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Les épidémies les plus dévastatrices de l’Histoire

Tout au long de l’Histoire de l’humanité, de vastes étendues ont été envahies par des épidémies aux conséquences meurtrières pour les populations sans compter leurs effets dévastateurs. L’effroi causé aujourd’hui par la pandémie à coronavirus pousse à se remémorer des fléaux d’hier.

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P lusieurs communautés humaines à travers le monde ont eu au cours de leur existence à assister à l’apparition de manière aussi surprenante qu’inquiétante à des situations sanitaires mortelles. Et avant de se convaincre de leur existence dans les livres d’Histoire, la Bible peut à elle seule effacer tout doute quant aux possibilités de contamination en masse par la peste dévastatrice ou le fléau qui frappe en plein midi à l’occasion desquels 1.000 à 10.000 personnes peuvent tomber, dès lors qu’elle l’évoque dans le psaume 91 devenu une référence incontournable depuis la survenance du Covid-19. Si hier, ce passage biblique pouvait être cité pour se convaincre de faire face à l’adversité grâce à la puissance divine quelle que soit son ampleur, au moins sa lecture confirme bel et bien l’importance des ravages des maladies même si la virulence conduit toutefois à la distinction entre épidémie et pandémie. Bien que dans les deux cas, le drame prophylactique se caractérise par la propagation rapide d’une maladie contagieuse, essentiellement d’origine infectieuse, l’épidémie se limite pour sa part à un espace plus réduit qu’il s’agisse d’une région bien déterminée ou d’un pays, contrairement à la pandémie qui compte plusieurs foyers et donc a une étendue géographique plus vaste laquelle concernerait tout un continent, si pas le monde entier. De ce fait, l’impact de la gravité de la seconde en termes de contamination, de mortalité et d’efforts d’éradication est nettement plus remarquable. En fonction, des traces historiques conservées par les archives, le souvenir des fléaux que le monde a connu a généralement pour épicentre le bassin méditerranéen pour se localiser au fur et à mesure dans d’autres parties du monde. A ce titre, les ravages contagieux dans le monde sont suffisamment nombreux par le fait même de leur désastre selon les dénominations de chacun d’eux et ce, en fonction de leur spécificité, que ce soit le choléra, la peste noire, la grippe espagnole, sans compter toutes les affectations passées sous silence car pas assez mises en évidence comme on peut l’imaginer par les calamités provoquées par les maladies tropicales comme le paludisme ou autres.

Chronologie des épidémies aux pandémies

Néanmoins, selon la chronologie historique des fléaux connus du monde, on peut mentionner ceux-ci-dessous.

 La peste d’Athènes.

En 430 av J.C., la Grèce antique où domine la cité d’Athènes est frappée par une épidémie. Elle vient d’Ethiopie, en passant par l’Egypte et la Lybie avant d’atteindre Athènes. Au moins 70.000 personnes représentant le tiers de la population de la cité trouvent la mort à l’occasion de cette épidémie qui en fait s’est avérée être le typhus plutôt que la peste. La contamination trouve son origine par l’action des rongeurs, provoquant une fièvre de 39°C, des maux de tête et un état de lassitude et d’abattement à même de susciter une crainte auprès de la population en raison de ses symptômes. La propagation de la maladie prend fin en 426 av. J.-C et conduira à la défaite des Athéniens sur les Spartiates.

La peste Antonine

Cette peste antonine ou autrement appelée peste galénique, gagne l’empire romain au moment des conquêtes germaniques de Marc Aurèle à la fin de la dynastie des empereurs Antonins à partir de 166 ap. JC pour se terminer vingt ans après. Cette épidémie aurait pour origine la variole et aurait entraîné la mort d’au moins 10 millions de personnes.

La peste de Justinien

Maladie également dénommée peste bubonique, cette épidémie a pour foyer de départ l’Égypte autour de l’an 540 et atteint l’empire romain d’Orient à Constantinople deux ans après. Provoquée par la bactérie yersinia pestis, la peste de Justinien se propage dans une bonne partie de l’Europe par le commerce méditerranéen pratiqué par les voies maritimes pour atteindre l’Italie jusqu’en Irlande et en Grande-Bretagne, voire même en Syrie à l’époque des Croisades. Elle persiste 50 ans après sa survenance pour comptabiliser entre 25 et 100 millions de décès, avec la réputation macabre d’aligner plus de 10 000 morts… par jour.

La peste noire

Causée également par une bactérie appelée yersinia pestis à l’instar de la peste de Justinien, la peste noire s’est propagée dans l’ensemble de l’Europe ainsi qu’au Proche-Orient. Elle serait responsable dans un premier temps de l’hécatombe de près de 25 millions de victimes représentant plus de la moitié de la population européenne entre 1347 et 1351, soit environ 25 millions de victimes pour dépasser largement ce chiffre avec près de 100 millions de décès à  travers le monde une fois sa réapparition, des décennies plus tard.

L’épidémie de variole chez les Amérindiens

La conquête coloniale des Amériques a entraîné la perte des Amérindiens, décimés entre 1518 et 1650 dans l’ordre de plus de 75% de la population. En cause, la variole qui s’est répandue par la suite dans d’autres parties du monde comme l’Inde, causant au moins 20 000 morts. Son éradication totale remonte seulement à 1977.

La grande peste de Londres

La ville de Londres en Grande-Bretagne fut envahie par la peste bubonique à partir de 1664. Elle s’est répandue par les bateaux de commerce venant des Pays-Bas pour prendre de l’ampleur en raison des conditions hygiéniques précaires de l’époque. 100.000 personnes, soit 20% de la population de la ville en seront victimes et l’expansion de la maladie ne prit d’ailleurs fin que grâce au grand incendie de Londres de septembre 1666 qui embrasa les quartiers les plus insalubres de la ville.

La pandémie de choléra

Le monde subit les affres du choléra au début du 19ème siècle en plusieurs vagues successives. Cette maladie pestilentielle débute d’abord en Europe occidentale et gagne l’Asie en passant par la Sibérie, puis l’Inde, l’Indonésie, les Philippines. Le MoyenOrient, l’Afrique et l’Amérique latine n’y échappent pas avec une certaine persistance en Afrique. Le nombre de victimes du choléra se chiffre à pratiquement 100 000 décès annuels

La grippe espagnole ou Influenza

Bien qu’originaire de Chine, cette contamination a été baptisée de la sorte car sa victime la plus célèbre a été le roi Alphonse XIII d’Espagne. Cette grippe s’est propagée entre 1918 et 1914 dans plusieurs pays en l’espace de trois mois. Le nombre approximatif de ses victimes monte de 30 à 100 millions d’individus et elle est considérée comme une des pandémies les plus mortelles de l’humanité, plus dévastatrice que la première guerre mondiale à la même époque.

La grippe asiatique

Trouvant sa source dans un virus provenant d’une mutation de canards sauvages et d’une souche humaine de grippe, la grippe asiatique est décelée en Chine en 1956 pour se disséminer dans d’autres parties de l’Asie comme Singapour et Hong Kong puis s’installer rapidement aux États-Unis. De 1 à 4 millions de personnes meurent de cette maladie. Une des variantes de cette grippe, dite grippe de Hong Kong, tue 1 million d’individus entre 1968 à 1969.

Le sida

Avec des premiers symptômes à dater des années 1970, le sida consécutif à un déficit immunitaire dans le corps humain voit la confirmation de son existence néfaste au départ de l’Afrique vers l’Amérique à partir de 1981. Ses effets continuent à se faire ressentir jusqu’à ce jour. 

Cette pandémie mondiale compte au moins 30 millions de morts à travers le monde et pratiquement le même chiffre des personnes séropositives qui survivent grâce à l’utilisation des moyens contraceptifs et une médication qui ne cesse de faire l’objet des recherches scientifiques.

Le coronavirus

Depuis la fin de l’année 2019, le monde est informé de cas de pneumonie affectant la population chinoise, plus spécialement  celle de Wuhan et découvre le coronavirus ou Covid-19. Cette maladie d’origine animale est transmissible à l’être humain et s’est propagée à une vitesse exponentielle depuis le début de 2020 à travers le monde avec des ravages effroyables en n’épargnant pratiquement aucun pays. Pratiquement une année après sa survenance le Covid-19 fait au moins 2, 53 millions de morts dans le monde et plus de 115 millions de malades. Les pays les plus affectés par les décès sont les Etats-Unis (537 838), le Brésil (265 500), l’Inde (157 890). En Europe, le Royaume-Uni occupe la palme avec 124 501 morts. En Afrique, l’Afrique du Sud est en tête avec 50 678 décès tandis que la RDC compte environ 700 décès. 

 Causes des épidémies


Face au constat de la propagation du fait de la contamination contagieuse des maladies, la présentation chronologique des épidémies a le mérite de dégager les causes sous-jacentes de sa propagation, soient autant de facteurs favorisants propres à l’histoire de l’humanité. Il ressort en effet que mû par la pulsion du progrès, d’aller toujours au-delà des limites des contraintes qui lui sont imposées, l’homme est sans cesse animé par l’esprit de conquête. Cette conquête peut de ce fait se présenter par la volonté de se regrouper dans des villes et autres agglomérations, de maîtriser de nouveaux marchés, soit pour vendre des produits, soit pour en acquérir. La conquête peut aussi avoir des mobiles militaires et d’occupation pour exploiter de nouvelles richesses. Avec l’évolution entre Etats, ces relations se sont toutefois transformées en rapports de coopération. Tous ces contacts se sont réalisés par voie pédestre si pas à dos d’animaux et par la suite par le canal des circuits maritimes pour parcourir de plus grandes distances comme on peut l’observer en Europe où jadis l’épicentre des mouvements des personnes et des biens se limitait au bassin méditerranéen. Aujourd’hui avec le développement technologique, les moyens aériens ont décuplé cette dynamique avec des nouvelles formes de contacts comme le tourisme sous ses différents aspects (détente, visite familiale, tourisme médical…), les études…. De ce fait, chacune des occasions de ces échanges ont donné lieu à un brassage des populations et des animaux avec les risques de contamination dû à l’absence d’anticorps chez ces êtres vivants.

Ces risques de contamination qui se développent proportionnellement à l’accroissement des échanges au départ des carrefours commerciaux comme foyers ont pour conséquence d’aggraver la contamination en le faisant passer de l’épidémie à la pandémie. Ainsi, après l’énumération de ces faits historiques, on serait tenté d’affirmer que pour se prémunir de situations récurrentes, il conviendrait de prendre le contre-pied de chacune des situations causales. Rien n’est moins évident.

 Expertises croisées

L’Histoire, c’est bien connu, apporte l’indispensable éclairage au présent et au futur, à tel point qu’un peuple qui ignore son passé est appelé à commettre les mêmes erreurs qu’il aurait pu éviter. Aujourd’hui plus que jamais, avec l’effroi sans commune mesure soulevé par le drame de la pandémie du Covid-19, sans compter les perspectives de sa résurgence en l’absence de vaccin comme de celle d’autres maladies endémiques, il est plus que nécessaire et urgent de tirer les enseignements de cette situation.

D’emblée la récurrence de pareil cas semble inévitable à moins que chaque Etat déclare l’autarcie pour éviter toutes catastrophes humanitaires ultérieures, scénario somme toute irréaliste. Il s’agit par contre d’envisager l’anticipation des découvertes pathogènes.

Par ailleurs, le désarroi provoqué par la pandémie du coronavirus a mis en lumière le réflexe du chacun pour soi ayant poussé chaque Etat à commencer par se doter des moyens de sa survie, ceux-ci étant par ailleurs insuffisants au préalable.

C’est donc dire que malgré le sursaut international subséquent, avec parfois des contradictions dans les dispositions adéquates à prendre, il se dégage que la solution pour lutter avec une meilleure efficacité contre toute maladie contagieuse passe par la prise en compte des réalités et des expertises locales. La maîtrise de l’épidémie du virus Ebola et l’examen de l’utilisation d’une plante comme l’Artemisia en sont des preuves éloquentes. C’est à ce titre, qu’il convient de se fier à la mise en place du Comité de riposte contre le Covid-19 institué en RDC pour recourir à la compétence multisectorielle de plusieurs experts agissant dans des domaines aussi variés que la médecine, la biologie, la nutrition, la culture, la communication, l’environnement… afin de s’assurer des possibilités de la victoire de l’espèce humaine sur les fléaux qui la menacerait.

Dans tous les cas une année, jour pour jour, après que la pandémie à coronavirus ait été détectée, le comité chargé de la riposte a préconisé la vaccination, dont le premier lot de vaccins est arrivé à Kinshasa début mars.

Heshima

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Etat de siège, stratégie de Félix Tshisekedi contre la guerre

Félix-Antoine Tshisekedi a décrété l’état de siège comme stratégie d’éradication des groupes armés qui, depuis des années, massacrent la population civile à l’est de la RDC. Si cette mesure suscite des inquiétudes auprès des uns, elle est applaudie par d’autres. D’autres encore pensent qu’il existe davantage des mesures plus efficaces que l’état de siège. Néanmoins, le plus important reste la volonté de tous de voir une paix durable revenir en Ituri et au Nord-Kivu.

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Depuis le 6 mai 2021, l’Ituri et le N o r d – K i v u sont sous administration militaire. En vue de mettre fin à l’insécurité qui règne dans les deux provinces, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, se basant sur l’article 85 de la constitution, a signé les ordonnances décrétant l’état de siège. Frappant du poing sur la table, Fatshi veut mettre définitivement un terme au cycle des violences et à la terreur que sèment les groupes armés dans cette contrée de la République. Du coup, il a placé à la tête de l’Ituri Luboya Nkashama Johnny, avec comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Alonga Boni. Au Nord-Kivu, il remplace momentanément Carly Nzanzu à la tête de l’exécutif provincial par Constant Ndima Kongba. Ce dernier a comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo. Ce sont ces deux lieutenants généraux et leurs adjoints de la Police nationale congolaise ( PNC) qui ont la charge d’appliquer les mesures d’exception dans les deux provinces.

Dans sa stratégie, Félix-Antoine Tshisekedi les envoie en mission commando pour l’éradication de l’insécurité dans les deux provinces, pour une durée de trente jours, renouvelable plusieurs fois pendant quinze jours. Les provinces de l’Est de la RDC, partageant la frontière avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, sont en guerre depuis 1996 et beaucoup de groupes armés y pullulent. L’administration militaire va ainsi mener des offensives de grande envergure contre eux. Pour le chef de l’Etat congolais, l’heure est grave. « Aucun Congolais digne de ce nom ne devrait rester indifférent », a-t-il déclaré. « L’Est de la RDC est devenu « le point d’implosion des mouvements rebelles et des groupes armés, le point d’entrée des forces négatives étrangères, qui y sèment la désolation », déplore-t-il.

Une stratégie applaudie

Certains sont satisfaits car souhaitant le retour rapide de la paix dans la région. Pour Jean Bamanisa, gouverneur civil de l’Ituri mis de côté, la population a trop souffert. ‘’Nous avons eu plus de 1,6 million de personnes déplacées, plus de 250 000 personnes dans les camps de réfugiés et des groupes armés qui occupent des espaces et imposent leur loi ‘’, fustige t-il. Soucieux d’apporter son soutien aux FARDC engagés au front, le député national Nsingi Pululu a même proposé la création d’une caisse nationale en leur faveur. D’après lui, les ressources collectées dans le cadre de l’état de siège devraient être gérées par des religieux. 

De manière générale, les députés et gouvernements provinciaux soutiennent l’état de siège. Le gouvernement de la République de même. Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a invité tous ceux qui ont pris des armes à revenir à la raison et a promis de soutenir leur réinsertion dans la vie normale. Il a lancé officiellement la campagne « Tolonga na mapinga. Bendele Ekweya te (Vaincre avec les forces armées tout en maintenant haut le drapeau de la RDC )», dans le but de soutenir les militaires et les policiers.

En Afrique et ailleurs, certains chefs d’Etat encouragent l’initiative du président Félix Tshisekedi. Paul Kagame, président du Rwanda, l’a salué. « Nous saluons cette initiative prise par les autorités de la RDC et nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle soit fructueuse », a-t-il indiqué. Avec Bintou Keita, Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Félix Tshisekedi a parlé de la motivation de sa stratégie.

 Scepticisme et polémique au sujet des gouverneurs militaires

Cependant, ils sont nombreux, ceux qui manifestent leurs inquiétudes. Lamuka, par exemple, craint que l’état de siège soit une stratégie adoptée pour la balkanisation.  

La société civile s’inquiète parce qu’avec l’état de siège, les militaires voient leurs droits élargis : ils peuvent perquisitionner à tout moment ou interdire la circulation ou la publication et les réunions capables d’exciter les populations.

La crainte de certains notables de l’Ituri et du Nord-Kivu porte sur le comportement des militaires, notamment à cause du passif de certains officiers déployés(les deux généraux sont des anciens rebelles). Luboya est pointé du doigt par certaines organisations de la société civile, parce qu’étant un ancien du RCD Goma. Toutefois, cela remonte à fin 90 et tout récemment, il a été patron de la première zone de défense et commandant de la 13ème région militaire de l’Equateur. Quant à Constant Ndima, il est un ancien du Mouvement de libération du Congo ( MLC) de Jean-Pierre Bemba. Il a été commandant de la 3ème zone de défense (couvrant les deux Kivu, le Maniema et la Tshopo), et jusqu’ avant sa nomination en tant que gouverneur il était chef d’état-major général chargé de l’administration et de la logistique.

Pour sa part, la Lucha s’oppose carrément à l’état de siège. Ce mouvement citoyen demande au chef de l’Etat de convoquer plutôt un dialogue tripartite entre le gouvernement, la MONUSCO et les principales organisations de la société civile de la région. Le collectif « le Congo que nous voulons » estime qu’il existe d’autres solutions, plus simples et facilement applicables. Là-dessus, la Dynamique Congo 2060 formule plusieurs propositions alternatives, à savoir faire de la sécurité de l’Est du pays une cause nationale ; mettre Beni au centre des préoccupations de tous les Congolais ; renforcer le commandement et le contrôle des FARDC déployées à Beni ; écarter les officiers se trouvant sur le terrain et qui s’adonnent à l’exploitation des ressources naturelles… Toutefois, lors de son voyage à Lubumbashi, Félix Tshisekedi a qualifié de sorciers ceux qui critiquent ses choix concernant les gouverneurs militaires. « Nous ne pouvons pas nous réjouir pendant que les frères de l’Est souffrent. C’est pour cela que j’avais décidé d’installer l’état de siège. Rendez-vous compte que ceux qui écrivaient sur les massacres dans cette partie du pays en donnant des chiffres divers sont ces mêmes sorciers qui critiquent le choix porté sur ces gouverneurs militaires », a-t-il indiqué.

En vue d’apaiser la crainte des uns et des autres, les porte-parole du gouvernement, des FARDC et de la police ont rassuré l’opinion sur l’état de siège et sur les gouverneurs militaires. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement a rassuré quant à lui sur le respect des lois et des droits fondamentaux, droit à la vie, à la liberté de penser .

Hubert MWIPATAY

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Enjeu de la présidence de la CENI La responsabilité des confessions religieuses devant l’histoire

Les confessions religieuses et la Cour constitutionnelle ont une responsabilité dans le processus électoral. Les premières désignent les présidents de la CENI , qui en sont l’émanation, la Cour constitutionnelle pour sa part agit en aval pour juger de la régularité des actes posés par cette institution d’appui à la démocratie

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Au moment où l’Assemblée nationale débat sur la proposition de loi de Christophe Lutundula, les 8 représentants de la plateforme des confessions religieuses (Eglise Catholique, Armée du Salut, Eglise Kimbanguiste, Eglise Indépendante, Eglise Orthodoxe, l’Eglise du Christ au Congo, Eglise du Réveil, Eglise musulmane) mettent les Elus du peuple en garde. Ils affirment attendre d’eux un grand changement dans la composition du prochain bureau de la CENI. « C’est une occasion propice pour nous de rappeler que la finalité des réformes attendues d’urgence dans ce domaine, c’est de renforcer les mécanismes légaux susceptibles de garantir l’indépendance, la neutralité et l’impartialité de la CENI, de façon à rassurer tous les compétiteurs électoraux de la crédibilité des élections de 2023 », ont-ils rappelé.

Justement, les pasteurs, prélats et imams attendent le vote et la promulgation de la loi Lutundula pour jouer leur partition, à savoir désigner le président de la centrale électorale qui va succéder à Corneille Nangaa. Pour les 8 confessions religieuses dont le vœu est de voir tous les membres de la CENI venir de la société civile, l’enjeu est la minimisation de l’influence politique sur la centrale électorale .

Les deux citadelles importantes

La Cour constitutionnelle et la CENI sont deux institutions importantes, voire très stratégiques dans le processus électoral, l’une intervenant en amont et l’autre en aval. Certes la Cour constitutionnelle est dotée des compétences en matière électorale en ce qu’elle juge de la régularité du processus des élections présidentielle et législatives au niveau national, cependant, c’est la CENI qui lui donne de la matière.

Le 20 avril 2021, Dieudonné Kaluba a été élu président de la Cour constitutionnelle, en remplacement de Benoît Lwamba qui avait démissionné en juillet 2020. Cette étape étant passée, l’enjeu est maintenant du côté de la CENI où la société civile et l’ensemble de la classe politique doivent jouer leur partition.

 Savoir tirer leçons des erreurs du passé

 La dernière fois, au terme du tamisage, les catholiques et les protestants n’étaient pas pour le choix de Ronsard Malonda dont l’entérinement avait été refusé par le président Tshisekedi. On espère que les responsables des églises vont cette fois-ci relever le schibboleth, en donnant la preuve qu’ils ne sont pas une plateforme fantoche que la classe politique peut facilement manipuler à ses fins. Sinon, si cela continue, ils finiront par se voir dépossédés de ce privilège leur reconnu dans l’Accord global et inclusif de Sun City.

Les confessions religieuses ont ici une occasion de démontrer qu’elles œuvrent toutes pour le bien de leurs fidèles dont la misère ne fait qu’avancer crescendo. Mais, aussi se rappeler qu’au terme de la désignation de Ronsard Malonda, il y avait eu le 9 juillet 2020, 5 morts lors des manifestations auxquelles des leaders politiques comme Jean-Pierre Bemba avaient pris part. Dix jours plus tôt, le cardinal Fridolin Ambongo, lors de son homélie, avait invité le « peuple de Dieu » à se tenir prêt à s’opposer aux projets de la majorité parlementaire d’alors, de prendre contrôle de la CENI.

L’entente entre tous les acteurs concernés

 La réforme et la crédibilité du processus électoral nécessite aussi l’implication du chef de l’Etat. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions, le président Félix Antoine Tshisekedi n’a pas à faire litière de la question, car son coup de boost est plus que nécessaire. Lui, qui a dit le 24 avril 2021 aux députés de l’Union sacrée qu’il ne veut pas que les élections de 2023 soient tumultueuses.

En réalité, dans le contexte politique congolais, la mise en place des institutions du pays requiert la participation de tout le monde, surtout la collaboration des principaux acteurs politiques. C’est justement parce qu’il y a eu entente entre lui et Joseph Kabila qu’il y a aujourd’hui alternance au sommet de l’Etat.

Il appert, au regard de cette réalité, que Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et consorts ont tout intérêt à œuvrer en bonne intelligence avec Félix Tshisekedi parce qu’à l’instar de Joseph Kabila hier, Fatshi a l’impérium aujourd’hui. En mettant pavillon bas pour se rapprocher du président de la République, Bemba et Katumbi sont dans le bon. En Afrique, c’est un secret de polichinelle, un chef d’Etat qui est au pouvoir peut toujours s’y maintenir au-delà de la limite fixée par la Constitution. Plusieurs cas l’illustrent : Museveni est à son sixième mandat, Denis Sassou-Ngouesso son quatrième, Idriss Déby était au début de son sixième aussi.

Hubert M.

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Gouvernement : Les « Warriors» attendus sur plusieurs fronts !

Après la publication de l’équipe gouvernementale du Premier ministre Sama Lukonde, une montagne de défis attend cet exécutif de 56 membres qualifié de « guerriers ». Il s’agit principalement de la sécurité, de l’économie mais surtout du social des Congolais suivant le leitmotiv « le Peuple d’abord ».

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Il aura fallu sept jours de consultations des forces politiques et sociales (22 février -01 mars) en vue de la formation d’un gouvernement qui accompagnera le chef du gouvernement, Premier ministre issu de l’Union sacrée, Sama Lukonde Kyenge, pour avoir un aperçu général de différentes forces mais aussi de récolter les suggestions et propositions en vue d’enrichir son programme de gouvernement.

 Attendu depuis deux mois, le premier gouvernement d’Union sacrée a été finalement rendu public. Le 12 avril dernier, le président congolais Félix Tshisekedi a, via son porte-parole, divulgué cette liste de 57 membres, y compris le chef du gouvernement. Une équipe innovante sur le plan de sa composition. « Nous avons tenu compte de la représentativité du genre, de la jeunesse, des provinces et des parties prenantes. », avait déclaré le nouveau Premier ministre, le 12 avril, jour de la publication du gouvernement.

Cette équipe a une représentativité féminine de 15 femmes (27%), soit 10 % de plus que le gouvernement sortant de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Avec une moyenne d’âge de 47 ans, l’équipe gouvernementale qualifiée de « Warriors » par son formateur, Sama Lukonde, est l’une des plus jeunes formations gouvernementales qu’a connu le pays. Et avec 80 % des nouvelles figures, le pari du renouvellement des visages est bien gagné.

 Dans l’ossature, Sama Lukonde a aligné 4 Vice-Premiers ministres ; 9 ministres d’Etats ; 31 ministres et 1 ministre délégué. Mais aussi 11 vice-ministres.

Tendances politiques

Alors qu’une bonne partie de l’opinion croyait à un Félix Tshisekedi totalement libre de toutes manœuvres après son divorce d’avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, les caprices d’une classe politique recomposée en « Union sacrée de la Nation » l’ont à nouveau rattrapé. De longues négociations avec ses nouveaux alliés, notamment Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et les transfuges du FCC témoignent toujours de la complexité de sa démarche politique en ce moment. Ainsi, des alliés sont encore présents dans les ministères régaliens.

Sur les quatre vice-primatures, Christophe Lutundula occupe le poste de Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères. Ce dernier est un proche du président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. Et Lutundula a le défi, aujourd’hui, de redorer l’image d’une diplomatie qui n’a pas été reluisante avec le gouvernement sortant, laissant des représentations diplomatiques congolaises au bord du déguerpissement, faute des frais de fonctionnement non payés pendant plusieurs mois.

L’UDPS Daniel Aselo Okito, un novice, est nommé à la viceprimature de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières. Ce juriste formé à l’Université de Kinshasa devra gérer une territoriale en proie à l’insécurité urbaine et armée. Pour les ministères de la Fonction publique et de l’Environnement, leurs animateurs ont été élevés au rang des vice-Premiers ministres. Il s’agit respectivement du FCC Jean-Pierre Lihau et du MLC Eve Bazaïba.

Du côté des ministres d’Etat, l’on note quelques nouveaux visages, moins connus du monde politique. Il y a notamment Alexis Gisaro Muvunyi, actuel patron des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR). Ce nouveau ministre est issu de la communauté Banyamulenge et fut conseiller financier au ministère des Finances et ancien directeur à la Société Congolaise des Transports et des Ports (SCTP). Rose Mutombo Kiese, nommée ministre d’Etat à la Justice, est venue de la société civile. Militante pour des questions de la Femme au sein du Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO), Rose Mutombo entend renforcer la justice notamment sur des questions de violences basées sur le genre. Mais aussi celles touchant au domaine de la justice de manière générale.

 Une entrée fracassante au sein du gouvernement, c’est aussi celle du ministre d’Etat en charge de l’Aménagement du territoire, Guy Loando Mboyo. Ce sénateur œuvrant également dans la philanthropie assumera désormais la planification de l’habitat congolais. Au rang des ministres d’Etat, il y a également la députée AFDC-A Kahinda Adèle, nommée au Portefeuille. L’autre proche de Moise Katumbi occupe le Plan, Christian Mwando Nsimba Kabulo. Au Budget, exit Baudouin Mayo, et voici Aimé Boji Sangara, toujours un proche de Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Pius Muabilu Mbayu, quant à lui, a été reconduit au même portefeuille : Urbanisme et Habitat. Au Développement Rural, le FCC François Rubota fait son entrée. Tandis qu’un autre proche de Vital Kamerhe, Eustache Muhanzi est envoyé à l’Entreprenariat et PME.


Dans le rang des ministres, il y a 31 heureux promus :

  • Défense : Kabanda Gilbert (proche UDPS) 
  • EPST : Tony Mwaba Kazadi (UDPS) 
  • Santé : Jean-Jacques Mbungani (MLC) 
  • Finances : Nicolas Kazadi (UDPS) 
  • Transport : Cherubin Okende (Ensemble pour la République)
  • Agriculture : Désiré N’zinga Birihanze (UDPS) 
  • Pêche et élevage : Adrien Botele Djema (FCC)
  • Économie : Jean-Marie Kalumba Yuma 
  • Industrie : Julien Paluku (FCC) 
  • Intégration régionale : Didier Mazenga Mukanzu (PALU/FCC)
  • ESU : Muhindo Nzangi (MSR/Ensemble pour la République)
  • Recherche scientifique : José Mpanda Kabangu (FCC) 
  • Hydrocarbures : Didier Budimbu Nkubuanga (Allié UDPS) 
  • PTNTIC : Augustin Kibassa Maliba (UDPS/Kibasa)
  • Numérique : Eberande Kolongele (UDPS) n Emploi, Travail et Prévoyance Sociale: Ndusi Ntembe (AFDC) 
  • Affaires Foncieres : Aimé Molendo Sakombi (UNC)
  • Ressources hydrauliques et Electricité : Olivier Mwenze Mukaleng 
  • Droits humains : AlbertFabrice Puela (Dynamique Opposition)
  • Genre : Gisèle Ndaya Luseba
  • Commerce extérieur : JeanLucien Bussa (FCC) 
  • Mines : Antoinette Nsamba Kalambay (UDPS) 
  • Communication & Medias, Porte-parole du gouvernement : Patrick Muyaya Katembwe (PALU/FCC) n Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale : Modeste Mutinga (G7/Ensemble)
  •  Formation professionnelle et Métiers : Antoinette Kipulu Kabenga
  •  Jeunesse, Initiation à la nouvelle citoyenneté: Yves Bunkulu Zola (UDPS)
  • Sports et Loisirs : Serge Tshembo Nkonde (Ensemble) 
  • Tourisme : Modéro Nsimba Matondo (FCC)
  • Culture, Arts et Patrimoine : Catherine Katumbu Furaha 
  • Relations avec le Parlement : Anne-Marie Karume Bakaneme 
  • Ministre près le Président : Nana Manuanina Kihumba

Ministre déléguée

  • Affaires sociales, actions humanitaires en charge des personnes vivant avec handicap : Irène Esambo Diata

Vice-ministres

  • Intérieur, Sécurité Décentralisation et Affaires coutumières : Jean-Claude Molipe Mandongo 
  • Affaires Etrangères : Samy Adubango 
  • Justice : Bayubazire Mirindi 
  • Plan : Crispin Mbadu Panzu
  • Budget : Elysée Bokumuana Maposo
  • Défense nationale : Séraphine Kirubu Kutuna 
  • EPST : Aminata Namasia Bazego
  • Santé : Véronique Kirumba Nkulu
  • Finances : Oniege Nsele Mimpa
  • Transport et Voies de Communications : Marc Ekila Likombiyo
  •  Mines : Godard Motemona

Des attentes…

« Etant donné que le programme présenté en septembre 2019 à l’Assemblée nationale par  le Premier Ministre, Chef du Gouvernement sortant, n’a été exécuté que partiellement, suite à la dislocation de la coalition majoritaire, le présent programme a repris, en vertu du principe de la continuité de l’Etat, les actions et les réformes restées en souffrance, celles en cours et celles non encore réalisées à ce jour le tout enrichi d’autres innovations tenant compte des attentes du peuple. Basé sur une approche réaliste et optimiste, il reprend 343 actions, sélectionnées en fonction de leur impact et de leur visibilité, parmi lesquelles certaines sont jugées prioritaires et emblématiques. L’impératif de la relance et de la diversification de notre économie. »

En somme, par ces actions, le Gouvernement s’engage à faire de la République Démocratique du Congo un Etat fort, prospère et solidaire, en marche vers son développement» renseigne Sama Lukonde dans le programme d’actions déposé à l’Assemblée nationale. Ce gouvernement dit de « combat » est attendu sur plusieurs fronts.

Sama Lukonde lui-même en a défini 11 au total : sécurité, santé, enseignement, justice, agriculture, pêche et élevage, économie, processus électoral, infrastructure et le numérique.

Mais face à l’urgence de la question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les accords de paix signés et les tentatives de réconciliation nationale menées, le Gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation s’est engagé à relever le pays et à le remettre « debout » pour le rendre fort. Pour cela, son action dans le secteur « Politique, Justice, Défense et Sécurité » compte 328 actions au total qui s’articulent autour de trois piliers majeurs, à savoir: pacification et promotion de la réconciliation, de la cohésion et de l’unité nationales (pilier 1) ; renforcement de l’autorité de l’Etat et promotion de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie (pilier 2) ; redynamisation de la diplomatie et réhabilitation de l’image de marque du pays  (pilier 3) ; lutte implacable contre la corruption et les crimes économiques (Pilier 4).

Du point de vue économique, la Banque mondiale renseigne qu’après avoir atteint 5,8 % en 2018, la croissance économique de la RDC a ralenti à 4,4 % en 2019 jusqu’à ce jour. Cela, du fait de la baisse des cours des matières premières, notamment du cobalt et du cuivre qui représentent plus de 80 % des exportations de la RDC. D’où la nécessité de diversifier l’économie, notamment en relançant véritablement le secteur agricole, sans lequel le pays aura toujours du mal à atteindre l’autosuffisance alimentaire. C’est sur ce terrain que plusieurs Congolais attendent voir les « Warriors » se déployer.

 Dido NSAPU

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