défense et Sécurité » compte 328 actions au total qui s’articulent autour de trois piliers majeurs, à savoir: pacification et promotion de la réconciliation, de la cohésion et de l’unité nationales (pilier 1) ; renforcement de l’autorité de l’Etat et promotion de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie (pilier 2) ; redynamisation de la diplomatie et réhabilitation de l’image de marque du pays  (pilier 3) ; lutte implacable contre la corruption et les crimes économiques (Pilier 4).

Du point de vue économique, la Banque mondiale renseigne qu’après avoir atteint 5,8 % en 2018, la croissance économique de la RDC a ralenti à 4,4 % en 2019 jusqu’à ce jour. Cela, du fait de la baisse des cours des matières premières, notamment du cobalt et du cuivre qui représentent plus de 80 % des exportations de la RDC. D’où la nécessité de diversifier l’économie, notamment en relançant véritablement le secteur agricole, sans lequel le pays aura toujours du mal à atteindre l’autosuffisance alimentaire. C’est sur ce terrain que plusieurs Congolais attendent voir les « Warriors » se déployer.

 Dido NSAPU

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Index des forces armées: les FARDC progressent de 5 places au monde

Selon l’index des forces armées dans le monde publié le 28 février dernier par le site américain Global Fire Power (GFP), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent en 76ème position sur 140 pays retenus. Un bond de 5 places par rapport au classement précédent où elles se positionnaient à la 81ème place.

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Alors que les forces loyalistes congolaises ont reculé de 3 places en Afrique par rapport aux précédents classements, elles ont cependant gagné 5 places au monde. Les FARDC se sont classées notamment devant l’Uruguay, le Qatar, l’Irlande et la Nouvelle Zélande. Même le Tchad qui damait les pions aux hommes en uniforme congolais a été devancé de 10 places au monde par la RDC. En effet, plusieurs critères entrent en compte pour parvenir à ce classement. 


Parmi les indicateurs déterminants pris en compte dans ce classement, on peut noter le développement économique des pays intégrés à l’analyse, les facteurs géographiques, la flexibilité logistique, les ressources naturelles et l’industrie locale. Aussi, la main d’œuvre totale disponible reste un facteur clé car influençant de nombreux autres indicateurs. Et les FARDC figurent parmi les armées qui ont enregistré des avancées notables sur le nombre total d’armes disponibles d’un pays ainsi que la force de frappe disponible. 


Dans cet index des forces, les FARDC détiennent un score PwrIndx de 1,4171, le score 0,0000 étant considéré comme parfait. Il sied de souligner que les FARDC ont lancé depuis le 30 octobre 2019 les opérations de grande envergure afin d’anéantir complètement les groupes armés à la base de l’insécurité dans la partie Est du pays. Depuis le début de ces opérations, l’armée congolaise a enregistré plusieurs victoires dont la conquête de Madina, qui était un des grands bastions des rebelles ADF à Beni, dans la province du Nord-Kivu. L’armée congolaise possède plusieurs atouts, notamment une grande capacité à avaler les espaces sur le plan terrestre. Si elle se retrouve face à une rébellion classique comme le M23, cette force loyaliste n’hésite pas à n’en faire qu’une bouchée. Comme ce fut le cas en 2013 lorsque cette force négative a été défaite. 


L’Egypte trône en Afrique 


En Afrique, l’Egypte trône toujours en tête. En 2020, le même Global Fire Power notait que l’Egypte possédait 920.000 hommes et 11.700 blindés. L’Égypte est également le seul pays d’Afrique à figurer dans le Top 10 mondial (9ème place) en 2020. Mais, en 2022, le pays des Pharaons est classé 12ème au monde, derrière le Brésil et l’Italie. L’Algérie qui se pointe toujours deuxième en Afrique est classée 31ème au monde, derrière la Corée du Nord.

Selon ce rapport, sur le plan mondial, les Etats-Unis occupent la première place par indice de puissance militaire, devant la Russie, la Chine, l’Inde et le Japon. Les pays les moins puissants sont le Bhoutan, le Kosovo, la Somalie, le Liberia et la Sierra Leone. En termes d’effectifs militaires en Afrique, les États d’Afrique possédant les plus importantes armées nationales sont notamment l’Égypte, l’Érythrée, le Maroc, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud.

 Dido Nsapu

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Congolais devant la Justice: Ces procès qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive

Lorsqu’on évoque certains procès pénaux internationaux, il y a toujours des jugés dont l’histoire restera collée aux cours et tribunaux qui les ont organisés. On parle ainsi des 24 accusés du procès de Nuremberg, de l’ancien président libérien Charles Taylor au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, d’Augustin Ngirabatwane au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)… Sur cette liste non exhaustive, figurent aussi certains Congolais qui ont été jugés et parfois condamnés dans des procès inédits, particulièrement à la Cour pénale internationale (CPI).

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Des voix se lèvent de plus en plus pour la création d’un tribunal spécial pour la République démocratique du Congo. Certains, à l’instar du docteur Dénis Mukwege, Prix Nobel 2018, ne cesse d’en appeler à la justice transitionnelle pour mettre fin aux atrocités commises à l’Est du pays. Cependant, des procès pénaux internationaux ont déjà été organisés pour des personnalités congolaises tant au niveau national qu’international. Du nombre de ceux-ci des procès des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, des procès d’assassinats, ou des procès organisés dans le cadre de la lutte contre la corruption. 

L’histoire de la RDC et la CPI 

La RDC a servi en quelques sortes de cobaye à la Cour pénale internationale (CPI). C’est en effet l’avis des uns. Sinon, depuis sa création en 2002 par le Statut de Rome, la CPI n’a eu majoritairement sur sa table que de dossiers concernant le Congo-Kinshasa : les procès Bosco Ntaganda, Thomas Lubanga, Germain Katanga, Jean-Pierre Bemba et Matthieu Ngujolo. L’un des procès historiques est celui de Jean-Pierre Bemba. L’ancien vice-président de la RDC fut arrêté par les autorités du Royaume de Belgique suite à un mandat d’arrêt délivré sous scellés parla CPI, le 23 mai 2008. Son procès avait été ouvert à la Haye en novembre 2010 et en 2016, il avait été condamné en première instance à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour des atrocités commises par ses troupes en République centrafricaine entre 2002 et 2003.

La CPI avait estimé qu’il n’avait envisagé aucune démarche pour arrêter les violences commises par ses troupes durant cette période. Après avoir passé 10 ans en détention préventive, Bemba Gombo sera acquitté en appel en 2018. En l’acquittant, la chambre d’appel de la CPI avait estimé qu’étant absent au moment de la commission des faits, il n’aurait pas pu contrôler à distance les agissements des membres de son MLC (Mouvement de Libération du Congo).

Bosco Ntaganda, est quant à lui l’un des prisonniers de la CPI en ce moment. Ce dernier fut chef des Opérations militaires de l’Union des patriotes congolais (UPC), un groupe armé composé majoritairement de membres du groupe ethnique Hema, dirigé auparavant par Thomas Lubanga. Le 8 juillet 2019, Ntaganda fut déclaré coupable de 13 chefs d’inculpation de crimes de guerre et de cinq chefs d’inculpation de crimes contre l’humanité commis en Ituri, alors district, en 2002 et 2003. De 2002 à 2005, les forces placées sous sa direction étaient impliquées dans des nombreuses violations graves, particulièrement des massacres à caractère ethnique, des actes de torture, des viols et le recrutement des enfants parmi lesquels les enfants de 7 ans. La CPI ayant émis deux mandats d’arrêt internationaux contre lui, il se constituera prisonnier à l’ambassade des Etats-Unis à Kigali, au Rwanda, en mars 2013. 

Germain Katanga, un autre chef rebelle, ancien chef d’Etat-major du Front de Résistance Patriotique en Ituri (FRPI), avait été jugé à la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, avant d’être condamné. Il était poursuivi pour des accusations de crimes de guerre commis en 2005 et une attaque contre les civils dans le village de Bogoro, en Ituri. Il avait été condamné à 12 ans d’emprisonnement, dont on avait retranché sept passés déjà en détention. Germain Katanga et Thomas Lubanga avaient été transférés à Kinshasa en décembre 2015, afin de purger leurs peines en RDC. 

La peine de Lubanga courait jusqu’en mars 2020, et il avait décidé de son plein gré de finir de la purger en RDC. Concernant Matthieu Ngujolo Chui, ancien dirigeant du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), trois crimes contre l’humanité et sept chefs de crimes de guerre commis dans le village de Bogoro en février 2003 étaient portés à sa charge. Son acquittement fut confirmé en appel en 2015 et sa remise en liberté immédiate fut ordonnée.

Des procès autant historiques

La Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu, siégeant en matière répressive au premier et dernier ressort, a condamné en novembre 2020 Ntabo Ntaberi dit Sheka, exchef de la milice Maï-Maï Nduma Défense of Congo (NDC), poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation : assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel, enrôlement d’enfants, mutilation de cadavres, torture, pillages, viols de masse et terrorisme.

 Bien avant cela, le 30 septembre 2020, le procès Miriki était arrivé à son terme, avec le prononcé de lourdes condamnations, par la Cour Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu, à l’encontre des prévenus reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. 

Procès des meurtres des activistes des droits de l’homme

Des procès ont également été organisés en RDC dans plusieurs affaires, notamment celles des assassinats de Laurent-Désiré Kabila, de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, de Rossy Mukendi… Après le double assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, le 2 juin 2010, le procès était ouvert le 12 novembre de la même année, devant la Cour militaire. En septembre 2021, il y eût rebondissement et un nouveau procès s’est ouvert.

En ce qui concerne l’assassinat de Rossy Mukendi, la Cour militaire de Kinshasa/Matete a rendu le verdict le 10 janvier 2022, condamnant le commissaire supérieur adjoint Carine Lokeso à 10 ans de servitude pénale pour « violation des consignes ». L’autre procès d‘assassinat est celui de l’ex-président Laurent-Désiré Kabila, perpétré en 2001. Condamnés dans celui-ci, Eddy Kapend et ses co-accusés ont passé 20 ans derrière les barreaux. La cour militaire avait prononcé une sentence de mort contre 26 accusés et 45 acquittements et parmi les condamnés à mort, Eddy Kapend, ancien aide de camp de Laurent-Désiré Kabila, figurait. Graciés par le président Tshisekedi, M. Kapend et ses co-accusés quitteront la prison de Makala en janvier 2021.

La lutte contre la corruption

Au terme du procès dit des « 100 jours », Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de travaux forcés. Il était reconnu coupable du ‘’détournement de deniers publics portant sur le montant de 48 831 millions de dollars, avec son co-accusé, le Libanais Jammal Samih. Le 6 décembre 2021, la Cour de cassation accordera une mise en liberté provisoire à l’ancien directeur de cabinet du président Tshisekedi, qui était condamné en appel à 13 ans de prison.

 Hubert MWIPATAYI

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Il s’appelait ÉTIENNE TSHISEKEDI …. LE SPHINX de Limete 1er février 2017-1er février 2022 : 5 ans déjà dans l’au-delà

Né le 14 décembre 1932 à Kananga, au cœur de la RDC, « l’homme d’exception » comme l’avait qualifié son fils, est mort le 1er février 2017 des suites d’une embolie pulmonaire, à Bruxelles. Retour sur un parcours d’un opposant atypique !

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Ce 1er février 2022, la République démocratique du Congo commémore le décès d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, l’opposant historique contre plusieurs régimes politiques. Même mort, à Bruxelles, le 1er février 2017, Etienne Tshisekedi a continué d’inquiéter le pouvoir. Même le processus de rapatriement de sa dépouille avait marqué la scène politique dans un contexte de pression des opposants sur le pouvoir de Joseph Kabila. Et son corps restera pendant deux ans conservé dans un funérarium près de Bruxelles en attendant une entente entre famille, UDPS et pouvoir en place. Finalement, c’est le 30 mai 2019, soit près de quatre mois après l’accession au pouvoir de son fils, Félix Tshisekedi, que la dépouille arrivera à Kinshasa pour être inhumée à la N’sele, dans la périphérie Ouest de la ville de Kinshasa, dans une concession familiale.

Sa carrière politique, Etienne Tshisekedi la passera à Kinshasa, son fief, son royaume, le maquis d’où il a orchestré sa résistance politique, durant environ 40 ans. Dans cette ville, capitale de la République démocratique du Congo, Etienne Tshisekedi est resté longtemps le seul homme politique à pouvoir drainer des millions de fidèles. « Un simple mot d’ordre prononcé de sa voix nasillarde suffisait à suspendre l’activité frénétique du lieu, pour le plaisir d’entendre résonner sa phrase, « le peuple d’abord », sa devise », avait constaté le journal Le Monde.

De Mobutu, en passant par Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, l’homme est resté le même, exigeant plus de démocratie, de l’Etat de droit et la justice sociale. Kinshasa va l’aduler. Ses partisans l’ont affublé des sobriquets « ya Tshitshi », le « Sphinx » de Limete, le « père de la démocratie », le « Lider Maximo ». En juillet 2016, après deux ans d’absence pour des soins en Belgique, le mythique opposant avait suscité un raz-de-marée populaire et ravivé un immense espoir. En rentrant au pays, l’éternel opposant menait alors son dernier combat politique contre le président Joseph Kabila pour la tenue d’élections, déjà repoussée (elles devaient se tenir en novembre 2016 mais repoussées sine die).

Lors de son investiture, le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi a rendu hommage à l’« homme d’exception », qu’était son père. « Le président Etienne Tshisekedi nous a inculqué les valeurs de la lutte politique au service de chaque Congolais, quels que soient son opinion, son origine et son parcours. Nous allons appliquer ces enseignements dans nos actes au service de notre peuple. », avait-il promis devant des militants réunis au jardin du Palais de la Nation. Ces derniers le rappelaient en scandant : « Félix n’oubliez pas, papa avait dit “le peuple d’abord”. »

Quelques dates clés de son parcours  

  • En 1960 : il devient membre du Collège des Commissaires généraux, le gouvernement provisoire mis en place par Joseph-Désiré Mobutu à la suite d’un coup d’État.
  • En 1965, il est nommé ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières dans le gouvernement de Mobutu.
  • Novembre 1991 – février 1993 : Elu Premier ministre par la Conférence Nationale Souveraine à la suite de l’instabilité politique qui secoua le Zaïre (du 29 septembre au 1er novembre 1991). Il sera destitué par Mobutu en dépit des résolutions de la Conférence nationale. Il occupera les mêmes fonctions du 15 août 1992 au 5 février 1993. Avant d’y revenir aux mêmes fonctions du 2 au 9 avril 1997.
  • 2003 : Il refuse d’entrer dans le gouvernement de transition formé à Sun City, après le dialogue inter-congolais.
  • 2006 : il appel au boycott des premières élections générales et pluralistes du pays
  • 23 décembre 2011 : Joseph Kabila réélu président de la RDC mais arrivé 2ème de l’élection présidentielle, Etienne Tshisekedi s’autoproclame vainqueur et prête serment dans sa résidence de Limete.
  • Juillet 2014 : Etienne Tshisekedi doit se rendre en Belgique à cause de ses ennuis de santé.
  • Juillet 2016 : Il retourne en triomphe à Kinshasa à la tête du Rassemblement des forces politiques acquises au changement formé dans la banlieue bruxelloise. Il jette un demi-million de Kinois dans la rue pour  son accueil triomphal.
  • 1er février 2017 : Il décède en Belgique après s’être envolé pour de nouveaux examens médicaux, longtemps retardés en raison des négociations menées entre la coalition de l’opposition et le gouvernement de Joseph Kabila.
  • 30 mai 2019 : Sa dépouille arrive à Kinshasa, après deux ans d’attente à Bruxelles. Durant tout ce temps, le corps de l’opposant historique a été l’objet d’une série de tractations politiciennes autour de son retour.

Du côté du parti, Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), qu’Etienne Tshisekedi a cofondé, son héritage politique semble être menacé par des clivages internes. Le parti est à nouveau à la croisée des chemins avec le dossier de l’exclusion de Jean-Marc Kabund, un des héritiers politiques d’Etienne Tshisekedi.

Heshima    

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