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Gouvernement : Les « Warriors» attendus sur plusieurs fronts !

Après la publication de l’équipe gouvernementale du Premier ministre Sama Lukonde, une montagne de défis attend cet exécutif de 56 membres qualifié de « guerriers ». Il s’agit principalement de la sécurité, de l’économie mais surtout du social des Congolais suivant le leitmotiv « le Peuple d’abord ».

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Il aura fallu sept jours de consultations des forces politiques et sociales (22 février -01 mars) en vue de la formation d’un gouvernement qui accompagnera le chef du gouvernement, Premier ministre issu de l’Union sacrée, Sama Lukonde Kyenge, pour avoir un aperçu général de différentes forces mais aussi de récolter les suggestions et propositions en vue d’enrichir son programme de gouvernement.

 Attendu depuis deux mois, le premier gouvernement d’Union sacrée a été finalement rendu public. Le 12 avril dernier, le président congolais Félix Tshisekedi a, via son porte-parole, divulgué cette liste de 57 membres, y compris le chef du gouvernement. Une équipe innovante sur le plan de sa composition. « Nous avons tenu compte de la représentativité du genre, de la jeunesse, des provinces et des parties prenantes. », avait déclaré le nouveau Premier ministre, le 12 avril, jour de la publication du gouvernement.

Cette équipe a une représentativité féminine de 15 femmes (27%), soit 10 % de plus que le gouvernement sortant de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Avec une moyenne d’âge de 47 ans, l’équipe gouvernementale qualifiée de « Warriors » par son formateur, Sama Lukonde, est l’une des plus jeunes formations gouvernementales qu’a connu le pays. Et avec 80 % des nouvelles figures, le pari du renouvellement des visages est bien gagné.

 Dans l’ossature, Sama Lukonde a aligné 4 Vice-Premiers ministres ; 9 ministres d’Etats ; 31 ministres et 1 ministre délégué. Mais aussi 11 vice-ministres.

Tendances politiques

Alors qu’une bonne partie de l’opinion croyait à un Félix Tshisekedi totalement libre de toutes manœuvres après son divorce d’avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, les caprices d’une classe politique recomposée en « Union sacrée de la Nation » l’ont à nouveau rattrapé. De longues négociations avec ses nouveaux alliés, notamment Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et les transfuges du FCC témoignent toujours de la complexité de sa démarche politique en ce moment. Ainsi, des alliés sont encore présents dans les ministères régaliens.

Sur les quatre vice-primatures, Christophe Lutundula occupe le poste de Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères. Ce dernier est un proche du président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. Et Lutundula a le défi, aujourd’hui, de redorer l’image d’une diplomatie qui n’a pas été reluisante avec le gouvernement sortant, laissant des représentations diplomatiques congolaises au bord du déguerpissement, faute des frais de fonctionnement non payés pendant plusieurs mois.

L’UDPS Daniel Aselo Okito, un novice, est nommé à la viceprimature de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières. Ce juriste formé à l’Université de Kinshasa devra gérer une territoriale en proie à l’insécurité urbaine et armée. Pour les ministères de la Fonction publique et de l’Environnement, leurs animateurs ont été élevés au rang des vice-Premiers ministres. Il s’agit respectivement du FCC Jean-Pierre Lihau et du MLC Eve Bazaïba.

Du côté des ministres d’Etat, l’on note quelques nouveaux visages, moins connus du monde politique. Il y a notamment Alexis Gisaro Muvunyi, actuel patron des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR). Ce nouveau ministre est issu de la communauté Banyamulenge et fut conseiller financier au ministère des Finances et ancien directeur à la Société Congolaise des Transports et des Ports (SCTP). Rose Mutombo Kiese, nommée ministre d’Etat à la Justice, est venue de la société civile. Militante pour des questions de la Femme au sein du Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO), Rose Mutombo entend renforcer la justice notamment sur des questions de violences basées sur le genre. Mais aussi celles touchant au domaine de la justice de manière générale.

 Une entrée fracassante au sein du gouvernement, c’est aussi celle du ministre d’Etat en charge de l’Aménagement du territoire, Guy Loando Mboyo. Ce sénateur œuvrant également dans la philanthropie assumera désormais la planification de l’habitat congolais. Au rang des ministres d’Etat, il y a également la députée AFDC-A Kahinda Adèle, nommée au Portefeuille. L’autre proche de Moise Katumbi occupe le Plan, Christian Mwando Nsimba Kabulo. Au Budget, exit Baudouin Mayo, et voici Aimé Boji Sangara, toujours un proche de Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Pius Muabilu Mbayu, quant à lui, a été reconduit au même portefeuille : Urbanisme et Habitat. Au Développement Rural, le FCC François Rubota fait son entrée. Tandis qu’un autre proche de Vital Kamerhe, Eustache Muhanzi est envoyé à l’Entreprenariat et PME.


Dans le rang des ministres, il y a 31 heureux promus :

  • Défense : Kabanda Gilbert (proche UDPS) 
  • EPST : Tony Mwaba Kazadi (UDPS) 
  • Santé : Jean-Jacques Mbungani (MLC) 
  • Finances : Nicolas Kazadi (UDPS) 
  • Transport : Cherubin Okende (Ensemble pour la République)
  • Agriculture : Désiré N’zinga Birihanze (UDPS) 
  • Pêche et élevage : Adrien Botele Djema (FCC)
  • Économie : Jean-Marie Kalumba Yuma 
  • Industrie : Julien Paluku (FCC) 
  • Intégration régionale : Didier Mazenga Mukanzu (PALU/FCC)
  • ESU : Muhindo Nzangi (MSR/Ensemble pour la République)
  • Recherche scientifique : José Mpanda Kabangu (FCC) 
  • Hydrocarbures : Didier Budimbu Nkubuanga (Allié UDPS) 
  • PTNTIC : Augustin Kibassa Maliba (UDPS/Kibasa)
  • Numérique : Eberande Kolongele (UDPS) n Emploi, Travail et Prévoyance Sociale: Ndusi Ntembe (AFDC) 
  • Affaires Foncieres : Aimé Molendo Sakombi (UNC)
  • Ressources hydrauliques et Electricité : Olivier Mwenze Mukaleng 
  • Droits humains : AlbertFabrice Puela (Dynamique Opposition)
  • Genre : Gisèle Ndaya Luseba
  • Commerce extérieur : JeanLucien Bussa (FCC) 
  • Mines : Antoinette Nsamba Kalambay (UDPS) 
  • Communication & Medias, Porte-parole du gouvernement : Patrick Muyaya Katembwe (PALU/FCC) n Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale : Modeste Mutinga (G7/Ensemble)
  •  Formation professionnelle et Métiers : Antoinette Kipulu Kabenga
  •  Jeunesse, Initiation à la nouvelle citoyenneté: Yves Bunkulu Zola (UDPS)
  • Sports et Loisirs : Serge Tshembo Nkonde (Ensemble) 
  • Tourisme : Modéro Nsimba Matondo (FCC)
  • Culture, Arts et Patrimoine : Catherine Katumbu Furaha 
  • Relations avec le Parlement : Anne-Marie Karume Bakaneme 
  • Ministre près le Président : Nana Manuanina Kihumba

Ministre déléguée

  • Affaires sociales, actions humanitaires en charge des personnes vivant avec handicap : Irène Esambo Diata

Vice-ministres

  • Intérieur, Sécurité Décentralisation et Affaires coutumières : Jean-Claude Molipe Mandongo 
  • Affaires Etrangères : Samy Adubango 
  • Justice : Bayubazire Mirindi 
  • Plan : Crispin Mbadu Panzu
  • Budget : Elysée Bokumuana Maposo
  • Défense nationale : Séraphine Kirubu Kutuna 
  • EPST : Aminata Namasia Bazego
  • Santé : Véronique Kirumba Nkulu
  • Finances : Oniege Nsele Mimpa
  • Transport et Voies de Communications : Marc Ekila Likombiyo
  •  Mines : Godard Motemona

Des attentes…

« Etant donné que le programme présenté en septembre 2019 à l’Assemblée nationale par  le Premier Ministre, Chef du Gouvernement sortant, n’a été exécuté que partiellement, suite à la dislocation de la coalition majoritaire, le présent programme a repris, en vertu du principe de la continuité de l’Etat, les actions et les réformes restées en souffrance, celles en cours et celles non encore réalisées à ce jour le tout enrichi d’autres innovations tenant compte des attentes du peuple. Basé sur une approche réaliste et optimiste, il reprend 343 actions, sélectionnées en fonction de leur impact et de leur visibilité, parmi lesquelles certaines sont jugées prioritaires et emblématiques. L’impératif de la relance et de la diversification de notre économie. »

En somme, par ces actions, le Gouvernement s’engage à faire de la République Démocratique du Congo un Etat fort, prospère et solidaire, en marche vers son développement» renseigne Sama Lukonde dans le programme d’actions déposé à l’Assemblée nationale. Ce gouvernement dit de « combat » est attendu sur plusieurs fronts.

Sama Lukonde lui-même en a défini 11 au total : sécurité, santé, enseignement, justice, agriculture, pêche et élevage, économie, processus électoral, infrastructure et le numérique.

Mais face à l’urgence de la question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les accords de paix signés et les tentatives de réconciliation nationale menées, le Gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation s’est engagé à relever le pays et à le remettre « debout » pour le rendre fort. Pour cela, son action dans le secteur « Politique, Justice, Défense et Sécurité » compte 328 actions au total qui s’articulent autour de trois piliers majeurs, à savoir: pacification et promotion de la réconciliation, de la cohésion et de l’unité nationales (pilier 1) ; renforcement de l’autorité de l’Etat et promotion de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie (pilier 2) ; redynamisation de la diplomatie et réhabilitation de l’image de marque du pays  (pilier 3) ; lutte implacable contre la corruption et les crimes économiques (Pilier 4).

Du point de vue économique, la Banque mondiale renseigne qu’après avoir atteint 5,8 % en 2018, la croissance économique de la RDC a ralenti à 4,4 % en 2019 jusqu’à ce jour. Cela, du fait de la baisse des cours des matières premières, notamment du cobalt et du cuivre qui représentent plus de 80 % des exportations de la RDC. D’où la nécessité de diversifier l’économie, notamment en relançant véritablement le secteur agricole, sans lequel le pays aura toujours du mal à atteindre l’autosuffisance alimentaire. C’est sur ce terrain que plusieurs Congolais attendent voir les « Warriors » se déployer.

 Dido NSAPU

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Dossier Bukanga Lonzo : Matata Ponyo, l’injugeable ?

Prévue le 21 juillet puis reportée d’un jour, l’audience devant fixer le sort de l’ancien Premier ministre congolais se tient ce vendredi à la Cour de cassation. Après l’étape controversée de la Cour constitutionnelle, les juges de cette autre instance judiciaire ont du pain sur la planche. Ils doivent se prononcer si Matata peut ou ne pas être jugé devant cette cour.

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Poursuivis pour détournement des deniers publics destinés au projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, Augustin Matata Ponyo et ses co-accusés Patrice Kitebi, ancien ministre délégué aux finances et Grobler Christo, homme d’affaires sud-africain, pourraient à nouveau se présenter à l’audience prévue ce vendredi 22 juillet 2022. Initialement fixée pour le 21 juillet, elle a été renvoyée à ce jour suite à l’indisponibilité d’un membre de la chambre de composition « pour cause d’inhumation d’un très proche parent », d’après l’ordonnance portant prorogation du délai et de délibéré signée par le premier président de la Cour de cassation.

La Cour de cassation devra donc rendre son arrêt avant dire droit sur les exceptions soulevées par la défense. Lors de l’audience du 14 juillet, la partie Matata Ponyo a évoquél’incompétence de la Cour de cassation à statuer sur cette affaire. Pour ses avocats, leur client n’est pas justiciable devant cette juridiction puisqu’il n’exerce plus ses fonctions à la tête du gouvernement. Si la Cour accède à cet argumentaire et se déclare incompétente, Matata Ponyo risque de ne plus être jugé sur cette affaire. D’ailleurs, lui-même se prévaut toujours de l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle dans la même affaire. « Lorsque la Cour constitutionnelle se déclare incompétente, elle clos de fait l’ensemble des procédures qui étaient émises à mon endroit », ne cesse de répéter l’homme à la cravate rouge. 

Pour lui, il ne peut pas être poursuivi à posteriori pour des faits qu’il avait commis pendant qu’il était Premier ministre. Et la Cour constitutionnelle est un juge pénal du Premier ministre et du Président de la République en fonction. N’étant plus en fonction, il ne peut plus être jugé pour ces faits. « On ne peut pas juger quelqu’un sur base de la volonté humaine mais on doit juger quelqu’un sur base de la Constitution et des textes légaux… », avait-il répondu, en mai dernier, au journal Afrique de TV5 Monde.        

Matata, l’injugeable ? 

Ce dossier Matata tend à devenir un casse-tête judiciaire. Après l’épisode de la Cour constitutionnelle qui s’était déclarée « incompétente » pour juger le prévenu dans l’affaire de ce détournement présumé de 205 millions de dollars, la Cour de cassation est sur le gril. Elle doit donner son arrêt avant dire droit qui déterminera si Matata pourra être jugé ou non dans ce dossier. Pour un analyste des questions juridiques, si la Cour de cassation se dit « compétente » pour juger l’ancien Premier ministre, elle s’enfoncera dans une mauvaise jurisprudence dont la Cour constitutionnelle avait déjà planté le décor, en novembre 2021. Cet analyste pense que cette juridiction ne devrait pas prononcer un tel arrêt dans ce dossier.     

« C’est la Cour constitutionnelle qui a faussé la démarche. Elle ne devrait pas se déclarer incompétente. D’où a-t-elle tiré son incompétence ? Puisque la mère de toutes les lois lui donne cette compétence là de juger les actes d’un président de la République et d’un Premier ministre en fonction ou pas. », a-t-il déclaré. Selon lui, la Constitution parle des infractions commises « dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice » de leurs fonctions. Une nuance de taille que le juge Dieudonné Kaluba, président de la séance et de cette Cour lors du prononcé de l’arrêt, aurait, d’après lui,  négligé. Le président du Sénat, Modeste Bahati avait fait quasiment la même observation en évoquant  l’article 164 de la constitution qui stipule : « La Cour constitutionnelle est le juge pénal du Président de la République et du Premier ministre pour des infractions politiques de haute trahison, d’outrage au Parlement, d’atteinte à l’honneur ou à la probité ainsi que pour les délits d’initié et pour les autres infractions de droit commun commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. Elle est également compétente pour juger leurs co-auteurs et complices. »

Ce qui renvoi à dire que même les co-accusés Patrice Kitebi et l’homme d’affaires sud-africain, Grobler Christo, auraient pu être jugés à la Cour constitutionnelle au regard du statut d’ancien Premier ministre de Matata. Son juge naturel ne serait donc pas la Cour de cassation. Si celle-ci se déclare incompétente, cela pourrait être justice. « Et Matata deviendrait malheureusement « injugeable » dans ce dossier. Puisque la Cour constitutionnelle ne peut plus se dédire après son arrêt qui offre une jurisprudence de l’impunité des anciens Premiers ministres», estime cet analyste.    

Heshima 

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Mpolo et Okito, toujours dans l’ombre de Lumumba…

L’histoire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba est collée à deux autres martyrs : Maurice Mpolo et Joseph Okito. Le premier fut ministre de la Jeunesse et chef d’état-major de l’armée congolaise et le second président du Sénat. Mais l’imposant personnage de Lumumba continue de faire ombrage à ses compagnons de lutte pourtant morts dans les mêmes circonstances.

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Au cœur des hommages que la nation organise depuis le 21 juin dernier, deux familles se sentent oubliées. Celles de Maurice Mpolo et Joseph Okito. Ces deux compagnons de Patrice Emery Lumumba ont été assassinés ensemble avec le tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo le 17 janvier 1961, dans l’actuelle province du Haut-Katanga, au sud-est du pays. Après plusieurs années de réclamation d’une reconnaissance, les deux personnalités ont été admises, le 14 juin dernier, dans l’Ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba.

Mais les familles de ces deux infortunés ne sentent pas toujours considérées dans les cérémonies d’hommages qui se déroulent actuellement en République démocratique du Congo. Dans une interview accordée à la presse, le 24 juin 2022, la fille aînée de Maurice Mpolo ne s’explique pas le fait que son géniteur ainsi que Joseph Okito restent dans les oubliettes alors que les deux sont morts le même jour et dans les mêmes circonstances que Lumumba. Jacqueline Mpolo a exprimé son regret de constater que les deux familles n’ont été ni de près ni de loin associées à ces différentes funérailles. 

« On est choqués. C’est comme si on est en train de remuer le couteau dans nos cœurs. Ça nous fait mal de voir qu’il y avait 3 personnes qui sont mortes pour les mêmes causes, le même idéal et qui ont terminé leur vie ensemble. Les sangs et chairs fusionnés. Maintenant, on doit les détacher. Même les bourreaux, les assassins ne les ont pas séparés […]. Si cela vient du sommet de l’État, c’est scandaleux. Nous n’avons pas été invités. Même au moment où je vous parle, nous n’avons pas de programme de tout ce qui se passe. », a affirmé Jacqueline Mpolo. 

La fille de l’ancien ministre de la Jeunesse et chef d’état-major de l’armée congolaise porte aussi des critiques sur la dernière décoration faite aux deux compagnons de Lumumba.  « […] Il y a Kengo Wa Dondo et Papa Wemba qui ont été élevés au rang de Grand Cordon des ordres des héros nationaux Kabila-Lumumba. Joseph Okito et Maurice Mpolo toujours admis dans l’ordre national de Héros nationaux Kabila-Lumumba aux grades de grands officiers ? Le président de la République qui a signé cette ordonnance, je lui demande de la réexaminer. Nous avons fait une lettre de recours pour qu’il puisse revoir cette ordonnance », a-t-elle enchainé.

Si la famille Lumumba est en première loge et a pu récupérer une relique du corps de l’héros national congolais, les deux familles restantes n’ont demandé pas plus que de retrouver le sol de Shilatembo, dans le Haut-Katanga où leurs pères ont été assassinés ensemble avec Lumumba.

« Pour le premier ministre Patrice Lumumba, il y a la dent. Pour Okito et Mpolo, il n’y a rien. Est-ce que nous ne pouvons pas aller là où ils étaient assassinés prendre ne fût-ce que la terre, comme on s’est convenu et faire aussi notre deuil ? L’échangeur de Limete se trouve dans la ville de Kinshasa, comment ne pouvons-nous pas avoir une place pour Okito et Mpolo ? Je demande l’implication de tout le monde. Ils ne sont pas morts pour leurs familles. Ils n’ont pas accepté la corruption des Belges », insiste Jacqueline Mpolo.

Ces regrets de la famille Mpolo qui relaient aussi les frustrations de la famille Okito démontrent que ce deuil national en mémoire du héros national n’est pas forcément vécu de la même manière par les descendants de ces martyrs de l’indépendance. Un petit-fils de Mpolo, son homonyme, Maurice, pensait que l’Etat congolais allait lier le sort de ces trois hommes jusqu’aux hommages nationaux. « De façon symbolique, mettre en exergue deux cercueils avec leurs images, ça aurait été une image forte non seulement pour la famille, mais aussi pour la nation. », a-t-il souhaité au micro de RFI.

Dans ce voyage funéraire de la relique de Lumumba, l’étape de Shilatembo, dans le Haut-Katanga, a semblé rétablir la mémoire de ces deux compagnons de Patrice Lumumba. Sur la devanture du Mausolée de Lumumba, deux bustes de Maurice Mpolo et Joseph Okito ont été aussi construits. Et le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a déposé des gerbes de fleurs devant ces bustes lors de la cérémonie d’hommages à Lumumba dans cette contrée du pays. Pour ces hommages nationaux à Lumumba, un deuil national de 4 jours a été décrété de lundi 27 juin à jeudi 30 juin 2022.         

Heshima     

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Retour des reliques de Lumumba : la RDC entre commémoration et crise sécuritaire

Ce 20 juin 2022, à Bruxelles, le reste du héros de l’indépendance de la République démocratique du Congo sera remis à sa famille. Cette relique constituée d’une dent va être embarquée dans un Airbus de Congo Airways frappé à l’effigie de cette icône congolaise à destination de Kinshasa.

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A Bruxelles, il se tient ce jour la remise officielle de la dent de Patrice Emery Lumumba extraite de sa dépouille mortelle lors de son assassinat, en janvier 1961. Cette relique va être remise à sa famille constituée notamment de ses héritiers. La dent de Patrice Lumumba a été saisie par la justice belge en 2016 chez la fille du policier belge, Gérard Soete, aujourd’hui décédé, qui était chargé de découper et de dissoudre dans l’acide, le corps du défunt premier Premier ministre congolais, deux jours après son assassinat. Elle avait été saisie dans le cadre d’une enquête pour «crimes de guerre» ouverte en 2011 à Bruxelles.

Ainsi, lors de la cérémonie prévue au palais d’Egmont, le chef du parquet fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, remettra, dans l’intimité, à la famille Lumumba cette dent placée dans un écrin, avant la cérémonie solennelle autour d’un cercueil renfermant ce coffret, en présence d’autorités belges et congolaises. Pour Roland Lumumba, l’un des enfants de l’ancien Premier ministre, ce sera un moment symbolique qui permettra de tourner enfin une page dans les relations avec la Belgique. « Quand il a demandé l’indépendance, il a demandé que l’on passe à une autre étape des relations d’égal à égal. Donc nous, nous cherchons cette ouverture de passer à une autre étape, mais sans oublier notre passé. », a-t-il déclaré à la presse en début du week-end.

Du côté du gouvernement congolais, l’on se félicite déjà de cette œuvre. Lors de la réunion du Conseil des ministres de vendredi 17 juin, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a salué l’action du président de la République, Félix Tshisekedi, qui permet l’accomplissement de cette œuvre mémorable. « Le Premier ministre a, au nom de tout le gouvernement, salué cette action du Président de la République qui permet l’accomplissement de cette œuvre mémorable qui va réconcilier notre peuple avec son histoire et lui permettre de construire l’avenir avec un sentiment d’avoir accompli son devoir de reconnaissance de rendre des hommages mérités à notre héros national Patrice Emery Lumumba », peut-on lire dans le compte-rendu du gouvernement. 

Commémoration et crise sécuritaire

Mais cette cérémonie devrait connaitre une suite en République démocratique du Congo. A Kinshasa, sur la place dite « Echangeur » de Limete, le gouvernement a démonté la géante statue de Lumumba et réaménage le lieu pour en faire une sépulture. Après avoir été reportée plus de deux fois suite à la pandémie de Covid-19, cette cérémonie du retour des restes de Lumumba trouve encore le pays en pleine guerre d’agression du Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par le Rwanda. Ce qui pousse Patrick Nkanga, rapporteur du Bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ex président de la République, Joseph Kabila, à recommander la « sobriété » pour cet événement au regard de la crise sécuritaire déclenchée dans l’Est du pays par cette agression armée.  

Cet ancien président de la Ligue des jeunes du PPRD pense même que le concert de réunification et retrouvailles de l’orchestre mythique Wenge Musica BCBG du 30 juin 2022 devrait être annulé. « Le groupe #WengeMuzika a bercé notre enfance, a influencé nos habitudes, nous aimons ce groupe. Les voir jouer ensemble est quelque chose qui aurait plu à plusieurs d’entre nous. Malheureusement, le moment ne s’y prête pas. Le Congo est UN. Il faudra annuler le concert. », a-t-il écrit sur son compte Twitter. 

Deuil en tradition congolaise…

Pour Balufu Bakupa-Kanyinda, coordonnateur de l’opération de restitution des restes de Patrice Lumumba et son retour en RDC, cette dent sera placée dans un cercueil provenant de la RDC et qui sera exposé à l’ambassade congolaise à Bruxelles. Sur ce lieu, ce cercueil restera deux jours pour un hommage ouvert au public dans la pure tradition congolaise. Le départ pour Kinshasa est prévu le 21 juin, dans la soirée, depuis l’aéroport militaire belge de Melsbroek, à bord d’un avion de la compagnie aérienne Congo Airways frappé à l’effigie de Patrice Emery Lumumba. Cet aéronef arrivera le 22 juin dans la matinée à l’aéroport de N’djili.

Selon le programme dévoilé par Balufu Bakupa-Kanyinda, le cercueil effectuera ensuite un périple dans plusieurs provinces de la RDC, notamment à Onalua, le village natal de Patrice Lumumba, rebaptisé Lumumbaville en 2013, pour un deuil familial. A Kisangani, son fief politique, il y aura un deuil politique. Et la dépouille ira ensuite à Shilatembo, dans le Haut-Katanga, où il a été assassiné avant un retour à Kinshasa, le 27 juin. Trois jours de deuil national sont prévus du 27 au 30 juin. Le cercueil sera exposé au Palais du peuple, siège du Parlement congolais, avant d’être transporté à l’ancienne résidence de Patrice Lumumba et de passer une nuit à la Primature. Puis, le 30 juin, date du 62e anniversaire de l’indépendance de la RDC, aura lieu la cérémonie officielle de l’inhumation au mausolée construit pour accueillir la dépouille à l’Echangeur de Limite.

Héros de l’indépendance en juin 1960, devenu le premier Premier ministre de l’ancien Congo belge, Patrice Lumumba a été révoqué quelques mois plus tard par le président Joseph Kasa-Vubu l. Il sera exécuté le 17 janvier 1961 avec ses deux compagnons par des séparatistes de la région du Katanga, avec l’appui de mercenaires de l’ancienne puissance coloniale, la Belgique. Longtemps oubliés, ces deux compagnons de Lumumba, à savoir, Maurice Mpolo et Joseph Okito, ont été admis dans l’Ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba, le 14 juin, à Kinshasa, par Félix Tshisekedi.

Dido Nsapu

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