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MONSENGWO : ce combattant en soutane

L’influent archevêque émérite de Kinshasa a tiré sa révérence, le 11 juillet 2021 à Versailles, en France. Malgré son rang de clergé, ce natif d’Inongo a “ combattu “ différentes dictatures en RDC. Retour sur les grands moments politiques au cours desquels il s’est illustré.

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Le cardinal émérite Laurent Monsengwo Pasinya est mort à 81 ans. Son décès depuis Versailles, près de Paris, où il a été amené pour des soins médicaux a suscité une vague d’hommages unanime dans la classe politique congolaise. Même l’ex-président, Joseph Kabila, contre qui le prélat a dirigé ses piques les plus musclées, s’est dit « attristé » par cette disparition.


Originaire d’une famille de chef coutumier Sakata, dans la province du Mai-Ndombe, Laurent Monsengwo est né en 1939, à Inongo. Paradoxalement à sa lignée coutumière, il choisit très tôt la voie ecclésiastique. Ce qui va le conduire à côtoyer le monde politique et ainsi pérenniser, de manière ostentatoire, le combat de son mentor, le cardinal Joseph Albert Malula. Ordonné prêtre en 1963, puis évêque à Kinshasa en mai 1980, Monsengwo gravit les échelons d’une Église déjà érigée en contrepouvoir face au règne du “tout-puissant” Mobutu Sese Seko.


Mémorandum à Mobutu


Monsengwo a été  l’initiateur, en 1990, d’un mémorandum demandant plus de libertés au Maréchal Mobutu, alors que ce dernier venait de dépasser un quart de siècle au pouvoir. Un mémorandum qui lui avait donné une autre dimension. Il était alors considéré comme «un personnage incontournable, le cerveau moteur de la poussée vers la démocratie», selon les écrivains Roger Gaise et Isidore Ndaywel ont dit dans un livre consacré aux 25 ans de l’épiscopat de ce prélat. Pour Isidore Ndaywel, c’est Laurent Monsengwo, alors président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui a introduit la notion de « démocratisation » dans les discours de l’Eglise catholique. Plus d’une année après son mémorandum, Monsengwo occupera la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS). Celleci sera fermée par Mobutu puis rouverte après la marche des chrétiens catholiques réprimée dans le sang par le régime Mobutu. Monsengwo sera le président du Haut conseil de la République Parlement de transition (HCRPT) jusqu’à son éviction en 1996.


Critique contre M’zee


 Alors que la première guerre du Congo éclate à Kisangani en 1996, Laurent Monsengwo est évacué de son diocèse – déguisé en vieillard – pour ne pas être repéré par des rebelles. Une guerre qui verra Mobutu, abandonné par ses soutiens politiques, chassé l’année suivante par les rebelles de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila avec l’appui du Rwanda. Et le prélat ne va pas tarder à se montrer critique vis-à-vis du nouveau pouvoir. Une attitude qu’il conservera après l’accession à la tête du pays de Joseph Kabila, à la suite de l’assassinat de son père, en 2001, en pleine deuxième guerre du Congo (1998-2003).


Pendant ce conflit, Monsengwo dénonce les crimes commis par les belligérants dans sa ville, et doit, pour sa sécurité, vivre un temps hors de Kisangani, pour le contrôle de laquelle l’Ouganda et le Rwanda se livreront des combats sans merci, directement ou par milices congolaises interposées. À la fin de la guerre, il ne participe pas à la transition politique mais reprend vite son rôle de combattant, en soutane… 

Réélection boudée !


En décembre 2007, Mgr Monsengwo succède à la tête de l’archevêché de Kinshasa au cardinal Frédéric Etsou, décédé en janvier de la même année. Laurent Monsengwo est fait cardinal par Benoît XVI en 2010. Et pendant son ministère comme cardinal, il n’enlèvera pas son étoffe de critique à l’égard du pouvoir. La CENCO va régulièrement lancer des mises en garde au régime Kabila.
Et en 2011, le cardinal conteste la réélection de Joseph Kabila, en estimant que les résultats de la présidentielle de novembre n’étaient « conformes ni à la Vérité, ni à la Justice ». Ses détracteurs l’accusent d’être proche de l’opposition, d’Etienne Tshisekedi, principal challenger de Joseph Kabila à ces scrutins controversés.


Réputé déjà très critique à l’égard du pouvoir de Joseph Kabila, Laurent Monsengwo va pousser le bouchon plus loin qu’il ne l’a fait sous Mobutu. Après la répression des marches du 31 décembre 2017, réclamant l’application de l’accord de la Saint Sylvestre, les paroissiens ont été tués et des gaz lacrymogènes lancés dans les Eglises. Il va, dans un message, appeler que « les médiocres dégagent ! » C’était lors de sa conférence de presse du 2 janvier 2017, après ces répressions des marches. Face aux voix de la majorité, de l’époque, qui protestaient contre cette qualification, l’accusant d’être devenu « l’opposant numéro 1 », le secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’abbé Nshole justifie : « Médiocre, ce n’est pas une insulte, c’est une évaluation ».

La République aura donc vécu un cardinal « combatif » à chaque fois que sa « démocratie » qu’il avait appris à défendre depuis Mobutu était menacée par un régime politique. Ayant hérité d’une Église traditionnellement engagée sur le plan politique et sociétal avec des figures marquantes comme Joseph Albert Malula, Laurent Monsengwo a, en novembre 2018, cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Fridolin Ambongo Besungu. Ce dernier, lui aussi, ménage difficilement la classe politique qu’il accuse parfois d’être à la base de la misère du peuple.


Dido Nsapu  

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Ces cardinaux qu’a connus la RDC…

Le cardinal émérite Laurent Monsengwo Pasinya dont le décès est intervenu le 11 juillet 2021 à Versailles, en France, a été fait cardinal en 2010, soit 3 ans après le décès du cardinal Etsou. Retour sur ses deux devanciers mais aussi son successeur.

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L’Eglise catholique romaine en République démocratique du Congo est à son 4ème cardinal. Le premier, Joseph-Albert Malula, né le 17 décembre 1917 à Léopoldville (Kinshasa), a exercé cardinal et archevêque de Kinshasa, de 1964 à 1989. Il est réputé être l’un des personnages religieux qui   a combattu la dictature de Mobutu.


On lui attribue notamment la remise en question de certains aspects de la politique de l’authenticité prônée par le pouvoir en place qui n’était pas de nature à promouvoir l’entente entre l’Église et l’État. Le cardinal Malula  avait ainsi refusé d’installer au grand séminaire Jean XXIII un comité de la Jeunesse du mouvement populaire de la révolution (JMPR). Un conflit qui a abouti à la confiscation de la résidence du cardinal qui devint le quartier général de la JMPR.

Le 11 février 1972, le cardinal Malula s’exila à Rome. Mais de Rome où il était, il continuait à encourager les chrétiens à demeurer fermes dans la foi. Il décède le 14 juin 1989 à Louvain, en Belgique.


 Etsou lui succède…

 Environ deux ans après le décès du cardinal Malula, le Pape Jean-Paul II crée Frédéric Etsou cardinal lors du consistoire du 28 juin 1991, devenant ainsi le deuxième cardinal du pays après Joseph-Albert Malula. Mais bien avant cette étape, il fut consacré évêque le 7 novembre 1976 puis nommé évêque de Mbandaka le 11 novembre 1977 en remplacement du belge Mgr Pierre Wijnants. Il fut nommé archevêque de Kinshasa le 14 août 1990, charge qu’il a assumé jusqu’à sa mort le 6 janvier 2007.


Le cardinal Etsou a été aussi engagé notamment dans les questions d’éducation civique et électorale. Il a accompagné la campagne d’éducation civique et électorale avec la commission Justice et paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) au cours des années 2005- 2006.

Coexistence des cardinaux


 Fait rare dans l’histoire de l’église catholique au Congo. Le pays a connu la coexistence des deux cardinaux, Laurent Monsengwo (créé cardinal en 2010 puis démissionne en 2018) puis devenu cardinal émérite. Il y a eu ensuite le cardinal en fonction, Fridolin Ambongo Besungu créé cardinal par le Pape François, le 5 octobre 2019, à Rome. Une situation inédite en République démocratique du Congo. Ce que le gouverneur de la ville de Kinshasa n’a pas manqué de relever. « Je bénis le Seigneur Dieu ToutPuissant qui, par sa grâce et sa divinité, a permis que je sois gouverneur de Kinshasa en cette période spéciale de l’église catholique avec la création à Rome du Cardinal Fridolin Ambongo. Cette cérémonie à laquelle j’ai participé a fait de moi l’un des rares dirigeants d’une ville africaine qui compte deux cardinaux », a indiqué Gentiny Ngobila. C’était lors de sa prise de parole à la messe organisée, le 18 juillet, en mémoire de Laurent Monsengwo, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala.


 Dido NSAPU

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30 JUIN 2021 LUMUMBA : un hommage repoussé !

Ce 30 juin 2021, la République démocratique du Congo célèbre ses 61 ans d’indépendance. Cette fête allait comporter une particularité, celle du rapatriement des reliques du premier héros national du pays. La survenue d’une troisième vague de covid-19 a eu raison de cet agenda.

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Depuis le mois de décembre 2020, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait annoncé son intention d’organiser un hommage national, le 30 juin 2021, en l’honneur de Patrice Emery Lumumba. Une solennité qui devrait être précédée du rapatriement de ses reliques. L’idée est d’offrir enfin une sépulture à celui qui fut le premier Premier ministre de l’histoire de la République démocratique du Congo dans les années 1960. Mais aussi et surtout, un acteur majeur de l’indépendance du pays. Pour ce faire, le pays s’apprêtait à cet événement pour ce mois de juin finissant. Quatre lieux étaient choisis pour cet hommage national : Lumumba-ville, une entité créée par Félix Tshisekedi en mémoire de Patrice Emery Lumumba, dans la province du Sankuru, la ville de Kisangani, dans l’actuelle Tshopo, qui fut son bastion politique. Ces reliques allaient aussi passer à Shilatembo, le lieu de son assassinat, dans le Haut-Katanga. Puis, enfin, la ville de Kinshasa où une sépulture est en cours de construction au pied de l’Echangeur de Limete, dans l’Est de la ville.

Mais la survenue d’une troisième vague de la pandémie de covid-19 en République démocratique du Congo a eu raison de cet agenda des hommages. La Présidence de la République a renvoyé cet événement au 17 janvier 2022, le jour de la commémoration de l’assassinat de Lumumba. Sa famille biologique, ses enfants en particulier, attendent ce moment pour enfin faire le deuil de leur père. « Pendant plus de dix ans, on a fait tout le nécessaire pour arriver à ce résultat, celui de la restitution par le gouvernement belge à la famille des restes de la dépouille de notre père […] », a déclaré Roland Lumumba.

Ces restes infinitésimaux dont il est question sont constitués jusqu’à preuve du contraire d’une dent. Et d’ailleurs, en septembre 2020, la justice belge avait répondu favorablement à la demande de la famille de Patrice Lumumba de lui restituer cette dent attribuée au héros de l’indépendance congolais assassiné. Cette dent avait été saisie chez un policier belge ayant contribué à faire disparaître le corps de Patrice Lumumba.

30 juin 1960

Comment ce 30 juin 1960, jour de fête, était-il devenu le canal par lequel la déchéance du tout jeune Etat indépendant est passée ? D’après des témoignages recoupés, ce jeudi-là, au doux soleil, tout allait mieux se passer si le désaccord entre le nouveau chef de l’Etat, Joseph Kasa-Vubu et son puissant Premier ministre n’avait pas existé.

 Selon Thomas Kanza, ministre et proche de Lumumba, qui livre ce témoignage à RTBF, en 2000, Patrice n’avait pas apprécié l’attitude de Kasa-Vubu qui a refusé de lui faire lire son discours, préférant le montrer au gouvernement belge. « À 8h30, le Premier ministre me fait venir chez lui, à sa résidence privée. Il y avait là quelques amis. J’avais l’impression qu’ils avaient déjà discuté entre eux. Le Premier ministre me donne son discours. Il était déjà écrit, dactylographié.», explique cet ancien ministre de Lumumba. Patrice Lumumba lui annonce qu’il va prendre la parole au Parlement et lui demande de relire et de corriger le texte. Thomas Kanza répond à Lumumba que c’est un excellent discours, à prononcer au stade devant la population, mais que « le Parlement n’est ni l’endroit ni l’occasion de prononcer ce discours». Au départ, ce discours devait effectivement être prononcé au stade l’après-midi même, rapporte ce média.

«C’est alors que j’apprends de la bouche de Lumumba : ‘Thomas, je veux parler, parce que le président Kasa-Vubu nous a humilié. Il va prononcer un discours qu’il a montré au gouvernement belge, mais qu’il ne nous a pas montré. Thomas, je vais parler.», relate Thomas Kanza. Puisque Lumumba devait contresigner le discours de Kasa-Vubu, ce que ce dernier ne lui a pas donné l’occasion de faire. Cela provoqua l’intervention virulente de Lumumba au Palais de la Nation, ce jeudi-là. Une diatribe qui va gâter la journée du roi Baudouin Ier. Et depuis, Patrice Lumumba était dans le collimateur du colonisateur, y compris la stabilité du pays. Ce qui provoqua une mutinerie au sein de la Force publique seulement 5 jours après l’indépendance. Avant de voir une sécession katangaise 11 jours après la proclamation de l’indépendance.

 Dido Nsapu 

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Etat de siège, stratégie de Félix Tshisekedi contre la guerre

Félix-Antoine Tshisekedi a décrété l’état de siège comme stratégie d’éradication des groupes armés qui, depuis des années, massacrent la population civile à l’est de la RDC. Si cette mesure suscite des inquiétudes auprès des uns, elle est applaudie par d’autres. D’autres encore pensent qu’il existe davantage des mesures plus efficaces que l’état de siège. Néanmoins, le plus important reste la volonté de tous de voir une paix durable revenir en Ituri et au Nord-Kivu.

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Depuis le 6 mai 2021, l’Ituri et le N o r d – K i v u sont sous administration militaire. En vue de mettre fin à l’insécurité qui règne dans les deux provinces, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, se basant sur l’article 85 de la constitution, a signé les ordonnances décrétant l’état de siège. Frappant du poing sur la table, Fatshi veut mettre définitivement un terme au cycle des violences et à la terreur que sèment les groupes armés dans cette contrée de la République. Du coup, il a placé à la tête de l’Ituri Luboya Nkashama Johnny, avec comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Alonga Boni. Au Nord-Kivu, il remplace momentanément Carly Nzanzu à la tête de l’exécutif provincial par Constant Ndima Kongba. Ce dernier a comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo. Ce sont ces deux lieutenants généraux et leurs adjoints de la Police nationale congolaise ( PNC) qui ont la charge d’appliquer les mesures d’exception dans les deux provinces.

Dans sa stratégie, Félix-Antoine Tshisekedi les envoie en mission commando pour l’éradication de l’insécurité dans les deux provinces, pour une durée de trente jours, renouvelable plusieurs fois pendant quinze jours. Les provinces de l’Est de la RDC, partageant la frontière avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, sont en guerre depuis 1996 et beaucoup de groupes armés y pullulent. L’administration militaire va ainsi mener des offensives de grande envergure contre eux. Pour le chef de l’Etat congolais, l’heure est grave. « Aucun Congolais digne de ce nom ne devrait rester indifférent », a-t-il déclaré. « L’Est de la RDC est devenu « le point d’implosion des mouvements rebelles et des groupes armés, le point d’entrée des forces négatives étrangères, qui y sèment la désolation », déplore-t-il.

Une stratégie applaudie

Certains sont satisfaits car souhaitant le retour rapide de la paix dans la région. Pour Jean Bamanisa, gouverneur civil de l’Ituri mis de côté, la population a trop souffert. ‘’Nous avons eu plus de 1,6 million de personnes déplacées, plus de 250 000 personnes dans les camps de réfugiés et des groupes armés qui occupent des espaces et imposent leur loi ‘’, fustige t-il. Soucieux d’apporter son soutien aux FARDC engagés au front, le député national Nsingi Pululu a même proposé la création d’une caisse nationale en leur faveur. D’après lui, les ressources collectées dans le cadre de l’état de siège devraient être gérées par des religieux. 

De manière générale, les députés et gouvernements provinciaux soutiennent l’état de siège. Le gouvernement de la République de même. Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a invité tous ceux qui ont pris des armes à revenir à la raison et a promis de soutenir leur réinsertion dans la vie normale. Il a lancé officiellement la campagne « Tolonga na mapinga. Bendele Ekweya te (Vaincre avec les forces armées tout en maintenant haut le drapeau de la RDC )», dans le but de soutenir les militaires et les policiers.

En Afrique et ailleurs, certains chefs d’Etat encouragent l’initiative du président Félix Tshisekedi. Paul Kagame, président du Rwanda, l’a salué. « Nous saluons cette initiative prise par les autorités de la RDC et nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle soit fructueuse », a-t-il indiqué. Avec Bintou Keita, Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Félix Tshisekedi a parlé de la motivation de sa stratégie.

 Scepticisme et polémique au sujet des gouverneurs militaires

Cependant, ils sont nombreux, ceux qui manifestent leurs inquiétudes. Lamuka, par exemple, craint que l’état de siège soit une stratégie adoptée pour la balkanisation.  

La société civile s’inquiète parce qu’avec l’état de siège, les militaires voient leurs droits élargis : ils peuvent perquisitionner à tout moment ou interdire la circulation ou la publication et les réunions capables d’exciter les populations.

La crainte de certains notables de l’Ituri et du Nord-Kivu porte sur le comportement des militaires, notamment à cause du passif de certains officiers déployés(les deux généraux sont des anciens rebelles). Luboya est pointé du doigt par certaines organisations de la société civile, parce qu’étant un ancien du RCD Goma. Toutefois, cela remonte à fin 90 et tout récemment, il a été patron de la première zone de défense et commandant de la 13ème région militaire de l’Equateur. Quant à Constant Ndima, il est un ancien du Mouvement de libération du Congo ( MLC) de Jean-Pierre Bemba. Il a été commandant de la 3ème zone de défense (couvrant les deux Kivu, le Maniema et la Tshopo), et jusqu’ avant sa nomination en tant que gouverneur il était chef d’état-major général chargé de l’administration et de la logistique.

Pour sa part, la Lucha s’oppose carrément à l’état de siège. Ce mouvement citoyen demande au chef de l’Etat de convoquer plutôt un dialogue tripartite entre le gouvernement, la MONUSCO et les principales organisations de la société civile de la région. Le collectif « le Congo que nous voulons » estime qu’il existe d’autres solutions, plus simples et facilement applicables. Là-dessus, la Dynamique Congo 2060 formule plusieurs propositions alternatives, à savoir faire de la sécurité de l’Est du pays une cause nationale ; mettre Beni au centre des préoccupations de tous les Congolais ; renforcer le commandement et le contrôle des FARDC déployées à Beni ; écarter les officiers se trouvant sur le terrain et qui s’adonnent à l’exploitation des ressources naturelles… Toutefois, lors de son voyage à Lubumbashi, Félix Tshisekedi a qualifié de sorciers ceux qui critiquent ses choix concernant les gouverneurs militaires. « Nous ne pouvons pas nous réjouir pendant que les frères de l’Est souffrent. C’est pour cela que j’avais décidé d’installer l’état de siège. Rendez-vous compte que ceux qui écrivaient sur les massacres dans cette partie du pays en donnant des chiffres divers sont ces mêmes sorciers qui critiquent le choix porté sur ces gouverneurs militaires », a-t-il indiqué.

En vue d’apaiser la crainte des uns et des autres, les porte-parole du gouvernement, des FARDC et de la police ont rassuré l’opinion sur l’état de siège et sur les gouverneurs militaires. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement a rassuré quant à lui sur le respect des lois et des droits fondamentaux, droit à la vie, à la liberté de penser .

Hubert MWIPATAY

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